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Ce site - qui garde son nom - prend la suite de celui qui était d'ores et déjà sur le net depuis le 28 mai 2003.

Il contient les textes que j'ai rédigé en mon nom propre, hors - à quelques exceptions près - cadre associatif. Si certaines de ces publications ont bénéficié d'une large diffusion, beaucoup d'entre elles l'ont été dans des revues de très faible diffusion. Si certains d'entre elles ont été éditées comme je l'avais souhaité, beaucoup ont été - en tout ou en partie - censurées, réécrites, affadies, affaiblies, détournées de leur sens, présentées hors contexte, éditées sans respect de la pensée, du texte ni de son auteure. Elles sont rétablies ici dans leur intégrité. Quelques modifications - clairement dissociées du texte original - ont été ajoutées à certaines d'entre elles.

Si j'ai souhaité présenter ces textes, c'est parce que j'ai éprouvé le besoin de faire un bilan personnel et politique. Et parce que je considère qu'ils ont une valeur. Tous (ou presque) concernent l'analyse du système patriarcal, pour moi, indissociable d'une action militante féministe.

Ce site, réalisé à l'aide de Lodel, logiciel d'édition électronique, a, au cours de plusieurs mois de travail, été entièrement refait. Il permet un meilleur référencement et une meilleure accessibilité des textes ; leur lecture à l'écran est plus aisée tandis qu'une version imprimable est d'emblée accessible.

Il comporte dorénavant deux parties.

La première - relue, revue, reclassée, corrigée, légèrement enrichie - concerne mes propres textes, rédigés seule ou avec des co-auteur-es. On peut aussi y lire ceux d'autres auteur-es dont les textes ont été publiés dans le cadre de la revue Projets Féministes.

La seconde, comme évoquée en 2003, concerne - au sein d'une nouvelle partie intitulé : « Textes féministes historiques » - une partie de mes propres archives historiques.

Ces 188 textes de 60 auteur-es ont été, pour la grande majorité d'entre eux, découverts pendant des années passées dans diverses bibliothèques [Bibliothèque Nationale, Bibliothèque Marguerite Durand et Bibliothèque Historique de la ville de Paris essentiellement] lors de la rédaction de mon livre sur le droit de cuissage. Ils avaient été alors - il y a donc plus vingt ans - photocopiés, pour un usage que je n'avais à l'époque pas encore défini.
D'autres se sont ajoutés au cours des années suivantes.
Quelques-uns enfin - je pense plus particulièrement à certains textes de Madeleine Pelletier et de Madame Avril de Sainte-Croix, dont j'apprécie plus particulièrement la valeur - ont été plus récemment recherchés pour figurer spécifiquement sur ce site.
Pendant plus d'un an, je les ai alors reproduits et j'ai ainsi à nouveau re-découvert ces textes.

Tout au long de ces étapes, c'est avec le plaisir d'une militante, d'une chercheuse et d'une certaine manière d'une archéologue que j'ai lu et découvert ces textes, essentiellement issus de la presse : La Fronde, La Suffragiste, Le Libertaire, Le Père Peinard, La Bataille syndicaliste, L'Ouvrière, L'Avenir des femmes, La Guerre sociale, la Revue socialiste...

Pour une recherche plus aisée, ils sont accessibles par auteur-e et ont été regroupés par grands thèmes. Ils sont classés du plus ancien au plus récent.

Pourquoi les publier ? Parce que, si je me suis nourrie pendant des années de ces textes pour mon propre travail, je n'en ai utilisé qu'une très faible partie. Aussi était-il légitime que je leur rende leur intégrité, que je publie ces analyses et fasse connaître leurs auteur-es, que je transmette mes richesses et que j'apporte ainsi ma quote-part à l'histoire et à la pensée du féminisme.

Ces textes rédigés par des auteur-es anonymes ou plus connu-es [cette différenciation n'étant le plus souvent pas significative en terme de qualité et d'intérêt] s'échelonnent des années 1860 aux années 1930 ; certains comportent quelques paragraphes, d'autres des dizaines de pages. Certains ont, depuis leur rédaction, été publiés ; l'immense majorité ne l'ont jamais été ; seuls ceux rédigés par Aria Ly sont, à ma connaissance, inédits.

Je précise que certains textes de Madeleine Pelletier ne relèvent pas strictement d'une analyse féministe; ils ont cependant été intégrés compte tenu de leur intérêt, mais aussi dans le cadre du nécessaire projet de la publication - intégrale ? - de ses œuvres de cette si forte, si novatrice, si libre personnalité féministe.

Certains textes ont aussi été publiés essentiellement pour l'originalité de leur réflexion. Les seuls non intégralement reproduits - ceux de Maria Deraismes - le seront ultérieurement.

Mais ce qui fait leur lien, c'est que tous - peu ou prou - apportent une réflexion à la pensée.

Dans la mesure où il ne s'agit aujourd'hui encore ici que de mes propres archives actuelles - leur unité n'a pas été de ce fait pensée spécifiquement - ces textes ne sont pas [encore] publiables - autrement que sur la toile - dans le cadre d'un processus qui doit s'enrichir.

Malgré un très important travail de relectures multiples, il est évident que subsistent dans ces milliers de pages, des fautes, voire des erreurs. Tous apports critiques - mais aussi tous ajouts - seront les bienvenus.

Pour terminer, je tiens à attirer l'attention sur le grand manque de la présentation de ces textes historiques: Qu'entends-je par « féministe » ? Ces publications contribueront à approfondir la définition de ce terme.

Mais cette définition - à clarifier - ne saurait bien évidemment pas se différencier de la mise en oeuvre d'un projet politique féministe. Si nécessaire. Et si urgente.

Je voudrais enfin saluer l'immense tâche, à laquelle j'ai pris ma part matérielle, que Mathieu Boulommier a réalisée, avec sérieux, méthode, rigueur et patience, et bien sûr compétence, pour une réalisation dont il peut être légitimement fier. Qu'il soit ici chaleureusement remercié, ainsi que Marilyn Baldeck qui a conçu et géré, elle aussi avec les mêmes qualités, pendant trois ans celui qu'il faut désormais appeler l'ancien site.

Paris, le 9 novembre 2006
Marie-Victoire Louis



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