Marie-Victoire Louis

Abécédaire féministe

Libres définitions / [choix de] citations / interprétations / digressions / réflexions…

date de rédaction : 29/02/2016
date de publication : 29 février 2016
mise en ligne : 29/02/2016
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 2361 items et 23 rubriques : I. « Culture » (85) ; II. Droit (52) ; III. Êtres humains (74) IV. Êtres humains. Corps (13) ; V. Êtres humains. Enfants (24) ; VI. Êtres humains. Femme-s (426) ; VII. Êtres humains. Homme-s (198) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humains (113) ; IX. Famille (93) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (136) ; XI. Justice (85) ; XII. Langage (77) ; XIII. Patriarcat (94) ; XIV. Penser (187) ; XV. Politique (291) ; XVI. Pornographie (25) ; XVII. Proxénétisme (96) ; XVIII. «Sciences» sociales (35) ; XIX. « Sciences » Sociales (Démographie) (18);XX. « Sciences » sociales (Économie) (46) ;  XXI. « Sciences » sociales (Histoire) (45) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (50) ; XXIII. Violences (100)… et continuera d’évoluer. 129 février 2016

I. « Culture »

I. « Culture » : Culture (1,2,3) ; Artifice ; Domination masculine ; Inculture ; Livre ; Mélo ; Musique ; Patriarcat ; Populaire (11) ; II. « Culture ». Cinéma : Cinéma ; Anna et les loups ; Betty ; Boudu sauvé des eaux ; Boule de Suif ; Captives à Bornéo ; Chemin de croix ; Coup pour coup ; Giant ; Gloria ; Gueule d’amour ; Guillaume et les garçons à table ! ; Il était une fois l’Amérique ; Je vous trouve très beau ; Jour de colère ; Jules et Jim ; L’affaire Josey Aimes ; L’amore ; L’esclave libre ; L’espoir ; L’ivresse du pouvoir ; La belle et la bête ; La cité des femmes ; La chienne ; La dame sans camélia ; La mariée était en noir ; La passion de Jeanne d’Arc ; La rivière rouge ; Le cas du docteur Laurent ; Le chat ; Le crime de Monsieur Lange ; Le dernier tango à Paris ; Le journal d’une femme de chambre ; Le lauréat ; Le maitre du logis ; Le pickpocket ; Le président ; Le secret de Brokeback moutain ; Le septième voile ; Le violent ; Les belles années de Miss Brodie ;  Les drôles de poissons chats ; Les femmes du bus 678 ; L’homme qui aimait les femmes ; Louise-Michel ; Ma nuit chez Maud ; Machine Gun Kelly ; Mademoiselle Chambon ; My fair lady ; Monsieur Verdoux ; Nos femmes ; Pattes Blanches ; Personne ne m’aime ; Un meurtre sans importance  ; Une auberge à Tokyo ; Opening Night ; Quai des orfèvres ; Salam Bombay ; Sept jours en Mai ; Shadows ; Shanghai Express ; Tant qu’il y aura des hommes ; Tell me lies ; Ten ; Thelma et Louise ; Tenue de soirée ; Trains étroitement surveillés ; Un amour pas comme les autres ; Vol au dessus d’un nid de coucou ; Vulcano ; Y aura t-il de la neige à Noël ? ; Welles Orson ; (72) 23 février 2016 : 85 items

I. « Culture » :

« Culture » (1) : Qui démontrera comment, pourquoi et par quels processus, de classe en premier lieu, le seul emploi de ce terme peut s’avérer en lui même un véritable repoussoir pour tant de monde ? Les analyses en terme de classe sociale sont insuffisantes. Il faut écouter Patrick Lopin (antiféminisme exclus), ce jour découvert. 2

Culture (2) : Dans culture, il y a « cul ». 3 Toute référence - dite culturelle - au « cul » - devenu synonyme de « sexe », puis, le distinguo n’étant pas secondaire, de « personne », d’ « être humain » - devient dès lors, faute d’explicitation, de facto une légitimation du proxénétisme. Je pense notamment à la rubrique « Les 400 culs » de Libération. (Cf. Proxénétisme, Sexe-s)

Culture (3) : Il y a la culture des fraises, de gouvernement, de son jardin, de la paresse, de la conciliation, de la mafia, d’entreprise, de masse, de la survie, du bordel, de l’étrange, de la paresse… La culture peut être juive, paysanne, bourgeoise, protestante, populaire, prolétaire, marxiste, féminine, féministe, porno, geek, gore, républicaine, politique…La culture peut être traditionnelle, livresque, surfaite, frondeuse, superficielle, surfaite, générale, artistique, partagée, passéiste, exotique… De quoi est faite celle que l’on nous présente comme telle ? (Cf. Langage)

Culture (Artifices) : La Nouvelle Héloïse : Que d’artifices, et pourtant, quel chef d’œuvre…
* Ajout. Novembre 2012. Au terme de la lecture des Contre-Confessions de Madame d’Epinay, 4 je suis un peu moins catégorique concernant les qualités de La Nouvelle Héloïse. Jugement indépendant de toute prise en compte de leurs relations…  

Culture (Domination masculine) : [France. 2006-2012] « 84 % des théâtres co-financés par l’Etat sont dirigés par des hommes, 89 % des institutions musicales sont dirigées par des hommes, 97 % des musiques que nous entendons dans nos institutions ont été composées par des hommes, 94 % des orchestres sont dirigés par des hommes, 85 % des textes que nous entendons ont été écrits par des hommes, 78 % des spectacles que nous voyons ont été mis en scène par des hommes, 57 % des spectacles que nous voyons sont chorégraphiés par des hommes, 86 % des établissements d’enseignement artistique sont dirigés par des hommes.Un déséquilibre qui se décline également en termes financiers : 70 % des compagnies dramatiques subventionnées par le Ministère de la Culture sont dirigées par des hommes. En 2003 : ... la moyenne des subventions attribuées aux scènes nationales était de 2.096.31 €. Quand elles étaient dirigées par un homme, cette moyenne s’élevait à 2.347.488 €. Quand elles étaient dirigées par une femme, cette moyenne s’élevait à 1.764.349 €.Quand le spectacle était mis en scène par un homme, son coût moyen s’élevait à 77.271 €.Quand le spectacle était mis en scène par une femme, son coût moyen s’élevait à 43.791 €. » Chiffres tirés des rapports de Reine Prat de mai 2006 et de mai 2009 « Mission pour l’égalité hommes / femmes - rapport d’étape n°2 : De l’interdit à l’empêchement ». 5

Culture (Inculture) :Édith Piaf évoquant son ‘inculture‘ : « J’avais des lectures, mon dieu…discutables. Je faisais mon régal de : ‘Séduite le jour de ses 20 ans’. Je n’aimais pas les livres qui finissaient mal. Et je n’écoutais pas les conseils que l’on me donnait. Raymond Asso essaya de me guider et de changer mes lectures. » 6 Et c’est ainsi que chansons, films, livres qui évoquaient ce que vivaient tant de femmes furent évacués de la ‘culture’. Et les sujets dont ils parlaient aussi. Ce qui, faut il le préciser, ne fut pas le cas d’Édith Piaf ? (Cf. Êtres humains. Femmes. Chanteuses d’antan)

Culture (Livre) : Pour les libéraux : « Produit de l’industrie culturelle ». Variante : « Produits de consommation immédiate.» (Entendu le 11 mai 2012).

Culture (Mélo. Chansons, Films, livres) : Qualifier, pour le condamner, un film (livre…) de mélo[dramatique], c’est s’interdire de voir, d’analyser, de réfléchir, de porter un quelconque jugement concernant tous les drames, si complexes à démêler, que tant de femmes ont dû vivre, et donc de comprendre leur succès auprès des femmes. Où ailleurs, pouvaient-elles, ne serait-ce qu’un peu, retrouver, sinon leur vie, du moins ce qui leur permettait d’y échapper ? Un rêve aliéné, certes, mais néanmoins un rêve. [Après avoir vu la présentation du film, puis le film : Le mensonge d’une mère. 1950, de Raffaello Matarazzo et enfin la critique de Ciné Classique : « Une trame qui ne réserve aucune surprise […] »] 7 (Cf. Êtres humains. Femmes (Bouleversées))

Culture (Musique) :Lu dans les Mémoires de la Comtesse Marie d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876] : « On sait qu’en France les leçons de piano, considérées comme le complément de toute bonne éducation, n’ont aucunement pour but d’initier une jeune fille  au grand art de la musique, mais seulement de faire d’elle une machinale, insipide exécutante, capable, en attendant le mariage, de divertir pendant une heure l’ennui de soirées de famille, de jouer en mesure, ou à peu près, une contredanse pour faire danser les voisines, à la campagne, d’accompagner au besoin quelque virtuose de sa force, exercée celle-là aux arpèges de la harpe, ou bien à la romance. Ma mère, par cela seul qu’elle était allemande avait de la musique une autre idée. […] » 8 (Cf. Patriarcat, « Sciences » sociales. Histoire)

Culture (Patriarcat) : Oui, les hommes, tous les hommes, ont été élevés, ont grandi, ont été légitimés par les religions et les lois, dans une culture du pouvoir, de la puissance, de la force et de leur légitimité, et donc de la violence ; les femmes dans une culture - faute d’alternative pensable proposée - de la légitimation de leur supériorité et donc la dépendance du fait de l’impuissance politique à leur égard. Oui, il s’agit bien de « culture », qui, comme telle, elle doit être analysée pour être comprise ; qui donc, en tant que telle, exige de repenser autrement le ‘concept’ de culture. Ce qui, bien sûr, n’a rien à voir avec une comparaison chiffrée entre hommes et femmes. (Cf. Patriarcat)

Culture (Populaire) :Lu dans les Lettres de prison de Gramsci : « À Milan (en prison) j’ai lu une certaine quantité de livres de tous genres, en particulier des romans populaires. […] Eh bien, j’ai trouvé que même Sue, Montpépin, Ponson du Terrail, etc… pouvaient suffire si on les lisait de ce point de vue : « pourquoi cette littérature est-elle toujours la plus lue et la plus imprimée ? quels besoins satisfait-elle ? à quelles aspirations répond-elle ? quels sentiments et quels point de vue sont représentés dans ces mauvais livres, pour qu’ils plaisent autant ? » 9 Je n’aurais pas su mieux dire, je n’aurais néanmoins pas qualifié ces livres de « mauvais »….  

II.Culture. Cinéma :

Cinéma : [Selon l’association La barbe] : « Sur les cent films qui ont rapporté le plus d’argent en 2011, seulement 11% avaient pour personnages principaux des femmes. La plupart du temps au cinéma, les femmes ont des seconds rôles. Aussi, lorsque les hommes sont entre eux, ils sont entre eux et parlent d’eux. Quand deux femmes sont à l’écran, elles parlent d’un homme. Ou elles servent la cause d’un homme… Maintenant, on pourra toujours nous trouver des exceptions. Toutefois, elles ont valeur d’exceptions et confirment bien la règle qui est qu’un ‘bon film’, c’est un film où on voit des hommes. Tout cela contribue à nourrir cet imaginaire. Le cinéma qui compte aujourd’hui - je ne veux pas dire que c’est l’ensemble du cinéma - est fait par des mâles et véhicule une image où le mâle est dominant. » 10 Pourrait sans doute être plus nuancé, mais doit être connu et publié.

Culture (Cinéma. Anna et les loups) : [Carlos Saura. 1972] Une présentation du film : « Une vieille femme tyrannique règne sur toute la maisonnée. Elle a trois fils. José, l'aîné, est un fanatique de l'ordre militaire. Son frère cadet, Fernando, est hanté par des rêves mystiques. Juan, le plus jeune, marié à Luchy, est le père des trois fillettes. Obsédé sexuel, il est immédiatement attiré par Anna. » Un autre regard sur le film, lequel se termine ainsi : enfin réunis, le premier frère viole Anna, le second lui coupe les cheveux, le troisième la tue d’une balle en pleine tête. Une critique anti-patriarcale, mais le film perd de sa force critique du fait du comportement, des rapports, peu (ou pas) compréhensibles, peu (ou pas) crédibles de Géraldine Chaplin, dans le rôle de la gouvernante, avec les trois frères.  

Culture (Cinéma. Betty) : [Chabrol. 1992. D’après Simenon] Pourquoi faut-il qu’« une femme (Stéphane Audran) meure pour qu’une [autre] (Marie Trintignant) vive » ? [Conclusion du film]

Culture (Cinéma. Boudu sauvé des eaux) : [Jean Renoir. 1932, avec Michel Simon]. Sous couvertd’« ode à la liberté individuelle », le spectacle d’une si violente grossièreté masculine. (Cf. Politique (Liberté)

Culture (Cinéma. Boule de Suif) : Christian Jacques. 1945] Présenter Micheline Presle / « Boule de Suif » comme « une métaphore de l’esprit de résistance » 11, c’est nier la quasi totalité du film et occulter toute l’ignominie d’une certaine bourgeoise - rarement aussi clairement dénoncée - dont ce film est l’expression. Boule de suif, « fille publique », « femme de mauvaise vie » est tout à la fois la victime et l’incarnation la plus respectable du monde ici représenté. (Cf. Proxénétisme)

Culture (Cinéma. Captives à Bornéo) :[1950. Jean Negulesco] Lors de l’occupation japonaise de Bornéo, de 1942 à 1945, hommes et femmes (et enfants) américains sont emprisonné-es, séparé-es et enfermé-es dans des camps d’hommes et des camps de femmes. L’une d’entre, Agnès Keith (en charge de leur petit garçon) lutte courageusement, ne cède pas à la torture, et parvient sauvegarder sa dignité. La dernière image de ce film intéressant, après le salut au drapeau et la chant à la gloire à Dieu, est celle, à la Libération de cette femme, droite, élégante, intègre, perçant l’horizon et découvrant au loin son mari, courant vers elle avec une béquille, blessé, claudiquant, trébuchant, tombant à terre. Et c’est à terre qu’ils s’étreignent, tandis que leur petit garçon tente de trouver une place entre eux : Une métaphore politique de l’après guerre.

Culture (Cinéma. Chemin de croix) : [2014. Dietrich Brüggemann] Les ravages sur une toute jeune fille d’une religion intégriste, inquisitoriale, punitive, sacrificielle, légitimée, non sans contradictions par une mère, odieuse, plus inhumaine que religieuse et un père absent, incapable, impuissant.

Culture (Cinéma. Coup pour coup) : [Martin Karmitz. 1971] Un film superbe sur une grève de femmes au tissage, contre les cadences et le chronométrage, le harcèlement, le fayotage, la fatigue, les crises de nerfs, les injures, les humiliations, les injustices, les ordres, le mépris, les sanctions, la chaleur, la maitrise garde-chiourme, les « chefs sur le dos », le salaire au rendement, dont « la moitié paie la nourrice », les punitions : « un quart de salaire en moins pour une minute de retard », l’absence de prise en compte des salariées : « 20 minutes d’attente du bus » pour 5 minutes de plus à la sortie, le bruit des machines, le silence imposé entre elles, le travail sans arrêt et sans pouvoir « relever la tête », les demandes refusées d’aller aux toilettes, la dépendance institutionnalisée, les amitiés brisées, le licenciement de deux « meneuses », les « dégueulasses », les « salauds », les « vaches », le patron…
- Ce n’est pas « un film réaliste qui a valeur de document sur les conditions de travail dans les années 1970.» (Télé loisirs) ; c’est un film représentant une grève de femmes ouvrières du textile, en en resituant le bien fondé : l’horreur de leurs conditions de travail.
- Ce n’est pas un « drame social » (Wikipédia), mais une lutte d’ouvrières fières, courageuses, décidées à rendre « coup pour coup ».
- Ce n’est pas une « grève sauvage qui déborde bientôt les syndicats » (Allo ciné) mais une lutte de femmes qui dévoile, révèle, dénonce les trahisons syndicales - «on en a marre des syndicats ».
- Ce ne sont pas des «acteurs inconnus » (Allo ciné), mais des ouvrières et des comédiennes, lycéennes et étudiantes- et quelques hommes solidaires -qui représentent ce qu’elles ont vécu et partagé afin que l’histoire ne se renouvelle pas.
- Ce n’est pas un film « mêlant militantisme ouvrier et féminisme » (You Tube), c’est, grâce à une grève, sur la découverte par des femmes d’un autre monde que celui qui leur a été imposé par le salariat et, par delà, sur leur vie…(Cf. Politique. Luttes de femmes)

Culture (Cinéma. Gloria) : [Sebastiàn Lelic. 2013, avec dans le rôle principal, la merveilleuse Gloria Cumplicio] Un film formidable à voir plus particulièrement par les femmes qui, aspirant à vivre un nouvel amour, se rendent compte de l’impossibilité de leur amant à rompre avec leur vie antérieure. « Sois un homme ! » dit-elle à son nouvel amant, après la rupture, mimant un assassinat, après l’avoir aspergé de peinture ; et ce, suivi d’un immense rire libérateur. Une question : À la fin du film, la vision d’un paon faisant la roue, ne pourrait-elle signifier que Gloria aurait affirmé trop d’orgueil, d’exigences ?
- ‘Analyse’ de Wikipédia : « Mais alors que leur relation devient permanente, les défis du quotidien forcent Gloria à confronter ses propres secrets »….

Culture (Cinéma. Jour de colère. Dies Irae) : [Carl Theodor Dreyer. 1943] Dans ce film superbe, fascinant, souvenir du dialogue entre la mère et le fils (« coupable »). Le fils : « C’est la haine qui te fait parler ainsi ? »  La mère : « Non, c’est mon amour pour toi ». In fine, la belle-fille aimante et « co-coupable », dénoncée par sa belle-mère et abandonnée publiquement par son amant, sera brûlée en tant que sorcière, comme le fut sa mère. Et avoue, après des scènes terrifiantes de tortures décidées par une myriade d’hommes à Marte Herlofs. Ce film m’a fait penser à la somptueuse Lette écarlate (Nathaniel Hawthorne).

Culture (Cinéma. Giant) : [George Stevens, Avec James Dean, Rock Hudson, Élisabeth Taylor. 1956] Film, en règle générale, centré sur l’épopée de James Dean. Mais pourquoi ne pas voir, aussi - d’abord ? - le triomphe final de la constance dans la vérité, de la justesse d’analyse, de l’intelligence et de l’humanité d’une femme, jouée ici par Élisabeth Taylor ? (Cf. Politique (Morale)

Culture (Cinéma. Gueule d’amour) : [Jean Grémillon avec Jean Gabin et Mireille Balin. 1937] On comprend mieux ce que signifie, dans le patriarcat, « la fraternité ».

Culture (Cinéma. Guillaume et les garçons à table !) : [Gallienne Guillaume. 2013]Une déconstruction courageuse, intelligente, sensible, claire et drôle de la construction des affectations sexuées. Le distinguo, pour un homme, entre se sentir une fille, se vivre comme une fille et être homosexuel m’est apparu riche de réflexions. J’ai cependant eu du mal à considérer comme crédibles les déclarations d’amour par Guillaume Gallienne à sa mère (que lui-même joue en sus de son propre rôle), alors qu’elle ne cesse d’être représentée comme vulgaire, insensible, stupide, odieuse ; et, en aucun cas, « pudique »…

Culture (Cinéma. Il était une fois l’Amérique) : [Sergio Leone. 1984] Quatre souvenirs parmi d’autres. Le premier : Après avoir violé [une représentation du viol particulièrement réaliste et éprouvante] la femme (Jennifer Connely) qu’il aimait, la gangster/mafieux (Robert de Niro) la retrouve 35 ans après. Le premier souvenir : Sa première phrase : « Tu n’as rien à me dire ? » ? Le deuxième : Alors qu’Eve, une ‘amie‘ de De Niro est abattue pour avoir déclaré qu’elle ne savait pas où il était, son souvenir n’est jamais ultérieurement évoqué [Que devient son corps ?] alors que celui de ses trois amis est l’une des trames du film. Le troisième : Après avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée (« mineure »), un policier photographié ‘en flagrant délit’ par la bande de petits délinquants en herbe, accepte, sous la menace du chantage, de les ‘protéger’. Le pacte est lié : les garçons auront eux aussi, après lui, des relations considérées comme payées par le policier, avec la jeune prostituée [qui se montre particulièrement ‘compréhensive]. Le quatrième : Quelle que soit la manière dont les femmes de ce film, à l’exception de Jennifer, la femme aimée, sont traitées par ces gangsters (d’une extrême violence), celles-ci réapparaissent toutes aussi belles, sans rancune et bien coiffées dans les scènes suivantes.

Culture (Cinéma. Je vous trouve très beau) : [Isabelle Mergault. 2005] Un beau, juste, sensible personnage d’homme (Michel Blanc). Il est des films qui, de par leur seule existence, dévoilent les caricatures d’hommes que l’on nous impose a satiété.  « Mièvre », « sentimental », « fleur bleue » écrivirent certain-es critiques.

Culture (Cinéma. Jules et Jim) : [François Truffaut. 1962, scénario adapté du livre de Henri-Pierre Rocher, du même nom] Comment et pourquoi, cette insistance, tant d’années après, à analyser ce film comme le décrit lui-même Truffaut comme « un hommage à l’amitié » (entre deux hommes) laquelle survit à leur amour pour la même femme, tout en précisant qu’il y ajoute la question de savoir « une femme peut aimer deux hommes à la fois » ? Alors que, aussi bien dans le livre que dans le film (mais pas dans la réalité), Kathe / Catherine / Jeanne Moreau a, seule, sans aucun pacte entre eux, décidé de mourir avec - et donc de tuer - l’un d’entre eux ? Sans pitié. 12  Pour mieux étouffer ce que Kathe évoque la concernant : sa [ma] « nature héroïque » ?

Culture (Cinéma. L’affaire Josey Aimes) : [Nic Caro. 2005].Film présenté, à la suite de l’« affaire Anita Hill », à l’époque, comme un film sur la dénonciation du « harcèlement sexuel », quelques années plus tard, il l’est même comme un film sur le « harcèlement moral ». Or, ce qui est montré avec force, c’est l’extraordinaire violence des hommes lorsque les, lorsque des femmes ont la simple volonté de travailler, simplement, comme eux. Ce film devrait être vu par tous ceux, toutes celles qui ont revendiqué, qui revendiquent - sans excès d’inquiétudes - l’égalité hommes / femmes, quel qu’en soit les modalités, en entreprise. Ce film devrait en outre obliger à poursuivre la réflexion sur les déqualifications que le nouveau concept de « harcèlement sexuel » a si évidemment   légitimées.
- Dernière remarque : alors que ce film est basé sur l’« histoire vraie » d’une femme gagnant, soutenue par un avocat engagé à ses côtés et par le moyen d’une « class action », un procès qui fit jurisprudence, l’article du Monde le concernant, conclut par cette phrase : « Comme on dit à l'usine à rêves, ça fonctionne. » 13 (Cf. Politique (Égalité), Violences (Harcèlement sexuel)

Culture (Cinéma. L’amore) : [Roberto Rosselini. 1948] Sous ce titre, la deuxième histoire de ce film intitulée El Miracolo (Le miracle) est précédée dans le générique par cet hommage : « Ce film est dédié à l’art d’Anna Magnani. Roberto Rosselini ».

Culture (Cinéma. L’Arnaqueur) : [Robert Rossen. 1961] Lu : « Une fascinante étude psychologique d'un homme qui construit seul son propre enfer ». Une autre analyse : une femme qui avait tout compris  des rapports de pouvoirs entre hommes doit mourir pour que l’un d’entre eux les comprennent et la comprenne. Trop tard. Pour elle.

Culture (Cinéma. L’esclave libre) : [Raoul Walsh. 1957] Un titre incohérent, un scenario ridicule, des dialogues débiles, des échanges absurdes, des acteurs exécrables. Tout est faux, caricatural, sans oublier les présentations si souvent agiographiques de l’esclavage eaux États-Unis et du trafic d’êtres humains en Afrique. Et in fine, le pire ? : « l’amour » est censé effacer les enjeux politiques du film.

Culture (Cinéma. L’espoir) : [André Malraux. 1939]Que d’hommes, que d’hommes…tous solidaires, graves, responsables, sans oppositions, sans clivage politiques entre eux, tous unis vers un même but…
- Une réplique notable, la seule évoquant «les femmes », quasi absentes dans cette Espagne de la guerre civile républicaine : un homme va mourir. Il lui est demandé ce qu’il désire et il répond : « Que la vieille me foute la paix avec son bouillon » ! Un enfant, un seul, est furtivement présent : c’est un garçon qui « veut être aviateur ».
- Une ode à la masculinité.

Culture (Cinéma. L’homme qui aimait les femmes) : [François Truffaut. 1977] Lu sur la présentation de ce film par Ciné Classique [6 juin 2014]  : « Le plus bel hommage de François Truffaut à la gent féminine. Un film clin d'oeil, à la sensualité chaleureuse et humoristique. » En reprenant certains des jugements de Charles Denner, alias Bertrand Morane, on l’entend distinguer - lui un fin connaisseur des « soutiens gorges Lejaby » - entre deux catégories de femmes : «  les grandes tiges et les petites pommes » ; juger  « les grosses poitrines et les poitrines modestes » ; s’interroger pour savoir si l’une d’entre elles est « un putain ou non », et concernant une autre femme, si elle est « complaisante et/ou jalouse » ; constater qu’il y a certaines femmes « dont on se demande si elles s’intéressent à l’amour » tandis que d’autres « portent l’amour sur leur visage » ; déclarer doctement : « les jambes des femmes sont les compas qui arpentent le globe en tout sens en lui donnant son équilibre et son harmonie» ; affirmer que « les femmes adorent toutes le feu de bois » ; déclarer que « comme certains animaux, les femmes pratiquent l’hibernation » ; constater concernant une femme « qui n’a jamais été [sa] maitresse » : « elle est la preuve que l’amitié peut exister entre un homme et un femme ». Enfin, commentant son tableau de chasse, il les présente ainsi : l’une était « beaucoup de femmes à la fois » ; l’autre, « une grande fille que j’aimais regarder » ; une troisième : « une très jolie femme » ; une quatrième : « une grande bringue ravissante », et une dernière : « une jolie rousse, ma voisine » [« qui aimait lire »] … .
- On entend aussi dans la bouche des femmes qu’il met en scène : «  On a beau dire, on a beau faire, la femme sera toujours la femme » ; « Un homme qui adore les femmes, on peut difficilement lui refuser quelque chose » ; «  C’est vrai ; vous me trouvez belle ? » ; « Je me caresserai en pensant à toi » ; « Venez me voir ; je vous tiendrai au courant de la mode » ; « Alors je ne vous plais plus du tout ? » ; « Est ce que vous n’êtes pas déçu ? » ; « Sérieusement, vous ne m’en voulez pas ?» ; « Je peux vous embrasser ? » ; «  Vous pouvez m’appeler si vous voulez : voila mon numéro de téléphone » ; « Je vous aime beaucoup » ; « Avoue que j’étais une emmerdeuse  » ; « Je pense souvent à vous avec tendresse » ; «  Je veux le meilleur pour vous » : «Vous êtes pas mal comme vous êtes »…
- En conclusion, son éditrice et néanmoins amante, jouée par Marie-Christine Barrault, celle qui lui avait fait changer le titre de son roman choisi par lui : «  Le cavaleur » en : «  L’homme qui aimait les femmes », affirme - lucidement ? - devant sa tombe : « Ce qu’il aimait le plus en nous (les femmes) : les jambes ». On peut ajouter « l’apparence, une robe, une silhouette », mais aussi « les épaules » et même aussi « les chevilles épaisses » qui ne le dérangent pas.
- Certes le film n’est pas que « ça », mais il est aussi « ça ».

Culture (Cinéma.  L’ivresse du pouvoir) : [Claude Chabrol. 2006]Une femme forte, juge d’instruction, qui n’a peur ni des hommes ni des institutions, et donc les affronte, exerce - peut-on dire normalement ? - son métier, c’est à dire la recherche de la vérité avec les armes et les limites qui lui donne le droit et sa morale politique. On peut noter que si les hommes de pouvoir (politiques et économiques) - elle dénonce les turpitudes sont tous des pleutres, l’humanité est dévolu aux hommes qui en sont dépourvus. Au terme du film, elle rend les armes : « Qu’ils se démerdent ! » N’empêche que ce qu’elle a, avec une autre femme, réalisé a eu lieu.
Voici, en regard, la fin du synopsis du film dans Wikipédia : ”[…] ivre du pouvoir qu’elle sent détenir, la juge Killman est déterminée à aller jusqu’au bout de son enquête. Pour cela, elle est prête à tout sacrifier, sa sécurité et même son mari qui ne supporte plus la vie infernale qu’elle lui fait vivre. »

Culture (Cinéma. La belle et la bête) : [Jean Cocteau. 1946] Ou : Comment le sacrifice de soi est présenté pour une femme comme relevant de l’évidence. Ou : comment cette décision de vivre avec un « monstre » est présentée comme relevant de sa liberté. Ou : comment, dans ce contexte, une femme déclare d’emblée à un homme / bête : « Vous êtes mon maitre ». Ou : comment un femme accepte sans réelle inquiétude, l’enfermement à vie, la richesse étant censée le compenser. Ou : comment la beauté, la bonté d’une femme est censée dompter la bestialité des hommes. Etc., etc.. Question en sus : pourquoi avec des personnages primaires, des dialogues débiles, des acteurs exécrables, des situations aberrantes, ce film est-il si aisément qualifié de « chef d’œuvre » ?

Culture (Cinéma. La chienne) : [Jean Renoir. 1931] Un homme, Michel Simon entre une épouse odieuse - une caricature - (abandonnée au mari légitime) et une prostituée aimée mais assassinée (par lui) hurle : «  Tu n’es pas une femme, tu es une chienne ». La morale du film : débarrassé des femmes et de l’argent : le bonheur.
- Jean Renoir, auteur de : « Je voulais faire La Chienne pour des tas de raisons : j'adore, j'aime beaucoup, je suis assez passionné par les femmes que l'on rencontre dans les rues de Paris… Il se trouve que dans le roman de la Fouchardière la fille est une prostituée. Mon dieu c'est un métier comme un autre… Une autre raison me poussait très fort : mon admiration pour Michel Simon. C'est un très grand acteur et je pensais que La Chienne lui permettrait d'atteindre certains sommets. Il les a atteints. […] » 14

Culture (Cinéma. La dame sans camélia) : [Michelangelo Antonioni. 1960] La déchéance d’une femme trop belle [Lucia Bose] et mal aimée.

Culture (Cinéma. La cité des femmes) : [Federico Fellini. 1980] L’outrance, la caricature permettent-elles l’émotion, l’intelligence ? Ici, clairement non.
- Que cet imaginaire masculin, pauvre, binaire, régressif, ouvre peu d’horizons...
- J’ai été frappée une scène on ne peut plus réaliste, celle où l’épouse de Snàporaz (joué, avec difficultés, par Mastroianni) dénonce la vie qu’elle mène avec lui et l’impuissance du mari à réagir positivement.
- J’ai aussi gardé en mémoire une analyse féministe, fort juste, de « la fellation » : « On nous ramène à un niveau infantile de succion », qui plus est, du « phallus mâle »… .
- Aucune leçon à en tirer, sinon que Fellini peut s’offrir le luxe de filmer ses propres confusions. Qui gagne quoi que ce soit à ce magma d’images, de scènes si souvent grossières et si lourdes et que gagne t-on ? Moi, rien. Lui, j’en doute…

Culture (Cinéma. La mariée était en noir) : [François Truffaut. 1968]. Une vraie vengeance de femme : pour venger son mari assassiné. (Cf. Être humain. Femme (Vengeance))

Culture (Cinéma. La passion de Jeanne d’Arc) : [Carl Theodore Dreyer. 1927] Un chef d’œuvre (qui me remémore, sans être à même clairement expliquer pourquoi les films d’Eisenstein). Le visage de Falconetti [1892-1946] : jamais oublié…

Culture (Cinéma. La rivière rouge) : [Howard Hawkes. 1948]Plus besoin pour le fils (adopté) de tuer le père pour prendre sa place : une femme les réconcilie et leur rend et la raison et l’amour. Suffisamment rare pour être noté. Le fait que ses mots n’aient été entendus d’eux qu’après que son fusil ait parlé, et qu’il est douteux qu’elle ait obtenu ce résultat sans lui, est bien sûr signifiant. On doit enfin noter que le caractère de cette femme n’a aucune crédibilité.

Culture (Cinéma. Le cas du Docteur Laurent) : [Jean-Paul Le Chanois. 1957] Dédicace : « Ce film est dédié respectueusement aux pionniers de la méthode psychoprophylactique d’accouchement sans douleur. Il a été réalisé avec l’aide de la maternité des métallurgistes à Paris où cette méthode a été pratiquée la première fois en France en 1952. » Un film attachant, féministe, courageux, progressiste, salutaire, moral…

Culture (Cinéma. Le chat) : [Pierre Granier-Deferre. 1971] La plus triste histoire de couple du cinéma français ? « Décidément, nous deux c’est insoluble » affirme, avant qu’il ne cesse de lui adresser la parole, Jean Gabin à Simone Signoret. Dans la permanence d’une logique de couple, sans doute. En la quittant, non. Pourquoi est-ce si difficile, là est l’interrogation la plus difficile.  

Culture (Cinéma. Le crime de Monsieur Lange) : [Jean Renoir, Jacques Prévert. 1936] Le ‘méchant’ Batalia, prototype, selon la présentation classique, du « personnage véreux qui exploite ses ouvriers » est autrement jugé par Valentine, l’une de ses victimes, solidaire d’Estelle sur laquelle il a jeté son dévolu. « C’est le plus grand salaud que j’ai jamais rencontré » déclare t-elle. « Exploiteur des ouvriers » ou « salaud », la différence des termes renvoie à des analyses de nature politique fort différentes.
- Voici enfin comment Les Cahiers du Cinéma, le présente : « Frénétiquement lâche, menteur, voleur, manipulateur, cet escroc est un vrai rêve de jeune fille, un grand méchant loup, qui sourit de toutes ses dents et qu'on ne peut s'empêcher d'applaudir tant il fait bien le mal. Surtout aux femmes. Il les prend, il les vole même, puis il les jette. Valentine, il ne l'aura pas deux fois, elle nous le dit à plusieurs reprises. Et au fond, dans ce film qui a l'air de s'occuper d'autre chose, c'est très précisément à la vengeance d'une femme qu'on assiste, la vengeance de Valentine. » 15 « Vengeance » d’une femme ou bien plutôt, femme solidaire luttant contre le droit ancestral des hommes à s’approprier, selon leur bon vouloir, les femmes qui leur plaisent ? (Cf. Culture (Cinéma), Femme (Solidarité, Vengeance), Violences (Droit de cuissage)

Culture (Cinéma. Le dernier tango à Paris) : [Bernardo Bertolucci. 1972] Maria Scheider violée par Marlon Brando avec l’accord de Bertolucci, lequel aurait déclaré que le viol, puisque viol il y a bien eu lieu [et non pas un « jeu brutal » selon Wikipédia], « est à la mesure des tourments que provoque l'explosion du féminisme». Toujours, sur Wikipédia (décembre 2014) on lit, ignominieusement : « Une plaquette de beurre contribua à la célébrité du film. » Quant au journaliste de Libération, en guise de nécrologie de Maria Schneider, il écrit qu’elle est sortie de ce film « épuisée », évoque, « son sex-appeal animal » et déclare qu’elle « faisait peur » aux « personnalités » (non iconoclastes) ». 16 Honteux.

Culture (Cinéma. Le journal d’une femme de chambre) : [Luis Buñuel. 1964] En nous imposant leurs frustrations, leurs obsessions, les metteurs en scène se soucient peu de la vraisemblance, de la crédibilité même des femmes qu’ils nous donnent à voir. En toute cohérence. Ainsi, dans le film de Buñuel (dont le scénario n’est pas celui lisible dans le livre de Mirbeau), Célestine / Marie / Jeanne Moreau après avoir dénoncé à la police Joseph, le jardinier-cocher qu’elle soupçonne avoir tué et violé une petite fille, se met, sans transition, (du moins tel que le film est présenté à la télévision) dans son lit pour - comprend-on après - lui obtenir un aveu. Alors qu’elle est belle, raffinée, sensible, intelligente, celui-ci, laid, grossier, violent, raciste, refuse ses avances, et ne couche avec elle qu’après qu’elle eut promis de l’épouser. Peu après, ils annoncent leur mariage, puis Joseph est embarqué par les gendarmes. Et in fine, Célestin épouse le voisin, le primaire capitaine Mauger….Absurde.

Culture (Cinéma. Le lauréat) : [Mike Nicols. 1979] L’horrible Mrs Robinson (Anne Bancroft) (à laquelle il a été transféré, sans nuances, les critiques dont les femmes, en règle générale, accusent les hommes) ; Elaine Robinson, inconséquente ; Benjamin (Dustin Hoffman) faible et obsessionnel…Quant à leur avenir à eux deux : sombre…

Culture (Cinéma. Le maître du logis) : [Carl Theodor Dreyer. 1925] Un film muet, féministe, sans concession, vraiment remarquable. La critique nomme « fable » ce film on ne saurait plus réaliste et considère comme faisant « preuve d'une belle finesse psychologique» ce qui relève d’une impitoyable remise au pas (rééducation, serait sans doute plus juste) d’un mari et d’un père, véritable tyran, violent, odieux, et stupide…On lit aussi (Wikipédia) : « Évitant les pièges du naturalisme, Dreyer observe, avec une ironie bienveillante, les vicissitudes de la vie de couple. » Ce film m’a fait penser à Une maison de poupée d’Ibsen. [1879]

Culture (Cinéma. Le pickpocket) : [Robert Bresson. 1959] La rédemption morale par l’amour d’une femme. Crédible ? Mal joué en tout cas. La comparaison avec Crime de Châtiments de Dostoïevski est indécente.

Culture (Cinéma. Le président) : [Henri Verneuil. Dialogues d’Audiard. 1961] Dans ce grand film, un grand et beau discours, celui exprimé par Jean Gabin à l’Assemblée Nationale contre « les puissances d’argent. » H. Verneuil a déclaré s'être inspiré de la IVe République pour construire son film. Or, la caméra qui filme longuement, à plusieurs reprises, l’Assemblée Nationale, nous montre qu’elle est composée à 100 % d’hommes. Ce film ne pouvait donc avoir lieu que sous la IIIème République : une erreur historique ou une faute ? Par ailleurs, comment penser le scandale des « puissances d’argent » incarnés par les quelques députés nommément désignés par Gabin avec cet autre scandale - lui, occulté - celui du monopole de la représentation à l’Assemblée dite Nationale, par des députés, tous des hommes ?

Culture (Cinéma. Le secret de Brokeback moutain) : [Ang Lee. 2005] Une merveille.

Culture (Cinéma. Le septième voile) :[1945. Compton Bennett] Ou : comment une petite fille orpheline, trahie par son amie, brisée par sa maitresse, élevée par son oncle (James Mason) qui, en l’écrasant, la violentant, l’enfermant, la méprisant, l’épuisant, la transforme en grande pianiste découvre, en fin de film, après un suicide raté, qu’en réalité elle n’aime que son oncle pygmalion/tyran. Tout est pour le mieux, grâce à la psychanalyse, dans le meilleur des mondes de la domination.
- Présentation du film par TCM : […] « Il (le thérapeute) fait parler Francesca de son passé, où elle se trouvait sans amis, forcée à travailler son piano 5 à 6 heures par jour et recluse par l'homme qu'elle aimait. »
- Présentation du film par un cinéphile :[…] « La magnifique scène finale permet donc à une Francesca désormais apaisée et équilibrée d'ouvrir les yeux sur le seul homme où se confond son amour pour la musique et celui de son coeur de femme. Le Septième voile est levé. » (Cf. Patriarcat, « Sciences » sociales (Psychanalyse)

Culture (Cinéma. Le violent) : [In a Lonely Place. Nicolas Ray. 1950. Avec Humphrey Bogart « un personnage complexe et énigmatique », selon TCM.] La morale du film : l’amour même partagé ne libère pas un homme violent de sa violence.

Culture (Cinéma. Les belles années de Miss Brodie) : [Ronald Neame. 1969]Ou comment une femme - enseignante dans un collège de jeunes filles dans l’entre deux guerres - s’affichant, s’affirmant libre, se vivant libre, transfère ses désirs et ses aspirations à ses élèves, tout en les modelant à son image. Un film politique, passionnant, subtil, complexe.

Culture (Cinéma. Les drôles de poissons chats) : [Claudia Sainte Luce. Mexique. 2013] Un beau, sensible, généreux film de femmes. Sans homme. Juste un petit garçon adorable.

Culture (Cinéma. Les femmes du bus 678) : [Mohammed Diab. 2012] Jérôme Garcin producteur et animateur depuis 25 ans du Masque et la plume (France Inter) a pu qualifier, sans autre forme de procès, le film de Mohammed Diab : Les femmes du Bus 678 de « démonstratif ». À quelle humanité se réfère t-il ?

Culture (Cinéma. Louise-Michel) : [Gustave Kerven. Benoît Lépine. 2008] Dialogue : Yolande Moreau : « Avec 2000 euros, on pourrait faire buter le patron par un professionnel ! » Une autre ouvrière : « T’es folle ! » Yolande Moreau : « Pas tant que ça ! »
Aux innocent-es, les mains pleines ? (Cf. Luttes de femmes, Michel (Louise)

Culture (Cinéma. Ma nuit chez Maud) :[Éric Rohmer. 1969] Qu’il est simple - y compris pour des êtres complexes - pour une femme d’exprimer son envie de faire l’amour avec un homme, et, pour un homme, de refuser.

Culture (Cinéma. Machine Gun Kelly) : [Roger Corman. 1958] Pourquoi, pour évoquer un homme violent (Charles Bronson) - « un dur » - qui s’avère n’être qu’un faible, faut-il évoquer des femmes caricaturales qui ne seraient fortes que de sa faiblesse ? Pour justifier le mythe des femmes castratrices ?

Culture (Cinéma. Mademoiselle Chambon) : [Stéphane Brizé. 2009] Un film juste : une relation vraie entre un homme et deux femmes. Rare.

Culture (Cinéma. My fair lady) : [George Cukor. 1964) Le triomphe final du patriarcat : les dernières paroles du professeur Higgins (Rex Harrison) : « Where damned are my slippers ? ». Mais elles ne doivent pas faire oublier tant des fortes préalables affirmations indépendantistes, féministes, d’Eliza (Audrey Hepburn).

Culture (Cinéma. Monsieur Verdoux) : [Charlie Chaplin.1947] Comédie satirique sur le crime ? Non. Sous-couvert de critique de ce film présentée comme politique, justification de l’assassinat des femmes ? Le scenario : « Un employé de banque parisien, Henri Verdoux, est réduit au chômage par la crise de 1929. Pour subvenir aux besoins de sa femme invalide et de son fils, il épouse de riches veuves qui meurent rapidement après les noces » (Wikipédia). En guise de « morale », les justifications de Monsieur Verdoux (Chaplin) : « En termes de bain de sang, je ne suis qu’un modeste amateur » ; « Le crime ne paie pas pour les petits » ; « Un seul meurtre fait un scélérat, des millions font un héros »…
- La présentation du film sur TCM (22 mars 2014) : « Ce drame écrit par Orson Welles d’après la fameuse affaire Landru, ose dépeindre son héros criminel avec humour et tendresse… chef d’œuvre absolu. »
* Ajout. 5 janvier 2016.Lu dans Les Stars, d’Edgar Morin : « Monsieur Verdoux, qui cesse d’être un héros de Slasptick comedy, ne fait qu’en développer les virtualités : il va en toute amoralité innocente, jusqu’à réaliser ses souhaits de meurtres (comme le héros de Noblesse Oblige). Plein de bonté, d’amour, de dévouement pour celles qu’il aime, il assassine avec une nonchalante candeur, celles qui lui déplaisent. » Et ce suivie, quelques pages plus loin de : « Dans Monsieur Verdoux, apparaît pour la première fois l’accomplissement immolateur du sacrifice : la mort. » 17 (Cf. Violences faites aux femmes)

Culture (Cinéma. Nos femmes) : [Richard Berry. Mai 2015] L’affiche du film Nos femmes vue ce matin place Maubert : Daniel Auteuil, Richard Berry, Thierry Lhermitte, se tenant seuls, debout, se tenant par le cou, fiers et joyeux. Aucune des dites femmes n’est représentée ; aucun de leur nom n’est cité. Sans aborder le thème même du film…

Culture (Cinéma. Opening Night) : [John Cassavetes. 1978] C’est par le refus d’une actrice (Gena Rowlands) d’être giflée sur scène, ce qu’elle considère comme « humiliant », que démarre le film, que se construit aussi le scénario et que peut être analysé le triomphe final d’une femme contre tous / toutes.
- Présentation du film sur Teléloisirs.fr. [26 juin 2014] « Devant la caméra aimante de son époux, Gena Rowlands interprète l'un des ses plus grands rôles. »

Culture (Cinéma. Pattes Blanches) : [Jean Grémillon, sur un scénario de Jean Anouilh et Jean Bernard Luc. 1949] Entendu : « Le droit, ça se prend ». À méditer, notamment par les juristes : relativise le concept de « droit » et rend plus lucide les personnes qui pensent en être pourvues. (Cf. Justice, Droit)

Culture (Cinéma. Personne ne m’aime) : [Marion Vernoux. 1994] Un film qui vaut bien des analyses féministes. Présentation de Télérama  (17/ 7/ 2010) : « […] Marion Vernoux frappait fort avec ce premier film de filles pour les filles, tableau impressionniste et anarchique des maux de cœur du sexe faible, de 20 ans à la ménopause. […] Pour rappel : nombre d’hommes sont non seulement évoqués, mais fort présents - et fort critiqués - dans ce film.

Culture (Cinéma. Quai des orfèvres) : [Henri-Georges Clouzot. 1947] Répliques : Un policier : « Crime passionnel ? c’est toujours le cocu qu’a raison ». Incidemment : un mari trompé n’est jamais et n’aurait jamais dû être traité comme un homme ridicule dont on peut, dont on doit rire, se moquer, caricaturer : bêtement, car si l’on réfléchissait un tant soit peu, on verrait toute la gravité, tout le malheur dont la situation est porteuse. (Cf. Homme-s)

Culture (Cinéma. Salam Bombay) : [Mira Nair. 1988] Quoi d’autre ajouter à ce film qui dit, exprime, dévoile, dénonce tant et tant ? Ce film magnifique, où les regards sont analyses, rend d’emblée, de par sa seule existence, nos débats dérisoires…
* Ajout. 29 octobre 2014.Écrit sous le coup de l’émotion.

Culture (Cinéma. Sept jours en Mai) : [John Frankenheimer. 1964] Si l’on veut voir comment le monde est effectivement dirigé, ici exclusivement, par les hommes, ce film en est un bon exemple. La rare place des femmes mérite que l’on s’y arrête : une femme alcoolique et trahie (Ava Gardner) : ancienne maitresse du général félon marié (Burt Lancaster), abandonnée par lui, est trahie par son second (Kirk Douglas) qui est chargé de l‘espionner et qui lui vole des lettres compromettantes ; une patronne de bar sans client donnant une information dont elle ne se rend pas compte l’importance ; la secrétaire du Président des États-Unis apportant une lettre ; une femme tuée (sa présence évoquée) dans un accident d’avion avec l’envoyé du Président dont il ne reste que des bris épars ; un femme noire et des religieuses, dans un hall d’aéroport, à qui l’on demande des informations sur la disparition d’un homme et qui n’ont rien vu ; enfin, lors de la conférence de presse du Président, on aperçoit, dans un public composé d’hommes, furtivement, un ou deux visages de femmes et quelques chapeaux. On peut noter que si la maitresse se voit attribuer un nom, un prénom et un surnom: Eleanor (Elli) Holbrook, la secrétaire n’a droit qu’un son prénom : Esther ; la morte étant définie comme « une femme », tandis que les autres ne sont qu’apparence.

Culture (Cinéma. Shadows) : [« Improvisation » de John Cassavetes. 1961] Une famille d’origine afro-américaine, patriarcale (incarnée par les frères), une femme matée par eux, des hommes violents qui se battent pour « piquer les femmes des autres », tout en gardant les « leurs » sous le boisseau. Un grand film (comme tous les autres) de Cassavetes.

Culture (Cinéma. Shanghai Express) : [1932. Joseph Von Sternberg. Marlene Dietrich] On a, à juste titre, vanté les immenses qualités de ce film et plus particulièrement l’éblouissante Marlène Dietrich, l’actrice, plus rarement, l’extraordinaire personnage qu’elle y jouait : « Elle en vaut douze comme nous » déclare l’homme d’église, tandis qu’elle-même constate : « Il a fallu plus d'un homme pour changer mon nom en Shanghai Lily. » Mais qui a évoqué l’incroyable nullité de Clive Brook, et l’absurde rôle - censé, devant être « viril » - qu’il lui a été demandé de jouer, celui du capitaine Harvey ? Celui-ci, otage britannique, cassant la  gueule du chef de la rébellion chinoise pour protéger Marlène Dietrich de ses avances est l’une des scènes les mauvaises, les plus ridicules du cinéma. Mais, au delà, que Marlène Dietrich puisse rester amoureuse de ce type minable n’est pas crédible ou, sans doute plus justement perpétue un stéréotype patriarcal au détriment de toute crédibilité. Une femme, ici, légitimement, portés aux nues a souvent pour fonction de cacher la nullité d’un homme. (Cf. Femmes (Amoureuses))

Culture (Cinéma. Tant qu’il y a des hommes) : [Fred Zinnemann. 1953] Démonstration selon laquelle, pour les militaires américains en 1944, ’armée et l’amour des femmes sont incompatibles. « Mariés avec l’armée », ils « aiment l’armée ». On se demande bien ce qui pourrait fonder une telle « démonstration » ; tout nous est présenté comme devant dégoûter les plus militariste de tout engagement militaire (bêtise, violences, humiliations, incompétence, infantilisation, arbitraire…)    

Culture (Cinéma. Tell me lies) : [Peter Brook. 1968] Des films politiques de cette envergure morale manquent désespérément. (Cf. Politique (Morale)

Culture (Cinéma. Ten) : [Abbas Karostani. 2002] : La défaite d’une femme apaisée ?

Culture (Cinéma. Thelma et Louise) : [Ridley Scott. 1991] Présentation du film sur la Chaîne TCM : « Thelma, une épouse frustrée […] »  Non, Thelma une femme dont le mari est autoritaire, grossier, violent, méprisant, égocentriste (un euphémisme) et qui ne se soucie d’elle en rien. Un autre regard, un changement de point de vue, une autre vision du monde. (Cf. Patriarcat)  

Culture (Cinéma. Tenue de soirée) : [Bertrand Blier, 1986] Tenue de soirée : la culture proxo. (Cf. Proxénétisme)

Culture (Cinéma. Trains étroitement surveillés : Jïri Menzel [1966] Un film formidable, dans lequel, pas un instant, une symbolique explicitement sexuelle pourtant omniprésente, mais non pas exclusive, n’abaisse quiconque. Un superbe contre exemple…D’autres ?

Culture (Cinéma. Un amour pas comme les autres) : [John Schlesinger. 1962] Terrible constat de l’absence de culture commune entre un jeune homme et une femme, dans l’Angleterre des années 50 ; terrible critique de l’institution du mariage et de « la famille » en tant que structure de reproduction de tous les rapports de domination et lucide et juste présentation des déchirements humains auxquels elle contraint. Voici comment Wikipédia [en 2015] présente le film : « Un jeune homme, qui se hisse tant bien que mal hors du milieu ouvrier dans lequel sa famille baigne depuis des générations et qui essaye de faire son chemin comme employé, est pris au piège quand sa petite amie tombe enceinte et qu'il se voit contraint de l'épouser et, à cause d'une crise du logement qui touche leur ville du nord de l'Angleterre, de venir habiter chez sa belle-mère. »

Culture (Cinéma. Un meurtre sans importance) : [Comédie américaine. Llyod Bacon. 1938] Un gangster américain (Edward G. Robinson), tentant de se reconvertir dans la légalité et découvrant que son futur gendre est un policier : « Je suis pour la loi et l’ordre, mais pas sous mon toit ». Une vraie leçon de droit. (Cf. Droit (Patriarcal), Vie-dite- privée)

Culture (Cinéma. Une auberge à Tokyo) : [Yasujiro Ozu. 1935] Un pur joyau.

Culture (Cinéma. Vol au dessus d’un nid de coucou) : [Milos Forman. 1976] Jack Nicholson, auteur de : « At least, I tried ». Au moins, j’aurais essayé…
* Ajout. 20 septembre 2015. Formule inscrite sur la tombe d’Abbie Nathan [1927-2008]

Culture (Cinéma. Vulcano) : [William Dieterle. 1949]Afin que sa sœur, qui ne veut pas voir ses mises en garde, ne vive pas la vie prostituée qu’elle a vécue, Maddalena (Anna Magnani), lucide, tue celui qui était chargé, après lui avoir fait croire au mariage et la belle vie à « la ville », de la livrer aux bordels de Naples. « Combien ? » demande t-il à un homme auquel il vient de montrer sa future proie. À la fin du film, sa mort apparaît salutaire à la police. Qualifiée d’« oeuvre néo réaliste très conventionnelle »…

Culture (Cinéma. Y aura t-il de la neige à Noël ?) : [Sandrine Veysset. 1996] Un grand film ; un beau et si juste portait d’une femme dominée par un homme [tout à la fois, père des sept enfants, patron, marié ailleurs et donc absent, mais toujours amant et ayant jeté son dévolu sur sa fille ainée] et d’une mère aimante de ses enfants. Dédié à la mère de la réalisatrice.

Culture (Cinéma. Welles Orson) : Auteur de : « Le cinéma, c’est 2 % de création et 98 % de prostitution », ce constat étant un jugement sévère porté sur sa vie de cinéaste. 18 (Cf. Proxénétisme)

II. Droit. Droits

I. Droit :Droit (1,2,3,4,5) ; Droit (Choix) ; Droit (Civil) (1,2) ; Concept ; Droit (Constitutionnel) ; Droit (Dignité) ; Droit (Discrimination) (1,2,3,4) ; Droit international (depuis 1945) ; Droit International. CEDAW ; Droit / Devoir ; Droit (« Juridisme ») ; Droit (Lutte) ; Droit (Punition) ; Droit (Valeurs) ; Droit (Patriarcal) (1,2) ; Droit patriarcal (Richer Léon) ; Propriété intellectuelle ; (25)II. Droits : Droits ; Droits de l’homme (1,2,3,4) ; Droits de l’homme (Cassin René) (1,2) ; Droits de l’homme (Esclavage) ; Droits de l’homme (Famille) ; Droits de l’homme (Gauchet Marcel) ; Droits de l’homme. Sade ; Droits de l’homme (Yade Rama / Thierry Beaudoin) ; Droits (des Femmes) (1,2,3,4,5) ; Droits (« autour des ») ; « Droits fondamentaux » ; « Droits humains » (1,2,3) ; « Droits Humains » (Amnesty International) ; « Droits Humains » (Amnesty International. Commission Droits des Femmes) ; Droits (Protection) ; Droits (Victimes) (25) ;16 janvier 2016 : 52 Items

I. Droit :

Droit (1) : Il invoqua son droit, elle invoqua le Droit. Il l’emporta aisément : jamais le Droit n’avait aboli le sien.

Droit (2) : Si un droit peut être contesté, bafoué, remis en cause, c’est qu’il n’en était pas un. Dès lors, c’est le concept même de « Droit », national comme international, comme son incarnation dans la « Justice », nationale comme internationale, qui est délégitimé. 19

Droit (3) : Une usurpation de pouvoir qui s’est maintenue par la violence, le pouvoir, le droit d’usage depuis des siècles devient, pour ses bénéficiaires, un droit ; le même terme est employé pour nommer une revendication issue de leurs contestations.

Droit (4) : Entendu, ce jour, le début de l’analyse de Paul Jorion concernant la pensée économique de Keynes : « Il faut retenir la pensée de quelqu’un qui a essayé de reprendre les problèmes qui se posaient  dès le départ, de [les] reprendre à partir de zéro [et qui a fait un excellent boulot]. » 20 La réflexion doit être de même ordre concernant la critique du droit. Le droit le plus ancien, et le seul droit universel, c’est celui du plus fort ; sur cette base, on comprend mieux alors dès lors, pourquoi le droit du plus fort est sinon toujours du moins si souvent le mieux garanti, que le pot de fer brise si souvent le pot de terre. C’est donc d’abord et avant tout en repartant de cette assertion/vérité qu’il faut repenser le concept de doit et, pour cela, avant lui, le concept de justice : il faut donc, pour cela, réintégrer par l’histoire le droit et la justice aux systèmes de domination au sein desquels ils ont été élaborés. Alors seulement le concept de patriarcat pourra commencer à trouver sinon sa place, du moins une place sur les fondements de la critique des analyses du droit elles mêmes fondées sur les déclarations dites universelles et/ou dites des droits de l’homme, fut-ce t-il adjoint du qualificatif de « citoyen ».

Droit) (5) : Lu : « Le premier de vos droits est de les connaître. » 21. Est il possible de régresser plus encore ? Deux jours après, est évoquée dans une revue juridique, la Directive 2008/115/C5 et PGDUE (en soi, déjà signifiant) concernant « Le droit d’être entendu ». 22

Droit (Civil) (1) : Si la domination patriarcale est d’abord, fondamentalement, inscrite dans les lois dite civiles, celles qui régissent d’abord et avant tout, la vie de tous /toutes, alors ce sont celles-ci qui devraient logiquement être placées en tête des institutions politiques, au dessus donc du droit constitutionnel qui n’est que l’organisation de la seule organisation des divers modalités d’expression des pouvoirs publics étatiques. (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Patriarcat)

Droit (Civil) (2) : Transformer l’article 16-1 du Code civil (français) : « Le corps humain est inviolable » en : « Le corps humain est indissociable de la personne humaine. La personne humaine est inviolable et inaliénable. » L’inscrire dans le préambule de la constitution et en tirer les conséquences dans tous les textes de droit interne, inter-régional et international. (Cf. Êtres humains. Corps, Proxénétisme. Abolitionnisme)

Droit (Choix) : Slogan lu dans la manifestation en faveur du mariage homosexuel, rebaptisé « mariage pour tous » : « Le droit pour tous d’avoir le choix ». De l’alliance du patriarcat et du libéralisme…(Cf. Politique (Égalité) Famille (Mariage pour tous) 23

Droit (Concept) : Le concept de droit [individuel], sauf rares exceptions, a été pensé « à [multiples] contraintes données ». Toute référence à un ‘droit’ singulier qui n’en tient pas compte les confortent.

Droit (Constitutionnel) : Première année de Sciences-po : premier cours dit « magistral » : « Droit constitutionnel ». Il m’a fallu des dizaines d’années, pour en appréhender la signification intellectuelle et politique : nous présenter comme relevant de l’évidence que la question de [l’organisation de] l’État (français, qui plus est) était de toute première nécessité, relevant, dès lors, d’une « naturelle » hiérarchie. En d’autres termes, nous mettre à 19 ans, d’abord, l’État dans la tête.
- Je dois cependant préciser que la rigueur de la présentation du cours du même nom de François Goguel m’a, je pense, avec du recul, marquée à vie.

Droits / Devoirs : Une injonction, assénée à un-e enfant  : « À des droits correspondent nécessairement des devoirs » : je ne connais rien de plus bête…
* Ajout. 16 octobre 2015. Non, de plus réactionnaire. En effet, ces deux termes ne peuvent être comparés à équivalence de signification, l’un impliquant, nécessairement l’autre, en tant que règle, que norme individuelle. En effet, dès lors que le monde est structuré par des rapports de domination, les dominant-es estiment être en droit d’avoir des « droits » auxquels les dominé-es, sous l’intitulé de «devoirs », doivent s’adapter. Dans le transfert une analyse politique critique à une injonction morale, se joue la permanence de la justification de rapports de domination.

Droit (Dignité) : [1995] Analyse d’un juriste : « Le respect de la dignité de la personne humaine, concept absolu s’il en est, ne saurait s’accommoder de quelconques concessions en fonction d’appréciations subjectives que chacun peut porter à son sujet. De même, par exemple, que la soumission délibérée d’une victime à des actes de violences n’a nullement pour effet, selon la jurisprudence judiciaire, de retirer à ceux ci leur caractère pénalement répréhensible, le consentement du nain 24 au traitement dégradant qu’il subit nous paraît donc ici juridiquement indifférent. […] De par sa nature même, la dignité de la personne humaine doit en effet être placée hors commerce et, sur un plan moral, nous croyons précisément pouvoir déceler, pour notre part, une circonstance aggravante, plutôt qu'atténuante, dans le fait qu'une personne acceptant de se prêter à une attraction à caractère dégradant le fasse à titre de prestation rémunérée dans le cadre d'une exploitation commerciale.» 25 
- Analyse intéressante, à ceci près que la dignité ne saurait être définie ni par rapport à « la nature », ni à la « morale », qu’il ne s’agit pas d’un « concept », qu’il n’est en rien « absolu », que ce n’est pas « la dignité » qui doit être « placée hors commerce », mais « la personne humaine ». Et que qualifier ladite prestation - dite du « lâcher de nain » - de « circonstance aggravante », eu égard à son caractère « commercial », c’est la légitimer. (Cf. Proxénétisme)

Droit. (Discrimination) (1) : Lorsque l’on peut évoquer concomitamment [Cf., le Rapport d’Amnesty International de 2011] le fait que si les femmes sont considérées comme étant discriminées, sont aussi considérés comme tels : les « minorités », les « Roms », les « témoins de Jéhovah », les « handicapés », les « victimes de violences sexuelles constituant des crimes de guerre », les « homosexuels », les « hommes soupçonnées d’homosexualité », les « migrants », les « Dominicains d’origine Haïtienne », les « Dalits », - et même « les esclaves » (en Mauritanie) - (liste loin d’être exhaustive), alors, il n’y a pas d’ambiguïté : le mot ne veut rien dire et doit être abandonné. 26 (Cf. CEDAW, Droits, Patriarcat)

Droit. (Discrimination) (2) : Un colloque (universitaire, soutenu par la Région Ile de France. 6 novembre 2014) « se propose de réfléchir aux mécanismes de productions des situations discriminatoires quel qu’en soit le motif » ; il « inclut les processus de minorisation, de marginalisation, de stigmatisation, d’exclusion ou de ségrégations ». Comment créer encore plus de confusions qu’il n’en existe déjà…(Cf. Droit, Soutenir)  

Droit. (Discrimination) (3) : Le concept de « discrimination » conforte nécessairement le concept d’« égalité », dont il est censé être, en tant que « violation du principe », la manifestation. Dès lors, le concept même de « discrimination » conforte nécessairement les normes (notamment) patriarcales. Qu’en penser?
- Pour reprendre la loi 2014-173 du 21 février 2014 - art. 15, intégrée dans l’article 225-1 du Code pénal, tout ou presque étant discrimination, plus rien ne l’est. La simple lecture de cette liste surréaliste en dévoile l’absurdité. En effet, « constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur lieu de résidence, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »
- En subsumant les femmes dans leur « sexe », soit, elles sont exclues de toutes les autres, soit elles en sont parties prenantes, et même à deux reprises, nommément citées, concernant « la grossesse ».
- Qui plus est, en droit, la discrimination ne concernant que des individu-es, le droit joue en lui-même le rôle de Pénélope
- Que vaut la défense de son éventuel ponctuel usage, comparé avec sa fonction de légitimation ? La réponse est dans la question. (Cf. Patriarcat, Sexe […])

Droit. (Discrimination) (4) : Non seulement le concept de « discrimination» ne permet pas de déterminer le système d’oppression dont il seraient, pour chacun, la manifestation, mais en les présentant comme équivalents, en mêlant des caractéristiques de nature différentes, dans la plus totale confusion, ils en interdisent même la pensée. Et, en les atomisant, il les dissolvent.

Droit (International depuis 1945) : Ni la Charte des Nations Unies, ni les innombrables institutions qui en dépendent, dont l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, ni l’Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ni le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH), ni tous les textes de droit international regroupés sous la dénomination de « Droit international des droits de l’homme » (DIDH), ni le « Droit international humanitaire » (DIH), dont les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, ni la Cour internationale de justice (CIJ), ni le Tribunal pénal international (TPI), ni le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ni Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ni la Convention européenne des droits de l’homme, ni la Commission interaméricaine des droits de l’homme, ni l’Otan, ni aucun État, sans oublier leurs multiples Réserves, Protocoles additionnels (facultatifs ou non), etc… n’ont permis d’interdire, parmi mille autres exemples, la production d’armes nucléaires, l’utilisation massive de drones [les États-Unis en possèdent quatre fois plus qu’en 2001] l’édification du mur dans le territoire Palestinien occupé par Israël, le massacre des Tutsis, des Syrien-nes, des Tchétchènes, des Tibétain-es…, l’occupation par les États Unis de l’Irak, les multiples interventions armées de l’Otan, en Lybie, en Afghanistan, au Mali, etc, etc, etc…
- Peut être serait-il donc temps de cesser de nous aveugler de mythes, de dénoncer les mensonges de la « communauté internationale » et de dire sans ambiguïté que la norme du droit international, ce n’est pas le droit, c’est le droit à la guerre ; c’est aussi donc le droit à s’abstenir de la guerre, à la non-intervention. (Cf. Syrie)
- Le droit international n’est que rideau de fumée qui garantit aux États les plus forts, un droit à la guerre, leur conférant un véritable permis de tuer, dont les ténues limitations, le plus souvent formelles, sont le plus souvent violées. Et l’on voudrait nous faire croire que ces mêmes États seraient ceux en qui nous devrions faire confiance pour faire ne serait-ce qu’avancer, progresser les droits des femmes ? Et que, confronté-es à une telle faillite morale, politique, ils serait légitime de faire peu ou prou appel à eux ?
- Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis, le Royaume Uni, la France, la Chine et la Russie (anciennement URSS) furent les cinq pays alliés vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale ; ne sont ils pas aussi devenus les cinq principaux pays producteurs et marchands d’armes ? (Cf. Politique)
* Ajout. 21 mars 2015. Concernant la période 2010-2014, selon l’Institut international de recherches sur la paix de Stockholm (SIPRI. Stockholm), mais en reprenant les termes et donc la philosophie politique de l’AFP, les États-Unis sont toujours le premier producteur d’armes exportées (31%), suivis par la Russie (27 %), puis viennent « loin derrière » la Chine [qui « devance » cette année la France], la France et l’Allemagne. Et Israël ? 27

Droit International. CEDAW. Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (ONU) (Réserves)) : Ce texte, d’une extrême confusion sémantique [la moindre critique étant qu’il n’affirme nullement que les femmes et les hommes sont - ni ne doivent - être égaux entre eux] est en sus l’objet de très nombreuses Réserves, émanant de très nombreux États, France comprise. Nombreuses sont, parmi elles, celles qui s’opposent à la finalité affichée de cette convention, aussi confuse soit-elle.
Pour ne prendre que deux exemples :
* « Le Gouvernement de la République Algérienne Démocratique et Populaire se déclare disposé à appliquer les dispositions de cet article (2) à condition qu'elles n'aillent pas à l'encontre des dispositions du code algérien de la famille. »
* « Le Gouvernement de la République populaire du Bangladesh ne se considère pas lié par les dispositions de l'article 2, [... et ... ] 16 (1) (c) qui sont contraires à la Sharia fondée sur le Saint Coran et la Sunna. »
- S’il faut certes condamner les États qui s’opposent au principe même de cette convention et légitiment, au sein du système patriarcal, de manifestes rapports de domination des hommes sur les femmes, il faut d’abord condamner l’ONU pour avoir permis que de telles remises en cause soient justifiables et dès lors accepté que l’on viole ses propres textes. En effet, l’article 28 & 2 du CEDAW pose sans ambiguïté : « Aucune réserve incompatible avec l’objet et le but de la présente convention ne sera autorisée. »
- Ces Réserves ne peuvent donc être considérées comme « la plaie des droits de l’homme », comme l’écrit, en prenant le CEDAW comme exemple, G. Cohen Jonathan, confortant par ailleurs la légitimité du concept de « droits de l’homme ». 28
- Les combats menés par tant de juristes féministes pour lever les Réserves des gouvernements, au même titre que leurs tardifs et parcimonieux retraits décidés par les États eux-mêmes, doivent donc être appréciés à leur juste mesure… (Cf. Famille. Code de la famille, Politique. Égalité, Patriarcat)

Droit (« Juridisme ») : Manuel Valls, Premier ministre, après les attentats du 13 novembre 2015, pour justifier la prolongation de l’état d’urgence, auteur de : « Pas de [ou : Arrêtons »] le juridisme, avançons ! ». Et ne démissionnant pas, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, justifie la légitimité d’une telle déclaration qui jette l’idée même de « droit » au panier et dont la « constitutionnalisation » de « l’état d’urgence » en est la traduction juridique la plus scandaleuse.
* Ajout. 31 janvier 2016. C. Taubira démissionnera le 28 janvier 2016 « sur un désaccord politique majeur » sans préciser lequel, le seul qu’elle ait publiquement dénoncé étant celui de la déchéance de nationalité française pour les binationaux condamnés pour « terrorisme ».  

Droit (Lutte) : Pourquoi faudrait-il lutter pour obtenir la réalisation d’un droit ?

Droit (de Propriété) : Dès lors que la pensée politique fonda la création de la société civile, des droits civils, sur l’affirmation première du droit de propriété, à la suite de Rousseau [«Le premier qui, ayant clos au terrain, s’avisa de dire, ceci est à moi et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » 29], de Proudhon, de Marx et de tant d’autres, aucune pensée critique du patriarcat ne fut plus possible sans le remettre en cause. (Cf. Patriarcat, « Sciences » sociales. Économie. Propriété)

Droit (Punition) : Le lien que fait l’institution-Justice entre le droit et la punition interdit, sauf exceptions, aux accusé-es de dire leur vérité. Et donc à une quelconque justice d’être dite.

Droit. (Valeurs) : Eolas (M.), Juriste. Auteur [en commentaire des réactions à son texte : « Et si on réfléchissait un peu à l’affaire Ribéry ?»] de 30 : « Le droit pénal ne sert pas à proclamer des valeurs ». Dans ce texte, «il invite à lire les propos pondérés, raisonnables et étayés du professeur Francis Caballero, dans Le Monde daté du 23 août » 31 et affirme « partage(r) entièrement son point de vue. » S’est-il rendu compte, en sus de l’horreur que peut susciter une telle position (justifier de fait la prostitution des mineur-es), de l’image qu’il donne de lui ?
- Relativise grandement - ou délégitime ? - ses analyses juridico-politiques. (Cf. Justice (Loi), Patriarcat, Pensée (Badinter Robert), Proxénétisme)

Droit (Patriarcal) (1) : De deux choses l’une : ou le droit est patriarcal et il ne peut être lié à un quelconque universalisme, ou le droit est universel et il réduit à néant toute velléité de critique féministe du droit.

Droit (Patriarcal (2) : Je lis dans un Que sais-je, certes de 1958, ceci : « En France, la femme est, en principe, devant la justice pénale, l’égale de l’homme. » Il est des affirmations qui laissent pantois-e et des « principes » bien utiles pour cacher ce que l’on ne veut voir, analyser, dénoncer. Quant à la supposée rigueur du droit…32 (Cf. Politique. Égalité, Principe)

Droit (Patriarcal). Richer Léon) : [1824-1911] Le plus grand juriste féministe. Son livre : Le code des femmes (1883) 33 devrait, notamment, être enseigné en première année de toutes les Facultés de droit. Il est en effet le premier à avoir dévoilé que le fondement du droit est patriarcal et à avoir démontré que le patriarcat est lisible dans le droit, qui plus est, dans le droit dit privé, là où on (les constitutionnalistes) ne le cherchait pas.

Droit (Propriété intellectuelle) : Charles du Bos, évoquant May Sinclair [1863-1946], écrivaine, critique, active suffragiste anglaise, écrivit : « Elle est une de ces natures comme j’en ai connu quelques unes […] pour qui la notion qu’il puisse y avoir une propriété, un droit du premier occupant dans le domaine des choses de l’esprit apparaît un peu comme une monstruosité. » 34 Toujours, plus que jamais juste. (Cf. Proxénétisme. Propriété intellectuelle)

II. Droits :

Droits : Lorsque l’on peut évoquer concomitamment [Cf., le Rapport d’Amnesty International de 2011] les droits de « l’homme », des « femmes », des « enfants », des « indigènes », des « peuples indigènes », des « populations indigènes », des « autochtones », des « peuples autochtones », des « migrants », des « migrants et demandeurs d’asile », des « réfugiés et des migrants », des « travailleurs migrants » , des « personnes déplacées », des « travailleurs », des « minorités », des « malades mentaux », des « détenus », des « Roms » (liste loin d’être exhaustive), alors, il n’y a pas d’ambiguïté : le mot ne veut rien dire et doit être abandonné.
En sus, que signifie un « droit », si je dois me battre pour l’obtenir ?

Droits (de l’homme (1) : Quand les femmes pourront-elles un jour s’unir pour crier : « À bas les droits de l’homme » ?

Droits (de l’homme) (2) : Pour une alternative :
« Considérant que jusqu'à ce jour, les droits de l'homme ont jusqu'alors aussi défendus et légitimées les droits des hommes sur les femmes
- Considérant que tant que les dénis de droits dont les femmes ont été et sont encore depuis des siècles ne sera pas porté en pleine lumière et dénoncé
- Considérant que toutes les tentatives faites par les femmes pour obtenir par la justice leur droit à être traitées à égalité avec les hommes ont jusqu'alors globalement échouées
- Considérant que tant que les femmes, indépendamment de leur statut d'épouse et de mère, ne seront pas reconnues comme « être humain »
- Considérant que tant que cette affirmation ne sera pas universellement reconnue, aucun « droit humain » n’est légitime
- Considérant que les plus grands malheurs vécus par les femmes proviennent du pouvoir patriarcal que les États ont laissé perdurer
- Considérant que certains articles de la déclaration des droits de l'homme de 1948 peuvent rester une source d'inspiration, mais qu’elle même, en tant que telle, doit être repensé.
Art 1. Tous les êtres humains, hommes et femmes, naissent et demeurent tout au long de leur vie, libres et égaux en dignité, en raison, en conscience, en valeur et en droits ». (À poursuivre)

Droits (de l’homme) (3) : Le pseudo concept de « droit de l’homme », dans son abstraction individualiste, en posant l’individu singulier comme la norme sur le fondements de laquelle les régimes doivent être jaugés, jugés, condamnés ou non, interdit toute pensée politique, laquelle doit nécessairement a minima permettre de penser les rapports entre les individu-es et les États (eux mêmes en étroites interrelations avec les intérêts économiques transnationaux). En ce sens, les droits de l’homme sont une régression, comparés avec les droits du citoyen. Et y ajouter la femme, les femmes, la citoyenne, les citoyennes ne change pas l’analyse. Enfin, c’est bien sur ce socle que progressivement le pseudo concept de « droits humains » s’est imposé, en y intégrant encore plus de confusions. [3 Octobre 2014] 35  

Droits (de l’homme) (4) : L’idée même d’État interdit toute pensée d’un être humain singulier auquel serait conférés des droits qui lui seraient inaliénables. Et es blocages des frontières, les refoulements, quotas,  expulsions des étrangers /ères, réfugié-s, etc…sont la preuve flagrante (des millions d’êtres humains sont concernés) de la subordination des ces pseudo droits à ceux des États. (Cf. Êtres humains, Politique)

Droits (de l’homme. Cassin René) (1) : L’un des auteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), Président de la Cour européenne des droits de l’homme (1965-1968) et Prix Nobel de paix (1968). C’est le même homme qui, en 1944, l’un des 16 membres de la Commission de législation et de réforme de l'État de l’Assemblée consultative provisoire avait voté « non » [52 « oui »] à la proposition du communiste Fernand Grenier, le 24 mars 1944, laquelle avait posé le principe de l'éligibilité et du vote des femmes « dans les mêmes conditions que les hommes ». La proposition de René Cassin, de concert avec celle de Vincent Auriol, futur Président de la République, était que les femmes puissent être élues, mais non pas électrices. 36

Droits (de l’homme. Cassin René) (2) : Gérard Cohen Jonathan, dans le Dictionnaire des droits de l’homme, [2008] dans la notice du même nom et dans le paragraphe intitulé : « L’égalité des hommes » ( !) écrit ceci : [Concernant le « Principe d’égalité »] « On signalera simplement ici que, s’agissant des droits de la femme, René Cassin avait mené très tôt un combat d’avant-garde, jalonné par des publications, et par des conférences dans de nombreuses universités. » 37 Pourrait-on connaître précisément les sources légitimant ces affirmations ? (Cf. Femmes, Déni de l’histoire des femmes et du féminisme, Hommes (Politiques. France. XXème siècle)

Droits (de l’homme. Esclavage) : Censé être aboli. Si on lit la Déclaration des droits de l’homme, on constate qu’il n’est pas dissocié de « la servitude », ni de « la traite des esclaves » et qu’il n’est qu’« interdit ». Article 4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. » (Cf. Proxénétisme. Abolitionnisme)

Droits (de l’homme. Famille) : En droit, c’est l’article 16,3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État » qui fonde, qui légitime, qui perpétue le patriarcat.
Si le concept de « famille » existe, si celle-ci est reconnue comme « fondamentale et naturelle », comme antérieure à « la société » et à « l’État » qui, dès lors, lui reconnaissent « un droit à la protection » [non défini], alors le concept d’être humain lui est subsumé.
C’est ainsi que le pseudo universalisme des « droits de l’homme » est sapé à sa base et cet article s’oppose à l’interprétation courante de article 1 qui affirme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
- La permanence de cet article : l’article 7 du projet de constitution Tunisienne (janvier 2014) : « La famille est la cellule essentielle de la société et l’État doit en assurer la protection. » (Cf. Famille (Codes de la famille), Patriarcat)

Droits (de l’homme. Gauchet Marcel) : A pu écrire un livre - qui fait toujours référence - intitulé La révolution des droits de l’homme, publié chez Gallimard, dans la Bibliothèque des Histoires, en 1989, en ne citant qu’une seule fois le mot « femme », dans une note, concernant une lettre adressée par le député Gallot « à sa femme » (Note 2. p. 61) et qu’une seule fois l’expression d’« égalité entre les sexes » (p.298) concernant Guyomar « qui [en] était partisan», et ce, pour faire valoir sa position concernant aux colonies « les hommes de couleur ».
* Ajout. 6 juillet 2012. 20 ans après, la donne n’a, pour certain-es, pas changé. On peut ainsi lire dans le Dictionnaire des droits de l’homme, [2008] sous l’item : « Révolution française » : « Avec la Déclaration des droits (de 1789) l’égalité juridique devient une prérogative du citoyen. Serfs, juifs, protestants et même provisoirement esclaves sont regroupés dans une catégorie unique, celle de citoyen ». 38 (Cf. Hommes « Intellectuels » France. XXIème siècle)

Droits de l’homme (Rama Yade / Thierry Beaudoin) : [Respectivement ex-Secrétaire d’État aux droits de l’homme sous la présidence de Nicolas Sarkozy et Président d’honneur de la FIDH (Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme] En réponse à la question : « La France a t-elle encore son mot à dire ( ! ) sur ce thème (des droits de l’homme) qui ne mobilise pas tellement. », Rama Yade  répondit : « Les droits de l’homme, c’est partout ; c’est…dans la liberté d’expression, c’est dans l’égalité hommes/femmes, dans la lutte contre l’homophobie, c’est dans la promotion des droits de l’enfant, c’est du droit, c’est quand on avance sur le droit […] Sur le droit des femmes, c’est bien de parler des droits des femmes, en France, il n’y a absolument aucun problème là-dessus, mais je pense que c’est absolument indissoluble des droits des femmes à l’étranger. Il y a ce que se passe dans plein de pays au monde. Regardez ces cas de femmes dans des pays comme l’Afghanistan, le Bengladesh, où la France doit intervenir d’avantage, pas forcément d’ailleurs en faisant du bruit… ».
La réaction de M. Thierry Beaudoin, soutien en l’occurrence [fort peu convaincant] de la présidence Hollande (certes, « qui ne va pas assez loin »…mais accablant pour la FIDH dans la mesure où il affichait avec fierté, sans apparent problème, son « travail très abondant avec l’Elysée, Matignon, le Quai d’Orsay »), voici sa réaction : « Évidement je partage les constats, mais une fois qu’on a fait les constats, il faut agir en ce sens. Et, par exemple, pour la situation des femmes, qui loin de s’améliorer, empire beaucoup de pays. Qu’on ne me dise pas qu’aujourd’hui la France de Monsieur Hollande ne s’occupe pas de ces questions, et n’essaie pas de s’y intéresser, et qu’elle n’est pas contre toutes ces atteintes faites aux droits des femmes. Ce n’est pas le propos […] » Souvent, il m’arrive naïvement de me demander si ces personnes se rendent compte de la confusion politique et, si souvent, de l’énormité de ce qu’ils/elles disent… 39

(Droits de l’homme. Sade) : Sade auteur de : «  Il est incontestable que nous avons le droit d’établir des lois qui la (la femme) contraignent de céder aux feux de celui qui la désire ; la violence même étant un des effets de ce droit , nous pouvons l’employer légalement. Eh ! la nature n’a t-elle pas prouvé que nous avions ce droit, en nous départissant la force nécessaire de la soumettre à nos désirs ? » 40 (Cf. Êtres humains. Nature, Sade, Sexe-s, Violences à l’encontre des femmes)

Droits (des Femmes) (1) : « L’histoire », en règle générale, nous présente les dits supposés « droits des femmes » comme relevant d’une incessante succession d’avancées, dont nous n’aurions plus qu’à attendre leur réalisation et dont nous devrions dès lors nous réjouir. Chaque nouveau « droit des femmes » - ou du moins ce qui nous est présenté comme tel - est l’arbre qui cache la forêt de la domination patriarcale. Sous ce seul intitulé « les droits des femmes », d’emblée, incertitudes, ambiguïtés, contradictions, régressions sont interdites et toute analyse rendue quasi impossible. (Cf. Patriarcat, « Sciences » sociales. Histoire)

Droits (des Femmes) (2) : Que les femmes aient des « droits » - bien que l’expression en elle-même, réduite à elle-même, s’avère soit comme une évidence, un truisme, soit comme dénuée, dans son abstraction, de toute signification - n’est en rien synonyme avec ce que certain-es, qui ont intérêt à la confusion, dénomment « les droits des femmes ».

Droits (des Femmes) (3) : Ajouter, sans remettre en cause le « droit », certains « droits » présentés comme spécifiquement relavant « des femmes », c’est certes en retirer de son corpus certaines des manifestations patriarcales qui apparaissent - après des siècles de violences, de souffrances, d’injustices, les plus choquantes, mais c’est aussi - et surtout ? - s’interdire la critique des fondements du « droit ». Et donc le conforter. (Cf. Patriarcat)

Droits (des Femmes) (4) : Si le concept de « droits (des femmes) » avait un sens, alors celui de « médiation » en serait sa négation. (Cf. Êtres humains. Relations entre. Conciliation..)

Droits (des Femmes) (5) : Marine Le Pen, auteure de : [ …] « A Cologne, ce sont des centaines de femmes qui ont subi des agressions sexuelles. Que ces hommes soient, de par leur situation de migrants, leurs conditions de vie dans leurs pays d’origine, ou encore leurs dogmes religieux, soumis à une frustration sexuelle particulière ne m’intéresse aucunement ; j’ai bien d’autres choses à faire que de trouver une quelconque excuse à ces mâles déchaînés. En revanche, qu’ils agissent comme des criminels (viol et tentative de viol sont des crimes, ne l’oublions pas), qu’ils s’affranchissent des règles essentielles de nos sociétés occidentales, et qu’ils méprisent ouvertement les droits des femmes, me préoccupe grandement. Je suis révoltée aujourd’hui par le silence inadmissible voire l’assentiment tacite de la gauche française devant ces atteintes fondamentales aux droits des femmes : Elisabeth Badinter avait parfaitement raison de dire que la gauche, par clientélisme, par une peur fantasmée de la stigmatisation de l’islam ou de l’amalgame, abdique devant des mises en cause très graves de la laïcité et des droits des femmes. Les éternels donneurs de leçons se taisent quand, pour le coup, les valeurs les plus centrales de notre République sont bafouées. Le droit à l’intégrité corporelle, de quelque sexe que l’on soit, est un droit parmi les plus essentiels. Ce droit est aujourd'hui attaqué pour nombre de femmes. Que la barbarie puisse s’exercer de nouveau à l’encontre des femmes, du fait d’une politique migratoire insensée, me remplit d’effroi. Je repense à ces paroles de Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question », et j’ai peur que la crise migratoire signe le début de la fin des droits des femmes. Atteinte à l’intégrité physique, contrôle social, réduction des libertés et asservissement : on sait que la pente est glissante. Sur ce sujet comme sur les autres, les conséquences de la crise migratoire étaient pourtant prévisibles. » 41 Certes, il est nécessaire, de comparer ce que dit ici Marine Le Pen avec ses déclarations antérieures dénonçant nombre d’avancées féministes, mais cela ne suffit pas. Ce qui importe tout autant, sinon plus, c’est concomitamment démontrer comment il est possible quelle puisse avancer de telles assertions : les failles de son discours comme révélateurs des failles des autres…

Droits (des Femmes. Autour des) : Lu : « Six participantes à la Marche mondiale des femmes sont arrivées ce mardi à Tours. Jusqu'à leur départ jeudi matin, le collectif d'accueil tourangeau a programmé une série de rendez-vous autour des droits des femmes. » 42

Droits (Fondamentaux) : Employer cette expression ne paraît rédhibitoire à quiconque. Qui, enfin, osera, publiquement, demander à celui/ celle qui l’emploie une définition rigoureuse de cet terme et ne cessera sa demande jusqu’à obtenir une réponse ? (Valable aussi pour « droits de l’homme », « de la femme », « des femmes », « humains », etc., etc.,)

Droits (Humains) (1) : Ne gêne personne, car jamais définis. Terme ayant permis, en sus, à peu de frais, d’évacuer toute critique féministe politique du pseudo concept de droits de l’homme. 43
* Ajout. 12 septembre 2012. Cette critique s’est, depuis la fin de la rédaction du texte : « Questions à Amnesty International », 44 révélée tout à fait insuffisante : « Les droits humains » : une arme de destruction massive de toute pensée politique ; politiquement fonctionnelle pour la pseudo « communauté internationale ». La fonction des mots qui fondent des analyses révèlent leur vérité : ils sont employées pour nous cacher la réalité du fonctionnement de nos sociétés. (Cf. Politique (Communauté internationale), Langage)

Droits (Humains) (2) : Si les États-Unis, la Corée du nord, Israël et la Palestine peuvent être concomitamment condamnés au nom de leurs supposées violations des «droits humains », alors faire référence au Roi est nu  du conte d’Anderson : Les habits neufs de l’empereur, est plus que nécessaire…Urgent. (Cf. Amnesty International)

Droits (Humains) (3) : Thierry Pech, directeur du « think tank » Terra Nova [Proche du PS], après s’être réjoui de l’accord sur l’accord de la COP 21, « une bonne nouvelle pour le monde, une bonne nouvelle pour nous-mêmes », auteur de : «  Sur le thème des droits humains, on n’a rien. » 45

Droits Humains (Amnesty International) : La critique d’Amnesty International ne doit pas tant de se focaliser sur sa présentation (critique) de tel ou tel pays, de telle ou telle thématique, que, globalement, sur sa façon de légitimer et /ou de détruire le monde actuel et de reconstruire un autre monde ;46ou, plus justement, il faut comprendre comment sa critique - dont aucune n’est étayée, justifiée - de tel ou tel pays, de telle ou telle thématique, participe, sert, est utilisée à la mise en œuvre de la légitimation de tant d’injustices du monde actuel et de sa participation à la construction d’un nouveau monde, encore plus injuste.
* Ajout. 29 septembre 2014. Je lis dans le livre - important - d’Adam Hochschild concernant La terreur coloniale au Congo sous Léopold II 47 cette curieuse affirmation : […] « En revanche, le rapport officiel qu'il [Casement, diplomate britannique. 1864-1916] rédigea ultérieurement est écrit dans le langage qu'Amnesty et des groupes similaires utiliseront par la suite : sobre et concis, évaluant la fiabilité des divers témoins, emplis de référence à des textes de lois et à de statistiques, suivi d'appendices et de dépositions. » Pourquoi dans un livre d’histoire, cette référence à Amnesty International, pour le moins anachronique ? Et ce d’autant que langage d’Amnesty est à l’opposé de ce constat : confus [abscons] et dénué de toute rigueur, sans évaluation d’aucun témoin, sans référence au droit, dénué de statistiques, dépourvu de sources, d’appendices et de dépositions. (Cf. « Sciences » sociales. Histoire)
* Ajout. 2 janvier 2016. Amnesty International : une escroquerie intellectuelle, politique fonctionnelle.

Droits Humains. (Amnesty International. Commission Droits des Femmes) : Je reçois le Bulletin N°14 (Novembre 2014) de la Commission Droits des Femmes d’Amnesty International. France. Comment peut-on mieux expliciter que l’on se réfère à une analyse patriarcale du droit qu’en maintenant une « Commission » spécifique qui entérine le fait que les « droits des femmes » seraient donc spécifiques. Et donc différents et des « droits dits-de-l’homme » et des « droits-dits-humains » ? (Cf. Patriarcat)

Droits (Protection) :Évoquer une quelconque demande de « protection », c’est nier l’idée même de droits (égaux). Alors fut inventée l’idée de « protection des droits ».

Droits (Victimes des) : En 1982, le Ministère de la Justice publiait un Guide des droits des victimes. Monsieur Badinter, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice l’honorait d’une Préface. 48 Le projet : « prévenir », de « réparer », d’« informer », sans donc aucune réforme de la loi, du droit, de la procédure pénale, etc…et à doses homéopathiques, pour ne pas dire injurieuses, plus particulièrement pour les femmes. Le ministre a pour projet de « réduire le nombre des victimes », mais maintient le terme de « protection des victimes » (en contradiction avec le titre même du livre). Le ministre affirme que « la sanction du coupable n’entraîne pas nécessairement la réparation due à la victime ». Il faut donc y veiller » conclue t-il. Suivent alors projets de réformes plus que mineures (le terme étant encore trop fort) : « augmentation de 10 % du montant de l’indemnité à laquelle ont droit les victimes les plus démunies » ; « élévation de 33 % du seuil de ressources qui permet d’accéder à l’aide judicaire » ; sans doute la plus incroyable : « Pour garantir l’exercice de leurs droits (?), nous avons fait en sorte que les sommes qui reviennent aux victimes  sur le pécule des détenus leur soient effectivement versées, et non plus rendues aux coupables lors de leur libération, comme il advenait trop souvent jusque là. ». « Nous n’en resterons pas là » poursuit-il pour évoquer ensuite « le nouveau code pénal » qui « prendra plus largement en compte l’obligation de réparer le préjudice » ( ?) « Et le droit des victimes seront accrus devant le tribunal d’exécution des peines, qui sera prochainement instauré. » Concernant « l’accueil des victimes » le ministre affirme qu’il «  est en voie d’amélioration ». On lit aussi dans le même paragraphe, qu’« il faut veiller à humaniser toujours plus la justice quand elle se penche sur le sort des victimes ». Enfin, le ministre conclut que « sans information, les victimes sont souvent désarmées » et qu’ « aider les victimes à découvrir leurs droits et à les mettre en œuvre est donc la seule ambition de ce guide. Puisse t-il ouvrir plus largement la voie de la justice  aux victimes, afin qu’elle soit à leur égard toujours plus efficace et humaine [...] Une gifle adressée aux victimes par un homme qui ne cesse depuis lors de recevoir d’innombrables hommages concernant son humanisme et sa défense des ‘droits de l’homme’…

III. Être-s humain-es

I. Être humain : Être humain (1,2,3) ; Appartenance (Sentiment d’) ; Autoritaire ; Conscience ; Culpabilité ; Désir (1,2,3) ; Domination (Jouissance de la) ; Écologie ; « Erreurs de ciblage » ; Femme ; Femmes ; Grossir/Maigrir ; Identité ; Indépendant-e ; Intuitions ; Lang (Jack) ; Miroir ; Mise à nu des êtres ; Mode ; Mode (Histoire) ; Mode (Mort) ; Mode (Vêtements) ; « Monde entier » ; Mort (1,2) ; Nature ; Pensée ; Prestige ; Prise ; Qualificatif ; Saint-e…(35) ; II. Être humain. Soi : Soi ; Besoin de reconnaissance (1,2) ; Compréhension (de) ; Dépression ; Devenir ; Conscience (de) ; Écrits ; Émotion ; Émotions ; Erreur ; Évidence (de) ; Fierté ; Identité ; Monde ; Négation de soi (1,2) ; Orgueil ; Otto Peters (Louise) ; Parler publiquement (de soi) (1,2) ; Reconnaissance (1,2) ; Refoulement ; Revenir à (soi) ; Sénèque ; « T’es qui, toi ? » (28)III. Être-s humain-es. Vie-s : Vie ; Lutte ; Perdre sa vie à la gagner ; Vie - dite - privée (1,2) ; (Droit à) ; Hommes politique français ; Human’s Rights Watch ; Et code civil ; Et démocratie ; Refaire (sa) (11) .IV. Être-s humain-s. Corps (10) : (Cf. Item : Corps) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1217&mode=last(10) ; V. Être-s humain-es. Enfant-s(20)  :(Cf. Item (Enfants) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1218&mode=last ; VI. Être-s humain-es. (Femmes) (329)  : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1204&mode=last ;  (Cf. Item : Femmes) ; VII. Être-s humain-es. (Hommes)(162) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1205&mode=last (Cf. Item : Hommes) ; VII. Êtres humains (Relations entre êtres humaines)(82)http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1219&mode=lastI (Cf. Item: Relations entre êtres humains) 11 Janvier 2016 : 74 Items

I. Être humain :

Être humain (1) : Pour les libéraux (entre autres…) : « capital humain », « potentiel créatif », « part de marché », « producteur », « agent » [de l’État, de sécurité…], « acteur », « client », « consommateur », « produit », « cible », « cas », « victime », « facteur » [variable], « donnée » [statistique, virtuelle, inscrite dans des flux], « opportunité », « fraction d’une foule » (entendu 26 juin 2015] …c’est selon. Et, in fine, un « obstacle » au libre échange, devenu couteux, superflu, inutile  ? Et dont on ne sait plus que faire…
* Ajout. 27 février 2015.En sus : « auteur », « opérateur », « collaborateur », « associé », « salarié », « leader », « sponsor », « parrain », « chef [religieux, tribal] « donateur », « actionnaire », « médiateur », mais aussi, dans le domaine « inutile » :  « indigène », « étranger », « migrant », « réfugié », « demandeur d’asile », « dissident », « looser », « bisounours », « sans droit », « déplacé », « inaudible », « infiltré », « naufragé », « disparu », « abattu »… (Cf. Culture, Politique (Démocratie), « Sciences » sociales (Économie)

Être humain (2) : Réintégrer le sexe dans le corps qu’il n’aurait jamais dû quitter ; réintégrer le corps dans l’être humain dont il n’aurait jamais dû être dissocié. (Cf. Corps, « Sciences sociales ». Psychanalyse, Patriarcat, Sexe)

Être humain (3) : Le dualisme cartésien avait construit une opposition binaire entre le corps et l’esprit (en rupture avec « l’âme »). Le libéralisme vend, charcute, loue, prête, échange, s’approprie maintenant l’être humain, soit en totalité, soit à la découpe, pour tel ou tel organe, telle ou telle fonction.  (Cf. Proxénétisme)

Être humain (Appartenance sentiment d’) : Erri De Luca, évoquant ses relations avec la ville de Naples et ses habitant-es, distingue le « sentiment d’appartenance » du « sentiment de provenance » 49 : une riche distinction.

Être humain (Autoritaire) : Un être humain autoritaire : un être humain dépourvu d’autorité ; qui plus est, le dévoilant.

Être humain  (Conscience) : Et si - aussi occupée, accaparée, annexée, intoxiquée, exploitée, confisquée, dominée soit-elle, toute imprégnée donc de patriarcat, de libéralisme, de rationalisme, de nationalisme - toute vérité n’était-elle d’abord à rechercher dans la conscience de chacun-e, conscience de soi et conscience de soi dans le monde ? Cette analyse (cette évidence ?) n’exclue donc en rien celles, tout autant nécessaires, fondées sur des approches en termes de « systèmes » politiques, historiques. Bien au contraire : « reconquête d’une intériorité perdue, sclérosée par le dogme » 50 et compréhension de soi dans le monde et du monde en soi sont indissociables. (À prolonger). (Cf. Êtres humains (Enfants. Conscience de soi), Politique (Loi)
* Ajout. 14 juin 2015. « Éclairs à jamais momentanés / Illuminez ces clairs replis de la conscience ». (Boris Pasternak ? source non retrouvée)

Être humain (Culpabilité) : On peut se sentir coupable de crimes que l’on n’a pas commis, et même d’avoir été victime ; de n’avoir pas empêché un crime ; d’avoir survécu ; de n’avoir pas su, de n’avoir pas dénoncé ; de ne pas pouvoir, de ne pas savoir parler ; de ne pas comprendre ; de transmettre et de ne pas transmettre à d’autres ; d’oublier et de ne pas oublier ; d’avoir encore espoir et de n’avoir plus d’espoir ; de vivre et de ne pas vivre (au mieux, au moins mal)…La charge de clarifier cette complexité incombe à tous /toutes. La transférer aux victimes juge celui/celle qui les en responsabilise.

Être humain (Désir) (1) : Léonard de Vinci, auteur de : « De même que la nourriture prise sans appétit est nuisible à la santé, ainsi l’étude sans désir altère la mémoire et l’empêche d’assimiler ce qu’elle absorbe ». 51 Juste critique, notamment de l’Éducation nationale.

Être humain  (Désir) (2) : Chaque désir réalisé, c’est une porte qui s’ouvre pour les suivants…

Être humain  (Désir) (3) : Un monde fondé sur le désir : un lâcher de hyènes… (Cf. Politique)

Être humain  (Domination. Jouissance de la) : Jouissance de faibles (d’esprit). Entre autres…
- Pour complexifier, affiner le constat, Cf. George Sand : « On est dominé toujours par les êtres faibles. » 52 Ouvre de très larges perspectives critiques, notamment pour les femmes dénonçant les violences patriarcales. Enrichit le ‘concept’ de victime. (Cf. Féminisme (victimaire), Jouir, Violences patriarcales)

Être humain (Écologie) : Naomi Klein, à l’occasion de la sortie de son livre Tout peut changer, évoque : « les soins apportés à la personne » comme étant « peu consommateurs de carbone ». 53 Des risques d’une vision exclusive et donc totalisante du monde, ici écologique…

Être humains (« Erreurs de ciblage ») : Nous sommes tous et toute devenu-es de potentielles « erreurs de ciblage ». Écrit à la suite des premiers ‘arguments’ invoqués par les forces dites de ‘la coalition’, en d’autres termes par l’OTAN, suite au bombardements de l’hôpital MSF (Médecins sans frontières) de Kunduz en Afghanistan le 3 octobre 2015.

Être humain (Identité) : Après l’avoir fragmentée à l’infini, on peut la recomposer comme on l’entend, afin de la rendre la plus fonctionnelle possible pour le marché, pour le profit, et qui plus est, plus adéquate à soi. (Cf. Corps, Doit. Discrimination)  

Être humain (Femme) : Un femme n’est ni un sexe, ni un corps, ni un visage, ni, ni… Toute définition d’un seule d’entre ces expressions nie sa qualité première : celle d’être, comme chaque homme, un être humain pensant. [Après avoir vu : « Qu’est ce qu’être une femme ? Réponses de femmes (Notre corps, notre sexe) », le « ciné tract » d’Agnès Varda. 1975] (Cf. Femmes)

Être humain (Femmes) : Lors de la première conférence inaugurale à la Sorbonne faite par une femme, Marie Curie, le 5 novembre 1906, le chroniqueur du Journal écrivit le lendemain : « Si la femme est admise à donner l’enseignement supérieur aux étudiants de deux sexes, où sera désormais le prétendue supériorité de l’homme mâle ? En vérité je vous le dit : le temps est proche où les femmes deviendront des êtres humains. » 54 A lire non pas comme une aberration scandaleuse mais comme une vérité (au moins partielle) qui enrichit du fait des questions que cette phrase pose. …(Cf. Femmes)

Être humain (Grossir / Maigrir) : S’exprimer, faute de savoir, de pouvoir parler, d’être entendu-e, compris-e, respecté-e, encouragé-e, aimé-e. Souvent, le moyen le plus efficace pour perdre des kilos considérés comme malséants : se lancer dans la quête d’un-e amant-e ? Résultats non garantis…

Être humain (Indépendant-e) : S’affirmer, se considérer comme « indépendant-e » (et/ou libre) ; c’est nier tous les rapports de pouvoir. Une circonstance aggravante pour une féministe ?

Être humain (Intuitions) : Les intuitions : l’émergence de l’inconscient qui aspire à se faire entendre. Les intuitions des femmes, lorsqu’évoquées, c’est le plus souvent pour dévaluer, récuser la raison des femmes. Aujourd’hui, nous devons apprendre à reconnaître nos intuitions, à les comprendre, avec respect et circonspection, et bien sûr, à les critiquer, notamment dans le décryptage de la construction de leur historicité. Les redécouvrir, c’est libérer, choisir, sélectionner, hiérarchiser les différentes strates de chapes de plombs qui les ont étouffées et dévoiler la richesse de leurs potentialités.

Être humain (Lang Jack) : Jack Lang, interrogé sur les menaces de destruction concernant des ruines romaines de Palmyre (Syrie) et les morts dans cette même ville (plus de cent mort-es), du fait de son occupation militaire par Daech, en mai 2015, auteur de : « Les monuments et les êtres humains, c’est la même chose. » 55 (Cf. Culture)

Être humain (Miroir) : « Il y a des miroirs pour le visage, mais il n’y en a point pour l’esprit. » Puis, du même Baltasar Graciàn : « Que le sage se mire tous les jours au miroir de sa réflexion. » 56 (Cf. Femmes (Beauté)

Être humain (Mise à nu des êtres) : La nécessité pour notre monde libéral-proxénète, lequel ne considère pas pour autant qu’il puisse, de ce fait, être délégitimé lorsqu’il se fait le parangon de la dénonciation du voile islamique, pourtant deux versants de la domination patriarcale. (Cf. Femme (Star), Proxénétisme, Sexe)

Être humain (Mode) : Fait des femmes des moutons de Panurge, bêlants, mais frisottés. Les hommes suivent. (Cf., Femme (Démodée), Femmes (Beauté), Elle)

Être humain (Mode. Histoire) : Pour relativiser, historiciser ce que l’on appelle « la mode », voici ce dont se souviens Marie-Madeleine Dienesch, résistante, membre de la première assemblée consultative, lorsque elle a pénétré avec Marianne Verger et Gilberte Brossolette, la première fois pour des femmes - à l’Assemblée : « Nous avions une réunion de groupe, c’est là que j’ai vu tous les anciens députés qui nous regardaient avec un sourire désabusé, d’autant plus qu’en ces temps-là, autant que je m’en souvienne, nous étions mal habillées : moi, j’avais des chaussettes de coton, c’était la guerre, je n’avais pas de bas, ma tant de Lisieux m’avait tricoté une paire de chaussettes qui me montaient au moins jusqu’aux genoux, c’était déjà un miracle ! Je me rappelle que j’avais une jupe marron qui n’était pas trop longue, qui faisait juste la jonction avec les chaussettes, et je portais une blouse confectionnée par une de mes amies qui avait de vieilles pièces de tissu qui lui restaient. À la libération, les femmes n’avaient pas grand-chose, on n’avait même rien du tout. » 57

Être humain (Mode. Mort) : Lu sur une pancarte dans une manifestation suite à l’effondrement le 24 avril 2013 au Bengladesh du Rana Plaza ou des centaines femmes ouvrières pour un salaire de misère cousaient les vêtements que nous portons : 1134 mortes, 2400 blessées : « No one should die for fashion ».

Être humain (Mode. Vêtements) : Devraient servir à (mieux) se sentir bien, à l’intérieur de soi. Non : en soi.
- Cf. Diderot : « Je vis beaucoup dans ma robe de chambre » ; « Je suis trois à quatre jours de suite enfermé dans la robe de chambre.» 58

Être humain (« Monde entier ») : Entendu (lors du reportage de l’ORTF, le 30 janvier 1965 concernant les funérailles de Churchill) évoquer « un parterre de rois, de princes, de présidents, d’hommes politiques, de diplomates. Bref le monde entier.113 pays en tout cas… ». Si souvent, le présupposé de tant d’analyses, dites politiques. (Politique. État. Peuple, ‘Sciences’ sociales (Démographie), Patriarcat) 59

Être humain (Mort) (1) : La mort : ‘usine’ à pardons ? à oublis ? à regrets ? à clairvoyances ? à confusions ? à répétitions ? à rédemptions ?

Être humain (Mort) (2) : Les mort-es, pas plus que les vivant-es, n’appartiennent à personne.

Être humain (Nature) : Une critique courte mais efficace pour récuser tout explication d’un être humain, d’une femme plus généralement, en lien avec la « nature » : et Rousseau et Sade (entre autres…) s’y réfèrent pour fonder leurs analyses.

Être humain (Pensée) : C’est d’abord, et avant tout, la pensée, qu’ils ont en commun, qui lie les êtres humains entre eux/elles. (Cf. Penser)  

Être humain (Prestige) : Il n’y aucun prestige, aucune fierté à être [devenu-e]. (Juste ?) (Cf. Soi. Identité, Langage. Verbe : Être)

Être humain (Prise) : Ne jamais laisser prise. En totale confiance : donner prise ? Non. À comparer avec les si fréquentes et irresponsables injonctions à « lâcher prise ».
* Ajout. 2 novembre 2014. Cette position n’implique en rien ce que le « sens - dit - commun » considère comme relevant de l’expression des émotions. Écrit après avoir lu ceci : « Nous avons entrouvert la porte à nos émotions. Nous avons baissé la garde. » (Poursuivre)

Être humain (Qualificatif) : Tout ajout d’un qualificatif (‘féministe’ inclus) à celui censé qualifier un être humain court le risque de tuer la pensée d’un être humain pensant. Exemple : Un homme intelligent…

Être humain (Saint-e) : Entre la canonisation et le bûcher : l’entre deux est mince. Comme au PS, et plus largement en politique, on passe très vite de « grand » homme à celui de renégat, de traitre, de salaud (intégral).

II. Être humain (Soi) :

Être humain (Soi. Besoin de reconnaissance) (1) : Le besoin de reconnaissance (par les autres) qui révèle une faiblesse de soi ne se résous que par un retour sur soi (dans le monde). (Cf. Soi. Reconnaissance)

Être humain (Soi. Besoin de reconnaissance) (2) : Toute sa vie, elle avait aspiré à une reconnaissance dont elle estimait ne pas avoir bénéficié. Faute d’en avoir conscience, un jour, elle brisa tout ce qui l’entourait : elle n’obtint que la reconnaissance de sa capacité de nuisance.

Être humain (Soi. Compréhension de) : Croire que l’on est compris-e est le comble du mépris de l’autre.

Être humain (Soi. Critique de) : Toute critique de l’autre est [nécessairement] critique de soi.

Être humain (Soi. Conscience de) : Pour s’en approcher, nécessité de libérer en soi la conscience de soi par l’autre.

Être humain (Soi. Dépression) : Combien de diagnostics de « dépressions » au lieu et place de la simple reconnaissance du besoin de repli sur soi, en soi, de s’isoler, de se retirer - un temps ? - du monde, de se construire un refuge, de signifier : « Je ne joue plus », « Je ne veux plus, je ne peux plus me battre », « Je voudrais juste de la tranquillité » ; « J’ai envie d’oublier, que l’on m’oublie… ». Mais aussi, « Je veux prendre le temps », « Je veux digérer, absorber, intégrer en moi ce qui est arrivé », « j’ai besoin de distance, de recul, de temps pour accéder à la lucidité nécessaire à une autre, une nouvelle définition de moi-même dans le monde »…(Cf. « Sciences » sociales. Psychanalyse)

Être humain (Soi. Devenir) : Avancer sur le projet de parvenir au plus plein de soi en faisant sa juste place à la nécessité de faire le vide en soi de tant de scories accumulées et intériorisées depuis des siècles. S’invisibiliser pour voir ? ; se taire pour entendre ? ; se  retirer pour comprendre ? À ces questions, la recherche d’une reconnaissance de soi par l’autre est dirimante.

Être humain (Soi. Écrits) : Francis Ponge (1899-1988) invité à parler dans un colloque qui lui était consacré, répondit : « Je m’excuse, mais je ne parlerai pas. Mes textes parlent pour moi. » Sage. 60

Être humain (Soi. Émotion) : Le spectacle de l’émotion remplace le vécu de la sensibilité. Banal, certes, mais éclairant…

Être humain (Soi. Émotions) : Sans capacité d’émergence de ses propres émotions, il n’y a pas d’intelligence possible. Quant au concept même d’intelligence, il a si souvent été pensé sans même que cette question ne soit posée. (Cf. Politique (Valeur)

Être humain (Soi. Erreur) : Barbara : « Il faut faire ses erreurs soi-même. » Plus que sage : condition nécessaire préalable à toute avancée personnelle. 61

Être humain (Soi. Évidence de) : L’évidence de soi : nécessairement, l’impensé du monde.

Être humain (Soi. Fierté) : La fierté de soi anéantit le mépris. (Cf. Politique. Mépris)

Être humain (Soi. Identité) : Aucune identité ne peut justifier une quelconque fierté.
* Ajout. 31 octobre 2014. Le patron d’Apple, Tim Cook se déclare « fier d’être gay ». 62
* Ajout. 14 janvier 2016. Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, auteur de : « Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa ! » 63

Être humain (Soi. Monde) : Un être humain ‘ouvert’ au monde ne permet pas de comprendre en quoi, comment, pourquoi, sur quels fondements le monde construit, façonne, unit, oppose les êtres humains entre eux. Des limites de l’individualisme…

Être humain (Soi. Négation de) (1) : A été - et est encore largement - la culture, la norme, la morale imposée aux femmes dans le monde, lesquelles étaient censées pleinement s’y réaliser. Argument qui, pour aussi aberrant soit-il, a largement fait ses preuves en termes d’efficacité.

Être humain (Soi. Négation de) (2) : Cf., une sélection des « Avis » de Thérèse d’Avila « à ses religieuses » :
III. Quand vous serez avec plusieurs, parlez toujours peu.
IV. Conduisez vous avec une grande modestie dans toutes vos actions, dans tous vos rapports avec les autres.
V. Ne contestez jamais beaucoup, principalement en des choses importantes.
VIII. Ne reprenez jamais personne qu’avec discrétion et humilité, et avec une confusion secrète de vos propres défauts.
IX. Accommodez vous à l’humeur des personnes avec qui vous traiterez : soyez joyeuses avec celles qui sont dans la joie et tristes avec ceux qui sont dans la tristesse ; en fin , faites vous tout à tous pour les gagner tous.
XI. Ne vous excusez jamais, à moins qu’il n’y ait une grande raison de le faire.
XII. Ne parlez jamais de ce qui peut vous attirer quelques louange, comme de votre savoir, de vos vertus, de votre naissance, à moins que vous n’ayez sujet d’espérer que cela pourra être utile ; et alors il faut le faire avec humilité, et en vous souvenant que c’est de la main de Dieu que vous tenez ces dons.
XVI. Ne vous mêlez jamais de donner voter avis su quoi que ce soit, à moins qu’on ne vous le demande ou que la charité ne l’exige.
XIX. Gardez fidèlement votre cellule, et n’en sortez point sans sujet ; et lorsque vous serez obligées d’en sortit, demandez à Dieu de ne point l’offenser.
XXII. N’écoutez jamais dire du mal de personne et n’en dites jamais, si ce n’est de vous même ; lorsque vous  prendrez plaisir à agir de la sorte, vous avancerez beaucoup.
XXIV. Lorsque vous serez dans la joie, ne vous laissez pas aller à des ris immodérés ; mais que votre joie soit humble, modeste, affable et édifiante.
XXVI. Soyez toujours prête à obéir, comme si Jésus-Christ lui-même vous commandait par l’organe de votre supérieur.
XXXIII. Fuyez toujours la singularité, autant qu’il vous sera possible, parce que c’est un grand mal dans une communauté.
XXXIV. Lisez souvent les constitutions et la règle de votre ordre et gardez les fidèlement.
XL. Lorsque vous êtes à table, ne parlez à personne et tenez les yeux modestement baissés sans regardez qui que ce soit […].
XLII. Ne faites jamais rien que vous en puissiez faire en présence de tout le monde.
XLIII. Ne faites point de comparaison entre les personnes parce que les comparaisons sont odieuses.
XLIV. Quand on vous reprend sur quelque point, recevez la correction avec une vraie humilité intérieure et extérieure, et priez Dieu pour la personne qui vous l’a faite.
XLV. Quand un supérieur vous commande une chose, ne dites pas qu’un autre a commandé le contraire ; mais pensez qu’ils ont tous de saintes intentions, et faites ce que l’on vous ordonne.
XLVI.
Évitez de parler ou de vous informer avec curiosité, des choses qui ne vous regardent point.
L. Ne cessez jamais de vous humilier, et de vous mortifier en toutes choses, jusqu’à la mort.
LIV. Soyez douce à l’égard de tout le monde, et sévère avec vous-même.
LVIII. Quand vous serez à la tête d’une maison, ne reprenez jamais personne avec colère, mais attendez qu’elle soit passée ; et, de cette manière, la correction sera utile. LXVII. Ne parlez point de vos tentations et de vos fautes à celles de vos sœurs qui sont les moins avancées, parce que cela leur nuirait ainsi qu’à vous ; mais n’en parlez qu’aux plus parfaites.
LXVII. Souvenez vous que vous n’avez qu’une âme ; que vous ne devez mourir qu’une fois ; que vous n’avez qu’une vie, qui est courte ; et qu’il n’y a qu’une gloire, qui est éternelle ; et vous vous détacherez ainsi de bien des choses.
LXVIII. Que votre désir soit de voir Dieu ; votre crainte de le perdre ; votre douleur, de ne pas le posséder encore ; votre joie, de ce qui peut conduire à lui, et vous vivez dans une grande paix. » 64  (Cf. Femme Remarquable. Thérèse d’Avila, Stein Édith)

Être humain (Soi. Orgueil) : De l’orgueil ? Non : un jugement de valeur

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (1) : Incompatible avec la défense de ses idées. Tout affichage de soi [d’un soi réduit à soi ?] délégitime les idées que l’on affirme. (Cf. Idées (Force des))

Être humain (Soi. Parler publiquement de / écrire sur) (2) : Il y a quelque chose d’obscène à parler publiquement de soi. Mais n’est ce pas, par des voies détournées, ce que je fais ici ? Et, ne me nourris-je pas quotidiennement des pensées, de la vie donc, telle que tant d’autres la vivent et [me] la présentent ? (Poursuivre)

Être humain (Soi. Reconnaissance) (1) : Aspirer à, espérer, croire en, attendre une reconnaissance, c’est se déconsidérer ; c’est, en sus, s’adapter aux conditions requises pour l’obtenir. Un long cheminement pour le comprendre.
* Ajout. 24 janvier 2015. François Mitterrand concernant Jules Renard : « Il n’a pas eu droit à la reconnaissance à laquelle il avait droit. » 65 Petit.

Soi (Reconnaissance) (2) : Attendre [le plus souvent inconsciemment] une reconnaissance (de soi) d’une demande (pour soi ou pour d’autres), ou plus fréquemment, ne pas savoir dissocier la première de la seconde, c’est n’obtenir ni l’une ni l’autre.

Être humain (Soi. Refoulement) : Ce n’est pas ‘la sexualité’, ni l’enfance, ni les traumatisme, ni les souvenirs, ni les actes, ni les pensées qui sont ‘refoulées’ (dans l’inconscient), c’est l’être humain, dans toutes ses composantes, ses aspirations, ses rêves, ses désirs, du fait donc de son histoire, son pays, sa religion ou non, sa famille, son origine sociale, son appartenance à l’être humain-e, homme ou femme, qui, contraint-e au monde, a dû s’y adapter et a donc dû refouler tout ce qui, en lui, en elle, ne pouvait, ne devait y trouver sa libre expression.(Cf. Politique, « Sciences » sociales. Psychanalyse)   

Êtres humains (Soi. Revenir à) : Revenir à soi : petitesse garantie ? Sauf ceux et celles qui, en creusant, approfondissent le trou dans lequel ils / elles pénètrent - sans s’y perdre - et en élargissent l’entrée ?

Être humain (Soi. Sénèque) : [Lu dans Sénèque] : Évoquant une réponse du philosophe Stilpon (l’un des précurseurs du Stoïcisme) auquel il avait été demandé « s’il avait subi quelque perte », sa réponse fut : ‘Non, j’ai tous mes biens avec moi.’ Or, poursuit Sénèque, « son [celui de Stilpon] patrimoine faisait partie du butin, ses filles avaient été enlevées par l’ennemi, sa patrie tombait sous un joug étranger, et lui-même, un tyran environné de troupes victorieuses l’interrogeait du haut de son tribunal. […] Il avait conservé ses vrais biens, ceux dont nul ne peut se séparer. » 66

Être humain (Soi. « T’es qui, toi ? ») : [Pour (me) parler ainsi] : excellente question. « À qui tu parles ? », aussi. Élargit considérablement le débat.
* Ajout. 3 octobre 2014. Peut aussi l’invalider : Lu ce jour [le « quoi » n’étant pas cependant synonyme de « qui », ni le masculin, secondaire] dans un débat sur l’Islam : « Vous êtes quoi, un législateur universel qui décide de ce qui est bon ou non pour les autres peuples ? »  

III. Êtres humains. Vie-s

Être humain (Vie) : Aucun rapport de domination ne recouvre l’entièreté d’une vie. Aucun rapport de pouvoir non plus. Mais aucune vie ne peut être pensée sans prendre en compte, et si possible comprendre (au mieux) et l’un et l’autre. (Cf. Patriarcat)

Être humain (Vie. Lutte) : Victor Hugo (Les châtiments) : « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. »
* Commentaire (sur le net) de cette phrase par Marie Zulda Dubois (Port-au-Prince), le 3 mars 2009 : « En Haïti, on voit le contraire, car ceux qui vivent ne luttent pas et ceux qui luttent ne vivent pas. J'avais beaucoup aimé ce poème, mais j'observe le contraire chez moi. » (Cf. Femme (Lutte), Politique)

Être humain (Vie. Perdre sa vie à la gagner) : Slogan toujours valide, à ceci près que, de plus en plus, sont ceux et celles qui la perdre sans la gagner, ni même y gagner quoi que ce soit. Et, même, si souvent, en y perdant la vie.

Être humain (Vie - dite - privée) (1) : Vie, jamais définie, dans laquelle notamment les droits des hommes sur les femmes sont prémunis de toute interférence juridique indue. Quant à rechercher dans la « vie - dite - privée » d’une femme tout ce que l’on peut utiliser contre elle : c’est, depuis des siècles, la norme. Le concept de « vie privée » - dont même les lettres personnelles, leurs propres revenus, etc. ne leur appartenaient pas, ne s’appliquait et ne s’applique toujours pas aux femmes. (Cf. Droit)

Être humain (Vie - dite - privée) (2) : Après la fondamentale avancée féministe : « Le privé est politique », étape 2 : faire disparaître le concept même de « privé ». Et refonder, après intégration des critiques féministes, une toute autre conception de l’être humain et de ses rapports au monde. (Poursuivre)

Être humain (Vie - dite - privée. Droit à la) : Poser les contradictions entre « le droit à la vie privée » et la « citoyenneté » fait exploser et la démocratie et la république, et les « droits de l’homme ». Une Bastille à détruire. Un monde à reconstruire.

Être humain (Vie - dite - privée. Hommes politiques français) : Quelques exemples : la vie cachée de Mitterrand et donc celle imposée à la mère de Mazarine et à Mazarine, sa fille ; le divorce de Clémenceau ; le président du Sénat Le Troquer et « les ballets roses » [1959] ; les ‘soirées’ de Giscard ; la rupture de François Hollande avec Valérie Trierweiller ; la mort de Félix Faure ; Chirac et les femmes que nécessairement il payait, ou que quelqu’un payait pour lui ; sans omettre toutes les bruits, les accusations plus ou moins explicites concernant tel ou tel homme politique. Et l’on voudrait nous faire accepter ce concept qui couvre et justifie proxénétisme, violences à l’encontre des femmes, des mineur-es, mépris, mensonges, hypocrisie…
* Ajout. 30 septembre 2014. Jaurès, en 1901, à l’occasion des attaques dont il fut l’objet concernant la communion de sa fille [Les ennemis de Jaurès s’en donnent à cœur joie (sur le mode : « Eh bien quoi ! Jaurès, pendant que vous nous faites manger du curé, vous faites bouffer le bon Dieu à vot’ demoiselle ? »] accumulait mensonges, démentis, mauvaise foi (non sans belles analyses, en conclusion notamment) pour en responsabiliser, « les femmes catholiques de France », en réalité son épouse [qui récusa son interprétation 67]. Il eut cependant le mérite de ne pas évoquer « sa vie privée » pour ne pas avoir à réagir. 68
* Ajout. 26 janvier 2014. Lionel Jospin, au lendemain de ses révélations du Monde sur son militantisme Trotskyste (« Lambertiste », plus précisément) qui l’avait dénié à plusieurs reprises, déclara : «  […] «  Et, dans la vie sociale et politique, je crois que ce qui est important, c’est ce qu’on fait, ce que l’on construit, ce qu’on assume, ce n’est pas ce qu’on pense aussi en secret, parce que là, c’est le lieu de l’intimité, du privé ». 69 (Cf. Hommes politiques. France. XXème siècle, Intellectuels. France. XXème siècle)

Être humain (Vie - dite - privée. Human’s Rights Watch) : Lu dans le Rapport Mondial 2014 de Human’s right’s watch, dans un paragraphe intitulé : « Un concept apparaît : le droit d’être laissé tranquille » : « De nombreux pays reconnaissent depuis longtemps les valeurs qui sous-tendent le droit légal à la vie privée - l’honneur, la réputation, et le caractère sacré du foyer et de la vie de famille. Mais c’est aux États Unis que se sont cristallisés des droits privés d’action pour défendre la vie privée, à la suite de l’appel lancé par Warren et Brandeis. […] » 70 Comment peut on écrire une telle succession d’énormités, dignes de celles d’Amnesty International ? (Droit, Droits humains, Patriarcat, Violences patriarcales)

Être humain (Vie - dite - privée. Et Code civil) : Il y aurait, paraît-il, une « vie » dite « privée », laquelle se distingue mal de la « vie domestique », de la « vie quotidienne », de la « vie intérieure », de la « vie intime », de la « vie personnelle », de la « vie familiale »…
- Et tout ceci, c’est à dire « la vie » tout court, de nature différente par ailleurs selon que l’on est homme ou femme, est censé être régi par cette seule assertion de l’article 9 du seul Code civil : « Chacun a droit au respect de sa vie privée […] ».
- Sans même évoquer les ténues applications de cet article, ni la jurisprudence le concernant, il faut dire clairement que le droit et les juristes qui le considèrent comme crédible (c’est à dire comme couvrant tout ce qui concerne « la vie publique » ? ) se fichent de nous.
- De fait, cet article - ou plutôt le ‘concept ‘ qu’il légitime - couvre crimes, violences, notamment toutes celles qui ont lieu dans le cadre de la « famille »…
- Tout le droit doit être revu à l’aune de l’abolition de la notion même de vie privée : vaste chantier qui exige d’abord que les pensées soient déverrouillées et le tabou brisé. (Cf. Famille)

Être humain (Vie - dite - privée. Et démocratie) : Toute évocation de « la vie privée » interdit d’emblée toute référence à la citoyenneté, ou, plus justement, en délégitime fortement l’apport supposé progressiste. Et dévoile les fondements patriarcaux de la démocratie. Quelle est la « vie privée » des femmes (des milliards) enfermées dans, assignées à, définies par leur assignation à la sphère dite « privée » ? (Cf. Politique)

Être humain Vie (Refaire sa...) : Ne se dit en général pas pour une femme, célibataire, épanouie, qui a - ou non - (plein d’) des amant-es : ne concerne que les autres, celles qui se passent, une seconde fois, la corde au cou.

IV. Être-s humain-es (Corps) :

Être humain. Corps. (1,2,3) ; Football ; Langage (1,2) ; Logique de marchandisation ; Mannequinat ; Non patrimonialité ; Nudité ; Rodin (Auguste) Sade… ; 23 novembre 2015 : 13 Items

Être humain. Corps (1) : Affirmer « mon corps m’appartient », c’est poser le droit de propriété (de son corps) comme fondement de son identité, au mépris de toutes les philosophies posant la liberté comme fondement de la personne humaine pensante. C’est substituer la question de la liberté (de l’être) à celle de la propriété (du corps). Toute dissociation du corps et de l’être humain est en, soi une négation de la personne humaine, morcelée, et donc chosifiée .
Cette expression ne peut être légitimé. En effet, si je suis propriétaire (de mon corps) - dissocié de ma personne -, je suis libre d’en disposer à mon gré, de le vendre, le louer, de l’exploiter, et donc d’en être exploitée : on légitime donc la capacité de chacun-e à s’approprier d’autres êtres humains. On comprend mieux, dès lors, comment une revendication présentée, vécue comme féministe en est venue à être utilisée, en toute cohérence libérale, par les tenants du proxénétisme. Et peut justifier l’esclavage.
- Pour mieux appréhender les régressions inhérentes cette affirmation, Cf. :
* L’article 28 de la Déclaration des droits de l’homme de l’an III (24 juin 1793) : « Tout homme peut engager ses services, son temps : mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n’est pas une propriété aliénable [...].»
* Locke : « Je ne suis pas le propriétaire de ce qu’un autre est en droit de me prendre quand il lui plaira, contre mon consentement. » 71
- Entendu [2012] : « Elle lui offre son corps » : le corps est devenu l’objet du sujet.
- Lu [12 septembre 2013] : « Mon corps, ce jouet » [Revue : Styliste]
* Ajout. 25 janvier 2014. Dans l’appel à manifester ce jour à Paris, signé - à l’initiative de la Marche Mondiale des femmes contre les Violences et la Pauvreté - par des dizaines d’associations, partis, syndicats [dont la liste doit être connue 72], intitulé : « Avortement Espagne : Manifestations Solidaires Paris et ailleurs ! » « Non à la régression des droits des femmes en Espagne et ailleurs ! […] », je lis notamment : « Nous appelons à : - Lutter pour une Europe où toutes les femmes pourraient disposer librement de leur corps sans contrainte étatique et religieuse, et qui intègre ces droits à la Charte européenne des droits fondamentaux. […] Et le texte se termine ainsi : « Non à l'ordre moral qui veut gérer nos vies, Oui à nos droits, tous nos droits, et à la liberté de choix d'avoir un enfant ou non ».
- L’Europe libérale proxénète a encore gagné : ce sont ses ‘concepts’ qu’elle a, sous couvert de lutte pour le droit à l’avortement, imposé.
* Ajout. 21 mars 2015. Lu dans Elle, l’article intitulé : Espagne, Mon corps, propriété privée. On lit : « C’est une action de reconquête. Prenant le slogan : ‘Mon corps m’appartient’ au pied de la lettre, des centaines d’Espagnoles ont répondu à l’appel de la performeuse Yolanda Dominguez en faisant enregistrer leurs corps au Registre des biens meubles dans les chambres de commerce de plusieurs villes. […] Cette action contient bien sûr une ironie décrypte l’artiste dans le journal El Pais. Nous ne sommes pas évidemment que des corps, mais avec sa loi de restriction de l’IVG, le gouvernement nous traite comme tels, de simples corps. » 73 La marchandisation des êtres humains avance inexorablement…(Cf. Femmes, Politique (Frontières), Proxénétisme, Sexe-s […] )

Être humain. Corps (2) : Le processus de transfert des attributions supposées être celles de l’ « être humain » au corps s’accélère…
- Pour illustration, Cf., [pour les seuls mois de mars / avril 2013] l’annonce de l’organisation de deux colloques internationaux : « Corps et travail social entre libertés et contraintes » ; « Corps et construction des catégories d’âge : sortir de l’enfance, entrer dans l’adolescence », la création d’un [premier] « Labo du corps » ; l’organisation de trois journée d’études : « Quand le corps dit le genre » ; « Enfances inégales : Corps, genre, classe » ; « Corps, femmes, contraintes sociales », de deux séminaires : « Le corps transsexuel : transgenre : normes, création, subjectivation » ; « Le Corps, territoire du sacré ».
- Certes, « le corps » n’est pas une ‘découverte’ nouvelle [de l’Université], mais ce processus doit être analysé dans le contexte de la dissociation accélérée du « sexe », du « corps » et de « l’être humain », (après la dissociation du « corps » et de « l’âme »), ce qui lui confère une signification politique actuelle d’importance. Un dépeçage de l’être humain à l’œuvre.
* Ajout. 30 mars 2014. Amnesty International a, en mars 2014, lancé une campagne internationale intitulée : « Mon corps, mes droits », ces deux termes étant précédés de : « ma vie, ma santé, mon éducation, mon choix, mon avenir ». Un nouveau concept : l’égotisme utilitariste dont les femmes seraient l’avant-garde ?
* Ajout. 14 décembre 2014. Une émission de France Culture 74 est consacrée au « gouvernement du corps [...]». (Cf. Droit. Amnesty International, Féminisme (Pensée) (2), Libéralisme, Langage (Genre), Possessif, Proxénétisme, Sexe)  

Être humain. Corps (3) : Si le même terme peut être employé pour un être humain vivant et un être humain mort, qu’en déduire ? Corporaliser l’être humain : un dernier exemple : un colloque intitulé : « Le corps en morceaux : violences sexuelles et violences sexuées faites aux femmes » doit avoir lieu au Sénat le 28 novembre 2014. Il sera ouvert au Sénat par Pascale Boistard, Secrétaire d’État, chargée des droits des femmes sur le thème : « La prostitution, une violence faite au corps des femmes ». (Cf. Proxénétisme, Violences)

Être humain. Corps (Football) : Daniel Sibony, psychanalyste, lors du Mondial de foot de 1998, auteur de  : « sans être un freudien obsédé, on peut voir chaque équipe comme un corps collectif qui, dès qu’il a la balle, devient phallique et va l’enfoncer dans le creux du corps adverse. Dans maintes langues, marquer un but c’est carrément tirer un coup… » 75 (Cf. Sexe-s. sexualité, Violences)

Être humain. Corps (Langage) (1) : Non, le corps ne parle pas ; non, il n’y a pas de parole, pas de langage du corps. Il y a des langages (silences inclus) de l’être humain, dont certaines se manifestent ou non, consciemment ou non, par des expressions visibles, lisibles ou non, physiquement, corporellement.
Non, le corps (arts de la danse inclus) n’a pas à « se dire », à « s’exprimer », à « se laisser aller », à « se libérer », à « dire sa vérité »…Le corps (le cœur, le cerveau, le sexe…) ne peut être dissocié de l’être humain ; s’il l’est, quand il l’est, c’est une négation de l »idée même d’être humain. (Cf. Langage, Proxénétisme)

Être humain. Corps (Langage) (2) : [2014-2015] Quelques intitulés de séminaires, colloques, appels à contrats, articles, thèses (non exhaustif) : « Mon corps a-t-il un sexe ? » ; « Corps vulnérables » ; « Du corps imaginaire à la singularité du corps : Le féminin en question » ; « Le corps à travers le regard » ; « Du corps différent à l’imaginaire de l’autre » ; « Le corps imaginaire incarcéré deux fois » ; « Quand le corps s’abîme dans l’art » ; « Le corps doublement blessé » ; « Du corps ‘sculpté’ au sexe mutilé » ; « Le corps féminin, fantasme de la chirurgie esthétique » ; « Cancer du sein, le corps singulier » ; « L’apprentissage du corps après l’accident » ; « Pratiques de séduction et construction du corps des épouses dans l’Assemblée des femmes » ; « Hermaphrodites et invertis dans le discours médical à la Belle époque. Corps vulnérables ou corps coupables ? » ; « Le corps en lambeaux : violences sexuelles et violences sexuées faites aux femmes » ; « La violence des mots et leurs effets sur le corps » ; « Violences sexuelles et marquage du corps dans le monde romain » ; « Entre sexe, genre et statut. La violation des corps dans les sources tragiques et judiciaires de l'Athènes classique » ; « Le corps à l’épreuve du Moyen Âge à l’époque contemporaine» ; « Le corps, valeur sociale protégée : les mots du code pénal et les limites de la répression » ; « La prostitution, une violence faite au corps des femmes » ; « Corps en guerre ; une reconfiguration de la virilité » ; « Le corps du délit ou la libre disposition de soi » ; « Validité, autonomie, abjection : interroger le corps et le care » ; « Corps individuels, corps subjectifs ; Quelles subjectivités dans les pratiques de transplantation ? » ; « La personne greffée : Corps individuel, identités personnelle et professionnelle » ; « Corps collectifs : Du don à la justice » ; « Corps et marché dans la transplantation d’organes » ; « Genre, corps et vulnérabilité : normes médicales, éthiques et politiques de l'intégrité corporelle et de la sexualité » ; « Les normes corporelles comme enjeu d’altérité » ; « Au cœur du vieillissement ? Regards croisés sur le corps » ; « Le corps reproducteur » ;  « Corps et sciences sociales » ; « Conversions des corps et transmutations identitaires » ; « Le genre à l'épreuve de l'idéal. Approches pluridisciplinaires de la mise en image des corps» ; « Hyper-médicalisation des corps et de la société : perspectives d’émancipation » ; « Le corps handicapé et ses constructions sociales » ; « Le corps masculin déplacé. L'épreuve de la migration dans la littérature arabe moderne » ; « Cherchez la Femme ! Enjeux du corps féminin en médecine contemporaine » ; « Du corps au genre : dialogues interdisciplinaires » ; « Résister en corps. Ethnographies de l'infamie » ; « Corps noirs et médecins blancs. Entre race, sexe et genre : savoirs et représentations du corps des Africain(e)s dans les sciences médicales françaises (1780-1950) » ; « La Colonisation des corps. De l'Indochine au Viet Nam »  ; « Corps à l'oeuvre, à l'ouvrage et à l'épreuve. Sociohistorique des arts de la performance, années 1970 » ; « Transcrire le corps» ; « Du corps imaginaire à la singularité du corps : Le féminin en question » ; « Femmes politiques issues de l'immigration : un corps à part » ; « Transcrire le corps. Penser la notion de corps au sein des études de genre et des théories féministes » ; « La nudité, une arme politique ? »… (Cf. Langage, Genre, Sexe-s […] )

Être humain. Corps (Logique de marchandisation du) : Ne concerne pas que le proxénétisme, ni la « GPA », ni…. Le libéralisme emporte tout sur son passage : ainsi, lu dans la presse, concernant la gestion des hôpitaux : « L’avortement fait partie des actes très peu valorisés (Il ‘rapporte’ 4 fois moins qu’un curetage après une fausse couche par exemple) qui ne résistent pas à la pression des objectifs à atteindre. » 76 (Cf. « Sciences » sociales. Démographie (MFPF)

Être humain. Corps (Mannequinat) : Entendu une jeune fille de 17 ans : « Je me trouvais trop maigre, les gens se moquaient de moi, ils disaient que j’étais anorexique, qu’on voyait mes os, qu’on aurait dit un squelette, mais, maintenant, vu que je suis dans le milieu du mannequinat, j’aime mon corps. » 77
Pour une analyse critique, cf. le livre / témoignage de Victoire Maçon Dauxerre, Jamais assez maigre. Journal d’un top model. 78

Être humain. Corps (Matérialisme) : Entendu par un matérialiste libertaire : « Nous sommes un corps ». 79 Non : un être humain pensant. La nuance est de taille…

Être humain. Corps (Non patrimonialité) : Pseudo concept repris, sans analyse, ni justification, par le Rapport d’information N° 3334 (Avril 2011) de l’ Assemblée Nationale (lui-même d’une incroyable et systématique confusion) [Danielle Bouquet (PS), Présidente ; Guy Geoffroy (UMP) Rapporteur]). Il fut repris dans la Résolution N° 3522, votée à l’Assemblée Nationale le 6 décembre 2012 « à l’unanimité ». Voici l’article 16 du code civil dont ce « concept » (Chapitre II : Du respect du corps humain) est issu (depuis le 30 juillet 1994) : « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de la vie ». Et en voici l’alinéa 5 : « Les conventions ayant pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou à ses produits sont nulles ». C’est ainsi qu’un alinéa d’un article du droit français [dont l’ambiguïté concernant l’avortement est patent] est dorénavant censé fonder l’abolitionnisme (français !), faisant donc d’un Code civil national portant sur « les conventions » la source de droit permettant de faire croire à « la position abolitionniste de la France», au lieu et place d’engagements européens et internationaux. Cet article 16 alinéa 5 - rappelons le, de droit civil - d’une extrême confusion sémantique - est donc dorénavant considéré comme : « un des principes juridiques au fondement de notre société démocratique et républicaine » (p.17 du Rapport sus cité N°3334), lequel est censé justifier l’abolitionnisme français. Et ce, au mépris de la hiérarchie des normes juridiques (Préambule de la Constitution, Constitution, lois…) françaises, des engagements européens, internationaux, au mépris donc de la signature de tous les textes qui ont engagé la France depuis des dizaines d’années ; plus particulièrement, depuis « la quatrième conférence mondiale sur les femmes », à Pékin, en 1995 ? C’est en effet celle-ci qui a légitimé internationalement le concept de « prostitution forcée », lequel a ouvert la voie royale à la légitimation du proxénétisme.
- Comment peut on à ce point si grossièrement occulter, nier l’existence - et donc légitimer leur réalité - tous les textes émanant de l’Union Européenne ainsi que celle toutes les instances internationales ?
- Pourquoi les associations qui se disent abolitionnistes cautionnent-elles, s’alignant sur les positions gouvernementales françaises, ce déni, ce subterfuge ?
- Pourquoi celles qui ont signé : «L’Appel à entrer en résistance contre l’Europe proxénète » 80 ont-elles, sans aucune explicitation, renié leur signature ?
(Cf. Proxénétisme. Abolitionnisme) 81

Être humain (Corps. Nudité) : Rien n’est moins ’naturel’ que la nudité, sauf peut être, dans ‘l’état de nature’ qui n’est, en Occident, que fiction philosophique.

Être humain (Corps. Rodin Auguste) : Auteur de : «  Lorsque j’ai un beau corps de femme pour modèle, les dessins que j’en prends me donne des images d’insectes, de poissons, d’oiseaux. […] » 82

Être humain (Corps. Sade) :Le premier homme ayant employé l’expression : « ton corps est à toi » est sans doute Sade, en 1795, dans La Philosophie dans le boudoir. 83 En voici la citation exacte : « Fous, Eugénie, fous donc, mon cher ange, ton corps est à toi, à toi seule, il n’y a que toi seule qui aies le droit d’en jouir et d’en faire jouir qui bon te semble. » Les femmes et les associations qui affichent cette revendication qu’elles partagent avec les associations proxénètes devraient y réfléchir plus avant, à nouveau, de l’utiliser. (Cf. Proxénétisme. Corps, Homme. Sade)

V. Être-s humain-es. Enfant-s

Êtres humain-es. Enfants ; Bettelheim (Bruno) ; Conscience de soi ; Curieuse petite fille ; Éducation ; Enfance « heureuse » ; Esclavage ; Garde des ; Geoffrin (Madame) ; Jouets ; Majorité ; Mariage ; Mauriac (François) ; Miller (Alice) (1,2) ; Mineur-es ; Obéir ; Procès d’Outreau ; Rousseau (Jean-Jacques) ; Sade ; Simenon Georges ; « Utérins » ; Violences faites aux enfants (1,2) ; 29 janvier 2016 : 24 items

Être humain (Enfants) : La « découverte» des « enfants » - et non pas de « la sexualité enfantine » - en tant qu’êtres humains autonomes fut l’une des plus grandes révolutions de la modernité. Le livre d’Elena Gianini Belotti, Du côté des petites filles, paru en 1973 à Milan, traduit et publié en 1974 par les Éditions des femmes fut pionnier en matière d’analyse féministe. Il connut un grand succès et eut un énorme retentissement dans le monde. Auparavant, Janusz Korczak [1878-1942], avait bouleversé la réflexion sur la pédagogie et mis en œuvre une expérience de « République des enfants ».

Être humain (Enfants. Bettelheim Bruno) : [1903-1990] Depuis la mort (mais sans aucun doute de son vivant) de celui qui fut pendant des dizaines d’années présenté internationalement comme un grand « pédagogue », « psychothérapeute », « psychanalyste », créateur et directeur pendant trente ans de l’École d’orthogénie de l’Université de Chicago [traitant des enfants psychotiques, autistes], Bruno Bettelheim fut très fortement critiqué. La lecture du livre intitulé : Dialogues avec les mères. La première tâche : éduquer les parents dévoile un homme d’une incroyable violence - dont le principe même est souvent justifié - d’une totale confusion, d’un évident conformisme sociétal, patriarcal, politique, d’une incessante perversité, tyrannique, sadique, malhonnête, à l’égard des parents auxquels il est censé présenter des solutions concernant leurs enfants….sans même les connaitre. J’ai pensé relever les exemples les plus révélateurs ; j’y ai renoncé, plusieurs pages de citations - les plus incroyables - seraient nécessaires. À lire pour comprendre les multiples mécanismes de l’emprise, ici si clairement lisibles. Pourquoi tant de mères [et de pères] ont-ils continué à pourtant croire en lui est une question qui doit être posée : sa renommée ? son prestige ? la caution de l’Université à ses « travaux » ? Sûrement, mais insuffisant…84

Être humain (Enfants. Conscience de soi) : [Concernant les enfants qui n’ont pas été tués par des adultes, parents le plus souvent] neuf livres lus récemment [Moi Christiane F…,13 ans, droguée, prostituée. Mercure de France. 1981 ; Isabelle Aubry, La première fois, j'avais 6 ans… 2008. Document. Oh Editions ; Nathalie Schweighoffer, J'avais 12 ans… Document Fixot. 1990 ; Sabine Dardenne, J'avais 12 ans, j'ai pris mon vélo et je suis partie pour l'école. Pocket. 2005 ; Samira Bellil, Dans l'enfer des tournantes. Folio. 2004 ; Khady, Mutilée. Pocket. 2010 ; Natascha Kampusch, 3096 jours. Éditions France Loisirs. 2011 ; Patricia Patty, Mon enfance assassinée. J’ai lu. 1997 ; Martine Provins, La soupe aux cailloux. Calvaire et courage d’une enfant martyre. Carrere.1986] démontrent non seulement la permanence de la conscience de soi, même sous le joug des plus grandes violences, des plus terrifiantes tortures, mais aussi la capacité de ces jeunes filles, de ces jeunes femmes [sans aucun doute aussi des garçons] à analyser, dévoiler, dénoncer tous les rapports de pouvoir, là où ils sont, d’abord, là où on ne veut pas les voir. De grands livres politiques. La science politique devrait commencer là.
* Ajout. 20 février 2015. Cf. Alice Miller : «  Quand je regarde en arrière, je suis moi- même ébahie de la détermination, de l’endurance, et de l’inflexibilité dont mon Moi vrai s’est montré capable pour venir à bout de toutes les résistances externes et internes. » 85 Si, certes, il n’existe pas de « Moi vrai », ce type de constat s’avère sans doute plus riche d’enseignements que tant et tant d’analyses… (Cf. Conscience, Justice (Psychiatrie), Famille, Patriarcat, Soi, Violences)

Être humain (Enfants. Curieuse petite fille) : [Place du Panthéon, Mars 2012] Une petite fille accompagnée de sa mère me dit que le bouquet de narcisses que j’avais à la main était très joli. Je lui réponds que je suis d’accord avec elle, puis la discussion s’engage sur les fleurs, sur son jardin et s’élargit à d’autres sujets. Nos chemins divergent. Je dis au revoir, suivi de : « c’est agréable de discuter avec une petite fille curieuse ». Elle entend mal et demande à sa mère ce que j’ai dit : « La dame a dit que c’était agréable de discuter avec une petite fille curieuse et bien élevée

Être humain (Enfants. Éducation) : [Le Luxembourg, 30 mars 2015] Un petit garçon d’environ cinq ans, court derrière ses parents et perd l’une des ses chaussures. Il s’arrête, sa mère se retourne, voit la chaussure abandonnée quelques mètres plus loin, revient sur ses pas, va la chercher et la remet à son fils qui l’attendait sur place. J’ai vu dans cette courte scène, l’apprentissage - déjà normalisée - de la dépendance à autrui. Cette séquence (politique) de vie m’a remémoré la réaction de l’un des mes cousins, père de huit enfants, dont l’évidente autonomie était visible dans la différence notable de leurs trajectoires de vie. Je lui avais demandé, tant cette famille se démarquait de celle de mes autres cousin-es, comment lui et sa femme les avaient élevés. Sa réponse fut la suivante : « C’est simple : quand les enfants tombaient, on ne les relevait pas ».

Être humain (Enfants. « Enfance heureuse ») : Évoquer, comme c’est si souvent le cas, une « enfance heureuse », c’est nécessairement [se] mentir [à soi même]. C’est aussi dévoiler ses blocages, ses non dits, ses refoulements…

Être humain (Enfants. Esclavage) : La grand mère de Billie Holiday, esclave, eut seize enfants dont le père était le propriétaire esclavagiste. Tous sont morts « sauf un : son grand père ». La violence du constat [m’] empêche la réflexion. (Poursuivre) (Cf., Enfant-s (Infanticide), Femme-s, Famille, Violences faites aux femmes) (86

Être humain (Enfants. Garde des) : Lu concernant le Brésil (écrit en 1983) : « Les femmes qui travaillent ont des problèmes de garde d’enfants insolubles. Il n’y a pas si longtemps dans le Nord-Est les mères enterraient leurs enfants dans le jardin jusqu’à mi-corps eu leur laissant à boire et à manger à portée de main. » 87 Concernant la France, je me souviens, dans les années 70, d’une femme (dite de ménage) ne pouvant partir travailler qu’après avoir donné du Théralène (sirop provoquant le sommeil) à sa fille laissée seule, souvent fort longtemps, dans son berceau, puis dans son lit. En France, en 2015, d’autres exemples ? Et dans le monde ?

Être humain (Enfants. Geoffrin Madame) : [1699-1777]Voici ce que d’Alembert, dans une lettre à Condorcet, écrivit d’elle : « Madame Geoffrin avait tous les goûts d’une âme sensible et douce ; elle aimait les enfants avec passion ; et n’en voyait pas un seul sans attendrissement ; elle s’intéressait à l’innocence et à la faiblesse de cet âge ; elle aimait à observer en eux la nature, qui, grâce à nos mœurs, ne se laisse plus voir que dans l’enfance ; elle se plaisait à causer avec eux, à leur faire des questions et ne souffrait pas que les gouvernantes leur suggérassent la réponse. ‘J’aime bien mieux, disait-elle, les sottises qu’il me dira que celles que vous leur dicterez.» Et voici, en regard, ce que Rousseau, dans les Rêveries d’un promeneur solitaire, écrivit, la concernant : « Madame Geoffrin s’embarrassait  fort peu que les enfants eussent du plaisir avec elle, pourvu qu’elle en eût avec eux. » Et il poursuivait : « Mais, pour moi, ce plaisir est pis que nul, il est négatif quand il n’est pas partagé » […] 88

Être humain. Enfants (Jouets) : Dans le catalogue « Jouets », « Le Noël des Merveilles » Carrefour, (Décembre 2015) je découvre que les Jouets Garçons (p.23 à 46) et Filles (p.47 à 69) sont strictement séparés, le bleu étant la couleur dominante pour les premiers, le rose pour les secondes.
- Pour les premiers, Les garçons, on découvre : robot interactif, jeep radiocommandée, grande boite de construction créative, innombrables trains, hélicoptères, trains, pelleteuses, tracteurs, grues, voitures, buggys, jeeps, garages, camions, dont l’un de « combats avec fonction lance missiles » (« dès trois ans ») (p.35), hydravions, motos, bolides, attaque de dragons, coffret de constructions, tous les dérivés commerciaux Stars wars (3 pages), drone basic avec un pistolet et projectiles, sous l’intitulé « Nerf », une multiplicité d’armes, de pistolets, de « semi-automatiques », arbalète « Gestuelle réelle de tir » toutes spécifiées : « dès huit ans » (p.32), drone d’extérieur radiocommandée avec caméra (« dès 12 ans »).
- Pour les secondes, Les filles on découvre : la fée volante, les jumeaux ‘Atchoums’ [« Soigne les vite pour qu’ils guérissent », Princesse Cadance cœurs lumineux («  Active ses pouvoirs magiques grâce à sa corne et  son tatouage qui s’illuminent. En plus, elle parle ! »), coffret de quatre poupées  (« Pour vivre la magie de l’amitié, ce coffret de 4 poupées girls ultra tendance »), des arbalètes, un pistolet double canons (« avec bracelets à breloques que l’on peut détacher et porter » (« dès 4 ans »), la loge de la chanteuse (« Transforme Livi en super star pour son grand concert »), d’innombrables poupées, dont la poupée Violette « avec guitare et make-up », la poupée Elsa, chanteuse des neiges («  Elsa entonnera sa célèbre chanson ‘ Libérée, délivrée’, pour que tu chantes et tu danses avec elle », (« dès 3 ans »), dont la poupée Barbie (Barbie Courtney princesse rock’n rol, Barbie et son véhicule, Barbie studio création design, Barbie style et paillettes), la poupée freak du chic, la poupée clan de rebels, la poupée géante («  Tu pourras l’habiller avec tes propres vêtements, elle est presque aussi grande que toi »), la loge de star ( « Loge contenant une poupée Nancy et sa coiffeuse. Nombreux accessoires pour prendre soin de Nancy comme un star », nombreuses têtes à coiffer (« dès 3 ou 5 ans »), un coffret de maquillage (idem), un gant magique Elsa Lance glace («  Deviens comme Elsa et envoie de la glace et de l’eau comme par magie »), un château spectacle rock’n roll royal («  Un château qui s’ouvre en deux temps et révèle 5 univers cachés pour permettre aux princesses de s’exercer »), « mon poupon » (Nouveau-né, quatre pattes, prends son bain, et ses tenues, et sa chaise haute, et ses poussettes), « mon bébé » (apprend à marcher, apprend à parler, fait ses dents) et la poussette jumeaux, la poussette  combi+ landau (« dès 3 ans »), le centre de maternité, la nursery, le Cicciobello ‘bobo’ ( « Prends soin de lui, il a besoin de toi ! Trouve le traitement approprié pour le guérir ! Inclus 7 accessoires », Cicciobello ‘Miam miam’ («  Quatre actions de jeu : manger, boire, mal au venter ; l’heure du pot. Occupe-toi bien de lui, comme une vraie petite maman. Sans saletés ! »), de nombreuses cuisines, plusieurs caisse enregistreuses, un chariot de ménage avec aspirateur, une clinique vétérinaire, un set d’appareils électro ménagers, des coloriages, des instruments de musiques …
Le patriarcat uni au capitalisme (ici, renforcé par la segmentation du marché qui augmente le profit) ; le bellicisme, la culte de la force unis à l’impuissance ; la machine unie à l’abêtissement ; la mobilité unie à l’enfermement ; la paternité absente liée à l’exclusive maternage réservée aux filles laissées toujours seules avec des rêves débiles. Et tout ceci uni dans cette même finalité : accentuer, aggraver, la division des tâches, des fonctions, des statuts. Au delà de la caricature.
- Dernier point : Tous les garçons représentés sont de peau blanche, saur un seul, de peau noire qui, pourvu d’une « Méga Elite cyclone », avec « un barillet de 6 méga fléchettes pour une distance de plus de 23 m ! » et toutes les petites filles sont de peau blanche, aucune donc noire, brune, arabe, asiatique, indienne, métis…

Être humain (Enfants. Majorité) : Ce passage à l’âge ‘adulte’ permet de considérer qu’un crime pusse être qualifié comme tel si la victime est âgée de 17 ans et ne pose plus problème à 18 ans. L’analyse se complexifie encore lorsque l’on aborde la question de la différence juridique ancestrale entre majorité dite civile et majorité dite sexuelle. (Proxénétisme, Justice, Mariage (Age du), Sexe)

Être humain (Enfants. Mariage) : Que le mariage justifie qu’un-e enfant-e né-e en son sein bénéficie d’un statut autre que celui né hors de son sein (enfant - dit - bâtard, naturel, adultérin, reconnu, légitimé par jugement…) suffit à en condamner l’institution. (Cf. Famille. Mariage)

Être humain (Enfants. Mauriac François) : [Interview de Mauriac, en 1965, alors âgé de 80 ans] «  […] J’aime l’enfance, pas seulement la mienne, mais celles des autres. […] Il y a chez un enfant de 12 ans, je parle d’un enfant ordinaire, un miracle, je trouve. Il y a cette découverte du monde qui relève du génie. Et il y a, en même temps, quoi qu’en ait dit Freud, et toutes ces histoires, il y a une grande pureté, en même temps. Le sexe n’est pas commencé, ou enfin sous une forme tellement inconsciente que ça ne compte pas. Il y a la découverte du monde. Il n’y a pas encore toute l’impureté de la vie  C’est un âge que, moi, je trouve merveilleux. […] C’est [n’est] vrai que des garçon, parce que les filles, elles sont tout de suite, des femmes. Il n’y a pas d’enfance pour les filles. Je ne crois pas. Il n’y a pas de véritable enfance. Elles ne sont jamais innocentes. Tandis que les garçons le sont.
- Question : Comment expliquez vous ce que vous venez de dire ?
C’est parce que c’est physiologique. Il est évident que les filles sont des femmes beaucoup plus tôt que les garçons ne sont des hommes. Elles le sont incroyablement tôt. […] La coquetterie des filles, le désir de plaire… La femme est là, déjà, tout de suite. Je le trouve, c’est mon expérience à moi. C’est leur charme d’ailleurs naturellement. Elles ont bien moins innocentes que les garçons. Il me semble. Mais c’est une expérience personnelle. […] » 89

Être humain (Enfants. Miller Alice) (1) : Alice Miller est pas, lue, citée, analysée, appréciée, réfléchie, critiquée donc, à la mesure de ses immenses apports à la compréhension de notre monde. Cohérent : si aucun-e enfant-e n’était plus maltraité-e, comment les puissant-es pourraient-ils le rester ? 90
* Ajout. 21 février 2015. Pas uniquement « les puissant-es » : chacun-e d’entre nous. - La force d’Alice Miller est, sans nous contraindre en rien, par l’honnêteté, la rigueur de sa démarche, de responsabiliser chacun-e d’entre nous. Nous ne pouvons, tous et toutes, qu’en être radicalement et donc positivement, fondamentalement bouleversé-es.
- En sus, elle dévoile, aisément, que le formalisme binaire des soi-disantes « oppositions » entre analyses individuelles et collectives (politiques, sociétales..) ne sont que les manifestations de notre incapacité à appréhender le monde. Non…, plutôt des immense difficultés nécessaires pour le comprendre.

Être humain (Enfants. Miller Alice) (2) : Si vous voulez connaître les enfances d’Hitler, de Nietzsche, Proust, Rimbaud, Virginia Woolf, Mishima, Kafka, Saddam Hussein et de tant d’autres et comprendre (du moins partiellement) comment elles ont agi sur leur destin ; si vous souhaitez mieux comprendre comment intelligence de soi et intelligence du monde sont indissociables ; si vous pensez que la valeur d’une analyse a à voir avec l’humanité de l’analyste ; si vous voulez comprendre comment une analyse qui occulte, ignore la pensée féminise peut cependant l’enrichir considérablement, lisez Alice Miller.

Être humain (Enfants. Mineur-es) : Qui ne voit que dénoncer la délinquance des mineur-es, «véritable fléau pour notre société » pour l’UMP, le Front National et tant d’autres, a d’abord et avant tout pour fonction de tenter de cacher le dévoilement, la mise à nu, la condamnation, la judiciarisation accélérée depuis quelques dizaines d’années des violences à leur encontre du fait d’adultes, dans la ‘famille’, les institutions religieuses, associatives, sectaires, dans l’enseignement, l’armée, etc. …  (Cf. Famille, Justice (Droit), Violences)

Être humain (Enfants. Obéir) : Lu : « Les enfants doivent obéir aux parents ; la mère doit obéir au mari ». Ce ‘constat’ interdit toute réflexion sur les différences entre garçons et filles (subsumés dans le terme d’« enfants»), sur celles entre le père et de la mère (subsumés dans le terme de « parents ») et en assimilant « la mère » au « mari » et occulte les pouvoirs des pères et maris sur leurs épouses et leurs enfants. (Cf. Famille, Penser. Obéir), Patriarcat)

Être humain (Enfants. Procès d’Outreau) : Hier, lors d’une émission consacrée à Florence Aubenas, 91 auteure d’un livre tiré à plus de 400.000 exemplaires intitulé La méprise, l’Affaire d’Outreau 92 - celle-ci, retraçant les étapes de son enquête, affirme : « […] Le mot qui est dit pour ce quartier c’est : ‘Dans ce quartier, on se tapait un gosse comme on se tapait une bière’. Il faut l’entendre…». Puis, après avoir évoqué « le comportement à l’école » de Dimitri Delay (déplacé dans une autre école d’un quartier chic) qui pose pour le moins problème (« Il se rue sur les petites filles en disant : je vais te faire l’amour ; il se met des crayons dans l’anus en pleine classe »], Florence Aubenas poursuit : « Mais à la Tour de Renard (À Outreau) , quand on a dit : ‘Mais attendez ! vous n’aviez pas remarqué cela ?’ , les gens disent  : ‘Si ! mais dans ce quartier, tous les enfants font ça !  ce n’est pas grave ! » Et elle conclut : « Je pense que c’est ça un des problèmes de la France d’aujourd’hui. »
- Mais alors, au delà du couple Delay / Badaoui, qui sont les auteurs des violences ici évoquées ? Ont-ils été recherchés, trouvés, poursuivis, condamnés ? Et qui sont, où sont toutes les victimes ? Ont-elles été recherchées, trouvées ? Ont-elles obtenu justice, réparations ? Le fiasco de « l’affaire d’Outreau », des services sociaux, de la justice, n’est-il pas à rechercher ici aussi ?
- Et enfin, concernant les enfants de Myriam Badaoui et Thierry Delay, Florence Aubenas (ma seule référence ici) cite ces phrases prononcés par leurs enfants : « Nous sommes victimes d’inceste » et : « Il n’y a pas que nos parents ». Leurs parents auraient-ils été vraiment les seuls à violer, torturer leurs enfants ? Et que dire des « 70 mis en cause » au début de l’enquête ? - dont seuls « 17 » - ont été jugées, condamnés puis amnistiés ? Sont-ils tous sortis de l’imagination de Madame Badaoui, soutenue, encouragée par le juge d’instruction Fabrice Burgaud ? (Cf. Justice, Violences (Incestueuses)

Être humain (Enfants. Rousseau Jean-Jacques) : Auteur de : « Enseignez premièrement aux enfants à parler aux hommes ; ils sauront bien parler aux femmes quand il faudra. » 93
* Ajout. 16 septembre 2015. À la lecture de la très forte critique d’Élisabeth de Fontenay, malheureusement dévaluée par le titre de son texte : Pour Émile et par Émile, Sophie ou l’invention du ménage [parue en 1976 dans le numéro des Temps Modernes intitulé : Petites fille en éducation], je me rends compte que le fait d’avoir sélectionné, privilégiée cette seule citation, certes signifiante, est non seulement partiel, dérisoire, mais surtout mise au silence de la gravité des prises positions, en termes de justifications du patriarcat, du Rousseau de L’Émile (Titre V plus particulièrement). 94 Ceci étant, serait-il possible de lire La nouvelle Héloïse, comme une (partielle) critique de la Sophie de l’Émile ?

Être humain (Enfants (Sade) : Sade, auteur de : « La cruauté est le premier sentiment qu’imprime en nous la nature ; l’enfant brise son hochet, mord le téton de sa nourrice, étrangle l’oiseau bien avant l’âge de raison » […]. 95 Et de : « la sensibilité …était le premier sentiment qu’il fallait émousser dans les enfants, en les accoutumant de bonne heure aux spectacles les plus féroces. » 96 (Cf. Êtres Humains. Nature, Sade)

Être humain (Enfants. Simenon Georges) : [1903-1989]Auteur de : « Le sort m’a donné deux fils avant toi (sa fille, Marie-Jo) et je n’ai pas été déçu. Marc et Johnny, jeunes mâles ont été accueillis dans l’allégresse, comme devait l’être, après toi, ton frère Pierre. Je n’en ai pas moins eu longtemps la nostalgie d’une fille, d’une petite femelle d’homme dont je puisse suivre l’éclosion. » 97 Faut-il rappeler, au risque d’un amalgame qui peut être vécu comme grossier, que sa fille s’est suicidée ?

Être humain (Enfants. « Utérins ») : Entendu ce jour : « Nous sommes 14 enfants et aucun du même père. Nous sommes des utérins, ce qu’on appelle des utérins...par ce que c’était un peu les enfants de la honte …» (Un homme de 68 ans). 98
* Signification « utérin », selon le Littré : « Terme d'anatomie. Qui concerne la matrice. Globe utérin, la masse arrondie que forme dans l'hypogastre l'utérus pendant la grossesse et pendant les huit à dix jours qui suivent l'accouchement avant que l'utérus ait repris sa forme et son volume habituels. Terme de pathologie. Granulations utérines, petites tumeurs irrégulières siégeant dans la cavité du corps de l'utérus et quelquefois du col. Fureur utérine, synonyme de nymphomanie. Les utérins, classe de médicaments hétérogènes, qui ont pour propriété commune d'agir plus particulièrement sur l'utérus, d'exciter les contractions de sa membrane charnue et les sécrétions de sa muqueuse. Il se dit des frères et des sœurs nés de la même mère, sans avoir le même père. ‘Les parents utérins ou consanguins ne sont pas exclus par les germains. [Code civil]’ »
* Signification d’« utérin » selon le Larousse : « Se dit des membres de la branche maternelle d'une famille, en comprenant à chaque génération les seuls enfants des filles de cette famille. (Les frères et sœurs utérins s'opposent aux frères et sœurs consanguins, qui sont du même père mais d'une mère différente, et aux frères et sœurs germains, qui ont le même père et la même mère.) »

Être humain (Enfants. Violences faites aux enfants) (1): Un « pédophile » signifie une personne qui aime les enfants. Remplacer par criminel. La permanence de l’emploi de ce terme : une caution politique d’un déni. (Cf. Violences. à l’encontre des enfants)

Être humain (Enfants. Violences faites aux enfants) (2) : Dans un texte de Freud, daté de 1919, intitulé : Un enfant est battu, j’ai relevé 115 fois le mot : « fantasme ». Le texte à l’avenant…[19 pages. 49.940 (Cf. « Sciences » sociales. Psychanalyse, Violences à l’encontre des enfants)

VI. Être-s Humain-es. Femme-s

I. Femme : Femme ; Achat (1,2) ; « Avoir » une (femme) ; Bouquets ; Caïn ; Collin (Françoise) ; Conscience de classe. Aristocratie ; Conscience de classe. Ouvrière) ; Coût ; « Cul » ; Définition ; Démodée ; Dépendante ; Dignité ; Devenir ; Femme de Saint Cloud (La) ; Égérie ; Elle ; Être ; Faire-Valoir ; Féminin (1,2,3) ; Féminisation ; Flèche ; « Forte » ; « Hystérique » ; Khmers rouges ; Lesbienne (1,2,3,4) ; Liberté ; Lit ; Maitresse ; Maquillage ; Moi ; « Moche » ; Mort (Peine de) ; Nudité ; Perte de temps ; Peur ; Portait ; Procréation ; Puritaine ; Qu’une [femme] ; Renoncement ; Respectée ; Revanche ; « Rien » (1,2) ; Sénèque ; Sensibilité ; « Seule » ; « Soutenir » ; Suicide ; Territoire ; « Une femme (ou un noir) » ; Vagin (1,2,3) ; Vengeance (1,2) ; « Vénéneuse » ; Vie « de femme » (1,2) (66) ; II.Femme (Artiste) : Bacall (Lauren) ; Barbara ; Bardot (Brigitte) ; Boulanger (Nadia) ; Bourgeois (Louise) ; Callas (Maria) ; Capri (Agnès) ; Casarès (Maria) ; Chanteuses françaises (d’antan) ; Claudel (Camille) ; Claudel (Camille) / Rodin (Auguste) ; Dietrich (Marlène) ; Fontaine (Brigitte)  ; Fréhel ; Goya (Chantal) ; Juliette ; La Malibran ; Lens (Aline de) ; Monroe (Marilyn) ; Morisot (Berthe) ; Rama (Carol) (1,2) ; Séraphine Louis ou : Séraphine de Senlis) ; Saint Phalle (Niki de) (1,2) (25) ; III. Femme (Écrivaine) : Aubenas (Florence) ; Audoux (Marguerite) ; Azzedine (Saphia) ; Cardinal (Marie) ; Colette ; Colette (et Willy) ; Dickinson (Emily) ; France Culture. 2015 ; Fitzgerald (Zelda) ; Lambert (Madame de) (1,2) ; Malraux (Clara) ; Marquise de Sablé ; Pore[t]te (Marguerite) ; Rochefort (Christiane) ; Shelley (Mary) Sévigné (Madame de) ; Staël (Madame de) ; Tsvetaieva (Marina) (19) ; IV. Femme (Épouse (de) : Agacinski (Sylviane) ; Agutte (Georgette) ; Beuve-Méry (Hubert) ; Bloy (Anne-Marie) ; Brossolette (Gilberte) ; Chirac (Bernadette) ; Dreyfus (Lucie) ; Freud (Martha) ; De Galese (Marie de) ; Grazietta (Iulca) Gramsci ; Hitchcock (Alfred) ; Jaurès (Louise) ; Kroupskaïa (Nadejda) ; Littré (Pauline) ; Marie-Amélie de Bourbon-Siciles ; Mégret (Catherine) ; Michelet (Athénaîs) ; Pasteur (Louis. sans prénom connu) ; Pompidou (Claude) ; Quinet (Hermione) ; Roland (Madame) ; Rolland Romain (Madame) ; Tocqueville (Marie de) ; Reagan (Nancy) ; Tolstoï (Sophie; Trotsky (Natalia Sedova) ;(25) ; V. Femme (Mère) : Mère (1,2) ; Agout (Marie d’) ; Agrippine ; Eichmann (Adolf) ; Levasseur (Thérèse) ; Monica (Sainte Monique) ; Oldenbourg (Zoe) ; Sand (George) ; Sœur Emmanuelle) (11) ; VI. Femme. (Nom) : Femmes (Nom) ; D’Agoult (Marie) ; Girardin (Delphine de) ; Goebbels (Magda) ; Mitterrand (Danielle) ; Malher (Alma) ; Sade ; Stein (Édith) (8) ; VII. Femme (« Politique ». France. XXème siècle) : Femmes politiques ; Alliot-Marie (Michèle) ; Aubry (Martine) (1,2) ; Bouchardeau (Huguette) ; Cresson Édith, Garaud (Marie-France ; Giroud (Françoise) (1,2,3) ; Joly (Eva) ; Lagarde (Christine) (1,2,3,4) ; Lienemann (Marie-Noëlle) ; Panafieu (Françoise de) ; Roudy (Yvette) ; Royal (Ségolène) ; Taubira (Christiane) ; Veil (Simone) ; Weiss (Louise) (22) ; VIII. Femme (Remarquable) : Arthaud (Florence) ; Avila (Thérèse d’) (1,2,3) ; Ayoub (Mouna) ; Bashkirtseff (Marie) ; Bidault (Suzanne) ; Bonaparte (Marie) ; Bonheur (Rosa) ; Boudicca ; Brettignies (Louise de) ; Brion (Hélène) ; Caster (Sylvie) ; Ceaușescu (Elena) ; Choiseul-Praslin (Duchesse de) Cléopâtre ; Christine de Suède ; Craven (Elisabeth) ; Decker (Marie-Laure de) ; Delay (Florence) ; Demuth (Hélène)  ; Desbordes-Valmore (Marceline) ; Drouet (Juliette) ; Eltahawy (Myriam) ; Eve ; Fallaci (Oriana) ; Jacquemart (Justine) ; Jeanne d’Arc ; Holiday (Billie) ; Herman (Liselotte) ; Kiki de Montparnasse ; Kautsky (Louise) ; Klarsfeld (Beate) ; Kolontaï (Alexandra) ; Kowalewski Sofia, Sophie, Sonia ; Lafargue (Laura) ; La Rochejaquelein (Marquise de) ; Lecomte (Mademoiselle) ; Lefort Gertrud von ; Leguay (Catherine) ; Léo (André) (1,2) ; Lou Andreas-Salomé (1,2,3) ; Luxembourg (Rosa) (1,2) ; Luxembourg (Rosa) & Zetkin (Clara) ; Macciocchi (Maria.A) ; Macdonald Langstaff (Annie) ; Marie ; Mademoiselle Mars ; Michel (Louise) ; Michel (Louise. Enterrement) ; Missy (Mathilde de Morny) ; Mladic (Anna) ; Monica ; Mota (Gisela) ; Noailles (Madame de) ; Marquise de Païva ; Parks (Rosa) ; Pascal (Jacqueline) ; Phoolan Devi ; Piat (Yann) ; Rachel ; Riffaud (Madeleine) ; Saartjie Baartman ; Schloss (Simone) ; Soeur Rosalie Rendu ; Stein (Édith) ; Benziane (Sohane) ; Staël (Madame de) (1,2) ; Tillion (Germaine) ; Tristan (Flora) ; Verny (Françoise) ; Voronianskaïa (Élisabeth) ; Weil (Simone) ;  Zassoulitch (Véra) (79); IX. Femmes : Femmes (1,2) ; Africaines ; Aiguille ; Algériennes ; Amies ; Amoureuses ; Appel de Coluche ; Autodéfense ; Artistes  ; Assassinées ; Assassinées, violées, harcelées, battues ; Attirance (pour les hommes ‘forts’) ; « Au foyer » ; « Bas bleus » ; Bagnes ; Beauté ; Besoin d’être aimées ; « Bonne-à-tout-faire » (employée de maison, gouvernante, femme-de-chambre ; femme de ménage …) (1,2,3,4) ; « Bons Pasteurs » ; Bouleversées ; Bourgeoises ; Chanteuses françaises (d’antan) ; Charité (1,2,3) ; Charité (Séverine) ; Charité (Tristan Flora) ; « Cent millions (deux fois)» ; CICR ; Chefs ; Cheptel ; Chômage ; Colère ; Communes à tous ; Communistes ; Compétences ; Condamnées ; Confucius ; Concurrence entre elles ; « Contemplatives » ; Criminelles ; Culpabilité ; « De pouvoir » ; « Défaite Historique » ; Dénis ; Dénis de grossesse ; Déportées dans les camps Staliniens ; D’exception ; D’Holbach ; Diderot ; Dignité ; Distinguées ; Échange (des femmes) (1,2) ; Enfant-s ; Estime ; État ; Formation ; Femmes (et) ; Faibles ; Fouque Antoinette ; Fragiles et/ou vulnérables ; Françaises (1,2) ; « Frigides » (1,2) ; Fusils (1,2,3) ; Genet (Jean) ; Ghiliak ; Gitanes ; Héroïnes  ; Imaginaire ; Images d’elles-mêmes ; Intellectuelles ; Jouir ; Intelligentes (1,2,3) ; Lâcheté ; Lesbiennes assimilées aux ‘gays’ ; Livres (de) ; « Mal baisées » ; Malédiction ; Larmes ; Manager de (femmes) ; Médaille des évadés ; Ménagères ; Mineures (George Sand) ; Misérables ; Mission ; « Mission historique » ; Nombre ; « Nous (les femmes) » ; Occultation ; ONU. Commission de la condition de la femme ; Paroles ; Pas ennemies des hommes ; Pleurs ; « Pétroleuses » ; Pieds bandés ; Plaisirs ; Plus (de femmes) ; Pour Le Monde ; Pour Libération ; Pouvoirs sur les hommes ; Préférées ; Propriétés des hommes ; Propriété morale (des femmes) ; Protéger (1,2) ; Femmes (Quartiers populaires aux périphéries des villes) ; Rebelles ; Regards ; Règles ; Remarquables ; Réparations (dues aux femmes) ; Repos du guerrier ; Repoussoir ; Respect ; Retraites ; Rousseau Jean-Jacques ; Saoudiennes ; Séduisantes ; Silence (1,2,3) ; Solidaires (1,2,3) ; Sororité ; Souffrance ; Stendhal ; Syndicalistes ; Tabliers ; Tondues à la Libération ; Traitées de « putes » ; Travail - dit – ménager ; Trotsky ; Valeur ; Validité des jugements ; Vertu ; Veuves (1,2) ; Vie (de femmes) ; Vie (des femmes) ; Violées (Zoo) ; « Voilées » ; Yeux fermés (159) ; X. Femmes /Hommes (Comparaison) : Femmes / Hommes (Comparaison…et inversement) ; Astell (Mary) ; Badinter (Élisabeth) ; Confiance ; Conte (Paulo) ; Giacometti (Alberto) ; La Bruyère ; Marquez (Gabriel Gárcía) ; Prévert (Jacques) (9)29 février 2016 : 426 Items

I. Femme :

Femme (Achat) (1) : Lu dans les Mémoires du Cardinal de Retz (rédigées autour de 1662) : « Peu après que je fus sorti de collège (1625) [le] valet de chambre de mon gouverneur qui était mon tercero [en espagnol : intermédiaire, entremetteur] me trouva chez une misérable épinglière une nièce de 14 ans qui était d’une beauté surprenante. Il l’acheta pour moi cent cinquante pistoles, après me l’avoir fait voir ; il lui loua une petite maison à Issy, il mit sa sœur auprès d’elle ; et j’y allais le lendemain qu’elle y fut logée. Je la trouvais dans un abattement extrême, et je n’en fus point surpris, parce que je l’attribuais à la pudeur. […] » 99

Femme (Achat) (2) : Lu dans Sade : « Une de nos marcheuses (racoleuses pour les clients et les bordels), aux aguets d’une jeune fille qu’une de mes pratiques me demandait dans le même goût de celle que m’avait demandé le marquis se Mesanges, c’est à dire à acheter pour n’en jamais entendre parler (c.à.d. pour la tuer, après tortures), une de nos marcheuses, dis-je, vint me rapporter, comme j’étais au lit avec Lucile, qu’elle avait trouvé une petite fille de quinze ans, très sûrement pucelle, extrêmement jolie, et ressemblant disait-elle comme deux gouttes d’eau à mademoiselle Lucile, mais qu’elle était dans un tel état de misère, qu’il faudrait la garder quelques jours pour l’empâter avant de la vendre. […] » 100 

Femme (« Avoir » une) : Christiane Rochefort [1917-1989], auteure de : « Si j’avais une femme elle répondrait au téléphone aux lettres aux huissiers aux persécuteurs elle remplirait  les formulaires règlerait les factures classerait le courrier organiserait mes rendez-vous ferait réparer la machine à laver changerait les abat-jours déferait les parquets surveillerait les plantations jouerait avec les chats balayerait sous le lit irait au marché chercherait les charters, pendant que moi j’écrirai Les Sœurs Karamazovna. Mais je ne peux pas avoir une femme, parce que, je ne pourrais pas laisser tout le sale boulot à quelqu’un pour qui j’aurais un minimum de sympathie. Et quelqu’un pour qui je n’aurais pas le minimum, comment pourrais-je le supporter en permanence à la maison ? Je me demande comment ils font. » 101 (Cf. Langage. Verbe. Avoir)  

Femme (Bouquets) : Une femme anonyme, auteure de : « Certaines se réalisent dans le combat politique ; d’aucuns ont la fibre d’écrivain, tels aiment les enfants et se réalisent dans la famille. Moi, finalement, ce qui m’aura le plus plu et ce que j’aurais fait le mieux, sur cette petite terre rigolote, ce sont les bouquets : bouquets de poèmes, bouquets de fleurs, peut être bouquets de visages sur certaines photos, c’est ce que j’aimerais qu’on grave sur ma tombe, si jamais on m’enterre au lieu de m’incinérer, comme c’est la mode en ce moment. On dira : « Elle savait pas faire grand’ chose, mais Dieu ! Ce qu’elle faisait de jolis bouquets ! » 102 (Cf. Femme Artiste. Séraphine Louis)

Femme (Caïn) : Caïn était dans la tombe et regardait sa femme….103

Femme (Collin Françoise) : Auteure de : « Je suis une femme, mais ‘je’ n’est pas une femme. » Valable aussi pour : « féministe », pour « femme [qualifiée de, considérée comme, se définissant comme] lesbienne »… 104 La question ainsi considérablement complexifiée peut alors être prolongée : Qu’est-ce que signifie : « je » [soi], « une femme », « des femmes », « être », « lesbienne » autant de termes, autant de questions qui peuvent, qui doivent, alors se complexifier à leur tour. (Cf. Langage. Verbe (Être), Féminisme)

Femme (Conscience de classe. Aristocratie) : En 1789, l’évêque d’Autun, député aux États Généraux, lors de la première insurrection de Paris, apprend que Madame de Brionne est sur le point de s’enfuir et de quitter la France. Il l’en dissuade et lui conseille « d’aller quelque temps, dans une petite ville de province où elle ne serait point connue ». Sa réponse : « Une petite ville de province, Fi ! Monsieur de Périgord ! Paysanne tant qu’on voudra, bourgeoise, jamais. » 105

Femme (Conscience - et réalité - de classe. Ouvrière) : Domitila Barrios de Chungara, lors de la Conférence de l’Année internationale de la Femme à Mexico en 1976, s’adressant à la présidente de la délégation du Mexique, après que celle-ci lui ait dit : « Nous vous avons déjà suffisamment écoutée. Il faut parler de nous, de vous et de moi… c’est à dire de la femme », auteure de : « Eh bien, parlons donc de nous deux. Mais si vous me permettez, je vais commencer par moi. Madame, cela fait une semaine que je vous connais. Tous les matins, vous arrivez avec un robe différente ; moi pas. Tous les matins, vous arrivez coiffée et maquillée et ça montre que vous avez le temps d’aller dans un salon de beauté élégant et de l’argent à dépenser. Moi pas. Et à voir comment vous vous présentez ici, je suis sûre que vous avez une maison très élégante, dans un quartier aussi très élégant. Nous, les femmes de mineurs, nous n’avons qu’un petit logement prêté, et si notre mari meurt ou s’il est malade ou s’il est licencié de l’entreprise, nous avons quatre vingt dix jours pour quitter notre logement et nous nous retrouvons à la rue. Et maintenant, madame, qu’est ce que votre situation à a voir avec la mienne ? Et ma situation avec la vôtre ? Alors de quelle égalité allons nous parler ? Si vous et moi nous ne nous ressemblons pas, si nous sommes si différentes, nous ne pourrons pas pour l’instant être égales, même en tant que femmes, vous ne croyez pas ? » 106  (Cf. Politique. Égalité, Patriarcat)
* Ajout. 28 septembre 2015.Élisabeth Badinter, dont il importe de ne pas oublier qu’en tant que fille de Marcel Bleustein-Blanchet, elle est présidente du Conseil de surveillance de Publicis, et à ce titre, rémunérée en 2012, pour la somme de 240.000 euros par an 107, et que, d’après Wikipédia, elle fut classée par le Magazine Forbes, même année, la 13ème personne la plus riche de France, auteure de : « Il faut mettre en lumière ce qui nous unit, tous et toutes, plutôt que ce qui nous distingue. » 108

Femme (« Coût ») : [2001] « Le coût estimé pour rapatrier (de France en Moldavie) le corps d’une femme décédée coûte entre 4 et 5.000 dollars », tandis que « les femmes (Ukrainiennes) sont ‘vendues’ 109 (en Serbie) de 400 à 15000 dollars, puis, ‘rendues’ en Serbie, elles sont à nouveau ‘vendues’ de 1.5000 à 3.000 dollars ».
Ainsi, une jeune fille - destinée à être « prostituée » - « coûte » entre deux et dix fois moins cher que, ne coûte, morte [si souvent assassinée], le rapatriement de son cercueil. 110

Femme (« Cul ») : Un banquier à sa femme, mariée avec lui depuis 30 ans, universitaire, laquelle invoquait ses « droits », alors qu’il voulait qu’elle « dégage » : « Ton cul, tu crois que c’est une tirelire ? » [Février 2014] (Cf. « Plan ‘Cul’ »)

Femme (Définition) : Sylviane Agacinski, auteure de : « Je serais bien incapable de définir ce qu’est une femme et n’ai pas besoin de le faire. Mais je sais d’un savoir certain, et quelle que soit ma part de virilité, que je ne suis pas un homme. » 111 Plus pertinent qu’il n’apparaît au premier abord : Femme, tentez de vous imaginer homme ; homme, tentez de vous imaginer femme…J’ai essayé : exercice impossible.

Femme (Dignité) : Anatole France, amant de Madame de Caillavet, est informé par l’un de ses ex-amants, d’anciennes relations amoureuses de sa maîtresse. Il lui écrivit : […] « Ah ! s’il ne s’agissait que d’essuyer les crachats que tu as reçus, avec quelle pitié je le ferais. Quel bonheur ce serait pour moi de les effacer sous mes baisers. Mais la souillure est en toi, comment l’effacer jamais ? Voudrais-tu encore me redonner ce que tu as donné à un autre ? Voudrais-tu encore que nous soyons tous deux ce que tu étais avec ce misérable ?» Elle lui répondit : […] : « Je ne puis supporter que tu me soupçonnes de faiblesse parce que tu mets en doute ma fierté - sans doute je suis souillée par ces horribles calomnies, mais la souillure est involontaire. Je ne suis pas flétrie, et je te défends, oui, je te défends de me le dire. Tu peux t’éloigner de moi, je ne te permets pas de me mépriser…Et puis, tu sais autre chose, je veux te gronder : il est mal à toi de me tenir pour moins précieuse parce que j’ai été insultée par un indigne. » 112 Arguments à réutiliser…

Femme (Démodée) : Une femme démodée : une femme cohérente, sinon avec elle-même, du moins avec son passé ? bien dans ses vêtements ? insouciante au regard des autres ? refusant les assignations ? Valable aussi pour les hommes, à ceci près que jamais « la mode » n’a joué pour les hommes le rôle, la fonction, l’assignation qui fut le sienne pour les femmes… (Cf. Mode)

Femme (Dépendante) : Sartre [concernant sa mère] : « Je vois le rapport à l’argent qu’à eu ma mère ; elle a d’abord reçu de l’argent de son mari, puis de son père, puis elle a été demandée en mariage par un autre homme, mon beau-père, qui l’a entretenue jusqu’à ce qu’il meure ; à la fin de sa vie, elle a vécu en partie de ce que mon beau-père lui avait laissée, et en partie de certaines sommes que je lui donnais.  Elle a été, d’un bout à l’autre de sa vie, entretenue par des hommes et elle n’a eu aucun rapport direct avec le capital. » 113
* Ajout. Même jour : 22 octobre 2014. Dans le même livre, je lis : « Une fois, ma mère m’a donné douze millions pour payer mes impôts. » 114 Relativise le qualificatif de « philosophe ».

Femme (Devenir une) : Quand une petite fille devient-elle « une femme » ? Quand elle a règles pour la première fois ? Quand elle attire des regards relevant d’un désir de séduction ? Quand son hymen est brisé ? Quand elle a des relations sexuelles pour la première fois ? Quand elle se marie ? Quand elle « découvre » le « plaisir » ? Mais alors, ne devient-elle pas « une femme » du seul fait de ses relations aux hommes  qui fait « la femme » ? Ce serait alors l’homme qui « fait » la femme. (Poursuivre)

Femme de Saint Cloud (La) : [Chanson. Souvenir d’enfance] : « En revenant de la foire (bis) – De la foire de Saint Cloud (bis) – J’ai rencontré un brave homme (bis) – Je lui dis : que portez-vous ? (bis) – C’est ma femme que je porte (bis) – Je vous la laisse à cinq sous (bis) – Et de cinq, je passe à quatre (bis) – Et de quatre à rien du tout (bis) – Et si elle vous embarrasse (bis) – Mettez la dans un grand trou (bis) – Et remplissez-le de paille (bis) – Et mettez le feu dessous (bis) – Et dites au voisinage (bis) – Venez voir brûler le loup (bis) – Ce n’est pas le loup qui brûle (bis) – C’est la femme de Saint Cloud (bis) »
* Un autre souvenir d’une chanson d’enfance dont le dernier couplet se terminait par : « Vive les vacances ! fini les pénitences ! les cahiers au feu ! Et la maitresse au milieu ! »

Femme (Égérie) : Vous ne voulez pas reconnaître les qualités intellectuelles et / ou politiques d’une femme, qualifiez-la d’« égérie ». Tout en pouvant, en sus de l’assimiler à des publicités vivantes pour Lancôme, Chanel…, ce qualificatif évite de la lire, de la critiquer, de la considérer selon ses mérites. [Entendu concernant Susan George]. Terme qui a remplacé celui de « muse », trop ‘daté’ …
- Vrai aussi pour : « icône » [Lu concernant Alice Schwarzer. Février 2014 ; entendu concernant Rosa Luxembourg. Mars 2014], et aussi pour « femme d’exception »…

Femme (Elle) : [Hebdomadaire. Groupe Lagardère, vendeur d’armements entre autres...] Qu’Elle - publication le moins à même de l’incarner - puisse, même ponctuellement, se revendiquer du féminisme : quel mépris des femmes, en toute cohérence des anti-valeurs qu’incarne et défend ce journal.
- Que les médias puissent inviter les responsables de ce journal (de plus en plus souvent remplacées cependant par la presse people) pour commenter l’actualité dès lors qu’une femme « connue » a, au sens propre du terme, défrayé la chronique révèle leur politique, fondée notamment sur le principe de privatiser le public, dépolitiser le politique et imposer le règne de l’apparence et de la consommation.
- Pour sourire (jaune) : Question N° 1 posée à un test d’ Elle : « Pour vous, être féministe signifie » : a) Ne pas avoir d’humour et râler dès que quelqu’un fait une réflexion sexiste. b) Se battre contre le plafond de verre. c) Militer pour les droits des femmes afghanes. » (Cf. Femmes (pour Libération), Femmes (pour Le Monde), Polygamie (Elle)

Femmes (Être) : Se savoir être, c’est ne jamais être seule.

Femme (Faire valoir) : Gina Lombroso (fille de son père) sans doute la femme la plus anti-féministe de l’entre deux guerres, auteure, en 1924, de : […] « Une femme élégante, une maison élégante donnent assurément au mari et aux personnes qu’il reçoit l’illusion du bonheur, de la richesse, et par conséquent lui donne du lustre, illusion et lustre auxquelles l’homme est extrêmement sensible. Il tolère en effet parfaitement que la femme tienne plus ou moins bien la maison, qu’elle soit plus ou moins riche, plus ou moins intelligente, qu’elle soit plus ou moins bien vêtue quand il est seul avec elle, si, au moment opportun, elle sait présenter une maison qui paraisse belle, des enfants qui paraissent bien élevés, si elle sait paraître riche, bien vêtue, heureuse, si elle sait lui faire bonne figure devant les étrangers, si elle représente une valeur que les autres lui envient, si elle sait mettre au bon jour les autres biens qu’elle possède et lui en donner conscience à lui-même. » 115

Femme (Féminin) (1) : Le « féminin » - et le « masculin » - sont des constructions patriarcales. Un débat construit sur les fondements de ces deux termes nécessairement reproduit les mythes liant le féminin au foyer, à la fécondité, à la nature… ; et le masculin, à la force, le pouvoir, la virilité…Le débat est dès lors, de manière rédhibitoire,  définitivement compromis.
- Pour disqualifier ce terme à tout jamais : Cf., :
* Freud à Lou Andreas-Salomé : « Pour la première fois, j’ai été frappé de ce qu’il y a d’exquisément féminin dans votre travail intellectuel. » 116
* René Barjavel : « La femme n’est pas un être humain, c’est un être féminin ». 117
* Michel Houellebecq : « Je suis de plus en plus féminin. » 118 (Cf. Être humain, Langage. Verbe (Être), Politique. Mythe, « Sciences » humaines. Psychanalyse)

Femme (Féminin) (2) : Entendu, lu, deux jours de suite (23 et 24 août 2015) : « Les menstrues, quelque chose de très féminin » ; « La peur des souris, c’est féminin » ;; « Le sentiment tout féminin qu’on appelle la pudeur...» « Son travail est féminin, agressif ; c’est un poison.. » Le « féminin », après avoir relevé, nous a t-on assuré, de la nature, de la culture, de la norme, relève plus fondamentalement, en réalité, de l’injonction, de l’arbitraire. Comme « le masculin »…  

Femmes (Féminin) (3) : Flaubert (dans une lettre à Tourgueniev, 25 juin 1876), après l’enterrement de George Sand : « Il fallait la connaître comme je l’ai connue, pour savoir tout ce qu’il y avait de féminin dans ce grand homme. […] » 119

Femme (Féminisation) : Élections du Sénat de septembre 2014 : ‘On’ se félicite (beaucoup sur la Chaîne (TV) Sénat, il est vrai) de la « féminisation » du Sénat, qualifiée cependant par certain-es, plus scrupuleux-ses, de « légère ».
* Le résultat : 25 % de femmes. (Cf. Langage (Féminisation), Politique. Parité)

Femme (Flèche) : [Lu en conclusion de la Préface [rédigée en 1994] à L’Art d’aimer d’Ovide : […] « C’est là que se mesure le génie d’Ovide, la femme est la flèche dont le poème est la cible. » Et ce, quelques lignes après avoir écrit : « Son génie (celui d’Ovide), je crois, fut de mettre le monde au féminin : c’est ce qui le fait inoubliable. » 120 (Cf. Êtres humains. Aimer (L’art d’ (Ovide)

Femme (« Forte ») : Il ne cessait de tenter de se faire reconnaître par elle - qui n’en avait cure - et avait, pour ce faire, tout essayé : l’admiration inconditionnelle, le pseudo-consensus, l’arraisonnement, les colères, les menaces, les appels au secours. Il s’y épuisait. En vain. Elle était ailleurs. Avec d’autres, il avait jusqu’alors obtenu que son ego-toritarisme ne soit pas contesté. Là, il perdait pied. Pourquoi s’acharner à tenter d’imposer un rapport de forces, qui n’intéressait que lui, voué ici à une succession ininterrompue d’échecs ? Par besoin d’attribuer à l’autre, pour tenter de s’en délester, le confus refoulé de soi ? Parce qu’il avait été structuré par les pouvoirs dont il s’était forgé une carapace, mais qui, pour elle, dépourvus de toute légitimité, fondaient, comme neige au soleil ? Mais, plus fondamentalement, dès lors que les rapports de pouvoir étaient, par elle, d’emblée, récusés, c’était lui-même, qui, faute de pouvoir les exprimer, faute d’alternative, s’effondrait. Ce qui épuise, ce qui détruit les hommes de pouvoir (et au delà tout être ‘de pouvoir’), c’est leur impuissance à être, à vivre indépendamment de ce qui les a si profondément structurés. Et les femmes « fortes » ne sont souvent fortes que de cette conscience. (Cf. Être-s humain-s. Conscience, Homme-s, Patriarcat)  

Femme (« Garçonne ») : Monique, dans le film Les invisibles 121 : « Si on prend des airs de garçons, ce n’est pas parce qu’on est des ‘garçonnes’ ; c’est pour plaire aux femmes. (Cf. Femme (Lesbienne) Quel plaisir de lire de telles évidences…Même si, sans doute, les réalités sont un peu plus complexes…

Femme (« Hystérique ») : Une femme hystérique ? Non, une femme épuisée, à bout, au bout du rouleau, qui n’en peut plus, qui explose à la moindre émotion, qui ne peut plus que hurler son angoisse, son impuissance ; une femme écrasée la vie qui n’a pas (encore) pu trouver la compréhension de la nécessité de la révolte… Et donc le chemin de l’apaisement.
- Employer ce terme, c’est, en sus, cautionner l’usage qu’en a fait - et à quels ‘coûts’ humains pour les femmes - la psychiatrie.

Femme (Khmers rouges) : Entendu dans le film de Rythy Pan, Duch, le maitre des forges de l’enfer (2011) qu’au Cambodge, sous le régime des Khmers rouges [1975-1979], on n’employait pas le mot « femme » car il « avait une connotation sexuelle » ; on employait le mot famille qui « avait une connotation révolutionnaire. » De fait les régime détruisait aussi les couples, détruisait les familles, en imposait des mariages selon leur conception de la « révolution ». (Cf. Femmes. Sexe […])

Femme (Lesbienne) (1) : Une femme lesbienne à une amie hétérosexuelle : « Mais tu ne te rends pas compte de ce dont tu te prives ! » L’évidence de cette phrase m’a souvent interrogée, à plus d’un titre…

Femme (Lesbienne) (2) : Elle refusait d’être qualifiée de féministe de crainte d’être reconnue comme lesbienne. D’un autre temps ?

Femme (Lesbienne) (3) : Thérèse Clerc, dans le film Les invisibles, auteure de : []« Comment une vie bascule à travers une main qui s’aventure » [… ] 122

Femme (Libération) : L’une des décisions de sa vie qu’elle pouvait qualifier de libératoire, bien que / quoique spontanée, impensée, fut de lui proposer un rendez-vous pour lui demander s’il voulait bien être son amant. Son refus (intelligent et donc élégant) paracheva un processus de libération dont sa requête était alors l’incarnation.

Femme (Lit) : « Il a eu un enfant d’un premier lit ». À comparer avec : « Il a eu un enfant d’un premier mariage » et avec : « Il a eu un enfant de sa première femme ». Puis, comparer les trois expressions en remplaçant le : « Il » par « Elle ». Et enfin, en remplaçant « il » / « elle », par les parents de l’enfant évoqué.

Femme (Maîtresse) : Pourquoi : « Elle était la maîtresse de  Monsieur X» est-il beaucoup plus fréquent que : « Il était l’amant de Madame Y » ? Facile…

Femme (Maquillage) : Tromperie sur l’identité. Antinomique avec la vérité [de l’être]. (Cf. Elle, Langage. Verbe. Être, Mode)

Femme (Moi) : Mademoiselle de Lespinasse (1774), auteure de : « Ce moi dont parle Fénelon est encore une chimère : je sens positivement que je ne suis point moi. Je suis vous ; et pour être vous, je n’ai aucun sacrifice à faire. Votre intérêt, vos affections, votre bonheur, vos plaisirs, ce sont là, mon ami, le moi qui m’est cher et qui m’est intime. Tout le reste m’est étranger : vous seul dans l’univers pouvez m’occuper et m’attacher. Ma pensée, mon âme ne peuvent désormais être remplies que par vous et des regrets déchirants. (…). » 123 (Cf. Amour, Patriarcat, Soi )

Femme (« Moche ») : Marie Cardinal, auteure de : « Tu connais une femme vraiment moche qui a réussi à faire entendre sa voix en France ? Moi, je n’en connais pas […]. » 124 Aujourd’hui, le terme choque, mais la vérité du constat - les exceptions confirmant la règle - est toujours valide.

Femme (Mort. Peine de) : Véra Figner [1852-1942], révolutionnaire russe, condamnée à mort en 1884, sa peine ayant été commuée en travaux forcés à perpétuité,  enfermée 20 ans dans les prisons du Tsar, libérée en 1905, auteure, en 1884, de : « M’attendais-je à être exécutée ? Non. L’exécution de Sophie Pérovskaïa [en 1881], première exécution d’une femme, avait produite une déplorable impression. L’exécution des femmes n’était pas encore ‘entrée dans les mœurs.’ » 125
- Au nom de l’égalité, en toute logique, que des femmes soient, comme les hommes, condamnées à mort devrait-il être considéré comme une avancée des droits des femmes ? (Cf. Politique. Égalité)

Femme (Nudité) : Lorsque Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir est paru dans sa première traduction anglaise, en 1953, chez A. Knopf pour la première fois aux États-Unis, la couverture représentait une femme nue.
* Ajout. 30 octobre 2015.Libération,même date, pour présenter le livre critique de Marie-Jo Bonnet sur Simone de Beauvoir, s’affichait la photo de dos, nue, de Simone de Beauvoir. Ignoble. 126 (Cf. Êtres humains. Corps, Nudité. Féminisme)

Femme (Perte de temps) : Calculer le temps que les hommes font perdre aux femmes, notamment en récriminations, colères, indignations, toutes aussi inutiles les unes que les autres. Un tel calcul renouvellerait les études sur les budgets temps. Et permettrait de mieux employer sa propre vie.
- Plus fondamentalement, parler, non seulement ne suffit pas, mais, qui plus est, laisse si souvent accroire que l’on dénonce, que l’on agit, que l’autre va entendre, comprendre, s’amender… L’espoir alors fait vivre, mais par procuration…

Femme (Peur) : Elle découvrit subitement que sa vie avait été structurée, modelée, limitée, atrophiée du fait de sa peur de déplaire à un homme pour lequel elle n’existait pas.
- Souvent vrai aussi pour les femmes qui ont été heureuses de plaire à un homme.

Femme (Portait) : On a tant assimilé, tant réduit, tant défini les femmes par leur apparence, qu’un femme qui veut simplement exister, être jugée par elle-même, en elle-même, doit se défier de son image et même de toute représentation d’elle même. Et dès lors, à nouveau, s’autolimiter ?

Femme (Procréation) : Tant qu’une femme mettra au monde un enfant, la ‘fonction d’usage’ de toutes les femmes sera perpétuée. À moins que… ? Jusqu’à ce que… ? Plus utile pour la réflexion féministe que la fallacieuse pseudo égalité. (Cf. Démographie, Front national. Le Pen Jean-Marie)

Femme (Puritaine) : Terme historiquement employé essentiellement pour les femmes, signifiant qu’elles étaient « frigides », frustrées, « mal baisées », qualificatifs employés pendant des siècles sans que les hommes se sentent le moins du monde concernés. Ce terme, progressivement, s’est universalisé. Traiter une personne de « puritaine », dorénavant, c’est considérer qu’elle est contre-le-sexe, et donc pour « la prostitution » : voici l’un des niveaux d’analyse où nous sommes tombées grâce notamment aux défenseurs si zélés, si écoutés, si publiés, si choyés du système proxénète. Et le processus d’inversion des valeurs et des normes mis en oeuvre à l’encontre des abolitionnistes se poursuit et s’élargit : les puritains sont assimilés, entre autres manifestations, aux « bien pensants que veulent [nous] rééduquer». Mais comment peut-on écrire de telles absurdités ? Malgré de nombreux et constants efforts, j’ai toujours beaucoup de mal à le comprendre… 127 (Cf. Proxénétisme, Sexe)

Femme (Qu’une femme) :Arthénice, dans La colonie de Marivaux, auteure de : « […] Vous n’êtes qu’une femme, dites-vous ? Hé, que voulez-vous donc être pour être mieux ? » 128 

Femme (Renoncement) : Elle crut devoir renoncer à elle pour être à lui. Elle se fit carpette. Il s’y couchât sur ce qu’il considéra - à juste titre - comme un don, plus tard, comme un dû : après usage, il l’épousseta, la plia, la rangea, remercia et alla en choisir une autre.

Femme (Respectée) : [1997] Odile Quintin, « ancien chef de Bureau unité égalité des chances à la Commission européenne » concernant Marcelle Devaud, dans les années 80, « son mentor dans les problématiques d’égalité [des chances dans les politiques européennes »]: […] « Elle est très respectée des hommes, parce qu’elle ne prend pas un ton de revendication. Elle a une approche d’affirmation, de valorisation du rôle que peuvent jouer les femmes dans la vie économique et sociale. Elle ne crie pas. Elle discute et négocie. » 129 

Femme (Revanche) : [Début années 60] Lu, dans Le guide des jeunes ménages, dans le chapitre intitulé : ‘Rapports sociaux. Loisirs’, à la rubrique : ‘Invitations’, dans la sous rubrique : ‘Tenue’, ceci : « Afin de permettre à la plus modeste des invitées, de faire son petit effet, il faudra avoir une tenue aussi simple que possible, sans toutefois être négligée. Vous prendrez votre revanche lorsque vous serez invitée à votre tour. » 130 (Cf. Mode, Patriarcat, Sororité)

Femme (« Rien») (1) : Lorsqu’un homme aspirant à, espérant se justifier d’avoir « trompé » sa femme, lui déclare : « Mais, ce n’était rien » ou : « Mais, cela ne signifiait rien pour moi », que les femmes soient solidaires de la femme ainsi lâchement évoquée. Toutes les femmes, sont aussi, alors, ce « rien ».

Femme (« Rien ») (2) : Annie Ernaux, à qui l’on demandait pourquoi, elle qui avait écrit L’événement, n’avait pas signé le Manifeste des 343 [femmes ayant déclaré avoir avorté], répondit : « En 1971, il était pour moi, hors de question de le faire. C’était impensable. Je n’étais rien. De plus, j’étais mariée à un cadre et déclarer publiquement avoir avorté aurait eu l’effet d’une bombe. » 131
* Ajout. 28 février 2016. En réponse à une question concernant son silence de l’occupation française de l’Indochine, en 1946, Raymond Aron répondit : Ce n’était pas tellement difficile, c’était surtout tout à fait inefficace. En 1946 ou en 1947, je n’étais rien. […] » 132  
- Rappel : le contraire de « rien », c’est quelque chose, et non pas quelqu’un-e.

Femme (Sénèque) : Auteur de : « Il y a des gens assez déraisonnables pour s’imaginer qu’une femme pourrait les offenser. […] La femme est toujours un être inconsidéré qui, à moins d’être devenue savante et très instruite, est rétive et ne peut résister à ses désirs. » 133 Rarement évoqué par les critiques du Stoïcisme. Si l’on voulait une preuve supplémentaire que l’histoire n’avance pas nécessairement sur le chemin de la raison…

Femme (Sensibilité) : Katherine Mansfield [1888-1938], auteure de (le 26 janvier 1922) : « J’ai un esprit d’une sensibilité effroyable, qui accueille toutes les impressions ; voilà la raison pour laquelle je suis si complètement entraînée et vaincue. » 134 À méditer…

Femme (« Seule ») : Une femme qui a eu deux arrière-grands-pères, deux grands-pères, un père, quantité de cousins et de neveux, des frères, un ou des maris, un ou des amants, des amis, des patrons, des collègues, des voisins, des enfants - sans même évoquer les femmes ayant partagé sa vie - peut être qualifie de femme « seule »…
- Variante : « Elle vit sans homme »….dans l’attente qu’elle « refasse sa vie».
* Ajout. 18 novembre 2014. Camille Claudel [Lettre de l’Asile. 25 février 1917] auteure de : « On me reproche, (ô crime épouvantable d’avoir vécu toute seule)… » 135
* Ajout. 7 décembre 2014.Douze participantes à la Marche - non mixte - de nuit des femmes ont entendu : « Qu’est ce que vous faites ici seules le soir ? »

Femme (Soutenir) : [Début années 60] Lu dans Le Guide des jeunes ménages, dans le chapitre intitulé : ‘Habillement’, à la rubrique : ‘Pour Madame’, dans la sous rubrique ‘Gaines et Soutien-gorge’ : « Dans toutes les occasions de la vie journalière, la femme a besoin d’être soutenue […] » 136 (Cf. Mode, Patriarcat, Proxénétisme)

Femme (Suicide) : Lettre de Séverine, jeune, désespérée, à Jules Vallès, après que ses parents lui eurent refuser de le rejoindre à Londres, écrite avant de se tirer une balle dans la poitrine : « Je meurs de ce qui vous fait vivre. De révolte. Je meurs de n’avoir été qu’une femme alors que brûlait en moi une pensée virile et ardente. Je meurs d’avoir été une réfractaire. Aimez moi un peu pour cela et gardez en cet esprit que j’ai si fort aimé et si profondément compris une place à votre navée petite amie. » Heureusement elle ne mourut pas et sa famille résignée, la laissa désormais agir à sa guise. 137

Femme (Territoire) : Anaïs Nin, auteure de : « Le territoire de la femme est ce que laisse intact le désir direct de l’homme. L’homme attaque le centre vital. La femme remplit la circonférence. » 138 Confus ; mais puissant ? (Cf. Politique. Frontières)

Femme (« Une femme et un Noir ») : [À propos de la compétition entre Barak Obama et Hillary Clinton à la présidence des États-Unis] Noam Chomsky, auteur de : « Je crois que ce qui a été assez marquant dans la campagne démocrate, c’est qu’il y a eu une femme et un noir. » 139 Non : il y a eu une femme qualifiée de blanche et un homme qualifié de noir, c’est à dire deux êtres humains (un homme et une femme) qualifiés l’un par la seule couleur de leur peau, l’autre par le seul fait d’être une ‘femme’. L’inanité - apolitique - d’une telle opposition mérite d’autant plus d’être notée qu’elle émane d’un penseur - politique - tant vanté… (Cf. « Oui » ou « Non »)
* Ajout. 30 novembre 2015. Noam Chomsky, auteur en 2015, de : « Si vous allez dans le hall du MIT [Massachusetts Institute of Technology, où il a enseigné] aujourd’hui, vous verrez parmi les personnes une moitié composée de femmes, peut-être un tiers de minorités. » 140

Femme (Vagin) (1) : [France. 2012] Dans un monde saturé de pornographie, le terme de vagin - considéré comme indécent ? - est toujours en 2012 inapproprié. On a pu ainsi lire concernant la jeune femme violée en Inde par 6 hommes dans une dépêche de l’AFP : « Ils l'avaient aussi agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée, lui causant de graves blessures aux intestins [...].  » 141

Femme (Vagin) (2) : Dans l’article de Simone de Beauvoir, Pour Djamila Boupacha, publié dans Le Monde le 2 juin 1960, celle-ci avait écrit : « On lui enfonça une bouteille dans le vagin. » Commentaire de Gisèle Halimi : « La rédaction du journal s’émut de la cruauté de l’image : il fallu remplacer le mot « vagin » par « ventre ». Et pourtant, le terme était bien employé dans la plainte pénale de Djamila Boupacha. 142

Femme (Vagin) (3) :Le terme de « vagin » n’existait pas dans le Larousse médical de 2006 (lisible sur le net) « conçu par une équipe de 150 éminents spécialistes, ce dictionnaire répond à toutes les questions sur le corps humain, sur ses fonctions et ses maladies. Plus de 6 000 articles classés de A à Z présentent les termes médicaux, la prévention, l'évolution et le traitement des maladies, les actes chirurgicaux, la description des examens médicaux, le rôle et l'action des médicaments, les bases de l'anatomie et de la physiologie, les techniques de secourisme. » Ceci étant si l’on cherche sur le net : « Larousse médical. Vagin » on lit (accompagné d’un un graphique clair) ceci : « Conduit musculo-membraneux qui s'étend de l'utérus à la vulve chez la femme. » Lire la suite pour « Structure » et « Pathologie ». (Cf. Les monologues du vagin)

Femme (Vengeance) (1) : Une femme « de qualité » - sans doute la comtesse de Cayla - raconte qu’elle reçut un jour, nouvellement mariée par ailleurs, un paquet qui s’avéra un bel et gros enfant accompagné de la lettre suivante : « Citoyenne, Puisque vous êtes la femme d’un homme qui devait être mon époux, prenez la charge de nourrir une créature innocente qui lui doit le jour. » Signé : Rosalie.
Sur ce, elle fit venir son mari et lui dit : « Monsieur, quand on fait des enfants, on tâche de les placer ailleurs que chez moi ; voici un des vôtres que l’on m’adresse, vous plairait-il d’en prendre soin ? ». Elle gagna (notamment) de cette répartie sa liberté à vie à son égard. 143
- Á la relecture : pas une vengeance, une saine et légitime réaction. (Cf. Cinéma. La mariée était en noir, Politique. Vengeance)

Femme (Vengeance) (2) : Louise Michel, auteure de : « Quand une honnête femme, calomniée ou poursuivie tue le drôle qui la pourchasse, bravo ! Elle débarrasse les autres d’un danger, elle les venge ; il n’y en a pas assez qui prennent ce parti-là. » 144 Rarement cité…(Cf. Femmes (assassinées), Hommes (Solidaires des femmes en lutte), Légitime défense, Violences contre les femmes)

Femme (« Vénéneuse ») : [12 juin 2012] Lu, à la recherche sur le net du synonyme de « sulfureux » : « Au sens figuré : Qui évoque l’enfer, l’hérésie, le démon qui sent le souffre. Se dit d’une femme ‘vénéneuse’. » 145 (Cf. Langage. Sulfureux…)

Femme (Vie de…) (1) : Une « vie - dite de - de femme », au singulier, c’est vivre [ou non] une vie dans un couple ou non, une vie dite-sexuelle, une vie dite professionnelle, une vie dite d’épouse, une vie dite de mère, et même une vie de femme « multi-casquettes ». (Cf. Vie - dite - privée, Vie (Refaire sa))

Femme (Vie de…) (2) : Une femme ayant vécu « une vie - dite - de femme » peut vivre, en sus, une vie généralement considérée comme dévolue aux « hommes ». Un homme, s’il conteste, s’il récuse, s’il veut échapper à la vie telle qu’elle lui fut imposée, telle que généralement considérée comme dévolue aux hommes, n’aura jamais vécu qu’une vie d’homme. (Cf. Homme-s, Patriarcat)  

II. Femme (Artiste) :

Femme (Artiste. Bacall Lauren) : [1924-2014] Auteure de : « […] Bon, le passé est le passé. Il m’a formée, m’a appris beaucoup de choses, mais le présent m’importe d’avantage. Je lutte pour acquérir le droit à mon identité propre ; je ne veux pas qu’on m’identifie pour l’éternité à un rôle joué à dix-neuf ans. Jusqu’à présent, j’ai toujours plus ou moins perdu cette bataille. Peut être ne la gagnerai-je jamais. Mais je ne cesserai jamais le combat. » 146 (Cf. Patriarcat. Filliation) (2)  

Femme (Artiste. Barbara) : [1930-1997] Auteure, compositrice, interprète de chansons inoubliables, dont trois, plus particulièrement, évoquent les violences de son père à son encontre : Au cœur de la nuit, Nantes, L’aigle noir. (Cf. Violences incestueuses)

Femme (Artiste. Bardot Brigitte) : Auteure de : « J’ai toujours fait ce qui m’a plu […] Je sais que j’ai plus de couilles que beaucoup d’hommes. Ils pourraient prendre exemple sur moi. J’ai toujours assumé ce que j’ai fait ou ce que j’ai dit. »  147 De la fragilité des mythes : un seul jugement les fait éclater comme une bulle de savon (Cf. Mythe)

Femme (Artiste. Boulanger Nadia) : [1887-1979] Compositrice, chef d’orchestre et enseignante. Ned Rorem, l’un de ses élève, déclara en 1979 : « Pour ce qui concerne la pédagogie musicale - et par extension la création musicale - elle est la personne la plus influente qui ait jamais vécu ». Elle fut, toujours selon lui, « le plus grand maître depuis Socrate ». 148

Femme (Artiste. Bourgeois Louise) : [1911-2010] Auteure de : « Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire. »
Parmi ses œuvres : La Destruction du père (1974) et Maman (2005).
* Ajout. 13 octobre 2014. Sans oublier le terrifiant Fillette [1968]. Le concernant - il s’agit de la représentation d’un monstrueux phallus transpercé par un câble - il faut lire les aberrant-es présentations, commentaires, interprétations qui en ont été faites afin d’en masquer l’évidence, à savoir qu’un phallus a terrifié une petite fille. Et que Louise Bourgeois ait peu ou prou participé à en masquer la signification, n’invalide pas le jugement. (Cf. Violences Incestueuses)

Femme (Artiste. Callas Maria) : [1923-1976] Auteure de : « Je suis libre parce que je ne fais pas de concession149 (Cf. Conciliation, Liberté)

Femme (Artiste. Capri Agnès) : [1907-1976] Auteure de : « Je voulais des gens propres ». Se sont exprimé-es dans son café théâtre : Caura Vaucaire, Germaine Montero, Serge Reggiani, Jean Sablon, Juliette Gréco, Marc Ogeret, Catherine Sauvage, Pierre Louki, Georges Moustaki, les Frères Jacques…150 Chapeau l’artiste !

Femme (Artiste. Casarès Maria) : [1922-1996] Maria Casarès, auteure de : « Soyez donc une femme. Luttez ! » 151 (Cf. Vie (Lutte))

Femme (Artiste. Claudel Camille) : [1864-1943] [Internée]. Auteure de [À sa mère. Mars 1913] : « Cela va t-il durer longtemps cette plaisanterie-là ? Y en a t-il pour longtemps ? Je voudrais bien le savoir. Après avoir tant souffert. C’est une drôle de surprise. » [À M. Pinard. Mars 1913] : « Je me trouve par suite de combinaisons machiavéliques enlevée et internée de force à Ville Evrard. Si vous pouviez dire un mot pour moi, je vous en serais reconnaissante. » [À Henriette de Vertus. Automne 1913] : « J’ai été enlevée par un cyclone moi et mon atelier, mais par un singulier effet de la tornade, mes plâtras ont filé directement dans la poche de Rodin et consorts, tandis que mon infortunée personne s’est trouvée transportée délicatement dans un enclos grillagé en compagnie de plusieurs aliénés. Je fais mon possible pour figurer honorablement dans cette aimable corporation : je n’y fais pas trop mauvaise figure. » [À son frère, Paul Claudel. 1915] : «J’aimerais mieux une place de bonne que continuer à vivre ainsi. » [À son frère Paul Claudel. Mars 1927] : « Ce n’est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu : après 14 ans aujourd’hui d’un vie pareille, je réclame la liberté à grands cris. » [À son frère, Paul Claudel. Mars 1930] : « Cela fait 17 ans que Rodin et les marchands d’objets d’art m’ont envoyé faire pénitence dans un asile d’aliénés. Après s’être emparés de l’œuvre de toute ma vie en se servant de B. (Note : probablement Philippe Berthelot), pour exécuter leur sinistre projet, ils me font faire des années de prison qu’ils auraient si bien mérité eux-mêmes... Tout cela au fond sort du cerveau diabolique de Rodin. Il n’avait qu’une idée c’est que lui, étant mort, je prenne mon essor comme artiste et que je devienne plus que lui : il fallait qu’il me tienne dans ses griffes après sa mort comme pendant sa vie. » [À son frère, Paul Claudel. 1932/33] : « Dis toi bien, Paul, que ta sœur est en prison. En prison et avec des folles qui hurlent toute la journée, font des grimaces et sont incapables d’articuler trois mots sensés. Voilà la traitement que, depuis près de vingt ans, on inflige à une innocente.» [Á son frère, Paul Claudel. Nov./déc. 1938], elle signe : « Ta sœur en exil ».
En octobre 1943, Camille Claudel est inhumée dans le cimetière de l’asile d’aliéné-es de Monfavet, celle à qui Rodin écrivait en 1897: « Un génie comme vous est rare152 (Cf. Femme (Seule), Fitzgerald (Zelda), Pelletier (Madeleine), Séraphine Louis)

Femme (Artiste. Claudel Camille / Rodin Auguste) : Lu dans le Journal des Goncourt [10 mai 1894] : « Marx (Roger, critique d’art) me parle ce matin, de la sculpteuse Claudel, de son collage 153 un moment avec Rodin, collage pendant lequel il les a vus travailler ensemble, amoureusement, tout comme devait travailler Prud’hon et Melle Mayer. Puis un jour, pourquoi, on ne le sait, elle a quelque temps échappé à cette relation, puis l’a reprise, puis l’a brisée complètement. Et quand c’est arrivé, Marx voyait entrer chez lui Rodin tout bouleversé, qui lui disait en pleurant qu’il n’avait plus aucune autorité sur elle. » 154

Femme (Artiste. Dietrich Marlène) : Une femme lucide, généreuse, courageuse. L’entendre chanter « La vie en rose » réconcilierait avec ‘l’amour’. 155

Femme (Artiste. Fontaine (Brigitte) : Une fois encore, on fera semblant de découvrir après sa disparition, l’importance de son oeuvre.

Femme (Artiste. Fréhel) : Auteure de : « Fermez vos gueules. J’ouvre la mienne » [au public du Bœuf sur le toit]. 156

Femme (Artiste. Goya Chantal) : [Interview de Chantal Goya, concernant le tournage de Masculin Féminin. 1962 ] : « J’avais 18 ans. […] Godard voulait que je sois à poil dans la salle de bains et j'ai dit non. Je me suis cachée sous le lavabo. Marlène (Jobert) s'est déshabillée, m'a dit de ne pas m'en faire, qu'elle passerait à deux reprises devant la caméra de façon à faire croire qu'il s'agissait de moi une fois. Tu parles ! Godard avait bien vu. Il m'a dit : vous ne serez jamais une star. Je lui ai répondu: la seule «Vedette» que j'ai, c'est ma machine à laver. » 157 Ce sont aussi par ce type de réactions, jamais, en tant que telles, politiquement analysées, que les femmes s’opposent, résistent aux hommes. Nul-le n’est besoin pour cela d’être qualifiée de « féministe », encore moins d’intellectuelle.

Femme (Artiste. Juliette) : Merveilleuse interprète de : Rimes féminines (1997). Entre autres chansons…

Femme (Artiste. Lens Aline R. de) : Auteure de : « Maintenant, j'ai l'enthousiasme, l'ambition, les joies du travail. Je suis au début, j'ai le droit d'espérer, de faire des rêves. Je me sens fière vis à vis des hommes. Pour les uns, je suis seulement une rivale, pour les autres, je suis une égale puisque je travaille comme eux pour me faire une position comme eux. Je suis entrée dans une école [Les Beaux-Arts] qui leur était primitivement destinée, en concourant avec eux…Ils n'ont pas le droit de ne voir en moi qu'une femme comme les autres, sœurs de toutes celles qui ne vivent que pour eux, par eux, instrument d'amour…L'amour, je le supplie de m'épargner. Je n'ai jamais aimé l'amour, jamais aimé aucun homme. Je suis calme, je suis tranquille, toute à mon travail. L'amour serait un grand malheur pour moi, il briserait tout ce qui fait ma vie, je n'y pense pas, je ne le cherche pas, je le redoute…Ah! que l'amour m'oublie ! Je me suis garée du mariage, des toquades de jeunes filles…Mais il y a l'amour-passion, l'amour souverain, l'amour fou […] Il passerait sur moi comme un cyclone en ne laissant que des ruines […] Moins on y pense, moins on a de chances qu'il vienne. Et puis, j'ai vraiment bien autre chose à faire ! » 158 (Cf. Êtres humains. Amour)

Femme (Artiste. La Malibran) : [1808-1836] « Merveille des merveilles » disait d’elle Chopin. Morte à 29 ans.

Femme (Artiste. Monroe Marilyn) : [1926-1962] Auteure de : « À Hollywood, on vous donnait 1 000 dollars pour un baiser et cinquante cents pour votre âme. » 159 Constat valant profonde analyse politique.

Femme (Artiste. Morisot Berthe) : [1841-1895] Son certificat de décès portait la mention « sans profession ». 160

Femme (Artiste. Rama Carol) (1) : [1918- ]Auteure de : « Je peins par instinct ; je peins par passion et par colère, et par violence et par tristesse et par un certain fétichisme, et par joie et par mélancolie mêlées, et surtout par rage. » (Entretien de 1996). 161

Femme (Artiste. Rama Carol) (2) : Dans un article du Monde la concernant, Carol Rama est qualifiée de: « vieille dame indigne », de « mamie indigne », […] « qui a toujours préféré l’écart : « anomalie sauvage, excentrique, animale ». Concernant le fait qu’elle et ses œuvres aient été ignorées jusqu’à l’âge de 85 ans, on lit  : « Était-on vraiment passé à côté de quelque chose ? ». On lit aussi que « son parcours n’obéit qu’à un ordre : celui, scandaleux du corps ». On évoque l’un de ses « amis » qui « au cœur de l’Italie fasciste des années 1930 » la décrit comme « maitresse, diable et putain », tandis que l’appartement de l’« inconnue des berges du Pô » […] est présenté comme « l’antre d’une sorcière, quasi : un musée hors d’âge, qui rappelle que Turin, avec Londres et San Francisco, serait l’une des pointes de la magie noire»…. L’encart est ainsi rédigé : « Apogée, sans doute, ses années 1960 ne sont qu’éclaboussures, goudron et menstrues, glue apocalyptique, moisissure et éclat atomique » tandis que les deux sous-titres de l’article s’intitulent : « Prothèse et démembrement » et « Magie noire ». On comprend, à la lecture de ce texte immonde, dont l’intégralité serait à dénoncer, comment on en est venu à brûler les sorcières. 162

Femme (Artiste. Saint Phalle Niki de) (1) : [1930-2002] Auteure de : « Je veux être une première. Un défi. » Son mari, Jean Tinguely : « Tu fais du boulot de salle de bains163

Femme (Artiste. Saint Phalle Niki de) (2) : « J’ai écrit ce livre - Mon secret - d’abord pour moi-même, pour tenter de me délivrer enfin de ce viol qui a joué un rôle si déterminant dans ma vie. Je suis une rescapée de la mort, j’avais besoin de laisser la petite fille en moi parler enfin... J’ai longtemps pensé que j’étais une exception, ce qui m’isolait encore plus ; aujourd’hui j’ai pu parler à d’autres victimes d’un viol : les effets calamiteux sont tous les mêmes : désespoir, honte, humiliation, angoisse, suicide, maladie, folie, etc. Le scandale a enfin éclaté ; tous les jours des révélations jaillissent sur ce secret si jalousement gardé pendant des siècles : le viol d’une multitude d’enfants, filles ou garçons, par un père, un grand-père, un voisin, un professeur, un prêtre, etc. Après le Secret j’ai l’intention d’écrire un autre livre adressé aux enfants, afin de leur apprendre à se protéger : parce que l’éducation qu’on leur donne les laisse sans défense contre l’adulte... » 164 (Cf. Violences Incestueuses)

Femme (Artiste. Séraphine Louis ou Séraphine de Senlis) : [1864-1942] Auteure de : « Ça, des fleurs et des fruits qui n’existent pas ? Des fleurs de folle, ils disent… Mais elles existent puisque je les vois.» 165 Elle aussi, jugée folle, meurt dans un asile psychiatrique.
* Dans le même sens, Cf. Anaïs Nin [en 1932] : « […] J’ai accepté un moi sans limites. Ce que j’imagine est aussi vrai que ce qui est. »
- Un tout autre regard sur les dites ‘maladies mentales’, un autre regard sur le monde…166

III. Femme (Écrivaine) :

Femme (Écrivaine. Aubenas Florence) : Auteure d’un beau, juste et noble livre : Le quai de Ouistreham 167 ; un livre qui en dévoilant les mensonges dont nous sommes quotidiennement abreuvé-es, m’a fait l’effet d’un détergent ; un livre qui prolonge les belles enquêtes de Marcelle Capy et Aline Valette (mais aussi les écrits de Marguerite Audoux et de Madeleine Riffaud) ; un livre qui conduit à s’interroger sur la finalité, la fonction, l’apport, en réalité sur l’appauvrissement de la sociologie [du travail] par rapport à [la complexité de] la réalité, telle qu’ici présentée.

Femme (Écrivaine. Audoux Marguerite) : [1863-1937]. Romancière, auteure notamment de Marie-Claire et de L’atelier de Marie-Claire] Son biographe, enfermé dans une fausse alternative et faute de vouloir / pouvoir trancher entre « la couturière » et « la femme de lettres », l’appela : « La couturière des lettres ». 168

Femme (Écrivaine. Azzeddine Saphia) : Auteure de Confidences à Allah 169 : un grand (petit) livre qui explose tout sur son passage.

Femme (Écrivaine. Cardinal Marie) : Auteure de l’inoubliable : Les mots pour le dire. 170 Un livre dont l’écriture a refondé sa vie ; un livre dont la lecture peut bouleverser radicalement, positivement donc, la nôtre ; Un livre magistral. (Cf. Psychanalyse)

Femme (Écrivaine. Colette) : Auteure de : « Ce plaisir, qu'elle [‘la femme’] réclame avec tant d'efforts, tant de violence, tant de lyrisme quelquefois, si elle ne découvre pas qu'elle pourrait s'en passer, je la plains ! » 171

Femme (Écrivaine. Colette et Willy) : [Premier mari de Colette] Retrouvant les cahiers des manuscrits des premières Claudine, abandonnés dans un tiroir, il déclara : « Nom de Dieu, je ne suis qu’un con ! » On sait en effet l’usage qu’il fit de sa découverte. Colette, se rappelant cet épisode, poursuit : « Et c’est comme ça que je suis devenue écrivain. » Et lui aussi…
* Concernant la période où, mariée, elle a vécu avec lui, Colette la décrit ainsi : « Ma séquestration n’avait lieu qu’à la campagne. Il fallait que je sois un peu bouclée, car le chantage était partout autour de moi.» Puis : « J’étais un peu cloîtrée - le mot ‘séquestrée’ dépasserait ma conception et surtout ma discrétion. » Et enfin : « Je crois que beaucoup de femmes errent d’abord, comme moi, avant de prendre leur place, qui est en de ça de l’homme. » 172
* Ajout. 26 juillet 2015. Entendu ce jour, sur France Culture, évoquant Willy : « un homme qui lui fit découvrir l’amour et la littérature. » 173
* Ajout. 16 septembre 2015. J’achète hier une édition datée de 1931 d’un livre de Colette, Claudine s’en va, signé Willy et Colette Willy. J’y lis en page de garde ceci : « La collaboration, Willy-Colette ayant pris fin, il devenait indispensable de rendre à chacun la part qui lui est due, et de remplacer la signature unique de ces volumes [par Willy donc] par celle de WILLY et COLETTE WILLY. Des motifs purement typographiques ont voulu que mon nom fût placé avant celui de Colette Willy, alors que toutes les raisons, littéraires et autres, eussent exigé que son nom fût à la première place. WILLY. » 174

Femme (Écrivaine. Dickinson Emily) : [1830-1886] « Elle n’a presque jamais quitté sa maison et elle a tout compris » a t-on dit d’elle. 175 Ouvre de larges horizons…

Femme (Écrivaine. Fitzgerald Zelda) : [1900-1948]. [Épouse de Francis Scott Fitzgerald] Auteure de (alors internée, dans les années 30) : « Je suis ce petit poisson qui nage sous le requin et qui vit de ses restes. C’est ce que je suis. » 176 Vampirisée par son mari. 177

Femme (Écrivaine. France Culture. 2015) : Entendu : « Lydie Salvayre brosse sept portraits intimistes et enlevés des plus grandes figures littéraires et féminines du début du XXe siècle. Emily Brontë, Djuna Barnes, Sylvia Plath, Colette, Marina Tsvetaïeva, Virginia Woolf et Ingeborg Bachmann ». Il est question de « 7 folles » (deux fois), « 7 allumées », « 7 insensées », « 7 imprudentes »…Sans oublier : « 7 destins malheureux » 178 Terrifiant…

Femme (Écrivaine. Lambert Madame de) (1) : [1647-1733]Auteure, notamment de ces Maximes : « Il y a des princes de naissance, il y a des princes de mérite » ; « Rien de plus heureux qu’un homme qui jouit d’une considération qu’il ne doit qu’à lui ; rien de plus triste qu’un grand seigneur accablé d’honneurs et de respect qu’on ne rend qu’à sa dignité » ; « Avec de grands emplois et des principes vulgaires, on est toujours agité parce qu’on est toujours médiocre » ; « C’est par les sentiments qu’il faut se distinguer du peuple ; j’appelle peuple tout ce qui pense bassement et communément : la Cour en est remplie » ; « Qu’est ce que des courtisans ? des glorieux qui font des bassesses et des mercenaires qui se font payer ». Une pensée pré-révolutionnaire. 179

Femme (Écrivaine. Lambert Madame de) (2) : Lu, la concernant : « Il est peu de femmes qui aient pris à cœur la cause des femmes avec autant d’ardeur que la marquise de Lambert. Quand Fénelon réclame en leur faveur, au nom de la famille, de la société et de la religion, sa réclamation ne trahit que l’émotion généreuse d’un philosophe et d’un chrétien. Cette émotion, chez Madame de Lambert, s’anime de toute la vivacité du sentiment personnel froissé. Sa dignité souffre à la pensée « qu’on ne travaille que pour les hommes, comme s’ils formaient une espèce à part, tandis que les femmes sont sacrifiées, abandonnées, réduites à néant : dans leur jeunesse, on ne les occupe à rien de solide ; au cours de la vie, elles ne peuvent se charger ni du soin de leur fortune, ni de la conduite de leurs affaires ; elles sont livrées sans défense au monde, aux préjugés, à l’ignorance, au plaisir ; il suffit qu’elles soient belles, on ne leur demande rien de plus : on les tient quittes de tout le reste. » Madame de Lambert ne se borne pas à établir uns fois ses griefs : il n’est pas un écrit où elle n’y revient : elle les développe, les retourne en tous les sens, les aiguise. Elle essaye bien par moment de rendre dédain pour dédain : « Après tout, les hommes auront beau faire, ils n’ôteront jamais aux femmes la gloire d’avoir formé ce que les temps passé ont compté de plus honnêtes gens » ; elle se répète » qu’il y a bien peu d’hommes qui soient en état de comprendre les femmes ». Mais cette vengeance intime ne la satisfait point. Une telle inégalité de condition - que la nature n’a point créé et qui est l’œuvre de la force - l’humilie et l’irrite. Elle crie à l’usurpation, à l’injustice : « Quelle tyrannie que celle des hommes ! Ils prétendent que nous ne fassions aucun usage de notre intelligence ni de nos sentiments : ils veulent que la bienséance soit aussi blessée quand nous ornons notre esprit que quand nous livrons notre cœur ; en vérité c’est étendre trop loin leurs droits. […] »180

Femme (Écrivaine. Malraux Clara) : Auteure de : « De retour à la maison, je dis à ma mère : ‘C’est agréable d’être intelligente, car on plait aux hommes intelligents’. Curieuse constatation qui ne trouve sa preuve qu’en soi, ma propre intelligence me portant garante de l’intelligence d’un autre. […]
Puis, peu de temps après cette première rencontre, elle poursuit ainsi :
Il (André Malraux) me parla de l’éternel féminin que je croyais réservé aux poèmes de Laforgue, il me révéla l’existence de la misogynie, révélation qui, je dois bien le reconnaître me porta un fier coup. Comment ce n’était pas en moi-même que j’étais jugée ? Je m’étais à peu près résignée à ce que ce fût, partiellement, en tant que juive, que demi-étrangère, mais quoi il me faudrait désormais tenir compte, par dessus le marché d’une sous-estimation de principe opérée par une moitié de l’humanité et que je devrais vaincre pour parvenir à l’égalité avec ceux-là peut être qui ne me valaient pas ? J’étais stupéfaite. Depuis peu, je me savais plus vivante, intellectuellement, que mon frère aîné, depuis longtemps plus intelligente que mon jeune frère. Et puis, il y avait cette sorte de privilège accordé aux filles de ma famille. Au demeurant, je n’avais qu’à regarder autour de moi pour constater que, vraiment, les femmes de mon entourage, étaient sinon plus intelligentes, du moins plus cultivées que leurs compagnons, absorbés, eux, par la nécessité de gagner de l’argent. […] » 181 Si juste…

Femme (Écrivaine. Marquise de Sablé) : Lettre à elle adressée par La Rochefoucauld : « Voilà encore une maxime que je vous envoie pour joindre aux autres. Je vous supplie de me mander votre sentiment des dernières que je vous ai envoyées. Vous ne pouvez pas les désapprouver toutes, car il y en a beaucoup de vous. » 182 Aveu d’emprunts ou de pillage ? Excessif, sans doute. Évoquons : de mutuels enrichissements ? (Cf. Académie française)

Femme (Écrivaine. Sévigné Madame de) : [1626-1696] La concernant, voici qu’en écrivait Madame de Genlis [1746-1830] : « Il n’est dans la langue française, qu’un seul ouvrage que l’on ait jamais critiqué et qui, sans exciter l’envie, ait dans tous les temps réuni tous les ouvrages, et cet ouvrage fut écrit par une femme. Les Lettres de Madame de Sévigné offrent toujours un modèle parfait du style épistolaire, et un modèle unique, non seulement par le naturel, la grâce, l’esprit, l’imagination et la sensibilité qui les rendent si brillantes et si supérieures à tout ce que l’on connaît dans ce genre, mais encore par l’intérêt qu’inspirent et la femme estimable et charmante qui les écrivit, et les temps qu’elle retrace et les personnages dont elle parle. » 183

Femme (Écrivaine. Pore[t]te Marguerite) : « Femme de lettre mystique et chrétienne, née vers 1250, brûlée le 1er juin 1310. […] Marguerite Porette, béguine, exprime son mysticisme dans un livre intitulé Mirouer des simples âmes anéanties. Il présente l'Amour de l'âme touchée par Dieu, et fait parler l'Amour et la Raison en des dialogues allégorique. Rapidement ce livre et sa doctrine feront scandale. Son procès fut conduit en faisant appel à une double consultation des universitaires parisiens. Une commission de théologiens se prononça sur une liste d'une quinzaine d'extraits que leur présenta l'inquisiteur, qui demanda parallèlement à un groupe de canonistes de se prononcer sur le comportement de Marguerite, qui devait être jugée relapse, pour avoir enfreint la première condamnation. Rassemblant ces deux expertise, Guillaume de Paris prononça simultanément la condamnation du livre et de son auteur. Remise au bras séculier, elle fut brûlée le 1er Juin 1310 en place de Grève à Paris. » (Wikipédia) 184

Femme (Écrivaine. Rochefort Christiane) : [1917-1998] Après lecture de son livre,  Quand tu vas chez les femmes 185, les liens, les différences avec Histoire d’O ne peuvent qu’être effectués. (Cf. Patriarcat. Littérature, Sciences sociales. Philosophie. Christiane Rochefort)

Femme (Écrivaine. Shelley Mary) : [1797-1851] Fille de Mary Wollstonecraft, morte à sa naissance, et de William Godwin ; épouse de Percy B. Shelley ; trois de ses quatre enfants étant morts jeunes]. Auteure de (en sus de Frankenstein…) : « La solitude a été la malédiction de mon existence. Qu’aurais-je fait si mon imagination n’avait pas été ma compagne ? […] Oh, mais pourtant mes rêves, mes chers rêves ensoleillés ! Ils ont peuplé le cimetière où j’ai été si jeune assignée à errer. » (2 décembre 1834) 186

Femme (Écrivaine. Staël, Madame de) : Auteure de : « […] Nous sommes assez esclaves sans river nous-mêmes nos fers. » Mais pourquoi cette assertion (parmi tant et tant d’autres) si forte, si puissante, si vraie, si fondamentale ne nous a t-elle jamais été transmise ? 187

Femme (Écrivaine. Tsvetaieva Marina) : Auteure de « Je refuse de vivre comme les loups. » 188
- Voici par ailleurs l’analyse de Janna Ivina la concernant : « Tsvetaieva a enduré jusqu’au bout ce vide immense, cette crispation immobile, celle absence de stimulation, et elle a dû boire jusqu’à la lie la coupe inépuisable du quotidien. Elle, que l’on qualifie de ‘poète important de son époque’ a passé sa vie, comme mille autres femmes, à faire la soupe, à raccommoder des chaussettes, à élever ses enfants. Ni le mariage, ni le ‘milieu littéraire’ n’ont pu lui épargner cette pesanteur des tâches. La société et la famille exigeaient d’elle qu’elle s’y consacre avant tout, comme toutes les femmes. Le poète qui était en elle a dû se frayer une voie vers la lumière comme un arbre dans le bitume. Si je raconte cette vie de Tsvetaieva, ce n’est pas pour m’en servir de prétexte afin de faire des reproches aux femmes que des conditions de vie aussi insoutenables empêchent de réaliser leurs potentialités créatrices ; c’est bien plutôt pour que cet exemple (exemple unique ‘envers et contre tous’) attire l’attention et la sympathie des maris et de la société….Le destin tragique de Marina Tsvetaieva n’est qu’une preuve des capacités inouïes que peut recéler une femme, et non une dénonciation des insuffisances féminines. » 189 (Cf. Vie -dite-privée)

IV. Femme (Épouse de) :

Femmes (Épouse de. Agacinski Sylviane) : Épouse de Lionel Jospin, alors Premier ministre, auteure de : « Quant à profiter de l’intimité, pour faire passer mes idées, ce n’est vraiment pas mon style. Sur aucun de sujets que l’on cite généralement, je n’ai développé ma position dans l’espoir de faire changer mon mari d’avis. Je crois que les femmes ne peuvent pas jouer sur tous les tableaux ; avoir une activité propre et entretenir un pouvoir occulte. La modernité, ce n’est pas d’être épouse. C’est d’être femme et citoyenne. » 190Des effets nécessairement erronés de la définition de soi en fonction des pseudo statuts des femmes.

Femme (Épouse de. Agutte Georgette) : [1867-1922] Peintre et sculptrice, épouse de Marcel Sembat. Après sa mort brutale, elle se suicida, après avoir écrit sur un billet : « […] Je sais que je ne peux vivre sans lui. Voilà douze heures qu’il est parti. Je suis en retard.» 191

Femme (Épouse de. Beuve-Méry Hubert. Prénom inconnu) :Lu dans sa nécrologie, en 1997 (date exacte non retrouvée), dans Le Monde : «Je n’ai pas eu de mari, mes enfants n’ont pas eu de père, mais Le Monde a eu un directeur. » 192
* Ajout. 2 décembre 2016. Pour Françoise Giroud, « cette phrase fut probablement inventé, de toutes pièces, par l’un des journalistes de Beuve. » 193 L’a t-elle dite, écrite ? Leurs enfants pourraient le confirmer ou l’infirmer.

Femme (Épouse de. Bloy Anne-Marie) : Auteure de : « Après Dieu, c’est à Léon Bloy que je dois le bonheur inouï d’appartenir à l’Eglise catholique romaine. (…) » 194

Femme (Épouse de. Brossolette Gilberte) : Gilberte Brossolette [1905-2004], résistante, députée à l’assemble Constituante, sénatrice, vice présidente du Sénat de 1946 à 1954, épouse, puis veuve de Pierre Brossolette, résistant [1903-1944], auteure de : « […] J’étais très bien accueillie par les hommes. J’étais la veuve de Pierre, ils avaient tous beaucoup de respect, ils projetaient sur moi l’admiration qu’ils avaient pour Pierre. J’étais en quelques sorte l’émanation de Pierre. » Suivi de (concernant les femmes députées à la Libération) : « Il y avait la veuve de Machin, la veuve de Truc, les communistes surtout ont su jouer de cette fibre-là et très peu de femmes avaient su professer leur indépendance. » 195

Femme (Épouse de. Chirac Bernadette) : Auteure de : « […] Si je l’avais écouté (son mari), je n’aurais jamais rien fait ! » Et de : […] « Je me suis constamment ajustée à ce qu’il pouvait souhaiter de la part de son épouse. » Et aussi de : […] « Chez les crocodiles, les femelles montent la garde cependant que les mâles restent disponibles pour attaquer. Et c’est tout à fait symbolique de notre vie de couple ». 196 Approprié ?

Femme (Épouse de. Dreyfus Lucie) : [Éléments de lettres adressées à son mari, Alfred] :
- 23 décembre 1894 : « Quel malheur, quelle torture, quelle ignominie ! Nous en sommes tous terrifiés, anéantis. Je sais comme tu es courageux, je t’admire. Tu est un malheureux martyr. Je t’en supplie, supporte encore vaillamment ces nouvelles tortures. Notre vie, notre fortune à tous sera sacrifiée à la recherche des coupables. Nous les trouverons, il le faut. Tu seras réhabilité. »
- 26 décembre 1894 : […] « Je te demande un immense sacrifice,  celui de vivre pour moi, pour nos enfants, de lutter jusqu’à la réhabilitation. »
- 31 décembre 1894 : […] Supporte vaillamment cette triste cérémonie [la dégradation], relève la tête et crie ton innocence, ton martyre à la face de tes exécuteurs. »
- 13 janvier 1895 : […] « Je suis fière de porter ton nom. » […]
- 22 janvier 1895 : Elle évoque « les efforts surhumains que nous faisons pour trouver dans notre pauvre intelligence la clé de l’énigme. » […]
- 27 janvier 1895 : « […] Nous n’aurons le droit de mourir que lorsque notre tâche sera accomplie, lorsque notre nom sera lavé de cette souillure. » […]
- 16 mars 1897 : «  […] Puisque nous sommes malheureusement appelés à remplir un devoir sacré par respect pour notre nom, pour celui que porte nos enfants, élevons nous à la hauteur de notre mission et ne nous abaissons pas à envisager toutes ces misères. Si nous sommes anéantis par la chagrin, ayons au moins la satisfaction du devoir accompli, raidissons nous dans la tranquillité de notre conscience, et gardons toute notre énergie, toute notre force à mener à bien notre réhabilitation. » […]  
- Dreyfus sera réhabilité le 22 juillet 1906. 197

Femme (Épouse de. Freud Martha) : [1861-1951] Lu dans un livre consacré à l’épouse de Freud (sans source citée) : « Elle ressent douloureusement le fait que son mari ait laissé quatre sœurs sous la menace nazie : Dolfi, Mitzi. Paula et Rosa. Elle ignore bien sûr que toutes quatre périront en déportation ; malgré les efforts de Marie Bonaparte pour les faire sortir d’Autriche. Seule l’ainée, Anna… survivra à l’holocauste. » 198
- Et lui, leur frère, qu’a t-il « ressenti »?
* Enfin, Freud, délicat, écrivit : « Le destin m’a été bon qui m’a octroyé la présence d’une telle femme. Je parle d’Anna (sa fille), bien sûr. » (Cf. Psychanalyse, Sigmund Freud)

Femme (Épouse de. De Galese Marie de) : [Épouse de Gabriel d’Annunzio] Auteure de (au terme de sa vie) : « Lorsque j’ai épousé mon mari, j’ai cru épouser la poésie. J’aurais mieux fait d’acheter pour trois francs cinquante, chacun des volume de vers qu’il a publiés ». Auteure aussi de : « Si je lui ai fait, lorsque nous nous sommes rencontrés, une grande impression, c’est qu’avant moi, il n’avait connu que des femmes à cinq francs ». 199 (Cf. Proxénétisme)

Femme (Épouse de. Gramsci Iulca, Giulia, Julca) : Antonio Gramsci écrivit, Le 27 février 1933, à sa belle sœur, Tania, la sœur de son épouse, ceci : « […] Tu connais ma façon de penser : ce qui est écrit acquiert une valeur « morale » et pratique, laquelle va bien au delà du simple fait d’être écrit, qui n’est cependant qu’une chose purement matérielle….Ma conclusion, pour résumer est la suivante : j’ai été condamné le 4 juin 1928 - mais il fut arrêté le 8 novembre 1926 - par le Tribunal spécial, c’est à dire par un collège bien défini d’hommes que l’on pourrait indiquer par leur nom, leur adresse et leur profession dans la vie civile. Mais cela est une erreur. Ce qui m’a condamné c’est un organisme beaucoup plus vaste, dont le Tribunal spécial n’a été que la manifestation extérieure et matérielle, qui a rédigé l’acte de condamnation légal. Je dois dire que parmi ces « condamnateurs », je crois et je suis même fermement convaincu qu’il y a eu aussi Iulca, inconsciemment , et une autre série de personnes moins inconscientes. C’est du moins ma conviction, une conviction désormais ancrée en moi parce que c’est la seule qui explique une série de faits successifs et concordants. […] Ne vas pas croire que mon affection pour Iulca ait diminué. D’après ce que je peux en juger moi-même, elle me paraît avoir plutôt augmenté, du moins dans un certain sens. Je connais par expérience le milieu où elle vit, sa sensibilité et la façon dont un changement a pu intervenir en elle. […] Il m’est arrivé de penser que toute ma vie a été une grande (grande pour moi) erreur, une énorme bévue. […] » 200 L’épouse de Gramsci résidait en Russie où il se sont connus. Elle n’est revenue en Italie qu’une seule fois avec leur premier fils en 1925, puis repartit en Russie. Depuis la condamnation de son mari, ni elle, ni ses enfants n’ont revu leur mari et père, avant sa mort, en mai 1937. Il a pour sa part maintenu le contact pendant toutes ces années avec beaucoup de recherches de vérités, et d’élégance. Quel rôle a joué la Russie soviétique, puis stalinienne ? Les historien-nes italien-nes ont sûrement la réponse. En tout état de cause, l’explication donnée par Sergi Caprioglio qui a co-traduit et présenté les Lettres de prison, n’est pas, en l’état, acceptable. « Elle rentra à Moscou en 1926 (à quelle date ?) et fut atteinte d’une grave maladie nerveuse qui l’empêcha de retourner en Italie pour revoir son mari. » (p.10)

Femme (Épouse de. Hitchcock Alma) : Alma Revile [1899-1989], scénariste, monteuse, assistante - elle travaillait dans le cinéma bien avant de connaître Alfred Hitchcock, et alors qu’il n’était qu’au début de sa carrière. Il déclara après leur mariage : « En bon Britannique, je ne pouvais pas supporter l'idée qu'une femme occupe des fonctions supérieures aux miennes». Lorsqu’il reçu un prix pour l’ensemble de son œuvre, il a tenu à mentionner «quatre personnes» particulièrement précieuses pour lui : «La première est monteuse, la deuxième scénariste, la troisième est la mère de ma fille, Pat, et la quatrième est une merveilleuse cuisinière qui fait toujours des miracles. Elles se nomment Alma Reville. » 201 On lit dans Wikipédia qu’elle « apparaît aux génériques des films de son mari, et à l’occasion d’autres réalisateurs », qu’elle est « la scénariste attitrée de plusieurs œuvres de son mari » mais, après Le grand alibi [1950] « elle ne sera plus créditée au générique des films qu’il réalise. » Dans le film Truffaut-Hitchcock, on entend : «  Hitchcock n’a jamais fait un film sans consulter sa femme.» 202 Qui saura jamais ce que les films d’Hitchcock lui doivent ?

Femme (Épouse de. Jaurès Louise) : L’assassin de Jean Jaurès, Raoul Villain, ayant été acquitté, le 29 mars 1919 - une honte indélébile (parmi tant d‘autres…) pour la justice française - « Madame Jaurès, partie civile, est condamnée aux dépends » 203 et donc à payer les frais du procès. Faut-il rappeler qu’elle n’était pas, à l’époque, citoyenne française et qu’elle n’avait pas le droit d’ester en justice? (Cf. Justice. Patriarcat)

Femme (Épouse de. Kroupskaïa Nadejda) : [Épouse de Lénine.1869-1939] «Ses cendres reposent à Moscou, au pied du Kremlin, sur la place Rouge, à côté du mausolée de Lénine. » 204 Selon que vous serez mari ou femme…
* Ajout. 16 juin 2015. Dans son livre Souvenirs sur Lénine, la nature de leurs relations est à peine évoquée. 205
* Ajout. 19 juin 2015. Auteure, le 14 octobre 1898, dans une lettre adressée à la mère de Lénine, Maria Alexandrovna Oulianova, de : « Volodia (Lénine) se demande toujours où je trouve la matière pour d’aussi longues lettres ; mais lui, dans ses lettres, ne parle que de choses ayant un intérêt pour toute l’humanité, tandis que moi je raconte toutes choses sans importance. »206 

Femme (Épouse de. Littré Pauline) : Sait-on que l’immense travail effectué par Émile Littré concernant son magistral dictionnaire, le fut aussi avec l’aide de son épouse et de sa fille Sophie ? 207 On lit, signée de lui, la lettre suivante [juillet 1854] après que M. Hachette lui ai proposé d’« accepter un ou plusieurs associés qui soulagerait le poids d’une aussi lourde tâche » : « Mon cher Hachette, J’ai, comme tu le penses bien, beaucoup réfléchi à ce dont nous avons parlé à Plessis-Piquet […] Or, le résultat de toutes mes réflexions a été que le secours que tu mets à ma disposition ne peut pas m’être fort utile tel qu’il se présente d’après notre conversation avec M. Beaujon. Il n’a peut être pas tout le temps nécessaire à me donner ; mais surtout j’ai besoin de quelqu’un qui soit perpétuellement à ma disposition et dont je puisse user sans aucun scrupule pour toute sorte de menus détails. Or, avec la personne  que j’ai vue chez toi, je n’aurais ni ces facilités, ni cette liberté. Si ce travail lui offrait de l’intérêt en quelques parties, en d’autres, ce ne serait qu’affaire de manœuvre. Je reviens donc à la proposition dont je t’ai parlé. Ma femme et ma fille sont disposées à m’aider dans ce travail qui ne leur déplait pas. Elles pourront me donner chacune deux heures et demi à trois heures, ce qui fera six heures par jour. Cela, je crois est suffisant. Tu mettrais un millier de francs à ma disposition par an pour le temps que durera l’impression ; et je t’en rendrai compte. Dans tous les cas, si, après essai, la chose n’allait pas, nous seront toujours à temps de recourir à une aide extérieure. […] ton vieil ami. E. Littré »
« Finalement Littré dû céder (à l’insistance de Hachette). Hachette accepta de payer 1.220 francs pour l’aide de Madame  et mademoiselle Littré. Mais trois collaborateurs ; Beaujon, Jullien et Sommers furent engagés ». O peut noter que la paragraphe dans le quel j’ai puisé ces informations s’intitule : La passion du travail solitaire.

Femme (Épouse de. Marie-Amélie de Bourbon-Siciles) :[1782-1865]Épouse de Louis Philippe. Alors que celui-ci, au troisième jour de la Révolution de 1848, le 24 février, alors qu’il y avait déjà de nombreux morts, que le Palais des Tuileries ne pouvait plus être défendu, qu’il était abandonné des derniers politiques qui l’entouraient, rédigeait son acte d’abdication, son épouse, son dernier soutien avec un dénommé M. Piscatory, dit : « Vous ne connaissez pas le roi, c’est le plus honnête homme du royaume ». 208  

Femme (Épouse de. Megret Catherine) : Épouse de Bruno Mégret, nouvellement élue Front National à la Mairie de Vitrolles, en 1997, sa première phrase fut : « Je voudrais souligner combien notre victoire est d’abord celle de mon mari. ». Ce qui en l’occurrence est vrai : Bruno Mégret frappé d’inéligibilité, a, en son lieu et place « fait élire sa femme ».
Il n’est pas inintéressant de se remémorer que, deux ans après, en 1999, pour barrer la voie au dit Bruno Mégret, N° 2 du parti, Jean Marie Le Pen avait déclaré, à son tour, que s’il était déclaré inéligible, il ferait conduire la liste FN aux élections européennes par nouvelle épouse Jany Le Pen, qui incidemment avait déclaré qu’elle était « parfaitement ignare en politique ». (Cf. Politique. Front National)

Femme (Épouse de. Michelet Athénaïs) : [1826-1899] Concernant son grand homme de mari, auteure de : « […] J’étais tout pour lui, et lui, tout pour moi, oh, nous nous sommes bien aimés, mais il y avait dans mon amour beaucoup de maternité. L’homme a besoin de retrouver dans l’épouse les soins de la mère qui a ouaté de tendresses douces l’enfance, endormi les douleurs sous ses baisers, séché ses pleurs sous ses caresses. Que de fois, je me suis surprise appelant Michelet : « mon fils, mon enfant » et dans ces moments là, il me semblait vraiment qu’il était l’être de ma chair, le petit sorti de mes entrailles. Les étrangers étaient étonnés, et des yeux cherchaient le fils, l’enfant à qui je m’adressais. » La même écrivait aussi : « Je ne suis que par lui, je ne vis que pour lui, rien de ce qui n’est Lui ne me touche. » 209
- Ses Mémoires d’une enfant « mal aimée est un témoignage rare - bouleversant - sur la solitude et les angoisses de l’enfance. » 210

Femme (Épouse de. Pompidou Claude) : [1912-2007] Auteure de : « […] Pour moi, je m’adaptais. J’ai toujours fait une confiance absolue à mon mari et je n’ai jamais discuté ses choix, ni ses décisions même si je n’étais pas toujours emballée. » Et de : « De toutes manières, il s’agissait de son choix et il ne m’appartenait pas de m’en mêler. Je peux être aussi soumise qu’indépendante, disons… une indépendante soumise ! Et en cette circonstance [nomination de son mari à la Banque Rothschild], et comme toujours, je lui fis confiance. » 211  

Femme (Épouse de. Pasteur Louis (Prénom non connu) : Pour le biographe de Louis Pasteur, René Vallery-Radot, « Madame Pasteur sut, dès les premiers jours, non seulement admettre, mais approuver que le laboratoire passât avant tout. » 212

Femme (Épouse de. Quinet Hermione) : (1869) Auteure de : « Heureuse de me rendre utile aux travaux de mon mari, écrivant pour lui toute la journée dans une petite chambre au-dessus de la sienne, vers deux heures, j’entendais le bruit de ses pas ; c’était le signal de la réunion. Puis, après la visite des amis, la promenade, on se retrouvait seuls, au coin du feu. […] Maint disciple fidèle enviait celle qui entendait chaque soir dans l’intimité ces paroles qui ne retentissaient plus devant l’auditoire du Collège de France, ni à la tribune. Ah ! du moins, elle les conservait religieusement. Comme l’abeille qui dépose le miel des fleurs dans l’alvéole, chaque jour, la compagne de l’exil renfermait dans une page intime les pensées recueillies dans les entretiens du maître chéri. Depuis 17 ans, j’amasse pieusement ces pensées, pour les restituer un jour aux amis lointains, surtout pour en nourrir éternellement mon âme. Si je n’ai pu conserver à ces entretiens leur forme, les mots textuels, du moins suis-je sûre d’en avoir gardé le véritable esprit, l’inspiration. […] Renfermant mon horizon dans la pensée et les travaux de mon mari, l’exil ne me paraissait nullement comme une épreuve ; la vie n’était pas une science, mais une félicité. […] Je n’étais nullement pressée de voir terminer une œuvre à qui nous devions tant de nobles illusions à défaut de bonheur public. Assez de luttes et d’âpres pensées venaient arracher l’auteur à cet abri de paix. Mon humble tâche consistait à mettre au net les chapitres achevés, et quand j’avais rempli chaque matin de mon écriture une vingtaine de pages, mon esprit et mon cœur étaient pleins de délices ; je me réjouissais en songeant que le lendemain serait un jour semblable. […] Cette vie active et idéale était mon bonheur. Marchant sur les traces du guide, le disciple glanait les épis qu’on lui abandonnait. Une tâche chérie lui était réservée. Le maître lui demandait son appréciation sur chacun des livres dans des notes critiques. […] Aux fonctions de critique et de secrétaire, se joignent celle de copiste. Vivant si loin de l’imprimerie, ne recevant qu’une seule épreuve ou deux tout au plus, l’auteur est tenu d’envoyer un manuscrit irréprochable. [...] En prévision de la perte d’un manuscrit envoyé à paris, il faut le plus souvent double copie. Si on s’amusait à additionner les milliers de pages recopiées depuis seize ans pour chacun des vingt ouvrages publiées en exil, on arriverait à consommation formidable de bouteilles d’encre et de rames de papier, ou plutôt de ballots. […] Je reçus une lettre où l’on me demandait une biographie d’Edgar Quinet, des notes sur ses ouvrages ; on préférait s’adresser à moi, sachant qu’il éprouvait une grande répugnance à parler de lui-même. Dans la situation faite aux proscrits, j’ai cru qu’il m’était permis de résumer les livres et la vie de mon mari. Vraiment, il est trop dur de brimer toujours son cœur et sa pensée. Voilà pourquoi aujourd’hui encore j’écris ces pages, comme si elles ne paraissaient pas de mon vivant. L’exil n’est-il pas frère de la mort ? […] Les œuvres complètes de mon mari étaient enfin réimprimées. Je les avais maintenant sous les yeux, rangés sur ma petite table ; c’était ma bibliothèque à moi, mes auteurs favoris, le trésor et l’ornement de mon sanctuaire. Aujourd’hui encore, en les regardant, une pensée m’attriste ; la dirais-je à haute voix ? (mêmes nos bienveillants amis vont sourire) ‘O mes livres chéris ! que ne puis-je vous emporter avec moi au delà de cette vie !’». 213

Femme (Épouse de. Reagan Nancy) : [1921-1989] Auteure de : « Ronnie est un homme affable et sociable qui a plaisir à se trouver avec des gens mais, contrairement à la plupart d’entre nous, leur compagnie ou leur approbation ne lui sont pas indispensables. Comme il me l’a dit lui-même, il semble n’avoir besoin que d’une personne : moi. » 214  

Femme (Épouse de. Roland Madame) : La concernant, le Comte Beugnot écrivit (1793) : « Elle me disait, en me parlant de l’union des cœurs vertueux, en vantant l’énergie qu’elle inspire : ‘La froideur des Français m’étonne. Si j’avais été libre et qu’on eût conduit mon mari au supplice, je me serais poignardée aux pieds de l’échafaud ; et je suis persuadée que, quand Roland apprendre ma mort, il se percera le cœur’. Elle ne se trompait pas. » (Note : Madame Roland fut guillotinée le 8 novembre 1793 ; son mari, alors en liberté près de Rouen, se suicida le 10 novembre). 215 (Cf. « Sciences » sociales. Histoire ; Révolution française. Roland (Madame)

Femme (Épouse de. Rolland Romain) : Maria Koudatchev [1895-1985] épouse de Romain Rolland, après son remariage, en 1935, fut, selon Victor Serge, une agente du Guépéou. 216

Femme (Épouse de. Tocqueville Marie de) : Alors qu’elle était souvent ‘trompée’ par son mari, Alexis, et qu’elle était profondément bouleversée de ses infidélités, Louis de Kergolay, l’un des meilleurs amis de son mari, accepta de jouer le rôle d’intermédiaire. Il tenta de lui prêcher l’indulgence, avec cet argument : « Vous raisonnez sur les mœurs des hommes avec les sensations d’une femme. » 217 Certes…Mais comment faire ? (Cf. Politique. État, Loi, Morale, Patriarcat, Tocqueville (Alexis) de, Vie-dite-privée)  

Femme (Épouse de. Tolstoï Sophie) : [1844-1919] Il aura fallu, en France, attendre 1980 pour la publication de son Journal intime, 2010 pour celle de : Ma vie, pour enfin connaître cette femme exceptionnelle et détruire les mensongères accusations dont elle a été, toute sa vie et bien après sa mort, l’objet. Soit environ un siècle. Le prix à payer pour que soient connues les femmes dont la vie détruise le mythe des « grands hommes » ? 218

Femme (Épouse de. Trotsky. Natalia Ivanova) : En janvier 1942, après l’assassinat de Trotsky (le 21 août 1940), Victor Serge, rencontre Natalia Ivanovna : « pauvre femme, toute menue, vêtue de laine grise dont la souffrance a ravagé le visage. Elle semble tout le temps sur le point d’éclater en sanglots, mais les sanglots même de sont éteints, elle vit ainsi – ombre. Elle a un très bon regard, on la sent très droite et très bonne. » Puis, il évoque des désaccords politiques entre eux et écrit : «  Nous aurions trop à répondre et il est évident que, fidèle à la mémoire du Vieux (Trotsky) jusque dans l’erreur, cela ne servirait qu’à la peiner. […] » Il conclut enfin : «  Nous nous quittons amicalement, sans pouvoir conclure. Nous avons passé une triste heure de crépuscule à discuter avec l’ombre inquiétante du Vieux. » On lit plus loin l’appréciation qu’Alice Rühle [1894-1943. Épouse d‘Otto Rühle. Psychanalyste adlérienne, écrivaine et militante féministe] porte sur elle, à savoir qu’elle lui « trouve meilleure mine maintenant que du vivant de Vieux » mais aussi « qu’elle était totalement  inhibée par la puissante personnalité du Vieux. Silencieuse, effacée, n’intervenant jamais en rien… Elle est beaucoup plus vivante aujourd’hui. » […] 219  

V. Femme (Mère) :  

Femme (Mère) (1) : Un enfant « placé » entendit de sa mère déclarer avant sa décision (pour la justifier) : « L’assistance publique n’est pas faite pour les chiens. » 220

Femme (Mère) (2) : Il y a tant de mères qui n’aiment pas leurs enfants, ou l’un-e ou l’autre plus particulièrement ; tant de mères dont les enfants ne comblement pas leur vie et/ou ont brisé leurs espoirs de vie ; tant de mères qui sont d’abord et avant tout épouses, amantes ; tant de mères qui transfèrent sur leurs enfants, l’image détestée du père ; tant de mères, qui, plus largement, ne peuvent construire la place d’un-e autre dans leur vie ; tant de mères enfin qui le sont devenues sans même comprendre ni comment, ni pourquoi, et - la norme - qui n’avaient aucune conscience des conséquences ; tant de mères qui ne peuvent l’être « n’ayant jamais été enfant » 221… Constat, dont les effets ravageurs seraient sans aucun doute moindres si l’imposition de la norme jamais définie (et pour cause) : « être une bonne mère » - qui libérerait l’inconscient, la parole, le vécu si souvent insupportables - était moins écrasante, moins étouffante, moins invivable. (Cf. Homme. Père, Famille. Mère)

Femme (Mère. Agrippine) : Agrippine, auteure de : « Qu’il [son fils, Néron] me tue, pourvu qu’il règne222 Ce qu’il fit.

Femme (Mère. D’Agout Marie) : Auteure de : « Je ne voulais pas éloigner de moi les enfants qui m’étaient nés (hors mariage) dans des conditions où, selon la loi française, je ne pouvais rien être pour eux. Ni mon nom n’avait pu leur être donnés, ni ma fortune ne devait leur appartenir ; d’autant plus tenais-je à leur garder toute ma tendresse et à ne jamais paraître désavouer une maternité contre la quelle conjuraient ensemble toutes les sévérités de la loi et de l’opinion. » Ses trois enfants, qui lui furent « ôtés brutalement » s’appelaient Blandine Listz, Cosima Listz et Daniel Listz. Il importe aussi de noter que lorsqu’elle a quitté son mari (avec lequel elle avait eu deux enfants dont l’une été décédée) pour vivre avec Listz, elle « perdait tous ses droits maternels » et donc la garde de Claire Christine d’Agoult.  223 

Femme (Mère. Monica. Sainte Monique) : [331-387] Monica, mère de Saint Augustin, auteure de : « Mon fils, pour moi, plus rien n’a de charme dans cette vie. Que pourrais-je encore faire ici-bas ? Pourquoi y suis-je encore ? Je n’ai plus rien à attendre de ce siècle. Une seule chose me fait désirer m’attarder encore dans cette vine : te voir chrétien catholique avant ma mort. Dieu me l’a accordé avec surabondance : tu es allé jusqu’à mépriser les félicités de la terre, et je te vois devenu son serviteur. Que fais-je donc ici ? » 224 Deux semaines plus tard, à 65 ans, elle mourut. (Cf. Famille. Mariage)

Femme (Mère. Thérèse Levasseur) :[1721-1801] Épouse de Jean-Jacques Rousseau (mariage le 11 septembre 1768) avec laquelle il vécut pendant 22 ans et demi. De tous ceux et celles qui ont débattu de l’abandon par Rousseau de ses cinq enfants aux enfants-trouvés, la seule qui n’eut jamais la parole, ou plus exactement dont l’histoire n’a pas retenu ni ses sentiments, ni ses propres dires fut leur mère. Quant à Rousseau qui en parle amplement dans ses Confessions 225, en des termes fort contradictoires (il évoque notamment « sa faute [qui est] grande» (p.358), il ne parle, sur ce sujet, de Thérèse Levasseur qu’en ces termes : « Mon troisième enfant fut donc mis aux enfants-trouvés, ainsi que les premiers, et il en fut de même des deux suivants. Cet arrangement me parut si bon si sensé, si légitime que si je ne m’en vantai pas ouvertement, ce fut uniquement par égard pour la mère […] » (p.357).
- On peut noter qu’il précise qu’elle a été « longtemps battue par ses frères, par ses sœurs, même par ses nièces » (p.340). 226 On peut dès lors sans crainte de se tromper qu’elle le fut aussi par ses parents.
- On peut aussi noter que Rousseau parle des « entrailles de père » [« qui ne sauraient parler bien puissamment pour des enfants qu’on n’a jamais vu » ] (p.359)  

Femme (Mère. Oldenbourg  Zoe) : [1916-2002] Auteure de : « Que l’on ne croit pas qu’une femme, fût-elle la meilleure des mères, peut se consoler de son échec personnel en se réjouissant des succès de ses enfants. [Mais un enfant qui réussit, c’est tout de même mieux que rien.227

Femme (Mère. Sand George) : [1804-1876] « Ce qui m’a fait vouloir et accomplir cette immolation anticipée à ma vie de femme, c’est l’amour maternel ». Pour comprendre partiellement ce qu’elle entendait par ce constat, mais aussi savoir comment ne pas élever une fille, lire la longue lettre de George Sand à Emmanuel Arago le 26 juillet 1847, véritable scalpel acéré dans sa ‘vie de famille’…
- La réponse que lui a faite Arago ne manque ni de justesse, ni de courage : « Tu manquerais à tes devoirs si tu te laissais être mère quand tu dois être juge. » 228 (Cf. Homme. Père, Famille. Mère)

Femme (Mères. Sœur Emmanuelle) :[1908-2008] [Concernant les « chiffonnières » des bidonvilles du Caire, avec qui elle a vécu et pour lesquel-les elle a mis en ouvre de nombreuses actions] Auteure de : « À mes yeux de Française, mes sœurs chiffonnières sont de misérables esclaves. J’essaie de toutes mes forces de hâter leur libération. Il me paraît essentiel qu’elles ne soient pas enceintes tous les dix ou douze mois. Ces grossesses répétées les vieillissent en effet prématurément. À  quarante ans ce sont de vieilles grands mères. Cependant j’ai dû reconnaître au fil des jours que la plupart sont loin d’être malheureuses. Elles rayonnent même d’une plus grande joie que leurs sœurs d’Europe ou d’Outre-Atlantique. La maternité ininterrompue coule comme une source de nature qui les épanouit au plus secret de l’être. Elles sont comblées par cela qui représente à leurs yeux le sens de la vie. Heureusement qu’elles ont cela, car elles n’ont rien d’autre. […] La racine de leur bien être sa cacherait-elle au creux de leurs entrailles ? Chercherais-je alors à tarir leur principale cause de joie ? Attention, il y a la mère, mais il y a l’enfant. Ils sont, eux, les victimes de des familles trop nombreuses. […] » 229

Femme (Mère. Eichmann Adolf) :Joseph Kessel invité, à son retour de Jérusalem, du procès Eichmann, à qui l’on demandait ce qu’il avait pensé du « monstre », répondit : « Je pense qu’il n’a pas été suffisamment aimé par sa mère. » 230 Le père ? Le Nazisme ? (Cf. Enfant. Miller Alice)

VI. Femme (Nom) :

Femme (Nom) : Perdre son nom - élément majeur définissant l’identité d’une personne - (à son mariage), c’est perdre une partie de soi-même. 231 Devrait être strictement, formellement interdit.
* Pour être honnête, lorsque je me suis mariée, j’avais hâte de changer de nom. Pour changer de statut ? Pour affirmer une décision ? En tant que rite de passage ? Par conservatisme ? par aliénation ? Ou, plutôt, pour tout cela à la fois.

Femme (Nom. Agoult Marie d’ / Daniel Stern) : Lu dans ses Mémoires, comment marie d’Agoult en vint à prendre le pseudonyme de Daniel Stern : Émile de Girardin, directeur de La Presse, souhaite publier ses écrits. Un jour, l’un d’entre eux lui plut, il le prend et lui dit : «Vous n’avez pas signé me dit Monsieur de Girardin. – Mais non – Il faut signer – Je ne peux pas – Pourquoi ? – Je ne peux pas disposer d’un nom qui ne m’appartient pas à moi seule ;  je ne veux pas demander d’autorisation. Si je dois être critiquée dans les journaux, je veux que personne ne soit engagé d’honneur à me défendre – C’est juste, s’écria Monsieur de Girardin. Eh bien alors prenez un pseudonyme. – Lequel ? – Essayez un nom. […]» Et puis, elle raconte comment elle en vint à choisir Daniel Stern. 232 Autrement plus complexe que les analyses traditionnelles en la matière...

Femme (Nom. Girardin Delphine de) : [1804-1855] Elle a écrit sous les pseudonymes suivants : Vicomte Charles Delaunay, Charles de Launay, Vicomte de Launay, Léo Lespès, Léa Sepsel. (Wikipédia)

Femme (Nom. Goebbels Maria) : Magda Goebbels s’est successivement appelée [ou plutôt aurait pu s’appeler] Magada Behrend (nom de son grand père paternel et donc celui de sa mère, celle ci ayant été mère sans être mariée), puis Magda Friedländer (nom du mari de sa mère) puis Magda Ritschel (nom de son père biologique qui l’avait ultérieurement « reconnue »), puis Magda Quandt (nom de son premier mari), puis Maria Goebbels (nom de son deuxième mari, dont elle avait souhaité en vain divorcer). 233

Femmes (Nom. Malher Alma) : Et enfin, que dire du nom de celle connue sous le nom d’Alma Malher ? Elle est née sous le nom d’Alma Schindler, puis épousa Malher et après sa mort, Walter Gropius et Franz Werfel. Et, pourquoi, en l’occurrence, ne pas évoquer celui de ses amants ?

Femme (Nom. Mitterrand Danielle) : Madame Danielle Mitterrand (qui, du fait de son mariage, avait perdu son propre nom : Danielle Gouze), décide de créer, après que son mari ait été son élu Président de la République, une fondation qu’elle veut intituler : Frances-Libertés, Fondation Danielle Mitterrand. Raphaël Doueb, secrétaire de l’association, celui qu’elle considère comme son ‘conseiller’ lui répond : «  Encore faut-il que le président soit d’accord pour que vous utilisiez son nom ». Puis après avoir laissé planer le doute, ce dernier répond : « C’est convenu, cette fondation portera notre nom [et je contribuerait personnellement à la constitution du capital.] Il importe de noter que c’est à François Mitterrand, dans une lettre qui lui fut transmise par Danielle Mitterrand, que Raphaël Doueb, après un « incident » (fin 1989) adressa sa démission [que le Président refusa]. 234 En résumé, en se mariant, elle a perdu son nom, s’y est substitué celui de son mari, censé être le sien, mais qui ne le fut jamais en bien propre. Il est vrai aussi que cette Fondation n’eut sans doute pas existé si elle n’avait pas épousé son mari…et prit son nom…

Femme (Nom. Sade) : On lit, dans Sade, concernant une femme, nommée « La Duclos » ou « Duclos », laquelle raconte sa vie dans un bordel : […] « Telle est l’origine, Messieurs, qui me valu le nom de Duclos : il était d’usage que chaque fille adoptait le nom du premier avec qui elle avait eu affaire, et je me soumis à leur mode. » 235 (Cf. Proxénétisme)

Femme (Nom. Stein Édith) :[1891-1942] Devenue Carmélite en 1933, elle fut renommée du fait de son entrée en religion Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Tout en prenant en compte la diversité de ses interlocuteurs / trices (religieux, laïcs, personnels, intellectuels, familiaux, institutionnels, hommes et femmes), du fait des précautions à prendre par rapport aux persécutions antisémites nazis, à la lecture de sa signature depuis sont entrée au Carmel, j’ai ressenti un certain malaise. On lit : (le plus fréquent) Votre sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd (ocd signifiant : ordre des carmes déchaux) Mais on lit aussi :Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte  de la Croix ocd ; Votre Sœur Bénédicte ; Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre T[hérèse] B[énédicte de la C[roix] ; Votre très petite sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte  de la Croix ; Votre sœur Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre très petite sœur B[énédicte] ; Votre très petite soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre très petite sœur reconnaissante T[hérèse] B[énédicte de la] C[croix] ; Votre Édith ;  Votre B[énédicte] ; Votre sœur Bénédicte ; Votre cousine sœur Thérèse-Bénédicte ; Votre tante sœur T[hérèse] Bénédicte ; Ta sœur T[hérèse] ; Ta tante sœur Bénédicte ; Ta sœur T[hérèse] B[énédicte de la] C[roix] ; Ta tante Édith ; Ta soeur T[hérèse] Bénédicte de la Croix. ocd ; Votre très petite sœur B[énédicte] ; Ton Édith, alias sœur Bénédicte ; Ta B[énédicte] ; Sœur Bénédicte ; Sœur Bénédicte de la Croix. Ocd ; Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur T[hérèse] Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur T[hérèse] Bénédicte ; Sœur T[hérèse] B[énédicte] de la C[roix] ; Ind[igne] Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre B[énédicte] reconnaissante ; B[énédicte] ; Bénédicte de la Croix. Ocd ; Thérèse-Bénédicte de la Croix ; Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix ; Ind[igne] sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd… 236 (Cf. Femme (Remarquable), Stein Edith)

VII. Femme (« Politique ») :

Femmes (« Politiques ») : Et si les femmes dites « politiques », auxquelles on peut ajouter les femmes dites « de  pouvoir», n’étaient que les villages Potemkine 237 du patriarcat ? En tout état de cause, le fait que certaines femmes accèdent de plus en plus aux pouvoirs politiques, économiques…et sont de plus en plus utilisées comme justificatifs du patriarcat, est-il un changement de paradigme politique ? Dans la majorité des critiques féministes de la démocratie, leur progression est peu ou prou nécessairement considérées comme un progrès, une avancée… Vers ? Et s’il faut reconnaître que leur nombre grandissant modifie la vision du rôle que les femmes jouent dans le monde, à s’y focaliser, le risque est majeur que le féminisme soit perçu - et c’est déjà largement le cas - comme synonyme d’une caution donnée au monde actuel qui lui confère même un surplus de légitimité. (Cf. Politique. Démocratie, Patriarcat)  

Femme (« Politique ». France. Alliot-Marie Michèle) : D’elle, nommée ministre de la Défense, Jean Marie Le Pen a déclaré : « J'ai toujours aimé les cantinières », 238 tandis que Jacques Chirac aurait dit à Sarkozy : « Le ministre de la Défense, c’est moi ». 239 Pionnières, vous avez dit : pionnières ? À quel prix ? Dans quelles conditions réelles ? Plus profondément, de quelle valeur politique sont les symboles ?
* Par ailleurs, Michèle Alliot-Marie restera sans doute dans l’histoire du fait de sa proposition à l’Assemblée Nationale, le 12 janvier 2011, que « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type », afin d’éteindre la révolution tunisienne commençante, ledit « savoir-faire » s’adressant aussi à l’Algérie. 240
* Ajout. 7 mars 2015. « Des armes françaises pour la Tunisie » 241

Femme (« Politique ». France. Aubry Martine) (1) : Auteure de : « Franchement, Adeline, le ménage aurait pu être fait depuis hier ! » 242 À Adeline Hazan, ex-présidente du Syndicat de la magistrature, maire de Reims, ville invitante, découvrant une araignée sur son pupitre, devant les milliers de participant-es socialistes. (Cf. Antiféminisme (Fabius (Laurent))

Femme (« Politique ». France. Aubry Martine) (2) : Compte tenu de la gravité des prises de position de l’ensemble des responsables socialistes lorsqu’ils/elles ont été au courant des agressions sexuelles dont D. Strauss-Kahn est l’auteur, elle est responsable d’un parti [poste quitté en septembre 2012] qui doit s’interdire d’invoquer la morale à l’encontre de quiconque. Que reste t-il alors de la politique ? L’accès au pouvoir ? …pouvoir alternatif d’autant moins crédible que M. Aubry a, notamment, pu se prononcer le 21 mai 2011 en faveur d’une candidature de Christine Lagarde (Ministre de N. Sarkozy) à la direction générale du Fonds Monétaire International. 243

Femme (« Politique ». France. Bouchardeau Huguette) : La découverte de son livre : Tout le possible publié en 1981 rappelle qu’il fut un temps où la gauche pensait gouverner tout en ayant une vision politique alternative. 244 Huguette Bouchardeau qui avait aussi notamment publié : Pas d’histoire les femmes en 1977, a créé et dirigé de 1978 à 1984 la collection Mémoires des femmes chez Syros qui [nous] a permis de connaître les textes de ces femmes formidables que furent Madeleine Pelletier,  Nelly Roussel, Hélène Brion, Emma Goldmann, Aline Valette, Marcelle Capy, Paule Minck, Bettina Brentano von Arnim, Maria Deraisme….Ces découvertes furent essentielle dans le période de renaissance du féminisme dans les années soixante-dix, quatre-vingt : Nous avions des ancêtres, ce dont nous n’avions auparavant pas la moindre idée.  

Femme (« Politique ». France. Cresson Édith) : Le lendemain de sa nomination au poste de Première ministre, le 15 mai 1991, le titre de Libération fut : « Et dieu crée la femme ».

Femme (« Politique ». France. Garaud Marie-France) : [Afin de démystifier la politique ] Marie-France Garaud, alors conseillère avec Pierre Juillet à l’Elysée (Georges Pompidou, Président), raconte la nomination de Jacques Chirac comme ministre de l’Agriculture du Gouvernement Messmer : « […] Les députés venaient dans ces temps-là se plaindre à l’Elysée autant de lui que du premier ministre. Pompidou se taisait, mais n’était pas content, et, en 1972, le nom de Chirac ne figurait pas sur la liste du gouvernement Messmer el qu’il était formé. On le vit alors rôder dans les couloirs, inquiet de ce silence. Juillet, qui avait pour lui toutes les indulgences, eut pitié. «  Bon, si vous y tenez, trouvez lui quelques chose » lâcha le Président. Et c’est ainsi que Jacques Chirac, après avoir tordu le nez sur le portefeuille de l’Industrie, devint ministre de l’Agriculture. […] » 245 (Cf. Hommes Politiques. France. XXIème siècle, Chirac (Jacques), Élites)

Femme (« Politique ». France. Giroud Françoise) (1) : Auteure de :
* « Quoi qu’on fasse, y compris la putain, il faut le faire bien. »
* Et de : « Je me suis heurtée à des salopards, j’ai travaillé avec des caractériels, j’ai supporté des imbéciles. Mais dans l’ensemble, leur présence m’a plutôt été épargnée, aucun des représentants des dites catégories ne m’a laissé plus de trace qu’une brûlure d’ortie. En revanche, par la hasard de métiers mirobolants, j’ai été fabriquée, formée, instruite, construite par des hommes qui n’étaient pas indifférents ».
* Elle évoque ensuite sa mère […]Puis, elle écrit : « Donc, j’ai été pour une large part faite par des hommes. Comme sur de la cire, ils ont laissé leur emprunte, leur trace, le plus souvent à leur insu. »

Femme (« Politique ». France. Giroud Françoise) (2) : Lu, dans Les Françaises face au chômage [1974] (concernant la possibilité légale de se constituer parties civiles qui auraient été rendues possibles aux associations de femmes/féministes) : « Françoise Giroud [Secrétaire d’État à la Condition féminine] s’est toujours opposée à formuler cette demande, me confie M. Jean-Jacques Dupeyroux , professeur de droit à Paris Assas, ces associations, disait-elle, se mettraient aussitôt à attaquer les hommes… » [Reconnu depuis. Cf. article 2,2 du Code de procédure pénale)
Et, concernant le chômage : « Que les femmes sont donc contrariantes ! Le chômage menace ? Qu’elles restent donc à la maison et en un trait de plume, le nombre des demandeurs d’emploi diminuerait de moitié. Qu’elles cèdent la place aux hommes et les offres d’emplois se multiplieraient. » (F. Giroud. L’Express.16 décembre 1974) 246
- Que pèse dès lors la question qui fut centrale, en 1974, de la nomination d’une femme-de-gauche dans un gouvernement-de-droite, par rapport à l’adéquation de Françoise Giroud aux normes patriarcales dominantes ? Pas grand chose…247
N.B. Jean-Jacques Dupeyroux, Directeur de la revue Droit Social, fut un homme qui a aidé, tant et comme il a pu, les féministes. Je souhaite ici lui rendre hommage.

Femme (« Politique ». France. Giroud Françoise) (3) : Françoise Giroud, alors Secrétaire d’Etat à la Condition féminine, refusa de recevoir les femmes prostituées, lors de leur révolte et de l’occupation de l’Eglise Saint Nizier, à Lyon, en juin 1975. Sa réaction : « Je trouve que les prostituées doivent être considérées comme tout être humain et qu’il n’y a aucune raison d’exprimer à leur égard d’autre(s ?) sentiments (s ?). Cela dit, les prostituées s’insurgent contre la répression et la répression, comme je l’ai déjà dit, est du ressort du Ministre de l’Intérieur ». Question : « Si les prostituées se sont adressées à vous, ce n’est pas un hasard ». Réponse : «  Quand je leur ai dit que je ne pouvais rien faire pour elles, et que cela ne me concernait pas, elles se sont adressées ailleurs. » 248 (Cf. Proxénétisme)

Femme (« Politique ». France. Joly Eva) : [Candidate écologiste à l’élection présidentielle de 2012] Auteure de : « On a le droit de m'écraser moi, de m'injurier, mais on n’a pas le droit d'injurier l'écologie. » 249 À désespérer : Les Chiennes de garde défendaient les femmes politiques victimes d’injures, lesquelles souvent faisaient effectivement appel à elles ; aujourd’hui l’une d’entre elles en exclue même l’éventualité et confère en outre un permis d’injure. (Cf. Injure)

Femme (« Politique ». France / FMI. Lagarde Christine) (1) :  [Ex-ministre des finances de Nicolas Sarkozy] Nouvelle présidente du Fond Monétaire international - acteur et garant de toutes les dominations impérialistes - elle a qualifié sa nomination de « victoire pour les femmes ». 250 Son salaire annuel : 551.700 dollars, soit environ 31.700 euros par mois, net d’impôts. 251 (Cf. « Sciences » sociales. Économie)

Femme (« Politique ». France / FMI. Lagarde Christine) (2) :  [Concernant le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, décédé le 23 janvier 2015], directrice du FMI, auteure de : « De manière très discrète, il était un vrai défenseur des femmes. » 252 On lit aussi : « C'était très progressif. Mais j'ai abordé cette question avec lui à plusieurs reprises et il y croyait fermement. » De plus, « il avait mis en place beaucoup de réformes ». 253 Traduction : Peu importe [entre autres charmantes pratiques politique de ce pays] la charia, Abdallah était un fidèle soutien des États-Unis et de l’Occident et cela suffit. Rarement, le mépris des femmes, le cynisme libéral n’a été si clairement affirmé. Le plus grave : que cette déclaration n’ait pas eu pour conséquence son départ du FMI. Pas même son éventualité.

Femme (« Politique ». France / FMI. Lagarde Christine) (3) : Christine Lagarde, toujours au FMI déclare : « Il ne faut jamais lâcher la cause des femmes. » 254

Femme (« Politique ». France / FMI. Lagarde Christine) (4) : Le 17 avril 2015, Christine Lagarde, a refusé la demande du gouvernement Grec concernant un « report de paiement » assurant que les précédents n'avaient pas été suivis de « résultats productifs ». Elle a déclaré qu’Athènes devait donc payer un milliard d'euros à ses créanciers à partir du 6 mai et que le FMI n’accorderait aucun délai de paiement. Vue et entendue, lors de sa déclaration à la télé : terrible sentiment d’inhumanité. 255 (Cf. « Sciences » sociales. Économie)

Femme (« Politique ». France. Lienemann Marie-Noëlle) : [Femme politique de gauche, sénatrice, ancienne députée européenne, ministre, conseillère générale, secrétaire nationale socialiste…] Dans son livre, publié en 2002, Ma part d’inventaire, elle qui, selon son éditeur, « n’a pas peur de regarder la réalité en face pour mieux préparer l’avenir » (quatrième de couverture) réussit l’exploit de ne pas écrire une seule fois le mot : « femme ». 256

Femme (« Politique ». France. Panafieu Françoise de) : [UMP] Auteure de : « Bien des hommes m'avaient dit à voix basse qu'ils militeraient pour elle (pour Brigitte Kuster, élue, remplacée par les instances de l’UMP par Bernard Debré). Mais à la commission d'investiture, il n'y avait plus personne... Quand je suis sortie de là, je me suis dit : Waouh ! s'ils se planquent sous la table ici, en temps de guerre, dans la cave de qui j'irais me réfugier si j'étais poursuivie ? » De la même : « Nous ne respectons pas la loi que nous avons nous-mêmes élaborée et votée (concernant la « parité ») et on s'étonne que les citoyens ne nous respectent pas ! » Sur 577 candidatures présentées par l'UMP aux élections législatives de juin 2012, 72 % sont des hommes. 257
* Ajout. 11 mars 2014. La même avait justifié, en 2002, la réouverture des bordels.
Il existe des termes, celui de « respect » par exemple, que sa première déclaration aurait légitimée mais, qui à la lumière de cette justification, ne peuvent être employés qu’avec circonspection.

Femme (« Politique ». France. Roudy Yvette) : [1995] Auteure de : « […] Faut-il s’étonner que les hommes politiques français puissent si facilement se débarrasser des rares féministes françaises qui s’obstinent à rester dans les partis ? Ils préfèrent traiter, au moment des élections, avec des personnalités extérieures, plus faciles à écarter quand elles ne servent plus. Seules sont retenues les femmes qui ne dérangent ni leurs règles, ni leurs jeux, ni les mœurs. […] » 258 Oui, il faut le dire et le répéter : Les critères de choix (des femmes) en politique sont encore la soumission, la dépendance, la malléabilité, l’incompétence, les faibles exigences…tempérées par l’ambition ? Certes, elles n’en ont pas le monopole. Mais taire cela est faire injure aux femmes décident de faire « de la politique » : elles devront en avaler les couleuvres et vivre avec leur impuissance. (Cf. Parité, Sénatrice. (Comment devenir..))

Femme (« Politique ». France. Royal Ségolène) : Avoir enduré avec hauteur la somme d’injures et d’ignominies dont elle a été l’objet impose le respect. L’analyse politique féministe est toujours manquante. 259 Plus récemment, ses prises de position concernant le fait qu’elle souhaite, sans autre forme de procès, « tourner la page » (le 20/5/2011, avant même toute décision judiciaire concernant D. Strauss-Kahn), l’a rangée de facto dans le camp des cautions d’un agresseur sexuel. De plus récentes déclarations n’effacent pas la faute.
* Deux « leçons » de son magistral échec aux élections législatives de juin 2012 : nul-le n’est au-dessus des lois (du P.S) et : la présomption est un vilain défaut.
* Ajout. 16 janvier 2013. Concernant la première assertion, une question me vient à l’esprit : pourquoi aurait-elle dû ‘endurer’ toutes ces injures ? Pourquoi n’a t-elle pas d’emblée affirmé qu’elle ne les accepterait plus et ne s’en est-elle pas donné les moyens ? Si tel avait été le cas, elle aurait certes du attaquer l’ensemble de la classe politique et prendre un risque politique réel (pas perdu pour autant). Mais elle aurait fait faire aux femmes et donc à la société française un immense pas en avant. Plus important que son (éventuelle) élection (Cf. Hommes politiques. Strauss-Kahn)  

Femme (Politique. France. Taubira (Christiane) : En réponse, à l’Assemblée Nationale, à une critique d’un député de droite (extrême), Eric Ciotti, auteure de : «Monsieur le député, j'avoue que malgré toutes ces années passées, vous conservez pour moi quelque chose de mystérieux. Je me demande si lorsque vous affirmez certaines choses vous y croyez vraiment. Si c'était du temps de ma fringante jeunesse, j'aurais supposé un sentiment contrarié. Mais cet hémicycle tout entier a déjà constaté à quel point je vous obsède dans toute votre expression publique, avec une constance qui appelle quand même l'admiration». Et, elle poursuivit (concernant l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs) : «Vous vous livrez à une exercice solitaire lorsque vous prétendez qu'elle était efficace » suscitant à nouveau les rires de nombreux parlementaires, y compris à droite. » 260 L’intelligence ; une arme de destruction massive ? (Cf. Féminisme. Humour, Patriarcat. Proudhon (Joseph) / Taubira (Christiane)  

Femme (« Politique ». France. Veil Simone) : Simone Veil, alors ministre de la Santé, débuta son célèbre discours sur l’interruption volontaire de grossesse, à l’Assemblée Nationale, le 26 novembre 1974 par ces phrases si souvent citées : «Je voudrais vous faire partager une conviction de femmes. Je m’excuse de le faire devant une Assemblée constituée quasi exclusivement d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement.» Je n’ai jamais compris de quoi devait -elle « s’excuser » ? D’être femme ? De partager sa « conviction » [Est elle la sienne ou celle des femmes ?] avec des  hommes ? D’aborder la question de l’IVG devant des hommes ? De réfuter - à l’avance - leurs arguments ? …

Femme (« Politique ». France. Weiss Louise) : La lecture de la vie de cette femme si exceptionnelle, si critiquable, et si peu sympathique devrait dissuader quiconque de toute recherche d’honneur, d’hommage et de reconnaissance officielles, qui apparaissent, la concernant, de manière si flagrante, si dommageables et si tristes. 261

VIII. Femme (Remarquable) :

Femme (Remarquable. Arthaud Florence) : [1957-2015] [Interrogée à la veille d’un départ en solitaire pour la route du Rhum, concernant ses craintes, elle répondit : « Plus le départ approche, moins je suis angoissée et plus j’ai le moral. » La concernant, contrant l’éternel stéréotype, Yann Queffelec, lui aussi marin, s’exprimait - justement - ainsi : « On disait d’elle qu’elle était ‘la petite fiancée de l’Atlantique’…à moins qu’elle n’ait été le grand amour de tous les océans […], l’épouse unique de tous ces horizons qu’elle avait à cœur de conquérir, l’un après l’autre, de charmer et de ne pas décevoir. […] » 262

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (1) : [1515-1582] Quelle femme ! Complexe, subtil et fascinant alliage de masochisme et d’estime de soi, de réalisme et d’extases, de valorisation de l’intelligence et de croyance au diable, de respect (exigé) de l’autorité et de rébellions, de candeur, de lucidité et de sensualité et enfin, d’une immense volonté de puissance (réalisée). Et ce, sous le règne de l’Inquisition. Fine politique. Sa force de caractère remplit d’admiration. Mais la lecture des « règles » quelle imposait dans les monastères qu’elle créait est humainement,  politiquement terrifiante. Une véritable pensée totalitaire de la destruction de soi.
- Relativisme le mysticisme en l’humanisant, mais, dès lors, le démystifie. 263

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (2) : La découverte, après lecture du Livre des fondations [1573-1582], des ‘règles ‘ imposées dans les monastères qu’elle créait est humainement,  politiquement terrifiante. Une véritable pensée totalitaire de la destruction de soi (des autres serait plus juste…), laquelle, comme toute pensée, a fortiori effectivement mise en œuvre, a largement dépassé et pour longtemps les seules communautés religieuses de femmes. (Cf. Être humain Soi (Négation de)

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (3) : Pour La Pléiade, Thérèse d’Avila ne se suffisait pas à elle-même : Gallimard l’a ‘mariée’ en esprit et en intelligence avec « Saint Jean de la Croix », dont les écrits ont été conjointement avec les siens publiés en un seul volume. Dès lors « Thérèse » et « Jean » [dépossédé-es de leur nom] ayant été fusionnés, le féminin a disparu, subsumé, englobé dans le masculin. On lit en effet : « Ces deux maîtres spirituels, Thérèse (1515-1582) et Jean (1542-1591), sont aussi deux écrivains de premier plan. Ils furent deux individus engagés dans leur siècle, liés dans la contemplation comme dans l'action, et résolus, pour réformer le Carmel, à affronter le monde auquel ils appartenaient. » On peut aussi noter l’inanité - ou la banalité ? - de la phrase. 264 (Cf. Synthèse)

Femme (Remarquable. Ayoub Mouna) : Auteure de : […] « Je ne suis pas une passionaria de la cause des femmes, le féminisme militant m’intéresse moins que mon féminisme quotidien. Quand je me lève le matin je me regarde, je vois une femme et je me répète : « Je ne serai jamais humiliée par un homme ». La plupart des problèmes de ma vie ont été causés par des hommes : mon père, les maris de mes tantes, mon mari plus tard. » […] Les États, notamment l’Arabie saoudite et le Liban qui les ont justifiés auraient sans doute pu être cités par elle. Si elle obtint beaucoup d’argent en conséquence son divorce, elle « dut » perdre ses cinq enfants. 265

Femme (Remarquable. Bashkirtseff Marie) : [1858-1884] Auteure, le 3 juillet 1876, de : « Ce pauvre journal qui contient toutes ces aspirations vers la lumière, tous ces élans qui seraient estimés comme des élans d’un génie emprisonné, si la fin était couronnée par le succès, et qui seront regardés comme le délire vaniteux d’une créature banale, si je moisis éternellement ! Me marier et avoir des enfants ! Mais chaque blanchisseuse peut en faire autant. À moins de trouver un homme civilisé et éclairé ou faible et amoureux. Mais qu’est-ce que je veux ? Oh ! vous le savez bien. Je veux la gloire ! Ce n’est pas ce journal qui me la donnera. Ce journal ne sera publié qu’après ma mort, car j’y suis trop nue pour me montrer de mon vivant. D’ailleurs, il ne serait que le complément d’une vie illustre. » 266

Femme (Remarquable. Bidault Suzanne) : [1904-1955] Née sous le nom de Suzanne Borel. Première femme (et seule pendant l’entre deux guerres) nommée au Quai d’Orsay (attachée d’Ambassade, affectée au Service des Oeuvres). D’elle - et cité par elle - M. Fernand Pila, qui fut plus tard ambassadeur au Japon (1935-36), disait : «  Elle n’est pas très intelligente, elle n’est pas belle et elle n’a pas le sou, elle ne présente aucun intérêt. » Le commentaire de Suzanne Bidault : « Je n’ai pas besoin de dire que son attitude changea du tout au tout quand je fus devenue femme de ministre ». Sa description de la vie au Quai est particulièrement précise. Elle raconte notamment comment fut pris (en 1929) le décret qui permis à une femme de se présenter au concours pour l’admission dans les carrières diplomatiques et consulaires : « Il ne faut pas croire que ce décret fut le fait d’un ministre libéral et généreux désireux de frayer une voie nouvelle aux ambitions féminines. Non, comme il arrive souvent en France cette mesure administrative n’était qu’une manifestation de favoritisme. Monsieur Louis Marin [1871-1960] avait une pupille, Mlle Camuzet, jeune fille parfaitement honorable d’ailleurs, qui souhaitait entrer dans la diplomatie. Il demanda à Philippe Berthelot [1866-1934] de combler les vœux de cette aimable personne. Il paraît - ce qui est curieux pour quiconque a connu les deux hommes - que Philippe Berthelot ne pouvait rien refuser à Louis Marin. Mlle Camuzet eut donc son décret. » 267 Suzanne Bidault poursuit : En 1931, ce décret « était allongé d’une petite phrase bien innocente : ‘Les candidats devront avoir la plénitude des droits politiques. ‘On ne disait pas : ‘ Les femmes ne sont pas admises au concours’ mais en fait elles en était écartées. » 
- On apprend aussi que « les secrétaires étaient recrutées en grande partie par cooptation : c’était d’une part de veuves de consuls et des nièces d’ambassadeurs, d’autre part de sœurs d’huissiers et des filles de facteurs de la valise (diplomatique) ».
- On lit enfin en quatrième de couverture de son livre Par une porte entrebâillée ou Comment les françaises entrèrent dans la carrière : « Par son exemple de force morale et de courage, le livre de Suzanne Bidault se situe parmi les ouvrages les plus authentiques consacrés à la condition féminine contemporaines. » Non, c’est un « authentique » ouvrage consacré à la vie au Quai d’Orsay avant la guerre et, notamment, à la phallocratie qui y régnait. Elle ne la dénonce pas, bien au contraire : [comment eut-elle pu le faire ?], elle affirme même haut et fort son antiféminisme, mais son témoignage est une dénonciation imparable du patriarcat. (Cf. Justice. Droit, Patriarcat, Politique. Parité)

Femme (Remarquable. Bonaparte Marie) : [Janvier 1937. Dans une lettre adressée à Freud, après qu’elle ait eut acheté la correspondance entre Fliess et Freud, ce dernier fort inquiet de ce qu’elles pourraient publiquement révéler, à juste titre d’ailleurs] auteure de : « Vous même […] n’avez peut être pas le sentiment de toute votre grandeur. […] »   268 (Cf. Flagornerie)

Femme (Remarquable. Bonheur Rosa) : [18221889] Concernant Nathalie Micas, avec laquelle elle vécut jusqu’à la mort de cette dernière, en 1889, auteure de : « Souvent je me suis enfermée dans la chambre de Nathalie [après sa mort] pour songer aux côtés tragiques de ma vie. Quelle aurait été mon existence sans le dévouement et l’existence de mon amie ! Et pourtant on a cherché à rendre suspecte l’affection que nous éprouvions l’une pour l’autre. Il semblait extraordinaire que nous fassions bourse commune, que nous nous soyons légué réciproquement tous nos biens. Si j’avais été un homme, je l’aurais épousée et l’on n’eut pu inventer toutes ces sottes histoires. Je me serais créé une famille, j’aurais en des enfants qui auraient hérité de moi et personne n’aurait eu le droit de réclamer. » 269 (Cf. Famille, Mariage pour tous)

Femme (Remarquable. Boudicca) : [61] On lit, la concernant, dans Tacite : « Sous la conduite de Boudicca [épouse du roi des Lycéens, Prasutagus] femme de sang royal (les Bretons [de Grande Bretagne] ne font pas de différence entre les sexes dans l’exercice du commandement), ils [Les Brigantes] prirent tous les armes. Ils traquèrent les soldats [romains] disséminés dans les fortins, ils soumirent les garnisons, ils envahirent la colonie [Camulodunum (Colchester)] considérée comme le siège de la tyrannie. Dans leur colère et leurs succès, ils n’omirent aucune des cruautés propres aux natures barbares. » […] « Si le succès ne les avait pas engourdi, ils auraient pu se débarrasser du joug romain. » 270  On apprend aussi (dans un autre texte de Tacite) qu’elle fut « battue de verges et ses filles déshonorées.» Tacite nous retransmet aussi ses paroles avant le combat. « Boudicca, montée sur un char, avait devant elle ses deux filles et parcourait le front des nations réunies, en protestant que, si les Bretons avaient l’habitude de combattre sous les ordres de femmes, elle ne venait pas, pour l’instant, en qualité de reine issue de nobles ancêtres, réclamer son royaume et ses richesses ; non, elle voulait comme une simple femme, venger sa liberté perdue, son corps déchiré de verges, l’honneur de ses filles odieusement violée. Les Romains s’étaient vus emportés par leurs passions jusqu’à ne laisser sans souillures ni les corps, ni même la vieillesse ou la virginité. Mais les dieux étaient là prêts à assurer une juste vengeance. […] Qu’on songeait au nombre de combattants et aux causes de la guerre ; on verrait qu’il fallait vaincre sur ce champ de bataille ou y périr. ‘Femme, c’était son destin arrêté : libre aux hommes de vivre et d’être esclaves.’ »
* Boudicca, [entre 59 et 62 après J.C], ancêtre, pionnière des luttes féministes contre le viol ? Mais, surtout, grâce à Tacite, la découverte de cette femme, plus de vingt siècles après sa mort, pose une question plus large : ne nous révèle t-elle pas en sus tous les autres dénis concernant « les femmes » que « l’histoire » nous a cachés ?
* Qu’advint-il de cette bataille ? : 40.000 mort-es chez les Bretons, 400 chez les Romains. Quant à Boudicca, elle « finit sa vie par le poison. » (Cf. « Sciences » sociales, Histoire, Violences contre les femmes)

Femme (Remarquable. Brion Hélène) : [1882-1962] Devant le conseil de guerre en 1918: Auteure de : « Je comparais ici comme inculpée de délit politique : or je suis dépouillée de plano (de plein droit) de tous droits politiques. Parce que femme, je suis classée par les lois de mon pays, inférieure de beaucoup à tous les hommes de France et des colonies. Malgré l’intelligence qui m’a été officiellement reconnue depuis peu ; malgré les brevets et diplômes qui m’avaient été octroyés longtemps avant, je ne suis pas devant la loi l’ égale d’un nègre illettré de la Guadeloupe ou de la Côte d’Ivoire. Car lui peut participer par le bulletin de vote à la direction des affaires de notre commun pays, et moi, je ne le puis pas. Je suis hors la loi. La loi devrait être logique et ignorer mon existence, lorsqu’il s’agit de sanctions, autant qu’elle l’ignore lorsqu’il s’agit de droits. Je proteste contre son illogisme. Je proteste contre l’application que l’on me fait des lois que je n’ai ni voulues, ni discutées. Ces lois ne sont pas, ainsi que le dit la Déclaration des Droits de l’Homme, « l’expression de la volonté générale », car la fraction numériquement la plus importante de la Nation, les femmes, n’ont été appelées à les faire, ni directement, ni par leurs représentants. » Quelle puissance d’analyse ! Et le plus extraordinaire, c’est qu’Hélène Brion, condamnée par un Conseil de guerre le 28 mars 1918, ne fait que dire la vérité…Lire tout son texte, vraiment remarquable…271 (Justice. Droit. Patriarcat, Politique)

Femme (Remarquable. Brettignies Louise de) : [1880-1918] « Louise de Brettignies fait partie de ces ‘inconnues célèbres’. Qui était-elle vraiment ? Pour les Allemands, dangereuse espionne au service des Anglais ; pour les Français, ardente patriote ; pour les Britanniques, femme de tête et organisatrice exceptionnelle du réseau Ramble ; pour les catholiques, mystique et martyre ; pour sa famille, fille aimante et tante adorée ; pour son entourage, femme élégante, subtile, cultivée, complexe et drôle. » Et si elle était tous ces jugements à la fois ?  272

Femme (Remarquable. Caster Sylvie: Première femme permanente, venue de Charlie Hebdo, embauchée au Canard Enchaîné, responsable d’une rubrique intitulée : Calamity Caster (dont l’intitulé lui a été imposé) : « Il y a une femme qui écrit dans le Canard, et c’est une calamité témoigne t-elle […] c’est évidemment intéressant, parce que c’est signaler ouvertement, et s’en rendre compte, qu’on a un problème avec les femmes. » 273

Femme (Remarquable. Ceaușescu Elena) : [1916-1989] Auteure de : « Je vous ai éduqué comme une mère ! » adressé aux militaires du ‘tribunal’ qui venait de la condamner à mort, ainsi que son mari Nicolae, et alors qu’elle refusait que l’on leur attache les mains pour les conduire au peloton d’exécution. 274 (Cf. Femmes. Mères, Patriarcat)

Femme (Remarquable. Choiseul-Praslin (Duchesse de) :Voici la présentation de son assassinat par Daniel Stern (Comtesse d’Agoult) qui fut, jeune son amie : «  Une femme encore belle et de mœurs irréprochables, fille d’un maréchal de France, fut assassinée, avec une atrocité sans exemple par son mari, le duc de Praslin qui n’échappa que par le suicide à la juridiction de la cours des pairs. Cet évènement mystérieux, longtemps inexpliqué, ce drame sanglant passionna le pays. Le nom de l’infortunée duchesse de Praslin courait de bouche en bouche et pénétrait jusque dans les campagnes les plus reculées. On s’abordait sans se connaître, sur les routes et sur les places publiques, pour se demander des éclaircissements et pour se communiquer une indignation qui ne pouvait se contenir. Le peuple, toujours si aisément ému par l’image d’une femme que sa faiblesse livre sans défense à la haine, se prit à maudire tout haut une société où se commettaient de tels forfaits. Il multiplia, il généralisa dans ses soupçons ce crime individuel. Cette tragédie domestique prit les proportions d’une calamité publique. Elle suscita des penchants sinistres dans tous les cœurs. » 275 Concernant l’historique de ce crime on peut se référer au livre de Maurice Garçon, Le meurtre de la duchesse de Choiseul-Praslin. [Mame. 244p. 1969]. (Cf. « Sciences » sociales. Histoire. Historiographie patriarcale)

Femme (Remarquable. Cléopâtre) : Lire ce que Plutarque écrit d’elle, dans le chapitre passionnant consacré à Antoine. On découvre la femme de pouvoir, la femme politique, par ailleurs polyglotte. On découvre aussi, notamment, Octavie. 276

Femme (Remarquable. Christine de Suède) : [1686-1689] Officiellement « Roi de Suède », plus connue sous la dénomination : « Reine de Suède ». Auteure de : «Je suis née libre, je vis libre et je mourrai libérée. » 277

Femme (Remarquable. Craven Élisabeth) : Auteure de : « On nous oppose des devoirs, on nous prive de l’estime publique, en exigeant de nous des vertus dont on nous impute à crime de nous en faire honneur. » 278 Puissant.L’histoire de sa vie est par ailleurs passionnante.

Femme (Remarquable. Decker Marie-Laure de) : [Photographe. ‘grand reporter’], auteure de : « Je me suis toujours dit : ‘au pire, je meurs !’ » 279 Libérateur…

Femme (Remarquable. Delay Florence) : [Académicienne, fille d’Académicien (sans la réduire à ce statut, mais sans considérer pour autant, qu’il soit, en rien, secondaire)]. À la question : «  Est-ce qu’il y a des fois, dans votre vie ou vous vous êtes sentie féministe, où vous vous êtes dites féministe ? », elle répondit : « Ici, je crois que le travail est fait, même s’il y a encore des inégalités. Dans d’autres pays que le mien, oui… » Le déni et le nationalisme ne sont pas morts…
- Auteure aussi, au début de son discours de réception à l’Académie française, en s’adressant à ses «pair-es » de : « Il me semble, Mesdames, (aux deux femmes Académiciennes : Jacqueline de Romilly et Hélène Carrère d’Encausse), que je vous dois autant de reconnaissance, qu’à vous, Messieurs, qui êtes plus nombreux… »  280 (Cf. Langage. Académie française, Politique. Nationalisme)

Femme (Remarquable. Desbordes-Valmore Marceline) : (…) Auteure de : « L’orage de tes jours a passé sur ma vie / J’ai plié sous ton sort, j’ai pleuré de tes pleurs / Ou ton âme a monté mon âme l’a suivie / Pour aider tes chagrins, j’en ai fait mes douleurs » Début du poème intitulé : Dors. 281

Femme (Remarquable. Demuth Hélène) : [1820-1890] Hélène Demuth était employée comme domestique chez le père de Jenny von Wesphalen. Lorsqu’elle épousera Karl Marx, Hélène la suit, s’installe chez le couple qu’elle ne quittera plus jusqu’à la mort de Marx. En 1851 elle met au monde un enfant, Frederick Demuth [1851-1929], fils de Marx. Il fut séparé de sa mère - qui jamais ne l’élèvera - et placé dans une famille Londonienne. Plus tard, Engels en reconnaître la paternité, mais ne le mentionna pas dans son héritage. C’’est lui qui, semble t-il, proposa qu’elle fut enterrée dans le caveau où reposent Karl Marx et sa femme et qu’une inscription la concernant fut, avec l’accord des filles de Marx, ajoutée sur la tombe [Lettre à Laura Lafargue 5 et 10 février 1891, 12 juillet 1891]. Hélène Demuth a joué un rôle indiscutablement important, dans la vie de « la famille Marx », puis, après la mort de Marx, dans celle de « la famille Engels ». Après son enterrement, Engels évoque « la pauvre Nimmy » [Lettre à Laura Lafargue. 14 mars 1892] 282
* Ajout. 24 mai 2015. Sur les questions concernant la paternité de cet enfant, les conséquences de sa naissance sur les familles Marx et Engels, et concernant sa vie, un texte fait le point. 283

Femme (Remarquable. Drouet Juliette) : Voici, après le coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851, ce que Victor Hugo écrivit concernant le rôle joué par Juliette Drouet : « L’ordre de me fusiller, si j’étais pris, avait été donné dans les journées de décembre 1851. Si je n’ai pas été pris, par conséquence, fusillé, si je suis vivant à cette heure, je le dois à Mme Juliette Drouet qui, au péril de sa propre liberté et de sa propre vie, m’a préservé de tout piège, a veillé sur moi sans relâche, m’a trouvé des asiles sûrs et m’a sauvé, avec quelle admirable intelligence, avec quel zèle, avec quelle héroïque bravoure, Dieu le sait et l’en récompensera ! Elle était sur pied la nuit comme le jour, errait seule à travers les ténèbres dans les rues de Paris, trompait les sentinelles, dépistait les espions, passait intrépidement les boulevards au milieu de la mitraille, devinait toujours où j’étais et, quand il s’agissait de me sauver, me rejoignait toujours. Un mandat d’amener a été lancé contre elle et elle paie aujourd’hui, de l’exil, son dévouement. Elle ne veut pas que l’on parle de toutes ces choses, mais il faut pourtant que cela soit connu. » 284

Femme (Remarquable. Eltahawy Myriam) : Auteure de : « Je suis une femme très en colère et j’en suis fière. » 285

Femme (Remarquable. Eve (oui, celle d’Adam et...) : Lu dans le Huffington Post, daté du 17 septembre 2015, dans l’article intitulé : Le Pape prend la défense d’Ève contre Adam ceci: « ‘La femme tentatrice? Voilà une idée blessante!’. Il suffit parfois de quelques mots, prononcés par la bonne personne, pour mettre à mal un préjugé vieux de plusieurs millénaires. C’est exactement ce qui s’est produit lors du dernier discours du pape François, consacré à Adam et Ève : ‘La femme tentatrice? Voilà une idée blessante!’ Une petite phrase qui démolit avec une simplicité désarmante la construction culturelle selon laquelle la femme serait l’instrument du diable, un être dangereux à traiter avec méfiance, voir une franche hostilité. » 286 (Cf. Femme Remarquable. Jeanne d’Arc)

Femme (Remarquable. Fallaci Oriana) : Auteure de l’inoubliable livre : Un homme, consacré à la vie mais surtout à la compréhension d’un homme exceptionnel, Alekos Panagoulis, par une femme qui a vécu avec lui et réfléchi avec, pour, contre, sans lui. Un grand, vrai, livre politique.  287

Femme (Remarquable. Jacquemart Justine) : [ ?- ?] Découverte par la découverte d ‘Adèle Hommaire de Helle [1818-1883], auteure de L’Equipée dans les steppes de Russie. Melle Jacquemart, dite « la chanoinesse de Kopsel » (Crimée-, après avoir été institutrice en Russie, avoir vécu « dans le monde » à Vienne (Autriche), puis en Crimée, a vécu comme une ermite, « dans l’isolement le plus absolu », soumise à de « nombreuses attaques », pendant plus d’un dizaine d’années, dans « une modeste chaumière composée d’une seule pièce ». « Elle n’admettait dans sa chaumière que ceux dont les goûts, la réputation et la vie aventureuse ont quelque analogie avec la sienne ».  Au terme d’une rencontre, Adèle Hommaire de Helle écrit la concernant : «  N’y a t-il pas une vraie satisfaction à se garder soi-même, à se créer, au milieu des soins vulgaires de la vie, des jouissances intellectuelles que personne ne peut lui enlever ? » 288

Femme (Remarquable. Jeanne d’Arc) : Brulée vive en 1431, suite à un procès religieux pour « hérésie », elle fut canonisée en 1920. L’Église catholique prend son temps…(Cf. Femme Remarquable. Eve)

Femme (Remarquable. Klarsfeld Beate) : Après avoir, en 1968, au Bundestag, qualifié Kurt-Georg Kissinger, ministre-président de Bade-Wurtemberg qui se présentait à la Chancellerie de « nazi » et demandé sa démission, elle l’a giflé. Son mari, Serge Klarsfeld, dépolitisant son initiative, a curieusement évoqué une «gifle de la fille à son père ». 289

Femme (Remarquable. Holiday Billie) : [1915-1959]Une grande dame. Qui, du FBI ou de « ses » hommes (souvent liés entre eux, par ailleurs) lui ont fait le plus de mal ? Concernant son mari, proxénète, John Levy, quelques années après leur séparation, elle aurait déclaré, apprenant sa mort : « C’est la meilleure nouvelle que j’ai entendue depuis longtemps » 290 Concernant ses rapports aux hommes, lire les paroles de « Treat me well », injustement dénommé « Fine and mellow ». (Cf. Proxénétisme)

Femme (Remarquable. Herman Liselotte) : [1906-1938] « Jeune étudiante communiste et jeune mère, elle proteste ouvertement contre la prise du pouvoir par Hitler, ce qui lui vaut son renvoi de l'université de Berlin. Elle s'installe alors dans le Wurtemberg et participe à différentes actions de résistance. Avec des amis, elle parvient à faire passer à l'étranger des informations sur le réarmement national-socialiste. Elle est arrêtée en décembre 1935 et condamnée à mort avec deux de ses amis en été 1937. Elle est exécutée le 20 juin 1938 à la prison de Berlin-Plötzensee, malgré des protestations du monde extérieur. Elle est la première mère exécutée. » 291 (Cf., Femmes. Mères, Patriarcat)

Femme (Remarquable. Kautsky Louise) : [1864-1944] Épouse divorcée de Karl Kautsky [1854-1938], penseur socialiste, elle devint la gouvernante-secrétaire d’Engels jusqu’à sa mort. Celui-ci écrit à l’occasion de la très profonde révision de son livre L’origine de la famille, pour sa 4ème réédition : « Mon inspiratrice a été, dans une large mesure, Louise, qui est pleine d’idées claires, limpides, originales sur le sujet ». 292 [Elle avait fait des études de sage-femme] Femme politique socialiste, amie de Rosa Luxembourg, meurt Auschwitz.

Femme (Remarquable. Kiki de Montparnasse) : [1901-1953] [Concernant un éventuel amant très riche] : « C’était pourtant un homme charmant, et que j’aurais pu aimer peut être, s’il n’avait eu tout ce fric ! Pouah ! Faire ça pour de l’argent ! Au milieu de toutes mes orgies, de mes nuits de folie, c’est la seule chose que je n’ai jamais salie, l’amour ! Je suis restée la fille très sentimentale et pleine d’affection que j’ai dû comprimer toute ma jeunesse. » 293 Chaque femme qui parle d’elle et qui, dès lors, sort du discours - quel qu’il soit - tenu sur elle, des représentations faites d’elle par les hommes [et, la concernant, ils furent légion] fait avancer et sa vérité et l’analyse féministe du monde.

Femme (Remarquable. Kollontaï Alexandra) : Impossible de résumer sa vie. Lire, la concernant, le livre d’Arkadi Vaksberg. 294 On peut noter cependant que dans ce livre, le rôle plus strictement étroitement politique, à savoir les analyses, les actions d’Alexandra Kollontaï sont plus rigoureuses que celles concernant « l’amour libre », « les femmes »…et ne sont pas comparables avec celles concernant la femme dite « amoureuse ». Il importe aussi de noter - ce que j’ai découvert par ce livre - aussi triste soit-il de l’écrire, qu’Alexandra Kollontaï, après avoir été, en 1922, l’une des responsable de l’opposition de gauche, dut vivre et mourut…stalinienne. Mais n’est il pas facile de porter a postériori, hors contexte, un jugement ? Je ne sais. En tout état de cause, elle ne saurait être simplement qualifiée comme telle. Évident ? (Cf. Histoire. Biographies)

Femme (Remarquable. Kowalewski Sofia, Sophie, Sonia) : [1850-1891] Mathématicienne russe, première femme d’Europe à occuper une chaire d’Université (en Suède), rédactrice et éditrice de la revue Acta Mathematica. Parmi tant d’évènement notables de sa vie (elle a notamment soigné les blessés de la Commune), elle a rédigé un roman partiellement autobiographique Nihilist Girl, en 1890. Elle fut qualifiée de « femme de génie » par F. Engels. 295

Femme (Remarquable. Lafargue Laura) : [1845-1911. Femme politique, socialiste marxiste, fille de Karl Marx, traductrice de nombre de textes marxistes, épouse de Paul Lafargue, socialiste marxiste et auteur du livre : Le droit à la paresse, radicalement antimarxiste par ailleurs] Engels lui écrivit le 8 janvier 1890 : « Je crois vraiment que tu es à peu près la seule personne à Paris capable de conserver la tête froide et lucide : cette ville semble rendre les gens fous. » 296…ce qui incidemment était une critique de la politique des socialistes français, et notamment de son mari. Femme attachante ; elle se suicidera avec son mari.
* Ajout. 24 mai 2015. Engels prolongera ce compliment deux ans plus tard, le 27 mai 1892. Alors que Le Socialiste devait se transformer en quotidien, il écrira : « Dans ce nouveau quotidien, tu es un élément absolument nécessaire. Si l’on veut faire quelque chose de supérieur à la moyenne courante des quotidiens français, il faut que quelqu’un suive attentivement au jour le jour le mouvement en Angleterre et en Allemagne, et en rende compte de temps en temps. Et tu es la seule personne dans toute la belle France qui en soit capable… Il faut que tu sois membre régulier de la rédaction et payée en conséquence. Paul a trop du hidalgo pour penser à de telles questions ou pour exiger qu’on y pense, mais c’est indispensable. […] » Il n’en fut plus question (entre eux) et le quotidien ne vit pas le jour. 297
* Ajout. 24 octobre 2015. Lu : « Laure se mariera avec Lafargue, en 1868 et se suicidera avec lui, selon les récits de la presse, en 1911, sans laisser un mot, tandis que Lafargue laissa un testament retentissant à la cause du socialisme. Lénine, qui prononça le discours funèbre, le dédia entièrement à Lafargue, en ne nommant Laure, seulement, en passant, au début, comme fille de Karl Marx. » 298

Femme (Remarquable. La Rochejaquelein, Marquise de) : [1772-1857] Fille, épouse, cousine de dirigeants de l’insurrection Vendéenne, son récit est un remarquable document historique dans lequel, confrontée à d’incroyables et innombrables événements, d’une incroyable violence, elle fait notamment part avec un naturel incroyable de son incroyable courage. La révolution, la contre-révolutiion présentées par une femme qui les a, à plus d’un titre, vécues.
Elle était née sous le nom de Marie Louise Victoire de Donnissan, puis, à son premier mariage, elle fut nommée Marquise de Lescure, puis, à son second mariage, Marquise de La Rochejaquelein.  299

Femme (Remarquable. Lecomte (Mademoiselle) : Le 16 avril 1846, un dénommé Lecomte tira sur le char à bancs ou se trouvait notamment Louis Philippe. Il fut condamné à mort (la mort fut refusée par V. Hugo) par la Chambre des Pairs. Le roi n’usa pas de son droit de grâce, mais il décida « comme nouveau gage de sa bonté » ( ? ) que « la pension dudit Lecomte serait réversible sur la tête de sa sœur, la vie de cette sœur durant » et mit « mit à la disposition de cette sœur une somme de trois mille francs comme secours.» Mademoiselle Lecomte répondit à son envoyé : « Dites au roi que je le remercie. Je l’eusse mieux remercié d’autre chose. Dites lui que je n’oublie pas mon frère assez vite pour prendre sa dépouille. Ce n’est pas là la bienfait que j’attendais du roi. Je n’ai besoin de rien, je suis bien malheureuse et bien misérable, je meurs de faim à peu près, mais il me convient de mourir ainsi, puisque mon frère meurt comme cela. Qui fait mourir le frère n’a pas le droit de nourrir la sœur. » 300

Femme (Remarquable. Lefort Gertrud von) : [1876-1971] Auteure, notamment, en en 1931 de la nouvelle intitulée La dernière à l’échafaud (Die Letze am Schaffot) ; inspirée des manuscrits de Sœur Thérèse de l’Incarnation [Françoise-Geneviève Philippe [1731-1836] seule rescapée des seize carmélites guillotinées sous la Terreur à Paris, la 17 juillet 1794 et auteure du Récit des martyres des seize carmélites de Compiègne. Georges Bernanos s’en inspira en 1948 pour écrire le scénario d’un film qui, du fait de sa mort, ne sera pas réalisé, lequel fur publié sous le titre le Dialogue des Carmélites, porté à la Scène au théâtre par Jacques Hébertot en 1952. Francis Poulenc [1899-1963] s’en inspira alors pour écrire le livret d’opéra, Le Dialogue des carmélites en 1957. Deux films sous le même titre suivront.
- Très proche d’Édith Stein, elle aussi convertie au catholicisme, leur correspondance a été publiée (en français) dans la correspondance de la première. Elle aurait choisi son nom : Von Le Fort en identification avec celui de Blanche de la Force. 301

Femme (Remarquable. Leguay Catherine) : Première femme à rejoindre le Comité d’action des prisonniers (CAP) fondé en 197é par Serge Livrozet. Auteure de : « La justice, la prison furent une permanence de ma vie. La valeur n’attend pas le nombre des années ; ainsi du haut de mes neuf ans, je devins une délinquante juvénile, au casier judiciaire couvert d’un ‘avertissement’ pour un vol d’enfant désœuvré [ …] Rebelle à tout ce qui tentait de me normaliser, la prison finit par m’accueillir pour y fêter mes dix sept ans. […] Les prisons d’Avignon, Versailles, Monte Carlo, la Roquette et Fleury-Mérogis m’accueillirent pour des détentions plus ou moins longues. Ces aller-retour auraient pu s’éterniser si, à vingt-trois ans, je n’avais fini par exploser, l’arbitraire et l’oppression de l’administration pénitentiaire me sortant par tous les pores de la peau. Mon impuissance à me révolter fut le déclic qui amorça m prise de conscience, mon engagement politique. […] »302 (Cf. Politique. Prisons)

Femme (Remarquable. Léo André) (1) : [1824-1900] Écrivaine, romancière, journaliste, militante, Communarde. Pour connaître sa pensée, son action politique, se référer au site de l’association André Léo. 303 Auteure, en 1871, de : « de belles fortunes pétries de tes misères, de la souffrance de ta femme, de la mort de ton enfant…Vive la Bourse ! La France se meurt ! » 304 (Cf. Économie (Bourse), Féminisme)

Femme (Remarquable. Léo André) (2) :Auteure, aussi, le 8 mai 1871, dans un article (non lu intégralement) intitulé La révolution sans la femme 305 : « Une fois de plus, les femmes n’ont rien à gagner à l’avenir immédiat de cette révolution [la Commune de Paris], car le but est l’émancipation des hommes, non des femmes. […] On pourrait d’un certain point de vue écrire depuis 89 sous ce titre une « Histoire des inconséquences du parti révolutionnaire ». La question des femmes en ferait le plus gros chapitre, et l’on verrait comment ce parti trouva moyen de faire passer du côté de l’ennemi la moitié de ses troupes qui ne demandait qu’à marcher avec lui . » Auteure aussi, citée dans le même article (sans source spécifiée) de : «  Beaucoup de républicains - je ne parle pas des vrais - n’ont détrôné l’Empereur et le bon Dieu […] que pour se mettre à leur place. Et naturellement, dans cette intention, il faut des sujets ou au moins de sujettes. La femme ne doit plus obéir aux prêtres ; mais elle ne doit pas non plus relever d’elle même. Elle doit demeurer neutre et passive sous la direction de l’homme, elle n’aura fait que changer de confesseur. » (Cf. Droits de l’homme, République, Révolution Française, Historiographie patriarcale. France. XXème siècle, Patriarcat)

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (1) : [1861-1937] Une femme d’une exceptionnelle intelligence, d’une exceptionnelle sensibilité. Riche d’elle-même, riche de ses relations avec ceux [et dans une moindre mesure, avec celles] avec lesquel-les elle a partagé des moments, des expériences de vie, sans être réductible à aucun d’entre eux. Avoir découvert, à 25 ans, sa [première] biographie est l’un des cadeaux de la vie.

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (2) : Auteure de : « Je ne peux conformer ma vie à des modèles, ni ne pourrait jamais constituer un modèle pour qui que ce soit ; mais il est tout à fait certain en revanche que je dirigerai ma vie selon ce que je suis, advienne que pourra. » 306

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (3) : Que penser de cette phrase : « Je suis éternellement fidèle aux souvenirs ; je ne le serai jamais aux hommes » ? 307 À la lecture, plus tard, de cette même phrase, mais resituée dans le cadre de ses réflexions concernant Rainer Maria Rilke [1875-1926] et de leurs relations, cette phrase « si crûment sincère » je comprends mieux sa signification. 308

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa) (1) : Auteure de : « L’épreuve de force entre l’homme et la femme [est un] problème purement académique, tiré par les cheveux qui n’existe pas dans la réalité. Car ou bien la femme est une personnalité - je ne veux pas dire une femme remarquable - mais un cœur plein de bonté et d’énergie intérieure [...] et alors elle s’impose et triomphe moralement, même si elle cède sur des détails. Ou bien, intérieurement, elle n’est rien - et alors le problème n’existe plus. » 309
- Ce déni, cet impensable même, de toute pensée politique féministe, tel qu’ici exprimée par celle présentée comme l’un-e des plus brillant-es économistes marxistes, l’« une des plus fortes personnalités du socialisme » selon Boris Souvarine, 310 permet de mieux appréhender l’incompatibilité théorique entre marxisme et féminisme. À la relecture, c’est d’elle qu’elle parle. (Cf. Marxisme incompatible avec le féminisme)

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa) (2) : Lettres de prison de Rosa Luxembourg : un joyau de philosophie politique. Lues par Anouck Grinberg : une merveille d’humanité, de sensibilité. 311

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa & Clara Zetkin) : Lors d’une réunion chez Auguste Bebel [1840-1913. Socialiste allemand], Rosa Luxembourg [1871-1919] et Clara Zetkin [1857-1933] se perdent en route et arrivent très en retard. Soulagés, ceux qui les attendaient s’amusent à rédiger des épitaphes en leur mémoire. Rosa les rejettent toutes et en propose une autre de son cru : « Ici sont enterrés les derniers hommes de la social-démocratie allemande. » 312 (Cf. Histoire. Révolution française. Roland Madame (3))  

Femme (Remarquable. Marie) : Marie, supposée mère du fils du dieu (chrétien) lorsqu’elle fut informée, nous dit-on qu’elle devait l’enfanter répondit : « Je suis la servante du Seigneur. Qui me soit fait selon ta parole [ou : selon qu’il m’advienne]. Et l’ange (Gabriel) la quitta.  » (La Bible) Ça commence mal…

Femme (Remarquable. Maria A. Macciocchi) : À ma connaissance, la critique féministe la plus pertinente du marxisme est lisible dans son petit texte : « Quelques thèmes autour du marxisme et du féminisme », en conclusion de la publication de son Séminaire de Vincennes en 1977-78. 313

Femme (Remarquable. Michel Louise) : Pour connaître ses analyses féministes, on peut se reporter notamment aux pages 118 à 125 de ses Mémoires. 314

Femme (Remarquable. Michel Louise. Enterrement) : Louise Michel meurt, le 9 janvier 1905, à l’hôtel L’Oasis à Marseille. Elle est enterrée le 22 janvier 1905 à Paris. On lit dans l’Humanité, le 23 : « Constatons que Monsieur Lépine (Le préfet de police) avait mis sous la protection (?) de 25 officiers de paix, 80 brigadiers, 880 sous brigadiers, 8000 sergents, sans bâton, mais avec sabre et probablement casse tête, 400 agents de la brigade des recherches, 350 inspecteurs de la Sûreté (alias agents de la Secrète qui, notamment lorsqu’ils sont déguisés en pékins, fleurent à dix lieux leur roussin), et de 100 agents de la mobile, plus des petits soldats ; en effet, trois bataillons d’infanterie et six escadrons de cavalerie sont disposés dans les rues adjacentes et toutes les troupes consignées l’arme au pied. » […] 315 Une reconnaissance policière qui vaut reconnaissance politique. (Cf. Politique. État)
* Ajout. 16 mai 2014.Lu ultérieurement : « Son corps ramené à Paris, la population lui fit de magnifiques funérailles. Comme d’habitude, la police avait fait un déploiement formidable de forces le long du cortège, Lépine et ses subordonnées déployant un zèle intempestif. Un fait significatif qui prouve que lorsque la foule est bien résolue à ne pas se laisser em…bêter, elle peut avoir le libre exercice de sa volonté. […] Lépine nous jappait aux talons. Il ordonna à un peloton de gardes municipaux qui se trouvait là de mettre baïonnette au canon. Ce qui fut fait. Mais un cri formidable de « À bas les baïonnettes !» sortit des rangs de la foule. Et les baïonnettes furent remises au fourreau, sans attendre l’ordre des chefs. Lépine sut se taire cette fois. » 316 (Cf. Politique. démocratie. Peuple)

Femme (Remarquable. Macdonald Langstaff Annie) : [Première femme diplômée du Québec] Argument invoqué en 1915, bien que diplômée en droit de l'Université McGill, pour refuser son inscription au Barreau : [Traduit de l’anglais] « Imaginons un seul instant une femme qui agirait comme avocate de la défense ou de la poursuite dans un cas de viol et qui devrait poser à la victime les questions qui doivent nécessairement être posées afin de faire la preuve des actes qui sont de l’essence du crime, ou qui s’avèrent également nécessaires afin de répondre aux accusations et de les faire rejeter. Aucune femme possédant le moindre sens de la décence ne pourrait vraisemblablement agir de la sorte sans ternir irrémédiablement sa dignité et sans outrager complètement l’honneur et le respect dus à son sexe. » 317 La pudeur, la décence, la dignité, l’honneur, le respect des femmes et / ou dus aux femmes au service de la légitimation du patriarcat et de la permanence des viols, et des violences des hommes. Y penser toujours en employant l’un quelconque des ces termes. (Cf. Violences faites aux femmes, Langage, Patriarcat)
- Sur proposition de la bâtonnière de Montréal, Me Julie Latour, Madame Annie MacDonald Langstaff fut reconnue à titre honorifique de membre du Barreau du Québec par résolution unanime du Comité administratif du 14 juin 2006. (Cf. Justice (Droit)

Femme (Remarquable. Mademoiselle Mars) : Comédienne [1779-1849] Lu, la concernant, dans Choses Vues de Victor Hugo, présent à son enterrement le 26 mars 1849 : « Elle laisse un fils…On n’a pas envoyé de billets de faire-part à cause de l’embarras de mettre : Mademoiselle Mars est morte. Son fils a l’honneur de vous en faire part. » 318 Il note aussi que « pendant les discours, au cimetière, les prêtres sont remontés dans leur voiture pour ne point entendre l’éloge d’une comédienne. » (Cf. Femmes (Artistes), Mariage)

Femme (Remarquable. Missy / Mathilde de Morny) : [1863-1944] Missy fut celle à qui Colette écrivant : « C’est toi ma raison de vivre » ; celle qui écrivit à Henry de Jouvenel, son futur mari : « Je vous confie Colette ». 319 Je découvre qu’à la fin de sa vie Mathilde de Morny, aurait « subi » (?) « une hystérectomie (ablation de tout ou partie de l’utérus) et une ablation des seins ». Que sait-on vraiment d’elle, au delà des stéréotypes, des platitudes concernant les femmes dites lesbiennes et / ou dites masculines ? [Elle s’habillait avec des vêtements d’hommes et se faisait appeler Monsieur] L’habit ne fait ni l’homme, ni la femme ; les révèlent t-il à eux / elles-mêmes ?

Femme (Remarquable. Mladic Ana) : Fille de Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, qualifié de « bourreau de Srebrenica », étudiante en médecine : s‘est suicidée, en mars 1994, avec l’arme de service de son père.

Femme (Remarquable. Marquise de Païva) : [1819-1884] Auteure - du moins, cela lui fut prêté - à son mari, le marquis, - avant de le quitter, le lendemain du mariage : « Vous m'avez voulue, vous m'avez eue. Je voulais un nom, je l'ai. Nous sommes quittes. » 320

Femme (Remarquable. Monica) : [331-387. Mère de saint Augustin]La concernant, Voici notamment ce qu’en écrit saint Augustin dans ses Confessions. : « Formée à la modestie et à la sagesse, plutôt soumise par vous (au dieu chrétien) à ses parents que par eux à vous, à peine nubile, elle fut remise à un homme qu’elle servit comme son maître ; jalouse de l’acquérir à votre épargne, elle n’employait, pour vous prouver à lui, d’autre langage que sa vertu. Et vous la rendiez belle de cette beauté qui lui gagna l’admiration et les respectueux amour de son mari. Elle souffrit ses infidélités avec tant de patience que jamais nuage ne s’éleva entre eux à ce sujet. Elle attendait que votre miséricorde lui donnât avec la foi la chasteté. Naturellement affectueux, elle le savait prompt et irascible, et n’opposait à ses emportements que calme et silence. Aussitôt qu’elle le voyait remis et apaisé, il le lui rendait à propos raison de sa conduite, s’il était arrivé qu’il eût cédé trop légèrement à sa vivacité. Quand plusieurs des femmes de la ville, mariées à des hommes plus doux, portaient sur leur visage quelque trace des sévices domestiques, accusant, dans l’intimité de l’entretien, les moeurs de leurs maris, ma mère accusait leur langue, et leur donnait avec enjouement ce sérieux avis, qu’à dater de l’heure où lecture leur avait été faite de leur contrat de noces, elles avaient dû le regarder comme l’acte authentique de leur esclavage, et ce souvenir de leur condition devait comprimer en elles toute révolte contre leurs maîtres. Et comme ces femmes, connaissant l’humeur violente de Patricius, ne pouvaient témoigner assez d’étonnement qu’on n’eût jamais ouï dire qu’il eût frappé sa femme, ou que leur bonne intelligence eût souffert un seul jour d’interruption, elles lui en demandaient l’explication secrète; et elle leur enseignait le plan de conduite dont je viens de parler. Celles qui en faisaient l’essai, avaient lieu de s’en féliciter; celles qui n’en tenaient compte, demeuraient dans le servage et l’oppression. » 321On peut incidemment noter que Patricius, son mari, est présenté par Wikipedia, comme « un homme bon, affectueux et ouvert d’esprit » [29 février 2016] (Cf. Patriarcat, « Sciences » sociales. Histoire, Violences contre les femmes)

Femme (Remarquable. Mota Gisela) : [1987-2015] Maire de Temixco, dans le sud du Mexique, assassinée chez elle, à 33 ans, le 2 janvier 2016, après tant d’autres, d’après les autorités, par le Cartel de la drogue, Los Rojos, le lendemain de sa prestation de serment au cours de laquelle elle s’était engagée à lutter contre la criminalité.

Femme Remarquable (Noailles Madame de) : Lu, la concernant, de Charles du Bos : «  J’ai noté dans une de mes conférences sur Madame de Noailles cette tendance irrésistible qui la pousse à dresser sa personne et sa figure comme une sorte de Victoire de Samothrace, mais chez elle cela relève de l’expansion et de la force de la personnalité ; chez Shelley, au contraire [… ]» 322 Analyse, la concernant, dont je ne peux rien dire, mais du moins en elle-même, fine et pertinente.  

Femme (Remarquable. Parks Rosa) : [1913-2005] Dénommée « la mère du mouvement des droits civiques », il lui fut rendu hommage en ces termes : «  La femme qui s’est levée [ou : tenue debout] en restant assise ». Pour rappel historique : elle avait refusé, dans un bus ségrégationniste, de laisser son siège à un homme blanc. (Cf. Lever (Se), Obéir)

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) : [1625-1661] En religion, Jacqueline de Sainte Euphémie, sœur de Blaise Pascal. Concernant l’ordre fait aux religieuses de Port-Royal de signer en 1661 le Formulaire d’Alexandre VII 323 qui s’opposait à leur foi, auteure de : « Je sais le respect que je dois à MM les Evêques, mais ma conscience ne me permet pas de signer qu’une chose est dans un livre où je ne l’ai pas vue. » […] Je sais bien que ce n’est pas à des filles de défendre la Vérité, quoique, si l’on peut dire, par une triste rencontre, que, puisque les Evêques ont le courage des filles, les filles doivent avoir le courage des Evêques ; mais si ce n’est pas à nous de défendre à la Vérité, c’est à nous à mourir pour la Vérité ». La même écrivait : «Que craignons nous ? le bannissement et la dispersion pour les Religieuses, la saisie du temporel, la prison et la mort, si vous le voulez ; mais  n’est ce pas notre gloire et ne doit-ce pas être notre joie ? Renonçons à l’Evangile ou suivons les maximes de l’Evangile, et estimons-nous heureux de souffrir quelque chose pour la justice. Mais peut être on nous retranchera de l’Eglise ? Mais qui ne sait que personne ne peut en être retranché malgré soi ? […]. » Quel courage …
- D’elle, Sainte-Beuve écrivit : « Cette sœur, comparée au frère, l’explique, le complète et peut être, à quelques égards, le surpasse…La sœur voilée de Pascal est son égal pour le moins ; elle le précède presque en tout, elle le guide, même dans les âpres grandeurs de la mort. » 324

Femme (Remarquable. Phoolan Devi) : [1963. 2001] Auteure de : « C’était parce que j’étais une femme que j’ai été humiliée au plus profond de mon âme. Je n’ai jamais admis cette condition. Je me suis révoltée. […] Elle écrit aussi, près avoir été mise à nue, violée, battue, torturée, empalée, jetée en pâture à la population masculine des castes supérieures de plusieurs villages : « J’étais enragée contre les hommes. Il fallait que je leur fasse subir tout ce qu’ils m’avaient fait subir […] Détruire ce qui symbolise leur pouvoir. Anéantir le serpent. Et rire de les voir sauter comme des chevreaux castrés, pleurer comme des femmes, se rouler à mes pieds, supplier, supplier comme je l’avais fait. Les gens de ma caste le savaient tous. Si une mère voulait protéger sa fille, un mari, sa sœur, sa femme, Ils n’avaient qu’à dire au violeur : ‘Phoolan Devi te punira, et je le faisais’ […] Je ne tue pas pour rien. Je punis. […] Les journaux n’arrêtent pas de parler de moi. Si seulement ils avaient parlé de moi avant, quand on me maltraitait. On ne parle donc que des crimes des pauvres gens et jamais de leurs malheurs…». Et lorsqu’elle fit, à ses conditions, sa reddition, politiquement négociée (terres, emplois…), les gens pauvres ne voulaient pas qu’elle cède, tandis gens des hautes castes disaient : « Ce n’est pas Phoolan Devi que se rend au gouvernement, c’est le gouvernement qui cède à Phoolan Devi. » 325
Elle disait aussi : « Je n’ai fait que rendre aux hommes ce qu’ils m’ont fait subir » ; « Si quelqu’un porte la main sur une femme, coupez lui la main » ; et enfin : « Mon vœu le plus cher est que les femmes ne supportent pas ce que j’ai subi. » 326
* Que les féministes - dites radicales incluses - apparaissent timorées…(Cf. Patriarcat, Politique)

Femme (Remarquable. Piat Yann) : [1949-1994] Femme politique française, filleule de Jean Marie le Pen, députée du Var Front National, en 1986, puis en 1988, date à laquelle elle est exclue du Front national ; elle sera alors réélue sous l’étiquette UDF, en 1993. À l’assemblée Nationale, elle fut membre de la commission d’enquête sur les tentatives de pénétration de la mafia en France. Assassinée le 25 février 1994, en raison de ses dénonciations des liens entre les milieux maffieux et politiques. Première députée assassinée en France.

Femme (Remarquable. Rachel) : [1827-1857] : Pour Béatrix Dussane [1888-1969] : « une petite fille de génie » […] « qui ressuscita la tragédie ». On peut aussi écouter la présentation de Rachel faite par Pierre Janin. 327

Femme (Remarquable. Riffaud Madeleine) : Après avoir été responsable au sein du Front National des Étudiants du Quartier Latin, elle entre dans les FTP en mars 1944, participe à la préparation armée du soulèvement parisien d’août 1944, tue en plein jour un officier allemand [« Neuf balles dans mon chargeur / Pour venger tous mes frères / Ça fait mal de tuer / C’est la première fois / Sept balles dans mon chargeur / C’était si simple / L’homme qui tirait l’autre nuit / C’était moi. »], capturée par un milicien, livrée à la Gestapo qui la torture rue des Saussaies, puis par des français à la Préfecture de police, ne parle pas, est condamnée à mort, mais n’est pas exécutée ; libérée mi août, reprend immédiatement son combat dans la Résistance où elle est affectée à la Compagnie Saint-Just avec le grade d'aspirant. 
- On lit sur Wikipédia, sans autre commentaire : « Son engagement s'arrête à la fin des combats pour la Libération de Paris, l'armée régulière ne l'acceptant pas en tant que femme d'une part, mineure d'autre part. »
- La poursuite de sa longue vie fut non moins exceptionnelle que ses engagements dans la Résistance. Cette femme remarquable à tant de titres (journaliste de guerre, anticolonialiste, communiste, écrivaine…) a 90 ans. [en septembre 2014].
- Son livre : Les linges de la nuit [1974] est un document / reportage - vécu par elle - de grande valeur sur la vie des travailleuses dans les hôpitaux.

Femme (Remarquable. Saartjie Baartman) : [1789-19145] De son vrai nom, Swatche, fut surnommée ignominieusement par la science française « La Vénus Hottentote », après, esclave, s’être vue attribuée le nom de son propriétaire. Après avoir fait « partie des collections de l'établissement public du Muséum national d'histoire naturelle », sa « dépouille mortelle » est remise à l’Afrique du Sud en 2002.

Femme (Remarquable. Sévigné Madame de) : [1626-1696] La concernant, voici qu’en écrivait Madame de Genlis [1746-1830] : « Il n’est dans la langue française, qu’un seul ouvrage que l’on ait jamais critiqué et qui, sans exciter l’envie, ait dans tous les temps réuni tous les ouvrages, et cet ouvrage fut écrit par une femme. Les Lettres de Madame de Sévigné offrent toujours un modèle parfait du style épistolaire, et un modèle unique, non seulement par le naturel, la grâce, l’esprit, l’imagination et la sensibilité qui les rendent si brillantes et si supérieures à tout ce que l’on connaît dans ce genre, mais encore par l’intérêt qu’inspirent et la femme estimable et charmante qui les écrivit, et les temps qu’elle retrace et les personnages dont elle parle. » 328

Femme (Remarquable. Soeur Rosalie Rendu) : [1786-1856]Religieuse de la Congrégation des Filles de la Charité. Vers 1833, participe avec Frédéric Ozanam à la création de la Société Saint Vincent de Paul. Sur sa tombe est gravé : « À la bonne mère Rosalie. Ses amis reconnaissants, les pauvres et les riches. » 329

Femme (Remarquable. Sohane Benziane) : Brulée vive, en France, à 17 ans, le 4 octobre 2002, dans un local à poubelles à Vitry sur Seine par Djemal Derrar. L’analyse de Kahina, sa sœur ainée, qui la dénomma « la jeanne d’Arc de banlieue » doit être écoutée, connue, analysée, respectée.  330

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (1) : [1766-1817] Subtiles analyses féministes à lire dans : De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (p.124 à 129). 331

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (2) : Auteure de : «  Ils croient se mettre à la portée de leurs lecteurs ; mais il ne faut jamais supposer à ceux qui vous lisent des facultés inférieures aux vôtres ; il convient mieux d’exprimer ses pensées telles qu’on les a conçues. On ne doit pas se mettre au niveau du plus grand nombre, mais tendre au plus haut terme de perfection possible : le jugement du public est toujours, à la fin, celui des hommes [et des femmes] les plus distingués de la nation. » 332

Femme (Remarquable. Stein Édith) : [1891-1943]Édith Stein, après avoir demandé « audience privée » au pape qui lui fut refusée, adressa en avril 1933, une lettre à Pie XI qui lui fut remise par son « père spirituel », dom Raphaël Walzer, « militant anti nazi convaincu ». Dans cette lettre, lucidement alarmiste, « fille du peuple juif » et « fille de l’Eglise catholique », elle «ose exprimer devant le Père de la chrétienté ce qui accable des millions d’Allemands » : « Depuis des semaines, nous voyons en Allemagne se produire des agissements qui témoignent d’un total mépris de toute justice et de toute humanité, sans parler de l’amour du prochain ? Des années durant, les chefs du national-socialisme ont prêché la haine des juifs. [Dans une lettre datée du 11 novembre 1919, elle avait évoqué « l’effroyable antisémitisme qui règne maintenant partout ».] 333 Elle évoque « une opinion publique bâillonnée », « le boycottage des magasins et institutions juives qui ôtent aux personnes leurs moyens d’existence, leur honneur de citoyen et leur patrie [et] en pousse beaucoup au désespoir ». Et elle poursuit : « Tout ce qui s’est produit et se déroule encore quotidiennement est le fait d’un gouvernement qui se déclare ‘ chrétien’. Depuis des semaines, non seulement des juifs mais aussi des milliers de catholiques fidèles en Allemagne - et je pense dans le monde entier- attendent et espère que l’Eglise du Christ fasse entendre sa voix pour mettre un terme à cet abus du nom du Christ. Cette idolâtrie de la race et du pouvoir étatique - martelée chaque jour aux masses par la radio, n’est-elle pas une hérésie ouverte ? […] Nous tous qui sommes les enfants fidèles de l’Eglise et qui, observons les évènements qui se déroulent en Allemagne sans fermer les yeux nous craignons le pire pour l’image de l’Eglise si jamais son silence durait encore. Nous sommes aussi convaincus que ce silence ne sera pas en mesure d’acheter la paix face à l’actuel gouvernement allemand. La lutte contre le catholicisme est provisoirement encore menée avec discrétion et sous des formes moins brutales que celle contre les juifs, mais elle n’en est pas moins systématique. Sous peu, aucun catholique ne pourra plus exercer une charge sans avoir soustrait inconditionnellement à la nouvelle orientation. [ …] » Elle reçut un accusé de réception. Cette lettre fut mensongèrement déclarée perdue par le Vatican, puis refusée de publication et ce n’est qu’en février 2003, à la suite de l’ouverture d’archives du Vatican, qu’elle fut rendue publique. Rappelons aussi qu’elle avait préalablement été béatifiée par Jean Paul II en 1987. Rappelons enfin que devenue Carmélite, Edith Stein, déportée, mourut avec sa sœur Rosa, à Auschwitz en 1942. (Cf. Femme. Nom)

Femme (Remarquable. Schloss Simone) : [1920-2 juillet 1942] L’une des premières résistantes,  communiste. Arrêtée, puis jugée par un tribunal de guerre nazi, avec ses 27 compagnons après avoir été livré-es à lui par la police de Vichy. Eux, seront fusillés au Mont Valérien ; elle, condamnée aussi à mort, mais graciée, « en tant que femme », sera décapitée, 3 mois après, en Allemagne. Une plaque à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique (Paris VIIème) leur rend hommage.

Femme (Remarquable. Tillion Germaine) : [Concernant la dénonciation des tortures infligées à Djamila Boupacha par l’armée française, compte rendu par Gisèle Halimi d’un rendez-vous, le 25 juin 1960, chez M. Patin, président de la « Commission de sauvegarde »] On lit : « Germaine Tillion parla  la première : elle relata notre visite au Garde des Sceaux (M. Michelet), comme à ce dernier, elle expliqua la nécessité du dessaisissement (des Tribunaux d'Algérie en France) : « J'ai vu beaucoup d'affaires de tortures, Monsieur le Président, dit elle. Jamais les plaintes n'ont abouti. Elle ne sont pas instruites : les policiers et les magistrats d'Algérie étouffent les affaires. » M. Patin semblait écouter et ponctuait de raclements de gorge discret l'exposé de Germaine Tillion. « Voyez-vous, Monsieur le président, pendant six ans je n'ai rien voulu divulguer des innombrables cas de tortures que je connaissais… Aujourd'hui, en désespoir de cause, je m'associe au Comité pour Djamila Boupacha »…Le Président eut, à ce moment, un regard rapide sur chacun d'entre nous, pour voir de quelle manière était fait ce Comité. « Oui, conclut Germaine Tillion, l'ultime recours, c'est l'opinion publique.» 334

Femme (Remarquable. Tristan Flora) : Auteure, notamment, de : « Mon Dieux, dites-moi donc à quoi servent les riches sur la terre ? […]  Jamais, je n’ai regretté  ce que j’ai fait depuis 13 ans que j’ai abandonné la vie calme, sûre, tranquille, pour la vie agitée, précaire,  - Mais aujourd’hui moins que jamais je regrette le parti que j’ai pris.- Si j’avais voulu, aujourd’hui, je serais; j’aurais des maisons, des terres, des rentes, mais je n’aurais point le bonheur, pas de vie, mon existence serait monotone. Dieu soit loué, je suis pauvre mais j’ai du bonheur de la vie, une existence remplie, en un mot une position que je ne changerais pas pour aucune autre. […] Je reconnais aussi une chose, c’est que je ne suis pas faite pour les choses matérielles, je n’y apporte pas la même grandeur et la même hardiesse que dans les choses morales et intellectuelles. C’est un tort dont il faut que je me corrige. […] C’est singulier que je sois sans force pour les petites contrariétés quand au contraire j’ai une force invincible pour les grandes douleurs. Quelle bizarrerie il y a dans l’organisation humaine ! Chargez-moi de remuer le monde - cela me va. - Si vous me chargez de remuer un imprimeur et marchand de papier - cela m’irrite, me désole, me rend malade. - Je suis désespérée d’être ainsi ! mais que faire ? Il faut pourtant s’accepter comme on est. - J’enrage tout en me résignant. » 335

Femme (Remarquable. Verny Françoise) : [1928-2004] Auteure de : « Je suis grosse de tout ce que j’absorbe comme de tout ce que je mange. J’ai accepté mon poids, malgré la disgrâce qu’il implique, pour la stature qu’il me confère : Je m’impose par ma prestance autant que je séduis par mon intelligence. » 336 (Cf. Femme « moche »)

Femme (Remarquable. Voronianskaïa, Élisabeth) : « Au cœur du dispositif » important caché de personnes qui aidèrent (frappe, relecture, informations, corrections…) Soljenitsyne pour la rédaction de L’Archipel du Goulag. Retrouvée par le KGB, sous la torture, elle dit où se trouvait un exemplaire du livre. Elle fut retrouvée pendue. Sa mort aurait décidé Soljenitsyne d’en décider la publication à l’étranger.

Femme (Remarquable. Weil Simone) : [1909-1943]La qualifier d’« être  supérieur », c’est n’avoir rien compris d’elle. C’est la nier, nier sa vie, nier son œuvre, indissociables. C’est infamant. 337

Femme (Remarquable. Zassoulitch Véra) : [1849-1919] La concernant, lu dans les Mémoires d’un révolutionnaire de Pierre Kropotkine : [Le 24 janvier 1878] Une jeune fille, Véra Zassoulitch qui ne connaissait même pas personnellement Bogoloubov [un prisonnier politique, emprisonné, frappé, puis fouetté par Trépov, le chef de la police parce qu’il avait refusé de « quitter son chapeau pour saluer le satrape omnipotent »]  prit un révolver, alla [chez lui] et tira sur lui. Trépov fut seulement blessé. Alexandre II, qui vint visiter le blessé, se fit ouvrir la porte de la salle où l’on tenait Véra Zassoulitch arrêtée, et jeta un coup d’œil sur l’héroïque jeune fille. Elle dut faire impression sur lui, par l’extrême douceur de sa physionomie et la modestie de son maintien. Trépov avait tant d’ennemis à Pétersbourg qu’on réussit à porter l’affaire devant le jury de la cour d’assises. Là, Véra Zassoulitch déclara qu’elle n’avait recouru au révolver qu’après que tous les moyens employés pour porter l’affaire à la connaissance du public et obtenir réparation avaient été épuisés. […] Maintenant que l’affaire était devenue publique, elle était très heureuse que Trépov n’avait été que légèrement blessé. Le jury l’acquitta et lorsque la police essaya de l’arrêter à nouveau, au moment où elle quittait le palais de justice, les jeunes gens de Pétersbourg, qui se tenaient aux alentours du palais, la sauvèrent des griffes des agents. Elle passa à l’étranger et bientôt, elle fut des nôtres. Cette affaire fit sensation dans toute l’Europe. […] » 338
* Clarification. Véra Zassoulitch prit ses distances avec l’anarchisme, puis, après notamment des échanges avec Karl Marx, rejoint progressivement le marxisme, auquel elle adhéra formellement en 1883.

IX. Femmes :

Femmes (1) : Êtres humains politiquement en devenir, souvent situé-es entre « la famille » et « la vie privée [des hommes] ». Nouvel avatar : elles sont - nous sommes - dorénavant aussi situées « entre sexe et genre » 339, et même, dernièrement, entre « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». 340 (Cf. Sexe, Langage (Genre)

Femmes (2) : Dans un livre récent consacré aux « femmes » 341, j’ai relevé au singulier et/ou au pluriel, l’existence de femmes qualifiées de : mères, épouses, filles, fiancées, maitresses, amantes, concubines, mariées, célibataires, de qualité, maitresses de maison, ménagères, sœurs, veuves, chefs de famille, nobles, aristocrates, bourgeoises, républicaines, révolutionnaires, socialistes, démocrates, citoyennes, militantes, libre penseuses, oratrices, marginales, paysannes, domestiques, journalières, cantinières, ambulancières, ouvrières, servantes, domestiques, institutrices, libres penseuses, intellectuelles, guerrières, combattantes, engagées, plébéiennes, pétroleuses, criminelles, condamnées, oratrices, électrices, etc, etc.…
- Mais où était leur équivalent masculin qui aurait permis une comparaison terme à terme ? Tant que de telles comparaisons ne seront pas systématiquement explicitées et /ou la norme, les femmes demeureront l’exception - jamais justifiée donc toujours arbitraire - des normes masculines, patriarcales, dès lors confortées. (Cf. Histoire (des femmes))

Femmes (Africaines) : [Juillet 2014] La présidente d’un mouvement de femmes Gabonaises, auteure de : « La condition des femmes sur le continent africain est inadmissible ; ce sont ces femmes là qui portent ce continent sur leur dos […] » Universel, et ce, quels que soient les continents et la nature des régimes politiques.  342 

Femmes (Aiguille) : Gina Lombroso [1872-1944], en 1931, auteure (antiféministe) de : [ ..] L’aiguille (et je comprends dans ce mot, le crochet, les aiguilles à tricoter, la navette et tous les instruments propres à réaliser l’antique travail féminin) l’aiguille est la gloire de la femme, son invention la plus importante. […] L’aiguille est le moyen le plus simple que la civilisation ait inventé pour faire une œuvre complète par elle-même, utilisable à l’instant même. […] Le maniement de l’aiguille est une immense supériorité que le femme possède sur l’homme. […] Avec elle, la femme peut calmer les angoisses les plus torturantes et transformer parfois la douleur en une magnifique œuvre d’art. » […] Nous sommes toutes, quelle qu’ait été notre éducation, peu ou prou les filles de ces assignations à « l’aiguille »…

Femmes (Algériennes) : Combien d’entre elles ont-elles été violées par les Français pendant les 130 années de la colonisation de l’Algérie, et plus particulièrement pendant la guerre d’Algérie ? Combien d’entre elles ont-elles été prostituées dans les bordels d’Alger, Oran, Constantine et autres, sans oublier ceux de la Légion Etrangère, ainsi que les BMC (Bordels militaires de campagne) généreusement « approvisionnés », notamment dans l’Indochine coloniale, par l’armée française en femmes algériennes ?
- Quel silence ! Quand sera t-il enfin brisé ?
* Ajout. 5 novembre 2014. Si vous voulez maintenir cette chape de plomb, organisez un colloque : Cf. notamment « La Guerre d’Algérie, le sexe et l’effroi », le 9 et 10 octobre 2014, organisé à la BNF-François Mitterrand et à l’Institut du Monde Arabe. 343 (Cf. Viol)

Femmes (Amies) :Elle était tout à la fois, comme tant de femmes, forte, tout en étant manipulée, dominée, humiliée par son mari. Elle était mon amie. Je ressentais que c’était aussi moi qu’il manipulait, dominait, humiliait. C’était difficilement supportable. Lorsqu’elle parlait, j’entendais parler son mari. À terme, cela ne fut plus possible. Elle demeura une amie…absente. (Cf. Famille, Hommes, Patriarcat)

Femmes (Amoureuses) : Le nombre de femmes, remarquables, d’une manière ou d’une autre, amoureuses d’un type minable que nous offrent le cinéma, la littérature, la presse est incommensurable. (Cf. Culture. Cinéma. Shanghai Express)

Femmes (Appel de Coluche) : [30 Octobre 1980] « J'appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s'inscrire dans leurs mairies et à colporter la nouvelle. Tous ensemble pour leur foutre au c…avec Coluche. Le seul candidat qui n’a aucune raison de vous mentir. »
- Conclusion : les « femmes » ne sont pas lesbiennes et les lesbiennes ne sont pas des « femmes », et elles ne sont ni « fainéantes », ni « crasseuses », ni « arabes », ni...

Femmes (Artistes. Chanteuses françaises (d’antan) : Yvette Guilbert, Anna Thibaud, Damia, Berthe Sylva, Fréhel, Colette Renard, Yvonne George, Mistinguett, Germaine Montero, Agnès Capri, Marie Dubas, Lys Gauty, Lucienne Boyer, Germaine Béria, Marianne Oswald, Suzy Solidor, Lucienne Delyle, Jacqueline François, Jeanne Aubert, Marie Josée Neuville, Lucienne Dugard, Arletty, Germaine Sablon (considérée comme la seule artiste résistante), Hélène Delavault, Catherine Sauvage, Mireille, Cora Vaucaire, Gribouille, Rina Ketty, Annette Lajon, Colette Magny, Édith Piaf, Patachou, Catarina Valenta, Georgette Plana, Léo Marjane, Francesca Solleville, Pia Colombo, Marie Dubas, Michèle Bernard, les sœurs (Louise et Odette) Étienne, Yvonne Printemps, Monique Morelli, Danielle Messia, Joséphine Baker, Renée Lebas, Nicole Louvier, Dalida, Mama Béa, Magali Noël, Christine Sèvres, Colette Chevrot, Odette Laure. Sans oublier Mado Robin qui, extraordinaire cantatrice, ne méprisait pas les chansons (« Le temps des cerises) ».
- Et, parmi celles qui, bien que toujours d’antan (pour moi…), n’en sont pas moins toujours présentes : Simone Réal, Mick Micheyl, Hélène Martin, Nana Mouskouri (Grecque de nationalité), Marie Laforêt, Suzy Delair, Alice Dona, Georgette Lemaire, Francesca Solleville, Dominique Grange, Marie-Paule Belle, Zizi Jeanmaire, Simone Langlois, Françoise Hardy, Nicoletta, Nicole Croisille, Hélène Delavault, Véronique Pestel, Sabine Viret … Et bien sûr, Brigitte Fontaine, Sapho, Juliette Gréco et Anne Sylvestre et à ses inoubliables chansons féministes. Sans oublier la compositrice Marguerite Monnot. [10 juillet 2015]
- Que de merveilles, de destins ! Que de pertes de mémoire, que l’on peut néanmoins au moins partiellement se remémorer…lorsque des archives existent.
- Une précision : Si je ne cite pas les jeunes chanteuses, les chanteuses contemporaines, à l’exception d’Agnès Bihl, la seule explication est celle de ma méconnaissance, de mon incompétence donc.

Femmes (Attirance pour les hommes ‘forts’) : Lu concernant Alekos Panagoulis : […] « Je ne comprenais pas les femmes qui […] tombaient éperdument amoureuses, prêts à trahir leur mari, à s’humilier pour être malmenées cinq minutes contre un mur ou sur un lit, afin de pouvoir raconter aux autres ou à elles-mêmes qu’elle t’avait touché. […] » 344 (Important. À prolonger)
* Ajout. 1er janvier 2016. Comte de Bussy-Rabutin 51618-1693], auteur de : « Les femmes ont naturellement de l’estime pour les actions de courage…»345

Femmes (Autodéfense) : Nécessaire.

Femmes (Assassinées) : En France, des femmes sont quasi quotidiennement assassinées par des hommes sans que ces crimes ne fassent le plus souvent plus de bruit que celui de l’arrivée d’une dépêche sur un ordinateur. L’analyse dépasse rarement celle du constat selon lequel l’homme était « inconnu des services de police », qu’il était dépressif, sans emploi, bon voisin, « venait d’un milieu social extrêmement défavorisé », « ivre au moment des faits » 346, qu’il avait été lui-même, violé, qu’il y avait eu une « dispute », un « conflit » (la quasi norme…), que sa femme l’avait quitté ou dont il était séparé…
Puis, le filon étant un peu épuisé, il reste alors à s’interroger - dans la recherche de son humanité - ou plutôt, de son bon droit ? - sur ses « motivations », sur la conscience qu’il avait ou non de son ‘acte’, de son ‘geste’.
- Mettre en relation le sexe de la victime avec celui du criminel est hors sujet.
- L’émotion politique - si souvent de commande - n’est de mise que si l’assassin est récidiviste, tandis que « les marches blanches » sont censées n’avoir aucune signification politique.
- Chaque assassinat (et/ou viol) transmet le message suivant : Quoi que vous pensiez, qui que vous soyez, je suis plus fort que vous, je suis maître de votre corps, de votre sexe, de votre vie, de vous, que je peux marquer à vie et /ou supprimer. Et voici la preuve de ma vérité, c’est celle de ma puissance.
- La société dans son ensemble, a fortiori le monde politique, sauf exceptions, globalement cautionne. Si, pour pouvoir agir, il faut a minima, pouvoir s’identifier à la souffrance de la victime, alors, les hommes continueront à tuer des femmes. Nous n’en sommes même pas là, tant s’en faut. 347
- À méditer, cette puissante analyse de Chateaubriand : « Ils ne voulaient pas lâcher le crime, de peur de perdre la puissance. » 348 (Cf. Hommes. Intellectuels. France. XXème siècle. Althusser (Louis), Patriarcat, Récidive, Violences faites aux femmes)

Femmes (Assassinées, prostituées, violées, harcelées, battues...) : Ces femmes paient de leur vie le prix de l’indépendance de toutes les femmes. (Cf. Violences faites aux femmes)

Femmes (Au foyer) : Il est d’autant plus aisé au mari de la ‘femme au foyer‘ de [lui] mentir, de lui raconter n’importe quoi concernant ses rapports au monde extérieur, qu’elle n’a que peu ou pas d’éléments qui lui permettraient de confronter les paroles de son mari à la réalité. Ne pouvant voir le monde de ses propres yeux, elle ne peut le voir que par ce qu’il lui en représente ; si tant qu’il lui parle, que peu ou prou il éprouve le besoin de lui rendre des comptes.
* En soi, et sur ce seul fondement, conforte la domination masculine. (Cf. Patriarcat)

Femmes (« Bas bleus ») : Combien de génies, de talents, d’intelligences, de passions, combien de germes de pensées et de vies, étouffées, détruites du fait de l’emploi, aux seules femmes, de ce qualificatif ?
- N.B : « cuistre » n’est pas le masculin de « bas bleus ». (Cf. Etres humains. Injures)

Femmes (Bagnes) : Henri Rochefort [1831-1913] écrit que, en partance pour le bagne en Nouvelle Calédonie à bord de « la Virginie », en 1873, sur 125 déporté-es, l’on comptait 22 femmes. Parmi elles, Louise Michel, Madame Lemel « socialiste ardente, blessée sur les barricades lors de la ‘semaine sanglante’ [de la Commune de Paris], une des plus belles et des plus fortes intelligences que j’ai connu. L’éloquence et le bon sens, chez elle, sont égaux à la bravoure. » écrit-il. Il évoque aussi « la grande Victorine » qui disait aux religieuses : « Ah, je vous prie de croire, mes sœurs, que je ne suis pas ici pour avoir enfilé des perles ! […]», Madame Leroy et Madame Leblanc « dont l’odyssée était si particulièrement lamentable qu’il était impossible de la regarder sans que le cœur se serrât. L’histoire de Mme Leblanc justifiait amplement l’exclamation de la grande Victorine : Quelles crapules que ces Versaillais ! […] ».
- Henri Rochefort constate que les 22 femmes étaient installées dans « une cage » […] « pas plus grande que [le lieu qui lui fut affecté][il était]  seul ». 349

Femmes (Beauté) : Toute référence à la (supposée) beauté (ou non) d’une femme est - dois je ajouter : selon moi ? - une injure (grossière) à l’intégrité de sa personne, par là même niée. En sus, elle confirme le droit de celui qui la juge ainsi de son bon droit à la juger ainsi. Refuser d’emblée toute appréciation sur ce fondement : mieux, que l’hypothèse même en soit exclue. L’intelligence, notamment masculine, un moment déstabilisée, s’en trouverait fort bien, tandis que la concurrence entre femmes en serait d’autant allégée. Et la solidarité entre elles raffermie.
* Déjà, en 1760, Diderot évoquait « une belle femme qui porte une grande âme et qu’on loue de sa beauté. Elle vous remercie d’une manière si froide et dédaigneuse ! C’est comme si elle vous disait : ‘Vous vous en tenez à l’écorce.’ » Pertinent. 350
* En 1792, Mary Wollstonecraft considérait que : « […] si […] les femmes ne renoncent pas au pouvoir arbitraire de leur beauté, ce sera la preuve qu’elles sont moins intelligentes que les hommes. » 351
* Et, en 1796, Madame de Staël écrivait : « La figure d’une femme, quelle que soit la force ou l’étendue de son esprit, quelle que soit l’importance des objets dont elle s’occupe, est toujours un obstacle ou une raison dans l’histoire de sa vie ; les hommes l’ont voulu ainsi. Mais plus ils sont décidé à juger une femme selon les avantages ou les défauts de son sexe, plus ils détestent de lui voir embrasser une destinée contraire à la nature. » 352 L’histoire : un éternel recommencement ? (Cf. Compliment, Êtres Humains (Corps), Miroir, Personne (Belle), Sexe)

Femmes (Besoin d’être aimées) : Le besoin d’être aimées que l’on a si souvent reproché aux femmes n’était - n’est toujours, pour beaucoup d’entre elles - que l’expression nécessaire, exprimée selon les normes socialement acceptées, d’une sécurité matérielle, pour elles et leurs enfants, ou, plus justement, d’une croyance à ladite sécurité, affective et matérielle liées. En réalité : un leurre.
- Pour approfondir la réflexion, Cf. Joseph Joubert [1754-1824] : « Les hommes prennent le parti d’aimer ceux qu’ils craignent afin d’en être protégés. » 353 Puissant. (Cf. Être humain (Amour), Famille (Mariage), Langage (Verbe. Protéger)

Femmes (« Bonnes-à-tout-faire ») (1) : Elles étaient considérées comme « bonnes à rien », elles furent donc logiquement affectées à être « bonnes à tout [faire] ». Y compris à être violées. Il en fut peu ou prou de même pour les « fille de cuisines » (renvoyées par la Françoise de Proust), les « femmes-de-chambre », les « employées-de-maison », les « femmes-de-ménage », les « femmes-de-journée », les « femmes-de-peine »…) (Cf. Violences. Droit de cuissage)

Femmes (« Bonnes-à-tout-faire ») (2) : Entendu : « Je suis à la fois la sonnette et la réponse à la sonnette. » Enrichit le concept d’exploitation ? 354

Femmes (« Bonnes-à-tout-faire ») (3) : Quand on refuse le terme de « bonnes », de « femme de chambre », on ne peut que refuser celui de « valet de pied » (évoqués par Proust),de « valet» (dont j’ai découvert sa permanence, à l’occasion de la grève du Royal Monceau). 355 Comme celui d’« homme de ménage », d’« homme-à-tout-faire »...

Femmes (« Bonnes-à-tout-faire ») (4) : En 1994 encore, Françoise Giroud, qui fut Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de la Condition féminine entre juillet 1974 et août 1976, évoquait : « [sa] servante », « [safidèle servante », « [sa] soubrette ». Elle écrivait aussi, dans le même livre : « Les rapports d’une homme, d’une femme avec les subalternes ( !) ne sont jamais insignifiants ». Certes… 356 (Cf. Femme. Politique, Politique. Exploitation, Langage)

Femmes (« Bons Pasteurs ») : L’histoire et la dénonciation des tortures, enfermements, violences, sadismes, mépris, sans oublier le travail gratuit, etc.…qui ont été le quotidien de tant de femmes pendant des siècles par les institutions du Bon Pasteur reste à écrire. On peut se référer à l’article de Jacques Tremintin, l’Internationale de la maltraitance (26 avril 2010). La responsabilité l’église catholique, mais aussi de l’État français qui s’est totalement déchargé, sans contrôle, sur les Bons Pasteurs, est engagée. Pourquoi ce qui a été dénoncé concernant Casa Pia au Portugal, les Laveries de sœurs de Marie-Madeleine en Irlande, le scandale des « enfants enlevés » en Espagne ne l’est-il pas concernant les Bons Pasteurs en France ?
* Lire le chapitre concernant Marie Rose dans l’excellent livre de Maud Marin, Tristes plaisirs. 357 (Cf. Infanticide (Michelet))  

Femmes (Bouleversées) : Pourquoi ce qui bouleverse tant de femmes laisse t-il tant d’hommes - au mieux - indifférents ? (Cf. Mélo (Film, livre))

Femmes (Bourgeoises, petites bourgeoises)  : Lu dans les Nouvelles Lettres portugaises, (1974)  : « Je réponds à qui dit que le problème de la femme est petit bourgeois, d’origine bourgeoise [qu’il] oublie que la bourgeoisie s’est installée sur une terre déjà faite à la sueur des femmes. » 358 Forte analyse. (Cf. Marxisme)

Femmes (Charité) (1) : La charité (assimilée aux « bonnes œuvres » dont les femmes auraient le monopole) fut si souvent la seule manifestation d’expression religieuse, sociale, politique laissée aux femmes qu’il serait injuste de les critiquer sur ce fondement. Ce constat ne valide pas, pour autant le terme, ni la fonction politique qu’il a joué et joue encore : il demande simplement une analyse sémantique historicisée, distinguée selon que le terme concerne soit les femmes soit les hommes.  

Femmes (Charité) (2) : Je lis dans le texte de Marie-Armande Gacon-Dufour, Mémoire pour le sexe féminin contre le sexe masculin [1787] ceci : Adressé
* aux [jeunes gens] : « Ne risquez pas de leur parler de charité, vous courez le danger de les entendre s’écrier sottement : avons-nous trop d’argent pour nos plaisirs ? des jeunes gens n’ont-ils pas toujours de nouveaux besoins ? Et nos maîtresses ? Et nos habits ? et nos chevaux ? […] »
* à l’auteur de Réflexions d’un jeune homme [1786] : « Que le Chevallier de Feucher, pour se convaincre de ce que je dis, se fasse ouvrir les registres des paroisses où sont inscrites les personnes bienfaisantes ; et il verra s’il y en a d’autres que les femmes. […] » 359

Femmes (Charité) (3) : Je lis, au Danemark, à la fin du XIXème siècle, concernant l’une des sœurs de Karen Blixen, ceci : « Elle avait hérité en grande partie de l’idéalisme de sa tante et d’un peu de sa lourdeur. Elle devint une jeune femme tourmentée et inquiète, à la recherche d’un idéal ou d’une cause qui aurait mérité qu’elle y consacrât sa vie - d’abord le socialisme, puis la reconquête du Sud du Jutland alors aux mains des Allemands. Dans le même esprit d’engagement, elle voulut faire plus tard de son improbable mariage une réussite et, devenue une riche mère de famille, elle se lança dans les bonnes oeuvres en fournissant abris et nourriture aux chômeurs. » Ici, « bonnes œuvres » et engagements politiques sont clairement indissociables. 360 (Cf. Politique. Charité)

Femmes (Charité. Séverine) : [1855-1929] Séverine, auteure de : […] « La charité, la douce, tendre, adorable Charité, sœur cadette de la Justice a fait sa tâche, donné jusqu’au sang de ses veines ; et aujourd’hui, se tort les mains, désespérée, devant l’échec de son effort, l’inutilité de son sacrifice, le néant de son abnégation. Sur le champ de bataille social, comme jadis, le même cri s’élève : « Ils sont trop » ! Ils sont trop, les sans-le-sou et les sans-pâture, les sans-souliers et les sans-gîte ; les mères au sein tari, les pères au cœur navré ; les enfants à bout de forces ; les vieux à bout de résignation ! […] La charité qui, ayant l’arbitraire pour base, laisse donc beaucoup à désirer, mais qui, somme toute, en attendant mieux, est encore la plus noble inspiration de l’âme humaine, parce qu’elle procède de l’esprit de justice, ne peut plus rien. Minime ou grandiose, elle est débordée : on n’aide plus les affamés qu’à prolonger leur agonie ! Jusqu’ici, ils se résignent ; et c’est tant mieux pour les possédants. Mais si, demain, ils se révoltaient ? […] Le grand Pan est mort - La Charité a vécu ! Est-ce à dire qu’on doit y renoncer ? Jamais ! tant qu’on n’aura pas changé l’ordre social. Il faut au contraire s’y adonner passionnément, éperdument ; mais reconnaître que l’unique Justice, l’espérée, l’attendue, peut seule, par une répartition plus égale des biens de ce monde, remédier au fléau. […] »361

Femmes (Charité. Tristan Flora) : [1803-1844] Flora Tristan, à des femmes qui s’affirmaient : « femmes de charité », répondit : « Non, mesdames, vous n’êtes que des femmes d’aumônes. » 362

Femmes (« Cent millions. Deux fois ») : « On sait qu’il y a, dans le monde, à peu près cent millions de femmes qui sont éliminées tous les ans, [par l’avortement des fœtus de petits filles, infanticides à la naissance, ou de négligence des filles au profit des garçons] 363 ; on sait qu’il y a dans le monde, à peu près cent millions de femmes sont excisées tous les ans […]. » 364
- Cent millions (deux fois) de femmes : une broutille.

Femmes (CICR) : [7 juillet 2012] : Frédéric Joly, Porte parole du Comité international de la Croix rouge : [Concernant la Syrie] : « Ce qui est important, c’est que les belligérants ( ?) reconnaissent un espace humanitaire ( ?) dans lesquels sont protégés par nature (!), les blessés, les malades et tous les civils qui ne font pas partie du conflit (!), des violences ( !) ; je pense essentiellement aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées ». Et il poursuit en souhaitant « pouvoir travailler en faveur des personnes qui n’ont rien à voir avec le développement des violences actuelles.» 365
- Les Syriennes, plus particulièrement, apprécieront.
- Il y a des institutions qui vieillissent vraiment mal…

Femmes (Chefs) : S’extasier de leurs exceptionnelles qualités. Évite d’avoir à s’interroger pour comprendre par quels processus les hommes se sont, en moins d’un siècle, accaparé quasi exclusivement le quasiment seul domaine - la cuisine - réservé aux femmes. Celui, en outre, où elles excellaient.

Femmes (Cheptel) : Le chauffeur de François Mitterrand rapporte la réaction de ce dernier lorsqu’il lui a annoncé son prochain mariage. Celui-ci lui demande : « Avec qui ? » Le chauffeur lui répond que sa future femme travaille, comme lui, à l’Élysée (service de l’intendance). Réaction de Mitterrand : « Alors, vous tapez dans mon cheptel ! » 366
- Qu’en pensent les femmes qui ont (monstrueuse expression) « couché » avec lui, l’une d’entre elles m’ayant, par ailleurs dit, qu’il s’était agi, la concernant, d’un ‘service minimum’, pour ne pas dire le fait d’un grossier, d’un vulgaire personnage… ? (Cf. Droit de cuissage, Hommes politiques. France. XX, XXIème siècle. Chirac (Jacques))

Femmes (Chômage) : [1932] La description du congé d’un « fonctionnaire colonial » telle que présenté - sans commentaire - dans les Carnets de Louis Guilloux : « Boire, manger, dormir, voilà mon programme. De temps en temps, je fais une petite virée à Paris. Depuis qu’il y a du chômage, on a des femmes épatantes pour pas grand-chose. » 367 (Cf. Proxénétisme)

Femmes (Colère) : Si les femmes s’autorisaient plus de colère, et donc plus d’indignation, et donc plus de compréhension et d’intelligence d’elles-mêmes dans le monde, il y aurait beaucoup moins d’hommes violents. La colère est aussi bonne conseillère, souvent même nécessaire, contrairement à l’affirmation contraire. (Cf., Politique (Indignation), « Sciences » sociales. Psychanalyse, Violences faites aux femmes)  

Femmes (Communes à tous) : À la genèse - plus ou moins refoulée - de toutes les pensées communistes (les quelles n’en avaient pas pour autant l’exclusivité). Et de celles de tant d’hommes encore…(Cf. Femmes (Échange))
* Ajout. 28 septembre 2015.Lu, concernant une jeune fille qui était devenue mère après avoir ‘fait l’amour’ avec un homme de son village : « ‘Avec celle-là, il y a moyen’ : la brèche est faite, tous s’y pressent. » 368  

Femmes (Communisme) : En Russie en 1917, 2 % de femmes membres du parti bolchevik. En France, en 1922, on comptait au parti communiste français : 20 femmes sur 1.100 cartes dans la Fédération du Gard, 5 sur 500 dans celle des Pyrénées Orientales, 30 sur 2500 dans le Rhône, 92 sur 1200 dans la ‘Seine-Inférieure’ et une sur 1600 dans la Corrèze, plusieurs autres fédérations n’ayant qu’un recrutement exclusivement composé d’hommes. 369
- Et l’on continue à écrire l’histoire (notamment) communiste, comme si cette réalité n’était pas politiquement fondamentale.

Femmes (Compétences politiques) : Et si les compétences politiques majeures et indépassables des femmes étaient leur connaissance des hommes ? On comprendrait mieux alors la nécessité des bâillonner.

Femmes (Confucius) : (Attribué à) Confucius :« […] Le roi Wu a dit qu’il avait lui-même dix ministres. Confucius dit : «  […] Et le roi Wu n’avait que neuf ministres en fait, car l’un des dix était une femme. […] » 370

Femmes (Condamnées) : Combien de femmes ont-elles été condamnées (et /ou poursuivies) par la justice, parce que, sans si souvent même le savoir, elles avaient ont servi pour des hommes (maris, proxénètes, amants) de cautions, d’investissements, de prête-noms, d’appâts, de valises, d’agents de liaison, de cobayes, de base arrière, d’avant-gardes, de cache-sexes ?

Femmes (Concurrence entre elles) : Lu : « La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et la présidente du Front national, Marine Le Pen arrivent en tête du palmarès des femmes politiques avec respectivement 30% et 26% de voix, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. » 371 La suite de la dépêche ressemble par ailleurs étrangement aux commentaires de l’arrivée du tiercé. (Cf. Femmes (Politiques), Politique (Front national. Parti)

Femmes (« Contemplatives ») : [1979] Un fort bon livre, celui de Catherine Baker : Les contemplatives, des femmes entre elles, qui démontre par ailleurs que l’on peut conjuguer analyses, engagements féministes et respecter, comprendre et critiquer les religieuses dites « contemplatives » interrogées. [130 dans 170 monastères]. 372 (Cf. « Science » humaines. Sociologie)

Femmes (Criminelles) : Le sont le plus souvent du fait des hommes. Constat primaire mais juste. Si reconnu, viderait considérablement le nombre de femmes en prison.

Femmes (Culpabilité) : Sabine Dardenne, l’une des victimes de Marc Dutroux, auteure de : « La culpabilité est une arme aussi efficace qu’un révolver menaçant. » 373 (Cf. Enfants (Conscience de soi))

Femmes (« De pouvoir ») : Ne font pas rêver les jeunes filles…À juste titre. De quelles vertus, de quelles qualités, de quelles ‘réussites’ peuvent-elles se prévaloir ? De quels modèles sont-elles porteuses ? Quelle vie, quel monde incarnent-elles ?

Femmes (« Défaite Historique des ») : Cause première de la violence du monde : ? En tout état de cause, une analyse d’Engels dont on ne tire jamais assez ni la pertinence, ni les enjeux, ni les conséquences. Ni ses limites…

Femmes (Dénis) : « Les femmes sont, en tant que groupe social, l’objet d’un déni de réalité : dès qu’il est visé en tant que tel, il n’existe plus, il se dissout dans les particularités. » Les femmes n’étant pas un « groupe social », cela induit-il que la suite de l’argumentation soit fausse ? Non. 374

Femmes (Dénis de grossesse) : On ne comprend pas (si tant est que l’on puisse « comprendre » ce qui est si complexe) le déni de grossesse, indépendamment du déni de soi, du déni des femmes, du déni, de la méconnaissance, de la crainte, de la honte de leur corps, du déni de leurs souffrances (y compris du fait de la maternité, a fortiori en dehors des liens du mariage), du déni des violences du monde. Évident ? Banal ?

Femmes (Déportées dans les camps Staliniens) : [1939] «Le nombre des ‘nouvelles’ s’accroissait de jour en jour. Des centaines de femmes arrivaient, victimes des lois récentes contre l’avortement. Elles étaient en général accueillies par des moqueries et des rires. » 375 Peu connu.

Femmes (D’exception) : Cette formulation a le grand avantage de les isoler des autres femmes. Et de ne pas avoir à les comparer aux hommes.
* Ajout. 4 février 2015. Cette critique est aussi valable pour « Femme remarquable ».
* Ajout. 5 novembre 2014. Phyllis Chesler, auteure de : « Les exceptions individuelles n’ont rien à voir avec la compréhension des règles et des forces auxquelles elles font exception. Le fait de se référer sans cesse à la doctrine des ‘exceptions individuelles’ ou de s’y raccrocher est généralement le propre de la lâcheté, de l’ignorance ou d’objectifs intéressés ». 376 Sévère et juste.

Femmes (D’Holbach) : [1773] « Dans toutes les contrées de la terre, le sort des femmes est d’être tyrannisées. […] L’Européen (comparé à  « l’homme sauvage », à « l’Asiatique », « dans tout l’Orient ») au fond, malgré la déférence apparente qu’il affecte pour les femmes les traite t-il d’une façon plus honorable ? En leur refusant une éducation plus sensée, en ne les repaissant que de fadeurs et de bagatelles, en ne leur permettant que de s’occuper que de jouets, de modes, de parures, en en leur inspirant que le goût des talents frivoles, ne leur montrons-nous pas un mépris très réel, masqué sous les apparences de la déférence et du respect. » 377 une fois encore, que de trésors d’analyses nous a t-on cachées…

Femmes (Diderot) : « S’il n’y avait point de femmes pour un méchant, il y aurait bien moins de méchants. » 378 La simplicité de l’expression n’exclue pas la profondeur de l’analyse…

Femmes (Dignité) : Bertha von Suttner, auteure, dans son roman, féministe, pacifiste, Bas les armes, en 1889, de : «[…] Je prétendais ne donner mon cœur qu’à un homme digne de lui. […] » 379 ; Alice Sapritch, actrice, [concernant son ex-mari Guillaume Hanoteau], auteure  de : […] « Cet homme ne m’a pas mérité. […] Il « ne s’est pas montré digne de recevoir ce que je lui apportais. » 380 (Cf. Femme (Remarquable)

Femmes (Distinguées) :Dans sa jeunesse, il divisait les femmes en « femmes distinguées » et les autres…En vieillissant, il eût été horrifié que l’on lui rappelât.

Femmes (Échange des) (1) : Après avoir écrit : «  On ne prend publiquement que ce qui vous appartient », Colette Guillaumin poursuit : « Pour approprier des hommes mâles, il faut une guerre… pas pour les hommes femelles, c’est à dire les femmes. Elles sont déjà propriété. Et lorsqu’on nous parle […] d’échange des femmes, on nous signifie cette vérité-là, car ce qui s’échange est déjà possédé ; les femmes sont déjà la propriété antérieurement de qui les échange. »
Cette analyse s’avéra, pour moi, en son temps, une révélation. 381 (Cf. Hommes (Concurrence entre eux) 

Femmes (Échange des ) (2) : André Gide [Tchad. 1925], auteur de : […] « Les Indigènes, d’après ce que nous dit Zigla (un des Noirs les plus intelligents que nous ayons rencontrés), auraient un plus grand nombre de femmes aujourd’hui, parce que, en cas de contestation, répudiation, ils trouvent facilement appui auprès du juge blanc pour se faire rendre la dot ; que d’autre part, ils n’ont plus à craindre les razzias ; et qu’enfin et surtout, si, pour payer l’impôt, le chef du village va trouver un indigène et lui dit : tu as plusieurs bœufs ; on va en vendre un pour parfaire la capitation, il ne peut opérer ainsi avec les femmes. Alors, il vaut mieux acheter une femme qu’un bœuf (Ajouter que l’indigène fait travailler la femme et ne fait pas travailler le bœuf.)» 382 Sans commentaire, ni jugement de Gide, l’anticolonialiste…(Cf. Sciences humaines. Anthropologie, Patriarcat)

Femmes (Écrits de) : Les écrits de femmes lus par un homme comédien : substitution, recouvrement, envahissement, mépris. Inconscience ? [Après avoir entendu Michael Lonsdale lisant une nouvelle - dans laquelle le « je » est pourtant explicité - de Virginia Woolf.] 383 Vrai aussi pour les chansons évoquant la vie des femmes. Comparer Filles d’ouvriers de Jules Jouy chanté par Marc Ogeret, par Serge Utge-Royo avec l’interprétation de Michelle Bernard.  

Femme (Enfant-s) : « Je ne veux pas, je ne veux plus d’enfant-s ». Traduction notamment onusienne, modern’style : « Les femmes doivent être informées de [et /ou : faire valoir et / ou : exercer et/ ou lutter pour…] leurs droits reproductifs et sexuels ».

Femmes (Estime) : Ce que la société pardonne le moins aux femmes, c’est qu’elles s’estiment. C’est logique : elles échappent non seulement aux jugements les concernant, mais aussi, potentiellement, à ceux portés sur toutes les femmes : dès lors aucune critique concernant « les femmes » n’a potentiellement plus de prise. Et chacun-e sait que ce qu’un dominant - quel qu’il soit - ne peut accepter, c’est que l’on n’ait plus peur ni de lui, ni de son pouvoir ; ou, plus justement - mais là, cela nous concerne tous et toutes - c’est d’être confronté à un « soi » délesté de son, de ses pouvoir-s. Les féministes ne peuvent s’exclure, concernant les jugements qu’elles se portent entre elles, de cette réflexion. (Cf. Être humain (Soi), Homme (Pantalon))

Femmes (Et…) : Signe manifeste d’une absence de et/ou d’une insuffisante pensée féministe. 384

Femmes (État) : Entendu (juillet 2015), concernant le mari dont elle souhaitait se séparer, une femme déclare : « Il ne voulait pas s’en aller (de leur appartement). Il fallait donc que je parte. » Une autre voulait (septembre 2015) demander 200 euros de dommages et intérêts concernant un homme poursuivi pour avoir photographié les femmes et les jeunes filles nues (dont sa fille) dans des douches d’un camping. L’immense majorité des femmes n’ont pas même conscience que l’État et donc la justice puisse personnellement les concerner et a fortiori contribuer à régler les questions auxquelles elles sont confrontées dans leur propre vie. Et c’est compréhensible : c’est sans elles et contre elles que l’État depuis des siècles s’est construit, et que le concept de « vie privée » continue ses ravages. (Cf. Politique. État)

Femmes (Faibles) :Marivaux [1688-1763], auteur de : « Mais que les hommes aient l’audace de nous mépriser comme faibles, pendant qu’ils prennent pour eux toute la commodités des vices, et qu’ils nous laissent toute la difficulté des vertus, en vérité, cela n’est-il pas absurde ? » 385

Femmes (Formation) : [France. Février 1970] : « Elle était sortie avec un CAP (Certificat d’aptitude professionnelle : premier diplôme d’enseignement dit technique) de couturière. Malheureusement dans la région, il n’y a pas de ces usines qui récupèrent les couturières aux doigts agiles pour les mettre au montage avec un salaire d’O.S (Ouvrièr-es spécialisé-es : traduire non qualifié-es) puisqu’elles n’ont pas le bon CAP de montage ou de bobinage qu’il leur faudrait pour mériter un meilleur salaire, le CAP qu’elles n’obtiendront jamais, puisqu’il n’existe pas, comme un fait exprès. Et du travail de couture, il n’y en a pas. » 386 Cette politique fut délibérée.

Femmes (Fouque Antoinette) : [2008] Auteure de : « Globalement, les femmes s’en sortent bien387

Femmes (Fragiles et / ou vulnérables et / ou précaires) : Remplace progressivement les « faibles femmes », trop connoté XIXème siècle. Signifie la même chose. Les hommes les rejoignent.

Femmes (Françaises) (1) : En France, il est acquis que les femmes sont « libres ». Le fait qu’à l’étranger, elles sont souvent qualifiées de « faciles » est rarement posé comme sujet de réflexions sémantiques. (Cf. Femmes Libres (Sarkozy (Nicolas))

Femmes (Françaises) (2) : Le mépris des femmes et son cortège de violences m’apparaît progressivement avec force comme le dernier rempart de l’identité française : sans pétrole, sans idées, un PIB en berne, une croissance nulle, une dette qui explose. Mais les femmes françaises sont toujours bien cotées sur le marché mondial : une valeur sûre, à entretenir, à valoriser lorsque les autres s’effondrent. (Cf. Luxe, Mode. Proxénétisme)

Femmes (« Frigides ») (1) : Freud, auteur de : « Il faudrait se demander comment il se fait que l’anesthésie [« absence de sentiment de volupté »] soit de façon aussi prépondérante, le trait distinctif des femmes. Un homme anesthésique renoncera bien tôt au coït ; la femme, elle, on ne lui demande pas son avis. […] Les femmes arrivent très souvent à l’acte sexué (se marient) sans amour. […] Elles sont ensuite frigides et le restent. »  (17 décembre 1894) 388 (Cf. Violences. Gilbert Tordjman)

Femmes (« Frigides ») (2) : Luce Irigaray, auteure de : « […] Quand une femme vient me trouver et me dit qu’elle est frigide, je lui dit : ‘Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je ne crois pas une seconde à la frigidité des femmes.’ » 389

Femmes (Fusil) (1) : [Waffen SS. Deuxième guerre mondiale] « Ton fusil, c’est ta femme ». 390

Femmes (Fusil) (2) : À comparer avec : « This is my rifle / This is my gun (leur sexe). One’s for Killing / The other’s for fun » (Chanté, hurlé par les Marines américains) (Cf. Politique. Guerre)

Femmes (Fusil. Armes) (3) :Concernant les armes des combattant-es Viêt-Cong contre l’armée américaine, on lit dans le reportage de Madeleine Riffaud au Vietnam en 1965 391  : « Toutes prises peu à peu sur l’armée américaine, les armes des compagnies étaient ainsi les « filles » des uns des autres. Leurs servants les entretenaient avec des soins jaloux. »

Femmes (Genet Jean) : [1964]Question adressée à lui (pour le journal Playboy) : « Vous êtes vous jamais intéressé à des femmes ? ». Réponse : «  Si, quatre femmes m’ont intéressé : la Sainte Vierge, Jeanne d’Arc, Marie-Antoinette et Marie Curie. »  392

Femmes (Ghiliak) : [Ile de Sakhaline, 1890] Lu dans Tchékhov : « Quant aux femmes, elles sont toutes égales dans l’absence totale de droits, qu’il s’agisse de la grand-mère, de la mère ou d’une fillette au berceau ; on ne les respecte pas plus que les animaux domestiques, qu’un objet qu’on peut jeter ou vendre, ou qu’un chien qu’on chasse à coups de pieds. Encore que les chiens, les Ghiliak les caressent parfois, les femmes jamais. Ils attachent moins d’importance à une noce qu’à une banale ribote, en l’entourant d’aucun rite religieux ou païen. Le Ghiliak troque un épieu, une barque ou un chien contre une jeune fille qu’il emmène dans sa iourte et avec laquelle il s’étend sur une peau d’ours - un point, c’est tout. La polygamie est admise mais ne semble pas très répandue, bien que les femmes soient apparemment plus nombreuses que les hommes. Le mépris du Ghiliak envers la femme, considérée comme un être inférieur, atteint un tel degré qu’il ne trouve nullement répréhensible de la réduire en esclavage au sens le plus direct et le plus dur de ce mot. Selon le témoignage de Schrenck, ils emmènent souvent des femmes aïno en captivité ; il est probable que la femme est pour eux un objet de commerce au même titre que le tabac et le calicot. » 393 (Cf. Famille, Justice (Droits), Patriarcat)

Femmes (Gitanes) : Avoir entendu, le 11 septembre 2012, dans l’émission Les pieds sur terre (France Culture) celle, intitulée Les gitanes de Saint-Jacques, m’a laissée, un moment, sidérée. Et puis, le constat de l’impuissance de ces femmes - tant se révèlent dans leur violences des siècles de domination non contestée - se fait jour. Évoquer, selon l’antienne féministe, le recours à la loi, apparaîtrait grossier, accusateur, indécent, irresponsable. Et l’on est en réduit-e à constater que si notre société n’a à ce jour rien fait pour faire cesser ces monstruosités, plus encore, elle ne fera rien à l’avenir. Que faire alors ? (Cf. Droit, Patriarcat, Violences contre les femmes)

Femmes (Héroïnes) : Juliette Gréco, auteure de [en réponse à la question : « Vos héros dans la vie ? »] : « Toutes les femmes anonymes. » 394 Dans le même sens, Sandrine Bonnaire concernant sa mère : « Une héroïne de la vie ». 395 Mais à féminiser le qualificatif de « héros », le fondement sur lequel celui-ci s’est construit est re-légitimé, alors qu’il devrait être détruit.
- Processus de pensée fréquent dans les analyses féministes. (Cf. Politique. Admiration)

Femmes (Images d’elles-mêmes) : Dans ce que les femmes reprochent aux hommes, se trouve aussi nécessairement l’image qu’elles se sont construites d’elles-mêmes, dont elles ont été dépendantes, dont elles ont payé le prix, en les ayant suivis, aimés, admirés, respectés. (Cf. Féminisme. Patriarcat)

Femmes (Imaginaire) : Dominé. Notamment par Bécassine, Delly, Berthe Bernage, Christophe (La famille Fenouillard), leurs prédécesseurs/euses et leurs avatars modernes. Curieusement - ou plutôt, non, dois-je dire par honnêteté - je n’arrive pas y intégrer la Comtesse de Ségur, tandis que, avec du recul, je m’interroge : Le Prince Éric (ne vivant qu’entouré de beaux jeunes hommes solidaires, et bien peu progressiste, pour employer un euphémisme) s’avéra-t-il une antidote ?

Femmes (Intellectuelles) : Pour paraphraser J.J Rousseau qui constatait, et sans doute entérinait, l’analyse selon laquelle : « [Les femmes] sont comme des courbes dont les sages sont les asymptotes ; ils s’en rapprochent sans cesse, mais n’y touchent jamais » 396, on pourrait encore en France, en 2016, tout au moins dans la conscience d’un grand nombre d’entre eux, écrire : Les intellectuelles sont les asymptotes des intellectuels : elles s’approchent sans cesse d’eux mais ne les touchent jamais.  (Cf. Féministes. Intellectuelles)

Femmes (Intelligentes) (1) : [1859] Stuart Mill, auteur de : « Qui peut calculer ce que perd le monde dans cette multitude d’intelligences prometteuses doublées d’un caractère timide qui n’osent pas mener à terme un enchaînement d’idées hardies, vigoureux et indépendant de peur d’aboutir à une conclusion jugée irréligieuse ou immorale » ? 397 (Cf. Hommes (Féminisme))

Femmes (Intelligentes) (2) : Danielle Mérian, auteure de  […] « vous connaissez des femmes intelligentes qui ne sont pas féministes ? » 398 (Cf. Féminisme)

Femmes (Intelligentes) (3) : Baudelaire, auteur de : « L’amour des femmes intelligentes, un plaisir de pédéraste. » 399

Femmes (Jouir) :On lit, en 1791, dans les Lettres bougrement patriotiques de la a mère Duchêne, journal de femmes « patriotes », le seul défendant et soutenant la Révolution française, ceci : « Le diable ne sera pas toujours à notre porte. Nous méritons bien jouir ; car nous avons bougrement souffert… » 400 (Cf. Homme. Jouir, Histoire. Révolution française)

Femmes (Lâcheté) : Doris Lessing [en 19771], auteure de :« Ce que les femmes disent entre femmes, quand elles grommellent dans leur cuisine, se plaignent, papotent, ou ce qu’elles manifestent clairement dans leur masochisme, c’est bien souvent la dernière chose au monde qu’elles articuleraient à voix haute – un homme pourrait les entendre. Cette lâcheté des femmes s’explique par leur condition de semi esclavages qui a duré si longtemps. Le nombre de femmes prêtes à se battre pour ce que vraiment elles pensent, éprouvent, vivent auprès d’un homme qu’elles aiment est vraiment infime. La plupart des femmes s’enfuient comme des petits chiens sous un jet de pierre dès qu’un homme leur dit : « Tu n’es pas féminine, tu es agressive, tu menaces ma virilité ». Je crois fermement qu’en épousant, ou même en prenant au sérieux un homme qui use de ces menaces, une femme mérite tout ce qui peut lui arriver. Car cet homme là est une brute… […] » 401 Dans sa critique, il y a de pertinence ; mais pour être vraie, légitime, progressiste, n’aurait-il pas fallu que les rapports de domination soient préalablement posés ?

Femmes (Larmes) : Sade, auteur de : « Adélaïde pleura, c’était là toutes ses armes, et se laissa faire. » 402

Femmes (Lesbiennes assimilées aux ‘gays’) : Par quelles régressions féministes, les femmes [dites lesbiennes] qui aiment [sont plutôt attirées par] une ou des femmes ont-elles pu être assimilées aux hommes [dits gays] qui aiment [sont plutôt attirés par] - un ou des hommes ? : Question à clarifier de toute urgence. En l’état, et dans l’attente, délégitime bon nombre d’analyses d’associations gays. (Cf. Femme (Lesbienne)

Femmes (Livres de) : Flora Tristan, le 7 mai 1844, concernant les réactions, à Lyon, à la découverte de son livre L’union Ouvrière : « On croit généralement que ce n’est pas moi qui suis l’auteur du petit livre. On le trouve trop bien écrit, trop bien pensé pour être l’ouvrage d’une femme - on pense donc que c’est un homme supérieur qui l’a fait, et qui n’osant pas se mettre en avant, je suis payée, moi, pour m’y mettre. » 403 (Cf. Histoire)

Femmes (« Mal baisées ») : Denise Cacheux, auteure de : « J’ai été traitée de ‘mal baisée’, la première fois que je suis rentrée au PS, parce que j’avais dit qu’il n’y avait que des mecs à la tribune. Je leur ai répondu : «  De la faute à qui, camarades ? » 404 Une réponse fondée et claire détruit la question stupide. (Cf. Femmes. Jouir)

Femmes (Malédiction) : La malédiction des femmes : la beauté ? la dot ? le mariage ? la maison ? les enfants ? un homme ? des hommes ? les hommes ? l’éducation ? ... Chacun-e peut retirer, ajouter…

Femmes (Manager de…) : Maurice Lévy, « patron du Groupe Publicis », au Women’s Forum de Deauville [octobre 2014], auteur de : « Je n’ai jamais été un bon manager de femmes [car j’ai toujours été intimidé par elles] ». Et il poursuit, pour récuser le principe des quotas, en se référant explicitement, positivement, à Élisabeth Badinter, « féministe », « Présidente du conseil de surveillance et deuxième actionnaire du Groupe (NDLR) » ; en réalité, sa patronne. 405.
- L’expression de « manager de femmes » me fait penser à « dompteur de fauves », « gestionnaire de portefeuille », «responsable de plantation» et me fait froid dans le dos. Par analogie : « manager de juifs », « manager d’arabes »…(Cf. Économie)  

Femmes (Médaille des évadés) : Il existe une « médaille des évadés » : la remettre ‘au goût du jour’ et l’instituer pour les femmes qui fuient leurs maris violents ? La « médaille de la résistance » pour celles qui les dénoncent ? Et la « croix de guerre » pour celles qui, après avoir été « occupées » par eux, les tuent ? (Cf. Frontières, Légitime défense)

Femmes (Ménagères) : [1950] Dans la Revue officielle du Salon des Arts ménagers, on lit : « Une maison bien et vivement tenue, n’est ce pas pour nous, femme, la liberté ? »  […] Titre de chapitres suivants : «Ménagères mais… ‘Mimi Pinson’» ;  « Ménagère… mais ‘Artiste’ peintre » ; « Ménagère… mais toujours pressée » ; « Ménagère… mais souriante » ; « Ménagère… mais attrayante » ; « Ménagère… mais Musicienne, Poète, Fée » ; « Ménagère et… méthodique » ; « Ménagère et… Cordon bleu » ; « Ménagère et…adroite » ; « Ménagère et… économe ». « Almanach des artistes ménagères ». Et, en avant propos : « Avant-première au salon des Arts ménagers. Les tablettes de Monsieur Ménage. » Tandis que l’éditorial de Marcelle Auclair s’intitule : « Ménagères mais.. Moralités ménagères ».  406 (Cf. Économie (Domestique))

Femmes (Mineures. George Sand) : En 1845, la séparation des époux avait, en première instance, été prononcée le 16 février 1836, George Sand écrit : « Aux termes de la loi, je ne peux emprunter ni pour un autre, ni pour moi-même, ni servir de caution puisque les femmes, mêmes celles de 40 ans, sont réputées mineures. » 407 Il en est de même en 1846 : « Je ne peux emprunter à un banquier à cause de ma qualité de femme mineure, c’est-à-dire de femme mariée. »
- Et, en voici les conséquences concernant la propriété de ses propres écrits :
* Le 15 octobre 1845, son mari est toujours partie prenante du contrat qu’elle signa avec Giroud et Vialat pour Le péché de Saint Antoine 408, bien qu’il soit précisé qu’elle était « épouse judiciairement séparée de corps et de biens  409 d’avec François Casimir Dudevant».
* En 1847, l’absence de l’autorisation de son mari concernant la publication de La mare au Diable fut cause d’un conflit avec la Société des Gens de Lettres. Avant de pouvoir défendre son droit à la propriété de son œuvre, devant les Tribunaux, elle dut préalablement demander à son mari qu’il veuille bien l’autoriser de défendre son droit. Elle fournit la dite autorisation au Tribunal le 20 août 1847. 410
* En 1848, son mari - dans les mêmes termes - est toujours partie prenante du contrat qu’elle signe, le 15 août 1848, avec l’éditeur Paul Delavigne pour la publication de François le Champi. 411 Il en fut de même pour le contrat qu’elle signa avec Michel Lévy Frères pour La petite fadette, le 15 novembre 1848. 412
* Le nom de François Casimir Dudevant n’est en revanche plus cité dans le contrat qu’elle signa le 18 et 20 octobre 1849 pour François le Champi, Le château des Désertes et La mare au diable avec Paul Delavigne éditeur. 413
* En 1850, George Sand écrit : « Je ne suis pas dans la position des propriétaires aisés qui peuvent toujours emprunter tant qu’ils ont un petit capital au soleil. Je suis femme, c’est-à-dire mineure, séparée de mon mari légalement, et cependant toujours sous sa dépendance pour les affaires d’argent, tant les lois protègent mon sexe ! Je ne peux pas donner d’hypothèque sur ma propriété. Forcée d’emprunter pour les autres, dans les moments difficiles, je ne l’ai pu qu’en me servant pour sauver mes amis et mes parents pauvres, de la caution d’amis moins pauvres. Mais cette caution les expose à perdre leur argent si je meurs sans avoir payé. Mon mari et mon gendre n’auraient aucun scrupule d’invoquer la loi, et de leur laisser tout perdre. » 414
- Le droit de propriété au fondement de la France bourgeoise d’après 1789 : encore un grossier mensonge…Il n’y a pas que le suffrage qui n’était pas universel…Quant à la liberté d’expression des femmes, elle aussi, une chimère, et encore un autre mensonge. (Cf. Droit Patriarcal, Justice)

Femmes (Misérables) : [1792] Marry Wollstonecraft, auteure de : « Si, quand une femme a trouvé un mari, elle considère qu’elle est arrivée à ses fins, et si, mesquine et fière, elle se contente d’une couronne aussi misérable, laissons la se traîner, satisfaite, aux pieds de son époux dans une situation qui l’élève à peine au-dessus des animaux.» 415 Dur, mais bien vu. Peut être aisément modernisé en y incluant l’énergie mise par tant de femmes à « chercher », à « trouver » un amant, un compagnon, un homme, sans excès d’exigences, en y sacrifiant si souvent leur dignité, leur identité, leurs propres aspirations… (Cf. Animalisation du monde, Famille. Mariage)

Femmes (Mission) : Madame Edgar Quinet, en 1869, auteure de : «  (…) La mission de l’homme est de lutter pour les principes, et la mission de la femme est de les mettre en pratique par des moyens modestes concentrées au foyer, d’où elles rayonnent au loin. » 416 (Cf. Femme (Épouse de. Edgard Quinet)

Femmes (« Mission Historique ») :Pas plus que le prolétariat, pas plus que quiconque, les femmes ne sont investies d’aucune « mission historique ». (Cf. Patriarcat)

Femmes (Nombre) : [2014] Jean Christophe Ruffin, lors de son intronisation à l’Académie française, auteur de « […] On me dira que cette prestigieuse responsabilité occulte le fait que, du point de vue quantitatif, la présence féminine reste encore très minoritaire. C’est vrai. Pourtant, cette perception comptable du problème ne reflète en rien l’état d’esprit qui règne parmi nous. Les femmes, dans cette Compagnie ne sont pas un groupe, un nombre, un quota. Elles sont des personnalités singulières, chacune unique et précieuse, et leur apport ne se mesure pas à leur importance numérique. […] » 417 Une belle entourloupe…(Cf. Académie Française, Démocratie, Parité)

Femmes (Nous les…) : N’employer cette formulation qu’avec d’extrêmes précautions, en ayant préalablement pesé toutes les appropriations indues dont elle est porteuse et pris en compte toutes les conséquences politiques, qu’à chacun de ses usages, elle signifie et implique. Analyse valable concernant tous les « nous » : nous avons tous et toutes des identités multiples, évolutives. Et l’ajout des innombrables « un-es » ne construit pas un «  nous » .

Femmes (Occultation) : Lu dans les Mémoires d’un révolutionnaire de Pierre Kropotkine [Russie. Années 1860] : « Tout ici était nouveau pour moi. C’était un village de ‘paysans de l’État’, c’est à dire de paysans qui n’avaient pas été serfs et jouissaient d’un bien être relatif, dû probablement au profit qu’ils retiraient de la toile tissée à la maison. » 418 (« Sciences » sociales. Économie. Histoire, Patriarcat)

Femmes (ONU. Commission de la condition de la femme. Débats annuels à la) : La plus forte concentration de confusions concernant « les femmes », à ce jour jamais égalée. À l’exception des études dites queer ? J’ai souvent pensé démontrer cette assertion. J’ai fini par y renoncer : il suffit de lire ces textes. 419 (Cf. CEDAW. Réserves)

Femmes (Paroles) : Si les dires des femmes dans les cabinets d’avocat-es, et, plus largement, lors des discussions entre elles, concernant leurs (ex) maris et (ex) amants, leurs collègues et patrons, leurs voisins et amis, les hommes en général, étaient publics, il y aurait largement de quoi faire exploser toutes les sociétés. Et, qui sait ?, les révélations de Wikileaks ne pourraient elles pas - à quel terme ? - apparaître comme de la roupie de sansonnet ? (Cf. Femmes. Silences)

Femmes (Pas ennemies des hommes) : À force de se tuer à dire que les féministes ne sont pas les ennemies des hommes, le fait que tant d’hommes tuent tant de femmes a plus que tendance à passer à l’as...(Cf. Féminisme. (Justification), Violences contre les femmes)

Femmes (Pleurs) :La comtesse d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876], auteure de : « Il me déplait que les femmes pleurent si abondamment. […] Pleurez moins, ô mes chères contemporaines. La vertu ne se nourrit points de larmes. Quittez ces gestes, ces attitudes, ces accents de suppliantes. Redressez vous et marchez : marchez d’un pas ferme vers la vérité. Osez une fois la regarder en face et vous aurez honte de vos gémissements. Vous comprendrez que la nature de veut point de votre immolation stérile, mais qu’elle convie tous ses enfants à une libre expansion de la vie. Elle ne se sert de la douleur que comme d’un aiguillon du progrès. Votre inerte mélancolie, vos vains soupirs et vos douleurs futiles sont contraires à l’énergie de ses desseins. Encore une fois, séchez vos larmes. Prenez part de la science un peu amère et du travail compliqué de ce siècle. La société qui se transforme a besoin de votre concours. […] » 420  

Femmes (« Pétroleuses ») :En lisant, en employant ce terme, ne pas oublier que 197 femmes accusées à tort ou à raison d’avoir participé à la Commune de Paris [1871] ont été fusillées sous ce qualificatif. (Cf. « Sciences » sociales. Histoire)

Femmes (Pieds bandés des) : On connaissait cette violence imposée aux femmes chinoises. Tocqueville nous apprend qu’il en existait une similaire imposée aux femmes Indiennes aux Etats-Unis en 1831, celle des « pieds en dedans » : « Leurs pieds étaient liés dès l’enfance, de telle sorte qu’à vingt ans, les deux pointes des pieds se trouvent vis à vis l’une de l’autre en marchant. Alors, elle enlève tous les hommages et est réputée des plus fashionable » conclue t-il. 421

Femmes (Plaisirs) : [Après mûres réflexions] Seules les femmes peuvent en parler. Que tant d’hommes aient pu [eux qui, si souvent, ne les écoutaient même pas, encore moins souvent ne les entendaient, ne répondaient à leurs questions, et si souvent, ne les voyaient pas non plus], depuis si longtemps, se sentir légitimement à même de se substituer à leur parole, en la matière, donne la vraie valeur qu’ils leur accordaient. De la valeur qu’ils s’accordaient à eux mêmes. Et de leur interprétation du plaisir…(Cf. Valeur)

Femmes (Plus de…) : Politiquement, revendiquer ‘plus de femmes’ dans les instances de pouvoir ne peut relever d’une pensée féministe ; ce serait confondre,  conforter les systèmes de domination patriarcaux et les luttes des femmes pour s’en libérer. Ce serait confondre l’accès au pouvoir de quelques femmes avec la liberté de toutes les femmes. En sus, « + zéro », « + un », ne signifie rien : c’est « zéro », ou « un »…
* Ajout. 16 octobre 2014. ‘Plus de femmes’ au pouvoir dans un monde de plus en plus inhumain, c’est déshumaniser plus de femmes et, qui plus est, rendre plus de femmes responsables de cette inhumanité. En conséquence, revendiquer ‘plus de femmes’ dans les instances de pouvoir, c’est interdire à tout jamais toute possibilité de liens entre éthique, morale et féminisme. (Cf. Femmes politiques. France. XXème siècle)
* Ajout. 29 janvier 2016.Avant de s’engager en politique, une femme (ou un homme) pourrait réfléchir à ce que Rousseau écrivait en 1762 concernant « les foules de petits intrigants dont Paris est plein, qui tous aspirent à l’honneur d’êtres des fripons en place. » Et ce après avoir - honnêtement ? - écrit : « je ne [vous] déguiserai point que, malgré le sentiment des mes vices, j’ai pour moi une haute estime. » 422

Femmes (Pour Le Monde) : Découvrir que la personne chargée, pour Le Monde, de ‘couvrir’ la conférence de l’ONU de 1995 « sur les femmes » était celle chargée de « la mode » - pour moi, une révélation - permet de mieux comprendre ce qui est politiquement signifiant pour la presse patriarcale et donc la validité à accorder à ses ‘analyses’.
- Mettre un acte politique, même fondamental, au crédit des féministes [sauf s’il a plus de 40 ans, et encore !], alors même que la plus élémentaire vérité historique l’exigerait, est insupportable pour ce journal : cela n’a donc - tout simplement - pas lieu.

Femmes (Pour Libération) : Titre de Libération : « En banlieue, Hollande compte sur les femmes», suivi de : « Le candidat socialiste à l’Elysée marche dans les pas de Ségolène Royal en faisant des mères de famille le cœur de son message envers les banlieues
- Commentaire d’un-e lecteur/trice : « En résumé, femme = mère de famille. On est en 2012 et vous êtes sur Libé ! » 423

Femmes (Pouvoir sur les hommes) : Invoquer le pouvoir des femmes (sur les hommes) pour relativiser, récuser la réalité du droit [patriarcal] est absurde : le pouvoir des hommes sur les femmes est au fondement du droit. Nécessite donc une critique fondamental du terme - en aucun cas un concept - de « pouvoir » (Cf. Droit, Famille, Violence de la loi)

Femmes (« Préférées ») : Pourquoi tant de femmes se contentent-elles, certaines s’en glorifiant, d’être « la préférée », justifiant dès lors tous les abandons ? Et cela, si souvent, sans autre ‘preuve’ que le fait d’être ainsi qualifiée…

Femmes (Propriété des hommes) : Barthes, concernant Le Mariage de Figaro : […] « Dans cette pièce […] l’ancien seigneur, témoin anachronique d’un âge passé, menace encore de déposséder l’homme nouveau d’une propriété imprescriptible : sa femme. » 424

Femmes (Propriété morale des) : Lu : « La pilule RU 486 tire son nom des lettres RU, acronyme du laboratoire Roussel-Uclaf qui l’a mise sur le marché, et les trois chiffres 4-8-6 (numéro d’ordre de la synthèse de la molécule). Devant les oppositions religieuses et politique de la fin des années 1980, le laboratoire Roussel-Uclaf renonce en 1988 à l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) qu’elle venait d’obtenir pour le RU486. Il fallut l’intervention personnelle du Ministre de la Santé de l’époque, Claude Évin, affirmant que : « Le RU est la propriété morale des femmes », et proposant de le confier à un autre laboratoire, pour que Roussel-Uclaf décide finalement d’assumer et d’exploiter son produit. » Expression à diffuser ? 425

Femmes (Protéger) (1) : À l’origine : pouvoir garder son bien des incursions extérieures et être à même de démontrer la réalité de son pouvoir à le faire. En 2008, Jacques Attali, 426 digne successeur du Napoléon de l’infâme Code civil de 1804, évoquait encore la nécessité de « protéger les faibles, les minorités, les femmes ».
Aujourd’hui, toujours, affirmer vouloir ‘protéger les femmes’ ne choque pas grand monde, pas même les femmes ministres et/ou candidates à l’élection présidentielle.
C’est ainsi que, progressivement, la notion de « protection » - antithèse de la notion même de sujet [de droit], interdisant toute autonomie de l’être - s’est universalisée et tend à devenir aujourd’hui la norme pour tous et toutes.
Et, de fil en aiguille, on en est même venu à justifier des guerres au nom de l’argument selon lequel un chef d’Etat, l’Otan, une milice, une armée, etc.… ne ‘protégeait’ pas sa population… (Cf. Homme (« Intellectuel » France. XXIème siècle. Attali (Jacques), Langage (Protéger), Patriarcat (Protéger))

Femmes (Protéger) (2) : Lu dans Soljenitsyne : « S’il [un homme menacé par la police] n’avait craint que pour lui-même, il n’aurait pas faibli. Mais il se représentait sa femme, sa fille dans les conditions des camps, dans ces baraques où la fornication ne se cache même pas derrière les rideaux, et où rien ne peut protéger une femme de moins de soixante ans. Et il fut ébranlé. » 427 Qu’en conclure ?

Femmes (Quartiers populaires aux périphéries des villes) : Dans la grande majorité des cas, les initiatives constructives, innovantes, originales, solidaires ayant lieu dans ces quartiers - pudiquement qualifiés de ‘sensibles’ (pour qui ?) - seules des femmes sont présentes. (Cf. Démocratie)

Femmes (Rebelles) : L’expression de « femmes rebelles » permet à faible coût d’éviter d’avoir à employer le qualificatif de féministe et d’en dissoudre le terme ; et ce au profit d’un terme qui peut signifier tout et son contraire : la révolution et la contre révolution, le modernisme et le refus du modernisme, les avancées et les réactions, et peut même être utilisé pour qualifier des personnes que certain-es qualifient de terroristes... Efficace. (Cf. Politique. Terrorisme)

Femmes (Regards) : Les femmes doivent regarder droit devant elles, ou, plus justement, loin au delà d’elles mêmes, a fortiori loin au delà des hommes. Ou, plus justement, loin au delà du patriarcat. Question : comment le dépasser sans le dénier et sans se renier ?

Femmes (Règles) : Lu dans les écrits de la Comtesse Marie d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876] : « Depuis deux ans déjà, la nature avait opéré en moi la crise par laquelle la constitution des jeunes filles achève de se former pour la maternité. À partir du moment où je quittais la maison maternelle, sa douce liberté, ses soins exquis, il se fit en moi un arrêt subit de ce mouvement régulier de la circulation. […] » 428 Plus raffiné, plus juste (dans le contexte de l’époque) que l’expression : avoir ses règles.

Femmes (Remarquables) : [Une journaliste de retour d’enquête] : « Encore une fois, j'ai rencontré des femmes remarquables. »

Femmes (Réparation dues aux) : Oui, comme les esclaves, les femmes, toutes les femmes doivent obtenir réparation. La différence d’importance avec l’esclavage, c’est que le patriarcat n’a jamais encore été reconnu comme criminel. (Cf. Hommes (Criminels de paix), Patriarcat)

Femmes (Repos du guerrier) : Territoire légitimement occupé ? Champ d’action ? (Cf. Être humain (Corps), Frontières)

Femmes (Repoussoir) : À la recherche d’un synonyme de « repoussoir », j’ai lu ceci : « Personne ou chose qui en fait valoir une autre par le contraste. 1er exemple présenté (repris du Dictionnaire de l’Académie Française) : « Une femme laide sert de repoussoir à sa voisine. » On peut noter que cette définition (et son exemple) n’existait dans Le Dictionnaire de l’Académie Française ni en 1762, ni dans celui de 1798, pas plus que dans celui de 1835. Il apparaît dans celui de 1932 et, depuis lors, n’a pas été modifié. 429 

Femmes (Respect) : Samira Bellil [concernant certains jeunes des banlieues]  auteure de : « C’est seulement quand ils voient qu’ils n’ont aucune chance qu’ils te respectent. Maintenant j’ai de l’entrainement, je ne me laisse plus faire. […] J’ai compris le comportement à avoir pour être respectée, ce n’est pas ma nature, mais j’y excelle. Je suis dure, sans pitié, grande gueule. J’attaque la première pour qu’on me foute la paix. J’ai compris qu’il faut faire à l’autre, ce que l’on ne veut pas qu’il vous fasse […]» 430 Dur, dur…

Femmes (Retraites) : En France, en 2013, selon le 12ème rapport du Conseil d’orientation des retraites, les femmes touchent 600 euros de moins que les hommes (1552 euros pour les hommes, moins de 900 euros pour les femmes), soit 43 % de différence. En France, en 2013, une femme mérite de vivre deux fois moins qu’un homme. 431 (Cf. Économie. Redistribution)

Femmes (Rousseau Jean-Jacques) : Auteur de : « On ne saurait dire, à quel point, dans ce pays si galant, les femmes sont tyrannisées par les lois. Faut-il s’étonner qu’elles s’en vengent si cruellement par leurs mœurs ? » 432
Une autre analyse (bien courte, certes) de Rousseau, laquelle n’efface ni Émile ni Sophie…(Cf., Êtres humains. Enfants. Rousseau, Patriarcat)

Femmes (Saoudiennes) : Toujours (notamment) interdites de conduite, et d’enregistrement sur les listes électorales aux élections municipales, et donc de droit de vote, dans un pays considéré comme le principal allié au Moyen Orient des États-Unis et, plus largement, de l’Occident. Toute comparaison avec la déploration occidentale du statut des femmes Afghanes est la bienvenue. (Octobre 2013) 433

Femmes (Séduisantes) : Des femmes pensent encore que les hommes les aiment séduisantes. Mais n’est-ce pas d’abord l’image d’hommes séducteurs que leur supposée séduction leur renvoie qu’ils aiment et la dépendance des femmes à leur égard qu’elle révèle et confirme. C’est dans ce jeu de miroirs que les si nombreuses manifestations du patriarcat et son cortège de violences se perpétue. Que gagnent les femmes ? De perpétuer leur aliénation ? Pas uniquement…

Femmes (Silences) (1) : Si, si souvent, les femmes se taisent, c’est qu’elles savent bien que, si souvent, la plainte est inutile. Et stérile. Sur tant et tant de fondements…

Femmes (Silence) (2) : Apprendre - car cela s’apprend - à comprendre le silence des femmes, de chaque femme, c’est aussi comprendre le silence gêné de tant d’hommes du fait de la conscience plus ou moins refoulée de la culpabilité à leur encontre que tant ressentent sans pouvoir l’exprimer.

Femmes (Silence) (3) : George Sand : « J’ai assez de vertu pour me taire, je n’en aurais pas assez pour parler toujours avec douceur et charité. […] » 434 (Cf. Penser, Patriarcat)  

Femmes (Solidaires) (1) : [Entendu dans un restaurant, février 2008] Une femme parle de contacts avec l’association : « Femmes solidaires ». Un homme  « Femmes solidaires ou femmes solitaires ? » Une autre femme : « À mon avis, dans : « Femmes solidaires », il y a beaucoup de femmes solitaires. » De la pertinence du regard du monde de sa fenêtre sur la validité d’un jugement…

Femmes (Solidaires) (2) : [1649] Élisabeth de Bohème à Descartes] Auteure de : « Ne croyez pas toutefois qu'une description si avantageuse [de la Reine de Suède] me donne matière de jalousie, mais plutôt de m'estimer un peu plus que je ne faisais avant qu'elle m'ait fait avoir l’idée d'une personne si accomplie qui affranchit notre sexe de l'imputation d'imbécillité et de faiblesse que MM. les pédants lui voulaient donner.» 435 Si chacun-e pouvait penser en ces termes…

Femmes (Solidaires) (3) : Sa meilleure traduction [en chanson] : « Petit bonhomme » d’Anne Sylvestre (1977) ? Mais tant d’elle est à savourer.

Femmes (Sororité) : Terme trop systématiquement employé lorsqu’il le fut, mais trop vite oublié. Employé [pour la première fois ?], à ma connaissance, en 1849, par George Sand. 436

Femmes (Souffrance) (1) : La souffrance des femmes est si souvent incommensurable. À l’instar de leur force de caractère. Sur ce point, je refuse d’avoir à expliciter cette assertion : à chacun-e de regarder autour de soi et donc de réfléchir.

Femmes (Souffrance) (2) : Évoquer sa souffrance à celui qui en est la cause, est-ce le conforter dans son pouvoir de la prolonger ? On peut, pour mieux réfléchir, citer Julie de Lespinasse [1732-177] : « Il y a de la bassesse à vouloir être plainte et soulagée par celui qui vient de vous frapper. » 437

Femmes (Stendhal) : Auteur de : « Les femmes aiment les amants qui les battent. » 438 ; « Ce n’est pas dans ma nature d’être aimable pour les femmes » ; et enfin : « Je n’ai nulle sensibilité à ce qui fait le plaisir des autres. » Quelle signification alors accorder à cette phrase : « Il n’y a que les femmes à grand caractère qui puissent faire mon bonheur. » ? (Cf. Violences faites aux femmes)

Femmes (Syndicalistes) : Jeannette Laot (évoquant son passé de femme syndicaliste), auteure de : « Pour nous, le plus pénible était que les militants s’appuyaient sur les arguments de leur femme pour nous contredire. Certains auraient même voulu qu’elles viennent donner leur point de vue à la commission féminine, ce qui est très significatif : sur les problèmes des femmes, ils estimaient que l’avis individuel de leur épouse valait bien celui des responsables syndicales élues par les travailleurs et les travailleuses pour défendre leurs intérêts collectifs… » 439

Femmes (Tabliers) : Il est des femmes sans tabliers comme des ministres sans portefeuilles.

Femmes (Tondues à la Libération) : Le jour où plus aucune analyse ne pourra dissocier les violences dont elles ont été les victimes et celles des hommes, français et allemands, avec lesquelles elles ont été (ou non) en relation - un pan du patriarcat sera tombé.
- Cf., aussi, les concernant, le poème de Paul Eluard intitulé « Comprenne qui voudra » dont l’exergue était : « En ce temps là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On allait même jusqu’à les tondre. » 440  (Cf. Homme (Un …à Berlin)

Femmes (Traitées de « putes ») : Une femme, n’importe laquelle, peut toujours être traitée de, considérée comme une « pute » ; un homme n’est pas - en tout cas, pas à l’équivalent de signifiant - traité de « micheton », ni de « proxo » ni de « gigolo », ni de « client ». « Fils de pute » en revanche est la norme. Connu, mais peut être rappelé. (Cf. Proxénétisme)

Femmes (Travail - dit - ménager) : Pour reprendre le vocabulaire marxiste, ne pourrait-on plutôt le qualifier comme étant « l’appropriation directe par les hommes des produits du surtravail des femmes. » ?

Femmes (Trotsky Léon) : Auteur de : « Pour changer les conditions de vie, il faut apprendre à les voir par les yeux d’une femme. » 441 Pas vraiment mis en pratique… (Cf. Panégyrique)

Femmes (Valeur) : « Les femmes ne valent que par les désirs qu’elles nous inspirent. » 442 Formulation excessive dans sa généralité, mais encore trop souvent juste. (Cf. Femmes (Dot), Valeur)

Femmes (Validité des jugements) : « Singes des hommes » ? « Dépendantes » ? « Capricieuses » ? « Aliénées » ? « Lâches » ? « Séductrices » ? « Superficielles » ? « Naïves » ? « Manipulatrices » ? « Faire-valoir » ? « Courageuses » ? « Solidaires » ? « Innocentes » ? « Irresponsables » ? « Idiotes utiles » ? etc, etc.… Dans l’abstraction de l’analyse et sans référence à une analyse féministe, tous ces jugements - qui peuvent être et sont si souvent justes - ne valent que l’opinion de leur auteur-e. (Poursuivre) (Cf. Femmes (Lâcheté)

Femmes (Vertu) : Longtemps, l’ignorance fut la gardienne de la « vertu » des femmes. (Cf. Femmes. Intelligence , Langage. Vertu) )

Femmes (Veuves) (1) : Les femmes veuves des mineurs tués lors de la catastrophe minière de Liévin (42 morts. 142 orphelins) le 27 décembre 1974 furent, du fait de l’argent qui leur fut versé, nommées « les veuves joyeuses ». 443

Femmes (Veuves) (2) : Longtemps, la proie favorite des notaires.

Femmes (Vie de) : Une femme n’a de vie-de-femme que si elle vit, ou a vécu, avec un ou des hommes. Lorsque ceux-ci sont considérés comme trop nombreux - selon les normes patriarcales - elle n’a pas de vie [de femme] : elle est une ‘pute’ (et équivalents) ; lorsqu’ils sont considérés comme insuffisamment nombreux, elle ne est, doit être lesbienne. Évolue certes, mais si lentement…

Femmes (Vie des) : « Sa vie ne vaut pas ma liberté ». 444 Ouvre la voie à de riches analyses politiques.

Femmes (Violées. Zoo) : Lu dans l’article du Figaro du 11 juillet 2013 : Valérie Trierweiler au chevet des femmes violées du Congo Kinshasa : « […] À l’hôpital de Panzi où l’on a soigné de nombreuses femmes violées, on s’étonne un peu : ‘Vous venez, vous pleurez, vous repartez et vous ne prenez pas les décisions qui s’imposent’, dit le docteur Désiré Alumeti, le médecin légiste de l’hôpital. ‘Nous disons merci à tous ces gens qui compatissent avec nous. On ne peut que dire merci. Mais il faut s’attaquer aux causes’. Sur le tableau blanc de Vellada du bureau de communication de l’hôpital, le programme de la semaine est affiché : outre la délégation française, le ministre belge de la Coopération sera de passage à Panzi. Depuis le début de l’année, Ban Ki-mon, Angelina Jolie, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague et bien d’autres personnalités internationales ont été programmées pour des visites à l’hôpital. ‘Depuis des années que ces visites s’enchaînent sans que rien ne change, on commence à se sentir un peu comme un zoo, ici. Panzi, premier site touristique du Sud-Kivu ?’ s’interroge une aide’ soignante… [avec ce sens d’autodérision si congolais.] » conclut l’auteure de l’article du Figaro. 445  (Cf. Violences)

Femmes (« Voilées ») : Lorsque quotidiennement je constate comment l’Occident (la France donc) traite la vie quotidienne les femmes dans la publicité, les films, la presse, les émissions de radio, de télévision, et justifie proxénétisme et pornographie, non seulement les femmes Occidentales, mais celles aussi des pays qu’ils dominent, qu’ils exploitent, je me demande bien, sur quelle légitimité les pays Occidentaux (la France donc), se fondent pour juger, critiquer, condamner les femmes voilées ; voire,  porter un jugement sur le principe même du voile.
* Niquab : Empêche de respirer, de manger, de boire, de sentir, de voir : le monde extérieur réduit à la dimension d’une lucarne grillagée.…(Cf. Égalité (Voile), Violences faites aux femmes (Nationalisme / Impérialisme))

Femmes (Yeux fermés) :Althusser [1918-1990], auteur de : « Je connais une jeune femme qui ferme les yeux quand elle me parle. Et elle les ferme d’une manière extraordinairement belle. Et quand elle ferme les yeux, ça veut dire qu’elle est vraiment avec moi. »  446 (Cf. Homme-s, Patriarcat)

X. Femmes / Hommes (Comparaison…et inversement) :

Femmes / Hommes (Comparaison…et inversement) : Exemple d’’analyse’ : « Les hommes sont violents ». « Oui, mais les femmes aussi ». Fin du débat. Peut se varier à l’infini. (Cf. Politique. Égalité, Violences contre les femmes)

Femmes / Hommes (Astell (Mary) : [1706] Auteure de : « Si tous les hommes naissent libres, comment se fait-il que toutes les femmes naissent esclaves ? » 447
* Ajout. 21 février 2014. À comparer avec Jean-Jacques Rousseau : « L’homme est né libre et pourtant partout il est dans les fers. » 448

Femmes / Hommes (Badinter Élisabeth) : Auteure de : « Poulain de la Barre, Louise d’Epinay, Condorcet, Simone de Beauvoir et quelques autres, vous qui avez eu la clairvoyance et le courage de tenir le discours de la ressemblance, soyez en remerciés. Grâce à vous, nous autres femmes sommes définitivement intégrées dans l’humanité, adultes et émancipées. En dépit des grimaces et des réticences toujours multiples, nous pouvons répondre à la question initiale : qu’est-ce qu’une femme ? Un animal raisonnable. Bref, un Homme comme tout le monde. » 449

Femmes / Hommes (Confiance) :Les hommes ont, dans leurs relations aux femmes, trop confiance entre eux (ce qui, si souvent, les perd) ; les femmes, elles n’en ont pas assez (idem). Ils ont peur de paraître faibles (idem) ; les femmes de paraitre fortes (Idem). N’y a t-il pas moyen de régler le problème ?

Femmes / Hommes (Conte Paulo) : Auteur (de mémoire) de : « Les femmes n’aiment pas …le jazz. Nous, les hommes, on recherche toujours les choses les plus compliquées ». 450

Femmes / Hommes (Giacometti Alberto) : Auteur de : « Une femme, je la fais immobile et l’homme je le fais toujours marchant. » 451

Femmes / Hommes (La Bruyère) : Auteur de : « Les hommes sont cause que les femmes ne s'aiment point. » 452

Femmes / Hommes (Marquez Gabriel Gárcía) : Auteur de : « […] ce sont [les femmes] qui soutiennent le monde tandis que nous en troublons l’ordre avec notre brutalité séculaire. » 453

Femmes / Hommes (Onfray Michel) : Auteur de : « […] Un homme et une femme, c’est exactement la même chose.[…]» 454

Femmes / Hommes (Prévert Jacques) : Auteur de : « Moi, ça ne m’intéresse pas, l’Homme. Ce qui m’intéresse, ce que j’aime, ce sont les femmes, les enfants, les hommes. Mais l’Homme, l’Homme, l’Homme ! » 455 (Cf. Homme (Remarquable. Prévert Jacques)

VII. Être-s Humains. Homme-s

I. Homme : Homme ; Homme (L’) ; (Un) Homme à Berlin ; « Homme à femmes » ; Désir ;  Dur ; Infériorité (Sentiment d’) ; Irresponsable ; Jouir (1,2) ; Libertin (1,2) ; Libertinage (Critique du) ; Métier (d’) ; Modeste ; Pantalon ; Père ; « Préliminaires » ; Quitter (un homme) ; Sans regret ; Sauvage ; Vasectomie ; Violences contre les femmes ; Violent ; Violeur et assassin (25) ; II. Homme (Féminisme) : Hommes (Féminisme) (1,2) ; Butler (George) ; Fellag ; Ibsen (Henrik) ; Lempert (Bernard) ; Marivaux ; Michel (Louise) ; Montéhus (Gaston) ; Montesquieu ; Sankara (Thomas) ; Stansfeld (James) ; Stuart Mill (13)III. Homme. (Intellectuel français. France. XXème, XXIème siècle : Alain ;Althusser (Louis) Assassin de sa femme) ; Althusser (Louis) Courage public) ; Althusser (Louis) Être humain. Corps) ; Althusser (Louis) / Linhardt (Robert) ; Apollinaire (Guillaume) ; Aragon (Louis) (1,2) ; Attali (Jacques) ; Aron ( Raymond) ; Badiou (Alain) ; Bourdieu (Pierre) ; Casanova (Jean Claude) ; Comte-Sponville (André) ; Debray (Régis) ; Deleuze (Gilles) (1,2) ; Derrida (Jacques) (1,2) ; Drieu la Rochelle (Pierre) ; Fraisse (Geneviève) ; Gide (André) ; Godelier (Maurice) ; Gorz (André) (1,2) ; Lévy (Bernard-Henri) ; Libera (Alain de) ; Mauriac (François) ; (Morin Edgard) ; Onfray (Michel) ; Paulhan (Jean) ; Sartre (Jean Paul) ; Serres (Michel) ; Sollers (Philippe) ; Touraine (Alain) ; Veyne (Paul) ; Hommes [et femmes] (Intellectuel-les français-es. XX ème siècles) (1,2) (38) ;IV. Homme (Journaliste. France. XXI siècle : Inconnu ; Gardette (Hervé) ; Mermet (Daniel) ; Ono-dit-Biot (Christophe) ; Poivre d’Arvor (Patrick) ; Darmon (Mickael), Leparmentier (Arnaud) et Elkabbach (Jean-Pierre) ; Zemmour (Éric) ; (7)V. Homme (« Politique ». France. XXI ème siècle : Badinter (Robert) ; Bayrou (François) ; Berger (Pierre) ; Besancenot (Olivier) ; Bourlange (Jean-Louis) ; Chirac (Jacques) ; Cohn-Bendit (Daniel) ; Fabius (Laurent) (1,2) ; Geismar (Alain) ; Guaino (Henri) ; Hollande François) (1,2) ; Huissier ; Jobert (Michel) ; Landrieu (Bernard) ; Martinon (David) ; Mélenchon (Jean Luc) (1,2) ; Mendès-France (Pierre) ; Myard (Jacques) ; Pasqua (Charles) ; Sarkozy (Nicolas) (1,2) ; Strauss-Kahn (Dominique) ; Tibéri (Jean) ; Transparence (toute relative du patrimoine) ; (Valls (Manuel) (28)VI. Homme remarquable :Balzac (Honoré de):Balzac (Honoré de) ; Balzac (Eugénie Grandet) ; Balzac (Le lys dans la vallée) ; Balzac (Mémoires de deux jeunes mariés) ; Boisset (Yves) ; Casanova ; Char (René) ; Cocteau (Jean) ; D’Annunzio ; Doisneau (Robert) ; Don Juan ; Dostoïevski (Fédor) ; Dudevant (Casimir) ; Engels Friedrich ; Ferry (Jules et Curie (Marie) ; Feyerabend (Paul) ; Fouché (Joseph) ;Goncourt (Edmond de) ; Hugo (Victor) :Abolitionnisme ; Victor Hugo (Booz endormi) ; Victor Hugo (Époux) ; Victor Hugo (Hommes/Femmes) ; Victor Hugo (Loi) ; Jésus ; Kadhafi (Mouammar) ; La Boétie (Étienne de) ; Lassalle Ferdinand ; Amiral Latouche-Tréville ; Lawrence (DH) ; Léautaud (Paul) ; Listz (Franz) ; Machiavel (1,2) ; Maire (Edmond) ; Marx (Karl) (1,2) ; Marx (Karl) et Engels (Friedrich) ; Michaux (Henri) ; Obama (Barak) (1,2) ; Picasso ; Prévert (Jacques) ; Rappoport (Charles) ; Rousseau (Jean-Jacques) ; Rossellini (Roberto) ; Schopenhauer (Arthur) ; Staline ; Talleyrand (Charles Maurice de) ; Teilhard de Chardin (Pierre) ; Tocqueville (Alexis de) ; Zweig (Stefan) (50) ; VII. Hommes : Avortement / Contraception ; Ayant perdu leurs pouvoirs sur une ou des femmes ; Ayant peur des femmes ; Bander ; Bashkirtseff Marie ; Désirs ; Castrés ; Compétence (1,2) ; Concurrence entre eux ; Copains ; Courage ; Entendement ; Excuses (aux hommes) ; Français ; Force physique (1,2) ; Grands ; Humanistes ; Jaloux ; Macho/machistes (1,2,3) ; « Macho » (Soral Alain) ; Maquereaux ; Meute ; Présents (des hommes) (1,2,3) ; Relations avec [des] les féministes) ;  Salauds ; Séducteurs ; Séduisants ; Solidaires des femmes en lutte ; Tous les mêmes ; Violents ; (Z’hommes (Les) (37) ;28 février 2016 : 198 Items

I. Homme

Homme : Le seul concept politique jamais interrogé. Sauf, beaucoup trop rarement, par les féministes.

Homme (L’) : Entendu ce jour (21 février 2014) : « L’homme avec un grand H, c’est à dire l’homme et la femme ». (Cf. Femme (Badinter (Élisabeth))

Homme (Un…à Berlin) : [Mai 1945] Concernant les viols des femmes allemandes par les soldats Russes, évoqués, rapportés, vécus par l’une d’entre elles : « […] Le libraire, un petit bavarois, massif et trapu, a vraiment et carrément engueulé un Russe. Et cela s’est passé au moment où un Ivan (nom générique donné aux Russes) interceptait sa femme qui ramenait de l’eau de la pompe, juste à la porte de l’appartement. (Elle empêche son mari d’aller à la pompe, parce qu’il était du Parti (nazi). Elle a poussé des cris perçants, son mari est accouru en trombe, s’est précipité sur l’Ivan et a hurlé : ‘Espèce de fumier ! Sale bite’. Et la saga précise comment le Russe s’est alors senti tout petit, s’est dégonflé, s’est ratatiné. Donc, ça marche ! Grâce à son flair de brute et de barbare, le gaillard a bien compris que l’époux rouge de colère ne blaguait pas et que, dans la seconde, tout, mais alors tout et n’importe quoi pouvait arriver… et il lui a abandonné sa proie. C’est la première fois que j’entendais parler d’une colère aussi forte de la part d’un de nos hommes. La plupart d’entre eux gardent leur sang-froid et s’efforcent de sauver leur peau, et leurs femmes les soutiennent dans cette attitude. Aucun homme ne perd la face quand il abandonne une femme aux vainqueurs, qu’il s’agisse de la sienne ou de celle du voisin. Au contraire, on lui en voudrait d’exciter ces messieurs en leur résistant. Mais avec ça, tout n’est pas dit. Je suis persuadée que la libraire n’oubliera jamais cet excès de courage, d’amour si l’on veut, dont son mari a fait preuve. Même les autres hommes, qui clament l’histoire à la cantonade, ne peuvent dissimuler un certain sentiment de respect. » 456
- Le « petit libraire » nazi a t-il sauvé l’honneur des autres hommes, ou leur a t-il fait honte ? Et de quoi le dit « respect », « la honte » étaient ils le signifiant ? Pour eux, pour elles, hier ? Et, pour nous, aujourd’hui ?
- À propos : comment les soldats français, anglais, américains et autres se sont-ils comportés, à Berlin, à l’égard des femmes allemandes ? (Cf. Viol)  

« Homme (à femmes) » : Un « homme-à-femmes »: versus : « une-fille-à soldats » ?
La comparaison avec « un blanc à noir-es » ne manque pas d’intérêt.

Homme (Désir) : Anatole France à Madame de Cavaillet : « (…) J’ai le désir de toi comme on a une rage de dents. ». Démystifiant…457

Homme (Dur) : Dialogue du film : Personne ne m’aime [Marion Verdoux. 1994] : Une femme larguée par son homme, en pleurs dit : « Il est tellement dur, Jean Louis ». Réaction de sa voisine de bar : « Tu ne crois pas que c’est nous qu’on est un peu molles ? ».  (Cf. Culture. Cinéma. Personne ne m’aime)  

Homme (Infériorité) : [À une femme] : « Cessez de me parler de ce que vous faites, vous me faites ressentir mon infériorité », au lieu et place de : « Continuez de me parler de ce que vous faites : grâce à vous, avec vous, je pourrais progresser. »
- Dans le même sens, en février 2002, un journaliste (Émission Polémiques) à Sylvia Bourdon qui citait Denis de Rougemont : « Vous êtes trop intellectuelle pour moi. » Et il lui coupa la parole. (Cf. Langage. Verbe. Avoir. raison)

Homme (Irresponsable) : Léon Bloy (1890), auteur de : « Certaines actions de ma vie me font horreur [...] J’ai été livré à la convoitise déréglée de mon sens charnel. » (Cf. Proxénétisme, Bloy Léon) 458

Homme (Jouir) (1) : Si synonyme d’éjaculer, ce qui est, pour beaucoup, la norme : à la portée du premier venu. Quid de la « jouissance » des femmes ? Quid du pseudo orgasme imputé, sur le seul fondement de cette analogie, aux femmes ? Que d’injonctions, que mensonges… (Cf. Désirs, Femmes (Plaisirs), Mœurs, Sexe)

Homme (Jouir) (2) :Sade, dans La philosophie dans le boudoir, évoque « le baume délicieux de la vie (plus souvent dénommé, par lui, ‘foutre’) dont l’écoulement fait tout le bonheur des libertins. » 459 (Cf. Femmes, Jouir)

Homme (Libertin) (1) : Que ce qualificatif puisse, encore aujourd’hui, être considéré comme une qualité à mettre à l’actif d’un être reste, pour moi, une énigme. Cf. à cet égard, notamment, Sade : «  […] Il n’y a pas de libertin un peu ancré dans le vice qui ne sache combien le meurtre a d’empire sur les sens et combien il détermine voluptueusement une décharge. » 460 (Cf. Langage (Mot. 4)

Homme (Libertin) (2) : Ne jamais occulter l’injure faite à ‘l’objet’ non nommé du libertin, qui y perd - du seul fait de l’emploi de ce mot - son statut de sujet.
- Dominique Strauss-Kahn récuse cette analyse : « Dans le libertinage, il n'y a pas d'objet. Il y a deux sujets qui veulent participer. » 461 (Cf. Langage. Libertinage)
France. XXème siècle (Strauss-Kahn Dominique, Proxénétisme)

Homme (Libertinage. Critique du) :Le cardinal de Bernis [1715-1795] a publié une Épître contre le libertinage qui se termine ainsi : […] « Ils ont vu triompher ces tyrans des familles, / Ces fameux corrupteurs des mères et des filles / Qui, galants sans décence, amoureux sans désirs, / Ne cherchent que l’éclat dans le sein des plaisirs ; / Qui, loin d’ensevelir la liste de leurs crimes, / Exposent au grand jour le nom de leurs victimes. / Ils ont dans cette école accoutumé les mœurs / À flatter la licence, à mépriser les mœurs, / À tolérer le vice et non le ridicule, / À couronner l’excès, à siffler le scrupule, / À ne connaître, enfin, esclaves factieux, / Que leurs penchants pour lois, que leurs plaisirs pour dieux. » 462

Homme (Métier d’) : Il n’y a pas de « métier-s d’homme[s] » : il y a des métiers dont les hommes - légitimés par les États patriarcaux - ont exclu les femmes. Idem, a contrario, pour «métier de femme(s) » .. Non… plus complexe.. (Reprendre)

Homme (Modeste) : Jean Tirole [Prix Nobel d’économie. 2014], auteur [après les attentas de janvier 2015] de : « Indigné et attristé comme nous tous, je marcherai demain à Toulouse à titre personnel et anonyme comme tout autre citoyen. » (9 janvier 2015)

Homme (Pantalon) : « Vous voulez que je baisse mon pantalon ? » Dernier ‘argument’ d’un imbécile, surtout lorsque, non content de le penser, il l’exprime en l’état.
* Ajout. 14 février 2014. Le même, quelques années après, dans un autre contexte (selon ses propres critères) assure de « sa très sincère admiration ».

Homme (Père) : Michel Tournier, auteur de : « Pour être père, il faut une femme. » 463 (Cf. Femme-s, Famille, Langage. Verbes)

Homme (« Préliminaires » ) : « Fais couler le bain ! » : c’est ainsi qu’une épouse devait comprendre, qu’après avoir préparé la baignoire, elle devait se coucher sur le lit et ouvrir ses jambes à son mari…[2010] Autres exemples ? (Cf. Amour, Lever (se), Mariage, Sexualité)  

Homme (Quitter un) : Décision d’autant plus aisée à prendre que l’estimation de sa propre vie a plus de valeur que celle qui lui / leur avait été antérieurement attribuée.
* Ajout. 26 janvier 2014. À la question suivante lui demandant de réagir à l’une de ses affirmation anciennes : « On ne reste pas avec un homme qu’on n’aime pas », Colette répondit : « J’aurais bien voulu, mais comment faire ? » 464 (Cf. Femmes. Ecrivaines (Colette et Willy), Violences contre les femmes)

Homme (Sans regret) : Un homme  - sans que vous lui ayez demandé quoi que ce soit - vous adresse quasi quotidiennement ses réflexions politiques. Un jour où il évoque : « les associations pseudo-féministes qui en réalité quand elles ne s'affichent pas chrétiennes ou musulmanes sont suffisamment impactées par les moralismes ou idéologies monothéistes pour perdre de vue le droit pour les femmes de disposer librement de leurs corps », sans comprendre vraiment ce que cette phrase peut signifier, vous en comprenez assez pour saisir que vous n’acceptez pas cette attaque. Vous lui écrivez : (Taille de police : 12) « Pouvez vous me retirer de votre liste d’envoi. Merci » et vous signez. Il vous répond : (Taille de police : 21, en gras, sans signature) : « C’est fait. Sans regret. » [6 juin 2014]  

Homme « sauvage » : Pour Rousseau, dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes [1754], «  […] les seuls biens qu’il [l’homme sauvage] connaisse dans l’Univers sont la nourriture, une femelle, et le repos […] ». 465 Certes, cet état de nature imaginé par Rousseau, est une fiction, mais c’est une fiction qui lui est nécessaire « pour bien juger de notre état présent. » Et construire son présent, notre présent et notre futur.

Homme (Vasectomie) : [2014] Une femme refusant une éventuelle vasectomie de son mari], auteure de : « J’aurais l’impression de ne plus avoir de mec à la maison ». 466

Homme (Violences contre les femmes) : Il est un homme qui, après s’être présenté comme spécialiste des « violences contre les femmes », après avoir été dénoncé par elles et condamné par la justice pour violences à leur encontre, se présentent dorénavant comme « spécialiste français de l’identité masculine ». Tout est dit ?

Homme (Violent) : L’homme violent - comme le tyran - ne distingue pas sa personne de l’ordre qu’il donne. Contester l’ordre - ponctuel, éternellement réimposé - est donc inutile ; plus encore, le conforte dans son bon droit à l’imposer. C’est d’emblée sa personne telle qu’il l’exprimer par sa violence qu’il faut récuser. La difficulté, c’est que, pour vivre, il a besoin des ordres qu’il donne pour se cacher à lui-même ; dès lors, comment peut-il comprendre qu’il puisse être contesté ? Par ailleurs, pourquoi tant de vies de femmes dépendent elles de tels hommes ? (Cf. Êtres humains (Pervers narcissique), Violences (Gifle)

Homme (Violeur et assassin) : Un homme a reconnu le viol et le meurtre d’une étudiante Mokhtaria Chaïb, 19 ans, dont le corps retrouvé « atrocement mutilé » « les seins et son appareil génital prélevés de façon quasi-chirurgicale » Son avocat : « Il a des soucis relationnels avec les femmes, peut être […]. » 467 (Cf. Justice. Avocat)

II. Homme (Féminisme) :

Hommes (Féminisme) (1) : Quel est l’homme qui, dans l’histoire, s’est - concernant la domination patriarcale - opposé frontalement à ses pairs ? L’emploi de termes tels que : patriarcat, domination masculine, violences contre les femmes, n’étant pas en soi - faut-il le rappeler ? - une garantie de quoi que ce soit, pour qui que ce soit, en la matière. Valable aussi concernant les femmes féministes (moi incluse, bien sûr). (Cf. Domination masculine (1), Hommes (Courage), Langage)

Hommes (Féminisme) (2) : Comprendre pourquoi les femmes féministes (moi incluse, bien sûr) ne se sont que si peu interrogées sur le besoin qu’elles ont éprouvé de considérer certains hommes, souvent sans autre garantie que leurs affirmations, à peu de frais donc, comme des alliés. (Cf. Hommes solidaires des femmes en lutte)

Homme (Féminisme. Butler George) : Sa vision du mariage : « Une union parfaitement égale, [fondée sur] une liberté absolue de deux côtés [aux fins de garantir] une initiative personnelle en pensée et en action. » 468 (Cf. Abolitionnisme. Butler Joséphine)

Homme (Féminisme. Fellag) : Humoriste Algérien. Concernant le code de la famille algérien, auteur de  : « Le code de la famille a été institué par la maffia politico-machiste. Ses membres ont commis un des plus grands détournements des libertés publiques du siècle. » Concernant les relations entre hommes et femmes en Algérie : « La grande malédiction de l’Algérie, c’est la séparation des hommes et des femmes. Dans un sketch, j’avais évoqué l’apparition d’un nouveau parti qui se donne pour programme la reconstruction d’un mur de Berlin pour séparer les hommes des femmes. Il y parvient si bien que, d’un côté du mur, les hommes sombrent lentement dans la folie, tandis que de l’autre côté, les femmes créent un cadre de vie agréable » […] « Je me bats pour la beauté et la liberté des femmes. Ma liberté passe par la leur. » Enfin, concernant la séparation des hommes et des femmes qu’il qualifie justement de « malédiction première de nos sociétés musulmanes », Il conclut : « C’est le manque d’amour qui provoque l’érection des Kalachnikovs. »469 (Cf. Famille. Code de la Famille, Patriarcat, Politique. Terrorisme)  

Homme (Féminisme. Ibsen Henrik) : [1879] À Camilla Collett, écrivaine et féministe Danoise « Il s’est passé de nombreuses années depuis le jour où vous et votre itinéraire intellectuel, sous une forme ou sous une autre, avez commencé à jouer un rôle dans mon œuvre. » 470 Et si chaque écrivain redevable à une ou plusieurs femmes explicitait leurs dettes à leur égard ? Valable aussi pour les femmes, mais en prenant garde de ne pas s’auto-dévaluer.

Homme (Féminisme. Lempert Bernard) : [1951-2010] Avoir entendu l’exposé de Bernard Lempert : « La thérapie au regard de la loi. Prise en compte et prise en charge de la violence objective », sans avoir jamais entendu, au préalable, parler de lui, lors du Colloque : « Le viol : Un crime, vivre après », organisé par le Collectif féministe contre le viol le 14 janvier 1995 à l’École nationale de la Magistrature fut l’un des chocs intellectuels de ma vie. L’incroyable rupture qu’il exposait dans les pratiques, les analyses, les postulats de la psychanalyse ; sa calme et si forte assurance, en rien démontée par une salle qui lui était (du moins concernant les personnes, « psy » essentiellement, qui prirent la parole) quasi totalement hostile, me restent clairement en mémoire. Tout était radical, neuf, brillant, limpide et, assurément le fruit d’une longue réflexion, d’une profonde maturation. Et je me pris brutalement à considérer que ce qu’il affirmait comme « évident », nécessaire, exigé même, non seulement, pour moi, le devenait aussi, mais en outre relevait, le matin même encore de l’impensable. Les accusations dont il fut l’objet durant si longtemps, auxquelles il fit face avec courage, dignité et une ténacité jamais démentie furent indignes. Un grand monsieur auxquelles les femmes, les féministes, toutes les personnes victimes de violences doivent beaucoup. J’avais souhaité reprendre ici certaines des principales affirmations de ce petit texte (9 pages) : c’est impossible. Tout est à publier. 471

Homme (Féminisme. Marivaux ) : [1688-1763]Auteur (dans La Colonie) de : [...] Arthénice : « L’oppression dans laquelle nous vivons sous nos tyrans, pour être si ancienne, n’en est pas devenue plus raisonnable : n’attendons donc pas que les hommes se corrigent d’eux mêmes ; l’insuffisance de leurs lois  a beau les punir de les avoir faites à leur tête et sans nous, rien ne les ramène à la justice qu’ils nous doivent, ils ont oublié qu’ils nous la refusent. » […] Une des femmes : « Eh que voulez-vous ? On nous crie dès les berceau : Vous n’êtes capables de rien, ne vous mêlez de rien, vous n’êtes bonnes qu’à être sages. On l’a dit à nos mères qui l’on cru, qui nous le répètent ; on a les oreilles rabattues de ces mauvais propos ; nous sommes douces, la paresse s’n mêle, on nous mène comme des moutons » […] Athénice : « Venons en à l’esprit et voyez combien le nôtre a paru redoutable à nos tyrans ; jugez-en pas les précautions qu’ils ont prises pour l’étouffer, pour nous empêcher d’en faire usage ; c’est à filer, c’est à la quenouille, c’est à l’économie de leur maison, c’est au misérable travail d’un ménage, enfin, c’est à faire des nœuds que ces messieurs nous condamnent. »  […]  Arthénice : « Ou bien, c’est à savoir se prononcer sur des ajustements, c’est à dire à les réjouir dans leurs soupers, c’est à leur inspirer d’agréables passions, c’est à régner dans la bagatelle, c’est à n’être nous-mêmes que la première de toutes les bagatelles ; voilà toutes les fonctions qu’ils nous laissent ici bas ; à nous qui les avons polis, qui leur avons donné des mœurs, qui avons corrigé la férocité de leur âme ; à nous sans qui la terre ne serait qu’un séjour de sauvages, qui ne mériteraient pas le nom d’homme. » […] Lire toute la pièce : La colonie [1750], sans se focaliser sur sa stupide conclusion. 472 Lire aussi : La Nouvelle Colonie, ou la Ligue des femmes [1729], toute les deux passionnantes dans le cadre de lectures féministes.

Homme (Féminisme. Michel Louise) : Auteure de : « Au Droit des femmes, comme partout où les plus avancés d’entre les hommes applaudissent aux idées d’égalité des sexes, je pus remarquer, comme je l’avais toujours vu avant et comme je le vis toujours après, que, malgré eux et par la force de la coutume et des vieux préjugés, les hommes auraient l’air de nous aider, mais se contenteraient toujours de l’air. Prenons donc notre place sans la mendier. »473 À rapprocher des analyses / jugements de Madeleine Pelletier concernant le parti socialiste.

Homme (Féminisme. Montéhus Gaston) : [1872-1952] Auteur de nombreuses remarquables chansons révolutionnaires, dont La grève des Mères qui fut interdite par décision de justice en octobre 1905, tandis qu’il fut condamné pour « incitation à l’avortement ». En voici le refrain : « Refuse de peupler la terre / Arrête ta fécondité / Déclare la grève des mères / Aux bourreaux crie ta volonté !/ Défends ta chair / Défends ton sang / À bas la guerre et les tyrans ! »

Homme (Féminisme. Montesquieu) : [1689-1755] Dans la dernière lettre de Roxane à Uzbek [Les Lettres Persanes. 1721], elle lui écrit (notamment) : [ …] « Comment as-tu pu penser que je fusse assez crédule pour imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices ? Que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d’affliger tous mes désirs ? »

Homme (Féminisme. Sankara Thomas) : [1949-Assassiné en 1987] : Un homme Burkinabé, un chef d’état, militaire, marxiste, chrétien, anti-impérialiste, panafricaniste, tiers-mondiste, et féministe, et ce dans de nombreux domaines : Prostitution, partage des tâches, travail des femmes, violences des hommes, excision, alphabétisation, etc. Mais, je dois préciser que mes sources sont partielles, limitées aux deux émissions de Valérie Nivelon (RFI) qui lui ont été consacrées : Sankara, Président des femmes (19 et 26 septembre 2015). On découvre dans ces films, Germaine Petroïpa (Haut-Commissaire de la province du Kouritenga), Adele Ouedraogo (Ministre du Budget), Véronique Kando (Secrétaire générale de l’UFB. Union des femmes Burkinabé).

Homme (Féminisme. Stuart Mill John) : [1859] Dédicace pour Harriet Taylor dans son livre : De la liberté : « Je dédie ce volume à la mémoire chérie et regrettée de celle qui fut l’inspiratrice et en partie l’auteur du meilleur de mes écrits (De l’assujettissement des femmes) ; l’amie et la femme dont le sens élevé de la vérité et de l’honnêteté fut mon stimulant le plus fort et dont l’approbation fut ma principale récompense. Comme tout ce que j’ai écrit depuis de nombreuses années, il lui appartient autant qu’à moi. Mais l’ouvrage tel qu’il se présente a eu, à un degré insuffisant, l’avantage inestimable de sa révision, quelques une des parties les plus importantes ayant été mises de côté en vue d’un examen plus approfondi dont elles ne bénéficieront maintenant plus jamais. Si seulement j’étais capable d’interpréter pour le monde ne serait-ce que la moitié de ses grandes pensées et des nobles sentiments qu’elle a emporté dans sa tombe, je lui apporterais bien plus de bien qu’il ne pourra jamais en résulter de toute ce que je pourrais écrire sans l’émulation et l’assistance de sa sagesse incomparable. » 474 (Cf. Femme (Intelligence, Hommes (Féministes))

Homme (Féminisme. Stansfeld James) : (Homme politique anglais, Ministre du premier gouvernement Gladstone [1868-1874) ; après la chute de ce gouvernement, il s’engagea dans le combat contre les maladies contagieuses et la lutte abolitionniste, menée par Joséphine Butler, ce qui aurait expliqué sa mise à l’écart du second gouvernement Gladstone de 1880. Auteur en 1875 de : [ …] « Les femmes des classes moyennes et supérieures devraient rester à l’abri dans leur foyer, protégées par la mise à l’écart de sœurs transformées en parias, spécifiquement formées pour assouvir la luxure des hommes. Des femmes pures dans nos foyers ; des prostituées garanties saines dans à nos portes. Telle était la teneur de ces lois qu’il nous été demandé d’approuver et détendre. Ceux qui ont élaboré cette législation ont jeté la honte sur un Parlement et un peuple inconscients, et ils voudraient maintenant étouffer toute discussion en arguant du fait qu’il n’est pas convenable de discuter d’un tel sujet sur la place publique. Ils ont jeté la honte sur ces femmes qui ont eu le courage de protester, mais j’affirme que la honte ne devrait même pas effleurer ces dernières. Elle terrasse en revanche ceux qui ont osé jeter l’opprobre sur ces femmes. Je vous promet que cette question de la pureté et de l’égalité de la loi restera une affaire femmes. […] Les femmes sont les chefs tout désignés de ce mouvement. Je ne sais combien de temps durera notre lutte et je ne m’en soucie guère. Plus long sera le combat, plus éclatante sera la victoire morale, qui, j’en suis sûr, ne manquera pas de sa produire. En revanche, voilà ce que j’affirme : en ce qui me concerne, je m’engage toujours à défendre le parti que les femmes ont décidé de prendre ; je m’engage à considérer cette question avant tout comme la leur, à prouver que ce sujet leur doit plus qu’il ne le devra jamais aux hommes, à tout faire pour qu’elles restent en première ligne, avec tout le respect qui leur est dû et, le jour de la victoire, je m’engage à proclamer celle-ci comme la leur. » 475 (Cf. Abolitionnisme ; Taylor Harriet [Pour la dédicace de Stuart Mill la concernant])  

III. Homme (« Intellectuel ». France. XX et XXIème siècle):

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle. Alain) : [1868-1952]Raymond Aron raconte ses années à l’École Normale Supérieure entre 1924 et 1928 : « Il y avait Alain et la secte des aliniens. Ceux là avaient  un grand homme qu’ils admiraient passionnément : ils l’appelaient ‘l’homme’ ; c’était l’homme par excellence, à la fois le philosophe, le pacifiste et le combattant. Peut être cette combinaison n’était pas rationnelle, mais elle était impressionnante. » 476 (Cf. « Sciences » sociales. Philosophie)

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIèmesiècle. Althusser Louis (Assassin de sa femme)) : Auteur de : […] « Car j'ai étranglé ma femme, qui m'était tout au monde, au cours d’une crise aigue et imprévisible de confusion mentale, en novembre 1980, elle qui m’aimait au point de ne vouloir que mourir faute de pouvoir vivre, et sans doute lui ai-je, dans ma confusion et mon inconscience, ‘rendu ce service’ dont elle ne s'est pas défendue mais dont elle est morte. » 477
- Cf., aussi, Claude Rich, l’acteur jouant Althusser dans la pièce, le concernant, intitulée Caïman : « Je vais peut-être vous étonner, mais ce qui m'émeut le plus dans la pièce, malgré les déchirements du couple, c'est l'atroce beauté, l'absolue pureté de cet amour. » 478
- Cf., enfin, le Journal de Mathieu Galey [1934-1986. Écrivain et critique littéraire] : « Oui, l’intelligence, si proche de la folie, quand elle s’embarque dans la création démente d’un système philosophique, œuvre insane ou roman, désespérante entreprise désespérée. Pas étonnant qu’Althusser ait tué sa femme ; le geste n’est pas plus fou que d’écrire. C'est sans doute parce que nous ne sommes pas assez dingues - ni assez égocentristes - que ni Pautrat ni moi…On se console comme on peut.» 479 Pas un mot de condamnation, pas même relevé par la critique. 480
* Pour rappel : Althusser a tué sa femme Hélène le 16 novembre1980. Le non lieu prononcé « en sa faveur », 481 « dont [il a] bénéficié » 482 selon ses propres dires, l’a été en février 1981 sur le fondement de l’article 64 du code pénal le considérant donc comme irresponsable. Après un séjour (fort bien aménagé) en hôpital psychiatrique, il a été rendu à la vie publique en 1983 sans avoir jamais été jugé. Il a alors publié un livre qui, afin de « s’expliquer les raisons d’un drame dans lequel il a été littéralement jeté sous l’inconscience et le délire », 483 s’est avéré une scandaleuse justification - fort heureusement si aisément lisible - du crime qu’il a commis. À ma connaissance, pas un questionnement des ‘intellectuels-de-gauche’ concernant cette injustice qui n’aurait pas été possible sans la caution politique de Mitterrand et donc de son Ministre de la Justice : si exceptions, elles méritent d’être connues et sont les bienvenues. (Cf. Justice, Violences contre les femmes)

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. Althusser Louis (Courage public) : Auteur de : « Jean Guitton [« Conseiller particulier de Jean XXIII et de Paul VI »] nous tenait Hélène et moi pour des ‘saints’, et il l’a prouvé, après l’article de Jean Dutourd sur la mort d’Hélène, en interrompant une émission à la télévision pour proclamer qu’il me gardait en tout une confiance totale et serait toujours à mes côtés dans les pires épreuves. Je lui garde une infinie reconnaissance pour ce qui était alors tout simplement un acte de courage public.» Faut-il rappeler qu’Althusser se réclamait du marxisme, aspirait à le régénérer et a enflammé les esprits de nombre de Normaliens qui se réclamaient de l’extrême gauche ? 484  

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle. Althusser Louis (Être humain. Corps) : Auteur de : « On me dit que j’ai, vers 1975, prononcé cette phrase terrible : ‘Et puis, il y a des corps et ils ont des sexes’ ! » ; de : « Mon corps désirait profondément avoir son existence à lui. » ; de : « Je m’appropriais toutes les virtualités effectives de mon corps. » ; de : « C’est là que je me mis à ‘penser’ avec mon corps. » ; de « J’étais enfin devenu heureux dans mon désir, celui d’être un corps, d’exister avant tout dans mon corps. » Et, in fine, de : « Lorsque je ‘rencontrai’ le marxisme, ce fut avec mon corps que j’y adhérai. » 485  Sidérant, lorsque l’on sait l’influence que cet homme eut sur une fraction importante des intellectuels marxistes français, et au delà…(Cf. Corps, Sexe)  

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. Althusser Louis (Linhardt Robert) : Selon la fille de Robert Linhardt [Auteur de L’Établi ] : « Robert fera partie de ceux qui mettront tout en oeuvre pour que la justice conclue à l’irresponsabilité pénale de Louis, reconnu dément au moment de l’action (!). Je crois qu’il s’épuisera dans ce combat, le dernier qu’il ait mené publiquement, et la gagnera au prix de sa propre santé mentale : c’est moins de trois mois après l’arrêt de non lieu pour Louis Althusser que mon père tentera de sa donner la mort. » 486

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle. Apollinaire Guillaume) : [1880-1918] Auteur de : «  Le marquis de Sade, cet esprit la plus libre qui ait encore existé, avait sur la femme des idées particulières et la voulait aussi libre que l’homme. Ces idées que l’on dégagera un jour, ont donné naissance à un double roman : Justine et Juliette. Ce n’est pas par hasard que le marquis a choisi des héroïnes et non des héros. Justine, c’est l’ancienne femme, asservie, misérable et moins qu’humaine ; Juliette au contraire représente au la femme nouvelle qu’il entrevoyait, un être dont on n’a pas encore idée, qui se dégage de l’humanité, qui aura des ailes et qui renouvellera l’univers. » En ayant notamment cette analyse en tête, il faut lire Justine et Juliette. 487 (Cf. Homme. Sade)

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle. (Aragon Louis) (1) : Auteur (notamment) de : Elsa Triolet choisie par Aragon. 488 Il faut oser…

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle. (Aragon Louis) (2) : Auteur du Con d’Irène dans lequel on lit : « Jeune bourgeois, ouvrier laborieux, et toi, haut fonctionnaire de cette République, je vous permets de jeter un regard sur le con d'Irène, ô délicat con d'Irène ! » 489
- Pour ceux et celles qui l’ignoreraient - ce fut mon cas pendant très longtemps - traiter une femme (et un homme) de « con » serait équivalent à traiter un homme de « bite ».
- On lit dans l’une des présentations (Babelio) de ce livre : « Quand, à la fin des années vingt, est publié anonymement ce petit ouvrage, les foudres de la censure se déchaînent. La société française n'est pas encore prête à reconnaître comme littérature une ode passionnée au sexe de la femme, "ce lieu de délice et d'ombre, ce patio d'ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux. Qui se cache derrière ces pages sulfureuses, jouant de la critique bourgeoise et de la création surréaliste échevelée ? C'est, on l'apprend après quelques années et quelques procès évités, un jeune homme en guerre contre la morale et la bourgeoisie qui se fait appeler Aragon. Aujourd'hui que nous sommes revenus de la provocation, que reste-t-il du Con d'Irène ? Un mystère tout aussi grand et profond, c'est-à-dire une vraie réflexion et une religieuse fascination pour l'antre de la femme. "Si petit et si grand ! C'est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom."» (Cf. Femmes. Échanges des, Patriarcat, Pornographie)

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle. Aron (Raymond) : [1905-1983]À la question de savoir pourquoi en 1955 il avait souhaité rejoindre l’Université (Chaire de sociologie à la Sorbonne), il répondit : « D ‘abord, essentiellement, je n’avais pas le sentiment de m’accomplir dans le métier de journaliste. […] Il y a une autre raison plus profonde et plus personnelle à laquelle je fais juste allusion : mon père n’avait pas réalisé sa carrière et il avait toujours, à la fin de sa vie, quand il était malheureux, rêvé que ce serait moi, son troisième fils, qui ferait ce que lui n’avait pas fait. J’avais une espèce de dette à son égard et j’avais le sentiment que je ne payais pas cette dette si j’étais seulement un journaliste ou un homme politique. je devais donc être un professeur et écrire des livres, des livres valables. Donc j’ai réellement souhaité être élu à la Sorbonne. » 490 (Cf. Êtres Humains. Soi, Patriarcat)  

Homme (« Intellectuel » France. XXIème siècle. Attali (Jacques) : Afin de donner au peuple français un exemple à ne pas suivre, pour que « la France  reste à la hauteur de l’admiration que nous suscitons » depuis les attentats de novembre 2015, Jacques Attali explicita sa pensée : « pas comme une jolie femme qui considère que les hommages lui sont dus, quoi qu’elle fasse. » 491  (Cf. Femmes (Protéger)

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Badiou Alain) : Alain Badiou, qui fut, notamment,co-responsable de la collection ; « L’ordre Philosophique », auteur, en 2013, de : « La femme est le processus de ne pas être » […] « La femme est la preuve terrestre que Dieu n’existe pas » [...] « La femme est dissoute dans les eaux glacées du calcul égoïste » […] « Il y a un défaut d’homme (s) et un excès de femme(s) »…492 Couramment invité sur les plateaux de télévision.

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Bourdieu Pierre) : La domination masculine réhabilitée, en toute logique, par Pierre Bourdieu, le penseur de gauche du « social »…493

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. Casanova Jean-Claude) : Pour justifier son refus de toute loi concernant la parité, auteur de : «  Le plus étonnant dans cette affaire est la méthode retenue pour promouvoir le sexe féminin dans la vie politique. S’il s’agissait de mesures incitatives, pour conduire les partis à présenter d’avantage de femmes, il n’y aurait rien à dire. On pourrait au contraire s’en féliciter. Les Français sont peut être le peuple le plus spirituel de la terre, mais ils ne sont pas le plus libéral. On juge que les électeurs ne sont pas suffisamment éclairés pour élire librement des femmes. La loi doit donc les y contraindre. De même que l’avant-garde du prolétariat devait pouvoir contraindre les ouvriers français à marcher au pas, l’avant garde féministe, seule consciente des droits des femmes, doit pouvoir contraindre les électeurs. » 494 Un vrai morceau d’anthologie de la part d’un homme, « économiste libéral », qui a, en sus de fonctions politiques et intellectuelles, notamment présidé aux destinées de la Fondation nationale des Sciences politiques.

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Comte-Sponville (André) : Entendu ce jour : « Être un avec son corps ». Du même [dans une émission consacrée notamment à son sens du tragique] : […] « Les femmes, pour ce qui me concerne, sont belles et extrêmement désirables » ; […] « La sexualité, cet océan d’abime, de plaisir, de trouble qui est tellement délicieux » ; […] « Les plaisirs du corps, j’y suis très sensible […] mais il y a aussi les plaisirs de l’âme » ; […] « J’adore faire l’amour », pour, enfin, employer l’expression d’« un peu […] de sexe. » 495

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Debray Régis) : [1974] Auteur de (S’adressant à lui-même) : « [...] Mais toi aussi tu as déposé des boutons de culot dans la casquette des mendiants, ou à la quête du dimanche à l’Eglise, dans la sébile du Suisse, ni vu ni connue. Tu n’as pas liquidé les vieux bolchéviques, mais tu n’étais pas non plus à la place de Staline. Tu as découvert à 15 ans que toutes les femmes en dessous en d’un certain âge étaient des putes du seul fait qu’elles n’étaient pas des anges mais des femmes, ouvrant leurs cuisses avec ni  plus ni moins de naturel que tu t’y laissais toi même glisser. Si tu ne te résignes pas à ce genre de déceptions et de découvertes, tu ne pourras pas te supporter toi même, tu devras immédiatement te suicider. » 496 

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle (Deleuze Gilles) (1) : [1925-1995]Auteur de : « Jamais de la femme, on ne fera une amie. Car l’amitié, c’est la réalisation du monde extérieur possible que vous offre un Autrui mâle et lui seul. Et il est utopique, voir affligeant, de voir la femme exprimer ce monde extérieur. » 497 

Homme (« Intellectuel » France. XXème siècle (Deleuze Gilles) (2) : Auteur de :« Tristesses des générations sans « maitres ». […] Qui alors sût dire quelques chose de nouveau, sinon Sartre ? […] C’est pourquoi Sartre reste nôtre maitre. […] ». Repose de et relativise l’aliénation des femmes….Fort inquiétant par ailleurs…498

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Derrida Jacques) (1) : [1930-2004] Auteur [dans un colloque consacré à Nietzsche] de : « Le titre retenu (de ma communication) aura été la question du style. Mais - la femme sera mon sujet. Il resterait à se demander si cela revient au même - ou à l’autre ». La suite, à l’avenant : 51 pages, dont 7 consacrées à la phrase fondamentale de Nietzsche : « J’ai oublié mon parapluie. » 499 Oui, vous avez bien lu…

Homme (« Intellectuel ». France. XXème siècle. Derrida Jacques) (2) : Dans une autre intervention d’un autre colloque de Cerisy, cette fois ci consacré à Francis Ponge, après l’avoir lu et relu, j’ai relevé des termes jamais définis ; des aveuglantes incohérences ; des assertions jamais démontrées ; des confusions, des équivalences jamais explicitées ; une absence de tout fondement, de tout référence théorique et plus largement de cohérence intellectuelle ; comme de toute précision concernant le statut de la parole ; une incroyable suffisance liée à un éternel retour à soi comme relevant de l’évidence et souvent même de la nécessité ; des jeux de mots faciles ; des amalgames injustifiés, avec comme conséquence un étouffement de toute idée sous le poids des mots. Absurde, incompréhensible, mais d’autant plus grave pour un-e intellectuel-le responsable d’un obscurcissement du monde par l’instauration d’un ordre du chaos. J’écris cela sans plaisir ni satisfaction, mais il importe de ne pas oublier que ce sont en sa faveur et celle de tant d’autres que les analyses féministes furent bafouées pendant tant d’années. 500 (Cf. French feminism)

Homme (« Intellectuel ». France. XXème siècle. Drieu la Rochelle Pierre) : [1893-1945]Auteur de : « […] La seule façon de posséder une femme est de la faire souffrir. » 501

Homme (« Intellectuel ». France. XXème et XXIème siècle (Fraisse Geneviève) : Auteure de : « J’ai navigué pendant sept ans dans le monde politique […]. Et je peux vous dire que si la grossièreté y est parfois importante, le machisme est bien supérieur encore dans le milieu intellectuel. Peut-être est-ce dû au fait que les hommes politiques gardent un pied dans le réel, tandis que les intellectuels sont dans la toute-puissance imaginaire. » 502 Concernant la « toute puissance imaginaire » des « intellectuels », pour ma part, je l’ai, rarement, chez eux, rencontrée(Cf. Homme (« Politique ». France. XXème siècle)

Homme (« Intellectuel ». France. XIXème, XXème siècle. Gide André) : [1869-1951] Auteur de : « Il y a toujours certains points par où la plus intelligente des femmes reste, dans le raisonnement, au-dessous du moins intelligent des hommes. Une sorte de convention s’établit, où entre beaucoup d’égards pour le sexe ‘à qui nous devons notre mère’ et pour quantités de raisonnements claudicants, lesquels nous ne supporterions pas s’ils venaient d’un homme. Je sais bien que pourtant leur conseil peut être excellent, mais à condition de le rectifier sans cesse et de l’expurger de cette part de passion et d’émotivité qui, presque toujours chez la femme, vient sentimentaliser la pensée. » 503

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Godelier Maurice) : Auteur de : « Des deux composantes du pouvoir, la force la plus forte n’est pas la violence des dominants mais le consentement des dominés à leur domination. 504 Pour mettre  et maintenir ‘au pouvoir’, c’est à dire au dessus et au centre de la société, les hommes par rapport aux femmes, un ordre, une caste ou une classe par rapport à d’autres ordres, classes, castes, la répression fait moins que l’adhésion, la violence physique ou psychologique moins que la conviction de la pensée qui enchaine avec elle l’adhésion de la volonté, l’acceptation sinon la ‘coopération’ des dominés. » 505 Il importe de rappeler que Maurice Godelier fut l’homme chargé de donner sa caution intellectuelle et scientifique, en l’occurrence institutionnelle, au colloque fondateur organisé par les féministes en décembre 1982 à Toulouse : « Femmes, féminisme et recherches ». (Cf. Sciences sociales. France XXème siècle (Anthropologie))

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Gorz André) (1) : [2006] Auteur notamment de : Critique du capitalisme quotidien (1973), de Fondements pour une morale (1977), d’Adieux au prolétariat (1980), de Métamorphoses du travail, Quête du sens (1988), de Misère du présent, richesse du possible (1997) et de [concernant sa femme et à elle adressée] : « […] Et comme dans tous les emplois que j’ai occupés par la suite, tu assumais ta part dans le travail que j’avais à faire. » 506

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Gorz André) (2) : Auteur de : « L’avenir ne nous rendra pas le passé ». Certes…507
- Faut-il préciser que nul-le ne peut être réduit-e aux citations, néanmoins signifiantes (privilégiées comme telles), accolées à son nom ? (Cf. Vide-pensées)

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. Lévy Bernard-Henri) : Auteur de (pour justifier son refus d’une loi sur la parité) de : […]  « La ‘parité’. Ce qui n’est pas acceptable, chez les partisans de la ‘parité ‘, c’est évidemment leur dogmatisme.» […] « L’erreur serait, il me semble, de confier à la loi, ce qui revient au combat politique. L’erreur, la régression consisterait à inscrire dans les textes ce qu’il faut imposer dans les mœurs. Oui, à la lutte politique, non à la révision des articles 3 et 4 de la Constitution. La nuance peut paraître mince, elle est essentielle : c’est celle qui, selon Montesquieu, sépare l’état d’urgence de la dictature. » 508

Homme (« Intellectuel » France . XXème et XXIème siècle (De Libera Alain) : [Professeur au collège de France et directeur d’études à l’École pratique des hautes études (Ve section : sciences religieuses] : Au terme d’une discussion (peu claire) sur France Culture, concernant « la notion de mystique féminine » […] qui attribuerait « aux hommes l’intellect et au femmes l’affect », auteur de : [...] « C’est comme si, comme dit Lacan, toutes les femmes sont folles. Ben, il m’arrive d’en douter. » (Rires un peu gênés) 509

Homme (« Intellectuel » France . XIXème et XXème siècle. Mauriac François) : [1885-1970] Concernant le livre de Christiane Rochefort, Le repos du Guerrier [1958], auteur de : « Enfin, un roman couronné par le jury de ‘la Nouvelle Vague’. Il me déplait de jouer les pères-la vertu et je m’en garderai. Mais je pose la question : en qui l’histoire du sexe de cette dame intéresse t-elle spécialement la nouvelle vague ? [ …] » 510

Homme (« Intellectuel » France. XXIème siècle. (Onfray Michel) : Auteur de 511 : « Le Deuxième sexe : un grand livre libertaire » suivi de : « Le Deuxième sexe : un exercice pratique de l’existentialisme ». Un livre féministe ? Ah bon ?
* Ajout. 6 janvier 2015. Michel Onfray ayant été le premier homme « intellectuel » classé sous l’item : « Antiféminisme », puis réintégré ce jour avec plusieurs autres, voici comment j’avais alors justifié ce choix : « Certes, classer Michel Onfray seul sous cet intitulé est incontestablement une injustice, tant ils seraient nombreux à être cités sous cet item…Ceci, d’importance, étant précisé, la multiplicité depuis dix ans de ses innombrables incidentes, « plaisanteries » (pour moi, grossières, sur « les femmes » et donc en elles-mêmes) lors de la retransmission de l’Université - dite - populaire de Caen sur France Culture en août pourrait partiellement justifier ce ‘choix’. J’avais un instant pensé les relever pour en montrer la signification politique, et puis j’ai pensé qu’il y avait d’autres choses plus utiles à dévoiler. Bien que… » 512

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle (Morin Edgard) : Auteur notamment de « Penser Global » [2015], mais aussi de « Mon Paris, ma mémoire » [2013], «  Mes philosophes » [2011, 2013], « Ma gauche » [2010], « Mon chemin » [2008], «  Mes démons » [1994] et de « Autocritique » [1959]. (Cf. « Sciences » sociales. Histoire. historiographie patriarcale. Morin Edgar)

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle (Paulhan Jean) : [1953. Animateur de la NRF (Nouvelle Revue Française) de 1925 à 1940 (et amant de Dominique Aury, auteure notamment d’Histoire d’O) :  « J’ai toujours eu l’impression, je crois, au fond, que les gens étaient assez dangereux. Quand j’ai lu le marquis de Sade, j’ai très bien compris de quoi il s’agissait ; c’est que c’est très agréable d’aimer quelqu’un, et c’est très agréable aussi, quoi qu’on ne le dise pas de le torturer et de lui faire du mal. Il y a ces deux côtés chez l’homme. » 513
* Ajout. 1er mars 2015. L’interview de Jean Paulhan par le si malin Robert Mallet donne de lui une image qu’il est difficile de ne pas considérer comme lamentable, honteuse de l’homme qui a dominé pendant des dizaines d’années ce que l’on nomme « les lettres françaises ». 514 (Désirs, Droits de l’homme, Pornographie, Sade, Violences contre les femmes)

Homme (« Intellectuel ». France. XXème et XXIème siècle. Sartre Jean-Paul) : Interviewé (sans référence de date dans l’émission), il répondit : « Je suis entouré de gens qui sont des  femmes. Je vis avec six femmes, Simone de Beauvoir étant là, la principale, l’unique si l’on veut (inaudible). Il y en a d’autres […] Il n’y en a que six, parce que ça c’est trouvé comme ça, mais j’en mettrais bien 12. Je dis six, mais il faut compter sept, sept ou huit. » 515

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle (Serres Michel) : Auteur de : […] « Le philosophe est généraliste. Il doit passer partout. J'ai essayé de la faire. J'ai eu comme programme cette espèce de tour du monde. […] Mon programme, ma croix - car il est véritablement impossible à faire - a été d'essayer de faire un programme relativement universel. Cette universalité, c'est mon métier. C'est le métier de la philosophie. » […] Puis, plus tard : « Les anciennes appartenances sont mortes, ou à peu près toutes […] Elles sont en train de se déliter. […] La vraie question c'est : ‘Comment créer de nouvelles appartenances ?’ Cà, c'est un problème, une question enthousiasmante qui est notre métier, notre travail. Nous avons à créer de nouvelles appartenances…de nouvelles manières d'associer les individus. C'est tout simple. Mais c'est un travail philosophique extraordinairement intéressant. » 516 

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle (Sollers Philippe) : Aussi mauvais clown, dérisoire, ridicule soit-il, l’entendre parler des femmes m’est souffrance. 517 Il salit, injurie, prostitue toutes celles qu’il évoque. Il me dégoûte. Il m’écœure.

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle (Touraine Alain) : Auteur de « les femmes, ces acteurs nouveaux » [dans le monde] ». 518 Outre l’absence de toute signification du terme d’acteurs / actrices dont Alain Touraine avait fait son Graal, outre l’emploi du masculin, on peut signaler que les femmes seraient ainsi passés directement du statut d’actrices (politiques) sans passer par la case : sujets (de droit) [à égalité formelle avec les hommes]. (Cf. Patriarcat)

Homme (« Intellectuel » France. XXème et XXIème siècle. (Veyne Paul) : Auteur de : « Je me suis marié trois fois, comme Cicéron César et Ovide ». 519 Tout commentaire serait grossier. (Cf. Famille. Mariage)  

Hommes [et femmes] (« Intellectuel-les » France. XXème et XXIème siècle) (1) :Un intellectuel (qui se respecte) : on l’injurie. Une intellectuelle féministe (qui se respecte) : on la nie.

Hommes [et femmes] (« Intellectuel-les » France. XXème et XXIème siècle) (2) : [1977. Pétition] : « Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d'assises des Yvelines vont comparaître pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, qui, arrêtés à l'automne 1973 sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficie du principe de liberté des inculpés. Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de "moeurs " où les enfants n'ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d'instruction qu'ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous parait déjà scandaleuse. Aujourd'hui, ils risquent d'être condamnés à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favorisé et photographié leurs jeux sexuels. Nous considérons qu'il y a une disproportion manifeste d'une part, entre la qualification de "crime" qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés; d'autre part, entre la caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d'une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l'existence d'une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire?) La loi française se contredit lorsqu'elle reconnaît une capacité de discernement d'un mineur de treize ou quatorze ans qu'elle peut juger et condamner, alors qu'elle lui refuse cette capacité quand il s'agit de sa Vie affective et sexuelle. Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhart ne retrouvent pas la liberté. » 520
- Ont signé ce communiqué : Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Judith Belladona, docteur Michel Bon, psychosociologue, Bertrand Boulin, Jean-Louis Bory, François Chatelet, Patrice Chéreau, Jean-Pierre Colin, Copi, Michel Cressole, Gilles et Fanny Deleuze, Bernard Dort, Françoise d'Eaubonne, docteur Maurice Erne, psychiatre, Jean-Pierre Faye, docteur Pierrette Garrou, psychiatre, Philippe Gavi, docteur Pierre-Edmond Gay, psychanalyste, docteur Claire Gellman, psychologue, docteur Robert Gellman, psychiatre, André Glucksmann, Félix Guattari, Daniel Guérin, Pierre Guyotat, Pierre Hahn, Jean-Luc Henning, Christian Hennion, Jacques Henric, Guy Hocquenghem, docteur, Bernard Kouchner, Françoise Laborie, Madeleine Laïk, Jack Lang, Georges Lapassade, Raymond Lepoutre, Michel Leyris, Jean-François Lyotard, Dionys Mascolo, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Vincent Montail, docteur Bernard, Muldworf, psychiatre Négrepont, Marc Pierret, Anne Querrien, Grisélédis Réal, François Régnault, Claude et Olivier Revault d'Allonnes, Christiane Rochefort, Gilles Sandier, Pierre Samuel, Jean-Paul Sartre, René Schérer, Philippe Sollers, Gérard Soulier, Victoria Therame, Marie Thonon, Catherine Valabrègue, docteur Gérard Vallès, psychiatre, Hélène Védrines, Jean-Marie Vincent, Jean-Michel Wilheim, Danielle Sallenave, Alain Cuny.
Et si ce qui liait le plus profondément les intellectuel-les entre eux était d’abord et avant tout leur partage des fondements patriarcaux et des [non] valeurs du patriarcat au sein desquelles ils / elles  ont été formé-es, reconnu-es ?
- (Cf. Hommes (Intellectuels français. XXième siècle), Inceste, Féministes (Intellectuelles), Justice, Patriarcat, Proxénétisme, Violences, etc…)

IV. Homme (Journaliste. France. XXème et XXIème siècle) :

Homme (Journaliste. Inconnu) : Un journaliste à Annie Ernaux après lecture de son livre L’Evènement 521 [paru en 2000, consacré à un avortement interdit avant la loi sur l’IVG en 1964], auteur de : « Votre livre me donne la nausée ». 522

Homme (Journaliste. Gardette Hervé) : Responsable d’une émission quotidienne de débats (politiques) sur France Culture, auteur de : « Excusez cette question naïve, mais à quoi ça sert le féminisme aujourd’hui ; à quoi ça sert d’être féministe aujourd’hui ? » 523

Homme (Journaliste. Mermet Daniel) : [Animateur et producteur de l’émission quotidienne Là bas si j’y suis de France inter, crée en 1989]. A t-il consacré une seule émission au féminisme ? Et combien aux multiples débats initiés par les féministes ? Je l’ignore. Mais je sais, en revanche, que, pour lui, pour sa culture - « de gauche » - les féministes ne font pas partie des « révoltés et enthousiastes de la planète ». Et cette réalité ne le gêne pas ? Douloureuse caricature de la gauche patriarcale, souvent si grossière, si injurieuse, si violente
- Par ailleurs, s’approprier, sous son seul nom, depuis des dizaines d’années, le travail de tant de personnes, se réserver - sans même jugement concernant les méthodes employées et publiquement dénoncées - le monopole de l’analyse, de la présentation d’une émission, des commentaires ajoutés aux données brutes fournies par les journalistes cantonné-es au terrain, du choix des messages, sans évoquer les apports financiers, symboliques, égotiques, narcissiques…en quoi est-ce se différencier de l’exploitation [capitaliste?] ?
* Ajout. 26 mars 2014. « Être » de gauche (comme « être » féministe…), comme tant le pensent, avec tant d’évidence et de bonne conscience, ne prémunit de rien…
* Ajout. 29 juin 2014. À 71 ans, licencié de France Inter, il a pu déclarer qu’il était « à la rue». Ceci étant dit, la décision de supprimer Là bas s’y j’y suis est bien évidemment une censure politique contre une émission-de-gauche et, à ce seul titre, doit être dénoncée. 524 (Cf. Langage. Verbe. Être, Politique. Exploitation, Violences contre les femmes (Message au répondeur de Là bas si j’y suis)

Homme (Journaliste. Ono-dit-Biot Christophe) : En présence de ses trois invitées : Christina Comencini, Justine Lévy et Blandine de Caunes, auteur, avec une satisfaction non dissimulée, de : « Mais finalement ! Vous avez échoué alors ! Vous les féministes, vous avez échoué ! On a la preuve ici ! » 525  Incroyable suffisance, évidente inculture féministe, absence de rigueur conceptuelle, stupidité et grossièreté des questions et des commentaires, rires outrés et faux, impudeur, détournements et orientations de sens, et in fine référence déférente à « la liberté d’expression totale » : quand ce type de soi-disant débats va t-il enfin cesser ? Pourquoi serions nous contraint-es de supporter cela ? (Cf. Langage (Genre. Mauvais)

Homme (Journaliste. Poivre d’Arvor Patrick) : [a présenté le journal télévisé de 20 h sur Antenne 2 de 1975 à 1983 et celui de TFI de 1987 à 2008, sans évoquer ses innombrables présences médiatiques) Auteur, dans Les femmes de ma vie de : « J’aime les femmes. J’ai toujours aimé les femmes, la compagnie des femmes, le parfum des femmes. Sans doute leur ai-je été fidèle, en dépit des toute apparence. J’aime la femme comme espèce, comme on le dit d’un minéral et d’un animal. Je l’aime comme curiosité, comme gouffre où noyer le savoir. J’aime ses sous-espèces et leurs souterraines ramifications. J’aime ma naïveté et mes incertitudes quand l’animal me frôle. […] J’aime les femmes qui dérivent comme de longues algues. […] J’aime la violence de leur innocence, la rudesse de leur attachement. Je les aime entières et successives, esthètes de  la duplicité, inconscientes dans la rouerie. […] Femmes de ma vie, femmes de mes nuits, laisser moi vous border de ces pages.» Fin de l’introduction. 526

Hommes (Journalistes : Mickael Darmon, Arnaud Leparmentier, Jean-Pierre Elkabbach) : Lu : « Les faits remontent au dimanche 15 mars : la députée EELV de Paris était l'invitée de l’émission Le Grand Rendez-vous d'Europe 1. Selon le courrier envoyé par EELV au CSA, la députée a été coupée plus de 140 fois, « soit toutes les vingt secondes en moyenne », au cours de ces 42 minutes où elle était interrogée par trois journalistes hommes : Mickael Darmon d’I-télé, Arnaud Leparmentier du Monde et Jean-Pierre Elkabbach d’Europe 1 ». […]Entre autres réactions à cet interview, Politis dénonçais alors« un trio journalistique réac et misogyne d’un autre âge », soit « trois hommes face à une femme, affichant leur arrogance, un ton hautain, interrompant la députée EELV dans toutes ses réponses et ses démonstrations, réagissant à ses propositions par un flot de suffisance et de sourires méprisants. »527

Homme (Journaliste. Zemmour (Éric) : [Grand reporter au Figaro] Auteur de : […] « On pourrait compter sur les doigts d’une main les femmes politiques, de stature nationale, qui ne soient pas passées dans les bras de l’un des trois monarques français de ces trente dernières années : Giscard, Mitterrand, Chirac. Et la loi sur la parité a décentralisé le droit de cuissage politique, surchargeant les élites pour les élections municipales et régionales d’épouses et de maitresses. Mais il paraît que cela ne se dit pas. » Sans omettre son antiféminisme, primaire, inculte et donc grossier, tout n’est pas faux dans ce constat. 528 (Cf. Femme « politique ». France, Violences contre les femmes. Droit de cuissage)

V. Homme (« Politique ». France. XXème et XXIème siècle) :

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Badinter Robert) : Auteur de :[…] « La question [la pénalisation des clients] sur laquelle vous m’avez fait l’honneur de me demander de venir est une question qui est, chacun le sait, tout à fait importante, très complexe, mais que je n’aborderai pas du point de vue philosophique. Il y a un débat, chacun le sait, sur la prostitution, le régime, le rapport entre la prostitution et femmes et hommes. Non, dans ce domaine là, je n’ai pas besoin d’intervenir. J’utilise (Je précise ?) simplement et très clairement dès le départ : mes positions sont exactement, le talent mis à part, celles d’Elisabeth (Badinter), qui par définition a raison et dont j’épouse, cela va de soi, les convictions. Ce qui me permet d’ailleurs de marquer que nul ne saurait m'accuser de n'être pas féministe, parce que si je n'étais pas féministe, je n'aurais pas le privilège de célébrer bientôt notre cinquantième anniversaire de mariage. Elle ne l'aurait pas supporté. »
- Commentaire d’Isabelle Alonso (à lire dans sa critique rigoureuse de son exposé) : Pénalisation des clients. Les belles histoires de Tonton Robert : « Robert Badinter est féministe par capillarité conjugale. » 529 Quant à s’interroger sur le qualificatif de  ‘féministe’ à accorder à son épouse, c’est hors sujet ; c’est un postulat. La suite de la ‘pensée’ de Badinter, dont il a d’emblée démontrée la rigueur : à l’avenant de la brillante assertion sus évoquée…En tout état de cause, sur le principe de cette « question très complexe » [qu’est censée être « la prostitution »] R. Badinter s’avère sur cette question, cohérent… avec lui même. 530 (Cf. Femme (Badinter Élisabeth), Proxénétisme )

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Bayrou François) : [Candidat Modem (centriste) à l’élection présidentielle de 2012] Auteur de (en réponse à une question sur l’inégalité hommes/femmes en matière d’expertise) : « J'ai autour de moi autant d'expertes femmes que d'hommes. Elles ont des qualités de courage et d’analyse que j’apprécie. [...] » Certains n’ont pas vu passer le siècle (le précédent…). 531

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Bergé Pierre) : [Soutien (notamment) du parti socialiste, du moins de certain-es, changeant-es, de ses responsables] Auteur de : « Si Chanel a donné, comme on dit, la liberté aux femmes, tu [Yves Saint Laurent] leur as donné le pouvoir. Tu avais bien compris que le pouvoir était détenu par les hommes et qu'en faisant passer leurs vêtements sur les épaules des femmes, tu leur donnais à elle le pouvoir. C'est ce que tu as fait : le smoking, la saharienne, le tailleur-pantalon, le caban, le trench-coat en témoignent. » 532
- Auteur aussi de : « Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence? C’est faire un distinguo qui est choquant. » 533 Après cette déclaration, aux côtés de Jack Lang, il est au premier rang de la manifestation pour le « mariage pour tous » 534  et organise la soirée mondaine qui la poursuit.
* Ajout. 31 décembre 2014. Nommé grand officier de la Légion d’honneur le 31 décembre 2014, actionnaire avec Xavier Niel du Monde. (Cf. Mariage pour tous, Mode, Pornographie (Niel Xavier), Proxénétisme)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Besancenot Olivier) : Dans un livre intitulé : Révolution, en 2007, Olivier Besancenot (Porte parole de la LCR, Ligue Communiste révolutionnaire) consacre deux pages au « Féminisme ». Ni dans les rubriques : « La vie », « Notre histoire », « La lutte », « La politique », « L’économie », « Le monde », mais dans celle intitulé : « La société ». Faut-il, à sa lecture, mieux incriminer le danger de la création de « rubriques » ; l’incroyable brouillamini de ce qui est écrit ; l’inconsistance des revendications (un exemple : « Les organisations syndicales doivent obtenir le droits de vérifier les revenus de toutes les branches d’activité afin de faire respecter la parité salariale ») ; le refus d’une dénonciation des violences des homme sur les femmes, ([…] dans les faits, beaucoup de cliniques ne pratiquent ( !) pas ou plus l’avortement et la contraception n’est toujours pas gratuite. Pire ( !), les femmes sont victimes de violences, parfois au sein de la famille, mais surtout au sein d’une société qui leur renvoie sans cesse des images stéréotypées et ce qu’elles doivent être socialement, physiquement, voire sexuellement.( !) » ; ou enfin, la permanence de la prégnance des ‘analyses’ Trotskystes dans les mouvances féministes d’extrême gauche française ?
Enfin, affirmer dès lors que « la lutte conte le capitalisme et la lutte contre le patriarcat sont indissociables » c’est faire injure au « capitalisme » et au « patriarcat ».
Ou : comment une « avant garde » marxiste - qui affirme que « Les collectifs et les associations féministe, notamment par le biais ( !) de la Marche mondiale des femmes, se trouvent actuellement aux avants postes de la résistance au libéralisme sauvage ( ?) - devient une « arrière garde » féministe… » 535

Homme (« Politique ». France. XXIème siècle (Bourlange Jean-Louis) : Homme politique « centriste », éditorialiste depuis des années de France Culture, auteur du définitif : « Nous sommes du côté de la civilisation et pas du côté du terrorisme536 Dans cette même émission, toujours féconde, on a pu l’entendre affirmer doctement, concernant les conséquences politiques de la victoire de Siryza en Grèce : « Notre devoir [le « notre » n’ayant pas jugé bon être spécifié] est de faire une politique raisonnable et rationnelle. »537 (Cf. « Sciences » sociales. Économie. Monnaie (2))

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Chirac Jacques) : Il faut lire le livre du chauffeur de Jacques Chirac, Vingt cinq ans avec lui et notamment le chapitre intitulé : Le repos du guerrier pour comprendre, comme si l’on était présent (ou presque), comment Chirac se comportait avec les femmes. En sus du vivier que semblait représenter militantes, secrétaires du RPR, actrices, groupies, ministres, journalistes, conseillère (s ?) de Paris, etc…vu le nombre de fois où « passait cinq minutes affairées au sixième étage du 123 rue de Lille », nombreuses furent nécessairement en outre celles qui lui étaient présentées, contre monnaie sonnante et trébuchante. Qui fut l’intermédiaire, proxénète ? Comment fut-il, par quelle promotion, récompensé ? Quant à celle, la seul citée, qui refusa, une « secrétaire qui trouva intelligent de rester fidèle à son mari », elle « fut harcelée, traitée de « dingue », selon le mot de la maison et acculée à la démission. » Quant à la formule passée dans le langage commun : « Chirac ? Trois minutes, douche comprise », me concernant, je ne peux la qualifier de « plaisanterie ». 538 (Cf. Droit de cuissage, Harcèlement sexuel, Proxénétisme)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle. (Cohn Bendit (Daniel) : À la question posée en 2008 : « Comment réagissez vous aux ennuis de DSK au FMI ? », il répondit : « Cela ne m’intéresse pas. Tout le monde sait que les Français aiment les femmes. Qu’est ce que cela peut faire ? » 539
* Ajout. 10 janvier 2014. Du même, sur Europe 1, concernant la publication par le magazine Closer de la relation / liaison entre François Hollande et l’actrice Julie Gayet : « C’est dégueulasse, tout simplement dégueulasse. » (Cf. Patriarcat, Strauss-Kahn (Dominique), Vert-es, Vie privée)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Fabius Laurent) (1) : Auteur [Concernant la candidature de Ségolène Royal à la Présidence de la République] du célèbre : « Mais, qui s’occupera des enfants ? », ce dont, à ma connaissance, il ne s’est jamais même publiquement excusé. Aurait dû mettre fin à sa carrière politique ; n’est pourtant généralement perçu que comme une erreur de langage et/ou une regrettable maladresse. Cet exemple, dont Fabius n’a malheureusement pas le monopole, permet, par ailleurs, de rappeler que les pensées, les agissements, les dires, les analyses des hommes concernant l’autre moitié de l’humanité n’entrent pas dans les catégories politiques censées distinguer les ‘conservateurs’ des ‘progressistes’.
- Afin d’apprécier la vitesse de la progression de l’avancement de la pensée féministe de tant d’hommes (de gauche), on pouvait lire en 1927, dans le journal communiste L’Ouvrière : « La question féminine a également donné lieu à une importante discussion, au cours de laquelle nos camarades (ouvriers) hommes ont exprimé le fond de leur pensée : ‘Qui élèvera les gosses si la femme est à l’atelier ?’» - Notons cependant, que depuis lors, une femme au moins est ‘passée’ de l’atelier à la candidature à la Présidence de la république. 540 (Cf. Gauche, Femmes politiques (Ségolène Royal))

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Fabius Laurent) (2) : Frédérique Bredin, ministre socialiste, auteure de : « Pour Fabius, les femmes n’existent pas intellectuellement, au pire, il les barre, au mieux il les tolère. » 541

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Guaino Henri) : [Conseiller spécial et ‘plume’ de Sarkozy] Auteur de (Après avoir dénoncé le climat « détestable » causé par les affaires DSK ou Tron et les propos de Luc Ferry évoquant un ex-ministre « pédophile » redoutant, dès lors, « un grand déballage ») : « Le risque est quand même que de tout ça sorte un grand vent de puritanisme, une recherche de pureté absolue, que la morale, qui est nécessité absolue pour la République, finisse par sombrer dans l'ordre moral, ce qui serait la pire des choses.» […] « Il y a un vraie demande de morale et elle sera au cœur de tous les débats politiques, c'est absolument normal, c'est même très sain. Le problème est qu'il ne faut pas transformer cette demande de morale en exigence de moralisme qui devienne déraisonnable et qui finisse par détruire l'ordre social ». […] « S'il n'y a plus d'intimité, plus de vie privée, plus rien et que tout le monde est à la merci de dénonciation, de calomnies, de racontars, le remède va devenir pire que le mal. » 542 Doit-on en conclure que « l’ordre [im]moral » [des politiques] devrait être considéré comme fondateur de « l’ordre social » ? (Cf. Morale, Robespierre, Vie privée)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle. Geismer Alain : Ancien dirigeant de la Gauche prolétarienne (la G.P) [Il rejoint le PS en 1986] concernant l’alliance des intellectuels et des ouvriers en 68 « pour changer le société » : « Il faut quand même savoir que des centaines d’ouvriers s’étaient précipités au Quartier Latin en mai. Et qu’en septembre (68), quand un jeune ouvrier draguait, il disait ‘Je suis un étudiant’. Il y avait une identification aux révoltés de mai qui était forte dans la mouvance ouvrière. [...] » 543 La lutte des classes ? l’ambition ouvrière ? : draguer comme les bourgeois ? Élargir leur accès aux femmes en s’identifiant à eux ?… Terrible.

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Hollande François) (1) : Auteur de [à propos de la difficulté, selon lui, à appliquer la parité] : « Des femmes ? On en trouve. Mais ce qui n’est pas facile, c’est d’écarter des hommes compétents ». « Même au profit de femmes compétentes ? » interroge en toute logique le Canard Enchaîné 544.
- Le même, après s’être auto qualifié de « pudique », avait déclaré en octobre 2010 concernant sa compagne actuelle qu’elle était la « femme de sa vie ». Quelle distinction et quelle délicatesse concernant Ségolène Royal et leurs enfants, sans même évoquer la naïveté adolescente de ladite déclaration…Pourquoi devrions nous accepter d’un-e politique ce que nous n’accepterions de quiconque ?
- Enfin, « Les femmes n'oublieront sans doute pas la manière dont il a soutenu la candidature de son ex-épouse en 2007 à coups de lance-pierres ». (Commentaire de l’article de Libération intitulé : « En Banlieue, Hollande compte sur les femmes ») 545 Puisse l’auteur de cette question dire vrai !
- En dernier lieu, le concernant, un retour sur l’histoire politiques socialistes est absolument nécessaire. 546 (Cf. Femmes politiques. France. XXIème siècle Aubry Martine), Royal (Ségolène), Démocratie, Femmes (et Libération), Ferry (Jules), Gauche, Nationalisme, Mandat, Parité)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Hollande François) (2) : En une semaine [31/10/2012 - 6/11/2012] :
* Interview - dépourvu de toute hauteur, de toute analyse et de toute projection - concernant « la crise », dans Le Monde 547 ;
* Réception de Netanyahou à Toulouse 548 et reconnaissance reconnue à Israël de son « droit à l'autodéfense » 549 ;
* Extradition d’Aurore Martin en Espagne ;
* Adoption de « la quasi totalité » du libéral rapport Gallois en opposition formelle avec ses engagements antérieurs ;
* Expulsion violente [bulldozers détruisant tout sur leur passage, flash-ball, grenades à, poivre, lacrymogènes] des occupant-es de la ZAD [zone d'aménagement différé, rebaptisée ‘zone à défendre’] et destruction des expériences collectives d’occupation des sols s’opposant à la construction de l’aéroport - dénué de tout sens - de Notre Dame des Landes ;
* Et enfin, auteur de : l'Arabie Saoudite est « le premier partenaire de la France dans le Golfe, notre premier fournisseur de pétrole, notre premier client dans de nombreux domaines » 550, puis de : « Le roi et moi, nous avons les mêmes principes, qui sont ceux de la stabilité, de la sécurité, mais également, sur la plan économique, de la croissance », et enfin de : « S’agissant des droits de l’homme, des droits de la femme, nous en avons parlé avec le roi. Il m’a dit les réformes qu’il avait engagé551 [7/11/2012]
- Utile de commenter ? Non. (Cf. « Sciences » humaines. Économie. Règle d’or)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Huissier) : L’angoisse de leur venue est le quotidien de millions de français-es. Et de combien de « politiques » ? Même question concernant les expulsions locatives, les saisies sur salaires, les faillites, le licenciement, le chômage, l’expulsion des listes du Pôle Emploi, la recherche infructueuse d’un appartement, la fin des allocations chômage, l’absence de papiers d’identité, la suppression de l’APL, le refus d’un crédit, la pauvreté…

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Jobert Michel) : [Secrétaire général de la Présidence de la république (Georges Pompidou), puis Ministre des Affaires étrangères. 1973-1974] Auteur de (dans une « Lettre ouverte » adressée à Gisèle Halimi et Delphine Seyrig) : « Vous vous battez pour les femmes, avec une détermination qui ne faiblit pas et qui marque d’ailleurs des points, ce qui est l’indice que tout n’était pas stupide, révoltant ou excessif dans vos prétentions. » - On peut en sus noter l’exergue : « Ce livre est d’abord dédié aux femmes politiques qui soutiennent mon action, en notre fraternelle résolution » et la conclusion : son « conseil » que « les femmes se libèrent de l’esclavage du sac à mains, qui les transforment en manchotes. » 552

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle. (Landrieu Bernard) : [Préfet de la Savoie, de la Manche, du Limousin, de la Haute Vienne, Directeur de cabinet de Jacques Chirac à l'Elysée, Préfet de la région Ile de France, Préfet de Paris, Préfet Hors cadre, Commandeur de la légion d’honneur] Auteur de [ en 1994] : « La France est un des pays d'Europe où les femmes travaillent le plus : elles y constituent une part importante des demandeurs d'emploi; elles présentent des handicaps sur le plan de la formation et de la mobilité; compte tenu de ces difficultés, faut-il admettre l'activité professionnelle des femmes comme un état de fait sur lequel il n'aurait pas lieu de revenir ? » 553

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Martinon David) : [2008]Porte-parole de l’Élysée, à propos de Cecilia Sarkozy, auteur de : « Elle est une femme libre, elle fera ce qu'elle a envie de faire. » 554  Moi aussi ?

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle. (Mélenchon Jean-Luc) (1) : [Responsable du Front de gauche, candidat à l’élection présidentielle de 2012] « Féministe », selon lui, depuis sa rencontre avec Colette Audry [1906-1990] : de l’art de réécrire son histoire - et donc l’histoire - et de considérer (notamment) les femmes et les féministes comme incapables d’analyses et dépourvues de toute mémoire.
Ses déclarations présentées comme ‘féministes’ : du verbiage, du formalisme, une grossière inculture en la matière, du réchauffé, d’immenses béances…555 Est-il nécessaire de préciser que je peux justifier chacune de ces critiques ? Mais sans doute est-il plus utile pour chacun-e de les analyser en fonction de ses propres valeurs …
Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle. (Mélenchon Jean-Luc) (2) : Il avait aussi déclaré en 2005 concernant la candidature de Ségolène à la primaire socialiste - qu’elle emporta - : « L'élection présidentielle n'est pas un concours de beauté. » Des excuses ? Vous n’y pensez pas ! 556

Homme (« Politique ». France. XXème siècle. Mendès-France Pierre) : Selon Françoise Giroud, « Il n’existait pas de traces de misogynie chez cet homme. Il respectait les femmes et cela ne l’étonnait nullement de me voir m’intéresser à la politique. Le contraire lui aurait apparu anormal. » 557

Homme (« Politique ». France. XXIème siècle. (Myard Jacques) : Député, membre de « la droite populaire », après avoir été notamment l’auteur de l’immortel : « Il estsûr en tous cas que la civilisation s’est développée sur l’hétérosexualité », 558 auteur, en sus, de : « Je ne serre pas la main aux connes, ça pourrait les instruire » [à une femme de l’association La Barbe qui lui tendait la main]. 559

Homme (« Politique ». France. XX, XXIème siècle. Pasqua Charles) : Ancien ministre de l’intérieur, auteur de : « La politique, ça se fait à coups de pied dans les couilles [...] » 560

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Sarkozy Nicolas) (1) : Auteur de : « La France est un pays où les femmes sont libres. » 561 (Cf. Femmes (Françaises), Politique. Morale)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Sarkozy (Nicolas) (2) : Sa présence à son poste - et l’impossibilité juridique [faute de mandat révocable] durant cinq ans d’envisager même son départ - a (chez moi) provoqué une quasi quotidienne indignation : des ministres muselés, un gouvernement sans pouvoir, des parlementaires aux ordres, des lèches bottes partout (surtout dans la presse ?), des mensonges à la pelle, des scandales sans cesse étouffés, du cynisme, du mépris affichés sans vergogne, des faits du prince légitimés, une histoire réécrite, des assertions monstrueuses, des citoyen-nes tenu-es pour [bon-nes à] rien…Sur quels cumuls d’aspirations, d’aliénations, de manipulations, a t-il pu accéder au pouvoir ? Sur quel fondement - l’argument grossier de l’élection étant d’emblée récusé - avait t-il le droit de dire : « Je » ? Enfin, sa déclaration concernent Mohammed Merah, qualifié de « monstre »  : « chercher une explication (...) serait une faute morale » sonne comme la mise à mort de (l’idée même de) pensée et de morale. 562
- Dernière question (non résolue) : En quoi suis-je peu ou prou responsable de cette réalité ?
* Ajout 1er mai 2014. Le constat est le même concernant François Hollande. (Cf. Démocratie. Mandat)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Strauss-Kahn (Dominique) : Agresseur sexuel récidiviste. Qu’il ait été arrêté, emprisonné, inculpé : un grand, très grand événement politique pour les femmes du monde entier. Et ce, sans attendre, indépendamment, de tout « rebondissement », de toute décision judicaire aux États-Unis comme en France. Par ailleurs, ne pas voir que la manière ont cet homme traite les femmes s’inscrit bien évidemment dans ses analyses économiques - et donc dans leurs conséquences au plan mondial - est faire preuve de bien de naïveté. Enfin, le courage exigé de ses dénonciatrices n’est pas acceptable ; il faut dénoncer et empêcher à tout prix les tombereaux d’ignominies, de menaces, de chantages, de mensonges, dont elles sont, comme toutes les victimes, l’objet. La double peine ne concernant pas que les étranger-ères expulsé-es. Plus globalement, nul-le ne sera plus politiquement crédible s’il/elle ne procède pas à une réelle autocritique de ce à quoi nous avons assisté, ce que nous avons entendu et lu le concernant. [Septembre 2010] (Cf. Femmes politiques. France. Aubry (Martine), Royal (Ségolène Royal) Justice, Proxénétisme, etc…)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Tibéri Jean) : Il est, depuis 44 ans, (en 2012) l’homme, le député, le maire du 5 ème arrondissement, le conseiller de Paris, UMP par ailleurs, censé, dans toutes ces toutes diverses instances politiques, me représenter. Époux de Xavière Tibéri, élue elle aussi pendant de nombreuses années du même arrondissement. Concernant les poursuites pénales dont lui et sa femme ont été l’objet, on peut se référer à Wikipédia. Il préparerait, dit-on, pour lui succéder, leur fils Dominique, déjà élu, lui aussi, à la mairie du 5ème. Quant aux faux électeurs/trices du 5 ème, dénoncés depuis si longtemps, qu’en est-il ? : toujours pas « réglé ».563 Utiles rappels pour mieux appréhender le concept de ‘démocratie représentative’, en France, en 2011.
- En juin 2012, il a transféré - à quel prix (de vente) ? - son fief, redessiné sur mesure, à François Fillon. Le Monde appelle cela : « passer le relai ». 564
- Lorsque Nathalie Kosciusko Morizet, candidate à la Mairie de Paris a déclaré que, « sous le coup d’une condamnation importante », il ne devait plus se représenter en 2014, J. Tibéri a affirmé publiquement : « Les propos de NKM sont moralement choquants. » 565 Et en septembre 2013, il demande toujours que son fils lui succède. Et il y parvient - partiellement - aux élections de mars 2014. (Cf. Cumul des mandats, Démocratie, Le Monde, Possessif)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle (Transparence [toute relative du patrimoine]) : À cette évocation, panique à bord. Á la suite de la proposition de François Hollande, entendu (de la part des politiques) dans la seule journée du 9 avril 2013 : « Démagogie ; Populisme ; Voyeurisme ; Amateurisme ; Cafouillis ; Écran de fumée ; Contre-valeur ; À quoi ça sert ? ; Ces mesures existent déjà ; Qu’on prenne le temps ; Pas forcément la bonne solution ; On passera à côté de l’essentiel ; On tombe à côté [de ?] ; On mets les élu-es en pâture ; C’est une chasse aux élu-es ; Est-ce que cela aurait empêché M. Cahuzac de mentir ? Non ; Ce sont des choses qui ne sentent pas bon ; Cela provoquera la monté des extrêmes ; Il ne faut pas moraliser, ni sanctionner, mais contrôler ; Il faut refonder la politique autrement ». Et enfin : « C’est un éloge de la pauvreté pour faire de la politique »…
- Eh, oui, ces phrases définitives ont été prononcées par ceux /celles qui sont censé-es décider de notre vie et par les médias chargés de nous « informer ». (Cf. Démocratie, État, Journaliste, Hollande (François), République, Tolérance)

Homme (« Politique ». France. XXème, XXIème siècle. (Valls Manuel) : [Premier ministre d’un gouvernement « socialiste »] Auteur de : « Je crois que la France a besoin d'autorité, d'autorité évidemment pour lutter contre la menace terroriste (...) mais nous avons aussi besoin d'autorité pour redresser le pays. » 566 Des racines et des permanences du Pétainisme, dans un autre contexte et sur d’autres fondements.
- Juger des déclarations des hommes [femmes] dites « politiques » à l’aune de ses propres normes, valeurs, morales : le concept de « Politique » s’effondre. Comment le remplacer ? (Cf. Autorité)

VI. Homme (Remarquable) :

Balzac (Honoré de) :

Homme (Remarquable. Balzac (Honoré de) : Auteur, entre autres, de (In, Lettres à Madame Hanska) :
* « C’est à l’homme de travailler pour sa femme, à la rendre heureuse physiquement, matériellement et moralement.» C’est ce qu’il s’efforça de lui démontrer….
* « J’aime comme une femme et avec l’énergie d’un homme. »
* « Voilà 16 ans que je vous aime uniquement, je vous ai vue la valeur de 16 mois environ […]. » 567
- Passionnant et déchirant. On lit différemment Balzac après avoir, comme il l’écrit, « lu dans [son] âme, en lisant ces lettres. » 568 (Cf. Femmes, Sexe)

Homme (Remarquable. Balzac. Grandet Eugénie) : Un exemple - à ne pas suivre - de spoliation des femmes, sur simple suggestion de son père [le mari remplaçant si souvent le père] : « - Fifille, dit-il, au lieu de signer cet acte qui coûtera gros à enregistrer, si tu voulais renoncer purement et simplement à la succession de ta pauvre chère mère défunte et t’en rapporter à moi pour l’avenir, j’aimerais mieux ça. Je te donnerai tous les mois une bonne grosse rente de cent francs. Vois, tu pourrais te payer autant de messes que tu voudrais à ceux pour lesquels tu en fais dire…- Je ferais tout ce qu’il vous plaira, mon père. - Mademoiselle, dis le notaire, il est de mon devoir de vous faire observer que vous dépouillez… - Eh mon Dieu, dit-elle, qu’est ce que cela me fait ? - Tais-toi, Cruchot. C’est dit, c’est dit, s’écria Grandet en prenant la main de sa fille et en y frappant avec la sienne. Eugénie, tu ne te dédieras point, tu es une honnête fille, hein ? - Oh, mon père ! …[…] Le lendemain, vers midi, fut signée la déclaration par laquelle Eugénie accomplissait elle même sa spoliation. » 569

Homme (Remarquable. Balzac. Le Lys dans la vallée) : Pour Balzac, son auteur : « un bréviaire femelle ». Citation exacte : «Si Le lys n’est pas un bréviaire femelle, je ne suis rien. » 570 

Homme (Remarquable. Balzac. Mémoires de deux jeunes mariées) : [1840] La morale / conclusion du livre : « […] Oui, la femme est un être faible qui doit, en se mariant, faire un entier sacrifice de sa volonté à l’homme, qui lui doit en retour le sacrifice de son égoïsme. Les révoltes et les pleurs que notre sexe a élevées et jetés dans ces dernières temps avec tant d’éclat sont des niaiseries qui nous méritent le nom d’enfants que tant de philosophes nous ont donné. » Au delà, mais en lien, ce livre est construit sur la question de savoir si le mariage peut / doit « avoir pour base la passion, ni même l’amour. » 571 La réponse donnée est négative.

Homme (Remarquable. Boisset (Yves) : Cinéaste. Évoquant l’un de ses acteurs lors du tournage du film, courageux, Dupont la joie, Yves Boisset raconte, qu’il « était jeune et [qu’il] avait envie de se faire une fille [dans le quartier chaud]». En 2015 encore… 572

Homme (Remarquable. Casanova) : Auteur de : « […] À la honte de presque toute ma vie, je me dois de publier ici une vérité que mes lecteurs auront peine à croire, que la vertu a toujours eu pour moi beaucoup plus de charmes que le vice, et que je n’ai été mauvais, quand je l’ai été, que de gaité de cœur ; ce que, sans doute, bien des gens trouveront fort blâmable. Mais que m’importe ? l’homme, dans ses rapports intimes ou moraux, ne doit de compte de ses actions qu’à lui seul ici-bas, et à dieu après sa mort. » 573 À méditer par ses thuriféraires…et par les féministes. (Cf. Filiation, Libéralisme, Libertin-e, Mensonge, Morale, Patriarcat, Proxénétisme, Vertu, Vie privée)

Homme (Remarquable. Char (René) : Auteur, in : Réfractaires, mes camarades, de : […] « L’ennemi vous redoute. Vous ne devez pas le décevoir. Cependant, ne commettez pas l’impudence de vous offrir à lui […]. » 574 Qu’en penser ?

Homme (Remarquable. Cocteau (Jean) : Auteur [concernant Antigone, jouée par Maria Casarès] de : « J’ai retendu la peau de cette femme…admirable575  (Cf. Cinéma. La Belle et la bête) 

Homme (Remarquable. D’Annunzio (Gabriele) : À ce degré de mépris des femmes, on approche de l’odieux. Lu, le concernant, évoquer « cette belle carrière d’homme couvert de femmes et de rimes ». 576 On lit aussi, dans le livre de Philippe Jullian le concernant, qu’il « racont[ait] avec une verve sadique les femmes qu’il a fait souffrir », qu’en France, en 1914, « la femme qui n’avait pas couché avec lui devenait ridicule », tandis que lui-même écrivait, cette même année : « La vie à Paris est un océan de putréfaction ». Malaparte considérait qu’il était le plus grand « cafone » (à la fois charlatan et goujat) de la littérature italienne. Pour Maurice Barrès, il avait « par dessus tout, de la virilité », tandis que Gide évoquait « sa délicate sensualité ». Auteur aussi de : « Je suis ivre de joie de guerre ». 577 (Cf. Femme. Épouse de. De Galese Marie, Politique. Guerre)  

Homme (Remarquable. Don Juan. Mozart) :Voici le texte de « l’air du catalogue » chanté par Leporello présentant son maître à Donna Elvira : « Chère madame, voici le catalogue
Des belles qu'a aimées mon maître ;
C'est un catalogue que j'ai fait moi-même ;
Regardez, lisez avec moi.
En Italie six cent quarante,
En Allemagne deux cent trente et une,
Cent en France, en Turquie quatre-vingt-onze,
Mais en Espagne elles sont déjà mille trois.
Il y a parmi celles-ci des paysannes,
Des femmes de chambre et des bourgeoises,
Il y a des comtesses, des baronnes,
Des marquises, des princesses
Et des femmes de tout rang,
De toute forme, de tout âge.
Chez la blonde, il a coutume
De louer la gentillesse ;
Chez la brune, la constance ;
Chez la grisonnante, la douceur.
Il recherche en hiver la grassouillette,
En été la maigrelette ;
La grande est majestueuse,
La petite toujours coquette ;
Des vieilles il ne fait la conquête
Que pour le plaisir de les coucher sur la liste ;
 Mais sa passion prédominante
Est la jeune débutante.
Il n'a cure qu'elle soit riche,
Qu'elle soit laide, qu'elle soit belle :
Pourvu qu'elle porte jupe
Vous savez ce qu'il fait. » 578

Homme (Remarquable. Doisneau (Robert) :[1912-199] Auteur de : « Saisir les gestes des gens ordinaires, dans des situations ordinaires ».  Sa petite fille et historienne, Marie Laure de Decker dit de lui - en hommage - qu’: « il n’y avait aucune séparation entre sa vie privée et sa vie professionnelle. » 579 (Cf. Vie-dite-privée)

Homme (Remarquable. Dostoïevski (Fédor) : Auteur de : « Ce qu’il faut, c’est désapprendre tout. Et, là, ça prend du temps. » 580 Juste. Et une vie n’y suffit jamais.

Homme (Remarquable. Dudevant (Casimir) : [1795-1871. Époux séparé de George Sand]. En mai 1869, il avait écrit à Napoléon III pour demander la Légion d’honneur. Il rappelle les services les rendus par son père et par lui : « En demandant cette récompense, je m’appuie non seulement sur mes services depuis 1815, au pays et au pouvoir établi, services sans éclats, insuffisants peut être ». Et il poursuit : « Bien plus, j’ose encore évoquer  des malheurs domestiques qui appartiennent à l’histoire. » Et il conclut : « J’ai été cruellement éprouvé dans mes affections de père et d’époux et j’ai le devoir mérité le sympathique intérêt de tous ceux qui ont suivi les évènements lugubres de cette partie de mon existence. » 581

Homme (Remarquable. Engels (Friedrich) : Voici la partie de la lettre, celle concernant les femmes présentes, qu’Engels adressa à Laura Lafargue pour l’informer de la teneur du Congrès international socialiste tenu à Zurich en août 1893. : « Les femmes étaient magnifiquement représentées. Outre Louise [la gouvernante-secrétaire d’Engels, divorcée de Kautsky, laquelle épousera en mars 1894 Monsieur. Freyberger], l’Autriche avait envoyé la petite Dworzak, une charmante petite fille à tous égards. J’ai été tout à fait amoureux d’elle (I felt quite in love with her) et toutes les fois que Labriola [Philosophe et politique, ami d’Engels, l’un des principaux diffuseur du marxisme en Italie] m’en a laissé la possibilité, j’ai fui avec elle le fouillis de sa pesante conversation. Ces Viennoises sont des Parisiennes nées, mais des Parisiennes d’il y a cinquante ans. De vraies grisettes. Et les femmes Russes ! Il y en avait quatre ou cinq aux yeux resplendissants et merveilleux, et il y avais aussi Véra Zassoulitch [1849-1919, révolutionnaire russe, devenue marxiste après avoir été nihiliste et anarchiste] et Anna Koulichov. [1857-1925] Et puis Clara Zetkin [1857-1933. Femme politique marxiste allemande, députée au Reichstag, l’une des principales théoriciennes du féminisme marxiste. En 1891, elle avait fondé la Revue des femmes socialistes Die Gleichheit (L'égalité),] qu’elle publie jusqu’en 1917] avec son énorme capacité de travail et son enthousiasme légèrement hystérique, mais je l’aime beaucoup. Elle a fait l’ascension du Glärnisch, montagne pleine de glaciers : c’est un rude effort pour une femme de sa constitution. Bref, mon heureux sort a été de passer des bras de l’une dans les bras de l’autre. Bebel a été très jaloux : lui, l’homme de la « Femme » [Bebel, auteur de La femme et le socialisme, paru en 1878 qui en était en 1893 à sa 19ème édition] et croyait seul à avoir droit à leurs baisers. » 582 (Cf. Femme remarquable. Lafargue Laura)

Homme (Remarquable. Ferry (Jules) : Jules Ferry, auteur [en sus de sa défense raciste du colonialisme] de : « Celui qui tient la femme, celui-là tient tout […] ». 583 C’est pourtant devant sa statue que François Hollande, élu Président de la République, s’incline le jour de son investiture [avant de rendre hommage à Marie Curie, dont le mari a été ce jour injustement oublié pour les besoins de la « cause »]. (Cf. Homme politique (Hollande (François), Politique (Symbole)

Homme (Remarquable. Feyerabend (Paul) : [1924-1994] Auteur de Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance, faisant un bilan de sa vie : « Et comment se fait-il que je finisse dans la peau d’une sorte d’intellectuel, professeur même, doté d’un salaire confortable, d’une réputation douteuse et d’une femme admirable ? »  584 Il importe de citer la fin de sa biographie (et de sa vie) : « Ces jours sont peut être les derniers. […] Mon souci, c’est de laisser quelque chose après mon départ, non pas des articles, non pas d’ultimes déclarations philosophiques, mais de l’amour. J’espère que c’est cela qui restera, sans être trop affecté par les conditions de mon départ final, que je souhaite tranquille comme un coma, sans lutte contre la mort qui laisserait de mauvais souvenirs. Quoi qu’il arrive maintenant, notre petite famille peut vivre à jamais - Graziana, moi et notre amour. Voilà ce que j’aimerais qu’il advienne : plutôt qu’une survie intellectuelle, la survie de l’amour. » (Cf. Êtres humains (Relations entre. Amour), Famille)

Homme (Remarquable. Fouché (Joseph) : Auteur de : « Je ne connais rien de pire que d’agir dans le vague.» Juste, mais à resituer dans la vie d’un homme qui ne dissociait pas «son intérêt de celui de l’État », ce que d’aucuns appelaient, concernant le premier, plus prosaïquement, « le salaire de [ses] trahison[s] ». 585

Homme (Remarquable. Goncourt (Edmond de) : Auteur de : « Une des ambitions les plus amusantes chez les gens du peuple, [comme l’est Rosny] est de faire une femme du monde quelconque. Cette conquête est pour leur vanité de démocrate un chatouillement à nul autre pareil : on dirait qu’ils se sentent anoblis par le contact bourgeois de ses parties génitales. ». Indépendamment de la vulgarité du propos, assez bien vu ; mais « les gens du peuple » ne sont pas seuls concernés...586 (Cf. Langage (Verbe. Faire, Sexe-s, Violences faites aux femmes)  

Hugo (Victor) :

Homme (Remarquable. Hugo (Victor). Abolitionnisme) : Lettre adressée (notamment) à Joséphine Butler :
« Paris, le 20 mars 1970.
Madame, mesdames, Je suis avec vous de toute la force de mon âme. En lisant votre éloquente lettre (Lettre en date du 1er Janvier 1870 de l’Association nationale des Dames), j’ai senti s’élever en moi une brûlante sympathie pour le faibles et une indignation non moins vive contre leurs oppresseurs. La France, selon toute apparence, est sur le point d’emprunter à l’Angleterre une criminelle institution – la Chambre des exécutions, le meurtre légal accompli à huis clos ; et, en retour, l’Angleterre se préparer à importer de France un détestable système, celui d’une police qui traite les femmes comme des êtres hors la loi. Protestez ! Résistez ! Montrez votre indignation ! Tous les cœurs nobles, tous les esprits élevés seront de votre côté. L’esclavage des femmes noires est aboli en Amérique, mais l’esclavage des femmes blanches persiste et Europe ; et les lois continuent à être faites par les hommes en vue de l’oppression des femmes. On ne pourrait rien voir de plus odieux que ce qui se passe aujourd’hui : la France copinant le régime féodal de l’Angleterre, et l’Angleterre imitant le despotisme médical de Paris. C’est une rivalité dans la rétrogradation. Quel spectacle misérable ! C’est un déshonneur pour la justice française de même que pour le gouvernement anglais. Publiez cette lettre si vous le juger utile, et soyez assurées, Mesdames, de mon ardente sympathie et de mon respect. V. Hugo 
» 587
- Mais Victor Hugo ne voyait sans doute pas de contradiction entre cette analyse et les rapports qu’il entretenait lui-même avec les femmes qu’il payait et qu’il « recommandait » à d’autres. Le 15 novembre 1871, il écrit concernant l’une d’entre elles : « Malvina de Ch., rue Frochot, 5 au 6ème, pucelle d’Orléans ; osc [Pour V. Hugo, signifier : « baiser »]. Je la recommande au ministre des Finances. » 588 En échange de quoi ? Sur quelles complicités (implicites) ? : élargit le concept de proxénétisme. (Cf. Abolitionnisme (Butler (Joséphine), Femmes (Échange des), Proxénétisme)

Homme (Remarquable. Hugo (Victor). Booz endormi) :
[…] « Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi / Ô Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre. » […]
Booz ne savait point qu'une femme était là / Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle. » […] Obscur…

Homme (Remarquable. Hugo (Victor) Époux) : Victor Hugo fit graver sur la tombe de sa femme [à l’enterrement de laquelle, il ne put, exilé, assister] : « Adèle, Femme de Victor Hugo ». 589(Cf. Homme (Époux. Zweig Stefan), Mariage)

Homme (Remarquable. Hugo (Victor) Hommes / Femmes ) : Auteur de : « La femme est le droit de l’homme. » 590  Même en tenant compte des différentes significations qui peuvent être données à cette assertion, cette phrase ouvre plus d’horizons politiques que : « La femme est l’avenir de l’homme » d’Aragon, chanté (magnifiquement) par Jean Ferrat. (Cf. Justice. Droits de l’homme)

Homme (Remarquable (Hugo (Victor) Loi) : Auteur de [15 Décembre 1871] « C’est ma loi. Je défends les vaincus. » 591 Il n’en finit pas moins sa vie Pair de France [nommé en 1845 par Louis Philippe jusqu’en 1848] et sénateur [de 1876 à sa mort, en 1885] …(Cf. Politique (Démocratie, Morale, Oppression) Patriarcat)

Homme (Remarquable. Jésus) : Auteur (à sa mère) de : « Femme, qu'y a t-il de commun entre vous et moi?‎ [Mon heure n’est pas encore venue] ».

Homme (Remarquable. Kadahfi (Mouammar) : Auteur de : «Nous ne nous rendrons pas. Nous ne sommes pas des femmes….» 592 Par ailleurs, si la tentative de viol qu’avait dénoncée, en 1984, Mémona Hintermann avait été jugé comme elle aurait dû l’être, la face du monde en eût sans doute été changée. Pourquoi ne l’a t-elle pas été, là est la question politique essentielle. Concernant le silence de l’Etat Français et la responsabilité de Nicolas Sarkozy, notamment mais non pas exclusivement lors de sa visite officielle à Paris en décembre 2007, voici ce qu’elle analyse et dénonce justement : « Après tout, c’est le président de la République, il est chargé de me protéger aussi. Et il savait ce qui s’était passé. Tout est documenté au Quai d’Orsay car ils avaient envoyé à l’époque un consul me récupérer à mon hôtel pour m’emmener à l’aéroport de Tripoli. Cette histoire n’était pas connue du grand public, mais certainement de ces milieux-là. » 593 (Cf. Politique. État, Patriracat, Violences à l’encontre des femmes. )

Homme (Remarquable. La Boétie (Étienne de) : Auteur de : « C’est un extrême malheur d’être sujet à un maître, duquel on ne peut jamais assurer qu’il soit bon, puisqu’il est toujours en sa puissance d’être mauvais quand il voudra ; et d’avoir plusieurs maîtres, c’est, autant qu’on en a, autant de fois, être extrêmement malheureux. » 594
- Traduction féministe contemporaine : « Oui, papa, Oui, chéri, Oui, patron : Y’en a marre. »

Homme (Remarquable. Lassalle (Ferdinand) : [1825-1864] Auteur de : « Toute grande action commence par l’expression de ce qui est. » Juste analyse, laquelle nécessite cependant un corpus adéquat : concernant le patriarcat, les sociétés n’en sont même pas à reconnaître son existence, du moins, le sociétés occidentales les concernant. 595

Homme (Remarquable. Amiral Latouche-Tréville) : [1745-1804] Selon le Comte Beugnot qui l’a connu sous la Terreur à la prison de la Force, après la mort de Robespierre : « Il nous dit depuis, que sa politique, en fait de crise révolutionnaire, était de se tenir coi jusqu’à ce qu’il fut décidé qui avait tort ou raison, et d’aller en suite saluer le vainqueur. » Ou : quand l’esprit de synthèse rejoint celui de l’efficacité. 596 (Cf. Politique)

Homme (Remarquable. Lawrence (D.H) : Auteur de : « Qu’est ce que je cherche chez une femme ? À me connaître » (1915) Et de : « Je crois que la femme doit donner quelque peu la préséance à l’homme, et il doit l’accepter. Je crois que les hommes doivent absolument marcher devant leurs femmes, sans se retourner pour demander leur permission ou leur approbation. Et les femmes doivent donc suivre inconditionnellement, pour ainsi dire. Je n’y peux rien, c’est ce que je crois. Frieda (son épouse) n’est pas d’accord. » (1918)  597
- Qu’en aurait pensé Mellors ? (Cf. Pornographie (Inhumanité)

Homme (Remarquable. Léautaud (Paul) : [1872-1956] Sa force de caractère et, à ce niveau d’exigence, sa si rare indépendance d’esprit m’importent plus que son stupide mépris des femmes « des êtres inférieures », juste bonnes - et rarement - au plaisir physique des hommes. Pourquoi ? alors que sa bêtise patriarcale est, en l’occurrence, la chose du monde la mieux partagée, la singularité de ses qualités est irremplaçable. Comme l’est Robert Mallet 598 dans sa manière, pour moi, jamais égalée, de conduire ses 28 « Entretiens » (Décembre 1950 - Juillet 1951) avec lui. Ne préjuge en rien d’un jugement moral de l’homme (un « sale type »..) (Cf. Féminisme (Antiféminisme. Nietzsche)

Homme (Remarquable. Listz Franz) : À Marie d’Agoult, au début de leurs relations, le 30 juillet 1833, il dit : « Vous n’êtes pas la femme qu’il me faut ; vous êtes la femme que je veux. » 599 Le mérite de la lucidité, sinon de la délicatesse…

Homme (Remarquable. Machiavel) (1) : Auteur de : « Les hommes sont toujours hostiles aux entreprises où ils voient de la difficulté. » 600 De riches conclusions à en tirer.

Homme (Remarquable. Machiavel) (2) : Auteur de : « Je pense assurément ceci : qu’il vaut mieux être impétueux que circonspect, car la fortune est femme ; et il est nécessaire, si on veut la soumettre, de la battre et la frapper. Et l’on voit qu’elle se laisse davantage vaincre par ces derniers que par ceux qui procèdent avec froideur. C’est pourquoi, toujours,  étant femme, elle est l’amie des jeunes gens, parce qu’ils sont moins circonspects, plus violents, et la commandent avec plus d’audace. » 601 (Cf. Violences envers les femmes)

Homme (Remarquable. Maire Edmond) : [Secrétaire général de la CFDT de 1971 à 1988] Lu dans le livre de Nicole Notat [Secrétaire générale de 1992 à 2002] : « Il m’a convoquée aimablement, en 1981, pour mieux me connaître, et m’inviter éventuellement à rejoindre la direction confédérale. Il considérait que le mouvement syndical était culturellement très en retard, très machiste. […] Il avait pris la mesure du dilemme, écouté Jeannette Laot [devenue ultérieurement conseillère de François  Mitterrand à l’Elysée de 1981 à 1986] qui avait construit, à la CFDT, un « secteur femmes ». Et il était parvenu à la conclusion qu’une féminisation de l’appareil confédéral ne s’effectuerait pas progressivement et en douceur, et qu’il fallait agir de manière volontariste. C’est pourquoi, il avait décidé de rencontrer diverses femmes, dans les régions (J’étais alors responsable du SGEN, syndicat enseignant affilié à la CFDT). Il n’y a pas été par quatre chemins. ‘C’est la femme qui m’intéresse’ m’a t-il dit. » 602 (Cf. Femme-s, Féminisme, Politique)

Homme (Remarquable. Marx Karl) (1) : Laure et Geny Marx avaient notamment posé à leur père, sous le titre « Confession » la question suivante : « Quelle est la qualité que vous appréciez le plus ? » Il répondit : « Chez les gens la simplicité ; chez les hommes, la force ; chez les femmes, la faiblesse. » 603
- Par comparaison, à cette même question, concernant les hommes et les femmes, Joseph Kessel, bien que lui aussi misogyne, avait répondu : « le courage ». 604

Homme (Remarquable. Marx Karl) (2) :Auteur de : « Le progrès social se mesure à la position sociale du beau sexe (les laides y comprises). » Eh, oui, lui aussi…605

Hommes (Remarquables. Marx Karl et Engels Friedrich) : Auteurs, dans le Manifeste du parti communiste [1848]  de : « Nos bourgeois, non contents d’avoir à leur disposition les femmes et les filles de leurs prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier de se cocufier mutuellement. » 606
- Marx, seul, écrivait en septembre 1847 : « Tout comme alors [dans l’État romain], nos sœurs et nos filles doivent servir à assouvir les passions bestiales de riches débauchés. » 607
* Ces citations ne doivent pas faire oublier que Marx a eu un enfant avec Hélène Demuth et qu’il a demandé à Engels d’en être ‘le père’. (Cf. Femme (Remarquable. Demuth Hélène, Homme remarquable. Engels, Famille)

Homme (Remarquable. Michaux Henri) : [Il] «avait choisi de rester dans l’ombre pour faire la lumière en lui. […] » Si souvent juste…608 (Cf. Soi)

Homme (Remarquable. Obama Barak) (1) : Auteur, en 2008, de : « Ma femme est mon roc. » 609 Et, au lendemain de sa réélection en 2012 : « Je ne serai pas l’homme que je suis sans la femme qui m’a épousé il y a 20 ans : Michelle je ne t’ai jamais autant aimée.» 610 Qu’en conclure ? (Cf. Justice (Obama Barak))

Homme (Remarquable. Obama Barak) (2) : Auteur, en 2012, au lendemain de sa réélection de : « Je crois que nous pouvons respecter la promesse des pères fondateurs de notre pays qui veut que, si l’on travaille dur, peu importe d’où l’on vient, qui l’on aime, peu importe que l’on soit noir ou blanc, hispanique ou asiatique, riche ou pauvre, jeune ou vieux, homosexuel ou hétérosexuel. Peu importe, ici, en Amérique, vous pouvez y arriver. » 611
Dès lors qu’il n’a pas affirmé, avant la succession des qualificatifs spécifiquement évoqués, qu’il parlait des hommes et des femmes, on peut affirmer que, dans cette citation, les femmes ont disparu de la sphère publique américaine, puisque la disparition des “hommes” - censés jusqu’à une date très récente, [depuis la critique féministe du langage] concerner et les hommes et les femmes - n’est pas, elle, pensable.

Homme (Remarquable. Picasso) : Concernant les femmes qui ont partagé un temps leur vie à la sienne, auteur de : « Je ne peux pas touts les tuer ». [D’après Marie-Thérèse Walter, l’une d’entre elles, la plus humiliée] 612

Homme (Remarquable. Prévert Jacques) : Auteur (dans un hommage à Séverine en 1955) de : « La manière la plus simple de parler des êtres, c’est de les laisser parler. » 613 Si seulement… (Cf. Femmes / Hommes. Comparaison, Penser)

Homme (Remarquable. Rappoport Charles) : [1865-1941] Militant communiste. Membre de l’Internationale. Le concernant, lu dans les Carnets de Victor Serge : «  En 1922, à Berlin, chez le Dr Goldenberg, Kurfürstendamm, sagace et salace, (il) me racontait qu’il emportait à Moscou des bas de soie pour séduire les dactylos du Komintern et les petites prostituées de la Tverskaïa. » 614  

Homme (Remarquable. Rossellini Roberto) : [1906-1977] Auteur de : « Je ne veux ni séduire, ni persuader. Je veux offrir, c’est totalement différent. » 615

Homme (Remarquable. Rousseau Jean-Jacques) : Rousseau nomme, qualifie Thérèse Levasseur en ces termes : « la Gouverneuse » (p.390), « ma compagne » [et moi-même] » (p.390), « ma bonne Thérèse [et sa mère] » (p.412) « cette bonne fille » (p.413), « cette pauvre fille » (p.340), « Thérèse » (p. 340,393), « Tante » (p.340), « ma Thérèse » (p.393), « les gouverneuses » (en y incluant sa mère) (p.436), « mon petit ménage » [« composé de trois personnes »]» dont la mère de Thérèse), « sa femme » (p.1006, 1187, 1188), « son amie » (p.1716), « ma femme et moi » (p.1090), « sa bonne et simple gouvernante » (p.1138). (Cf. Femme. Mère. Levasseur Thérèse, Historiographie patriarcale. Wikipédia (3)

Homme (Remarquable. Schopenhauer Arthur) : Pathétique. Pour mieux appréhender ses « idées » concernant « les femmes », transposer ne serait-ce qu’une seule d’entre elles au racisme…et en mesurer les conséquences. 616

Homme (Remarquable. Schweitzer Albert) : [1875-1965. Prix Nobel de la paix en 1952] Le colonialisme d’Albert Schweitzer a souvent été dénoncé, mais rarement en quoi il incarnait, défendait, légitimait le patriarcat. Voici son analyse de la polygamie, « une grave question sociale » : « Les missionnaires luttent pas tous les moyens contre la polygamie et demandent en maints endroits au Gouvernement de l’interdire par une loi. D’autre part, nous tous qui sommes ici devons avouer qu’elle est liée très intimement aux conditions économiques et sociales du pays. Là où la population vit dans ces cases en bambou et où la société n’est pas organisée de manière à permettre aux femmes de gagner leur vie par un travail indépendant, il n’y a pas de place pour la femme célibataire. Or la polygamie est la condition première du mariage de toutes les femmes. de plus, il n’y a dans la forêt vierge ni vaches, ni chèvres laitières. La mère est donc obligée de nourrir son enfant pendant longtemps au sein, pour qu’il ne périsse pas. La polygamie respecte le droit de l’enfant. Après l’avoir mis au monde, la femme a le droit et le devoir de ne vivre que pour son enfant pendant trois ans. Elle n’est plus épouse avant tout, mais mère. Elle passe même souvent la majeure partie de son temps chez ses parents. Au bout de trois ans, on célèbre la fête du sevrage, et la femme rentre alors comme épouse dans la case de son mari, mais on ne peut concevoir cette période consacrée à l’enfant que si l’homme a pendant ce temps une ou plusieurs femmes pour s’occuper du ménage et des plantations. Encore un point. Chez ces peuples primitifs, on ne rencontre jamais une veuve ou un orphelin délaissé. Le plus proche parent hérite du défunt et doit l’entretenir, ainsi que ses enfants. Elle devient de droit sa femme, mais peut ensuite, avec son consentement, épouser un autre homme. Ébranler les fondements de la polygamie chez les peuples primitifs équivaudrait à faire chanceler tout leur édifice social. Avons nous le droit de le faire, sans être en mesure d’établir en même temps un nouvel ordre social adapté aux circonstances ? » Rien d’étonnant, par ailleurs, à ce qu’il ne conteste pas « l’achat des femmes ». 617 (Cf. Famille, Patriarcat)

Homme (Remarquable. Staline. (Assassin de sa première épouse ?) : Concernant Nadejda Sergueevna Alliloueva, épouse de Staline, trois sources :
1) Dans le livre écrit par Anna Larina Boukharina, l’épouse de Boukharine, on lit : « En novembre 1932, je trouvais N.I (Boukharine) à la maison. Il revenait tout juste de l’enterrement de Nadejda Sergueevna Alliloueva, la femme de Staline. Il était pâle, extrêmement ému. Il entretenait avec Nadejda Sergueevna des relations très amicales. Elle partageait secrètement les opinions de N.I sur la collectivisation et, un jour, trouva un moment opportun pour le lui dire. Nadejda Sergueevna était un être modeste et bon, moralement fragile et attirante physiquement. Elle avait toujours souffert de la grossièreté et du caractère despotique de Staline. Quelques jours plus tôt, le 8 novembre, N.I l’avait vue au Kremlin, au cours d’un banquet donné en l’honneur des quinze ans de la révolution d’Octobre. N.I racontait que Staline, à moitié ivre, lui lançait au visage mégots et pelures d’orange. Incapable de supporter sa muflerie, elle se leva et quitta le banquet. Au matin, Nadejda Sergueevna fut découverte morte. N.I alla se recueillir auprès du cercueil, et Staline ne trouva pas moment plus opportun pour lui glisser qu’après le banquet, il s’était rendu à sa datcha et qu’au matin, on l’avait appelé pour lui dire ce qui s’était passé. Il y a là une contradiction flagrante avec ce que raconte Svetlana - la fille de Nadejda Sergueevna et de Staline - dans ses Mémoires : bien des années après la mort de sa mère (décédée d’une péritonite, avaient prétendu les journaux de l’époque), elle apprit de la femme de Molotov que Staline avait passé la nuit dans la chambre voisine et qu’il n’avait pas entendu un coup de feu. Voulait-il en glissant ces paroles à N.I. écarter tout soupçon ? Assassinat ou suicide ? NI. n’écartait pas l’assassinat. […] Le jour de l’enterrement, N.I se souvint qu’une fois, il s’était rendu à l’improviste à la datcha de Staline à Zoubalovo. Celui-ci était absent et N.I se promenait avec Nadejda Sergueevna en bavardant avec elle. Arrivé entre temps, Staline s’était approché d’eux à pas furtifs et, regardant N.I, droit dans les yeux, il avait prononcé ces mots : « Je la tuerai ! ». Si N.I prit cela pour une plaisanterie de mauvais goût, Nadejda Sergueevna, elle avait tressailli et pâli. » 618
2) Dans les Carnets de Victor Serge, on lit : « J’appris dans ces cercles les détails de la fin de Nadiejda qui avait eu des crises de dépression et souffrait de la famine [en Russie , de la terreur, de l’impopularité et du culte de Staline. Elle se tira un coup de revolver. […]» 619 Officiellement, en 1932, on évoqua une appendicite puis, en 1942, un empoisonnement. On y apprend aussi que c’était elle qui « goûtait les aliments servis à Staline ».
3) Dans le Staline de Boris Souvarine, on lit concernant le ‘suicide’ de sa seconde femme, la fille unique de Serge Alliouiev. « Selon un communiqué laconique publié dans la presse, Nadeja Alliouieva, est décédée subitement dans la nuit du 9 novembre 1932. Elle laissait deux jeunes enfants. Basile et Svetlana. Dès le lendemain, la nouvelle se répandit à Moscou d’un suicide. Il n’y a encore ni preuves écrites ni témoignages publics, mais pour apprécier l’État knouto-soviétique, l’incontestable véracité du récit importe moins que la conviction générale aussitôt établie, la suicide étant la seule manifestation possible d’une opinion sincère sous Staline. » Puis, plus loin, en note : «  La version du ‘suicide‘ a été de moins en moins admise, après la mort de Staline malgré les dénégations de sa fille réfugiée en Occident (elle était trop jeune en 1932 pour savoir, et trente cinq ans plus tard, n’a fait que répéter ce que l’on disait au Kremlin). D’ailleurs, le ‘suicide’ en question serait aussi un crime de Staline, un meurtre sui generis. Staline a entrepris d’autre part d’exterminer la famille de sa femme. (Cf. de Sveltlana Alliouieva : Vingt lettres à un ami. Paris, 1967 ; et Une seule année, Paris 1971. De Boris Souvarine : La fille de Staline et Le meurtre de Nadeja Alliouieva, in Le Contrat social, Revue, vol.XI. N° 3, Paris, 1967 et Staline et les siens, Id. N° 6). » 620

Homme (Remarquable. Talleyrand (Charles Maurice de) : [1754-1838] Auteur de : « Dans les affaires du monde, il ne faut pas s’arrêter seulement au moment présent. Ce qui est, presque toujours, fort peu de chose, toutes les fois que l’on ne pense pas que ce qui est, produit ce qui sera […].» 621 Juste.
- En plus simple : « En toute chose, il faut considérer la fin. » [Lafontaine, Le renard et le bouc]

Homme (Remarquable. Teilhard de Chardin (Pierre) : Auteur de « Être plus » : ?

Homme (Remarquable. Tocqueville (Alexis de) : Auteur de : « Je tâche de ne pas faire deux mondes : l’un moral où je m’enthousiasme encore pour ce qui est beau et bon ; l’autre politique où je me couche à plat ventre pour sentir plus à mon aise le fumier sur lequel on marche. Je tâche de ne pas imiter (…) les grands seigneurs d’autrefois qui tenaient qu’il était honnête de tromper une femme, mais qu’on pouvait sans infamie manquer à sa parole envers un homme. Je cherche donc à ne pas diviser ce qui est indivisible.» Bon début d’analyse du faux concept de « vie-dite-privée », à ceci près que ses propres relations avec les femmes ne faisaient pas partie de ladite analyse.
Il s’interrogeait à 49 ans en ces termes : « Comment parviendrais-je à arrêter cet espèce de bouillonnement du sang que l’approche d’une femme quelle qu’elle soit me cause encore, comme il y a vingt ans. » (Cf. Mœurs (Tocqueville Marie de), Sexualité, Vie-dite-privée) 622

Homme (Remarquable. Zweig (Stefan) : Dans ses Souvenirs d’un Européen 623, bilan personnel et politique de sa vie, écrit en 1941, grand livre, Stefan Zweig n’évoque pas même Friderike Maria von Winternitz, son épouse, celle avec laquelle il a vécu près de 30 ans. Quant à Charlotte Elisabeth Altman, qui vécut avec lui les dernières années de sa vie, à propos de laquelle il écrit : « J’avais l’intention de contracter un second mariage », il n’est question, la concernant, que de l’impossibilité de leur mariage programmé le jour de la déclaration de guerre. Elle se suicidera pourtant, avec lui, en 1942, sans même qu’elle ne soit citée dans la lettre qu’il laissera pour expliquer sa décision d’en finir avec sa vie. (Cf. Hugo Victor). Époux)

VII. Hommes :

Hommes (Avortement / Contraception) : [Écrit en 2010 concernant le vote de la loi sur l’IVG en 1974] Simone Veil, auteure de : «  Les réactions à l’Assemblée avaient déjà été très vives. Je me suis du reste demandé, à l’époque, si les hommes n’étaient pas, en fin de compte, plus hostiles à la contraception qu’à l’avortement. La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu’elles ont de leur corps, dont elles dépossèdent ainsi les hommes. Elle remet donc en cause des mentalités ancestrales. L’avortement , en revanche, ne soustrait pas les femmes à l’autorité des hommes, mais les meurtrit. » 624 Riche analyse qui devrait dissocier toute référence conjointe, si fréquente pourtant, y compris par les féministes, aux deux termes. (Cf. Démographie. Femmes)

Hommes (Ayant perdu leurs pouvoirs sur une ou des femmes) : Un homme lesté de son pouvoir fond, si souvent, comme neige au soleil. Ou se mue en fauve attaqué. Seule alternative : l’intelligence, c’est à dire la conscience de l’autre.

Hommes (Ayant peur des femmes) : Les hommes maintiendront leur domination sur les femmes tant qu’ils n’auront pas peur - non pas d’elles - mais de leurs critiques d’eux et de l’impact des dites critiques sur leur vécu personnel et politique. 625 Leur analyse du monde en sera nécessairement bouleversée. Ne jamais oublier, à ce propos, que, depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui, ce sont les femmes qui, pour leur vie, ont peur des hommes et qu’elles ont raison d’en avoir peur.

Hommes (Bander) : Que tant d’hommes, depuis des siècles, puissent s’enorgueillir de bander, concrètement d’une réaction physiologique d’une partie de leur corps mérite, pour le moins, interrogations… stupéfaites. (Cf. Sexe (Homme))  

Hommes (Bashkirtseff Marie) : Doutant que quiconque cite ce qu’elle écrivait des hommes dans son célèbre Journal, voici ce que l’on peut notamment lire (le 17 juillet 1873) : « […] Je regarde les hommes d’une telle hauteur, je suis charmante pour eux, car il ne sied pas de mépriser ceux qui sont si bas. je les regarde comme un lièvre regarderait une souris. » À 15 ans…626

Hommes (Castrés, c.a.d. sexuellement mutilés) : Lu dans Pour l’Italie de Jean François Revel : « Le Président des Brosses raconte les faits suivants : à Rome, au théâtre, il est interdit que les femmes jouent la comédie et soient actrices. Les rôles de femmes sont donc tenus par de jeunes gens châtrés, qui se rembourrent la poitrine, parlent avec une voix de femme, se tortillent et minaudent comme des femmes. Bref, dit le Président, à s’y tromper et il ajoute : ‘On dit que beaucoup ici aiment à s’y tromper jusqu’au bout’. La castration n’était donc pas destinée uniquement à l ‘Opéra, et à obtenir pour le chant un certain type de voix. Elle ne satisfait pas seulement des besoins musicaux, mais avant tout le besoin de ne laisser aucune femme en liberté. » Renouvelle l’analyse généralement faite des homes qualifiés de « castrats ».  627

Hommes (Compétence) (1) : George Sand dans une lettre à Lamartine [Mi-décembre 1841] décrivait déjà les « petits hommes capables qui se posent en hommes d’Etat » […] « qui se regorgent et se gonflent, un pied dans l’abîme qui s’entrouvre sans qu’ils s’en doutent et qui déjà les entraînent. » 628 Et pourtant, ça dure…

Hommes (Compétence) (2) : Isabelle Alonso [Juillet 2012]: « Ah ! La compétence ! C’est quoi, au juste ? Regardez autour de vous : réchauffement de la planète, pollution, pillage des ressources, crise financière, dette, précarité, chômage, expulsions, violence, misère, famine, guerre, tout ça est le bilan, depuis des millénaires, de la gestion de la planète par des gens compétents. Alors y a-t-il grand risque à essayer l’incompétence ? » 629 (Cf. Hommes (Grands))

Hommes (Concurrence entre eux) : Lu dans le livre rédigé par le chauffeur de Chirac, à bonne source donc : « Dans ce domaine aussi [baiser les femmes (traduction personnelle)], transparait l’obsession mitterrandienne. Chirac rageait en entendant tout ce que l’on racontait sur les conquêtes de l’homme à la rose. Je l’ai entendu demander un nombre incalculable de fois : «  Et celle-là, il l’a eue aussi ?» quêtant tous les ragots pour tenter d’égaler, de surpasser le record de son prédécesseur, quitte à mettre ses pas dans les siens, plaisir suprême et suprême pensée. » 630 (Cf. Femmes (Échanges des), Hommes politiques. France. XXème siècle)

Hommes (Copains) : « Avoir un bon copain » [1931. Paroles de Jean Boyer, chanté par Henri Garat, dans Le chemin du Paradis, et reprise notamment par Brassens] : Refrain : « Avoir un bon copain / Voilà c'qui y a d'meilleur au monde / Oui, car, un bon copain / C'est plus fidèle qu'une blonde / Unis main dans la main / À chaque seconde / On rit de ses chagrins / Quand on possède un bon copain ».

Hommes (Courage) : Il existe un courage - qualifié de « viril » - guerrier, un courage littéraire, un courage de l’esprit, un courage politique, un courage du quotidien. Concernant le courage que les hommes auraient manifesté à l’égard des femmes, quels modèles les hommes ont-ils à proposer ? (Cf. Panafieu (Françoise de), etc…)

Hommes (Désirs) : Pour établir d’utiles contrepoids aux discours dominants en la matière : « Ce n’est pas parce que les désirs des hommes sont forts qu’ils agissent mal, mais parce que leurs consciences sont faibles. » 631 Et aussi (en étant lucide sur la possible facilité du jugement) : « Si on envisage l’homme dans ce qu’il désire, c’est la plus absurde des brutes. » 632 (Cf. Femmes, Viols)

Hommes (Entendement) : Ce qui importe d’abord pour l’immense majorité des hommes, ce n’est pas ce qu’une femme dit, mais le fait que ce soit une femme qui le dise. Et cette priorité dans leur capacité à, dès lors, (ne pas) les entendre est d’autant plus prégnante que ce simple constat ne fait pas, pour encore tant d’entre eux, partie de leur propre entendement, n’est pas entré dans le champ de leur conscience, ni donc de leur capacité à mettre en branle leur intelligence. Et c’est ce qui explique que les hommes soient si peu intelligents dans leurs rapports aux femmes. Ceci n’est pas vrai à l’équivalent pour les femmes qui, elles, ont dû, doivent, les comprendre pour exister, pour vivre, pour si souvent survivre dans le monde qu’ils ont très largement construit malgré elles, sans elles, contre elles.

Hommes (Excuses aux) : Demander des excuses aux hommes singuliers qui du fait même de l’insuffisante avancée de l’analyse féministe du patriarcat ont été globalement, grossièrement, sans nuances, intégrés dans la moitié de l’humanité considérés comme « dominants », alors qu’ils combattent peu ou prou, ce statut ?
Le fait que ceux-ci seraient sans doute ceux qui justement auraient su / pu opérer ce nécessaire distinguo ne permet pas pour autant d’oblitérer la question.
- Encore un angle aveugle de la pensée féministe. (Cf. Féministe (Pensée))

Hommes (Force physique) (1) : René-Louis Lafforgue, auteur dans Le poseur de rails [1957] de : « […] On oublie le mal de reins. On n'est pas des demoiselles. […] »

Hommes (Force physique) (2) : La force physique de l’homme n’a jamais été intégrée dans aucun texte de loi en tant que facteur, circonstance aggravante de la violence, du harcèlement, ou du viol… Elle ne pouvait l’être : c’eût été récuser le postulat de l’universalité de la loi et reconnaître que le droit est patriarcal… Et pourtant quel rôle n’a-t-elle pas joué ! Et que ne joue t-elle encore ?

Hommes (Français) : Charles du Bos [1882-1939], en 1922, auteur de : « Les Français - et j’entends même ceux de génie - ont toujours l’air de postuler que la femme n’est pas en état de comprendre ou de suivre les choses auxquelles ils tiennent le plus : ils se plaignent sans cesse de n’avoir pas dans la vie de l’esprit de compagne, et je ne vois pas que la plupart fassent jamais le moindre effort pour que cela puisse se produire ; ils ont toujours l’air de croire chez la femme à une infériorité intellectuelle et comme incurable - et j’ajouterai qu’il est très français d’aimer davantage la femme pour cela, combien d’entre nos amis qui seraient embarrassés, mécontents, un peu boudeurs s’ils rencontraient chez leur femme  un esprit avec lequel ils puissent traiter d’égal à égal. » (Cf., Amour, Égalité, Hommes (Intellectuels) 633

Hommes (Grands) : George Sand : […] « Embêtée comme je le suis du grand Chateaubriand, du grand Lamartine, et de tous ces grands hommes qui font des Mémoires pour nous appendre qu’ils sont grands. » 634 Démystifier les soi-disant ‘grands hommes’, [juste aussi, même si nettement moins nombreuses, concernant les femmes] est d’une absolue nécessité politique : permet d’aller à l’essentiel. (Cf. Admiration, Femmes (Héroïnes), Hommes (Compétence))

Hommes (Humanistes) : Pendant des siècles, on a appelé « humanistes » - le terme, cynisme libéral oblige, tombant en désuétude - des hommes pour qui les femmes étaient, au mieux, leurs appendices. (Cf. Féminisme (Humanisme)

Hommes (Jaloux) : Hommes faibles. Ont besoin de femmes dépendantes. Vrai aussi dans l’autre sens, mais pas à l’équivalence de traitement, de signification, de conséquences.

Hommes (Machos, Machistes) (1) : L’analyse critique doit tenir à la nature du système patriarcal et ne peut donc se limiter à celle de certains des effets qu’il produit sur tel ou tel individu. Qualifier un homme de « macho », c’est ramener un système de domination patriarcal à certaines modalités expressions individuelles, (nécessairement arbitraires), qui ne permettent pas de l’expliquer, qui empêchent de l’analyser. Qualifier un homme de « macho », laissée à l’appréciation subjective, psychologisante de chacun-e, du fait de l’individualisation du jugement contribue à occulter l’analyse féministe, à désamorcer la réflexion critique qui ne peut être que globalisée. Qualifier un homme de « macho » atomise les rapports de domination ; et interdit une vision politique d'ensemble. Qualifier un homme de «  macho », juge la personne, non ses agissements.
- L’analyse de Bossuet : « Dieu se rit des créatures qui déplorent les effets dont elles chérissent les causes » peut aider à clarifier ce début de réflexion.

Hommes (Machos, Machistes) (2) : Pour confirmation du processus de dépolitisation qu’induit l’emploi de ce qualificatif, on lit dans Le Figaro Madame - à l’instar des Chiennes de garde - la présentation des « sorties ou prises de positions » des « machos de l’année 2014 ». 635

Hommes (Machos, Machistes) (3) : Le délégué général du festival de Cannes, Thierry Frémaux, concernant la nomination de Jane Campion à la présidence du Festival en 2014 : « Si ce choix était féministe, cela voudrait dire que celui de porter un homme à cette fonction aurait été machiste. Ce n'est pas du tout le cas. Jane Campion bénéficie de ce titre parce qu'elle est une grande artiste avant tout. » 636 Il y en a qui ont toutcompris(Cf. Antiféminisme, Sexisme)

Hommes (« Macho » Alain Soral) : Sur le site Kontrekulture (SARL fondée par lui), on peut acheter divers maillots à 25 euros. Sur l’un d’entre eux, dont le logo est « Macho », on peut lire cette présentation extraite de l’Abécédaire de la bêtise ambiante  d’Alain Soral : « Macho : ‘Gros con pitoyable dont on a dit depuis trente ans tout le mal possible, mais aussi : mâle pudique à l'ancienne qui respectait sa mère, protégeait sa femme et se sentait responsable de ses enfants, soit le contraire de la demi-fiotte actuelle, si fragile et toujours à sa propre écoute, dont les femmes avouent avoir de plus en plus de mal à se satisfaire ». On lit aussi : « Le maillot Macho est réalisé en Bretagne. Il a été porté par Alain Soral dans son entretien de Juin 2012. » On note enfin qu’une rubrique : « Sexe » a été ajoutée concernant la présentation des personnes désirant se procurer le dit maillot, dont l’alternative est : « Aucun » ou : « Homme ». [Janvier 2015]
- On peut, sur ce même site, acheter un livre de Lucie Chofey intitulé : L’Effroyable imposture du féminisme.
* Cette brève évocation n’épuise pas la critique du personnage. (Cf. Féminisme (Antiféminisme)

Hommes (Maquereaux) : Gustave Flaubert, auteur de : «  […] Il y a entre les hommes une sorte de pacte fraternel et tacite qui les oblige à être maquereaux les uns des autres. Pour ma part, je n’y ai jamais manqué. On reconnaît à cela la bonne éducation, le gentleman. » […]
* Du même : « J’aurais eu un fils, que j’aurais pris grand plaisir à lui procurer des femmes et celles qu’il eut aimées surtout. » 637 (Cf. Casanova, Flaubert (Gustave), Abolitionniste (Hugo Victor), Femmes (Échange des), Famille, Proxénétisme)

Hommes (Meute) : [2010] Promenade matinale sur les quais de la Seine. Devant moi, une jeune fille court ; venant vers moi un groupe d’une douzaine de pompiers, font de même. Voyant la jeune fille, le chef de groupe, suivi donc de tous, fait brusquement demi tour, derrière la jeune fille. En un instant, j’ai vu une meute sur sa proie.

Hommes (Présents des) (1) : Je crains les hommes et leurs présents. Timeo
* Ajout. 4 avril 2014. Penser à : « La Belgique a donné l’indépendance au Congo », entendu ce jour.

Hommes (Présents des ) (2) : Un homme expliquant son cadeau : « Je voulais vous obliger à penser à moi ». (Cf. Don)

Hommes (Présents des) (3) : Il lui offrit une robe avec l’argent qu’elle avait gagné. Elle pleura de reconnaissance. Il pensait à elle. Elle n’était plus seule…

Hommes (Relations avec [des] les féministes) : Il est des hommes qui se mettent en avant, se font valoir, reconnaître, vanter (souvent par la séduction la plus traditionnelle) par [des] les féministes que pour mieux connaître leurs points faibles, tenter d’en approcher leurs failles et pouvoir les utiliser un jour contre le féminisme. Certains entrent en relations avec elles pour se revaloriser à leurs propres yeux en bénéficiant de l’aura qu’un tel voisinage leur confère, à moins qu’ils ne cherchent plus prosaïquement à cacher leurs propres turpitudes, et / ou justifier leurs trahisons. D’autres enfin, les rejoignent pour apprendre d’elles, pour se remettre en cause, leur apporter leurs propres compétences, mais aussi (plus rare et plus difficile) par adhésion politique. (Cf. Hommes (féministes)

Hommes (Salauds) : « Je lui ai tout donné et il m’a quittée. Quel salaud ! » : Un salaud et/ou un homme cohérent et logique qui a constaté la rupture définitive du ‘stock’ qu’il est allé reconstituer ailleurs ?

Hommes (Séducteurs) : Il s’était, toute sa vie, vanté d’être un séducteur sans jamais s’interroger pour savoir s’il y avait un quelconque mérite à l’être.
- En manque d’identité propre.
- Vouloir séduire n’est souvent qu’un procès verbal de carence.
* Ajout. 1er Mai 2014. Lu : « Essonne : un séducteur en série jugé pour assassinat. » 638 Le titre de l’AFP donne à penser que le distinguo sémantique entre « séducteur » et assassin ne soit toujours à clarifier.

Hommes (Séduisants) : Un homme qui se ment à lui-même, et donc qui ment aux autres. Utile antidote aux discours dominants. Séducteur : le même, en plus aisément déchiffrable, en plus assuré, en plus grossier…. (Cf. Mensonge)

Hommes (Solidaires des femmes en lutte) : Peu nombreux. Ignorés de l’histoire et/ou ridiculisés. Rares exceptions bienvenues, à faire connaître. 639 Comparer avec les solidarités mises en œuvre par les femmes aux luttes des hommes : décapant. (Cf. Hommes (féministes)), Michel (Louise))

Hommes (Tous les mêmes) : « Les hommes sont si semblables dans leurs relations avec les femmes. » 640 [Variante : « Les hommes, tous des salauds ».] L’histoire du droit permet de valider théoriquement, ce qui ne signifie pas de facto, ce constat. (Cf. Hommes (Salauds), Valeur)

Hommes (Violents) : Après : « Too big, to fail », après : « Too rich, to be killed » : «Too many to be sued (charged, prosecuted, sentenced, found guilty »…(Cf. Violence)

Hommes (Z’hommes Les) : Les z’hommes de Henri Tachan : une chanson féministe.

VIII. Êtres humains. (Relations entre êtres humains)

I. Affabilité ; Caricature ; Colère ; Compliments ; Crédibilité ; Besoin ; Crainte ; Danton ; Dépressions ; Don ; Écrit (1,2,3) ; Échec ; Écrit (Journal personnel) ; Écrit (Style) (1,2) ; Égalité (1,2) ; Émotion ; Émotions ; Éloge : Fidélité ; Flagornerie (1,2) ; Flagornerie (Voltaire) ; Flatteries ; Gagner ; Galanterie ; Humanité ; Hypocrisie ; Injure (1,2) ; Injure. (Principe) ; Injure (Réaction à l’) ; Injure (Sénèque) ; Injures (à l’encontre des femmes) ; Jalousie ; Luxe ; Mensonge (1,2) ; Mensonge (inutile de cacher) ; Mépris ; « Plan cul » : Plaisir ; Part (Faire sa) ; Parole ; Personne ; Personne (Belle) ; « Pervers [narcissique, polymorphe…] ; Polémique (Procédés de) ; Propres ; Question ; Question (Refus de répondre à une) ;Question / Réponse ;Remerciements (1,2,3,4) ; Réceptivité ; Recevoir ; Respect ; Rire ; Séduisant-es ; Sida (Transmission) ; Supériorité ; Traités de « savoir-vivre » ; Voisin-es d’immeuble ; Vol (68) ; II. Aimer / Haïr : I. Aimer :Aimer ; L’Art (d’) Ovide (1,2) ; Bakounine (Michel) ; Conquêtes ; Corps ; Jerphanion (Lucien) ; Portalis (Jean-Étienne-Marie) ; Voltaire ; Amant-es : Amants (1,2) ; Amant (Et Mari) (1,2) ; Amour:Amour ;Aveugle ; Brassens (Georges) ; Capote ; Chose ; Faire (l’) (1,2,3) ; Femmes ; Flaubert (Gustave) ; Fontaine (Brigitte) ; France (Anatole) ; Hardiesse (en) ; Liberté (en) ; « Amour libre contre morale bourgeoise » ; Passion (1,2) ; Réhabilitation (de) ; Simmel (Georg) ; Tristan (Flora) (33) ; II. Haïr :Haine (1,2) ; Haine des femmes (Du fait des hommes) (1,2,3,4,5,6) ; Haine des hommes (Du fait des femmes) ; Haine (du Féminisme) (11) ;28 février 2016 : 113 items

I. Êtres humains(Relations entre êtres humains. Affabilité) : Absolument compatible avec le plus grossier despotisme. (Cf. Galanterie)

Êtres humains(Relations entre êtres humains. Caricature) : Une caricature juge et son objet et son auteur-e. Elle peut et doit donc être jugée selon ces deux points de vue.

Êtres humains(Relations entre êtres humains. Colère) : Apprendre à reconnaître la violence qui est en nous, pour reconnaître les différentes manifestations, significations de la colère, et si possible en comprendre les causes ; apprendre l’apprivoiser, la doser, l’espacer si possible, afin de la digérer au meilleur moment et d’être le mieux à même de la transformer vite et aisément en critiques libératoires.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Compliments) : Prise de pouvoir, à faible coût. N’en accepter jamais aucun : abaisse et son auteur-e et la personne destinataire. Là encore, que l’hypothèse même en soit exclue. (Cf. Femme (Beauté)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Crédibilité) : Pour être entendu-e, il faut d’abord être crédible. Une vie y suffit rarement, mais rien n’interdit de penser que ce constat ne puisse être - ponctuellement ? - invalidé.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Crainte) : Craindre, c’est reconnaître le pouvoir de celui/celle qui l’impose. Vivre dans le crainte d’autrui, c’est lui reconnaître le pouvoir qu’il/elle a sur vous (et sur d’autres) et en légitimer la perpétuation. Dénoncer ce pouvoir, c’est nécessairement, prendre des risques, y compris concernant sa propre vie. C’est aussi procéder à des ruptures qui donnent un sens à la vie. (Cf. Violences)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Besoin) : Pourquoi certains personnes ont-elles besoin pour vivre de s'opposer à d'autres et pourquoi certaines ont-elles besoin des autres pour vivre ?

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Danton) : Auteur de : « Ils refusaient de me croire pour conserver le droit de me perdre. » 641 Pertinente analyse. Explique nombre de mises au silence. * Ajout. 2 octobre 2015. Le concernant, il faut cependant préciser qu’aussi habile et intelligent révolutionnaire ait-il été, corruptible et corrompu, il n’était effectivement pas, politiquement, « crédible ». On peut notamment rappeler, entre autres évènements peu glorieux de sa vie, qu’il fut payé sur la liste civile de la Cour, dans un accord secret avec Louis XVI.  642

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Dépressions) : Combien de diagnostics de dépressions au lieu et place de la simple reconnaissance du besoin de repli sur soi, en soi, de s’isoler, de se retirer - un temps ? - du monde, de se construire un refuge, de signifier : « Je ne joue plus », « Je ne veux plus, je ne peux plus me battre », « Je voudrais juste de la tranquillité » ; « J’ai envie d’oublier, que l’on m’oublie… » ; « J’ai besoin de me retrouver seule avec moi-même ». (Cf. « Sciences » sociales. Psychanalyse)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Don) : Y a t-il des dons qui, sans coût pour l’autre, sans contredon, enrichissent ? Oui, sans doute…Par la banalisation du don, par son anonymat ; du fait de l’avènement d’un monde de la gratuité.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Échec) : Au lieu de penser en termes d’échec [nécessairement personnel et donc forcément limité] penser en termes d’aboutissement (et/ou d’aboutissement) d’un processus. Dans ce dernier cas, on élargit considérablement sa vision du monde, en réduisant la sienne propre.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Écrit) (1) : A pour finalité d’être critiqué, corrigé, dévoilé, dépassé, enrichi. [Entr]ouvrir des voies : déjà de grandes ambitions. (Cf. Penser. Critiques)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Écrit) (2) : Tout écrit engage la responsabilité de son auteur-e qui doit en assumer intégralement toutes les conséquences. Complexe certes, mais en poser le principe éviterait que tant d’intellectuel-les dit-es ou non engagé-es se défaussent de ladite responsabilité, ce qui ne contribue pas peu à leur dé-légitimation.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Écrit) (3) : John Stuart Mill, auteur de : « Ce que je pus faire par mes écrits, je le fis643

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Écrit. Journal Personnel) : La force d'un Journal - si tant est que les idées de son auteur-e ne soient pas trop faibles - tient au fait qu'il ne doit être écrit que pour soi, et n’être donc lu par quiconque. D’où sans doute l'affaiblissement de l'intérêt du Journal d'Anaïs Nin ou des écrits autobiographiques de Simone de Beauvoir au fur et à mesure de leur publication, due à leur notoriété. En cas de publication de son vivant, la question du respect dû aux personnes évoquées, citées, critiquées, devenues ‘chair à littérature’ est essentielle.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Écrit. Style) (1) : Le style n’excuse rien.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Écrit. Style) (2) : La clarté du style : une marque de respect ?

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Égalité) (1) : Postuler que les êtres humains sont égaux interdit toute pensée de la domination et donc toute pensée féministe. (Cf. Politique. Égalité)  

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Égalité) (2) : L’expression d’une manifestation d’égalité était, pour lui, blessure narcissique.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Éloges) : Mirabeau [1749-1791], auteur de : « Je hais le ton des éloges et j’espère que nous nous approchons du temps où on ne loura plus que par le simple exposé des faits.  (Discours du 19 octobre 1789) Plût au ciel…644

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Émotion) : Le spectacle de l’émotion remplace le vécu de la sensibilité. Et, en sus, le commentaire sur l’émotion étouffe le peu qui aurait pu s’y exprimer.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Émotions) : Sans capacité d’émergence de ses propres émotions, il n’y a pas d’intelligence possible. Or, le concept même d’intelligence a été pensé sans que cette question ne soit posée. Exit donc, notamment, l’immense majorité des femmes renvoyées à [et rabaissées par] ce qui était qualifié de « sensiblerie », de « pleurnicheries »….

Êtres humain (Relations entre êtres humains. Fidélité) : Dialogue entre June (épouse d’Henry Miller) et Anaïs Nin (Comment la définir à son égard ?) :
* « June m’a dit : ‘ Comment puis-je être fidèle à Henry, alors qu’il ne m’aime pas toute entière, alors qu’il juge une si grande part de moi-même et qu’il l’abhorre même. »
* « Oui, ai-je acquiescé, celui qui est vraiment infidèle, c’est celui qui fait l’amour à une fraction seulement de vous. Et qui renie le reste. » 645 Cette analyse bouleverse bien des clichés.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Flagornerie) (1) : L’une des nombreuses voies d’entrée de l’allégeance à une personne, et donc à la servilité. S’en prémunir d’emblée : la porte, une fois ouverte, ne peut que difficilement se refermer.
- La lettre (brouillon), non démentie, de Christine Lagarde à N. Sarkozy, retrouvée lors d’une perquisition à son domicile, non datée, publiée par Le Monde en juin 2013 ouvre à cet égard de larges horizons à la réflexion et dévoile les conditions d’entrées dans la vie politique, comme celles pour y rester. En voici la teneur : « Cher Nicolas, très brièvement et respectueusement »
1) Je suis à tes côtés pour te servir et servir tes projets pour la France.
2) J'ai fait de mon mieux et j'ai pu échouer périodiquement. Je t'en demande pardon.
3) Je n'ai pas d'ambitions politiques personnelles et je n'ai pas le désir de devenir une ambitieuse servile comme nombre de ceux qui t'entourent dont la loyauté est parfois récente et parfois peu durable.
4) Utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting.
5) Si tu m'utilises, j'ai besoin de toi comme guide et comme soutien : sans guide, je risque d'être inefficace, sans soutien je risque d'être peu crédible. Avec mon immense admiration. Christine L.
 » 646 (Cf. Femme « Politique ». Lagarde Christine)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Flagornerie) (2) : Lu dans le livre d’Anne Sinclair, Deux ou trois choses que je sais d’eux : « Il est d’ailleurs fascinant de voir la facilité avec laquelle les hommes, fussent-ils les plus intelligents, les plus fins, les plus avertis, accueillent avec délice la douceur de la flatterie. Aucun compliment ne leur semble assez fort pour rendre compte de leur génie. Jamais ils ne méprisent le flagorneur qui en fait trop, mais au contraire, le regarde avec bienveillance et aménité. À Lille, au soir d’une des derniers meetings de François Mitterrand en 1988, Pierre Bergé, le patron de Saint-Laurent, l’éphémère directeur de l’Opéra Bastille, lui parle avec animation. Emporté par sa flamme de militant, il commence une phrase par : « Vous, Monsieur qui êtes le plus grand président que la France ait jamais connu »…Et Mitterrand de roucouler de plaisir alors que journalistes et invités qui partagent ce dîner improvisé, dissimulent leur gêne d’être témoins de tant de flatteries de la part du citoyen, et de tant de complaisance à l’écouter de la part du prince. » (Cf. Homme « politique ». Bergé Pierre ) 647 Comment une femme capable d’une telle lucidité a t-elle pu s’accommoder de tant d’années vécues avec Dominique Strauss-Kahn ?

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Flagornerie. Voltaire) : Voltaire, un grand flagorneur devant « l’Infâme ». Et méchant qui plus est (concernant notamment Rousseau).  

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Flatteries) : Les pseudo-compliments (sur leur apparence essentiellement) débités aux femmes, si souvent encore vécus par elles comme des flatteries gratifiantes dévoilent les déserts amoureux, affectifs, intellectuels dans lesquels tant vivent. (Cf. Femmes (Beauté)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Galanterie) : Absolument compatible (comme « la distinction », le « raffinement »…) avec la plus grossière goujaterie, avec le plus sordide calcul. (Cf. Affabilité)   

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Gagner) : Se battre pour gagner : loin d’être évident. Par ailleurs, si l’adversaire n’est pas persuadé-e que vous n’abandonnerez jamais le combat, celui-ci est quasiment perdu d’avance. Enfin, ne jamais oublier l’évidence, à savoir que la seule lutte perdue est celle qui n’est pas menée et/ou qui est abandonnée en cours de route. Et, l’essentiel : il ne suffit pas de gagner, il faut gagner sans renoncements. Vaste ambition (Cf. Politique. Guerre (Clausewitz), Lutte, Principe)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Humanité) : Elle ressentait qu’il lui reconnaissait une certaine humanité - que, sans lui conférer une quelconque qualité - mais elle savait aussi que sa conception du monde en limitait très strictement l’éventuelle prise en compte. En qualifiant ses conceptions, ses jugements, de « très personnels », il évitait d’avoir à les juger…et à s’interroger plus avant.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Hypocrisie) : L’hypocrisie n’est pas « l’hommage que le vice rend à la vertu » (La Rochefoucauld) [1613-1680], c’est  considérer le vice et la vertu comme d’équivalente signification.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Injure) (1) : [2010] L’auteur du Dictionnaire des injures littéraires en exergue de son livre, en guise de remerciements : […] « À ma femme Erica enfin pour sa sainte abnégation, et à ma fille Louise (6 mois) pour son rire approbateur comme j’essayais sur elle diverses injures visant les bas-bleus. » 648 (Cf. Femmes « Intellectuelles ». France. (Bas bleus))

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Injure) (2) : Certaines personnes pensent par l’injure s’élever au niveau de la ‘cible’ qu’elles ont décidé de privilégier. D’autres se contentent de leur voisine de palier. D’autres enfin, en élargissant le spectre de leurs injures, considèrent qu’ils s’élèvent au dessus de l’autre moitié de la terre.  

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Injure. Principe) : En réaction à la Résolution du Congrès de La Haye de septembre 1872 d’exclure Bakounine et ses soutiens de l ‘Association internationale des Travailleurs, l’un de ses membres réagit ainsi : « ‘Il faut payer ces gens (les ‘marxistes’) de leur propre monnaie ; ils calomnient, calomnions-les aussi’ ».
Bakounine, selon Malatesta, « se secoua comme un lion blessé, foudroya du regard celui qui venait de faire une telle proposition, se dressa de sa taille de géant et s’écria : ‘Que dis-tu là, malheureux ! Non, plutôt être mille fois calomnié, même si la calomnie devait être écoutée, que de s’abaisser, vis-à-vis de soi-même, à être un calomniateur.’ Je revois encore le geste magnifique » conclua t-il. 649 (Cf. Politique (Principe)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Injure. Réaction à) : Avant de réagir à une injure, s’interroger sur les fondements sur lesquels celle-ci est affirmée et sur la légitimité de celui/celle qui l’exprime. Reposant.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Injure. Sénèque) : « C’est d’une grande âme de mépriser les injures ; la vengeance la plus insultante est de considérer l’offenseur comme indigne de votre vengeance. Beaucoup ont retourné le poignard dans la plaie, en tirant satisfaction d’une légère blessure ; l’homme grand et noble est celui qui, comme le lion, écoute sans s’émouvoir, l’aboiement des roquets. » Sénèque n’y parvint cependant pas toujours. 650

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Injures à l’encontre des femmes) : « putes », « salopes », « connes », « poufiasses », « pétasses » et quelques autres d’aussi raffinée facture…: Prendre un grand drap blanc, toutes les y enfouir, le jeter dans un puits sans fond, jeter plein de pierres dedans, et définitivement les y enterrer. Avec une grande fête ?
* Ajout. 20 janvier 2015. Réaction légitime, mais strictement émotive. La réalité, telle que je la perçois, c’est que traiter les femmes comme telles, c’est tout simplement les légitimer comme telles. (Cf. Langage)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Jalousie) : [1833] Claire Démar, auteure de : « La jalousie, qu’est ce qu’autre chose, je vous prie, que l’expression la plus haute, la mieux prononcée de cet égoïsme qui rapporte tout à soi, qui voudrait, exempt de toute condition, de toute entrave, de toute abnégation personnelle, enchaîner à jamais le corps et l’esprit, la pensée, le vouloir, la sensation de tout être aimé, le courber à sa loi, à son plaisir, à son caprice ?  […] ». 651
* Cf. aussi Graham Greene : « La jalousie n’est en fait que la projection sur l’autre de ses propres égarements. » 652 Peut, en cas de nécessité, aider à y voir plus clair…

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Luxe) : La référence au luxe - injure en soi à la pauvreté - corrompt la pensée par l’indifférence aux moyens nécessaires pour y parvenir. (Cf. Mode)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Mensonge) (1) : Martin Luther King, auteur de : « Aucun mensonge ne peut durer éternellement ». (No lie can live for ever). À l’échelle - des siècles - des système de domination, sans doute, mais assurément pas à l’aune des vies singulières : les cimetières sont remplis de meurtriers-ères tranquillement mort-es dans leurs lits et de leurs victimes si souvent décédées du fait de mensonges, de dénis, de refoulements, qui, faute de pouvoir être dits, n’ont pu être dénoncés. Et, qui, dès lors, si souvent, en sont mortes.
- Tenter de distinguer ce qui est grossièrement regroupé sous ce terme de mensonge : entre ceux qui ont pour finalité consciente ( ? ) de ‘tromper’ l’autre ; de se sortir d’une situation difficile, ou inextricable ; de s’adapter à ce qui est pensé attendu de vous ; de vivre par l’imaginaire dans un autre monde ; de ceux, enfin, qui sont le seul moyen de survivre, ou, plus communément, de refuser d’obéir afin de se conserver ou de construire une marge d’autonomie, un soi, dans un monde fait de contraintes. (Cf. Cacher (Inutile de), Obéir, Obéissance, Soi, Vérité)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Mensonge) (2) : Adrienne Rich, auteure de : «  [...] On nous amenées à mentir jusque dans nos corps : teindre, foncer ou pâlir, friser ou défriser nos cheveux, épiler nos sourcils, raser nos aisselles, porter des bourrures à divers endroits ou nous comprimer dans des corsets,, marcher à petits pas, vernir les ongles de nos mains et de nos pieds, porter des vêtement qui accentuent notre impuissance. On a exigé de nous différents mensonges, selon ce que les hommes du temps voulaient entendre. L’épouse victorienne et la ‘belle du Sud’ devaient être dépourvues de sensualité, et totalement passives, alors que de nos jours la femme ‘libérée’ doit faire semblant de jouis à chaque fois. On nous a caché ou déformée la vérité de nos corps : on nous a empêchées de connaître les parties les plus intimes de nous-mêmes. On a puni et réprimé nos instincts : on a pratiqué des clitoridectomies sur des religieuses ‘perverses’ et sur des épouses ‘difficiles. Nous n’arrivions plus très bien à distinguer les mensonges dont nous étions complices de ceux qui nous étaient imposés. Ainsi, le mensonge du ‘mariage heureux’, de la vie conjugale. On nous en a fait t complices et nous avons joué jusqu’au bout la comédie du bonheur tranquille, jusqu’à ce que nous allions devant les tribunaux témoigner des viols, des sévices corporels et psychologiques, des humiliations publiques te privées que nous avons subies. le mensonge patriarcal a manipulé les femmes à la fois par les mots et par le silence. Des faits essentiels nous ont été cachés. On a porté contre nous de faux témoignages. […] 653 (Cf. Être humain (Corps), Justice, Langage, Mariage, Mode, Obéir, Patriarcat, Sexe, Silence, Soi, Vérité)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Mensonge. Inutile de cacher) : Il y a toujours un moment où, dans une maison de famille, l’on découvre, trempant dans un verre d’eau, le dentier caché jusqu’alors, le tampax usagé oublié sous un lit, la casserole mal lavée dans un coin, les bouteilles vides dans un placard, le boitier de la pendule cassé. Et, entre deux personnes censées être fidèles l’un à l’autre, le ticket de métro qui dévoile tout...
* Ajout. 3 juin 2014. En complément, lire : Vies des douze Césars. 654 (Cf. Vérité)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Mépris) : D’un regard, elle lui retira le mépris de la bouche ; il dut le ravaler et s’éloigna. Elle, continua son chemin.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Parole) : On affirme donner la parole aux êtres humains pour retarder le moment, les circonstances où ils seront à même de la prendre. Seuls.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Plaisir) : Lu  dans le Journal de Charles du Bos : « Pour le séducteur de l’Ancien Régime, le devoir, s’il y a, n’est que de plaisir, du même ordre au fond si simple que le plaisir de l’assaut en langage militaire. » 655 (Cf. Patriarcat, Politique. Guerre, Séduction, Violences contre les femmes)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. « Plan cul ») : Délicate manifestation de l’évidente supériorité de la culture occidentale sur celle de ses détracteurs. Autre manifestation de ladite supériorité : faire voter une loi contre le voile islamique tout en traitant les femmes (du monde entier) comme nos sociétés le font en légitimant le proxénétisme et la pornographie. (Cf. Aimer, Proxénétisme, Pornographie)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Part (Faire sa) : [À propos du mouvement Colibris, qui fait de cette revendication sa philosophie] Si tant est que l’abstraction du terme signifie quelque chose, déjà pas mal, assurément responsable. Ceci posé, les femmes dans le monde font déjà amplement leur part, le plus souvent, pour d’autres qu’elles…
* Ajout. 18 février 2015. Apporter sa quote-part : déjà mieux.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Personne) : Lu, à propos de Thiers : « Tout part de sa personne, tout y revient aboutir. » 656 : ce constat n’est-il pas le mieux partagé au monde ?
- Dans le même sens, on peut ainsi interpréter la déclaration de Nicolas Sarkozy, le soir de sa défaite électorale, devant les militant-es UMP : « J’ai essayé de faire de mon mieux [pour protéger les français des crises]. » (Cf. Démocratie, Homme, Femmes (Protéger), Sarkozy (Nicolas))

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Personne (Belle) : La rencontre d’une belle personne, vivante ou morte : l’un des plus beaux cadeaux de la vie ? Oublions [après l’honnête homme, l’homme de cœur, l’homme de bien, l’homme de goût…] les esprits éclairés ? les belles âmes ? les nobles caractères ? les (grand-es) intellectuel-es (terme encore couramment employé…au masculin) ? les êtres distingués ? les héros admirables ?
* Ajout. 23 janvier 2015.Insatisfaisant. Mais, maintenu, faute de mieux…

Êtres humains (Relations entre êtres humains. « Pervers [narcissique, polymorphe…] ») : Ne font pas le mal, ne font pas du mal, parce qu’on les offense, mais suscitent, provoquent, inventent les offenses pour faire le mal, pour faire du mal. Insensibles, donc, dépourvus de toute empathie, de toute humanité : ils ne vivent que par et pour la violence qu’ils infligent et qu’ils doivent donc sans cesse réactiver, la résistance de leurs victimes s’avérant un excitant supplémentaire. Ils ne doivent dès lors jamais laisser leur cruauté sans objet ; leurs victimes n’étant que des occasions de leur soif, de leur faim de domination. Toute tentative de justification de leur part est donc perdue d’avance. Ils ne peuvent se penser dans le monde ; ils sont le monde. Faute d’objet-s à leur violence, ils meurent ; et, pour éviter leur mort, ils doivent préalablement tuer leurs victimes, le plus souvent à petit feu, souvent pendant des années.
- La question de la validité de l’emploi de l’expression de « pervers narcissiques » qui les transforment en exceptions par rapport à la norme, dès lors légitimée, est posée.  En effet, alors qu’ils ne vivent, littéralement parlant, que par ou pour l’exercice du pouvoir, de leur pouvoir, ils ne peuvent donc que se comprendre par rapport aux pouvoirs mis en œuvre par le monde qui les accepte si aisément. Ne doivent-ils pas plutôt être considérés comme fonctionnels dans le cadre d’un monde qui, pour être efficacement utilitariste, doit être violent, et pour cela, égotiste, psychotique, inhumain ? La solution pertinente, nécessaire, qui est en règle générale faite à leurs victimes : « fuyez », ne résous pas le problème - politique - qu’ils posent. 657 (Cf. Abus)
* Ajout. 10 avril 2014. Entendu parler « de comptes (en banque) siphonnés ». Par - grossière - analogie, me vient à l’esprit que les dits « pervers narcissiques » siphonnent les vies de leurs victimes.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Polémique. Procédés de) : Raymond Aron, auteur de : « Ils ne soulignent pas, de manière plaisante ou frappante, un argument valable ; tantôt ils dissimulent le problème véritable, tantôt ils camouflent l’embarras de l’auteur, tantôt ils éludent une objection évidente […] (et) visent (à en) à disqualifier un adversaire. » 658 Utile de se remémorer cette analyse pour éviter / repousser / refuser d’inutiles discussions, le quotidien des médias.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Propres) : Il est des êtres qui croient effacer leurs turpitudes et se refaire une beauté en se lavant au même savon que les êtres propres.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Question) : « Vous me faites répondre avant que j’en décide » ai-je, justement, entendu de Lacan. 659 S’interroger, avant toute réponse [publique], sur la pertinence de l’objet questionné, sur le pourquoi de ladite question, sur la légitimité - et donc sur le pouvoir - de la personne requérant une réponse. Y penser tôt, car en donnant un accord au principe de l’interview, à celui de l’émission, on n’est plus à même, sauf rares exceptions, de récuser les questionnements ; plus encore, on est contraint-e de penser dans le cadre des catégories d’analyse de l’interviewer/euse. On est au sens propre, à leur merci ; valide pour les émissions en direct, comme pour les autres.
- « C’est moi qui pose les questions ! » déclarent avec une assurance étonnante tant de journalistes lorsqu’ils/elles sont déstabilisé-es, critiqué-es par leurs « invitées ». Pourquoi certaines personnes questionnent-elles, sans avoir, elles, jamais à répondre ? Là, est le pouvoir. Aujourd’hui décrédibilisé.
* Ajout. 4 juin 2014. D’emblée, invitée à une émission, Brigitte Fontaine déclare : « C’est moi qui pose les questions ! » 660 Ça fait du bien ! Enfin, un peu de courage (Cf. Chanteuses (françaises), Politique (Journaliste)

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Question. Refus de répondre à une) : Légitime. La reposer, en discuter les fondements, la reformuler, selon son entendement, si nécessaire. Et, en fonction de la réaction, décider. Là est le respect. Est-ce le cas, dans un commissariat, un emploi, lors d’un procès, en France ? Non.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Question / Réponse) : Entendu : « La réponse est le malheur de la question ». Et réciproquement…Amalgamer questions et réponses résous un temps le problème. Et, in fine : « Je vais vous donner la réponse à ma question » ? 661 Fréquent, même si implicite, dans les médias notamment.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Réceptivité): Elle : « Vous m’avez beaucoup fait de bien aujourd’hui ». Lui : « Je vous fait du bien à chaque fois. Simplement, aujourd’hui, vous étiez plus réceptive. »

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Recevoir) : À celle, à celui qui a beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Remerciements) (1) : Refuser le principe des remerciements ne signifie pas en interdire l’expression, ni savoir en comprendre l’intentionnalité, ni même en exprimer soi-même.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Remerciements) (2) : [1975] MLAC. (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception) Rouen : « À aucun moment, nous avons voulu en ouvrant ce local et en faisant des avortements être de ‘merveilleuses bonnes sœurs’ au profit de quelques femmes qui auraient eu ‘la chance‘ de nous trouver. C’est pourquoi, nous vivons très mal les cas où, après l’avortement, on nous dit merci. ». 662

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Remerciements) (3) : Après avoir pris connaissance de nombreuses personnes que remercie Joseph E. Stigliz [Prix Nobel d’Économie, conseiller économique auprès de Bill Clinton, Vice président de la Banque mondiale entre 1997 et 2000, devenu depuis un fervent critiquer du néo-libéralisme »] en introduction de son livre la grande désillusion, il écrit : « Certains membres des organisations économiques internationales qui m’on aidé m’ont aussi demandé de ne pas les remercier, et j’ai respecté leur souhait. »663

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Remerciements) (4) : Un souhait : Que les femmes cessent de dire « Merci » lorsqu’un homme leur dit : « Vous êtes ravissante, en beauté ce soir, etc, etc… »

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Respect) : Le respect fait taire la reconnaissance.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Rire) : Rire d’un-e adversaire est une lâcheté.

Êtres humains. Relations entre êtres humains. Séduisant-es) : [1958] Michèle Bernstein (membre fondatrice de l’Internationale situationniste, épouse par ailleurs de Guy Debord, lui aussi, membre fondateur de l’Internationale situationniste) à propos des Situationnistes, auteure de : « Nous sommes devenus plus forts, plus séduisants donc.» (1er bulletin de l’Internationale situationniste). 664

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Sida. Transmission) : Au nom de la défense de l’homosexualité, du risque de stigmatiser les porteurs du virus, d’affaiblir l’efficacité des politiques de dépistage, du pseudo « principe de responsabilité partagée » dans un rapport sexuel non protégé, des millions de femmes ont été et sont encore les victimes impuissantes de toute protection du VIH par les hommes, maris, violeurs, « clients », etc. La responsabilité des associations homosexuelles anti-sida est accablante.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Supériorité) : Entendu [adressé à une personne handicapée] : « Ah ! dites vrai ! Se moque t-on vraiment de vous dans la rue ? » : feindre de s’étonner de la bassesse de l’autre pour mieux affirmer sa supériorité (morale)…et évacuer toute analyse critique du monde.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Traités de savoir vivre : Impositions formelles. Maintiennent l’ordre bourgeois, démocratiquement calqué sur l’ordre aristocrate. Colmatent en les déguisant les peurs réciproques. Interdit l’expression de toute individualité. Entérinent la peur du qu’en-dira-t-on. Un monde de conventions qui codifie et fige des logiques de valeurs fondé sur le paraître, c’est à dire sur des non valeurs. Marquent la hiérarchie des classes sociales et aggrave la domination masculine : le ‘foyer’ étant censé être le royaume des femmes, ce sont sur elles que pèse le plus sévèrement le prix du respect de ces ‘bienséances’, de ces normes arbitraires, si opposées à la politesse, à la joie de vivre.
- Nouvel intitulé [2012] : « Self help books ».

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Voisin-es d’immeuble) : J’ai deux souvenirs de plus de vingt années vécues à Neuilly concernant les contacts avec les voisin-es de notre [grand] immeuble : les premiers jours, pour demander à mes parents [dont les ami-es étaient autres et ailleurs….] que ma sœur et moi soyons « Enfants de Marie » ; les derniers jours, afin de leur demander de partager les frais de transport d’un ramoneur de cheminée.
« Parlez à vos voisins » fut l’un des slogans de mai 68.

Êtres humains (Relations entre êtres humains. Vol) : Distinguer ce qui relève de l’acte irraisonnée, du désir, du besoin, pour soi, pour d’autres (et les quels ?) de la nécessité (sur quels fondements ?) et de la négation, du déni de l’autre, de la frustration, de la vengeance, de l’accusation de la société (et sur quels fondements ?). Cet exercice, sans doute plus utile que les débats sur la [l’in] ‘conscience’ participerait à la prise de conscience des rapports entre soi et les autres.
- En tout état de cause, à petite ou grande échelle, le vol opère une redistribution des revenus.  

II. Aimer / Haïr :

I. Aimer

Être humain (Aimer) : Implique - a minima - de re-connaître l’autre et d’exister par soi-même. Serait-ce la première ou la seconde condition qui fasse le plus souvent défaut ?
* Ringard. Remplacer par « baiser » : chic, car convivial, grossier et ‘libéré’.
* Se méfier de tous les verbes qui peuvent être employé sans souci d’un quelconque complément d’objet direct : « fourrer », « foutre », « maquer », « sauter », « tringler », « trousser », « niquer », etc…

Être humain (Aimer. L’Art d’aimer. Ovide) (1) : Un sale livre - que rien ne rachète - et qui n’a rien à voir ni avec l’art, ni avec l’amour, à moins que ce dernier terme ne soit compris comme justifiant des siècles de dominations. Ce livre légitime en effet artifices, mensonges, dissimulation, duplicité, double jeu, infidélité, corruption, fausseté, lâcheté…Véritable manuel du harcèlement et du bien fondé du viol, de la violence à l’encontre des seules femmes : tous les arguments les ayant depuis des siècles justifiés sont déjà présents. (Cf. Femme (Flèche), Haine des femmes (Du fait des hommes))

Être humain (Aimer. L’Art d’aimer. Ovide) (2) : Lu chez Michel Onfray : « [...] Ainsi, avec Ovide dont l’Art d’aimer propose magistralement la quintessence du traité de libertinage. Tout dans cet ouvrage mérite aujourd’hui lecture, relecture et médiations attentives. Y compris ce qui appelle dépassement, ajustement ou formulation adaptée au troisième Millénaire. […] Ovide propose un art, à savoir une technique, un savoir-faire, une théorie qui vise la pratique et suppose la passage à l’acte libertin. [...] Le précepte qui anime l’Art d’aimer brille en toute simplicité ; céder occasionne moins de souffrance que résister. […] Ovide propose une dissociation radicale de l’amour, de la sexualité, de la procréation, de la tendresse, du mariage, de la fidélité. Chacune de ces instances fonctionne de manière autonome et selon son ordre propre. […]» 665     

Être humain (Aimer. Bakounine Michel) : « Aimer, c’est vouloir la liberté, la complète indépendance de l’autre, le premier acte du véritable amour. C’est l’émancipation complète de l’objet que l’on aime ; on ne peut véritablement aimer qu’un être parfaitement libre, indépendant, non seulement de tous les autres, mais même et surtout de celui dont il est aimé et qu’il aime lui-même. Voilà ma profession de foi politique, sociale et religieuse, voilà le sens intime, non seulement de mes actions et de mes tendances politiques, mais aussi autant que je puis celui de mon existence particulière et individuelle ; car le temps où ces deux genres d’actions pouvaient être séparées est bien loin de nous ; maintenant l’homme veut la liberté dans toutes les acceptions et toutes les applications de ce mot, ou bien il ne la veut pas du tout. Vouloir en aimant la dépendance de celui que l’on aime, c’est aimer une chose et non un homme, car l’homme en se distingue de la chose que par la liberté ; et si l’amour aussi impliquant la dépendance, il serait la chose la plus dangereuse et la plus infâme du monde, parce qu’il [aurait] remis alors une source intarissable d’esclavage et d’abrutissement pour l’humanité. » 666

Être humain (Aimer. Conquêtes) :Lorsqu’évoquées, penser à Don Juan évoquant ses conquêtes et déclarant à Sganarelle : « J’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire et victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs ; je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eut d’autres mondes, pour pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses. » 667 (Cf. Guerre. Frontières)

Être humain (Aimer. Corps) : Il vous dit : « J’aime tes yeux, tes seins, tes fesses, tes jambes, ton corps » etc.…Il ne vous aime pas. Aimer les « parties » [du corps, qui plus est], c’est mépriser le « tout » : vous. (Cf. Corps)

Être humain (Aimer. Jerphanion Lucien) : [1921- 2011] Auteur de « Connais toi toi-même et fais ce que tu aimes. » 668 Avec qui ? Contre qui ? Dans quel monde ? Pour quel futur ? (Cf. Être humain. Soi)

Être humain (Aimer. Portalis Jean-Étienne-Marie) : [1746-1807. ‘Père’ du Code civil de 1804, auteur de : « Je sers qui m’aime669  (Cf. Justice (Droit), Famille. (Mariage)

Être humain (Aimer. Voltaire) : [Lettre à Marie-Louise Denis, sa nièce, par ailleurs, le 3 septembre 1753] : « […] Moi, ne point vous aimer ! Mon enfant, je vous adorerai jusqu’au tombeau. Je vous aime tant que je n’irai point dans ce château où il y un tiers qui vous aime aussi : je deviens jaloux à mesure que je m’affaiblis [Il a 59 ans, elle, 41 ans], ma chère enfant. Je voudrais être le seul qui eut jamais le bonheur de vous foutre, et je voudrais à présent n’avoir jamais eu que vos faveurs, et n’avoir déchargé qu’avec vous. Je bande en vous écrivant, et je baise mille fois vos beaux tétons et vos belles fesses. Eh bien, direz vous que je ne vous aime pas ! […] » 670 (Cf. Hommes (Bander. Jaloux) ,Pornographie)

Amant-es :

Être humain (Amants) (1) : [1844] Hortense Allart de Méritens, auteure [un an après son mariage] de : «Ô mes amants, mes aimables amants, amants d’un jour, de dix ans, amants d’indignations, amants de cœur, combien tout cela revient avec charme à la mémoire quand on vit seule et opprimée. » 671 (Cf. Famille (Mariage)

Être humain (Amants) (2) : Ils se qualifiaient de « bons amants » d’autant plus aisément qu’ils n’avaient pas eu de concurrents. Ou, plus souvent sans doute encore, que ceux auxquels ils pouvaient être comparés ne pouvaient être évoqués. Heureusement, de moins en moins fréquent, mais le non dit est encore très prégnant.
- Réjouissante rupture du fait de l’inversion du non-dit : Rachida Dati, alors candidate à la mairie de Paris à Claude Goasgen, député UMP, qui avait osé lui dire : «Ne ramène pas dans la capitale tes mœurs du 9-3» lui répondit : «Tu te prends pour quoi pour me parler sur ce ton? Tu t'y crois autorisé parce que j'ai refusé de coucher avec toi? » 672

Être humain (Amant et mari) (1) : L’amant se retire à l’arrivée du mari : la confirmation par le premier du bon droit d’usage du second. Comment peut-on dès lors respecter et le mari et l’amant ? Quitter les deux. (Cf. Famille (Mariage)

Être humain (Amant et mari) (2) : [1907] Léon Blum, auteur de : « Et pour choisir un mari, le jugement serait plus sûr et plus libre, si l’on avait d’abord eu l’amant ! » 673 Juste. Il fut un temps où je défendais, en petit comité, la thèse selon laquelle il devrait être interdit d’épouser le premier homme avec lequel une relation sexuelle avait eu lieu…

Amour :  

Être humain (Amour) : Invalide dans son principe même celui de justice. D’ou, notamment, la perpétuation de l’excuse pour crime dit « passionnel ». (Cf. Justice, Violences patriarcales)

Être humain (Amour. Aveugle) : [Décembre 2003] Une femme - vivant avec 1.500 Frs par mois - qui avait travaillé toute sa vie gratuitement pour son mari, lequel était parti avec tout l’argent du couple à Tahiti, en concluait simplement, sans plus de regrets, semblait-il, du moins  à l’entendre : « L’amour est aveugle ».

Être humain (Amour. Brassens Georges) : Auteur de : […] « Parlez-moi d'amour et je vous fous mon poing sur la gueule / Sauf le respect que je vous dois. […]  » 674

Être humain (Amour. Capote) : ‘Faire l'amour’ sans, terrorise et/ou révèle son irresponsabilité. ‘Faire l'amour’ avec, n’est pas évident, ni facile, ni agréable, voire carrément pénible, fait débander... Jamais évoqué dans les campagnes publiques (contre le sida) : signifierait que la vérité est plus souhaitable que le mensonge et que les êtres humains ne sont pas tous et toutes des imbéciles dénué-es de toute intelligence et de toute expérience.
* Ajout. 26 février 2015. Entendu un homme concernant le préservatif : « C’est un bouclier que je mets quand je pars au combat. » 675 (Cf. Politique (Guerre), Sida, Vérité)

Être humain (Amour. Chose) : [1932] René Crevel, auteur de : « La rage possessive s’obstinait à voir, jusque dans la créature préférée une simple chose à prendre. Et certes, pour que les affirmations : ‘tu es ma chose, je te possède’ et les acquiescements : ‘je suis ta chose, prends moi’, fussent devenus des cris réflexes de la jouissance, il fallait bien que l’inégalité eût été, une fois pour toutes, admise entre et par les éléments du couple. D’où notion d’un amour esclavage, lequel, avec ce qu’il sous-tend de remords de la part du maître abuseur, de ressentiment de la part de l’esclave-abusée, devient vite amour enfer. » 676 (Cf. Politique (Abus), (Égalité), Esclavage)  

Être humain (Amour. Faire l’) (1) : Remplacer cette monstrueuse expression par : s’aimer ; s’unir de et par les corps, sexuellement (et par l’esprit, l’émotion, si possible…) ; se confondre avec et dans une autre personne ; s’étreindre ; [s’]échanger, partager l’amour… ?
En sus, du seul fait qu’il soit possible d’écrire, de dire, de « faire l’amour », sans avoir à dire, à expliciter « avec qui » invalide en soi l’expression.
- Vrai aussi pour : « avoir des relations sexuelles ». (Cf. (Verbe (Avoir), (Faire), Libertinage)

Être humain (Amour. Faire l’) (2) : Sursignifié, surinvesti, survalorisé, surestimé, à l’exception de trop rares moments de vie, trop vite oubliés.

Être humain (Amour. Faire l’) (3) : Lu dans Gide (1940) :« Cherchant les instants de la vie que l’on aurait le plus de goût à revivre, j’en viens à douter si ce ne sont pas ceux de pure volupté ; je veux dire de volupté purement sensuelle et où ne se mêlait aucunement le sentiment et la pensée. Mais je ne dis pas que ce soient les moments que je revivrais le plus volontiers, car si grand que soit l’ébranlement nerveux qu’ils nous causent, notre être profond n’en est pas beaucoup enrichi. » 677 La fin, fort juste. (Cf. Famille, Femme-s, Homme-s, Langage (Verbe. Faire), Patriarcat, Sexe […])  

Être humain (Amour. Flaubert Gustave) : Auteur de : « L’amour est comme un besoin de pisser. Qu’on l’épanche dans un vase d’or ou dans un pot d’argile, il faut que ça sorte. Le hasard seul nous procure les récipients. […] » 678 En regard, Louise Colet écrivait : « Gustave m’aime exclusivement pour lui, en profond égoïste, pour satisfaire ses sens et me lire ses ouvrages. Mais de mon plaisir, mais de ma satisfaction, peu lui importe ! […] » 679 Pour une juste appréciation de leurs relations, lire la Correspondance de Flaubert, ainsi que L’Indomptable Louise Colet qui réhabilite justement cette femme, «obstinément victime de la muflerie masculine » selon le critique Albert Thibaudet. 680

Être humain (Amour. Fontaine Brigitte) : « L’amour, c’est du pipo, c’est bon pour les gogos » chanté par Brigitte Fontaine : revigorant. Facile ? …

Être humain (Amour. Femmes) : Si toutes les femmes pour lesquelles des « odes à l’amour » ont été écrites avaient pu librement parler, le terme aurait sans doute perdu de son éclat, et de sa si aliénante capacité d’attraction.

Être humain (Amour. France Anatole) : Auteur, à son amante, de : « Oh ! ma pensée, ô ma chair, ô mon amour, comme je me reposerais délicieusement en toi, si je n’y trouvais que moi-même et que moi seul. » 681 Un regret de lui et/ou une critique d’elle ?

Être humain (Amour. Hardiesse en) : Le comte de Bussy-Rabutin [1618-1693] , auteur de : « Comme je ne craignais rien, je hasardais tout, et les témérités étant d’ordinaire heureuses en ces matières, je ne perdis pas mes peines. Depuis ce temps-là, je n’ai pas douté que la hardiesse en amour n’avançât fort les affaires. Je sais bien qu’il fait aimer avec respect pour être aimé ; mais assurément, pour âtre récompensé, il faut entreprendre et l’on voit plus d’effrontés réussir sans amour que de respectueux avec la plus grande passion du monde. » 682 Bien vu…

Être humain (Amour. Liberté en) : Simone de Beauvoir [à propos de ses relations avec Sartre] : « Il y a une question que nous avions étourdiment esquivée : comment le tiers s'accommoderait-il de notre arrangement ? ». L’évidence de la question : la négation de l’autre. L’euphémisme ainsi évoqué s’avéra si lourd de conséquences pour « le(s) tiers », objets, malgré eux, sans le savoir, d’« amours contingentes » …683

Être humain « Amour libre (l’) contre la morale bourgeoise » : Quintessence de confusions conceptuelles.

Être humain (Amour. Passion) (1) : Comtesse Marie d’Agoult [Daniel Stern] : « Ma passion pour Franz (Liszt), qui s’était encore exaltée dans la solitude de ces derniers mois, tenait du fanatisme. Je voyais en lui un être à part, supérieur à tout ce qui m’était jamais apparu. Disposée comme je l’étais aux superstitions du cœur, j’en arrivais parfois, dans une sorte de délire mystique, à me sentir comme appelée par Dieu, offerte en quelque sorte à la grandeur, au salut de ce génie divin qui n’avait rien de commun avec le reste des hommes et ne devait pas subir la loi commune ! Dans ces extases amoureuses qui me venait sans doute du sang germain, rien ne me paraissait plus devoir rester en moi, désirs, volontés, affections, devoirs, conscience même, que pour lui être immolée ; j’aurais voulu être une sainte de l’amour, je bénissais mon martyre. […] » Lucide…684
* Ajout. 19 janvier 2016. De la même, dans sa première lettre du 24 septembre 1935 à George Sand, au début de leurs relations, elle lui écrit, concernant Liszt : « C’est en lui que j’ai abdiqué la vie […] et je ne suis plus aujourd’hui qu’un écho de ses sentiments, de ses désirs, de ses espérances, de ses joies et de ses peines. » 685

Être humain (Amour. Passion) (2) : Madame de Staël : « Malgré le tableau que j’en ai tracé, il est certain que l’amour est de toutes les passions la plus fatale au bonheur de l’homme. » 686 De la même : la passion est « cette griffe de vautour sous laquelle le bonheur et l’indépendance succombent. » 687 Lucide, encore…(Cf. Femmes. Écrivaines. France. De Staël (Madame de)

Être humain (Amour. Réhabilitation) : Luc Ferry (La révolution de l’amour), Raphaël Enthoven (Les philosophes amoureux) et André Comte Sponville (Le Sexe ni la mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité + L'amour. Cours en 3 Cds) réhabilitent l’ « amour » : la réaction patriarcale en marche. (Cf. Hommes. Intellectuels. France. XXème siècle, Patriarcat)

Être humain (Amour. Simmel Georg) : [1858-1918] Auteur en 1900 de: […] « Dans toute relation, celui qui a l’avantage est celui qui attache le moins d’importance au contenu de la relation » […] « Dans toute relation fondée sur l’amour, le moins aimant extérieurement a l’avantage. Car, de prime abord, l’autre renonce plus volontiers à tirer profit de la situation : il est le plus disposé au sacrifice, celui qui offre contre une plus grande quantité de satisfaction une plus grande quantité de dévouement. » […] 688 Intuition d’une analyse importante, bien qu’assez confuse.…

Être humain (Amour. Tristan Flora) : [À propos de l’’amour’] Auteure de : « Mon cher monsieur, moi qui vous parle, je me sens assez forte pour exécuter dans le présent ce que l’humanité pratiquera dans l’avenir. » 689 Remarquable conscience de soi et de confiance en soi ; par ailleurs, ferme contestation anticipatrice des « lendemains qui chantent »…(Cf. Politique. Concept)

II. Haïr :

Être humain (Haine) (1) : Danton : « La haine est étrangère à ma nature ; je n’en ai pas besoin. » Puissant. 690 (Cf. Révolution Française. Danton)

Être humain (Haine (2) : Vous voulez démultiplier les justifications de la haine, instrumentalisez les « phobies » [xénophobie, publiphobie, islamophobie, arabophobie, judéophobie, putophobie, serophobie, homophobie, gayphobie, biphobie, lesbophobie, negrophobie, transphobie, lgbtphobie, europhobie, poutinophobie, russophobie, cathophobie, christianophobie, biphobie, germanophobie, hétéréphobie, syndicalophobie (termes relevés de 2014 à 2016)], 691…, transformez les en catégories politiques et recréez le monde sur leurs pseudo-fondements. Et si vous souhaitez assimiler un personne au dit jugement, il suffit d’enlever le « i ». Interdit toute pensée politique et diffuse la haine et la violence. Enfin, multiplier les auteur-es comme les victimes da la « haine », transformer tout un-e chacun-e en « cible », c’est aussi - surtout ? - délester les principales instances politiques, économiques, religieuses, militaires, proxénètes, responsables de l’état du monde…Et chacun-e peut plus aisément focaliser sur l’autre, sur les autres, ses frustrations, ses malheurs, ses incompréhensions…Pour appréhender les régressions, comparer (même en tenant compte du fait que les deux termes ne signifient pas la même chose) le passage de l’emploi du terme d’antisémitisme à celui de judeophobie).
* Ajout. 14 septembre 2014. Lu, pour la première fois, ce jour, évoquer la « femmophobie » par les Femen. 692 (Cf. Féminisme. Antiféminisme (Lesbophobie)

Être humain (Haine des femmes. Du fait des hommes) (1) : Ovide [43 avant J-C - 17,18 après J.C], auteur de : « […] Suivez les lois que vous dictent la pitié ; tenez vous loin du mal ; gardez vos mains pures de sang. Ne vous jouez, si vous êtes sage, que des femmes. Vous le pouvez impunément. Dans ce seul cas, le mal n’est pas plus honteux que la bonne foi. Trompe celles qui te trompent. Dans la plupart des cas, c’est une race sans scrupules ; elles ont tenu des pièges ; qu’elles y tombent.…» 693 (Cf., Êtres humains (Aimer (L’art d’) Ovide)

Être humain (Haine des femmes. Du fait des hommes) (2) : Cesare Pavese, auteur, à l’époque communiste, le 9 septembre 1946, certes dans son Journal personnel, néanmoins publié après sa mort, de : « Les femmes sont un peuple ennemi comme le peuple allemand694 (Cf. Politique. État. Peuple), Patriarcat)

Être humain (Haine des femmes. Du fait des hommes) (3) : Des soldats nazis, dans un camp de concentration) dont les paroles sont rapportés par Vassili Grossman : « La semaine dernière, ils avaient ouverts une fosse où il y avait deux cents jeunes femmes. Quand ils eurent retiré la couche de terre en surface, une vapeur grise monta au dessus du charnier, les soldats riaient : ‘Elles ont le sang chaud, les garces !’ » 695

Être humain (Haine des femmes. Du fait des hommes) (4) : Pierre Viansson-Ponté[1920-1979. Cofondateur et rédacteur en chef de L’Express, puis responsable politique et éditorialiste du Monde], auteur, concernant Le Programme commun des femmes de Gisèle Halimi de février 1978, de : « La haine : voilà ce qu’exprime chaque page de ce singulier programme commun proposé aux femmes. Et qui explique la gêne, le malaise qu’un homme ne peut pas ne pas ressentir à sa lecture, si compréhensif, si résigné, si masochiste qu’il puisse être. […] On ne peut s’empêcher de penser que, en attisant ainsi la haine, les auteurs de ce brûlot discréditent bien plus qu’elles ne la servent la cause qu’elles prétendent défendre, la cause des femmes.» 696 (Cf., Féminisme, Hommes. France. Hommes Intellectuels. XXème siècle, Politique (Liberté (De la presse)

Être humain (Haine des femmes. Du fait des hommes) (5) : La chanson :« Arrête de t’la péter » de Didier Supio. 2004. [Entendue le 3 juillet 2014 sur Radio Libertaire, organe de la Fédération anarchiste] :[…]Les meufs comme toi y'en a plein, Si on te casse les dents t'es moche[…], Les meufs comme toi y'en a plein, Si on te viole tu vas aux flics[…]Arrête de t'la péter, parce que tu roules en 1016, T'as fait voir tes seins à ton père pour qu'il te la paie, Les meufs comme toi ça joue les princesses,Mais si je te casse les bras tu sais plus passer les vitesses[…]Arrête de t'la péter, Parce que t'as été élue miss betteraves en 92 […] Ma soeur si j'en aurais une, Elle serait plus belle, Les meufs comme toi c'est bien connu,Il faut vous faire marrer pour vous défoncer le cul... te faire l'amour. »(Cf. Violences faites aux femmes)

Être humain (Haine des femmes. Du fait des hommes) (6) : La chanson (souvenir d’enfance) : Les petits pavés 697, (chantée, malheureusement, de manière si bouleversante, par Mouloudji) : « Las de t'attendre dans la rue / J'ai lancé deux petits pavés / Sur tes carreaux que j'ai crevés / Mais tu ne m'es pas apparue / Tu te moques de tout je crois {bis} / Demain je t'en lancerai trois / Par devant ta porte cochère / Pour faire tomber tes amis / Trois et quatre pavés j'ai mis / J'exècre tes amis ma chère / Demain je recommencerai {bis} / Et tes amis je les tuerai / Si tu ne changes pas d'allure / J'écraserai tes yeux ton front / Entre deux pavés qui feront / A ton crâne quelques fêlures / Je t'aime, t'aime bien pourtant {bis} / Mais tu m'en as fait tant et tant / Les gendarmes en cavalcade / Me poursuivront après ce coup / Pour m'attacher la corde au cou/ Je me bâtis ma barricade / Et sur les pavés je mettrai {bis} Mon cœur durci par le regret / Autant de pavés par le monde / De grands et de petits pavés / Que de chagrins encavés / Dans ma pauvre âme vagabonde / Je meurs je meurs de tout cela {bis} / Et ma chanson s'arrête là. »

Être humain (Haine des hommes. Du fait des femmes) : Critique de la haine (supposée) des hommes ou de la haine (supposée) du despotisme des hommes ?  Poser la question de la réalité (supposée ou non) de la haine des hommes est le grand non-dit des sociétés patriarcales. D’où le succès des pseudo-féministes qui osent déclarer « aimer les hommes ».

Être humain (Haine. Du féminisme) : « Quels mots devraient être bannis en 2015 ? » interroge le magazine américain Time. Le féminisme a été inclus dans cette liste dans une liste de termes et fait partie des termes les plus haïs du vocabulaire. 698 (Cf. Féminisme. Terrorisme)

IX. Famille

I. Famille : Famille (1,2,3,4) ; Catholicisme ; Clerc (Thérèse) ; Codes de la famille ; « Concubinage ». Contrat. Moyen Âge. Corse ; Couple ; Empire / pouvoir des femmes ; Ferrer (Nino) ; Frère et sœur ; Enfant handicapé ; France. Normandie. 1953 ; Héritage ; Histoire. Margueritte (Paul et Victor) ; « Monoparentale » ; Nombreuse ; Père ; Père / Enfants ; Pétain ; Propriété ; Reproduction ; Sénèque ; Vie-dite-privée (25) ; II. Mariage : Mariage ; Abolition ; Adultère (1,2,3,4) ; Adultère (« Révolution Nationale ») ; Age (du) ; Alain ; Article 213 du Code civil français ; Article 475 du Code pénal marocain ; Blum (Léon) ; Bussy-Rabutin, Comte de ; Céline (Louis Ferdinand) ; Charlotte de Prusse ; Contrat (1,2,3) ; Critique historique (du) (1,2) ; Dot (1,2) ; Football ; Forcé (1,2) ; Liberté ; Maris « voyous » ; « Moi » ; Musulman ; Obéir ; Oui ; Pape François ; Pornographie ; Pour tous ; Princesse Palatine ; Propriété conférée à l’épouse par le mariage ; Responsabilité des femmes mariées ; Revendication ; Russie. XIXème siècle ; Travail salarié ; Scudéry (Mademoiselle de) (41);III. Divorce : Divorce ; Bourguiba (Habib) ; Clémenceau ; Histoire. Loi sur le divorce du 20 septembre 1792  ; Gratuit ; Liberté ; Licenciements ; Pensions alimentaires (1,2,3,4,5,6) ; Véronique Sanson ; Violences masculines (15); IV. Polygamie : Polygamie ; Arabie Saoudite ; Ben Laden ; Diderot ; Elle ; Fassin (Éric) ; Femme ; Lévi-Strauss (Claude) ; Monarchie Marocaine ; Onfray (Michel) ; Schweitzer (Albert) ; Touraine (Alain) (12)27 février 2016 : 93 Items

I. Famille :

Famille (1) : La plus vieille structure politique du monde ; celle sur laquelle tous les États s’appuient et la seule unanimement cautionnée. Pourtant, la moins politiquement analysée, la moins interrogée, la moins critiquée : il faudrait pour cela remettre en cause le pouvoir politique conféré à chaque homme dans cette institution ainsi que la caution politique, à peine ébréchée, que leur confèrent les États.
Progressivement replacée par «foyer» [fiscal] et « ménage » [pour l’État et les économistes]. (Cf. Hommes, Libéralisme, Mariage, Patriarcat)

Famille (2) : Les femmes, assimilées aux enfants, n’ont jamais pu s’y voir reconnaître leur individualité. On peut ainsi lire : « Famille retrouvée morte dans un gîte des Ardennes. L’homme était dépressif » 699  ou « Un Jordanien exécute toute sa famille ». Les hommes les y rejoignent : « Une famille est en prison. » 700

Famille (3) : Le propre d’une ‘famille’, c’est que l’on peut en retirer, ajouter l’une ou l’autre des personnes qui la composent, elle reste toujours telle qu’en elle-même : « une famille ». On entend : « Je dois consacrer plus de temps à ma famille » ; on peut lire : « Blanc-Mesnil ; autopsie de la famille tuée » 701 [alors que tout indique, par ailleurs, que le père et tué sa femme et ses deux filles], ainsi que : « Afghanistan : un journaliste et sa famille tués. » [lire : un homme (journaliste), son épouse et leurs deux enfants ont été tués]. 702
* Ajout. 8 septembre 2014. Lu : « Quatre famille de délinquants risquent l’expulsion de leur HLM ». 703 Au total : 14 personnes [sur le fondement du règlement intérieur qui stipule que le titulaire du bail est responsable des actes commis « par tous les ayant droit vivant sous son toit », tandis que le trafic de drogue a eu lieu en 2009, que les jeunes concernés ont purgé leur peine et ne vivent plus dans la cité.]
* Ajout. 15 Novembre 2014. Lu : « Intempéries : une famille emportée dans un cours d'eau des Cévennes » 704 En d’autres termes : Le corps d’un enfant de 4 ans a été retrouvé noyé, la mère et un autre enfant d’un an enfermés dans la voiture ont disparus dans les eaux, tandis que le père a été sauvé. 705
* Ajout. 25 juin 2015. Lu : « Normandie. Le grand père a t-il tué sa famille avant de se suicider ? » 706 On peut noter que si l’épouse, la fille, le petit fils ont été tués, le fils ne l’a pas été.
* Ajout. 1er juillet 2015. Un avion militaire s’écrase en Indonésie sur « une zone habitée ». Sont évoquées, concernant les victimes, « des membres de familles de militaires et des femmes ». 707

Famille (4) : Lu : « Bien des fois, j’ai pleuré de rage parce que mon père était pauvre et que ma mère n’était pas belle. » 708

Famille (Catholicisme) : [Radio Notre Dame. France. 2014. Débat entre le père Jacques de Longeaux, président de la Faculté de théologie Notre Dame, Jean-Marie Andrès, responsable national  pour les ACF (Association catholique des familles) du secteur Conjugalité et politique familiale et d'Anne Lannegrace, psychanalyste et experte auprès du département Famille de la CEF (Conférence des évêques de France)] On y entend notamment : « Il faut progresser sur cette politique de l'amour » ; « La famille, c'est d'abord un couple qui s'aime et s'engage dans une alliance pour créer une nouvelle cellule de société ». On entend aussi définir la famille comme une « communion de personnes », mais aussi comme : « la communion de ceux qui sont en manque", suivi de : « c'est précisément sur cette communion que nous enseigne l'Église ». On entend aussi que [la société] mais pas la religion - « a fait irruption dans l'espace privé de chacun »…La confusion de la pensée : un délicat euphémisme. 709 (Cf. Patriarcat. Pères. Paternité)

Famille (Clerc Thérèse) :[1927- 2016] Auteure de : «  Le couple est le tombeau des femmes et la famille leur cimetière ».710

Famille (Codes de la famille) : Appelés aussi, à la suite du code algérien de l’après indépendance, 711 « codes de l’infamie ». Les abroger tous, ainsi que tous les codes civils, pénaux, toutes les lois politiques, toutes les lois religieuses, qui d’une manière ou d’une autre, légitiment, légalisent le plus léger traitement différencié entre les hommes et les femmes, quelques soit leur âge. Une belle et si simple revendication - non négociable, va sans dire - qui devrait unir toutes les femmes de la terre. En attendant les autres exigences à venir. Toute revendication partielle (exemple : la lutte des femmes palestiniennes présentée comme « centrée sur la question de l’héritage ») légitime le bien fondé du principe. (Cf. CEDAW, Démocratie, Patriarcat, Violences de la loi, Violences des lois religieuses…)

Famille (« Concubinage ». Contrat. Moyen Âge. Corse) : Dans un acte du notaire Corse Nicola De Porta, Génois de Bonifacio, daté du 8 décembre 1287, on peut lire : «  Moi, Giovannetta Oliveti, m’engage auprès de toi, Marco Bertane, Vénitien, à demeurer avec toi, comme ta femme de service et concubine pour six ans et à te suivre dans tous les lieux et terres où tu te rendras et voudras m’emmener afin de remplir tous les services pour ta personne ou dans ta maison. Je promets de te protéger et de te garder, toi et tes biens, en bonne foi et sans fraude et de ne pas te servir sans autorisation jusqu’au terme fixé. Tu me donneras nourriture et vêtement appropriés, et à la fin des six années, si tu désires me laisser, tu me donneras en récompense et gratitude, dix livres de Gênes. D’autre part, moi, Marco, m’engage auprès de toi Giovannetta, de te tenir pour femme de service et concubine jusqu’au terme échu et de te conduire avec moi dans tous les lieux et terres ou je me rendrais, de te donner nourriture et vêtement appropriés convenables et de te garder et protéger saine et malade jusqu’au terme du contrat. Et si à la fin, tu ne veux plus demeurer avec moi, je te donnerais dix livres de Gênes. » 712 Passionnant. Bouleverse bien des concepts, mais maintient celui de patriarcat…(Cf. Famille. « Mariage pour tous », Politique. Contrat)

Famille (Couple) :Quand un couple est interrogé, chacun-e doit l’être séparément, puis, après réflexions, conjointement. Ou non.  

Famille (Empire / pouvoir des femmes) : Si, génériquement évoqué tel que, grossier mensonge dont la fonction est de cautionner la perpétuation des droits des hommes dans et sur ‘la famille’ et donc dans et sur les femmes.

Famille (Enfant handicapé) : Extrait d’un dialogue d’une journaliste avec une mère d’enfant handicapée, Eglantine Eméyé. La journaliste : « Cette histoire qui s’est passée il y a quelques semaines dont on a beaucoup parlé, la petite Méline…avec cette maman qui a choisi d’abréger les souffrances de sa fille de 8 ans, polyhandicapée ou très handicapée, pour je cite : « elle le vit comme un acte d’amour parce qu’elle ne voyait pas d’issue heureuse ». Elle a été condamnée à 5 ans de prison avec sursis. Je ne vous demande pas de commenter la décision de justice, évidemment. Mais est ce que vous pouvez comprendre le geste de cette mère ? Réponse : Pour parler crument, I. Je comprends le geste de cette mère. 2. Je pense que c’est la société qu’il faut condamner. Pourquoi ? : On n’imagine pas la douleur que c’est. Vous avez parlé de la solitude….Les médecins ne nous tendent pas assez la main. J’ai cherché des solutions. Je suis journaliste ; je sais où frapper, je sais quelles portes aller ouvrir. Je me suis sentie extrêmement seule. Il y a un manque de structures. Dans mon cas, Samy ne dormait jamais, jamais plus de trois heures. Et les réveils, c’était d’un violence insoutenable. Moi, je suis sa maman ; lutter physiquement contre mon fils toutes les nuits, c’est quelque chose qui est inimaginable. Et quand parfois je demandais : mais bon sang ! aidez moi ! jamais personne, jamais aucun médecin, jamais aucune éducatrice, jamais personne n’a suggéré un seule fois de me relayer une nuit. Comment voulez vous, humainement, physiquement qu’on tienne. J’ai tenu, je ne sais pas par quel miracle. Je comprends que certains craquent. » 713 Un visage vrai de notre société.  

Famille (Ferrer Nino) : Auteur de : « Mon père était ingénieur, ma mère ne faisait rien », mais aussi de : « L’imagination, la fonction cérébrale la plus séduisante » et de : « L’argent n’a aucune espèce de valeur. » 714

Famille (France. Normandie. 1953) : Denise Cacheux, assistante sociale à Caudebec en Caux (Normandie), en 1953 raconte :  « J’avais à peu près six décès par semaine d’enfants de méningite tuberculeuse. […] C’était des masures au toit de chaume, à terre battue, pièce unique, une seul chambre, un seul lit où couchait le père, le grand père, le fille, la cousine, elles passaient à la casserole avec tous les mecs qui étaient dans le lit, et on ne savait pas qui était le père du bébé qu’elles attendaient ; elles étaient incapables de le dire. […] »715 (Cf. Violences contre les femmes)

Famille (Frère et sœur) :La comtesse d’Agoult (Daniel Stern) [1805-1876] évoquant dans ses Mémoires, les relations entre elle et son frère écrit : [ …] « Bien qu’il fut un peu timide d’esprit, il prenait goût aux hardiesses du mien, et se bornait à dire, en souriant, que la nature apparemment s’était trompée en faisant de lui le frère et de moi, la sœur. Les rôles changés, ajoutait-il, tout eut été au mieux, aucune difficulté ne fut survenue, et nos destinées à tous deux eussent été parfaites. » 716 Constat politique qui vaut pour tant…

Famille (Héritage) :En liquidant l’héritage familial, les enfants se libéraient du poids, trop lourd pour eux, de leurs parents. Et se révélaient à eux mêmes : légers…

Famille (Histoire. Margueritte Paul et Victor) : En 1906, Paul [1860-1918] et Victor [1866-1942) Margueritte publièrent un texte de 31 pages, édité par la Société d’éducation et d’action féministes, dans lequel ils revendiquaient une loi concernant le divorce fondée sur des principes beaucoup plus larges que ceux défendue par Alfred Naquet (loi du 27 juillet 1884). On y lit notamment une critique très forte du code civil suivie par plusieurs propositions de revendications législatives. J’en cite un passage : « Disons le vite, la plupart des lois françaises qui régissent la famille, pour ne parler que d’elle est à l’étroit, éclate dans cette armature rigide qu’est le Code civil, promulgué en 1804 et vieux, en 1906, non point de deux cents ans, mais de deux mille ans. Fait au bénéfice de la seule famille bourgeoise, de celle qui possède, notre code a le souci du patrimoine, privilège d’une caste, beaucoup plus que le culte de la patrie heureuse, de la patrie source unique de fortune pour toutes les classes. Il consacre trop d’inégalités, trop d’injustices. On devine à chaque ligne la dure main de celui qui tenait la plume - non ces conseillers d’État, ex-révolutionnaires devenue pénitents, diables faits ermites - mais celle du maitre, de Napoléon. Le code civil respire, d’un bout à l’autre, l’âpre égoïsme bourgeois, le culte de l’argent et de la force. On y sent trop le mépris des faibles, de la femme. Il verrouille, sur l’héritage, comme le saint des saints, trop de portes. Il ne songe pas assez à la foule, qui n’hérite pas et qui a faim, à la foule de ceux qui souffrent. Il faut, si l’on ne veut pas que la Révolution se charge de déblayer ce qui, dans ce code prématurément vieilli, tombe en ruines, une évolution prompte, une réfection sans retard. Substitution, dans le régime légal, de la séparation des biens à a communauté ; mariage licite à 21 ans, suppression de toutes les formalités qui l’encombrent à l’entrée, élargissement de celles qui l’étranglent à la sortie, abrogation des lois pénales en matière d’adultère, liberté de tester, recherche de paternité, abrogation des mesures iniques contre les enfants naturels, ceux dits adultérins surtout, c’est toute une (blanc)nération prompte, indispensable, de notre législation familiale ! » […] 717 (Cf. Droit, Famille. Divorce, Hommes (féministes)

Famille (Monoparentale) : A, notamment, remplacé l’ancienne formulation de : « filles mères ». Aujourd’hui, le plus souvent, concerne « une famille » dans laquelle l’homme a abandonné à une femme la [quasi] seule responsabilité des enfants. Il a pu aussi avoir été mis dehors ou jugé inutile : rarement présenté sous cet angle. Il concerne aussi enfin, les femmes qui ont estimé qu’elles pouvaient élever un enfant sans père. Là encore, à l’instar du divorce, les analyses, les dénonciations, brillent par leur absence.
* Ajout. 10 janvier 2014. Entendu : « un couple monoparental » 718 (Cf. Mariage (Pensions alimentaires)

Famille (Nombreuse) : Lu [France. Années 50] : « [...] sa sœur aînée qui n’a pu aller en classe ‘rapport au petit’. » 719  

Famille (Père. Enfants) : Flora Tristan, auteure de : « Ce pauvre garçon ne fait rien, il n’a pas de fortune et a une nombreuse famille. - Je ne comprends pas que dans cette position on fasse des enfants tous les ans, cela me paraît le plus épouvantable de tous les crimes. » 720 Encore un non-dit patriarcal…

Famille (Pétain) : Pétain, auteur de : « Les familles françaises resteront les dépositaires d’un long passé d’honneur. Elles ont le devoir de maintenir, à travers les générations, les anciennes vertus qui font les peuples forts. Les disciplines familiales seront sauvegardées. » 721 Aucune politique dite familiale n’a vraiment rompu avec les fondements de cette analyse : elles se sont simplement adaptées à certaines des évolutions de la société. (Cf. Famille. Mariage. Adultère. « Révolution nationale »)

Famille (Propriété) : George Sand [Avril 1848] : « Il est étrange que les conservateurs de l’ordre ancien, accolent toujours avec affectation dans leur devise menteuse ces mots de famille et de propriété, puisque l’acte de mariage tel qu’ils l’administrent et le proclament, brise absolument les droits de propriété de tout un sexe. Ou la propriété n’est pas une chose sacrée comme ils l’affirment, ou le mariage n’est pas une chose également sacrée, et réciproquement. Deux choses sacrées ne peuvent se détruire l’une l’autre. » 722
- Comment une analyse d’une si fondamentale importance a t-elle pu être considérée comme nulle et non avenue par les pensées politique, philosophique, par l’économie, par l’histoire des idées ? (Cf. Femmes (mineures. George Sand), Mariage, Patriarcat, Sexe)  

Famille (Reproduction) : La vie de cette femme a été sinon sacrifiée, du moins amputée au nom de des valeurs attachées « la famille » : comment ne pas comprendre, que structurée par elles, elle les reproduisent ?

Famille (Sénèque) : Auteur de : « Nous disons couramment que nous n’avons pas eu le choix de nos parents, que le hasard nous a donnés : mais il nous est possible de naître à notre guise ; les très grands esprits fondent les familles : choisis celle à laquelle tu veux t’agréger. »Valide pour tous et toutes. Moderne, là encore.

Famille (Vie - dite - privée) : C’est ou l’un ou l’autre de ces termes, incompatibles entre eux. Mais, à y réfléchir plus avant, aucun d’entre eux n’est valide.
* Ajout. 25 août 2015.Encore trop souvent, les hommes ont une vie dite-privée et les femmes, une vie dite-de famille. (Cf. Vie - dite - privée)

II. Mariage :

Famille (Mariage) : La critique la plus fondamentale du mariage…et de ses avatars : il subsume l’un-e dans le deux. Dès lors, l’idée même de « couple » à égalité, devient impensable. (Cf. Famille, Mariage pour tous)

Famille (Mariage. Abolition) : George Sand, auteure de : « Le mariage est selon moi une des plus barbares institutions que la société ait ébauchées. Je ne doute pas qu’il soit aboli, si l’espèce humaine fait quelques progrès vers la justice et la raison ; un lien plus humain et non moins sacré remplacera celui-là et saura assurer l’existence des enfants qui naitront d’un homme et d’une femme, sans enchaîner à jamais la liberté de l’un et de l’autre. » (Jacques) Cité en exergue du livre d’Alfred Naquet, La loi du divorce. [1903] 723 Une revendication essentielle toujours d’actualité, étouffée par le  mariage dit « pour tous ». (Cf. Mariage pour tous)

Famille (Mariage. Adultère) (1) : Très bien vu par les hommes d’en vanter publiquement les mérites; supportent beaucoup moins bien la réalité quand elle les concerne. Banal certes, mais peut être rappelé. (Cf. Femme (Adultère))

Famille (Mariage. Adultère) (2) : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » À généraliser. 724

Famille (Mariage. Adultère) (3) : Évangile selon Saint Mathieu. [V.27,28] : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » ; suivi de (V.31, 32) : « Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! Moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »

Famille (Mariage. Adultère) (4) :Adam Smith [1723-1786], auteur de : « L’adultèreimagine qu’il ne fait pas de mal quand il corrompt la femme d’un ami , pourvu qu’il mette son intrigue à l’abri des soupçons du mari, et que cela ne dérange pas la paix de la famille. Dès lors que nous nous autorisons de tels raffinements, il n’y a pas de crime si grand dont nous ne puissions nous rendre coupable. » 725 (Cf. Morale)

Famille. (Mariage. Adultère. « Révolution nationale ») :Décision de justice (s.d., mais avant 1943) : « Attendu… que la femme P. qui, pour satisfaire ses passions a abandonné son mari et ses six enfants, et le dénommé D. qui n’a pas hésité à détourner une épouse et une mère de famille à ses devoirs naturels, méritent l’un et l’autre une sanction sévère ; que ce serait une pernicieuse erreur de considérer l’adultère comme étant uniquement, ou même principalement, un délit d’ordre privé ; qu’au contraire, en détruisant les foyers, il ébranle les fondements mêmes de la société ; que les efforts actuellement entrepris pour diminuer le nombre de divorces, assurer la protection de l’enfance ou réprimer l’avortement et l’infanticide ne produiront leurs effets que dans la mesure où l’on attaquera le mal à la racine ; l’indiscipline des mœurs ; / Que la rénovation de la famille française ne saurait se concilier avec une indulgence excessive pour un délit dont les répercussions  sociales sont suffisamment graves ; / par ces motifs, condamne la femme P. à une peine d’un mois d’emprisonnement, condamne D. à un mois de prison et 1000 francs d’amende. » 726 (Cf. Famille. Pétain) Il n’est pas inintéressant de noter, qu’en 1975, environ trente ans après Pétain, et en plein épanouissement des bouleversements féministes, cette citation ait été présentée par le psychanalyste auteur du livre Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain, d’où cette décision de justice est extraite, en ces termes : « Quand le dénommé D. monte sur la femme P., le nouvel ordre social tremble sur ses bases. » 

Famille (Mariage. Âge du) : Du 27 mars 1804 au 5 avril 2006, l’article 144 du Code civil était rédigé ainsi : « L'homme avant dix-huit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus, ne peuvent contracter mariage. » Du 5 avril 2006 au 19 mai 2013, le code civil pose que : « L'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus. » Depuis le 19 mai 2013, on lit : « Le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus. »

Famille (Mariage. Alain) : [1866-1951] : Alain épousa le 30 décembre 1945 à 77 ans une femme autrefois aimée « afin de mettre un terme au désordre de sa vie privée. » 727 (Cf. Homme. Intellectuels)

Famille (Mariage. Article 213 du Code civil français) : [Prescrivant l’ « obéissance » de la femme à son mari, puis évoquant le « chef de famille » remplacé enfin par : « Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille»] Penser que la nouvelle rédaction dudit article a fait disparaître la domination patriarcale relève de la pensée magique. Savoir qu’il n’en est rien et n’en rien faire relève de la pensée utilitariste et/ou cynique, la distinction entre les deux termes étant faible. (Cf. Femmes (Imaginaire), Obéissance, Patriarcat)

Famille (Mariage. Article 475 du Code pénal marocain) : L’article 475 du code pénal Marocain a été dénoncé avec force par des femmes marocaines après le suicide d’Amina, 16 ans, contrainte d’épouser l’homme qui l’avait violée : « Quiconque, sans violences, menaces ou fraudes, enlève ou détourne, ou tente d'enlever ou de détourner, un mineur de moins de dix-huit ans est puni de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams. Lorsqu'une mineure nubile ainsi enlevée ou détournée a épousé son ravisseur, celui-ci ne peut être poursuivi que sur la plainte des personnes ayant qualité pour demander l'annulation du mariage et ne peut être condamné qu'après que cette annulation du mariage a été prononcée. »
Article à supprimer de toute urgence, mais une précision : cet article ne concerne pas le viol, défini par l’article 486 ainsi : « Le viol est l'acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci. »
* Ajout. 22 Janvier 2014. L’alinéa de cet article 274 a été supprimé le 22 janvier 2014. Pour Fatima Maghnaou « responsable d'une ONG soutenant les victimes de violences » : « C'est un pas très important, mais qui n'est pas suffisant [...]. Nous appelons à une révision complète du code pénal pour les femmes ». 728 (Cf. Famille (Codes), Patriarcat, Violences de la loi)

Famille (Mariage. Blum Léon) : [1905] Auteur de : « Les plus pitoyables victimes du mariage sont les femmes qui en ont le plus loyalement accepté les clauses. » 729  Renouvelle le concept de « contrat ». (Cf. Politique. Concept (Contrat))

Famille (Mariage. Bussy-Rabutin, Comte de) :[1618-1693]Auteur de : «  Pour moi, que me trouvais fort rebuté par la fortune [ …] je résolus de chercher de la subsistance dans un mariage. Je le haïssais naturellement, parce que j’étais ennemi de toute contrainte ; mais je haïssais encore plus la pauvreté. » 730 Certains savent d’emblée aller à l’essentiel…

Famille (Mariage. Céline Louis Ferdinand) : [1926] Auteur de (adressé à sa femme qui avait « entamé une procédure de divorce ») : […] « Il faut que tu découvres quelque chose pour te rendre indépendante à Paris. Quant à moi, il m’est impossible de vivre avec quelqu’un - je ne veux pas te traîner pleurarde et miséreuse derrière moi, tu m’ennuies, voilà tout - ne te raccroche pas à moi. J’aimerais mieux me tuer que de vivre avec toi en continuité - car sache-le bien et ne m’ennuie plus jamais avec l’attachement, la tendresse - mais bien plutôt arrange ta vie comme tu l’entends. J’ai envie d’être seul, seul, seul, ni dominé, ni en tutelle, ni aimé, libre. Je déteste le mariage, je l’abhorre, je le crache ; il me fait l’impression d’une prison où je crève. » […]
- En note de ce texte, il est écrit dans La Pléiade : « Cette lettre injurieuse, écrite sans doute dans le cadre de cette procédure (de divorce) comme c’était la coutume à l’époque pour justifier la demande de l’épouse, figure dans le dossier. » 731 Le « sans doute » manque de rigueur, tandis que la référence à « la coutume » fait peu de place à l’analyse critique et du droit en vigueur et de l’homme Céline.
Pourquoi ainsi déresponsabiliser, si aisément, Céline de cet écrit ? (Cf. Patriarcat)

Famille (Mariage. Charlotte de Prusse) : [Alexandra Feodorovna, épouse de Nicolas 1er, empereur de Russie] : « C’est une ombre. Elle n’a jamais pu se remettre des angoisses qu’elle a ressenties le jour de son avènement au trône : le devoir conjugal a consumé le reste de sa vie. Elle a donné trop d’idoles à la Russie, trop d’enfants à l’Empereur. ‘S’épuiser en grands ducs, quelle destinée’, disait [d’elle] une grande dame polonaise...» 732

Famille (Mariage. Contrat) (1) : L’analyse de Stuart Mill concernant l’impossibilité théorique d’un contrat d’esclavage s’applique aussi au pseudo-contrat de mariage. La voici : « Un contrat d’esclavage est nul et non avenu. En se vendant comme esclave, un homme abdique sa liberté ; par cet acte unique, il renonce à tout usage futur de sa liberté. Il détruit donc dans son propre cas, le but même qui justifie la permission de disposer de lui-même. Ce n’est pas la liberté que d’avoir la permission d’aliéner sa liberté. » 733

Famille (Mariage. Contrat) (2) : Le mariage : un contrat ? Non. L’institutionnalisation d’une mise en dépendance, en subordination, d’une obéissance obligée d’une personne (une femme) à une autre (un homme). En outre, les personnes riches, ayant des biens à garantir, faisaient, devant notaire, la veille du mariage (civil, religieux) un véritable contrat précis, écrit, concernant la propriété respective des biens. Les autres se contentaient d’un « oui » devant le maire. Permanence de la supériorité de l’argent sur la loi civile, elle, mise en oeuvre par l’État…

Famille (Mariage. Contrat) (3) : Le code Napoléon du fait du seul « oui » dit le jour du mariage, non seulement dépossédait les femmes, mais leur interdisait, à l’exception des «marchandes » le droit de contracter, « contrat » pourtant au fondement théorique du libéralisme. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? (Cf. Libéralisme, Patriarcat, Politique. Concept. (Contrat)

Famille (Mariage. Critique historique du) (1) : Pour une présentation critique des mariages aristocratiques, qui marquèrent fortement de leur empreinte les mariages bourgeois, au XIXème siècle, lire les chapitre XIV à XVII des Souvenirs et Mémoires de la Comtesse d’Agoult [1805-1876] : « Mariages à la française». En voici le début : « On sait que, dans l’opinion française, un mariage d’inclination est réputé sottise ou folie, pis que cela, chose malséante et de petit monde. Le mariage, aux yeux des Français, c’est un arrangement, un calcul : deux fortunes qui se joignent pour créer une fortune plus grande, deux crédits qui s’associent pour fournir  un crédit plus grand. Les deux plus grandes fortunes et les deux plus grands crédits réunis, c’est l’idéal. […]» 734

Famille (Mariage. Critique historique du) (2) : Toinette dans la première pièce, jamais représentée de Marivaux, écrite à 18 ans, en 1706, Le père prudent et équitable : « Moi, Devenir sa femme ! ah ! ah ! quelle figure ! / Marier un objet, chef d’œuvre de nature / Fi donc ! Avec un singe aussi vilain que lui [...] / Cher papa, non, j’en mourrais d’ennui. / Je suis, vous le savez, sujette à la migraine ; / L’aspect de ce magot le rendrait quotidienne. / Que je le hais déjà ! je ne le puis souffrir. / S’il devenait mon époux, ma vertu va finir ; / Je ne réponds de rien… » 735

Famille (Mariage. Dot) (1) : Nombreux sont les hommes qui ont épousé - qui épousent toujours - des dots, leurs femmes étant les garanties de leur versement.

Famille (Mariage. Dot) (2) : Madame Lafarge, auteure de : « Je ne me croyais pas assez riche pour être marchandée, et quand je donnais ma vie, on me prenait ma dot : on m’escomptais comme le zéro qui suis le chiffre qu’il centuple. Plus tard, c’est la cupidité, c’est elle qui m’a calomniée, dénoncée, livrée…Elle qui a demandé à la justice le prix de mon sang […].» 736 (Cf. Justice (Madame Lafarge) Historiographie patriarcale (Wikipédia))  

Famille (Mariage. Football) : [2011] Une jeune footballeuse Sénégalaise [2011] : « Un jour, un garçon m’a dit : ‘Si je t’épouse, tu arrêtes le football ‘. Je lui ai raccroché au nez. » (Rires). Argument percutant. 737

Famille (Mariage Forcé) (1) : Réhabilite le mariage comme institution « libre » (et/ou non contraint, non imposé, non obligé, non obligatoire…). Il en est de même concernant  le « travail », « la prostitution », « l’emprunt », « l’achat », « les rapports sexuels », la « grossesse », la « procréation »… Et c’est ainsi que, sous couvert de liberté, on cautionne tous les systèmes de domination.

Famille (Mariage Forcé) (2)  : Après lecture du livre intitulé Mariée de force, 738 il apparaît clairement que Leila, son auteure, a été privée de toute liberté et de tout contrôle de sa vie ; d’extrêmes et multiples violences traditionnelles, religieuses, familiales, institutionnelles, toutes patriarcales, étant mises en œuvre pour ce faire. Mais, au delà, qui n’a pas été contraint-e à faire, à dire quelque chose qui n’avait pas été voulu, désiré, pensé ? C’est, dès lors, le concept même de « forcé » qui doit être récusé.
* Ajout. 10 juin 2015.Comparer les analyses, jugements, traitements, législations concernant les mariages dits forcés, précoces avec celles et ceux concernant les services militaires (En Israël, en Erythrée, etc.…) (Cf. Politique. Choix, État, Liberté)

Famille (Mariage. Liberté) : Le droit a traité de « la liberté du mariage », jamais de la liberté « dans le mariage ». Et pour cause…
Le mariage est présenté, vécu, codifié comme un acte juridique singulier entre deux personnes, voire plus (en cas de polygamie), par lequel elles donnent, par un simple consentement verbal, leur adhésion totale à un statut patriarcal étroitement codifié par une multiplicité de lois et de coutumes patriarcales depuis des siècles.
- Portalis le qualifiait de « contrat perpétuel par destination » 739 ; d’autres l’analysent comme relevant d’un « ordre public matrimonial ». 740 Toujours un rapport de dépendance. (Cf. Famille. Divorce, Droit patriarcal, « Oui » (Répondre), Polygamie, Vie-dite-privée))  

Famille (Mariage. Maris « voyous ») : La Cour d'appel de Paris a confirmé, le 6 juillet 2012, les peines de prison ferme infligées en première instance aux deux repreneurs de l'usine Samsonite d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, pour avoir sciemment provoqué la faillite de l'entreprise en 2007. Ils avaient été qualifiés de « patrons voyous » par le représentant du Parquet en première instance. 741
À quand le procès - et déjà l’emploi de l’expression… - des « maris voyous » (détenteurs de comptes à l ‘étranger, patrons, commerçants, artisans, paysans, fonctionnaires, professions libérales, politiques…) qui se déclarent insolvables (ou équivalent) pour ne pas avoir à payer de pensions alimentaires, grâce aux libéralités généreusement offertes par le droit. Les cabinets d’avocat-es regorgent de ces pratiques. Des femmes peuvent ponctuellement agir de même : la représentation des divorces des « stars » américaines sont d’une redoutable efficacité afin d’éviter les comparaisons entre le statut des maris et celui de leurs épouses. (Cf. Famille monoparentale)

Famille (Mariage. « Moi ») : [France.2014] Après 50 ans de mariage, un mari, dans un échange écrit avec son épouse signe : « Moi » (Cf. Langage. Possessifs, Êtres humains. Soi)  

Famille (Mariage. Musulman) : Une jeune femme mineure mariée par un imam le 15 décembre 2011, répudiée le 2 janvier 2012… 742 (Cf. Charia, Famille (Codes), Divorce, Polygamie, Proxénétisme, Violences des lois religieuses)

Famille (Mariage. Obéir) : « La femme doit obéissance à son mari »: un crime contre l’humanité.
* Combien de millions de femmes vivent-elles encore aujourd’hui sous ce commandement ? Et combien l’ont-elles sorties de leur inconscient ? (Cf. Enfants Obéir, Penser. Obéir)

Famille (Mariage. Oui) (1) : Qui sait vraiment à quelles aliénations de sa liberté ce petit « oui » engage, le jour d’un mariage ? Qui a t-on précisément, clairement informé des engagements, des conséquences auxquels il engage ? Et pourtant, qui n’est pas persuadé-e que cela ne la/le concerne pas ? Qui n’a pas pour projet dans le mariage d’invalider, d’inverser, de récuser les hiérarchies de pouvoirs ? Mais, la loi, le droit sont, tapies dans l’ombre, autant d’épée de Damoclès. (Cf. Famille. Divorce, Mariage (Contrat)

Famille (Mariage. Oui) (2) : Comme dans la maffia, un accord oral - recouvrant les monstrueuses injustices dont rien n’est dit - est censé être valide et légitime. Et durer. La plus grande escroquerie, couverte du voile de la loi, du patriarcat ? (Cf. Justice)

Famille (Mariage. Pape François) : Auteur (sur Facebook) notamment de : « Le cheminement ensemble d’un homme et d’une femme, dans lequel l’homme a la tâche d’aider son épouse à être davantage femme, et la femme a la tâche d’aider son mari à être davantage homme. C’est la tâche que vous avez entre vous. “Je t’aime, et par cela je te fais plus femme” – “Je t’aime, et par cela je te fais plus homme”. C’est la réciprocité des différences. Ce n’est pas un chemin simple, sans conflits, non, il ne serait pas humain. C’est un voyage exigeant, parfois difficile, parfois aussi conflictuel, mais c’est la vie. » [15 septembre 2014]. « Le mariage est symbole de la vie, de la vie réelle, ce n’est pas une “fiction” ! C’est le sacrement de l’amour du Christ et de l’Église » [11 septembre 2014]. « Les époux, au moment du mariage, ne savent pas ce qui arrivera, ils ne savent pas quelles joies et quelles peines les attendent. Ils partent, ils se mettent en route ensemble. Et c’est cela le mariage ! Partir et marcher ensemble, main dans la main, s’en remettant entre les mains du Seigneur, toujours et pour toute la vie ! » [26 octobre 2013]. « Vous êtes courageux, je vous le dis, parce qu'il faut avoir du courage pour se marier aujourd'hui ; voilà les courageux ! » [3 septembre 2013 ou 2014 ? ]. « Un chrétien qui ne perçoit pas la Vierge Marie comme une mère est un orphelin. » [2 septembre 2013 ou 2014]…(Cf. « Sciences » sociales. Démographie. Pape François)

Famille (« Mariage pour tous ») : [Dans l’attente d’un argumentaire plus poussé] J’ai de plus en plus le sentiment que et les arguments « pour » et ceux « contre » justifient le patriarcat. Je peux, dans l’attente, reprendre à mon compte, le titre et largement l’argumentaire du texte d’une intellectuelle féministe catholique de gauche, Christine Pedotti : « Mariage pour tous, les femmes vont se réveiller avec une "sacrée" gueule de bois.» Mais, si j’adhère globalement à cet argumentaire, les raisons pour lesquelles le dit mariage me pose toujours problème, n’est pas encore clair dans ma tête, compte tenu de la multiplicité et de l’extrême complexité des enjeux. 743 En effet, cette re-légitimation, si souvent caricaturale du mariage, ne peut en l’état que contribuer à l’occultation du mariage comme symbole et réalité de la première et plus fondamentale structure d’oppression. Faut il rappeler que, pour des millions et des millions de femmes (et d’elles seules), dans le monde, le mariage signifie dominations, exploitations, enfermements, exclusions, peurs, pièges, violences, et pour tant encore, tortures, à vie ?  
- Le vice de raisonnement de fond des arguments pour me semble le suivant : En sus de la réhabilitation de l’institution par excellence du patriarcat, le « mariage pour tous » assimile la soit-disante « égalité » entre êtres humains - singuliers - et « l’égalité » des couples - et donc du deux - entre eux : c’est en effet dans leur rapport au mariage que les « couples » dits homosexuels sont considérés comme étant censés, comme devant être égaux aux couples dits hétérosexuels. « Le mariage pour tous » est parvenu à poser le couple comme la norme.
- En tout état de cause, lire que « la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels envoie […] un message d'égalité entre les hommes et les femmes de ce pays », comme l’a estimé l'inter-LGBT vendredi 17 mai 2013 après la validation de la loi par le Conseil constitutionnel » 744 n’est pas acceptable.
- Réfléchir à la mutation du vocabulaire : la proposition de loi enregistrée le 24 juillet 2012 « visait à ouvrir le droit au mariage à tous les couples, sans distinction de sexe ni de genre », tandis que le projet de loi du 7 novembre 2012 « ouvrait le mariage aux couples de personnes de même sexe ». Et tout ceci, amalgamé dans « le mariage pour tous », lequel ouvre la voie, entre autres, à la légitimation de l’inceste.
- Ce qui est pour moi toujours un problème non résolu - sans doute l’essentiel - est le suivant : comment articuler le droit que je ne conteste pas au mariage entre deux femmes, entre deux hommes, à l’adoption par eux, par elles, d’enfants, avec mes critique ci-dessus ? Mais ce qui m’apparaît sûr, c’est que nombre de questions, de critiques posées par les opposant-es au mariage dit pour tous ne peuvent être traitées comme elles l’on été par les partisans du dit mariage : à l’aune de la réaction et de l’homophobie…Que l’on soit pour ou contre le mariage, oui, le mariage entre personnes de même sexe bouleverse les normes dominantes - et ce bouleversement n’est pas en lui-même positif - et engendre par ailleurs nécessairement la reconnaissance de la PMA et la GPA : on ne peut pas en effet penser le mariage sans la filiation. Y réfléchir encore…(Cf. Égalité, Famille, Femmes, Genre, Hommes, Sexe, Sexualité)
* Ajout. 14 février 2016. Édith Stein [1891-1943], auteure (en 1930) de : « On ne peut assurément s’exprimer de manière concise et satisfaisante qu’après de longues recherches. » 745

Famille (Mariage. Pornographie) : Reçu ce jour (19 octobre 2015) une publicité pour un site pornographique dont voici la teneur : « Et oui, plus j’aime mon mari, plus je le trompe. Et apparemment, je suis pas la seule. On s’est retrouvés, toute une communauté sur le site X. Ce qui est bien, c’est que ce sont des gens classes, pas lourds, qui présentent bien. Le bonheur quoi. Venez tromper votre conjoint avec l’un ou l’une d’entre nous si vous êtes aussi une personne de caractère (obsédés et paumés s’abstenir). » Reçu ce jour (25 octobre 2015) du même site : « Je ne me définirait pas comme libérée, j’emmerde les féministes, je suis juste une jouisseuse. Voilà l’endroit où des femmes post-modernes comme moi sévissent. » Et les sempiternels affichages des « valeurs qui sont les nôtres » nous sont assénées comme autant d’évidences…(Cf. Pornographie)  

Famille (Mariage. Princesse Palatine) : [Duchesse d’Orléans. Belle-sœur de Louis XIV] Auteure de : « Cela est bien vrai que le célibat est le meilleur état : le meilleur mari ne vaut pas le diable. » 746

Famille (Mariage. Propriété conférée à l’épouse par le mariage) : Entendu, dans une comédie américaine des années 50/60 (titre oublié), une critique féministe de ses limites :
* « Tu m’avais dit que ta maison serait à moi »
* « Je t’ai dit que la maison serait à toi en échange du mariage. Maintenant que tu es mariée, la maison est à moi à nouveau.» De fait, c’était le droit.
Encore si souvent perçu, analysé, vécu ainsi par tant de maris…(Cf. Cinéma)

Famille (Mariage. Responsabilité des femmes mariées) : Cette analyse de Hobbes [1651] vaut pour les femmes (mariées) : « En outre, les actes contraires à la loi, quand ils sont faits sous l’autorité d’un autre, leur auteur est excusé, du fait de cette autorité même, puisque personne ne doit accuser de sa propre action un autre qui n’est que son instrument. » 747

Famille (Mariage. Revendication) : Supprimer le principe du mariage à vie ; remplacer par un contrat précis (dont les clauses doivent être précisément explicitées) à durée déterminée, sans tacite reconduction. Les interdits doivent être rigoureux ; à la première rupture de l’un d’entre eux, le mariage doit être rompu à la première et seule demande d’un des co-contractant-es, à effet immédiat.

Famille (Mariage. Russie. XIXème siècle) : En 1863, dans la Russie d’Alexandre II., le gouverneur de Sibérie, Mouraviev décida de poursuivre l’exploitation et l’occupation de la Sibérie du Nord, notamment le long du fleuve Amour. Ayant pour ce faire, besoin de main d’œuvre (gratuite ou quasi) il affranchit des forçats libérés ( y compris des prisonniers politiques) qui, au terme de leur peine, étaient devenus serfs dans les mines impériales. Puis, il libéra des hommes condamnés aux travaux forcés et les établit comme ‘hommes libres’. Nombre d’entre eux étaient suivis par leurs femmes. « Mais ceux qui n’en avaient pas firent observer à Mouraviev : ‘Est ce que l’agriculture est possible sans les femmes ? ’. Alors Mouraviev ordonna de mettre en liberté toutes les femmes condamnés aux travaux forcés et détenues en prison (une centaine) et leur fit choisir l’homme dont elle voudraient être l’épouse et la compagne. Cependant, il y avait peu de temps à perdre ; les hautes eaux commençaient à baisser ; les radeaux devaient partir, et Mouraviev dit aux hommes et aux femmes de se placer, couple par couple, sur la rive. Il les bénit en disant : «  Je vous marie, mes enfants. Soyez bons les uns pour les autres. Mais ne maltraitez pas vos femmes. Soyez heureux ! ». 748

Mariage (Travail salarié) : Entendu ce jour (10 septembre 2015) la formule, fréquente m’a t-il été dit, dans le milieu des femmes salariées africaines en France : « Le travail, c’est ton premier mari ».
* Ajout. 13 février 2013. Entendu Charles Aznavour, après avoir évoque son épouse, : « Mon métier, c’est ma maîtresse. » 749 

Mariage (Scudéry. Mademoiselle de) : Mademoiselle de Scudéry [1607-1701], dans la bouche de Sapho de son roman Artamène ou le Grand Cyrus, auteure de : « Si je surprenais dans mon cœur un simple désir d’épouser quelqu’un, j’en rougirais comme d’un crime. » 750

III. Divorce :

Famille (Divorce) : Demandé par les femmes le plus souvent. N’est jamais mis à leur actif, les causes étant, en toute logique patriarcale, rarement analysées, plus rarement encore explicitées, jamais ou presque valorisées. Un vaste chantier…par ailleurs, combien de femmes ont-elles dû payer la fin de la dépendance maritale de leur pauvreté, de leur appauvrissement ? Le prix de leur liberté. (Cf. Famille, Mariage)

Famille (Divorce. Bourguiba Habib) : [1903-200] Président de la République Tunisienne, auteur, le 11 août 1986, au téléphone, à Washington où elle se soignait,  à son épouse, Wassila Ben Ammar [souvent présentée comme « le seul homme du gouvernement »] de : « Tu es divorcée ». 751 Une autre source (Tahar Belkhodja) évoque, pour le même jour, la publication d’un communiqué. À mettre sur le compte de la vieillesse ? Non. Elle n’excuse rien.
* Ajout. 24 Septembre. Par comparaison, lire ses propos tenus 21 ans auparavant, le 13 août 1965, journée de la femme Tunisienne, reproduits dans le livre de Fadéla M’Rabet, Les Algériennes : Bourguiba, Un homme de progrès. 752 (Cf. Famille. Code la famille, Mariage)

Famille (Divorce. Clémenceau) : Lu dans le Journal des Goncourt [25 février 1894] : « [Ernest Daudet] nous racontait la manière toute autocratique dont Clémenceau, en ce prétendu pays de légalité, avait pu mener, accélérer, emporter son divorce. Il faisait suivre sans résultat sa femme ; une de ses filles, oui, une de ses filles lui dit : « Tu n’arriveras à rien, c’est son amant qu’il faut faire suivre. » Enfin, sur cette indication filiale, on surprend le couple amoureux. La femme est menée à la préfecture de police où le préfet de police - qui était je crois, Lozé - lui déclare que si elle ne donne pas son consentement à un divorce, il la fait conduire à Saint Lazare. Elle consent nécessairement. On la fait embarquer pour les États Unis (Elle était « d’origine américaine » lit-on en note), en lui concédant d’avoir pour compagnon de voyage son amant, qui se trouvait être un jeune normalien. Et elle arrivait à New-York que déjà nos magistrats avaient prononcé le divorce. » (Cf. Prison (Saint Lazare), Droit patriarcal, Historiographie Patriarcale. France. XXème siècle Winock Michel) 753

Famille (Divorce. Gratuit) : Le mariage est gratuit. Le divorce doit l’être aussi. Sinon, c’est reconnaître que la société a intérêt à maintenir les chaînes conjugales. CQFD.
* Ajout. 22 septembre 2015. Cette revendication : la gratuité du divorce est tout à fait insuffisante. Le mariage doit pouvoir être déclaré dissous, sans délai, par la simple volonté des parties, libres à elles, en cas d’accord, d’en décider des termes et des conditions.
* Ajout. 16 décembre 2015. Entendu une psy : [concernant une femme qui disait vouloir quitter son mari, sans y parvenir] : « C’est un-e avocat-e qu’elle doit aller voir ». Certes, mais pourquoi un-e avocat-e ? Comment peut on expliquer, justifier que l’expression d’une volonté personnelle, celle qui probablement, engage au plus près l’essentiel de sa liberté personnelle, ne puisse se suffire à elle même. * Pour rappel : En 2016, en France, il est toujours impossible à deux personnes, même sans enfants, même d’accord entre elles, de divorcer, sans avocat et donc sans frais. (En application de l’article 751 du Code de procédure civile). Interroge, à, tout le moins, la « Déclaration des droits de l’homme », tout en relativisant, là encore à tout le moins, le supposé progressisme de « mariage pour tous ». (Cf. Famille. Mariage pour tous)

Famille Divorce (Histoire. Loi sur le divorce du 20 septembre 1792) :
Exposé des motifs : L’Assemblée nationale, considérant combien il importe de faire jouir les Français de la faculté du divorce, qui résulte de la liberté individuelle dont un engagement indissoluble serait la perte 754 ; considérant que déjà plusieurs époux n’ont pas attendu, pour jouir des avantages de la disposition constitutionnelle suivant laquelle le mariage n’est qu’un contrat civil, que la loi eût réglé le mode et les effets du divorce, décrète ce qui suit :* Article Ier. Le mariage se dissout par le divorce.* Article 2. Le divorce a lieu par le consentement mutuel des époux* Article 3. L’un des époux peut faire prononcer le divorce, sur la simple allégation d’incompatibilité d’humeur ou de caractère.* Article 4. Chacun des époux peut également faire prononcer le divorce sur des motifs déterminés; 1° sur la démence, la folie ou la fureur de l’un des époux ; 2° sur la condamnation de l’un d’eux à des peines afflictives ou infâmantes; 3° sur les crimes, sévices ou injures graves de l’un envers l’autre; 4° sur le dérèglement de mœurs notoires; 5° sur l’abandon de la femme par le mari ou du mari par la femme, pendant deux ans au moins; 6°sur l’absence de l’un d’eux, sans nouvelles, au moins pendant cinq ans; 7° sur l’émigration dans les cas prévus par la loi, notamment par le décret du 8 avril 1792.* Article 5. Les époux maintenant séparés de corps par jugement exécuté ou en dernier ressort, auront mutuellement la faculté de faire prononcer leur divorce [...]» (Cf. Droit, Histoire. Révolution)

Famille (Divorce. Liberté) : Simone Veil, lors du vote de la loi sur l’IVG avait affirmé que c’était à la femme seule d’être juge de sa décision. Ce qui est affirmé comme un principe en matière de décision d’avoir ou non un enfant, doit aussi l’être en matière de mariage et donc de divorce. Doit l’être concernant les femmes et les hommes. Immense rupture, vaste débat. (Cf. Politique. Liberté, Patriarcat. Hommes)

Famille (Divorce. Licenciements) :1113 licenciements [suite à la décision en 2009 de fermer l’usine Continental de Clairoix pour la transférer en Roumanie], une lutte de plusieurs années, 253 divorces. 755

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (1) : Quand le scandale des pensions alimentaires si souvent absentes, ridiculement faibles, non ou irrégulièrement payées sera t-il enfin dénoncé ? Et des solutions, qui ne soient pas dérisoires, seront-elles proposées pour y mettre effectivement fin ?
- Si toutes les femmes qui ont « cédé » - à l’occasion d’une volonté de séparation - sur la défense de leurs intérêts « pour avoir enfin la paix » ou, plus justement, en croyant qu’ainsi elles l’auraient, se donnaient la main, elles feraient plusieurs fois le tour du monde.
- Qui ne connait autour de soi tant et tant de femmes (gravement) lésées ?

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (2) : Le programme commun du gouvernement du parti communiste et du parti socialiste (1972) posait que : « Les pensions alimentaires seront indexées. Le recouvrement et le versement des pensions alimentaires seront garantis ». 756

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (3) : Dans le livre d’Yvette Roudy, Mais de quoi ont-ils peur ? [1995], on lit : « Bien qu’amélioré, le système des pensions alimentaires permet à certains pères d’organiser leur insolvabilité. » Qu’a fait effectivement - depuis 20 ans - l’État français sur ce détournement majeur - parmi tant d’autres - du principe affiché par les lois sur le recouvrement des pensions élémentaires ? 757

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (4) : En 2014, Najet Vallaud Belkacem qui est et s’affirme « ministre des droits des femmes » appelle les hommes qui ne paient pas leur pension alimentaire, qui se dégagent de leur propre chef de toute responsabilité, sans le moindre souci humain de ce qu’il advient de leur compagne, de leur-s enfant-s, en violation de tout respect d’un contrat, et ce au mépris de la loi et d’une décision de justice : « les débiteurs défaillants ». 758

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (5) : Cf. Circulaire du 7 août 2014 759 […] : « 2. Le paiement de la pension alimentaire par virement bancaire. L’article 28 de la loi modifie les dispositions du code civil relatives à la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant en cas de séparation des parents en complétant le deuxième alinéa de l’article 373-2-2 du code civil afin de préciser que la convention homologuée visée à l’article 373-2-7 du code civil, ou à défaut le juge, peut prévoir que le versement de la pension alimentaire peut se faire par virement bancaire. Cette précision apportée par la loi ne change toutefois pas l’état du droit, puisqu’une telle possibilité pouvait déjà être prévue par les parties ou le juge. Toutefois le Parlement a souhaité qu’une disposition expresse figure à cet égard dans le code civil souhaitant ainsi mettre en valeur les outils juridiques pouvant permettre, notamment en cas de violences conjugales, d’éviter les contacts entre conjoints autant que possible. »

Famille (Divorce. Pensions alimentaires) (6) : Dans un article du Monde intitulé : Les femmes d’avantage pénalisées financièrement lors des séparations, on lit : « Leurs conditions de vie sont in fine « moins favorables » avec un revenu moyen des familles monoparentales établi à 1 240 euros par mois, quand celui des couples avec enfant(s) atteint 1 880 euros en moyenne. Et ce, malgré l’effet des transferts sociaux fiscaux et du versement d’une pension alimentaire. » 760 Des pensions alimentaires, il n’est pas plus question. Vous ne voulez pas traiter d’une question gênante, vous l’évacuez de la discussion. Aussi simple que cela…

Famille (Divorce. Véronique Sanson) : Invitée sur un plateau de télévision, la chanteuse Véronique Sanson, en réponse à une question de l’animateur, déclare qu’elle avait pensé à faire tuer son ex mari (américain) par un tueur à gages. Et le public de s’ébaudir, de s’exclamer, de s’esclaffer, de rire. Mais ce qu’elle révélait était tragique, à savoir qu’aucune autre solution ne s’offrait à elle, ne lui apparaissait, n’était possible, pensable, imaginable, crédible. Quant à évoquer d’éventuelles, de probables violences, menaces, chantages de son mari, sans même évoquer la question de la loi américaine pour une étrangère, ayant en sus un enfant, il n’en fut pas question. Fut alors évoqué, sans plus de précision, un divorce « incroyable », « tumultueux », « digne d’un polar » [dont elle parle sans doute dans le livre : Les années américaines, que je n’ai pas lu]. 761

Famille (Divorce. Et violences masculines) : Stuart Mill [1867], auteur de : « Tant qu’une condamnation pour voies de fait, ou si l’on veut, pour une récidive, ne donnera pas à la femme, ipso facto, droit au divorce, ou au moins à la séparation judiciaire, les efforts pour réprimer les « sévices graves » par des pénalités resteront sans effet, faute d’un plaignant ou faute d’un témoin ». 762
- Cette proposition de Stuart Mill doit être modernisée : Le divorce doit être, sans frais, immédiatement, prononcé à la seule demande de la femme violentée, sans [et en tous cas, avant] passage par la case : Justice. Pour les femmes violentées, seulement ? Non.

IV. Polygamie :

Famille (Polygamie) : À entendre le nombre de reportages où l’on donne la parole à des hommes (le plus souvent en Afrique..) la légitimant, et/ou l’absence de réaction politique, voire sa justification, lorsqu’il est fait référence à un homme polygame, rien n’exclue que celle-ci ne puisse un jour être réhabilitée. Le proxénétisme l’a bien été, sans excès de difficultés. Formulations quotidiennes, légitimant sans commentaires, la polygamie : « un Guinéen et ses deux épouses », « le père et ses deux épouses »…763  (Cf. Mariage)

Famille (Polygamie. Arabie Saoudite) : Après la mort du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, Le Monde présente, sans commentaire, un organigramme des hommes de la famille d’Ibn Saoud, fondateur du royaume d’Arabie Saoudite. On y lit : « Saoud, fils de la 1ère épouse. Roi de 1953 à 1964 [1902-1969] ; Faycal, fils de la 3 ème épouse. Roi de 1964 à 1975 [1904-1975] ; Khaled, fils de la 2 ème épouse (Roi de 1975 à 1982 [1912-1982] ; Fahd, fils de la 6 ème épouse. Roi de 1982 à 2005 [1921-2005) ; Abdallah, fils de la 8 ème épouse. Roi de 2005 à 2015 [1924-2015] ; Roi Salman, fils de la 6 ème épouse (Né en 1935) (4 fils nommés : Abdel Azziz, Sultan, Fayçal, Mohammed) ; Prince Muqrin, fils de la 18 ème épouse (Né en 1945) ; Prince Sultan (Fils de la 6ème épouse) [1924-2011] ; Prince Nayef, (fils de la 6 ème épouse) [1934-2012] » 764  Sans commentaire ? Pas tout à fait. On lit les intertitres suivants : « Devenu ministre de la défense et héritier en second, puis dauphin, il accède logiquement au pouvoir », ainsi que : « La perspective longtemps  repoussée du saut générationnel se profile désormais maintenant ». (Cf. Femmes Politiques. France. Lagarde (Christine)(2), Polygamie (Monarchie Marocaine))

Famille (Polygamie. Ben Laden) : Que Ben Laden soit polygame a t-il été intégré dans les analyses politiques le concernant ? Je n’en ai pas lu. Comme s’il s’agissait d’une réalité gênante à dénoncer. Pourquoi ? Pour qui ? Ne serait-ce que, tout simplement - sauf à amalgamer la polygamie au seul Islam - il serait alors nécessaire de penser concomitamment la vie-dite-privée et l’analyse politique. Et de dévoiler dès lors le patriarcat et donc – gênant… - ce qui, au delà des oppositions politiques, lie les hommes entre eux.

Famille (Polygamie. Diderot) : Auteur de : « Il n’est pas dans la nature qu’un homme n’épousera qu’une femme. » 765 Un autre regard sur Diderot.

Famille (Polygamie. Elle: [2014] On lit dans Elle, un « reportage » intitulé : « Un  mari pour deux ». Suivi de : «  Pour les féministes sénégalaises, c’est un vrai recul. Mais pour certaines femmes, devenir la seconde épouse est un choix qui préserve leur liberté. Explication. […] » 766  (Cf. Elle, Liberté, Mariage, Patriarcat)

Famille (Polygamie. Fassin Éric) : Sociologue, auteur de : « L’ouverture du mariage nous invite à réfléchir sur ce qui le constitue : dans quelle mesure doit-il aujourd’hui être défini par la sexualité, à la fois obligatoire et exclusive, ou encore par la cohabitation, ou sinon par quel autre critère ? Les attaques homophobes contre la polygamie ne doivent pas davantage occulter une interrogation sur le polyamour : la conjugalité renvoie-t-elle nécessairement au couple ? […]» 767 De toute cette confusion, ce que j’en ai compris, c’est que la polygamie était, à tout le moins, une option. Démenti, justifié, bienvenu…(Cf. Langage (Genre.)

Famille (Polygamie. Femme) : On veut nous faire croire que dans certaines régions du continent Indien, les femmes seraient polygames. Non : les hommes étant trop pauvres pour épouser une seule femme, doivent la partager. (Cf. Femmes)

Famille (Polygamie. Lévi-Strauss Claude) : À la question : « [...] Le féminisme, non plus, ne vous aime pas beaucoup. D'abord par ce que vous avez écrit, dans Les Structures, que la polygamie était naturelle à l'homme. Cela vous a abondamment été reproché. », il répondit : « C'est possible, bien que cela me semble assez évident768 (Cf. Hommes (Intellectuels. France), Sciences humaines (Anthropologie)

Famille (Polygamie. Onfray Michel) : [Concernant Otto Gross] Auteur de : « Polygame, ça, c’est sympathique ! » (Cf. Hommes. Intellectuels. France. XXIème siècle. Onfray Michel) 769  

Famille (Polygamie. Monarchie Marocaine) : C’est en lisant le livre de Malika Oufkir (et Michèle Fitoussi), La prisonnière, 770 qui, avant d’être emprisonnée avec sa mère, ses frères, ses sœurs, Myriam, Maria, Soukhaïna pendant vingt ans par Hassan II, avait longuement vécu dans les palais de la monarchie Marocaine. Et c’est en la lisant, que j’ai compris que le terme de polygamie était insuffisant, plus encore, inapproprié, pour rendre compte des structures patriarcales, ici en sus féodales. En effet, Mohammed V [1909-1961] était non seulement polygame, mais possédaient de nombreuses concubines [« une quarantaine »] - qui, elles mêmes « adoptaient » des orphelines qu’elles « formaient ». Ces jeunes filles, en sus des « esclaves », « cloitrées », devenues des « femmes sans identité », étaient enlevées à leur famille et / ou « choisies » par le palais « parmi les meilleurs élèves » et / ou « pour leur beauté » ; elles étaient toutes, « soumises au pouvoir d’un monarque absolu de droit divin », toutes « assujetties au pouvoir d’un même homme ». Certaines étaient « mariées par trois ou quatre au roi », sans avoir en principe le droit de procréer. Toutes pouvaient être bien sûr répudiées, bannies, « disparues », frappées, violentées, notamment « à coups de nerfs de bœuf » délivrés par le roi lui-même. Il en fut de même concernant Hassan II, et sans aucun doute du roi actuel. Bref, que pèse le terme de « polygamie » limité au seul nombre d’épouses dites légitimes ? (À prolonger)  

Famille (Polygamie. Schweitzer Albert) : [1875-1965. Prix Nobel de la paix en 1952] Le colonialisme d’Albert Schweitzer a souvent été dénoncé. Voici ce qu’il pensait de la polygamie, « une grave question sociale » : « Les missionnaires luttent pas tous les moyens contre la polygamie et demandent en maints endroits au Gouvernement de l’interdire par une loi. D’autre part, nous tous qui sommes ici devons avouer qu’elle est liée très intimement aux conditions économiques et sociales du pays. Là où la population vit dans ces cases en bambou et où la société n’est pas organisée de manière à permettre aux femmes de gagner leur vie par un travail indépendant, il n’y a pas de place pour la femme célibataire. Or, la polygamie est la condition première du mariage de toutes les femmes. De plus, il n’y a dans la forêt vierge ni vaches, ni chèvres laitières. La mère est donc obligée de nourrir son enfant pendant longtemps au sein, pour qu’il ne périsse pas. La polygamie respecte le droit de l’enfant. Après l’avoir mis au monde, la femme a le droit et le devoir de ne vivre que pour son enfant pendant trois ans. Elle n’est plus épouse avant tout, mais mère. Elle passe même souvent la majeure partie de son temps chez ses parents. Au bout de trois ans, on célèbre la fête du sevrage, et la femme rentre alors comme épouse dans la case de son mari, mais on ne peut concevoir cette période consacrée à l’enfant que si l’homme a pendant ce temps une ou plusieurs femmes pour s’occuper du ménage et des plantations. Encore un point. Chez ces peuples primitifs, on ne rencontre jamais une veuve ou un orphelin délaissé. Le plus proche parent hérite du défunt et doit l’entretenir, ainsi que ses enfants. Elle devient de droit sa femme, mais peut ensuite, avec son consentement, épouser un autre homme. Ebranler les fondements de la polygamie chez les peuples primitifs équivaudrait à faire chanceler tout leur édifice social. Avons nous le droit de le faire, sans être en mesure d’établir en même temps un nouvel ordre social adapté aux circonstances ? La polygamie ne continuerait-elle pas d’exister en fait avec cette seule différence que les femmes de seconde main, jusqu’alors légitimes, seraient considérées comme illégitimes ? Cette question préoccupe fort les missionnaires. Plus les conditions économiques s’amélioreront, plus la lutte contre la polygamie sera aisée. […] La Mission doit assurément faire de la polygamie un idéal et une exigence du christianisme. Mais l’État commettrait une erreur en prétendant l’imposer par voie légale. Pour autant que je puisse en juger, jusqu’à maintenant, ce serait également une erreur d’identifier la lutte contre l’immoralité avec la lutte contre la polygamie. Les femmes d’un même mari vivent généralement en bonne harmonie. La femme noire n’aime pas être le seule épouse, car elle doit alors pourvoir seule à l’entretien de la plantation qui est du ressort de la femme. L’entretien de la plantation est très pénible, parce qu’elle se trouve à l’ordinaire loin du village, dans un endroit écarté. […] Par mes conversations avec les blancs les plus compétents et les plus expérimentés de cette région, j’en suis venu à la conviction que nous ne devons améliorer les lois et les mœurs existantes, et n’y rien changer sans nécessité» 771 (Cf. « Sciences » sociales (Anthropologie, Sociologie), Patriarcat, Proxénétisme (pour les ‘arguments’ invoqués pour justifier l’injustifiable))  

Famille (Polygamie. Touraine Alain) : Auteur de : « Je persiste à ne pas voir au nom de quel principe la polygamie doit être interdite, même si je reconnais qu'elle rend plus difficile l'intégration des femmes africaines et renforce ainsi l'exclusion qui les menace en leur facilitant l'enfermement dans la vie domestique et l'analphabétisme. » 772 Je laisse aux Africain-es le soin de critiquer ce qui les concerne. Avec tant de violences et de mépris.

X. Féminisme-s, Féministe-s, Antiféminisme-s

I. Féminisme : Féminisme (1,2) ; Acquis ; Actuel ; Almanach ‘Femmes et Russie’ ;Ambition ;Anarchisme ;Avancées ; Avant-garde ; Censure (1,2) ; « Combien de divisions ? » ; Concepts ; Critique des hommes ; Début de définition ; Défaite ; d’État (1,2,3,4 ; Édition/Réédition des écrits ; Facile ; Faiblesses ; Finalité ; Fondement ; Français ; Haine ; Histoire ; Huit mars ; Humanisme ; Humour (1,2,3) ; Institutionnalisation ; International (1,2) ; Justification ; Marxisme (1) ; Mouvement (1,2) ; Overdose ; Pensée (1,2,3,4,5,6,7,8,9,10) ; Pensée (Fange) ; Penser le (1,2,3,4,5,6,7) ; Politique (1,2,3) ; Post-moderne ; Prise de conscience (1,2) ; (Et) Proxénétisme ; Radical (1,2) ; Réformiste ; Silence ; Socialisme ; Stéréotype ; Tabous ; Victimaire (74); II. Féministe : Féministe (1,2) ; Analyse ; Devenir ; Dworkin (Andrea) ; Être ; Guillemets ; Groult (Benoîte) ; Hommage ; Iconoclaste ; Mais ; Participation à la construction d’une pensée, d’une politique, d’une société (féministe) ; Pelletier (Madeleine) ; Nécessité, signification d’une pensée politique (féministe) ; Radicale (1,2,3,4) ; « Reconnue » ; Relève ; Revendication (1,2) ; Solanas (Valérie) ; Solidarité ; Théorie (21) ; III. Féministes : Féministes ; Associations (1,2) ; Ayant quitté les associations (féministes) ; Bostoniennes ; Critique des hommes ; « Intellectuelles » ; « Intellectuelles-de-gauche » ; Maitron (Le) ; Occidentales ; Prison ; Projets politiques ; Raison (Avoir)  ; Reconnues ; Sciences-po ; Unies ;  (17) ; IV. Antiféminisme :Antiféminisme (1,2,3,4,5) ; Arendt (Hannah) ; Aristote ; Bigard (Jean-Marie) ; Charge de la preuve ; Critique de l’) ; Dénonciation (1,2,3) ; Engels (Friedrich) ; Ferré (Léo) ; Kollontaï (Alexandra) ; Lesbophobie ; Nietzsche ; Nougaro (Claude) ; Patriarcat ; Souchon (Alain) (19) 28 février 2016 : 136 items

I. Féminisme :

Féminisme (1) : Lui appliquer l’analyse de :
* Tocqueville [concernant la démocratie] 773  : « Ce qui jette le plus de confusion dans l’esprit, c’est l’emploi qu’on fait de ces mots : démocratie, institutions démocratiques, gouvernement démocratique. Tant qu’on n’arrivera pas à les définir clairement et à s’entendre sur leur définition, on vivra dans une confusion d’idées inextricables. »
* Saint Just : « Précisez tellement tous les principes, toutes les idées, qu’on ne les travestisse plus [...]. » 774 (Cf. Politique. Démocratie), Penser. Méthode), Patriarcat (Méthode d’analyse)

Féminisme (2) : Le féminisme n’appartient pas aux féministes. Évident certes, mais peut permettre de salutaires modesties et de nécessaires rigorismes.

Féminisme (Acquis) : Deux féministes de plus de 60 ans, interviewées par deux féministes de 25 ans, leur demandent quelles sont leurs propres aspirations. L’une d’elles répond : « Conserver les acquis ». Étonnement des plus âgées, un bref instant rajeunies, mais vraiment inquiètes.

Féminisme (Actuel) : Sa force, réelle - dans l’extrême diversité de ses modalités d’expression, et sans doute, plus encore, du fait des silences étouffés de toutes les femmes - est très massivement sous-estimée. Il n’en est que plus craint.

Féminisme (Almanach ‘Femmes et Russie’) : [1979] Publication féministe, « la première en 62 ans de pouvoir soviétique ». Détruite, tandis que nombre de ses courageuses rédactrices furent réprimées, par le KGB. Heureusement, des archives nous en ont été transmises par les Éditions des femmes. 775 (Cf. Femmes (communisme), Fouque (Antoinette))

Féminisme (Ambition) :Le constat d’une responsable d’une association de « femmes handicapées » se félicitant ainsi : « On a un tout petit alinéa dans la loi, mais on y est » est révélatrice d’une faiblesse d’ambition politique, si souvent liée à une dépendance politique à l’égard de l’État. 776

Féminisme (Anarchisme) : Marguerite F., concernant les anarchistes à Lyon dans l’entre deux guerres, auteure de :
* « J’ai souvent dit à mon mari : les anarchistes sont contre l’autorité des autres pour imposer la leur dans leur foyer. »
* « Il y avait quelques femmes comme Madeleine Vernet, tout le monde la respectait. Mais il fallait vraiment être le dessus du panier pour qu’on en tienne compte, comme Rirette Maîtrejean [1887-1968] 777. Mais les compagnes normales elles étaient pas tellement respectées ».
* « Dans les réunions, point d’opposition explicitée à la parole des femmes mais c’est plutôt dans les foyers : la femme faisait ce qu’elle a toujours fait, ménage, la cuisine, élever les enfants sans beaucoup d’aide du côté du mari ».
* « Il est possible que mon mari me considérait comme son égale, n’empêche qu’entre nous, il voulait toujours avoir raison. […]  » 778 (Cf. « Sciences » sociales. Histoire)

Féminisme (Avancées) : Nous n’avons pas aune globale valide - la question des critères n’étant, en règle générale, même pas posée - permettant d’appréhender, d’évaluer, et donc de juger les avancées, indissociables des régressions, des pensées comme des actions féministes. Ou, plus justement, nous n’avons aucun élément permettant d’appréhender la valeur relative de chaque « aune ». L’éternel argument des passéistes afin d’évacuer toute prolongation d’une réflexion féministe : « Mais la société a avancé depuis, n’est-ce pas ? » n’a donc aucune validité [théorique].

Féminisme (Avant-garde) :Les féministes doivent rompre avec toute idée d’avant-garde, tout à la fois absurde, totalitaire, fausse et méprisante ; ce n’est qu’à cette condition que le fossé existant entre elles et « les femmes » pourra se combler.

Féminisme (Censure) (1) : La censure, l’étouffement, la déformation auxquels la pensée féministe est confrontée révèlent aussi l’impossibilité morale, historique, théorique, politique de contester le principe même du féminisme. Analyser cette impossibilité et en tirer les conséquences : les silences, généralement présentés et vécus comme relevant du seul mépris, sont aussi, si souvent, impuissance à la critique. (Cf. Antiféminisme, Mépris, Silence)

Féminisme (Censure) (2) : France Culture consacra du 17 au 21 août 2015 une série d’émissions (cinq de deux heures chacune) à Simone de Beauvoir. 779 Lorsqu’on en fut venu aux critiques que Nelson Algren fit de Simone de Beauvoir, lorsque dans Les Mandarins, puis dans La force des choses, elle évoqua leurs relations, ne nous furent retransmises que les critiques des féministes invitées (souvent hagiographes) qui le critiquait : « Il a écrit des choses horribles sur elle et sur leur liaison» ; il a réagi « bizarrement » ; il fut « hargneux, hostile » ; il a parlé d’elle d’une manière « très violente », puis fut évoquée « son horrible critique des Mandarins » ai-je pu entendre. Mais ce que furent ses critiques ne fut pas cité (à l’exception d’une citation peu brillante de lui : « Ce n’était pas la critique d’un bon coup (« fuck ») mais d’un mauvais bouquin. ») Les critiques de Nelson Algren méritaient pourtant que l’on y réfléchisse ; mais pour cela, encore eut-il été nécessaire de les connaître. Et, en dix heures d’émissions, on avait le temps…

Féminisme (« Combien de divisions ? ») : Les féministes entre elles ne sont pas exemptes de cette pensée qui, en elle-même, réduisant toute pensée à la force, en nie même l’hypothèse. Dès lors, en toute logique  concernant l’une ou l’autre d’entre elles : elle ne peut avoir raison contre toutes, donc elle a tort. L’individualisation, la personnalisation des critiques pour refouler les questions posées…(Cf. Penser)  

Féminisme (Concept) : L’abstraction, frôlant la casuistique, de tant de débats actuels : autant de d’écrans empêchant de voir, de lire, de comprendre et donc d’analyser et de critiquer le réel patriarcal. Tautologie ? (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Critique des hommes) : Une avancée majeure de la pensée féministe serait sans doute de spécifier en matière de critique « des hommes » ce qui relève de l’homme citoyen, ou non, de l’époux, du mari, du passant, du politique, du patron, du collègue, du voisin…En faisant bien attention de ne pas, dès lors, procéder à une atomisation de la pensée, mais afin de créer les conditions qui permettent de distinguer les divers systèmes de domination qu’ils expriment, qu’ils incarnent. Ou non.

Féminisme (Début de définition) : Le féminisme (dans toutes ses composantes), critique, dévoile, dénonce, « théorise » (?) les logiques, présentes dans toutes les sociétés, mises en œuvre par le patriarcat, la domination masculine n’étant que l’une de ses manifestations.
- Définition élémentaire, sommaire : cet abécédaire ayant notamment pour finalité d’avancer dans cette réflexion… (Cf. Hommes « intellectuels ». Bourdieu (Pierre), Domination masculine, Femme (Collin Françoise),Patriarcat)

Féminisme (Défaite) : Il n’y a de défaite que dans l’illusion d’une victoire.

Féminisme (D’État) (1) : Une contradiction dans les termes, sauf à considérer comme équivalentes les pressions politiques exercées sur l’État [patriarcal] avec la subversion de ses fondements et de ses (non) valeurs. Contester l’un ou l’autre des effets de la domination patriarcale sans en remettre en cause le principe, c’est éternellement recréer les conditions de sa perpétuation.
La référence à « l’égalité » en est actuellement l’une de ses principales manifestations.
- Le danger pour une association, dès qu’elle est reconnue par l’État, ce qui n’est pas synonyme d’être subventionnée par lui, à fortiori lorsqu’elle est son « interlocuteur privilégié », d’être sa caution, sa légitimation, au risque de n’être plus crédible, est quasi inéluctable.

Féminisme (D’État) (2) : Le féminisme d’État : c’est intégrer des femmes, choisies pour leur fonctionnalité, considérées comme une « [forte] valeur ajoutée » à l’appareil d’État, au sens le plus large du terme, et donc au patriarcat.

Féminisme (D’État) (3) : Toute demande faite à l’État d’intervenir, de légiférer cautionne sa légitimité à le faire et lui en reconnaît donc le droit. Elle cautionne donc l’État, tel qu’en l’état, mais aussi l’impuissance, l’inaptitude de celles (et ceux) qui se situent dans sa dépendance. Et la légitiment.

Féminisme (D’État) (4) : Guy Hocquenghem [1946-1988], dans son livre, Lettre à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary - une critique de nombre de soixante-huitards - juge en ces termes : « […] dans [la revendication]: le socialisme au pouvoir, c’était le pouvoir qui vous attirait […] ». 780 Les féministes, et/ou, plus souvent, celles et ceux qui s’en prévalent, doivent se poser la question en ces termes. Et, après y avoir répondu, la complexifier. (Cf. Association, Cause, Égalité, État [Et Démocratie], Conséquence, Patriarcat, Social-démocratie)

Féminisme (Édition/Réédition) : La thèse de Laurence Klejman et de Florence Rochefort : L’égalité en marche. Histoire du mouvement féministe en France (1868-1914), 1987, (3 tomes), publiée en 1989 par la Fondation Nationale des Sciences politiques amputée de toutes les citations et de son iconographie doit être réédité in extenso. Doivent aussi être rééditées les œuvres (quasi ?) complètes de Maria Deraismes, celles de Madeleine Pelletier, Marguerite Durand, Séverine, Léon Richer, Joséphine Butler, Emma Goldman, Louise Michel, Mary Wollstonecraft, André Léo, Harriet Taylor, Bettina von Arnim, Bertha von Suttner, Stuart Mill (Autobiographie), Malwida von Meysenburg, etc…. (Cf. Femmes (Dénis de l’histoire des femmes et du féminisme))

Féminisme (Facile) : Dominique Noguez, auteur de : Montaigne au bordel et autres surprises [2011] à Christine Goémé, productrice de France Culture : « Vous n’allez pas faire du féminisme facile ! » 781

Féminisme (Faiblesses) : Le féminisme souffre, selon moi, de :
- ne pas se rendre compte suffisamment de la valeur et de l’importance de ses apports. Et d’en tirer les conséquences.
- refuser de voir la gravité de la banalité de l’occultation, du mépris et la haine des femmes. Et d’en tirer les conséquences.
- n’avoir pas rompu avec le postulat (non-dit et si prégnant) selon lequel la critique entre féministes est un affaiblissement du féminisme. Et d’en tirer les conséquences.
- ne pas savoir politiquement utiliser l’immense peur qu’il provoque. Et d’en tirer les conséquences.

Féminisme (Finalité) : Il n’y a pas de finalité du…, ni de finalité au…; il y a des inversions du regard, des ruptures, des utopies, des espérances, des luttes, des dépassements, des contradictions, des dé-constructions inséparables des re-constructions (Cf. Politique (Projet)

Féminisme (Fondement) : C’est la conscience qu’offenser, violenter une femme, c’est offenser, violenter toutes les femmes ; qu’offenser, violenter « les femmes », c’est offenser, violenter chacune d’entre elles.
- Pour paraphraser Rousseau dans Le Contrat Social : « Il y a oppression contre [les femmes], lorsqu’un[e seule d’entre elles] est opprimée. Il y a oppression contre chacune d’entre elles, lorsque [les femmes] sont opprimé[es]. » (Cf. Patriarcat)

Féminisme (dit - Français) : Plus connu sous le nom de French Feminism  par les Universités Américaines, puis transféré en France : une escroquerie intellectuelle et donc politique.

Féminisme (Haine) : Les Femen, auteures de[2015] : « Notre féminisme, une haine assumée et revendiquée envers un système au service des intérêts masculins, non pas une haine envers les hommes eux mêmes […] ». 782 En se fondant sur la haine, rien de bon peut - non, ne doit - être attendu…(Cf., Êtres humain-es. Haine)

Féminisme (Histoire du) : [1996] Lu sur l’ancien site des Chiennes de garde (de son origine) : « Je fais partie des "nouvelles" femmes du féminisme et, à mon grand regret, j'ai grandi très loin du féminisme (éducation fortement marquée par la religion). Pour moi la transmission est donc importante et elle passe, aussi, par l'aveu des tiraillements au sein du groupe. C'est au moins aussi important que la continuation, aujourd'hui, du combat. Les subtilités des positions de chacune me racontent l'histoire que je n'ai pas vécue. Chaque détail de cette histoire, chaque hésitation, chaque heurt est précieux. La transmission est un patchwork mouvant, kaléidoscopique, où chacune d'entre nous trouve ses marques, ajuste son positionnement. Comment se construire sans ça ? Pourquoi vouloir cacher une partie, même peu glorieuse, de cette histoire ? Le silence a été longtemps dévolu aux femmes, il est temps de l'ouvrir ! Et puis que signifie de vouloir donner une image lisse du mouvement pour ne pas effrayer "les femmes qui pourraient rejoindre le féminisme" ? Je trouve quelque peu suspecte cette volonté de lifting. Il serait peut-être temps de faire confiance à celles qui arrivent, à leur intelligence, et de les accompagner sur ce terrain, au lieu de tenter de les préserver en leur cachant une part de la réalité. […] Continuons à débattre tant que nous en avons les moyens. Et à bas le silence ! Salutations féministes. » 783 Plus que pertinent : juste, essentiel. (Cf. Féministes (Ayant quitté les associations féministes, « Sciences » sociales. Histoire))

Féminisme (Huit mars) : Échangerais abandon du 8 mars - humiliation publique universelle pour toutes les femmes - contre reconnaissance politique du patriarcat comme donne politique universelle.

Féminisme (Humanisme) : Pour plagier [et détourner l’assertion de] Terence, Montaigne, et même de Marx : « Je suis féministe, rien de ce qui est humain-e ne m’est étranger. » Mais, pour le féminisme, faire référence à « l’humain-e », fut-il féminisé, exige une critique des fondements, des racines ayant permis pendant des siècles de légitimer les fondements « humanistes » du patriarcat. Et donc de dévoiler les fondements du concept même de « l’humain », de l’être humain, de l’humanité, de l’humanisme. Il faut comprendre des modalités d’expressions présentées comme « humaines » du patriarcat, faute de quoi, sans cesse, il renaîtra. (Cf. Hommes (Humanistes)

Féminisme (Humour) (1) : [Anonyme] Concernant les rapports hommes/ femmes :
- Sa version à elle : Il était tout bizarre quand je suis arrivée au bar. J'ai d'abord pensé que c'était parce que j'étais légèrement en retard mais il n'a fait aucune remarque à ce sujet. La conversation était difficile et j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'aller dans un endroit plus intime où l'on pourrait discuter plus tranquillement. Nous sommes donc allés au restaurant mais ça n'a pas changé grand chose. J'ai essayé de le dérider mais rien n'y faisait et je me suis demandée si ce n'était pas de ma faute. Je lui ai demandé, il m'a répondu que non, mais franchement, je n'étais pas convaincue. Quoi qu'il en soit, au retour, je lui ai dit que je l'aimais et pour toute réponse, il a mis son bras autour de mes épaules. Comment interpréter cela ? J'étais tellement inquiète quand on est arrivé chez lui que j'ai voulu lui demander s'il voulait rompre mais il s'est affalé devant la télé. En désespoir de cause, je suis allée me coucher. Il est venu me rejoindre 10 minutes plus tard, on a fait l'amour mais il avait toujours l'air distrait. J'avais presque envie de partir mais je me suis finalement endormie, les larmes aux yeux. Je ne sais vraiment pas ce qu'il a dans la tête... si ça se trouve, il a même rencontré quelqu'un d'autre...
- Sa version à lui : L'OM s'est pris une branlée face à Lyon au Stade Gerland, 4-0, une humiliation à l'extérieur. Bref une journée merdique. Seul point positif, j'ai baisé.
* Une vraie analyse politique.

Féministe (Humour) (2) : [1976. Québec] « Maman a réfléchit pas, a trop d’affaires à penser ». 784 Et aussi : « Môman travaille pas, a trop d’ouvrage ! » pièce de théâtre écrite et jouée par le théâtre des cuisines, premier livre des Éditions du Remue-ménage.  785
* Idem

Féministe (Humour) (3) : L’humour féministe ne serait-il être que le dévoilement du réel ? Et l’humour noir que sa réalisation ?

Féministe (Humour. Roumanoff Anne) : En réponse à la question de savoir ce « qui l’énerve depuis cinq ans », Anne Roumanoff répond : « Dans le JDD, c’est vous qui écrivez vos chroniques toute seule ? »  Elle poursuit et explique sa réaction : « ‘Ah bon ? Vraiment toute seule ? » Je serre les dents et je réponds en souriant : ‘Oui bien sûr, Pourquoi vous me demandez ça ?’ Prendre sur soi, avaler des couleuvres. Parfois, à force, on a l’impression d’avoir un vivarium dans l’estomac. » 786

Féminisme (Institutionnalisation) : Le dévoiler, s’en prémunir, partout, y compris - surtout ? - dans les associations, les rencontres, les colloques féministes, pour autant qu’il en reste, absorbé-es, rapté-es, passé-es à la trappe, comme ils/elles l’ont été, notamment par l’institutionnalisation du «genre ».
- «Accueillons, encourageons toutes les protestations, flétrissons toutes les exclusions, tous les mysticismes ; ne regardons jamais une question comme épuisée » disait Proudhon à Marx. 787 (Cf. Langage. Genre)

Féminisme (International) (1) : Souvenir d’un début de discussion avec une féministe américaine (mais aurait pu être dit par d’autres…) : alors que, dans une instance internationale, je lui faisais part de mon analyse, sa réaction lapidaire, définitive, qui tint lieu de réponse et clôt le débat, fut la suivante : « You are not in (on ?) the mainstream ». Il est des phrases qui vous font plus réfléchir que des années passées en bibliothèque…

Féminisme (International) (2) : Il n’est pas plus possible de penser la nécessaire internationalisation d’une pensée, d’une politique féministe qui fasse abstraction des enjeux internationaux tels qu’actuellement posés par le patriarcat, qu’il n’était possible à la Russie révolutionnaire - et, avant elle, au socialisme - de penser la construction du socialisme ‘dans un seul pays’. (Cf. Droit. CEDAW)

Féminisme (Justification) : Que le féminisme et les féministes cessent de se justifier : « Les féministes ne sont pas des hystériques » ; « Le féminisme n’a jamais eu d’ambition castratrice » ; « Mais de quoi ont-ils peur ? » ; « Le féminisme n’est pas un gros mot » ; « Le féminisme n’a jamais tué personne », «  [Il faut renouveler la classe politique], les femmes sont aussi légitimes que les hommes », « Être féministe, ce n’est pas dire : ‘attention, on arrive avec nos gros sabots’ » (etc., etc.)
* Ajout. 4 novembre 2014. Emma Watson (actrice, mannequin, « ambassadrice de l’ONU ») a, pour sa part, pu déclarer : « Le féminisme n’est pas une dictature. […] » 788

Féminisme (Incompatible avec le Marxisme) : Analyse de Marx [1868] : « La première condition de l’existence humaine, donc de toute histoire, c’est que les hommes doivent être en mesure de vivre pour être capables de ‘faire l’histoire’. Or, pour vivre, il faut avant tout manger et boire, se vêtir et maintes choses encore. Le premier acte historique, c’est donc la création des moyens pour satisfaire ces besoins, la production de la vie matérielle elle-même. En vérité, c’est là un acte historique, un condition fondamentale de toute histoire que l’on doit, aujourd’hui tout comme il y a des milliers d’années, remplir jour par jour, heure par heure, rien que pour maintenir les hommes en vie. […] La deuxième condition préalable, c’est qu’une fois satisfait le premier besoin lui-même, le geste de le satisfaire et l’instrument créé à cette fin conduisent à de nouveaux besoins - et c’est cette production de nouveaux besoins qui constituent le premier acte historique. […] La troisième relation qui intervient ici dès l’origine dans le développement historique est que les hommes, tout en renouvelant quotidiennement leur propre vie, commencent à créer d’autres hommes, à se reproduire, - c’est la relation ente l’homme et la femme, entre parents et enfants, c’est la famille. » 789
- On peut aisément contester cette hiérarchisation historique, faisant de « la production », « pour satisfaire les besoins », assimilés « à la vie matérielle » la source première de l’histoire. Que Marx en savait-il ? Par ailleurs, cette vision, strictement, étroitement, matérialiste apparaît - avec du recul certes - plus comme un postulat qui lui était nécessaire que comme une démonstration historique. En tout état de cause, poser que « la reproduction », dans la quelle il intègre sans plus de précautions, en réalité, sans aucune rigueur, « la relation entre l’homme et el femme, entre parents et enfants » non seulement légitime « la famille », mais la pose, dérivée de la production, comme historiquement seconde, secondaire donc. Là, réside sans doute la principale opposition entre marxisme et féminisme.
- En sus, outre, de facto, la légitimation des femmes, puisqu’elles sont seules, là, nommément citées, aux seules fonctions reproductives, les excluant dès lors d’emblée de l’« histoire », cette ‘analyse’ est absurde : comment « l’existence humaine », « la vie » - [assimilée aux « besoins », et donc à une vision exclusivement « matérielle » du monde] pourrait-elle considérée comme étant antérieure à la question de « la reproduction » ? (Cf. Patriarcat, Proxénétisme (Marxisme)

Féminisme (« Mouvement ») (1) : Christine Delphy, auteure [en 1984, texte réédité en 2002, en introduction d’un article intitulé : Les femmes et l’État] de : « Les femmes et l’État : sujet large, qu’il convient dès l’abord de réduire. Je réduirai donc l’un des termes, les femmes, sans autre forme de procès, au mouvement féministe. » 790 Sans doute, sinon un procès, du moins un argumentaire, eut été souhaitable. Mais encore eut il fallu qu’il soit plaidable…

Féminisme (« Mouvement » ) (2) : Dès lors que l’on réfléchit en seule fonction du supposé ‘mouvement’ féministe’ d’autant moins défini qu’il ne peut être définissable -[et/ou des associations dites féministes], on s’interdit toute pensée critique. Question valable pour tout système de pensée en monde clos. Mais pour participer à la construction de pensées critiques, ne faut-il pas d’abord connaître de l’intérieur ce dont on parle ? ; en d’autres termes, ne faut-il pas avoir vécu, peu ou prou, dans son sein, pour justifier une critique ? Si, bien sûr.

Féminisme (Overdose) : Plus les féministes - du moins celles qui sont gênantes et méritent ce qualificatif - sont contraintes au silence, plus le discours féministe est censé être obsédant. La plus petite timide remarque faite par une femme dans un océan de déni et des femmes et du féminisme est si souvent suivie par : « Ah non, pas encore le féminisme ! » Variante (selon le contexte) : « Alors, les féministes, vous vous taisez ? On ne vous entend plus ! ».
- Un progrès néanmoins à noter ? : avant ( ?) on appelait ça : des « problèmes de bonnes femmes ». [Un peu dépassé en 2016]

Féminisme (Patriarcat) : Le féminisme est au patriarcat ce que le socialisme est au capitalisme : nécessairement, comme toute pensée, comme toute action, comme tout projet, comme toute utopie, divers. (Cf. Patriarcat, Politique. Gauche)

Féminisme (Pensée) (1) : Toute pensée devient fausse dès lors que l’on s’en satisfait, que l’on s’en contente, qu’on la prend pour acquise. (Cf. Penser)

Féminisme (Pensée) (2) : La pensée féministe est là où on la cherche : partout. Il faut juste vouloir la lire et la comprendre. Ceci posé, on la trouve alors sans même la chercher. On découvre alors sans cesse une toute autre grille de lecture de la pensée [politique], dès lors mise à nue, dans sa vérité patriarcale. Demande un peu de bonne volonté, de bonne foi, de bon sens et donc d’intelligence.
- Les enjeux et les risques politiques de son dévoilement sont d’une telle importance que le débat est généralement clos dès lors, le plus souvent même avant, qu’il n’existe un risque que la question puisse être réellement abordée et traitée.
- La conséquence de cet enfouissement des réels enjeux du débat - qui exigerait qu’ils soient au préalable débattus - est d’affaiblir encore un peu plus l’assurance, la croyance des femmes en leurs propres pensées, en elles-mêmes donc. (Cf. Féminisme, Patriarcat, Vide-Pensée)

Féminisme (Pensée) (4) : Qui dira ce que la volonté de regroupement, de coordination d’associations féministes a coûté à l’élaboration des pensées féministes et donc à la mise en œuvre d’un féminisme politique ? La recherche d’un plus petit dénominateur commun - rarement présentée comme telle, il est vrai - aurait dû provoquer plus de colère, d’indignation, de refus, et la focalisation des revendications à demander, à arracher à l’État, aurait dû demander plus de recul, plus de critiques, plus d’interrogations sur la société à reconstruire. C’est la spontanéité, la richesse du vécu, du partage, de l’échange, du cumul de réflexions et de travail qui furent sacrifiés, au profit d’une mise en dépendance de tant d’associations vis à vis de l’État, des partis, des syndicats, et de tant de groupes d’intérêts, si souvent cachés. D’ou les régressions actuelles de la pensée des associations féministes et l’alignement progressif de tant d’entre elles sur les positions gouvernementales. (Cf. Politique. Association)
- Qui veut tisser des fibres molles ne récolte que charpie.

Féminisme (Pensée) (5) : Il en est de la pensée féministe comme de toute pensée : certain-es ne s’en prévalent, ne s’en revendiquent que pour, en son sein, et donc plus efficacement, en saper la pertinence. Et pour donc la pervertir, la salir, la délégitimer. Si la subversion des idées subversives est aussi vieille que le monde, le processus n’est pas pour autant condamné à se prolonger.

Féminisme (Pensée) (6) : Combien de féministes ont elles, ne seraient-ce que pensé qu’elles aussi étaient infiltrées, subverties, pénétrées, manipulées, utilisées, orientées, aiguillées, incitées à, dirigées vers…? (Cf. Penser)

Féministe (Pensée) (7) : La pensée féministe doit éviter deux écueils, celui de l’hagiographie régressive et intellectuellement illégitime et celle de la dénonciation des grossièretés antiféministes, souvent une paresse de l’esprit.

Féminisme (Pensée) (8) : Dès lors que l’on pense en termes de patriarcat, de domination masculine, les concepts de féminisme « universaliste », « égalitaire », « complémentaire », « essentialiste », « différentialiste », « naturaliste », « maternaliste », « culturaliste », « libérale », « marxiste »… n’a plus lieu d’être. (Poursuivre) (Cf. Patriarcat)  

Féminisme (Pensée) (9) : La pensée féministe actuelle, du moins, celle - et la nuance est de taille - qui nous est présentée par les médias comme telle, s’inscrit peu ou prou dans le cadre ponctuel des politiques immédiates, sans dès lors les remettre en cause et tout s’inscrivant, si souvent, dans le cadre de la légitimation de l’« austérité ». Sans grandes ambitions donc, elle devient suiviste, dépendante ; elle s’affaiblit, se dilue, se perd et n’a plus que des contacts contingents, ponctuels, et si souvent symboliques, avec le réel.

Féminisme (Pensée) (10) :La pensée féministe n’a pas (seulement ?) à freiner, à résister, à faire contrepoids, à critiquer, à proposer ; elle a, comment toute pensée, à fournir les jalons d’une autre pensée du monde.

Féminisme (Pensée. Fange) : C’est aussi, souvent, nécessairement, dans la fange de leur (notre) quotidien que les femmes prennent conscience, élaborent la pensée féministe et qu’en la dénonçant, elles retrouvent leur identité. Mais le risque est que cette pensée, entachée mais aussi née, nourrie de cette fange, n’en soit apurée et que, dès lors, la pensée en soit nécessairement appauvrie.

Féminisme (Penser le) (1) : Pour - globalement - reprendre l’alternative posée par Alain Caillé concernant l’écologie politique 791 en l’appliquant à la pensée politique féministe : peut-on construire une politique, une philosophie, une morale en partant du féminisme (si tant est qu’il soit une pensée), ou ne faut-il pas plutôt penser les problèmes que pose - et ne pose pas - le féminisme dans le cadre d’une réflexion plus générale concernant la société à venir, à construire, à vivre ? Que disent, que pensent, qu’écrivent les féministes concernant la fin du travail, le chômage, l’Europe, l’État, la décroissance, l’aliénation, l’autonomie, la mondialisation, l’économie, la guerre, l’idée de frontière, l’impérialisme, la politique étrangère des États Unis, de la France etc., etc..? Vaste chantier…(Cf. Penser)

Féminisme (Penser le) (2) : Pour ce faire, sortir de l’entre soi ; s’obliger à traiter des non-dits, des questions gênantes (partir des critiques fussent-elles les plus grossières, les plus bêtes, les plus violentes, peut être un bon point de départ) ; s’extraire de l’imaginaire dominant ; faire sauter les carcans mentaux. Refuser toute logique binaire, toute inversion des questionnements. Interroger tous les termes, les agencements de phrases. Et ne pas oublier ce fondement incontournable de la pensée politique, à savoir que l’État a le monopole de la violence. Et ce dans un monde capitaliste, non moins violent. (Cf. Amnesty International, Loi, Patriarcat, Penser, Violences contre les femmes)

Féminisme (Penser le) (3) : Il manque au féminisme des pensées (renouvelées) du patriarcat mondial actuel. Pour ce faire, il manque au féminisme des pensées du socle dont sont issues ses diverses composantes, ses diverses modalités d’expression. Ce sont ces pensées - diverses, nécessairement complexes - qui non seulement peuvent permettre de penser les antagonismes, les oppositions entre féministes, mais aussi d’expliciter ce qui peut et doit fonder politiquement le refus de l’appropriation de ce terme par certains courants de pensée, au premier chef, les libéraux-proxénètes. (Cf. Patriarcat, Proxénétisme)

Féminisme (Penser le) (4) : Pour ce faire, il faut chercher, interroger, dénoncer les expressions concrètes des innombrables modalités de la domination patriarcale, et donc de toutes les aliénations dont elles sont porteuses et - concomitamment - chercher, interroger, dénoncer toutes les constructions intellectuelles, langagières, symboliques par lesquelles elles ont été construites et se perpétuent.

Féminisme (Penser le) (5) : La pensée féministe doit précisément dénouer les liens historiques que la pensée disons, ‘de gauche’ a, depuis les Lumières, construit entre matérialisme, athéisme, critique de l’État et immoralisme (dans ses multiples acceptions de la critique non pensée des « mœurs »).

Féminisme (Penser le) (6) : Il y a tant et tant de manifestations si aisément visibles du patriarcat que ce que les féministes doivent le plus craindre, est sans doute la facilité de la critique, qui vaudrait jugement.

Féminisme (Penser le) (7) : Il est plus difficile, mais plus pertinent, voire courageux à une féministe (qu’à quiconque d’autre) de critiquer le féminisme (dans ses multiples acceptions). Mais ce constat ne relève t-il pas de l’évidence ? En outre, ce qui importe, ce n’est pas l’auteur-e de la critique, mais la justesse de la critique.

Féminisme (Politique) (1) : La pensée politique féministe s'épuise vite lorsqu’on ne peut, ni ne veut attaquer ni les hommes, ni le capital, ni les syndicats, ni l'État... ni « les copines ». Analyse vécue. (Cf. Patriarcat, Politique)

Féminisme (Politique) (2) : Pour que le féminisme se diffuse (mieux) dans la conscience de chacun-e, dans la société, si les débats d’idées (critiques) le concernant sont nécessaires, leur intégration critique au sein des évolutions en œuvre dans le monde [patriarcal] le sont tout autant. En réalité, les deux sont indissociables. (Cf. notamment, Proxénétisme)

Féminisme (Politique) (3) : La crainte des scissions politiques (lesquelles devaient souvent ménager amours-propres, rapports de pouvoirs institutionnels et/ou symboliques et appartenances à des groupements divers et variés, le plus souvent occultes) a pesé lourd dans l’explication des régressions de la pensée féministe. Ce qui n’était pas suffisamment vu, c’était la richesse, ne serait ce qu’en termes de dévoilement des contradictions, dont les pensées iconoclastes [En réalité, chacun-e était l’iconoclaste de l’autre] étaient porteuses. Il fallait , trop souvent, rester entre soi, se tenir chaud, se protéger des agressions du monde. Et donc évacuer les critiques gênantes…

Féminisme (Post-moderne) : Je ne peux faire mieux que de reproduire ce slogan des années 80 : « Je serai post-moderne dans le post-patriarcat. » À ceci près, qu’aujourd’hui, « moderne » s’intitulerait « libéral ».

Féminisme (Prise de conscience) (1) : Pour freiner la prise de conscience féministe : effacer, réécrire l’histoire, dévaluer, tourner en dérision les formes d’expressions des féministes, attaquer intuiti personnae leurs auteures - plus souvent d’ailleurs, les nier - personnaliser et dépolitiser les enjeux, endormir la vigilance, évacuer et /ou tenir pour nulles et non avenues les questions gênantes, lancer de faux débats, détourner la combattivité, créer des associations idoines, promettre (le moins possible) et ne pas tenir ses promesses, corrompre si nécessaire, lancer dans le débat public des thématiques totalement dépassées et inappropriées… Bref, que du classique, à ceci près que les critiques féministes concernent les fondements de l’organisation humaine. Ce qui ne signifie pas qu’elles doivent être seules prises en compte.

Féminisme (Prise de conscience) (2) : Les chemins d’une prise de conscience féministe sont innombrables ; et ne sont pas nécessairement disons…« féministe » : ce peut être une chanson, un souvenir d’enfance, une phrase entendue, inopinément ou non, un flashback, un mot, un film, un livre, un tableau, une musique ; souvent une critique de soi…

Féminisme (Radical) (1) : Pléonasme.

Féminisme (Radical) (2) : Devenu en quelques années, par on ne sait quelle opération du Saint Esprit, synonyme de « conformiste » et « réactionnaire »... sauf si, après avoir été ainsi qualifié, il affirme justifier le proxénétisme, la pornographie, les films X et tutti quanti. Que les choses soient claires : nous sommes à mille lieux en deçà d’une critique radicale du patriarcat. Et à la genèse de son analyse. (Cf. Féministe (Radicale), Patriarcat, Radicalité)

Féminisme (Réformiste) : Ses protagonistes devraient, me semble t-il, intégrer dans leurs stratégies le fait que le féminisme dit radical est leur meilleur allié politique : pour mieux récuser / écraser le second, le premier sera nécessairement réhabilité. Demanderait aussi un certain cynisme ? Non, une analyse politique. (Cf. Politique. Réformisme)

Féminisme (Silence) : Le silence imposé au féminisme (indissociable des décisions de privilégier telle ou telle forme d’expression) est politique. Banal, certes, mais le rappeler peut éviter des auto-dévalorisations individuelles de féministes (du fait de la non prise en compte de tant de leurs modalité d’expression et manifestations) qui, elles-mêmes, se greffent si aisément sur l’ancestrale, la faible confiance en soi des femmes. (Cf. Pensée (Féministe. Silence)

Féminisme (Socialisme) : Le socialisme n’a pas, par définition, pu intégrer la critique du patriarcat dans ses critiques anticapitalistes. Tout au plus, (du fait des femmes socialistes surtout), en a t-il critiqué certaines manifestations, en a t-il dévoilé certaines contradictions, et, quelques rares fois, affirmé l’idée selon laquelle le patriarcat était en lui-même un système de domination. Le plus souvent, le socialisme a conforté, cautionné le patriarcat, en a même souvent aggravé les modalités d’expression et si souvent, formellement justifié les manifestations les plus scandaleuses. En tout état de cause, la pensée socialiste et son avatar communiste, n’a pu en tirer les nécessaires conclusions, à savoir critiquer les associations, partis, syndicats, qui s’inscrivaient dans le cadre d’une pensée socialiste, communiste. Le féminisme, en revanche, du moins dans certaines de ses composantes, a cherché - et cherche toujours - à articuler anti-patriarcat et anti-capitalisme.

Féminisme (Stéréotypes) (1) : De régressions en régressions, de reculs en reculs, de confusions en confusions, de verbiages et verbiages, de cautions en cautions, autant de dénis du réel, sous couvert de « stéréotypes », que l’on se garde bien, sauf manifestations primaires [du type bleu pour les garçons, rose pour les filles ou : dinettes pour les filles et construction de camions pour les garçons] de définir. Joint au terme de sexisme, on est loin de la clarification de ce que l’on dénonce. Cf.,« Sexisme : Des féministes envahissent un magasin de jouets pour lutter contre les stéréotypes» 792 Joint à celui de « mentalités », on s’interdit toute avancée politique. Cf., Najet Vallaud Belkacem, Ministre des droits des femmes], auteure de : « Contre les stéréotypes et le sexisme 'd’habitude', il faut agir sur les mentalités ». [2014] Il suffit alors d’assurer qu’hommes et femmes en pâtissent - qui dirait le contraire ? - tout y enfermant les féministes dans ce projet qui le nie et le tour est joué. Cf., Yves Deloison, auteur de : « Manifeste pour un nouveau mâle » et de : « […] Être féministe, c’est lutter contre les stéréotypes qui enferment les femmes comme les hommes dans des carcans. […]» 793

Féminisme (Stéréotypes) (2) : Le terme de stéréotype centré sur la représentation d’un sujet, d’un objet, telle qu'elle y est habituellement admise et véhiculée ne signifie que ce que chacun-e veut bien qualifier ainsi. Il interdit donc toute prise en compte de ruptures, d’évolution, de modification, d’inversion des valeurs. Un exemple : un homme politique anglais affirmait que des enfants [se] demandaient à la fin du ‘règne’ de Margaret Thatcher « si un homme pouvait devenir Premier Ministre ». 794 (Cf. Réalité, Patriarcat, Sexe-s. sexisme)

Féminisme (Tabous) : Le féminisme partage nécessairement les tabous de la société au sein de laquelle il est né et dont il partage nombre de valeurs. La question est de savoir lesquels. Et si l’on peut penser sur les fondements de la lutte contre les tabous ? La réponse est : non.

Féminisme (Victimaire) : Soit ne veut rien dire, soit une contradiction dans les termes. En tout état de cause, un manque de rigueur qui entretient une confusion linguistique et donc politique. Affirmer être « contre » favorise les carrières. (Cf. Langage. Victime)  

II. Féministe :

Féministe (1) : Ce n’est pas moi qui « suis » féministe, c’est le monde qui « est » patriarcal : affirmer cela interdit toute justification et place la réflexion là où elle doit se situer.

Féministe (2) : Qui peut se prévaloir, comment peut-on se prévaloir d’« être » féministe ? C’est absurde. Tout au plus, grâce à la vie, à la réflexion, au savoir, peut-on s’exercer à, s’engager [dans un processus] vers, avancer vers ce qui peut s’apparenter à une pensée du monde, à une philosophie de l’être humain, à un art de vivre, libéré-e des carcans du patriarcat, et donc de tous les systèmes de domination, sans maîtres-ses, ni modèles, nui « mères spirituelles » mais grâce à la vie, à l’histoire, aux exemples et aux réflexions propres à chacune. (Cf. Langage. Verbe. Être, Politique (Projet). Exemples, Patriarcat)

Féministe (Analyse) : Échange entre le capitaine Harville et Anne Eliott, dans Persuasion [1818] de Jane Austen:
* «  […] Capitaine Harville : « Je ne crois pas avoir jamais ouvert de livre qui n’eut quelque chose à dire sur l’inconstance des femmes. Les chansons et les proverbes ne parlent que de l’humeur volage des femmes. Mais peut être allez vous me dire qu’ils ont tous été écrits par des hommes. »
* Anne Eliott : « Peut être, en effet…oui, s’il vous plait, pas de références à des exemples tirés des livres. Les hommes, en racontant leur histoire, ont eu, sur nous, tous les avantages. Ils ont eu une éducation tellement supérieure à la nôtre ; se sont eux qui ont la plume en main. Je ne reconnais pas aux livres la propriété de prouver quoi que ce soit. »
* Capitaine Harville : « Mais alors, comment prouver quelque chose ? »
* Anne Eliott :  « Nous ne prouvons jamais rien. Nous ne devons pas nous attendre à prouver quoi que ce soit sur ce point. C’est une différence d’opinion qui ne souffre pas de preuves. Il y a probablement, à l’origine, un petit partis-pris qui nous fait interpréter en faveur de notre sexe tous les faits que nous avons vu se produire autour de nous et dont beaucoup (peut être les cas, justement, qui nous frappent le plus) sont précisément ceux qu’on ne peut citer sans trahir un secret ou qu’il ne convient pas de mentionner pour certaines raisons. […] »795 Des réflexions à prolonger…(Cf. Antiféminisme )

Féministe (Devenir) : On naît, sinon « femme », du moins « [petite] fille » ; on devient féministe. Mais, préalablement, on nait, comme les hommes, être humain. (Cf. Êtres humains. Femme-s)

Féministe (Dworkin Andrea) :Penseuse féministe d’envergure dont plusieurs textes n’ont été publiés en français que grâce aux Éditions Québécoises Sisyphe 796 (Travail de traduction poursuivi par Tradfem (Collective de traduction de textes féministes radicaux) 797 : juge l’édition française et dévoile, révèle sa fonction politique.
- Auteure de : « We have the right to fight back ». À remplacer par : « We must » ? (Cf. Édition/Réédition, Sade)

Féministe (Être) : Entendu (août 2015) : « À l’écoute de sa vie, je comprends mieux pourquoi elle est féministe ». Non, elle est féministe parce qu’elle a pris conscience qu’elle vivait dans un monde patriarcal. (Cf. Patriarcat)

Féministe (Guillemets) : Il eut à écrire le mot de féministe ; Il y ajouta des guillemets. Que souhait-il signifier ? : une défiance ? une mise à distance ? une crainte ? un refus ? des scrupules ? un déni ? Mais de qui ? de quoi ? : du terme, de ses multiples significations ? ou de celle à qui son envoi était adressé ?

Féministe (Groult Benoîte) : Auteure de : « Naître en tant que féministe, c’est un peu comme naître tout court. » 798

Féministe (Hommage) : Ils disaient lui rendre « hommage » ; ce n’était, trop souvent, que l’expression d’une faiblesse qu’ils n’osaient se reconnaître, d’une faillite qu’ils ne voulaient admettre.

Féministe (Iconoclaste) : Être [féministe] iconoclaste ne suffit pas : encore faut-il refonder ce que la pensée féministe détruit. (Cf. Penser)

Féministe (Mais…) :Qu’il ne soit pas dit d’une féministe : elle est « féministe mais »…Comme on disait autrefois d’Elisée Reclus, il est anarchiste, mais c’est un grand géographe ou de Kropotkine, il est anarchiste, mais il a été prince…799

Féministe (Nécessité / signification d’une pensée politique) : Une forte réflexion : « Il est en soi malaisé et sans doute illusoire de donner à des opinions structurant une société la forme d’une idéologie et d’une théorie politique : les présupposés sur lesquels repose une société sont rarement reconnus ou pleinement compris par ceux (et celles) dont ils régissent l’existence et dont ils ordonnent l’expérience ; ils subsistent habituellement au niveau des croyances inconscientes et inarticulées. Lorsqu’ils s’élèvent jusqu’à un niveau manifeste de conscience, c’est en général que les normes fondamentales de la société sont soumises à des tensions, et peut être même menacées. Le seul fait de parler de présupposés fondamentaux, fut-ce en leur faveur, entraine le risque qu’ils soient remis en question ; on a rarement l’occasion de les expliciter à moins que les tensions au sein de la société ne soient suffisantes pour justifier qu’on soulève le problème des normes fondatrices. Le faire […] c’est augmenter la vitesse et l’intensité avec laquelle un débat public sur ces fondements prendrait place ; une fois imprimée et disponible pour la controverse, toute croyance reçue voit les éléments qui la composent devenir avec une âpreté croissante, sujet à définitions, discussions et remises en cause. » 800
- On peut ajouter à cette si juste analyse le constat selon lequel la France (dans toutes ses instances dominantes) depuis des décennies tente d’empêcher - et jusqu’ici, globalement a réussi - l’émergence des conséquences de ce dévoilement. Mais la taupe…
- Une pensée féministe est pour le patriarcat - qui s’était approprié, sans être dénoncé ni donc réellement remis en cause, le monopole de dieu, de la raison, de la loi… : son talon d’Achille. C’est avant tout là qu’il faut agir, sans pourtant en faire un quelconque préalable : toutes les contestations, les luttes sont nécessaires et contribuent aussi à l’élaboration d’une pensée critique. (Cf. Politique. Projet)  

Féministe (Participation à la construction d’une pensée, d’une politique, d’une société féministe) : Ne peuvent y mener ni le don, ni le sacrifice de soi, ni le dévouement, ni la complaisance dans la souffrance. Ne peut en être partie prenante la justification, même sur un point considéré comme mineur, d’un quelconque statu quo. Et aucune légitimation, au nom d’un futur espéré plus positif, n’est acquise sur le fondement des buts que l’on assigne à la société. C’est maintenant que le féminisme doit être en chacun-e.

Féministe (Pelletier Madeleine) : Pour moi, si tant est qu’une hiérarchie soit pensable, la plus grande féministe française. Meurt, comme Camille Claudel, Zelda Fitzgerald et Séraphine Louis, dans un asile d’aliéné-es. 801 Comme l’avait été, avant elles, Théroigne de Méricourt [1762-1817] internée pendant 23 ans à la Salpetrière. (Cf. Claudel (Camille), Fitzgerald (Zelda), Séraphine Louis)

Féministe (Radicale) (1) : Refuser d’être qualifiée de « féministe radicale » : c’est le système patriarcal qui est radicalement injuste, pas la personne qui, simplement, constate, analyse et critique ledit système.
- Qui plus est, qui peut être qualifiée d’être « féministe » ? Ne peut on pas plutôt aspirer à progresser dans la réflexion, dans la critique (au premier chef, du qualificatif lui-même ?), dans l’agir féministe ?

Féministe (Radicale) (2) : Une féministe [radicale] n’est pas « injustement méconnue » : elle est logiquement déniée par le patriarcat. Il dévoile alors soit son impuissance à la critiquer, soit son refus de la considérer comme une opposante et donc, par son mépris, dévoile son manque d’intelligence.

Féministe (Radicale) (3) : L’expression de « féminisme radical » et/ou de « féminisme libertaire » doit être selon moi récusé, sauf explicites clarifications : à savoir que ne peut en faire partie, toute pensée qui, peu ou prou, défende, justifie, légitime le proxénétisme, la pornographie…
* Mais, plus fondamentalement, à l’écoute de l’emploi de l’expression « Islamiste radical », n’est-ce pas, en sus, l’emploi de « féminisme », celui de « radical » qui doit être soit récusé, soit clairement et sans ambiguïté, explicité ? Pour en démontrer l’incohérence, voire l’absurde, fondé sur le simple accolement de deux mots, quel serait le lien entre les pensées de Madeleine Pelletier, Valérie Solanas, Katharine Mac Kinnon, Andrea Dworkin, Marie-Jo Bonnet, Christine Delphy, les Femen… ? (Cf., Femme (Collin Françoise), Féministe, Féminisme Radical (1,2), Langage (Verbe Être)

Féministe (Radicale) (4) : Édith Stein, (deux ans avant son entrée au Carmel) auteure en 1931 de : « Comme lycéenne et étudiante, j’ai été une féministe radicale. Ensuite, j’ai perdu tout intérêt pour la question. […] »802

Féministe (« Reconnue ») : Une féministe « reconnue » : s’inquiéter…Une féministe « patentée » : fuir. Méchant ?
* Plus globalement, ne pas accepter d’être reconnu-e par quiconque ? Être, simplement, écoutée, apprécié-e ou non, critiqué-e, lu-e, réfléchi-e.

Féministe (Relève) : Attendre la relève, voir émerger, voir arriver la « relève » [féministe], n’est ce pas prolonger l’histoire et en exclure les ruptures ; n’est ce pas, aussi, peu ou prou, aspirer à se prolonger soi même ?

Féministe (Revendication) (1) : La première revendication féministe : prendre les mots au pied de la lettre ? Sans doute alors, cesseraient-on de qualifier de « blague », d’« humour », de « second degré » - ce qui, incidemment, ne veut rien dire - les humiliations, les injures, les jugements dénégateurs, les torrents d’absurdités, les violences dont nous sommes, sans en avoir le monopole, quotidiennement les cibles ? Et cela, c’est pourtant clairement lisible : il faut juste vouloir le lire. (Cf. Femmes (Nous les…), Langage, Patriarcat)

Féministe (Revendication) (2) : Une revendication féministe simple et universelle, entendue hier dans la bouche du dessinateur Joann Sfar : « Que les hommes cessent d’emmerder les femmes ». 803
* Ajout. 6 janvier 2016. Du même, décidément pertinemment conséquent, explicitant son retrait de la liste des trente hommes nominés pour le grand prix du Festival de BD d’Angoulême : «Bien entendu, je soutiens à mille pour cent la démarche de Riad (Satouff). Aucun auteur ne peut souhaiter figurer sur une liste entièrement masculine. Cela enverrait un message désastreux à une profession qui de toutes parts se féminise. Bien entendu, je demande que mon nom soit retiré de la liste des nommés.» 804 (Cf. Hommes. Féminisme)

Féministe (Solanas Valérie) : Après avoir écrit le Scum Manifesto et tiré sur et blessé Andy Warhol, le 3 juin 1968, elle fut accusée de tentative de meurtre, attentat et de possession illégale d'une arme à feu. En août, elle fut déclarée irresponsable de ses actes et a été internée au Ward Island Hospital. Plus tard, à la suite d'une psychothérapie, et après avoir purgé une peine de prison pour coups et blessures volontaires, Solanas reniera le manifeste et déclaré que «c’était juste une figure de style ». (Wikipédia) (À prolonger) (Cf. Femme Remarquable)

Féministe (Solidarité) : Un exemple, parmi tant et tant, la solidarité féministe ayant permis, en 1973 / 1974, au Portugal, la levée, au Portugal, de la saisie du livre Nouvelles lettres portugaises de Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta, Maria Velho da Costa, sa traduction à l’étranger et leur acquittement des charges d’accusation « d’outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Évelyne Le Garrec et Monique Wittig, dans leur préface à ce livre, en font part. Elles écrivent en outre : « Les trois Maria avaient prévu qu’elles serraient en butte à des persécutions, non parce que, comme leurs juges le prétendent, ce livre est pornographique, mais parce qu’il est féministe, écrit par trois femmes, et à ce titre, dangereux. Écrit par une seule d’entre elles, peut être aurait-il été interdit aussi, mais il est peu probable qu’il y aurait eu des poursuites judiciaires. Car il serait entré dans le cadre de la création littéraire et individuelle, ce qui est acceptable. Mais trois femmes qui se réunissent pour écrire un livre dénonçant la condition féminine, c’est déjà un noyau d’organisation. Choses inacceptables. Menaces pour l’ordre établi. » 805 (Cf. Politique)

Féministe (Théorie) : Une contradiction dans les termes. (Cf. Patriarcat)

III. Féministes :

Féministes : Ce qui manque trop souvent, c’est la force que donne la croyance en soi, c’est l’amour-propre nécessaire à l’affirmation de sa légitimité à s’exprimer. Certes, difficile lorsque l’on a été élevée, comme beaucoup d’entre nous, dans la ferme condamnation de « l’orgueil ». Et, poison ultime, dans celle de « l’égoïsme ».

Féministes (Associations) (1) : Derrière toute volonté de regroupement des associations [féministes] entre elles, il y a une volonté d’hégémonie. S’interroger donc d’emblée sur les plaintes concernant l’éparpillement des associations [féministes…] laquelle serait, ne serait-ce que partiellement, responsable de la faiblesse de leur poids politique. On ne construit pas un projet politique féministe sur la base d’un agrégat composite de réflexions, d’actions, engagements ponctuels. Qui plus est, on [s’] interdit alors toute pensée globale du fait de la nécessaire recherche dans cette logique, du plus petit dénominateur commun. La question, aussi difficile à poser que complexe, nécessairement évolutive, qui devrait être première et publiquement affirmée : une association féministe, pour quoi faire ? Pour quelle société ? L’entre-soi en retarde la nécessité, en recule l’échéance. (Cf. Politique. Associations)

Féministes (Associations) (2) : Aucune finalité ne demande d’être, de « rester uni-es ». À l’inverse, « rester unies» justifie si souvent cautionner ce qu’individuellement, l’on réprouve, et, si souvent, légitimer ce contre quoi l’on affirme vouloir lutter. La grande crainte : moins sans doute être, de s’isoler, rester ‘seule’, que risquer et pouvoir d’être mise au ban d’un milieu, lorsque ce n’est pas d’un revenu, pour des salariées.

Féministes (Ayant quitté les associations féministes) : Il nous manquede grandes historiennes, de grandes romancières, pour connaître, comprendre, tirer profit de toutes les réflexions des femmes ayant quitté les associations féministes. À l’instar, par exemple, de ce que Doris Lessing a magistralement analysé concernant les communistes et le parti communiste [anglais] en Afrique du Sud dans Le Carnet d’or. (Cf. Féminisme. Histoire du, Politique. Associations))

Féministes (Bostoniennes) : [1886] Henry James, citant le jugement critique effectué par Miss Prance des féministes Bostoniennes : « Elles estiment que les femmes sont les égales des hommes ; mais elles sont bien plus contentes quand c’est un homme qui se range à leurs idées que quand c’est une femme. » 806 Loin d’être toujours encore vrai, tant s’en faut, mais (Cf. Hommes (féministes))

Féministes (Critique des hommes) : Les féministes, à force de critiquer - à juste titre ? - les hommes, doivent se prémunir du danger de leur ressembler. Et ce d’autant plus que l’on reproduit nécessairement ce que l’on combat et qu’hommes et femmes ont été construits par le même monde patriarcal.

Féministes (« Intellectuelles ») : Les ‘intellectuels’, les universitaires, les journalistes…, en règle générale, lorsque véritablement contraints d’avoir à émettre concernant l’une ou l’autre, une appréciation, d’avoir à se prononcer, préfèrent détourner l’attention, ou juger des personnes. Sinon, il faudrait lire et comprendre leurs écrits. Pire : porter un jugement au fond qui ne soit pas trop gênant pour leur réputation intellectuelle. Peu s’y risquent ; ceux, rares, qui le font, vont, en règle générale, dans le sens du courant. Les autres, l’immense majorité, prudemment, se taisent. Sans oublier, ceux qui, après avoir été cautionnés par elles, sont devenus le fer de lance de l’antiféminisme. (Cf. Anti-féminisme, Égérie, Fraisse (Geneviève), Patriarcat, France), Hommes « intellectuels ». France)

Féministes (« Intellectuelles-de-gauche ») : Pour la presse, pour les ‘intellectuel-les’ etc.,..une féministe peut être ‘de gauche’, peut même être - rarement - qualifiée d’’intellectuelle’, mais elle ne peut être une ‘intellectuelle de gauche’. D’ailleurs, si elle l’était, elle ne pourrait être féministe. Et « intellectuel », en sus, ne veut pas dire grand-chose et, en tout état de cause, peut cautionner des jugements les plus graves. 807 (Cf. Gauche, Patriarcat (en France), Hommes « intellectuels ». France. XXème siècle)

Féministes (Maitron (Le)) : À quand un Maitron 808 [1910-1987] des féministes, avant que tant de vies de militantes ne sombrent dans l’oubli ? Nécessite préalablement a minima la clarification du concept de féminisme. Dans l’attente, les féministes sont dissoutes dans l’anarchisme et dans l’histoire du mouvement ouvrier et syndicaliste. Alors que la clarification des liens historiques et des contradictions théoriques entre les analyses du monde anarchiste, libertaire, communiste, alter-mondialiste…et féministes n’ont jamais sans doute été si nécessaires, il existe un risque d’élargir, illégitimement, ces concepts pour y intégrer des femmes qui n’étaient ni féministes, ni libertaires. Pour en masquer les contradictions ? (Cf. la présentation récente de Madame Messali, Émilie Busquant, qualifiée à plusieurs reprises, à tort, comme telle.)
- N.B. 5% de femmes citées dans le Dictionnaire Maitron des Anarchistes. (2014)

Féministes (Occidentales) : Les États les plus grossièrement, les plus violemment patriarcaux, emploient a satiété [je pense notamment aux débats concernant le code de la famille Algérien en 1984] l’argument selon lequel les femmes de ces pays ne doivent pas s’aligner sur les positions des féministes occidentales, caricaturées à plaisir. Il s’agit certes d’une réaction nationaliste, qui elle-même fait suite à une longue et dramatique histoire coloniale, impérialiste, laquelle fait fi et interdit tout échange, toute solidarité internationale des femmes. Mais il n’est pas suffisant de s’arrêter à cette critique. Les féministes occidentales, dans toute leur diversité, vivent dans États dont les responsables vendent des armes dans le monde entier ; font la guerre partout (surtout en dehors de leurs frontières) dans le monde, lors qu’ils estiment devoir sauvegarder leurs intérêts ; reçoivent, négocient avec des chefs d’États dont, pour se limiter à l’islam, la charia est le fondement, etc, etc… Dès lors, politiquement parlant, pour ne prendre que l’exemple le plus manifeste actuellement de la critique par les féministes de la religion musulmane comme fondement de l’État, les féministes occidentales doivent, pour que leur critique féministe de l’islam politique soit entendue, crédible, préalablement affirmer clairement concomitamment leur dénonciation des politiques menées par les États occidentaux. Sinon, en toute logique, sous couvert de critiques de l’Islam-isme, elles risquent fort d’exprimer aussi leur soutien aux politiques occidentales menées par les États au sein desquels elles vivent et dont elles deviennent les alliées et les cautions. À cette occasion, rappeler que le concept politique d’« Occident » doit être critiqué et qu’il ne se réduit pas à la position des gouvernant-es des États qui le composent.

Féministes (Prison) : Combien de féministes françaises en prison pour leurs idées, pour leurs engagements féministes ? Et combien, pour les mêmes raisons, ont-elle été assassinées ? Doit rendre modeste les féministes dites radicales. (Cf. Femmes (assassinées).  

Féministes (Projets politiques) : Les féministes doivent proposer des projets, des morales, des principes, des objectifs, des utopies ; pas seulement des objections au monde actuel, dont la refondation est impensable sans une libération de la parole des femmes, de toutes les femmes. Elle seule permet de dévoiler les chapes de plomb qui pèsent sur elles, sans laquelle leurs vécus, leurs analyses, leurs revendications ne peuvent que rester enfermé-es, enfoui-es, là où ils / elles sont tapi-es. Pour ce faire, agir est mieux que réagir ; faire est mieux que dire de faire ; anticiper est mieux que freiner ; avoir une stratégie à long terme est mieux que d’avancer par tactique et alliances ; penser un autre avenir est mieux que concocter des programmes… (Cf. Politique. Projet)

Féministes (Raison) :Je lis dans un dossier intitulé : « Des hommes féministes, est-ce possible ? » publié par La Gazette des femmes (Québec) concernant Zéro macho : « Si on voulait résumer notre point de vue en une phrase, ce serait :Les féministes ont raison’. » […]. Par quels processus en est-on arrivées à ce degré zéro de la pensée politique ? Je dois préciser que cette phrase est suivie de : « Notre place n’est pas de prendre leur place, mais de réfléchir en tant que membre du groupe dominant, à ce que l’on peut faire pour participer à l’avancement vers une société plus égalitaire. » 809 On peut, la concernant, cependant constater l’évidente contradiction entre ce soutien inconditionnel aux « féministes » et la présentation, toute personnelle, qui est donnée du féminisme : « participer à l’avancement vers une société plus égalitaire » laquelle, en sus, selon moi, ne relève pas d’une pensée féministe. Je précise enfin que la rédactrice de l’article n’ayant pas publié le nom de l’auteur qui évoque le « nous », je n’ai pu signifier le nom de l’auteur, lui cité, de la seconde phrase.

Féministes (Reconnues) : Tant que les féministes voudront être reconnues, aimées, intégrées, citées, nommées, promues, médaillées, invitées, flattées, avoir le sens de l’humour, être séduisantes, etc., tant qu’elles accepteront d’être définies par leur apparence, leur mode de vie, leur famille d’origine, leur supposée ‘sexualité’, leur âge, leurs maris / amant-es..., il n'y aura pas de féminisme politique. Au mieux, du colmatage de brèches.
- Mais comment avancer, en la matière, sans ego peu ou prou conforté ?
* Ajout. 29 septembre 2014. Attendre, aspirer à une reconnaissance, regretter de ne pas être reconnue, c’est reconnaître à certain-es le droit de vous reconnaître. C’est se reconnaître comme dépendante ; c’est reconnaître son aliénation ; c’est perpétuer les rapports de dépendance, dont la logique ultime a été (pour ne prendre qu’un exemple) exprimée par le roi Beaudoin lors de la cérémonie d’indépendance du Congo (30 juin 1960) : « C’est à vous qu’il appartient maintenant de démontrer que nous avons eu raison de vous faire confiance. » En radicale opposition, lire le discours de Lumumba.

Féministes (Sciences po) : Dans les années 80, l’association féministe de Sciences po (Paris) s’appelait Les sciences potiches se rebellent. En 2015, elle s’intitule : Garces (Groupe d'Action et de Réflexion Contre l'Environnement Sexiste) et s'inscrit dans la mouvance LGBT…

Féministes (Unies) : Entendu hier concernant la campagne : « Marre du rose », après l’énoncé des associations partenaires : « Toutes les féministes sont unies… » 810

IV. Féminisme. Antiféminisme :

Féminisme (Antiféminisme) (1) : Ce sont moins les antiféministes qui sont stupides que le patriarcat qui est indéfendable. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (2) : Cf., l’analyse de Benjamin Constant : « Il y a des axiomes qui paraissent clairs, parce qu’ils sont courts. Les hommes rusés les jettent, comme pâture à la foule ; les sots s’en emparent parce qu’ils leur épargnent la peine de réfléchir et ils les répètent pour se donner l’air de les comprendre. Des propositions dont l’absurdité nous étonne, quand elles sont analysées, se glissent ainsi dans mille têtes, sont redites par mille bouches et l’on est réduit sans cesse à démontrer l’évidence ». 811 Jusqu’au jour où l’on où l’on se refuse à penser sur le terrain de la justification, et donc à refuser de « démontrer » quoi que ce soit qui ne soit pas fondé sur sa propre analyse. Et là, on a fait une grande avancée conceptuelle et donc politique. (Cf. Féminisme. Justification)

Féminisme (Antiféminisme) (3) : Son principal (?) non-dit inconscient : la crainte de contester et donc d’entrer en conflit avec tous les ordres conservateurs d’injustices que le patriarcat cautionne et justifie - et dès lors, d’avoir à être confronté-es à la construction de sa propre structuration psychique. Si cette analyse est juste, alors les antiféministes, pas plus que quiconque d’ailleurs, ne peuvent, ni ne doivent être qualifiés de « stupides »…(Cf. Hommes (Ayant peur des femmes))

Féminisme (Antiféminisme) (4) : Dévoiler, révéler, dénoncer les manifestations de l’antiféminisme ne suffit pas - tant s’en faut - à reconstruire un monde libéré du patriarcat. (Cf. Patriarcat)

Féminisme (Antiféminisme) (5) :En caricaturant les oppositions, les antiféministes soit ne veulent rien comprendre, soit comprennent trop bien où sont leurs intérêts. Ceci étant, quelles qu’en soit les raisons, il y a autant à comprendre chez eux/elles que chez les féministes.

Féminisme (Antiféminisme. Arendt Hannah) : [1970] Auteure de : « Ces jeunes filles fort douées ont bien du mal à réfléchir posément à toutes ces questions féminines que le féminisme s’est entendu à embrouiller à merveille, d’autant plus difficilement qu’elles rechignaient à s’y prêter. Cette absurdité se déchaîne ici en allant de pair avec les mouvements de libération, et les étudiantes vous demandent comment on doit s’y prendre pour garder un homme. Si on leur répond : ‘bien faire la cuisine, il n’y a pas de honte à retrousser ses manches’, etc., les voilà toutes ébahies. » 812

Féminisme (Antiféminisme. Aristote) : [384-322 av. J.C] Auteur de : « La comparaison avec les bêtes pour établir que les femmes doivent avoir les mêmes fonctions que les hommes est absurde : « [les bêtes], elles, n’ont pas de maison à tenir. » 813 (Cf. Politique (Animalisation du monde), Femmes)
* Ajout. 3 février 2014. Poulain de la Barre [1647-1725], auteur de : « Aristote à qui l’on conserve encore dans les Écoles le nom glorieux de Génie de la nature sur le préjugé qu’il l’a mieux connue qu’aucun autre Philosophe ; prétend que les femmes, ne sont que des Monstres. Qui ne le croirait, sur l’autorité d’un personnage si célèbre ? De dire que c’est une impertinence, ce serait trop ouvertement choquer ses suppôts. Si une femme quelque savante qu’elle fût, en avait écrit autant des hommes, elle perdrait tout son crédit, et l’on s’imaginerait avoir assez fait pour réfuter une telle sottise que de répondre que ce serait une femme, ou une folle qui l’aurait dit. Cependant, elle n’aurait pas moins de raison que ce Philosophe. […] » 814 

Féminisme (Antiféminisme. Bigard Jean-Marie) : Publicité pour le spectacle de Bigard [auteur, entre autres, de : « Toutes des salopes »] sur les portes du métro : un slip d’homme dans lequel les formes d’un sexe d’homme (gros bien sûr) sont particulièrement mises en valeur. Compte tenu de la hauteur de cette pub, soit on (un-e enfant) a ledit sexe devant sa bouche, soit on (un-e adulte) le touche avec sa main. (Août 2001)
- Ce fut lui qui fut choisi pour incarner en décembre 2003, la série télévisée intitulée : « Mon prof, ce héros ». (Téléfilm. TF1. 2006)
- Ce fut lui enfin qu’il fit partie - honte ultime ? - de la délégation officielle française lors de la première réception de Nicolas Sarkozy au Vatican (26 décembre 2007). (Cf. Êtres humains (Injures), Pornographie, Hommes politiques. France. XXème siècle (Sarkozy Nicolas), Sexe)

Féminisme (Antiféminisme. Charge de la preuve) : La charge de la preuve incombe aux antiféministes : toute justification féministe - en soi, déjà une faiblesse - est d’emblée donc à bannir. Mais pas la réflexion. (Cf. Féminisme (Justification), Justice (Preuve)

Féminisme (Antiféminisme. Critique de l’) : Rousseau, auteur de : « J’admirais comment on pouvait écrire avec si peu de ménagements et nulle réflexion sur des matières que j’avais méditées presque toute ma vie sans avoir pu les éclairer suffisamment et j’étais surpris de ne pas trouver dans les écrits de mes adversaires une seule objection que je n’eusse vue et rebutée d’avance comme indigne d’attention. » 815 Avec nettement plus de réserves concernant la seconde partie de la phrase, j’ose reprendre à mon compte son jugement. En tout état de cause, une pensée positive fort revigorante.

Féminisme (Antiféminisme. Dénonciation) (1) : Sous couvert de - légitimement - dénoncer l’antiféminisme, les féministes se sont trop souvent prémunies d’interrogations salutaires, nécessaires, indispensables, lesquelles ont contribué à leur délégitimation.

Féminisme (Antiféminisme. Dénonciation) (2) : Christine de Pisan [1405], auteure de : « […] Qu’ils se taisent donc ! Qu’ils se taisent dorénavant ces clercs qui médisent sur les femmes ! Qu’ils se taisent, tous leurs complices et leurs alliés qui en disent du mal ou qui en parlent dans leurs écrits ou leurs poèmes ! Qu’ils baissent les yeux de honte d’avoir tant osé mentir dans leurs livres, quand on voit que la vérité va à l’encontre de ce qu’ils disent […]» 816 (Cf. Femme (Remarquable), Politique (Vérité)

Féminisme (Antiféminisme. Dénonciation) (3) : La meilleure dénonciation ? : que chacun-e sache que ce qui est critiqué [chez les femmes, les féministes] révèle, dévoile la vérité de soi.

Féminisme (Antiféminisme. Engels (Friedrich) : Engels, auteur, le 2 octobre 1891, de : «  […] Bebel parle avec un immense enthousiasme de l’ardeur avec lequel les femmes travailleuses d’Allemagne rallient à présent le mouvement et, si tel est le cas, les ânesses désuètes et semi bourgeoises du féminisme ne tarderont pas à être reléguées à l’arrière-plan. » 817

Féminisme (Antiféminisme. Ferré (Léo) : Auteur de : « Ton style, c´est ton cul, c’est ton cul, c´est ton cul. Ton style, c´est ma loi quand tu t´y plies salope ! » […] [Rajouté ( ?) à la fin : « Ton style c'est ton cœur, c'est ton cœur, c'est ton cœur »] 818  (Cf. Grossièreté, Écrit (Style)

Féminisme (Antiféminisme. Kollontaï Alexandra) : [1872-1952]Auteure en 1920 dans un article circonstancié consacré à l’histoire du mouvement féminin ouvrier en Russie, de : […]« En 1905 et 1906, le poison du féminisme infecta non seulement les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires mais aussi certains bolcheviks actifs. » 819[…] (Cf. Femme (Remarquable. Kollontaï Alexandra)  

Féminisme (Antiféminisme. Lesbophobie) : Pourquoi dit-on : « antiféminisme » et « lesbophobie » ? Pourquoi les lesbiennes seraient-elles - ou non - plus l’objet d’une « phobie » que les féministes ? Par ailleurs, la « phobie » [des lesbiennes] - pas plus que de quiconque - est-elle un terme adéquat, approprié, dès lors qu’il est normalisé ? Non, car ce terme qui se réfère à des structurations psychiques, politiques, culturelles, ne peut être transposé tel qu’en lui-même en tant que ‘concept’ par le droit, par la loi ; et, sous couvert de la combattre, le terme légitime le concept de « […] phobie ». Nommer, c’est créer. (Cf. Êtres humains. Relations entre. Haine)

Féminisme (Antiféminisme. Nietzsche) : Parmi les plus stupides des antiféministes, mais, pour moi, le plus pertinent des penseurs (patentés…). En dépit de, en tenant compte de, en étant lucide sur ses flagrantes contradictions, ses cercles (de raisonnements) vicieux, ses absurdités, ses confusions, ses monstruosités, ses aberrations historiques, ses qualificatifs erronés, ses insupportables mépris, ses ignominies…,  la force de ses fulgurances, de ses énigmes bouleversantes, de ses extrêmes qui vont au plus fondamental, des coups qu’il ose porter à ce qu’il considérait comme essentiel, son courage intellectuel (l’un de ses plus grands mérites) justifient néanmoins cette appréciation. Un penseur donc, pas un philosophe.
* Ajout. 21 octobre 2015.À la relecture, cette appréciation se focalisant sur la seule pertinence du penseur est critiquable : elle ne lie pas ladite pensée de son antiféminisme, qui n’en serait qu’un avatar  secondaire ; elle sous-estime donc gravement la portée et les dangers de l’affirmation de son antiféminisme. La « stupidité » évoquée par moi ne relève pas par ailleurs d’une analyse.

Féminisme (Antiféminisme. Nougaro Claude) : Auteur de : « Mieux encore que dans la chambre je t'aime dans la cuisine. Rien n'est plus beau que les mains d'une femme dans la farine. Quand tu fais la tarte aux pommes, poupée, tu es divine. » 820

Féminisme (Antiféminisme. Souchon Alain) : Auteur de : « J'aime quand vous êtes sérieuses et extrêmement coquettes. Sérieuses dans les combats de femmes, que vous menez avec raison. Et coquettes parce que les filles trop féministes finissent par avoir les seins qui s'aplatissent, et c'est moche. » 821 (Cf. Femme (« Moche »))

XI. Justice

Justice (1,2,3) ; Avocat-e (1,2,3) ; Bilger (Philippe) ; Calliaux (Henriette) ; Classements sans suite ; Clereaux (Marie) ; Condamnations injustes ; Confiance ; Critiques féministes ; Des hommes (1,2) ; Doise (Rosalie) ; État ; Fait ; Fait. Amnesty International ; Grâce (Demande de) ; Honneur ; Imprescriptibilité (des crimes en matière de violences à personne ; Intentionnalité : Juges (1,2,3,4); Juge (d’instruction) ; Juges (Anarchistes) ; Juges (Genet Jean) (1,2) ; Juges (Sand George) ; Juges (Sénèque) ; Juges (Séverine) ; Juges (Zay Jean) ; Juge et partie ; Jugement ; Juger (1,2) ; Juger la Justice. Procès Jacqueline Sauvage ; Juré-es ; Jurer de dire la vérité ; Juristes ; Madame Lafarge ; Leclerc (Annie) ; Légitime défense ; Lettre de cachet ; Lois ; Montesquieu ; Moyens ; Non lieu ; Nozières (Violette) (1,2) ; Obama (Barak)) ; « Oui » ou « Non » ; Pardon (1,2, 3) ; Pascal (Blaise) ; Pécresse (Valérie) ; Présomption d’innocence (1,2) ; Présumé ; Preuve (1,2,3) ; Procès ; Procès équitable ; Psychiatrie ; Ravachol ; Récidive ; « Rendre la pareille » ; Rousseau (Jean-Jacques) ; Rumeurs ; Sade ; Salmon (Marie) ; Suicide après assassinat ; Syndicat de la Magistrature (1,2) ; Tribunal ; Vécu féministe ; Vice de procédure ; Victime ; Victime (« innocente ») ; Victimes (Droits des)… 26 février 2016 : 85 items

Justice (1) : La justice est fondée sur deux mythes : « Elle dit le droit » et : « Elle applique la loi