Domination masculine. Patriarcat
 Marie-Victoire Louis

Patriarcat

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 29/08/2017
date de publication : 29 août 2017
mise en ligne : 29/08/2017
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 4575 items et 23 rubriques : I. «Culture» (186) ; II. Droit (95) ; III. Êtres humains (169) ; IV. Êtres humains. Corps (67) ; V. Êtres humains. Enfants (57) ; VI. Êtres humains. Femme-s (859) ; VII. Êtres humains. Homme-s (343) ; VIII. Êtres humains. Relations entre êtres humain-es (213) ; IX. Famille (193) ; X. Féminisme-s. Féministe-s (213) ; XI. Justice (225) ; XII. Langage (163) ; XIII. Patriarcat (212) ; XIV. Penser (355) ; XV. Politique (476) ; XVI. Pornographie (56) ; XVII. Proxénétisme (176) ; XVIII. «Sciences» sociales (87) ; XIX. «Sciences» Sociales (Démographie) (24) ; XX. «Sciences» sociales (Économie) (94) ; XXI. «Sciences» sociales (Histoire) (74) ; XXII. Sexe-s [Sexualité, Sexisme] (65) ; XXIII. Violences (173)… et continuera d’évoluer.

29 août 2017

XIII. Patriarcat

En noir. Items ‘nouveaux’ (et modifiés)

I. Patriarcat : Patriarcat (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26) ; Patriarcat (Abolir le) ; Patriarcat (Anarchisme) ; Patriarcat (Apollinaire Guillaume) ; Patriarcat (Aveugle) ; Patriarcat (Baudelaire) ; Patriarcat (Capitalisme) ; Patriarcat (Colonialisme. Césaire Aimé) (1, 2) ; Patriarcat (Conciliation) ; Patriarcat (Concurrence entre hommes) ; Patriarcat (Confusion des identités) ; Patriarcat (Coût) (1,2) ; Patriarcat («Crise de conscience») ; Patriarcat (Culte du chef) ; Patriarcat (Désintégration) ; Patriarcat («Désir féminin») ; Patriarcat (Dévoilement) ; Patriarcat (Drieu La Rochelle) ; Patriarcat (Droit / Droits) : http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=1215&mode=last ; Patriarcat (Église catholique. France. 2009) ; Patriarcat («Espèce». Constant Benjamin) ; Patriarcat («Espèce». Schopenhauer Arthur) ; Patriarcat (Esclavage) ; Patriarcat («Exploitation») ; Patriarcat (Fascisme) ; Patriarcat («Folklore») ; Patriarcat (Fernando Gabeira) ; Patriarcat (Généalogie archétypale) ; Patriarcat (Histoire) (1, 2) ; Patriarcat (Homme) ; Patriarcat (Hommes) (1, 2) ; Patriarcat (Honneur. Anouilh Jean) ; Patriarcat (Humiliation. Simenon Georges) ; Patriarcat (Hymen) (1, 2, 3, 4, 5) ; Patriarcat (Incohérences) ; Patriarcat (Intellectuel-les) (1, 2) ; Patriarcat (Islam) ; Patriarcat (Islam, Iran. 1979) ; Patriarcat (Italie. Début du XXème siècle) ; Patriarcat (Jouissance) ; Patriarcat («Juge de sa propre cause») ; Patriarcat (La Tour du Pin François René de) ; Patriarcat (Lespinasse Julie de) ; Patriarcat (Libération) ; Patriarcat (Littérature) ; Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Mafias) ; Patriarcat (Manifestations) ; Patriarcat (Matriarcat) (1, 2) ; Patriarcat (Mépris. Constant Benjamin) ; Patriarcat (Mépris. Sadoul Georges) ; Patriarcat (Mise à mort, civile, politique, symbolique, réelle des femmes) ; Patriarcat (Mis sous le boisseau Guéhenno Jean) ; Patriarcat (Misme Jane) ; Patriarcat (Mœurs) ; Patriarcat (Montaigne Michel de) (1, 2) ; Patriarcat (Mont Athos) (1, 2) ; Patriarcat (More Thomas) ; Patriarcat (Normes) ; Patriarcat (Politique) ; Patriarcat (Paternalisme Sadoul Georges) ; Patriarcat (Penser le) (1, 2, 3, 4) ; Patriarcat (Penser le. Rousset David) ; Patriarcat (Penser le. Weil Simone) ; Patriarcat (Peur) ; Patriarcat (Préjugés) ; Patriarcat (Principe) ; Patriarcat (Protéger) (1, 2) ; Patriarcat (Proverbe) (1, 2) ; Patriarcat (Questions non résolues) ; Patriarcat (Racisme) ; Patriarcat (Raison. Avoir) ; Patriarcat (Révolution française) ; Patriarcat (Rivarol) ; Patriarcat (Santé des femmes. Minkowski Alain) ; Patriarcat (Servage. Kropotkine Pierre) ; Patriarcat («Service minimum») ; Patriarcat (Services. Logique de) ; Patriarcat (Seve Micheline de) ; Patriarcat (Stalinisme / Nazisme) ; Patriarcat (Statuaire) (1, 2) ; Patriarcat (Talon d’Achille) ; Patriarcat (Théorie) ; Patriarcat (Universalisme) ; Patriarcat (Vécu du. Papadiamantis Alexandre) ; Patriarcat (Vérité) ; Patriarcat (Victime) ; Patriarcat (Viols) ; Patriarcat (Violarcat) ; Patriarcat (Violences) ; Patriarcat (Vision du monde)… (136) ;

II. Patriarcat (Concept) : Patriarcat (Concept) (1,2,3,4,5,6,7,8,9,10) ; (10)

III. Patriarcat. Domination masculine : Patriarcat (Domination masculine) (1, 2, 3) ; (3)

IV. Patriarcat. «Division sexuelle du travail» : Patriarcat («Division sexuelle du travail») (1, 2, 3, 4, 5) ; (5)

V. Patriarcat. Filiation. Filliation : Patriarcat (Filiation. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; Filliation (1, 2, 3, 4) ; (13)

VI. Patriarcat. France : Patriarcat (France) (1, 2, 3) ; (3)

VII. Patriarcat (Justification) : Patriarcat (Justification. Bodin Jean) ; Patriarcat (Justification. France. Education nationale. 1988) ; Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) (1, 2, 3) ; Patriarcat (Justification. Proudhon. Utilitariste individualiste) ; Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph / Taubira Christiane) ; Patriarcat (Justification. Sade) (1, 2) ; (9)

VIII. Patriarcat. Pères : Patriarcat (Père) ; Patriarcat (Père. Althusser Louis) ; Patriarcat (Père. Aron Raymond) ; Patriarcat (Père. Bloche Patrick) ; Patriarcat (Père. Duhamel Georges) ; Patriarcat (Père. Franco) ; Patriarcat (Père. Gide André) ; Patriarcat (Père. Guilbert Yvette) ; Patriarcat (Père. Inconnu) ; Patriarcat (Père. Kafka Franz) ; Patriarcat (Père. Léautaud Paul) ; Patriarcat (Père. Le Pen Marine) ; Patriarcat (Père. Marie-Claire. 2016) ; Patriarcat (Père. Mitterrand François) ; Patriarcat (Père. Papauté. 2015) ; Patriarcat (Père. Poivre d’Arvor Patrick) ; Patriarcat (Père. Sartre Jean-Paul) ; Patriarcat. Père (Soum Évelyne) ; Patriarcat (Père. Stendhal) ; Patriarcat (Père. Staline) ; Patriarcat (Père. Tournier Michel) ; Patriarcat (Père. Tristan Flora) ; Patriarcat (Père. Yver Colette) ; Patriarcat (Père. Zidane) ; Patriarcat (Père. Zola Émile) ; Patriarcat (Père. Wikipédia) (25) ;

IX. Patriarcat (Permanence) : Patriarcat (Permanence) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9) ; (9)

29 août. 213

Patriarcat (1) : Le patriarcat relève d’une réalité, le féminisme de la pensée. (Cf. Féminisme)

Patriarcat (2) : La face la mieux cachée du monde. Celle sur laquelle il repose. Sa force essentielle : rester dans l’ombre. Le devoir premier, la tâche essentielle des féministes : le dévoiler 1, le révéler, l’analyser, le dénoncer. Pour cela, il faut en comprendre la genèse ainsi que ses modes de fonctionnement : violence, force, enfermement, déni, dévalorisation, mensonge, mépris, ruse, loi…autant de causes, de circonstances, de combinaisons, de manifestations, d’explications de son éternelle capacité à se reproduire. Il survivra tant que n’éclatera pas la vérité de cette évidence. (Cf. Féminisme. Début de définition du)

Patriarcat (3) : Le patriarcat - en tant que réalité - ne peut subsister que dans la mesure où il parvient à maintenir l’illusion de son inexistence.

Patriarcat (4) : Le patriarcat ne peut subsister que sur le déni, sur le refus de voir. Le réel l’affronte sans cesse, le ronge, en détruit les fondements. (Cf. Patriarcat. Aveugle)

Patriarcat (5) : On ne dira jamais assez les erreurs, les mensonges du patriarcat, les souffrances, les injustices, les violences qu’il a engendrés et qui sont encore la norme : les mots, les concepts, les analyses manquent…

Patriarcat (6) : Le patriarcat, une source inépuisable de questionnements ; chaque avancements en révélant d’autres…

Patriarcat (7) : Nécessité de trouver les traces profondes du patriarcat si efficacement cachées sous tous les systèmes de domination qui se sont abrités dans son sein, et dont tant d’exemples, de manifestations, sont ici évoqué-es.

Patriarcat (8) : Dans : «à la recherche du patriarcat», comme dans ‘la chasse au trésor’, est-ce la «recherche» qui importe le plus ou son aboutissement, qui, pour être impossible à atteindre, n’en est pas moins nécessaire…

Patriarcat (9) : Le patriarcat n’est réductible, enfermable, subsumable dans aucun autre système de domination.

Patriarcat (10) : La seule universalité incontestable : hommes et femmes, de tous temps et de tous lieux, vivons tous et toutes dans un monde patriarcal.

Patriarcat (11) : Reconnaître l’existence du patriarcat en tant que système de domination préexistant à tous les autres et se perpétuant dans leur permanence et leur enchevêtrement historique a nécessairement pour conséquence le naufrage de l’essentiel des fondements des théories politiques (rationaliste, des lumières, révolutionnaires, anarchistes…), économiques ([néo]-classiques, marxistes…) des théories écologiques, des théories psychanalytiques, etc.….
Et de nombre de théories féministes.

Patriarcat (12) : La force, la puissance, le pouvoir, l’assise du patriarcat réside d’abord et avant tout dans l’infra-conscient, dans l’infra-pensée, dans l’infra-historique, dans l’infra-conceptuel, dans la mémoire avant le souvenir de la mémoire, qui se perpétuent encore et toujours dans chacun-e d’entre nous…

Patriarcat (13) : Le patriarcat n’est ni un mot, ni une référence, ni un slogan, ni un drapeau, ni un référent, ni une cause, ni un marchepied, ni une explication, ni une abstraction, ni une idée, ni une sensibilité, ni une histoire, ni un vécu, ni une culture, ni un art de vivre, ni une analyse, ni une théorie, ni une problématique, ni la mesure de toute chose…Mais il est aussi tout cela, dans la mesure où le monde a été pensé par les féministes notamment, en ces termes.
Il cependant d’abord et avant tout, une réalité du monde qui devrait pouvoir - exercice impossible, impensable même - le prendre en compte dans sa totalité ; ce qui ne veut par dire en re-constituer une cohérence. (Cf. Féminisme)

Patriarcat (14) : Aucune vie ne peut s’abstraire de la prise en compte du patriarcat ; aucune vie de peut s’y réduire. (Cf. Êtres humains)

Patriarcat (15) : Les réflexions sur le patriarcat risquent sans cesse de se dissoudre dans la découverte, l’analyse, le commentaire, la seule dénonciation de ses conséquences singulières, de ses effets. (Cf. Féminisme. Pensée)

Patriarcat (16) : Dans un monde patriarcal, il faut d’abord et avant tout comprendre qu’une personne est confrontée à un système qui l’englobe, qui l’enserre, l’étouffe, la ligote dont il convient de défaire chaque nœud. [L’image de Gulliver et des lilliputiens peut s’avérer utile].
- En ce sens, toute analyse féministe centrée sur les hommes violents, aussi nécessaire, fondamentale soit-elle, est totalement insuffisante. (Cf. Droit, Justice, Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (17) : Comme tout système de domination, le patriarcat a pour intérêt et donc pour logique de fonctionnement, tout simplement sa volonté, souvent même inconsciente, de se perpétuer.

Patriarcat (18) : Le patriarcat a pour soubassements et pour soutiens tous les États. Sa force est, en sus, d’avoir fait de certaines femmes, des auxiliaires, des courroies de transmission, des complices, des pouvoirs conférés aux hommes et à leurs intérêts : constat aussi vieux que le monde. Les dominants cherchent, et si souvent trouvent, leurs défenseurs-euses chez ceux et celles qui en sont les premières victimes, auxquelles certains aménagements, certains dédommagements, certaines distinctions, certaines gratifications sont conférées - ou non. (Cf. Hommes, Femmes, Féminisme, Patriarcat. Domination masculine, Politique. États)

Patriarcat (19) : Déconstruire le patriarcat c’est, par la prise en compte, par l’analyse, par la critique de ses fondements, déconstruire le monde passé et présent. Seule sa connaissance qui explique le passé comme le présent permettrait de construire un autre futur.

Patriarcat (20) : «Masses / Élites» ; «Gauche / Droite» ; «Communisme / Fascisme» ; «Aristocratie / Bourgeoisie / Classe ouvrière ; «Riches / Pauvres» ; «Optimistes / Pessimistes» ; «Nationalisme / Internationalisme» ; «Populisme / Modernisme » ; «Bénéficiaires / Victimes de la mondialisation» ; «Riches / Pauvres» ; «Faibles / Forts» ; «Capitalisme / Socialisme» et leurs avatars …
- Rien de tout cela, comme de tant d’autres antagonismes binaires, trinaires, etc.. - et donc faux - n’est à même d’analyser le patriarcat. Tous contribuent donc à sa perpétuation. (Cf. Femmes, Langage, Penser, Politique)

Patriarcat (21) : Savoir lire, reconnaître, interpréter, comprendre les différentes manifestations du patriarcat, en saisir les [in]cohérences et les contradictions s’apprend. Il faut donc apprendre à regarder, plus loin, plus profondément que ce que l’on nous a montré et que l’on a fini par voir…. Et par croire.
Alors, l’apprentissage s’effectue seul-e ou quasi.

Patriarcat (22) : Nécessité de définir le patriarcat, sans l’enfermer dans une gangue théorique, tout en tentant d’en circonscrire, au moins le temps de l’analyse, les sphères d’influence ; faute de quoi l’humanité présente en chacun-e d’entre nous risquerait fort de continuer à y être subsumée.

Patriarcat (23) : Une analyse féministe du patriarcat agrège des grains de sable, assèche des marais, irrigue des terres, surélève des plaines, arase des collines, abat des montagnes, efface des frontières, reconfigure des paysages, permet de nouvelles plantations.

Patriarcat (24) : Il n’y a aucune fatalité historique du patriarcat ; il n’y a non plus aucune nécessité de sa perpétuation.

Patriarcat (25) : Lorsque les défenseurs / euses du patriarcat refusent de reconnaître sa réalité et persistent à s’enferrer dans la seule critique du féminisme, soit il/elle dévoile son impuissance et révèle son incompétence, et/ou son insuffisante intelligence, soit il/elle dévoile son refus circonstancié et révèle les intérêts qu’il / elle défendent. Pour retarder l’échéance : perpétuer le déni, abaisser l’intelligence : à ces fins, choisir, et si souvent ‘créer’, les interlocutrices idoines.

Patriarcat (26) : Mal à l’aise par une analyse qu’il / elle ne pouvaient mettre à bas, il / elle déclara : ‘Mais ce qui est écrit n’est pas féministe. C’est elle qui s’exprime !’.
Certes, mais elle était féministe… (Cf. Langage. Verbe. Être)

Patriarcat (Abolir le) : Lui retirer toute justification ; en montrer l’inhumanité ; en dévoiler toutes ses modalités d’expression (plus modestement : le plus de ses…) ; traquer les évidences et les passer au crible d’un regard critique ; en historiciser toutes les étapes ; poser les jalons de sa spécificité et tenter d’en montrer les permanences, les ruptures, les pesanteurs et les contradictions ; en délégitimer les thuriféraires, et plus encore, tous-tes les bénéficiaires ; ne pas se satisfaire de la critique facile des multiples manifestations les plus évidentes des antiféministes…
Et, enfin : en dégager, en analyser les différentes manifestations et mettre en évidence ses singularités.

Patriarcat (Anarchisme) : L’anarchisme, et plus globalement les pensées libertaires, faute d’intégrer le patriarcat dans leurs critiques des rapports de domination à combattre, en légitime les fondements et participe à sa reproduction. Dès lors, il dévoile les limites - pour employer un euphémisme - de ses critiques antiautoritaires.

Patriarcat (Apollinaire Guillaume) : Guillaume Apollinaire [1880-1918], auteur, dans Les mamelles de TirésiasDrame surréaliste en deux actes et un prologue»] dont c’est la première tirade : «Non, Monsieur mon mari
 / Vous ne me ferez pas faire ce que vous voulez / Je suis féministe et je ne reconnais pas l’autorité de l’homme / Du reste je veux agir à ma guise / Il y a assez longtemps que les hommes font ce qui leur plaît
 / Après tout je veux aussi aller me battre contre les ennemis
/ J’ai envie d’être soldat une deux une deux / Je veux faire la guerre - Tonnerre - et non pas faire des enfants / Non Monsieur mon mari vous ne me commanderez plus
/ Ce n’est pas parce que vous m’avez fait la cour dans le Connecticut
 / Que je dois vous faire la cuisine à Zanzibar.» 2.
- Les mamelles de Tirésias ne peut pour autant être qualifiée de «féministe».
Cf. notamment la préface de Guillaume Apollinaire : […] J’ai signalé le grave danger reconnu de tous qu’il y a pour une nation qui veut être prospère et puissante à ne pas faire d’enfants, et pour y remédier je leur ai indiqué qu’il suffisait d’en faire. La faute est plus grave, le vice est plus profond, car la vérité est celle-ci : on ne fait plus d’enfants en France parce qu’on n’y fait pas assez l’amour. Tout est là. […].» (Cf. Pornographie. Apollinaire Guillaume)

Patriarcat (Aveugle) : Cécile Duflot, ancienne ministre, rapporte une réaction qui lui fut transmise par «un député de droite, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale, avec une grande franchise» - analyse t-elle : «Mais ne croyez pas que vous êtes ministres parce que vous êtes au banc [du Gouvernement]». 3
- Pour nier jusqu’à l’évidence, pour dénier le réel, il faut nécessairement s’aveugler, devenir donc aveugle…et sourd…et insensible…et donc incapable d’analyses crédibles, viables, fondées.

Patriarcat (Baudelaire) : René Crevel [1900-1935], auteur de : «La suffisance masculine veut de putains à foutre et des petites, moyennes et grandes cérébrales à respecter ou à moquer selon le cas.»
Concernant Baudelaire [1821-1867], en voici, selon lui, l’illustration : «Revers de la médaille : Baudelaire, le jour où il veut pénétrer son Égérie officielle, Mme Sabatier, la présidente (qu’on l’appelait) n’arrive à rien. La Présidente faisait partie du système spirituel et non du système physique. Et pas moyen de passer d’une cosmogonie à l’autre. Bonne fille ou ambitieuse, même avec le feu au derrière, elle ne tint pas rigueur au poète de son impuissance. Quant à lui, on imagine qu’il ne dut pas sortir trop satisfait de chez la dame bas-bleu. Mais encore, savait-il où aller, chez Jeanne Duval, sa maîtresse, sa concubine. Là au moins, il était sûr de se sentir supérieur à la femme, sa femme et de pouvoir jouer son rôle de mâle. […] Baudelaire qui, tout mépris pour celle avec qui il n’est pas impuissant, toute impuissance avec celle avec qui il n’est pas mépris, fige en moitiés ennemies, destructrices l’une de l’autre son amour.» 4 (Cf. Êtres humains. Relations entre. Aimer, Êtres humains. Femmes. Bas-bleus. Intellectuelles, Proxénétisme)

Patriarcat (Capitalisme) : Si Karl Marx [1818-1883] a découvert le coût humain nécessaire à la mise en œuvre de la division du travail, au fondement du capitalisme, l’analyse du patriarcat doit notamment intégrer ce que fut et continue d’être le coût humain - dévolu aux femmes - nécessaire à la reproduction d’une société.

Patriarcat (Colonialisme. Césaire Aimé) (1) : Aimé Césaire [1913-2008], dans son Discours sur le colonialisme [1955] auteur de : «[…] Et n’essaie pas de savoir si ces messieurs sont personnellement de bonne ou de mauvaise foi, s’ils sont personnellement bien ou mal intentionnés, s’ils sont personnellement c’est-à-dire dans la conscience intime de Pierre ou Paul, colonialistes ou non, l’essentiel étant que leur très aléatoire bonne foi subjective est sans rapport aucun avec la portée objective et sociale de la mauvaise besogne qu’ils font de chiens de garde du colonialisme.» 5
- On peut remplacer : «colonialisme» par «patriarcat». Ou plutôt l’y ajouter.

Patriarcat (Colonialisme. Césaire Aimé) (2) : Aimé Césaire [1913-2008], au Congrès international des écrivains en artistes Noirs [20 septembre 1956], auteur de : «[…] C’est l’Inde, avec les Anglais, qui maintient le statut traditionnel de la femme Indienne ; C’est l’Inde débarrassée de la tutelle Britannique qui fait de la femme Indienne l’égale de l’homme.» 6
- Des limites intellectuelles, politiques, culturelles de l’anticolonialisme.

Patriarcat (Conciliation) : Elle concilie. Il statu quo. (Cf. Patriarcat. Division sexuelle du travail)

Patriarcat (Concurrence entre hommes) : Sartre [1905-1980], en 1960, concernant Paul Nizan [1905-1940] : «Le désir le plus facile à nommer vient du sexe et de ses convoitises brimées : dans une société qui réserve ses femmes aux vieillards et aux riches, c’est le premier malheur d’un jeune homme sans fortune et la prémonition de ses ennuis futurs. Nizan parlait avec amertume des vieux qui baisaient nos femmes et prétendaient nous châtrer.» […] 7 Un riche début d’analyse (Poursuivre) (Cf. Hommes, Langage. Possessif)

Patriarcat (Confusion des identités) : Entendu à la radio, Benoit : «Je fais partie de ces ultra privilégiés qui gagnent 10.000 euros par mois. [...] Je suis profession libérale […] (et) je suis assommé de toutes parts. […] Plus je travaille, plus je gagne, plus on me ponctionne. Et puis alors, surtout, mes enfants, en fin de compte, finalement, valent moins que les enfants des autres puisque je gagne plus d’argent, et bien, j’ai moins le droit. On me réduit mes aides pour la garde. La garde, ça coûte très, très cher. Je donne plus de 2000 euros par mois pour la garde des enfants […] mais les aides, ça se réduit comme une peau de chagrin. […]
La journaliste : […] Vous dites : ‘Les enfants de riches ne valent pas les enfants de pauvres’».
Réponse : «Exactement. Moi, c’est le ressentiment que j’ai. J’investirai tout ce que je peux pour mes enfants. […] Je m’arrête à deux parce que ça va me coûter de l’argent, beaucoup d’argent. […] Avec ou sans allocations, je ferai tout pour mes enfants, mais, nous, l’aide, on en a aussi besoin. Les frais de garde ça coûte énormément cher […]. Les aides, ça me permet de payer des nounous plus de 2000 euros par mois pour garder mes enfants parce qu’on travaille tous les deux dans mon couple.»
8 Tout à la fois, riche mais appauvri ; tout à la fois, père, salarié, employeur, contribuable : l’analyse d’un monde vu par le seul intérêt matériel du seul Benoît…
Benoît, en sus, homme / couple : son épouse, disparait englobée dans son «Je»… (Cf. Êtres humains. Soi, Êtres humains. Enfants, Femmes, Famille. Mariage)

Patriarcat (Coût) (1) : Tout chiffrage de ce que notre monde appréhende, analyse comme relevant de ses conséquences, par exemple, celles concernant les «violences» à l’encontre des femmes, et aujourd’hui, celle injustement dénommée «prostitution» 9 s’inscrit dans une logique libérale, qu’elle cautionne et justifie.
Un exercice chiffré des coûts d’une politique interdit d’emblée toute référence à une morale politique. (Cf. Politique. Morale, Proxénétisme)

Patriarcat (Coût) (2) : Pour explicitation, lu, ce jour [26 novembre 2016] la déclaration, «en cette Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes», du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il «s'est félicité de la prise de conscience du monde concernant ce fléau mais a estimé qu' il fallait faire bien davantage pour transformer cette prise de conscience en une prévention et en une intervention dignes de ce nom.
La violence à l'égard des femmes et des filles impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. Lorsque les femmes ne peuvent pas travailler en raison de la violence, leur emploi peut s'en trouver menacé, les empêchant de se procurer des revenus qui leur font cruellement défaut, remettant en cause leur autonomie et nuisant à leur capacité de rompre des relations avec des partenaires violents
» […]
La violence à l'égard des femmes entraîne également une perte de productivité chez les entreprises et grève les ressources des services sociaux, du système judiciaire et des organismes de soins de santé. La violence familiale et conjugale demeure très répandue, aggravée par l'impunité de ces crimes. Le résultat se traduit par des souffrances considérables ainsi que par l'exclusion des femmes, qui se voient ainsi privées de la possibilité de jouer pleinement le rôle qui leur revient de droit dans la société. » […] (Cf. «Sciences» sociales. Économie, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Crise de conscience) : La «crise de la conscience bourgeoise» fut souvent considérée, analysée, présentée comme l’un des phénomènes majeurs du XXème siècle. Lorsque, dans une émission de télévision, une femme évoque le viol dont elle a été victime [Flavie Flament], un homme-médecin [Denis Mukwege] qui dénonce les violences dont les femmes sont victimes, lorsque je découvre soudainement des visages qui se figent, le silence qui s’établit, le sérieux qui apparaît sincère, les rires confus, les gênes évidentes, je pense alors que peut être le XXIème siècle sera celui de la «crise de la conscience patriarcale».
Je peux, du moins, le souhaiter.

Patriarcat (Culte du chef) : Le «culte du chef», tel qu’en politique généralement analysé, dévoilé, dénoncé, et les structures familiales de pouvoir sont indissociables. Certes évident, mais pourquoi si souvent oublié par l’histoire ? Parce que, si le constat est aisé, l’analyse est [très] complexe ? (Cf. Famille, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Désintégration) : En physique, désintégrer, c’est libérer de l’énergie. Imaginons, pensons, préparons la désintégration du patriarcat : quelles immenses libérations d’énergies, quels pouvoirs enfin assumés, encore aujourd’hui inimaginables, quels bouleversements ! Quels autres mondes à penser, à préparer, à mettre dès aujourd’hui en œuvre… (Cf. Politique. Projet)

Patriarcat («Désir féminin») : Ce n’est pas le ‘désir féminin’, implicitement ou non, qualifié de, considéré comme sexuel qui serait, parce que qualifié de, considéré comme incontrôlable, insupportable aux hommes ; ce n’est pas même non plus ‘la liberté des femmes’, bien trop abstraite, qu’ils craindraient. Ce sont les conséquences pour eux du processus de libération des femmes qui leur permettent d’échapper à leurs propres pouvoirs, à leurs emprises et qui les obligeraient à se trouver confrontés à eux mêmes, sans médiations, ni transferts possibles. Mais la terre étant un immense gisement en femmes, il est relativement aisé d’en retarder l’échéance…

Patriarcat (Dévoilement) : Le dévoilement du patriarcat a nécessairement pour conséquences de donner une signification à des sentiments archaïques incontrôlés, car restés dans l’inconscient ; à des surgissements de colères, de violences, sans cela incompréhensibles ; à des incohérences restées dans l’absurde ; à des contradictions qui, pour être flagrantes, n’en sont pas moins politiquement invisibles ; à des silences qui sont autant de chapes de plomb ; à des dénis mortifères ; à des impositions absurdes ; à des angles morts de la pensée qui interdisent toute compréhension du monde ; à d’éternels problèmes non résolus car exprimés dans des termes interdisant toute solution ; à de pseudo supériorités qui ont autant d’indignités ; à de pseudo morales qui sont autant de permanence de contraintes que le simple bon sens devrait pourtant considérer comme injustifiables ; à de pseudo évidences qui sont autant de récusation de toute raison.
Seul le dévoilement du patriarcat permet aux victimes de cesser d’être invisibilisées et aux dominant-es d’être toujours protégé-es par le droit, le pouvoir et la force ; seul, il permet de cesser toute naturalisation des rapports de domination ; seul, il permet la fin d’éternelles répétitions ; seul, il permet de penser que les injustices ne sont pas nécessairement éternelles.

Patriarcat (Drieu La Rochelle) : Lu, concernant Pierre Drieu La Rochelle [1896-1945], l’analyse, en 1993, de Bernard-Henri Lévy, qui - au delà de leur personne - permet de pour mieux comprendre comment fonctionne le patriarcat :
«Regardez - dit-il à Françoise Giroud [1916-2003] - pour ne rien dire des vivants, quelqu’un comme Drieu La Rochelle. On se demande sans arrêt pourquoi ses contemporains ont été si aimables, si indulgents avec lui. Ils savaient, eux, qui il était. Ils parlaient avec lui. Ils avaient ses articles sous les yeux. Or, ils continuaient de bien l’aimer, de le voir, de le fréquenter. Et quand je dis «ils», je ne pense pas seulement, bien sûr, aux collaborateurs de la NRF allemande. Je pense à des gens comme Malraux, Nizan, d’Astier de la Vigerie, j’en passe.» […] «J’ai essayé de comprendre. Et ce qui m’a sauté aux yeux, c’est effectivement cette affaire de femmes. Drieu, c’était l’’homme couvert de femmes’ [titre de l’un des livres de Pierre Drieu La Rochelle]. Et cette réputation, probablement d’ailleurs surfaite, 10 épatait Nizan ou Malraux et les faisait passer sur le reste. Il pouvait bien être fasciste après cela. Et antisémite. Il flottait autour de son nom un parfum de femmes et de jolies femmes qui, d’une certaine façon, le sanctuarisait. Je vous parle de Drieu. Mais je pourrais prendre d’autres exemples, y compris plus proches de nous. La règle est chaque fois la même : dans l’ascendant qu’un homme exerce sur ses semblables, cette excellence supposée dans l’art de la séduction a toujours un rôle essentiel.» 11

Patriarcat (Église catholique. France. 2009) : Échanges, entendus à la radio, entre le Père Brachet [Porte parole et président du Comité de soutien Molex où une importante grève à l’usine Molex avait eu lieu en 2009], une journaliste et «Sœur Marguerite» :
- [...] Sur le site des Molex, le curé, appelle (déterminé) : «Marguerite !»
- La journaliste lui demande : «Alors, Sœur Marguerite, elle vous soutient aussi ?»
- Le curé (outré) : «Mais bien sûr qu’elle ne soutient ! ; il ne manquerait plus que ça !»
- La religieuse, plus politique : «On soutient Molex !».
- Et elle poursuit : «Moi, je suis religieuse en Pastorale sur tout le canton de Villemur (sur Tarn) aussi. Voilà. Je travaille avec le Père Philippe…».
- La journaliste : «Et donc vous le soutenez dans son combat ?»
- La religieuse (fière) : «Je crois même pouvoir dire que je …je le lui ai pas conseillé, mais il attendait avant d’agir de voir ce que j’en pensais. Parce que… je me souviens le matin où il y a eu la première manifestation, il me dit (ton interrogatif, peu assuré…) : «Ma sœur…» Je lui ai dit (ton très assuré) : «Oui, Oui, allez y !». Alors, à partir de là, il a foncé. Et puis, voilà, il était plus libre. Moi je le soutenais dans l’ombre un petit peu. …parce que, au niveau de la paroisse, il y avait de des petites choses où il avait besoin de moi, lui permettant d’être libéré.» […] 12
- Combien d’auditeurs / trices ont relevé le rôle politique de Sœur Marguerite dans la décision de l’engagement politique du prêtre ? ; combien ont interrogé les raisons de son effacement ? ; Combien ont noté le mépris du prêtre la concernant ?
Enfin, combien se sont ils/ elles demandé si toutes ces «petites histoires» ne fabriquaient pas la «grande»? (Cf., Femmes. Luttes, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Esclavage) : Les esclaves (hommes) ont pu être dits «libérés» de l’esclavage avant que les femmes n’obtiennent, en France et aux colonies, le droit au divorce.

Patriarcat («Espèce». Constant Benjamin) : Benjamin Constant [1767-1830], auteur, dans son Journal intime, en 1811, concernant son épouse : «Oh ! Qu’une femme est incommode ! Scène vive avec Charlotte. […] Au fond, Charlotte ressemble à toutes les femmes. J’ai accusé les individus, j’aurais dû m’en prendre à l’espèce. […]» 13 (Cf. Femmes, Homme. Féminisme, Antiféminisme, Langage, Patriarcat. Mépris (2))

Patriarcat («Espèce». Schopenhauer Arthur) : Arthur Schopenhauer [1788-1860], auteur de : «[…] Comme les femmes sont uniquement créées pour la propagation de l’espèce et que toute leur vocation se concentre en ce point, elles vivent plus pour l’espèce que pour les individus, et prennent plus à cœur les intérêts de l’espèce que les intérêts des individus.» 14 (Cf. Homme remarquable. Schopenhauer Arthur)

Patriarcat («Exploitation») : Une ruse - habile - du patriarcat : l’emploi du concept d’«exploitation», dans sa double acception marxiste et libérale. Le tour est joué : Subsumés dans ce terme, la spécificité de l’analyse du patriarcat disparaît, et le proxénétisme, le libéralisme se refont une virginité. Bravo, l’artiste ! (Cf. Proxénétisme. «Exploitation» sexuelle, Politique. Marxisme, Modernité)

Patriarcat (Fascisme) : Lu dans le livre de Zeev Sternel (et alii) : «Il n’existe pas une seule idée importante (du fascisme) qui n’ait été longuement murie tout au long du quart de siècle qui précède août 1914.» […]
- Pour une illustration de cette analyse concernant le patriarcat, on peut utilement lire le Manifeste futuriste (1909) de Marinetti, dont les articles 9 et 10 sont les suivants :
* Article 9. Nous voulons glorifier la guerre - seule hygiène du monde - le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idées qui tuent et le mépris de la femme.
* Article 10. Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés, opportunistes et utilitaires.» 15 (Cf. Féminisme, Penser. Idées, Politique. Guerre, Libéralisme, Morale, «Sciences» sociales. Histoire, Historiographie patriarcale)

Patriarcat («Folklore») : Dans un livre consacré au «Patois Boulonnais» à : «Zabel» : «Diminutif de Isabelle. C’est la matelote boulonnaise traditionnelle que l’on représente avec son mari Batiss’. Batisse et Zabelle sont les géants de Boulogne sur mer.»
- On y lit aussi dans ce même livre à «Couple» : «Jadis, c’était un plaisir de voir promener en couple la matelote et son homme ; lui conservant dans sa marche sur terre un peu du balancement donné par le roulis de mer et, elle, la femme se sentant belle dans son splendide costume. Spectacle aujourd’hui disparu.» 16
- Enfin, deux grandes sculptures de Batisse et Zabelle marquent l’entrée du port de pêche de Boulogne (juillet 2016). On lit : «Batisse et Zabelle sont deux figures emblématiques du folklore local. Lui, un pêcheur évoque l’activité reine de Boulogne, tandis que son épouse exhibe la toilette des dames de la Marine».

Patriarcat (Gabeira Fernando) : Daniel Cohn-Bendit, en 1985, demande à Fernando Gabeira «guérillero en 1969 [a participé à l’enlèvement de l’ambassadeur Américain à Rio de Janeiro en échange duquel 40 prisonniers politiques ont été libérés], pacifiste en 1986» : «Tu abordes très souvent le problème des rapports homme / femme. C’est parce que tu considères que l’évolution en ce domaine est un des leviers les plus efficaces pour améliorer les rapports sociaux dans ton pays ?» :
- Sa réponse : «J’en parle souvent parce que j’ai remarqué que cette question suscitait un très grand intérêt dès que je l’abordais. La mentalité machiste qui prédomine toujours dans les sociétés latino-américaines est une des causes profondes de la tolérance du peuple à des pouvoirs totalitaires. Il existe une complicité inconsciente entre le peuple et les dictateurs, car le peuple est habitué, dès l’enfance, à se soumettre à l’autorité du père. Le Brésil, c’est un pays où on bat les femmes si elles ne sont pas fidèles. Il ne s’agit pas de sous-estimer les causes économiques qui favorisent, dans notre pays, la prise de pouvoir par des dictatures militaires. Mais il est incontestable que c’est en brisant le machisme dominant qu’on peut faire naître des types de comportement qui empêcheront le retour de cette forme de pouvoir. Le principe de la dictature est dissimulé dans la multiplicité des centres de pouvoirs microscopiques, partout dans la société. Il y a un petit dictateur qui sommeille chez les pères, chez les maris, les professeurs, les fonctionnaires, et ce sont tous ces petits rouages bloqués qui empêchent le fonctionnement de la démocratie.» 17
- Remplacer «Brésil, sociétés latino-américaines», par : «monde» ; «dictateurs, dictatures (militaires)» par : «États, y compris démocratiques» ; ajouter à «centres de pouvoirs microscopiques» en précisant «d’abord et avant tout, les familles» ; insister enfin sur les raisons pour lesquelles les femmes, comme tous /toutes les dominé-es, à la fois contestent et reproduisent le patriarcat qui les dominent…et l’analyse du patriarcat avance d’un grand pas…

Patriarcat (Généalogie archétypale) : Dieu, le roi, le chef, le père, le fils.
S’en suivent le prêtre, le guerrier, le paysan, l’artiste, le gourou, le philosophe, le politique, l’artisan, l’ouvrier, le sans papiers….

Patriarcat (Histoire) (1) : Les femmes, toutes les femmes, sans exception aucune, ont des siècles d’outrages, de violences, de dénis d’elles-mêmes à faire re-connaître. (Cf. Droit, Justice, Politique, «Sciences» sociales. Histoire, Violences contre les femmes)

Patriarcat (Histoire) (2) : Lu dans le roman intitulé Histoire d’Ernestine [1762] de Marie-Jeanne Riccoboni [1713-1792], ceci :
«[…] Melle Duménil entra alors dans des détails nécessaires à ses dessins, s’étendit sur la façon de penser libre et inconséquente des hommes, sur la contrariété sensible de leurs principes et de leurs mœurs : ‘O ma chère amie ! Vous ne les connaissez pas, lui disait-elle ; ils se prétendent formés pour nous guider, soutenir, protéger un sexe timide et faible : cependant, eux seuls l’attaquent, entretiennent sa timidité et profitent de sa faiblesse : ils ont fait entre eux d’injustes conventions pour asservir les femmes, les soumettent à un dur empire ; ils leur ont imposé des devoirs, ils leur donnent des lois, et par une bizarrerie révoltante, née de l’amour d’eux-mêmes, ils les pressent de les enfreindre, et tendent continuellement des pièges à ce sexe timide, faible, dont ils osent se dire le conseil et l’appui’.» 18 Toujours pertinent. (Cf. Femme. Remarquable, Féminisme, Penser, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Homme) : Dans le patriarcat, l’homme ne sait que si rarement qu’il est homme dans le monde. Il est lui, un homme…ou aspire à l’être. Comme c’est difficile !

Patriarcat (Hommes) (1) : Les hommes ne sont pas libres car les femmes ne l’ont jamais été. Toutes les constructions fondées sur ce postulat sont donc erronées (Liberté, Égalité, Fraternité inclus). (Cf. Patriarcat. Concepts)

Patriarcat (Hommes) (2) : [Écrit après avoir lu de Simone Weil [1909-1943], dans les Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale [1934] ceci : «Les privilèges par eux-mêmes ne suffisent pas à déterminer l’oppression» 19]
L’analyse critique des hommes, de leurs pensées, de leurs actions individuelles et /ou politiques ne suffisent pas à analyser le patriarcat. La domination masculine non plus. (Idée, redondante, déjà évoquée, mais…) (Cf. Patriarcat. Penser le)

Patriarcat (Honneur. Anouilh Jean) : Jean Anouilh [1910-1987], auteur de : «[…] le sentiment de l’honneur (très rare chez les femmes) […]» 20
Le terrain déblayé, la place est libre…

Patriarcat (Humiliation. Simenon Georges) : Georges Simenon [1903-1989], auteur de : «[…] Si l’homme, par exemple, tient à faire humilier les femmes - et assez fréquemment …à peu près tous les gens que j’ai rencontré avaient assez cette tendance là - c’est que la femme n’a jamais répondu entièrement attendu à ce qu’ils en espéraient ; aucune femme je crois n’a ressemblé au rêve d’un jeune homme de 16 ou 17 ans. Et bien, toute sa vie, il s’en souviendra, même à son insu.. Et à ce moment là, il ne sera pas fâché de l’humilier comme pour lui faire payer cette sorte de manquement…» 21

Patriarcat (Hymen) (1) : Qui, diable, a décidé que l’hymen devait être rompu par un pénis d’homme ? Dieu ? Non, les hommes. Il n’appartient qu’aux femmes de le rompre d’elles-mêmes. Plus de défloration, plus de chasteté, plus de virginité… (Cf. Êtres humains. Corps, Sexe-s […])

Patriarcat (Hymen) (2) : Pour un homme, rompre l’hymen d’une femme n’est que la manifestation de l’antique «droit du premier occupant», indissociable de la force, évoquée, concernant la seul propriété, par Rousseau. 22 (Cf. Êtres humains. Corps Sexe-s […])

Patriarcat (Hymen) (3) : Une autopsie effectuée sur le corps d’Alice Hirschbrunner, assassinée en 1901 par Henri Vidal, qualifié de «tueur de femmes» la déclare «vierge». Son père demande que le portrait «tout rayonnant de gaité de ma malheureuse fille tel qu’il a été pris peu de temps avant son assassinat […] soit montré au lâche scélérat qui a voulu non seulement voler à sa victime une vie si souriante, mais encore la seule chose qu’elle possédât : son honneur immaculé.» 23(Cf. Êtres humains. Corps)

Patriarcat (Hymen) 4) : Victor Margueritte [1866-1942], met dans la bouche du parrain libre penseur, rationaliste, féministe, généreux, néo-Malthusien, de son héroïne dans son roman : Ton corps est à toi [1927], les paroles suivantes :
«Que de superstitions attachées encore à cette inutile, à cette malheureuse membrane hymen ! Cachet d’illusoire garantie, pour les maniaques de la défloration, ou dangereuse barrière imposant à la vierge la grave inconvénient des troubles menstruels, tout en l’exposant, dès le premier contact au risque d’une fécondation involontaires. […] On circoncit, par hygiène, les Musulmans et les Juifs. Pourquoi n’inciserait-on pas les chrétiennes ? Santé et morale y gagneraient…» [Cette dernière phrase étant placée en exergue de l’avant-propos du livre. p. VII] 24

Patriarcat (Hymen) (5) : Lu dans un livre de Gabrielle Rolin [1927-2013], écrit en 1978 : «Jadis, ce premier mari revendiquait aussi le titre de premier homme. Il se sentait volé, il criait à la trahison, s’il constatait, lors de la nuit de noces, de l’absence du label qui garantit la vierge à cent pour cent.
-‘C’est ton petit capital’, disait ma grand-mère, en me recommandant de veiller jalousement dessus.» 25 (Cf. Êtres humains. Corps Sexe-s […])

Patriarcat (Incohérences) : Je lis dans le livre de Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête, qu’après «Locke, Hobbes, Rousseau, Kant - pour ne parler que des plus grands - […] l’exclusion des femmes de la sphère du savoir donne lieu désormais à des incohérences théoriques explosives26
Je me rends alors mieux compte que c’est le patriarcat, dans son fondement et dès lors dans toutes ses modalités d’expression qui est fondé sur - et qui reproduit et légitime - «des incohérences théoriques explosives.»

Patriarcat (Intellectuel-les) (1) : Critiquer les «intellectuel-les», le plus souvent des hommes il est vrai, est d’autant plus nécessaire que la parole qui leur est si généreusement accordée est nécessairement retirée à tous/toutes les autres. Lequel d’entre eux / elles, parmi ceux et celles traditionnellement invité-es par les médias, s’est il /elle, une seule fois, ne serait ce que posé la question : et si je suggérais de transférer mon temps de parole à quelqu’un-e à qui jamais il n’est proposée ? (Cf. Hommes «Intellectuels». France)

Patriarcat (Intellectuel-les) (2) : Dévoiler la face cachée ou non des pensées, des actes des intellectuel-les est d’autant plus nécessaire qu’ils/elles participent si souvent comme caution à la perpétuation de l’injustice du monde.
- Je me permets, les concernant, de reprendre le jugement de Mirabeau (1749-1791] concernant les aristocrates, le 16 juin 1789 : «ceux dont nous avons à combattre la hauteur et les prétentions». Mais lui, alors, aspirait alors, il est vrai, simplement à «ne pas les effrayer». 27 (Cf. Culture, Politique, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Islam) : Entendu dans la bouche de Houria Abdelouhaed évoquant l’une des épouse du prophète Mohammed, Zaynab bint Jahsh :
«Zaynab bint Jahsh, qui, était décrite comme la Belle Hélène de l’Arabie, était d’une beauté foudroyante. […] Elle était la femme de son fils adoptif, Saïd. Et Saïd, avant le mariage avec Zaynab, est quelqu’un qui a choisi le prophète au dépends de sa propre famille. Donc, il a institué la paternité comme paternité symbolique et la filiation comme celle de l’esprit et non comme celle de la chair et du sang. Ce jour là, Mohammed dit, en s’adressant à ‘la communauté’ : ‘Soyez témoins, Saîd est mon fils, il hérite comme j’hérite de moi, comme j’hérite de lui.’ Et donc Zyad Ibn Harissa, fils de Harissa devient Zyad Ibn Mohammed, fils de Mohammed. Il lui donne comme épouse Zaynab. Elle est très réticente, c’est la belle aristocrate et elle n’allait pas se marier avec un affranchi. Il faut se resituer dans l’époque, il y 15 siècles, C’était une Arabie esclavagiste […] Et Gabriel - et là, il y une sur-présence de Gabriel - vient la réprimander ; elle obéit à l’injonction de Gabriel et elle épouse Saïd. […] Un jour, Mohammed est allé voir son fils adoptif, alors qu’il était absent. Et à ce moment là, il tombe sur Zaynab. […] Il voit cette beauté éblouissante et il dit : «Il n’y a que Dieu qui détient la puissance»…Et il est frappé d’insomnie. Aïcha, la petite épouse préférée dit-on, se rend compte qu’il y a quelque chose qui tourmente son mari, c’est à dire le désir pour une autre femme. La question était vraiment cruciale. Comment se défaire de sa parole ? Comment prendre la femme du fils adoptif ? Et Gabriel vient secourir son prophète, et lui dit que le mariage avec Zynab est licite. [...] Aïcha dit : «Il ne peut pas prendre une Zaynab parce qu’il a déjà les quatre épouses». Et là, Gabriel vient la réprimander et rendre licite du mariage du prophète avec Zaynab.» 28 (Cf. Famille. Polygamie)

Mohammed eut onze ou treize épouses.

Patriarcat (Islam, Iran. 1979) : Shirin Ebadi, avocate Iranienne, Prix Nobel de la paix en 2003, auteure de : «[…] Figurez vous que, avant même que la constitution soit votée et qu’on élise une Assemblée Nationale, le Conseil de la Révolution (créé par Khomeiny) a proclamé une loi selon laquelle un homme pouvait désormais épouser quatre femmes. En cas de divorce, la mère perdait le droit de garde des enfants. J’ai immédiatement écrit un article interpellant les mollahs : ‘Avez vous fait la révolution pour pouvoir épouser quatre femmes ?’. […] Ce n’était pas une révolution islamique mais bien une révolution machiste.» 29
- Ou plutôt une révolution patriarcale en lien avec et utilisant l’Islam ?
- Attirer l’attention sur le fait que cette loi ait été «proclamée» avant même l’organisation institutionnelle des pouvoirs publics étatiques peut aisément plaider en soutien de l’analyse concernant la prééminence des fondements patriarcaux des sociétés sur leurs fondements strictement politiques.
- En tout état de cause, l’inversion de l’analyse ici soulevée par Shirin Ebadi est fondamentale et dépasse largement l’exemple Iranien.
Elle explique sans doute dans une large mesure le renouveau de l’Islam - une reviviscence du patriarcat - dans toutes ses modalités d’expression, les plus violentes incluses. En y ajoutant toutes les raisons (si aisément compréhensibles) pouvant justifier la haine de l’Occident, et globalement son incapacité actuelle à les interroger et à se remettre en cause, les violences qualifiées de ‘terroristes’ actuelles prennent, pour beaucoup d’entre elles, sens et signification. (Cf. Famille. Code de, Politique. Terrorisme)

Patriarcat (Italie. Début du XXème siècle) : Dans le livre de Sibilla Aleremo, Une femme [1974], celle-ci décrit le débat d’une séance la Chambre des députés italienne (sans date) à laquelle elle avait assisté «pendant laquelle une intervention sur la traite des blanches avait été ‘liquidée’ en cinq minutes avec désinvolture par un ministre qui déclara que la législation italienne était sur ce point bien meilleure que dans d’autres pays, tandis que, dans l’aula (l’hémicycle) presque vide quelques messiers honorables ouvraient leur courrier ou bavardaient, inattentifs. Un député clérical avait lugubrement gémi sur la nécessité de cette ‘soupape de sécurité du mariage’. Il avait été interrompu par l’intervenant qui disait que le mariage était un fétiche auquel on sacrifiait des créatures humaines. Deux sous-secrétaires pointaient leurs binocles vers la tribune des femmes en se pavanant ; puis on était passé aux bilans budgétaires.» 30 (Cf. Politique. Démocratie, Proxénétisme)

Patriarcat (Jouissance) : Benjamin Constant [1767-1830], auteur, en 1819, de : «Le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances.» 31
- Forte critique du monde [moderne]. (Cf. État, Liberté, Libéralisme, Mœurs, Proxénétisme, Sécurité, Vie - dite - privée)

Patriarcat («Juge de sa propre cause») : Si l’une des règles fondamentales de la constitution de toute société, celle au fondement de tout droit est que «Personne en doit être juge de sa propre cause» ; si l’on considère que, depuis des siècles, les hommes ont été seuls juges y compris en droit de leur propre cause, alors et leurs pensées et leurs actes, découlant de ce fondement, doivent être considérés comme illégitimes. Nulles et non avenues ? (Cf. Droit. Justice, Politique)

Patriarcat (La Tour du Pin François René de) : Michel Winock, dans son Journal, auteur de : «Je trouve dans La tour du Pin [François René de Latour du Pin.1845-1924] l’essence de la pensée traditionnaliste, qui pourrait se résumer : chacun à sa place, le monarque sur son trône, le magistrat sur son siège, le seigneur en son manoir, le marchand et son comptoir, l’artisan en son atelier, le paysan en sa manse, de la même façon que l’évêque en sa charge pastorale, le religieux en sa maison conventuelle, la chanoine en son chapitre, le prêtre en sa chaire paroissiale.’» (Sans source). 32
- J’y vois, pour ma part, dans cette tranquille affirmation, certes écrite en 1970, mais publiée en 2015, que les femmes n’ont, pour un historien, aucune «place» dans la société. J’y vois aussi non pas «l’essence de la pensée traditionnaliste», mais l’expression caricaturale, tant elle est totalisante, de la pensée patriarcale.

Patriarcat (Lespinasse Julie de) : Julie de Lespinasse [1732-1776] écrivait à un homme cette terrible phrase : «Votre volonté me décidera». 33
- Ne jamais cesser de s’interroger sur le risque, la probabilité, d’être ‘décidée’ sinon par, du moins en fonction de, ‘l’autre’…

Patriarcat (Libération) : C’est à chacun-e de se libérer, autant qu’il / elle peut, autant qu’elle / il veut s’en donner les moyens, de toutes les normes, les contraintes, les valeurs, les lois qui lui, qui nous ont été imposées. Ce sont ces choix individuels, à chaque étape de la vie, qui font de nous des êtres plus libres. Mais la reconnaissance de ce nécessaire cheminement individuel doit s’accompagner d’une analyse politique globale afin d’éviter de perpétuer, par l’individualisation des vécus, le monde actuel. Rappel nécessaire afin d’éviter, afin d’empêcher toutes les logiques individualistes, libérales dans laquelle tant de féministes sont, dans le monde, si efficacement entraînées. (Cf. Politique. Projet)

Patriarcat (Littérature) : Comment une société reproduit-elle le patriarcat ? Un exemple : en ne cessant de vanter Marguerite Duras et en occultant Christiane Rochefort, en portant aux nues L’Amant et en passant sous silence Stances à Sophie ? 34
* Ajout. 2 janvier 2017. Autre exemple : en vantant - à juste titre - L’établi de Robert Linhart [1978] 35 et en passant sous silence le livre, non moins remarquable concernant notamment la vie en usine, de Claire Etcherelli, Élise ou la vraie vie [1967]. 36 (Cf. Culture, Femme. Écrivaine. Rochefort Christiane)
* Ajout. 21 février 2017. En ayant fait lire à plusieurs générations, La petite fadette, La mare au diable, etc.…de George Sand [1804-1876] et en passant sous silence Jacques [1884], sa correspondance, son œuvre autobiographique.

Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (1) : Si tout le monde - ou presque - peut sans excès de précaution, ni de rigueur, voire en tout cynisme, s’affirmer féministe, alors les luttes dites «féministes» n’ont plus que peu de signification. Remplacer l’expression de «luttes féministes» par «luttes anti-patriarcales» aurait l’avantage de poser et de reconnaître d’emblée l’existence d’un système de domination spécifique. Ne suffirait pas pour autant. (Cf. Politique. Luttes, Proxénétisme)

Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (2) : Concernant, notamment, son livre : Madame Chrysanthème, à quand une dénonciation commune féministe, antiraciste, japonaise et française de Pierre Loti [1850-1923] ?

Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (3) : Les luttes anti-patriarcales ne peuvent être effectives que par l’effet conjugué de confrontations sans concession, afin d’imposer d’inévitables ruptures. (Cf. Féminisme, Penser)

Patriarcat (Luttes anti-patriarcales) (4) : Les luttes-de-femmes, limitées à leurs seules revendications telles que généralement auto-limitées dans leur présentation : luttes pour le salaire, le droit de vote, la dignité, l’avortement…participent de l’auto-régulation du patriarcat.
En effet, sans rien enlever à leur nécessité, ni à leur valeur, ces luttes - qui dérangent, sont récusées, souvent brutalement réprimées - permettent aussi au patriarcat de s’adapter, le plus souvent malgré lui et contre la perception qu’il a de ses intérêts, à l’évolution du monde.
Le patriarcat comme tous les systèmes de domination fondées sur la violence nécessaire au maintien d’un pouvoir illégitime, a besoin d’être bousculé, remis en cause : c’est même la condition de se permanence.
Accepter ce constat, banal, et surtout en tirer les conséquences permet de mieux appréhender et leur subversion et leur fonctionnalité.
Penser les luttes de femmes comme étant parties prenantes d’un monde analysé comme patriarcal et ayant pour finalité de s’inscrire dans le cadre d’un projet anti-patriarcal est alors nécessaire. (Cf. Politique. Luttes de femmes)

Patriarcat (Mafias) : Entendu un analyste de la Ngrandheta Calabraise, à propos des dangers pour une femme, ‘repentie’, d’accepter de parler à la justice, cette analyse concernant la mafia : «Si elle ne tient pas ses femmes, comment peut-elle prétendre à tenir un territoire ?» 37 (Cf. Êtres humains. Corps. Frontières)

Patriarcat (Manifestations) : «Complimenter» les femmes pour dissuader la critique ; «Flatter» les femmes pour les empêcher de penser par elles mêmes ; «Caresser» les femmes pour leur faire ‘perdre la tête’ ; «Accorder des faveurs» aux femmes pour repousser la revendication de leurs droits ; «Violer» les femmes pour leur ‘apprendre le plaisir’ : ce sont sur ces prérequis que les hommes se sont auto-conférés le monopole de la raison.

Patriarcat (Matriarcat) (1) : Ce que l’on nomme, sans excès de rigueur, ’matriarcat’, n’est en réalité qu’un patriarcat par défaut [d’hommes] ?

Patriarcat (Matriarcat) (2) : Le matriarcat : un mythe patriarcal. 38

Patriarcat (Mépris. Sadoul Georges) : Dans le Dictionnaire des films de Georges Sadoul, on lit concernant La Salamandre [Alain Tanner. 1971] : «L’idée de départ, dit Tanner, est venue d’une tentative de ‘symboliser deux attitudes face à la réalité : l’une très objective et réaliste dans l’approche des faits, l’autre beaucoup plus imaginative… symbolisées dans le film par le journaliste et l’écrivain, avec la primauté donnée à l’écrivain… Il fallait un troisième personnage qui soit les faits. Le troisième, c’est la fille» [jouée par Bulle Ogier]. 39 (Cf. Culture. Cinéma, Langage. Patriarcat. Paternalisme. «Service minimum», Politique. Mépris)

Patriarcat (Mépris. Constant Benjamin) : Benjamin Constant [1767-1830] écrit dans son Journal intime en 1804 :
- «Diné avec quelques femmes. Ce qu’on appelle les femmes d’esprit, c’est du mouvement sans but. C’est tout à fait une création sociale et par conséquente artificielle. Tant qu’il y a un peu de figure, cela va ! Un petit intérêt physique soutient et fait pardonner l’agitation inutile et sans résultat de leur être moral. Mais à un certain âge, les femmes ne sont plus faites pour la société. il leur reste le rôle d’amie, mais d’amie dans le retraite, recevant les confidences et donnant des conseils à l’homme dont elles sont le deuxième ou le troisième intérêt dans la vie
- Du même, même année, concernant Madame de Staël : «Il n’y a rien de si bon, de si aimant, de si dévoué qu’une femme !».
- Du même, même année : «Triste sort que celui des femmes ! Il est certain que pour leur bonheur une retraite presque orientale vaudrait mieux que l’état de demi indépendance que nous leur laissons. Après 30 ans, que leur sert leur liberté si l’on n’a à offrir ce dont personne ne veut plus !» 40 On peut noter la contradiction (du moins apparente) entre ce ‘constat’ et le fait Madame de Charrière avait 47 ans lorsqu’il la connut, Madame de Staël, plus de 30 ans, Charlotte de Hardenberg, la quarantaine lorsqu’il l’épousa et Madame Récamier près de la cinquantaine lorsqu’il fut amoureux d’elle. (Cf. Femme. Écrivaine. De Staël Madame de. Femmes. «Bas-bleu». Beauté, Homme. Intellectuel, Politique. Mépris)

Patriarcat (Mise à mort, civile, politique, symbolique, réelle des femmes) : Lu dans le livre signé par Sediqa Massoud, l’épouse du Commandant Massoud [1953-2001] la liste des interdictions imposées en Afghanistan par les talibans [1996-2001] aux femmes, sous menace souvent effective de mise à mort : Interdictions de :
- Travailler en dehors de la maison, y compris pour les médecins, les enseignantes, les ingénieurs et la plupart des professions
- Sortir sans être accompagnées par un
mahram (parent masculin)
- Traiter avec les commerçants hommes
- Se faire soigner par un médecin homme
- D’aller à l’école, à l’université ou dans quelque autre organisme éducatif
- Obligation de porter un
tchadri les recouvrant de la tête au pieds
- Parler ou serrer la main d’hommes autres que les
mahram. Interdiction de rire de manière audible
- Porter des chaussures à talons, pour ne pas faire de bruit en marchant
- Parler à la radio, à la télévision ou d’être présentes lors d’évènements publics
- De faire de la bicyclette ou de la mobylette, même accompagnées d’un
mahram
- Porter des habits de couleur vive
- Se rassembler lors de fêtes populaires ou pour tout motif récréatif
- Laver du linge près de rivières ou en public
- D’apparaître au balcon des maisons ou appartements. Obligation de peindre toutes les fenêtres, pour éviter que les femmes ne soient vues en public
- De porter un pantalon large, même sous le
tchadri
- Pour les tailleurs hommes de prendre les mensurations d’une femme ou de lui coudre des habits
- Monter dans les transports en commun»
41 (Cf. Violences à l’encontre des femmes)

Patriarcat (Mis sous le boisseau. Guéhenno Jean) : Jean Guéhenno [1890-1978], dans son livre Journal d’un homme de 40 ans [1934], rapportant notamment les années d’étudiants à l’École normale supérieure, avant la guerre de 1914, écrit : «[…] J’ai dit quelques uns de nos plaisirs. Mais je n’ai pas dit le plus secret et le plus profond, cette découverte que nous faisions de la beauté et de l’amour des femmes…Mais ceci est une autre histoire. Que chacun l’enferme en soi.» 42
- Et les secrets les mieux cachées, les pires inclus, ainsi se perpétuent…

Patriarcat (Misme Jane) : Jane Misme [1865-1935], auteure, en 1915, de : «Lorsqu’un mal social se perpétue, c’est qu’un nombre plus ou moins grand d’individus en bénéficie ou espère en bénéficier. Plus les bénéficiaires ou les postulants au bénéfice sont nombreux ou puissants, plus le mal se prolonge. Or, la dépendance de la femme est, entre toutes, celle qui comporte le plus de compensations.» Forte analyse politique. 43

Patriarcat (Mœurs) : Astolphe de Custine [1790-1857], auteur, en 1812, de : «Les peuples subjugués ou opprimés croient se venger en défendant au moins leurs mœurs.» 44 Les femmes par dizaines de millions paient toujours aujourd’hui le prix de ce juste constat.

Patriarcat (Montaigne Michel de) (1) : Michel de Montaigne [1533-1592], auteur de : «Les femmes ont raison de se rebeller contre les lois parce que nous les avons faites sans elles.» 45 Un Montaigne féministe ? (Cf. Droit, Féminisme, Justice, Politique. Lois)

Patriarcat (Montaigne Michel de) (2) : Michel de Montaigne [1533-1592], auteur de : «La longue souffrance engendre la coutume, la coutume, le consentement et l’imitation.» 46 Analyse éclairante…

Patriarcat (Mont Athos) (1) : Un moine du Mont Athos (Grèce), auteur de : «Marie est notre mère, elle est la seule femme du Mont Athos.» 47

Patriarcat (Mont Athos) (2) : En 2003, avec 274 voix pour et 269 contre (14 abstentions), l'assemblée européenne a, en particulier, adopté une disposition qui réclame le libre accès des femmes au Mont Athos, haut lieu du christianisme orthodoxe grec : 98. demande la levée de l'interdiction empêchant les femmes de pénétrer au mont Athos en Grèce, zone géographique de 400 km2 où leur accès est interdit en vertu d'une décision prise en 1045 par les moines des vingt monastères de la région, décision qui viole aujourd'hui le principe universellement reconnu de l'égalité des genres, de la non-discrimination ainsi que la législation communautaire sur l'égalité, de même que les dispositions relatives à la libre circulation des personnes au sein de l'UE».
- Le site Athéisme.org d’où cette information est issue précise : «Il est à noter que le rapport Swiebel (nom de la députée à l’initiative de cet ajout) n'a été voté que par trois députés grecs sur 25.» 48

Patriarcat (More Thomas) : Thomas More [1478-1535], dans L’Utopie [1516], auteur de : «Je vais vous exposer maintenant les relations des citoyens entre eux, leur commerce, et la loi de distribution des choses nécessaires à la vie. La cité se compose de familles, la plupart unies par les liens de la parenté. Dès qu'une fille est nubile, on lui donne un mari, et elle va demeurer avec lui. Les mâles, fils et petits-fils, restent dans leurs familles. Le plus ancien membre d'une famille en est le chef, et si les années ont affaibli son intelligence, il est remplacé par celui qui approche le plus de son âge. […] » 49 Lire tout le livre…(Justice. More Thomas, Politique. Lois. More Thomas)

Patriarcat (Normes) : Ponctuellement critiquer l’une ou l’autre des normes (politique-s, sociale-s, juridique-s, symboliques-..), fussent t-elle-s qualifiées de «dominantes», n’invalide pas le patriarcat. Mais ne pas les interroger, maintenir leur invisibilisation, c’est les - et le - perpétuer.

Patriarcat (Paternalisme. Sadoul Georges) : Dans le Dictionnaire des cinéastes de Georges Sadoul, on lit concernant Agnès Varda (à comparer aux autres cinéastes présentés) : «Une vision aigue, très personnelle, des choses et des gens, le sens du drame éternel lié à l’actualité la plus directe : La Pointe courte, Cléo de 5 à 7. Une sarcastique tendresse : Opéra Mouffe. Bref, cette femme est quelqu’un, et l’une des meilleures révélations de la nouvelle vague.» 50 (Cf. Culture. Cinéma, Êtres Humain-es. Femmes, Patriarcat. Mépris. «Service minimum»)

Patriarcat (Penser le) (1) : Lorsque, nous, les femmes, tentons de penser le patriarcat, il ne faut jamais oublier que nous sommes gorgées des systèmes de pensées que nous voulons et devons critiquer ; en effet, les pensées, l’agir, les cultures, les normes, les injonctions, les non-dit, etc.…du patriarcat nous furent transmis comme le lait du bébé des seins de sa mère (ou de son biberon).
- Nous nous en libérerons d’autant plus aisément que nous saurons, comprendrons toutes les «faiblesses», les failles, les injustices sur lesquelles repose le monde actuel. (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le) (2) : Si la solidarité avec les femmes dominées, violentées, tuées…est l’Abc du féminisme (comme de l’humanisme…), elle ne peut tenir lieu de pensée du patriarcat. (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le) (3) : On peut, pour aider à la réflexion, se référer à l’analyse éclairante lue dans l’Internationale situationniste [laquelle concernait «l’absence d’hypothèse d’ensemble»] à savoir : «l’absence de pensée d’ensemble, c’est à dire en fait le monopole d’une seule pensée non théorisée […]» 51
- Cette analyse concerne toutes celles, la quasi totalité, qui prennent pour acquis - sans être à même de le penser donc - le patriarcat. (Cf. Penser)

Patriarcat (Penser le) (4) : Les réflexions sur le patriarcat risquent sans cesse de se dissoudre dans la découverte, l’analyse, le commentaire, la seule dénonciation de ses conséquences singulières, de ses effets.

Patriarcat (Penser le. Rousset David) : Doit-on appliquer à l’analyse du patriarcat ce que David Rousset [1912-1997] considère comme valide pour toutes les sociétés qu’il qualifie d’«antagoniques» ? : «Si toutes les sociétés historiquement répertoriées sont antagoniques ; si cet antagonisme se révèle le ressort de leurs mutations ; il apparaît, aussi loin que puisse être porté l’examen, que cette réalité vécue a été consciemment perçue ; que d’immenses efforts, de prodigieuses dépenses d’imagination sont sans cesse requis pour masquer cette prise de conscience et en annuler les effets perturbateurs.» Puis, il évoque «l’ampleur et la complexité des théories élaborées pour en expliquer et en masquer la nature antagonique, pour en prévenir et en juguler les retombées subversives […] afin d’empêcher l’établissement de la vérité sur la société52
En excluant la question insoluble et sans doute mal posée de la «conscience» qu’une société peut avoir d’elle-même, la réponse me paraît être : oui.

Patriarcat (Penser le. Weil Simone) : Penser, concernant l’analyse critique du patriarcat, à la très forte critique de Simone Weil [1909-1943] concernant le marxisme : «[…] À force de développer la critique de l’économie capitaliste, le marxisme a fini par donner de larges fondements aux lois de cette même économie. […]» 53

Patriarcat (Peur) : La peur qu’un seul homme inflige à une femme bénéficie à tous les hommes. Et lui-même ne peut agir ainsi que du fait de toutes les violences que les hommes ont infligé et infligent encore aux femmes dans le monde. Et de toutes celles dont ils ont été eux-mêmes victimes.

Patriarcat (Politique) : George Valence, dernier biographe de Raymond Poincaré, [1860-1934], le concernant, en 2017, auteur de : «Poincaré a aimé la France comme une femme.» 54 (Cf. Politique. Guerre)

Patriarcat (Préjugés) : Lettre d’Angélique Arnaud [1797-1884] à Caroline Simon [1802-?] en mars ou avril 1835) : «[Ta mère] comprendra que tu n’as rien perdu de tes qualités précieuses en bravant le joug du passé. Pourquoi donc en effet serait-on si sévère à un entraînement du cœur, ou si l’on veut à un entrainement religieux, parce qu’il appartient à une femme, lorsqu’on tolère aux hommes des légèretés si coupables ; pourquoi faut-il que pour le même acte l’un se glorifie et se pavane, tandis que l’autre courbe son front vers la terre et se noie dans les larmes. Oh ! préjugés iniques, il ne faut pas moins de tortures pour arriver à vous terrasser qu’il n’a fallu de sans pour abreuver l’arbre de la liberté.» 55 (Cf. Femme. Remarquable, Féminisme)

Patriarcat (Principe) : L’histoire n’est jamais explicable par un principe, ni par deux, ni par trois, ni par aucun. Pas plus celle du patriarcat, que celle de la lutte des classes…

Patriarcat (Protéger) (1) : Être protégé-e, c’est être obligé-e. (Cf. Droits. Protéger, Femmes. Protéger. Langage. Verbe. Protéger, Patriarcat. Protéger)

Patriarcat (Protéger) (2) : Michel Onfray présente ainsi, sans plus d’interrogations, les relations entre Hannah Arendt (18 ans) et Hans Jonas (21 ans) : «[…] Il la protège des opportunités masculines, parce que les garçons venaient souvent lui faire des avances et elle le protège de la brutalité du monde. […]» 56 (Cf. Droits, Protéger, Femmes. Protéger, Homme «Intellectuel». Onfray Michel, Langage. Verbe. Protéger, Patriarcat. Protéger)

Patriarcat (Proverbe) (1) : Entendu dans le film La grande guerre de Mario Monicelli, 1959 : «Péché de pantalon mérite absolution». (Cf. Cinéma. Culture, Violences)

Patriarcat (Proverbe) (2) : Lu dans le livre de Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde [2005] quelques «proverbes hideux» qu’il a collectionnés au cours de ses voyages :
- «Quand un fille naît, même les murs pleurent» (Roumanie)
- «Une fille donne autant de soucis qu’un troupeau de mille bêtes» (Tibet)
- «Instruire une femme, c’est mettre un couteau entre les mains d’un singe» (Inde)
- «La femme est la porte principale de l’enfer» (Inde)
- «La femme que dieu comble de bonheur est celle qui meurt avant son mari» (Monde arabe)
- «Merci, mon dieu, de ne pas m’avoir fait naître femme» (Monde juif) 57(Cf. Homme. Féminisme. Tesson Sylvain)

Patriarcat (Questions non résolues) : C’est fou le nombre de questions dont on nous affirme qu’elles sont «non résolues», voire non solvables, alors qu’elles sont, sinon résolues - ce qui serait absurde - du moins très largement et depuis longtemps, abordées, objets de débats, traitées, clarifiées par les féministes. Et c’est ainsi que le monde régresse.

Patriarcat (Racisme) : Dans les fondements de la pensée raciste, lorsqu’une une victime est blanche, l’agresseur est nécessairement de couleur, noir, arabe, tchétchène, etc… Dans les fondements de la pensée patriarcale, quand la victime est une femme, l’agresseur n’est pas un homme.

Patriarcat (Raison. Avoir) : «Avoir raison» est si souvent, pour un homme, la plus grave critique qu’il puisse adresser à une femme. Cohérent : dès lors que la loi, la culture, l’histoire dit à l’homme qu’il est supérieur à la femme, il doit avoir raison [d’elle]. (Cf. Langage. Verbe. Avoir, Homme. Infériorité)

Patriarcat (Révolution française) : «En coupant la tête à Louis XVI, la révolution française a coupé la tête à tous les pères de famille.» [Allusion aux propos du duc de Chaulieu, rapportés dans la Lettre de Mademoiselle de Chaulieu à Madame de L’Estorade, in Balzac (Honoré de), Mémoires de deux jeunes mariés. Librairie Nouvelle. 1856, p.59] 58
En intégrant à l’analyse, «la tête» elle aussi «coupée» de Marie-Antoinette, une réflexion sur cette liaison entre la tête coupée du roi et la structure de la famille, serait assurément riche…et assurément complexe. (Cf. Famille, «Sciences»sociales. Histoire. Révolution française)

Patriarcat (Rivarol. Antoine de) : Antoine de Rivarol [1753-1801], auteur, en 1789, de : «Si, au lieu d’exciter le peuple, on eût cherché à l’adoucir, on lui aurait dit qu’une nation n’a point de droits contraires à son bonheur, qu’un enfant qui se blesse exerce sa force et non ses droits : car tout peuple est enfant et tout gouvernement est père.» 59 (Cf. Famille, Politique. Peuple)

Patriarcat (Santé des femmes. Minkowski Alain) : En 1979, le professeur Alain Minkowski [1915-2004], lors d’un colloque organisé par Choisir, affirme que «les études médicales en obstétrique sont très mal faites» et «qu’un très grand nombre d’étudiants (en médecine) ne voient jamais de femmes enceintes.» 60

Patriarcat (Servage. Kropotkine Pierre) : Lu dans les Mémoires d’un révolutionnaire de Pierre Kropotkine [1842-1921], en Russie, en 1861, avant l’abolition du servage : «En ce temps là, la fortune des seigneurs fonciers se mesurait au nombre d’âmes qu’ils possédaient. Âme signifiait serf du sexe fort : les femmes ne comptaient pas61 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)
- Et après ?

Patriarcat («Service minimum») : Dans le Dictionnaire des cinéastes [1965], de Georges Sadoul [1904-1967] on lit concernant Nadine Trintignant : «Monteuse, puis assistante, elle réalise en 1966 son premier court métrage […]. Puis des longs métrages […]. Elle travailla ensuite pour la télévision, avant de revenir au cinéma […]». (Cf. Cinéma. Culture, Patriarcat. Politique. Mépris. Paternalisme)

Patriarcat (Services. Logique de) : Servir est la tunique de Nessus des femmes. Elle nous colle à la peau.

Patriarcat (Sève Micheline de) : Micheline de Sève, auteure, en 1985, de : «La gauche s’inquiète fort de la primauté accordée par les féministes à leur solidarité entre femmes plutôt qu’à leur intérêt de classe. Mais pourquoi s’inquiète-t-elle si peu de l’intégration des hommes à la structure patriarcale de la société ?» 62
Pourquoi l’évidence, telle qu’ici, exprimée est-elle si longue à être simplement vue ?

Patriarcat (Stalinisme / Nazisme) : Lu dans Le Journal de Maria. Une institutrice soviétique dans la guerre. 1941-1943, à la date du 17 septembre 1941 : «À partir de ce jour, ma vie a repris son cours d’avant, comme l’été dernier, avec quelques fois quelques nouveautés. On m’a apporté en cadeau une montre. Elle est magnifique. Me voilà dans mon rôle de maîtresse de maison. ‘Il est vain, jeune fille, de vouloir s’émanciper, de faire des études. Ta place est près du poêle. Tu dois faire tourner la maison et faire des enfants !’ Quelle tristesse, quelle régression ! Voilà ce qu’on me serine au village à longueur de journée. Ce sont ces mêmes préceptes que les Allemands mettent en avant dans leurs journaux. C’est ainsi qu’ils voient les femmes…» 63 (Cf. Politique)

Patriarcat (Statuaire) (1) : La coupole du Parlement d’Helsinki est «ornée de sept statues. Six d’entre elles représentent des hommes nus qui incarnent des figures historiques de la société finlandaise ; le marin, l’agriculteur, le bûcheron. La septième au milieu est celle d’une femme. C’est la seule statue qui tourne le dos à l’hémicycle. On voit la face postérieure, splendide, du corps de cette femme tenant sur son bras droit un bébé qui, lui, se montre de face, comme la statue des hommes.» 64 (Cf. Politique)

Patriarcat (Statuaire) (2) : Sur Wikipedia, je lis : «Le mot ‘Statuaire’ désigne à la fois : Le nom masculin statuaire : le sculpteur qui réalise des statues ; Le nom féminin statutaire : l’art de réaliser des statues […]» (Cf. Langage)

Patriarcat (Talon d’Achille) : Les femmes - chacune d’entre elles et toutes ensemble - sont, pour les hommes - pour chacun d’entre eux pour tous ensemble - leur talon d’Achille.

Patriarcat (Théorie) : Toute théorie est enfermement, clôture, sclérose. Toute théorie est négation de l’histoire, déni de la vie. La prétention à l’élaboration, à la construction d’une «théorie» et le droit de chaque être humain à son irréductible singularité sont incompatibles, sont irréconciliables. En lieu et place, rechercher, analyser, mettre en lumière tous les efforts quotidiens des êtres humains - femmes au premier chef - depuis toujours, pour s’en libérer, s’en prémunir, en atténuer les effets, les conséquences, le dénoncer. Et mettre en œuvre des contournement, des alternatives, des subversions. Mais pour cela, ne faut-il pas, sinon une théorie, du moins une grille de lecture structurée ?

Patriarcat (Universalisme) : Le pseudo universalisme tel que conceptualisé, politisé par l’histoire, la [philosophie] politique, le droit…est sans cesse pris au piège du patriarcat ; l’évidente contradiction entre eux est en effet indépassable. Et si évident..

Patriarcat (Vécu du. Papadiamantis Alexandre) : Lu dans le livre d’Alexandre Papadiamantis [1851-1911], Les petites filles et la mort [Grèce. 1903] :
«Et là, à force de réfléchir et de rappeler en son esprit son existence entière, elle découvrit qu’elle n’avait jamais fait que vivre dans la servitude. Jeune fille, elle avait été la domestique de ses parents. Une fois mariée, elle était devenue l’esclave de son mari - et pourtant par l’effet de son propre caractère et de la faiblesse de l’autre, elle était en même temps sa tutrice. Quand ses enfants sont nés, elle s’était faite leur servante ; et maintenant qu’ils avaient à leur tour des enfants, voici qu’elle se retrouvait asservie à ses petits enfants.» 65
- Et elle décide de tuer les petites filles à leur naissance…

Patriarcat (Vérité) : Affirmer que la critique du monde patriarcal ne relève pas de «la vérité», mais interroge sur ce qui produit les conséquences sur le ‘concept’ de «vérité» si souvent supposé acquis.
* Ajout. 4 octobre 2016. Romain Rolland [1866-1944], auteur de : «Tout ce qu’on me dit commence par l’adhésion à une vérité qu’on sous-entend démontrée». 66
Et quand la démonstration - qui ne peut l’être - est manquante, on ne peut plus, d’emblée, adhérer à aucune «vérité» non questionnée. (Cf. Penser. Vérité)

Patriarcat (Victime) : Sade [1740-1814], auteur de : [...] «On eut dit que l’honneur de lui appartenir devenait un titre pour être sa victime» 67 (Réfléchir) (Cf. Femme. Vertu, Violences. Victimes)

Patriarcat (Violarcat) : «Solidarité féministe contre le violarcat» : Lu, le 25 décembre 2016 sur le trottoir devant le 8 rue des Fossés Saint Jacques. (Cf. Violence-s)

Patriarcat (Viols) : Combien d’hommes se sentent-ils, intuiti personae, un tant soit peu concernés lorsqu’un viol, un crime donc, a lieu dans le monde ? Et, en regard, combien se sentent-ils concernés par une pensée (action) féministe qui s’élabore, se concrétise ? Et si ces deux questions n’en étaient qu’une seule ? (Cf. Homme. Viol. Violences. Patriarcat)

Patriarcat (Violences) : Edmund Burke [1729-1797], a défini l’essence du pouvoir, en évoquant les rois […] «qui savent se maintenir fermes sur le trône, tenir la bride haute à leurs sujets, faire respecter leurs prérogatives, et se garder, par la vigilance renouvelée d’un despotisme sévère, des premiers germes de la liberté.» 68 Remplacer «rois» par : homme, mari, père, frère, amant violent : beaucoup est déjà dit du pourquoi de la violence. (Cf. Violence-s)

Patriarcat (Vision du monde) : Hier [16 août 2014] j’ai subitement vécu l’extrême force de la vision du monde (patriarcal) dont nous sommes tous et toutes si profondément modelées, à la suite de la vision d’un reportage sur «les migrant-es» Africain-es en Lybie [qu’il serait plus juste d’appeler les espérants (un monde moins pire), les exilé-es, les échoué-es, les sans papiers, les rescapé-es de la mort]
En effet, en un instant, ce travail, ces réflexions sur le patriarcat - dont pourtant je sais la valeur - m’est apparu presque indécent eu égard aux malheurs (une litote) de ces êtres humain-es [pour ceux et celles resté-es vivant-es] échoué-es, dans ces conditions monstrueuses, sur terre. 69

II. Patriarcat (Concept) :

Patriarcat (Concept) (1) : Tant que nous devrons emprunter pour l’analyse du patriarcat les termes, les concepts utilisés depuis des siècles pour analyser les sociétés politiques, économiques qui n’en ont pas intégré l’analyse, pas même l’hypothèse, nous continuerons à utiliser des outils inadéquats.
Sur ces fondements, aucune prise en compte analytique du patriarcat n’est possible.
Autrement dit : on ne peut procéder à une critique féministe du monde avec les instruments conceptuels forgés par et pour le patriarcat.
Un exemple parmi tant (entendu le 16 mars 2015 sur Radio Libertaire) : «Le capitalisme a prolétarisé les femmes». (Cf. Patriarcat, 1,….)

Patriarcat (Concept) (2) : Les causes, les effets, les manifestations, les modalités d’expression, de représentation du patriarcat sont si différentes, si dissemblables, si contradictoires qu’ils/elles ne peuvent servir de fondement à la recherche de sa logique interne qui seule permettrait d’en dégager la spécificité. Des descriptions, des idées, des généralisations, des comparaisons ne suffisent pas. Cette impossibilité est toute aussi vraie concernant l’analyse de tout système de domination ; concernant le patriarcat, cette recherche, plus récente, est en sus infiniment plus complexe. (Cf. Langage, Penser. Méthode, Cf. Patriarcat, 1,….)

Patriarcat (Concept) (3) : Une critique anti-patriarcale doit nécessairement remettre en cause les fondements de toutes les hypothèses analytiques fondatrices des sociétés contemporaines. Les conséquences en sont d’importance, car si l’hypothèse qui structure une pensée est fausse, ses déductions le seront nécessairement. (Cf. Politique. Égalité, Esclavage, Lutte, Patriarcat, 1,…., Proxénétisme. Abolitionnisme. Pensée)

Patriarcat (Concept) (4) : Participer à la construction d’une pensée anti-patriarcale exige donc des remises en cause plus fondamentales que celles qui ont été effectuées par les moralistes depuis le XVIIème, XVIIème siècle [en marge, en rupture] avec la religion (chrétienne), par celles qui celles qui ont dévoilées les logiques du système capitaliste… etc., (Cf. Féminisme. Incompatible avec le Marxisme, Patriarcat, 1,….)

Patriarcat (Concept) (5) : Une précaution de méthode importante : ne pas occulter le risque qu’avec un seul mot : patriarcat (y compris déconstruit), ne puisse se reconstruire la pensée d’une causalité unique. (Cf. Patriarcat, 1,…., Penser. Abstraction. Méthode)

Patriarcat (Concept) (6) : L’une des nombreuses difficultés aux fins d’une critique du patriarcat est qu’il faut, à la fois, dans un même processus d’analyse, poser les fondements qui le constituent, les dévoiler, les analyser - en quelque sorte en constituer, en construire le concept - en démontrer la spécificité et la cohérence, tout en sachant lire ses contradictions, et poser les jalons de son dépassement.
Il faut donc, sur les fondements et avec des outils conceptuels le plus souvent inadéquats, constituer le concept qui permet de construire un cadre théorique indispensable à la pensée, et qui seul permet la compréhension des processus, des enchaînements à même de comprendre les situations individuelles…et le monde. (Cf. Patriarcat, 1,…., Penser, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Concept) (7) : L’analyse du patriarcat ne se différencie en rien, au plan de la méthode, de celle de toute pensée. La différence réside en sa relative nouveauté, laquelle, au moins idéalement, devrait lui permettre de se nourrir plus rapidement des avancées comme des erreurs déjà présentes au monde. Sa principale difficulté est de le rechercher sous les innombrables pensées qui en ont excluent même l’hypothèse. (Cf. (Cf. Patriarcat, 1,…., Penser, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Concept) (8) : Au même titre que «l’histoire de la classe ouvrière» est insuffisante à la construction des pensées socialistes, que «l’histoire des prostituées» est insuffisante à la construction des pensées abolitionnistes du proxénétisme, que celle «des esclaves» est insuffisante à la construction des pensées abolitionnistes de l’esclavage, «l’histoire des femmes» l’est au patriarcat.
Ni les jugements critiques sur «les femmes», ni ceux sur «les hommes», ni même ceux sur les rapports de pouvoirs entre eux, y compris les rapports institutionnels de domination des seconds sur les premières ne sont pas même pour autant suffisants. (Poursuivre) (Cf. Patriarcat, 1,…., Penser, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Concept) (9) : Si le substantif «homme», depuis des siècles, dans toutes les civilisations, a représenté l’espèce humaine et si, sur ce fondement, «l’homme» [et ses avatars, le mâle, le masculin, la virilité…] est devenu un ‘concept’ universel, il n’en reste pas moins que le terme «homme» représentait aussi, en sus, l’autre moitié de ladite espèce humaine, celle définie par leur sexe, à savoir «les femmes» ; en effet, celles-ci bien qu’ayant été subsumées dans : les «hommes» n’en existaient pas moins, spécifiquement, en elles-mêmes et différenciées d’eux. Dès lors, comparer les «hommes» et les «femmes» n’est pas conceptuellement juste car cela revient à comparer le tout, incluant sa partie cachée, et la partie cachée, même dévoilée, au tout. La critique féministe du patriarcat doit tout dévoiler cette imposture mais ne saurait s’y réduire. (Cf., Patriarcat, 1,…., Politique. Égalité)

Patriarcat (Concept) (10) : Ferdinand de Saussure [1857-1913], auteur de : «[…] C’est le point de vue qui crée l’objet.» (citation reprise sur Wikipédia) (Cf. Penser. Méthode)

III. Patriarcat. Domination masculine :

Patriarcat (Domination masculine) (1) : La domination masculine n’est pas un concept, car elle ne se focalise que sur l’une des manifestations - certes, la plus visible - du patriarcat et en exclut, notamment, sa reproduction par les femmes et sa dénonciation par quelques si rares hommes.

Patriarcat (Domination masculine) (2) : Ces deux termes : «patriarcat» et «domination masculine» ne sont donc en aucun cas synonymes. Il est ainsi tout à fait possible de reconnaître tout à la fois l’existence d’une domination masculine (faut-il préciser qu’affirmer le contraire serait difficile ?) et de justifier nombre de manifestations patriarcales. Par exemple la responsabilité des victimes en matière de violences exercées à leur encontre, la justification du proxénétisme, etc., etc.,…

Patriarcat (Domination masculine) (3) : Le patriarcat charrie avec lui et depuis si longtemps, tant d’habitudes, de présupposés, d’implicites, de lois, de violences, de normes, de scories, que même le plus faible, le plus dominé, le plus démuni des hommes possède - le plus souvent sans même en être conscient - une part de son pouvoir. Et ce pouvoir, il le partage peu ou prou avec tous les autres hommes.
C’est ce qui unit, désunit et oppose les hommes entre eux qui doit être pensé.

Patriarcat (Domination masculine) (4) : Tenter de comprendre ce qui, pour les hommes, est le plus révélateur de leurs difficultés à devoir vivre dans un monde qui les a dépossédés de leur monopole de pouvoir sur les femmes. À ce titre, le livre d’Eric Zemmour, Le premier sexe, publié en 2006, peut s’avérer une source fort utile de réflexions. 70

Patriarcat (Domination masculine) (5) : Dévoiler, récuser, critiquer les tentatives d’échapper à leurs responsabilités. Cf. ainsi Patric Jean, membre de Zéro macho, auteur notamment du film La domination masculine (2009) qui, en 2016, après avoir affirmé «ne pas être féministe’, mais «pro-féministe» (mais aussi avoir déclaré que «les femmes ne l’intéressent pas spécialement») [Tout ceci étant légitime par ailleurs] - présente ce qu’il faut considérer comme un projet politique que j’analyse pour ma part comme une régression politique grave. En réponse à la question : «[…] Est-ce qu’il n’y a pas à faire à faire sur la masculinité, ou sur les masculinités, un travail très intime de la part des hommes convaincus qu’il faudrait évoluer vers une égalité ?» répond : «Oui, bien entendu, c’est la grande différence entre un travail féministe qui est vraiment un travail politique, collectif. Pour un hommes, cette remise en question elles est d’abord individuelle, c’est déconstruire en soi la légitimité d’un pouvoir qui est injuste. […] Chez les hommes, c’est vraiment un travail personnel, quasiment spirituel, c’est une manière de se regarder au monde qui est différente […] C’est un travail au jour le jour, surtout quand il y a des enfants […].»
- Aux féministes «le politique», aux hommes «pro-féministes», le «spirituel» ? 71

IV. Patriarcat. «Division sexuelle du travail» :

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (1) : Formulation remplacée, sans excès de débats théoriques, ni de critique politiques, par : «Marché du travail et genre» et / ou : «Travail, genre et sociétés», voire, tout simplement, par «genre». (Cf. Langage. Genre)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (2) : Substituer l’expression de : «la division sociale et sexuelle du travail», qui fut, en son temps, une réelle avancée théorique par : «la division sexuelle du travail» n’est pas satisfaisant ; tout au plus, est-elle, actuellement, pour moi, nécessaire à l’avancée d’une réflexion sur le patriarcat. (Cf. Langage. Genre)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (3) : Le ‘concept’ de «classe ouvrière» (et /ou «le salariat») a produit plein de ‘sous-concepts’ : des CDD (hommes et femmes), des CDI (hommes et femmes), des stagiaires (hommes et femmes), des intermittents et des intermittentes, des précaires (hommes et femmes), des indépendant-es («Uberisé-es» ou non), des auto-entrepreneurs, des intérimaires (hommes et femmes), des auto-entrepreneur,s des auto-entrepreuses, des mis-es au placard, des saisonniers (hommes et femmes), des mi-temps, des quarts de temps, des trois quart de temps ( hommes et femmes), des «détaché-es», des sans-contrats (hommes et femmes), des licencié-es, des chômeurs et des chômeuses, des «fins de droits» (hommes et femmes), des sans papiers (hommes et femmes), des payé-es au noir (hommes et femmes) des contractuel-les, des non payé-es, des sous payé-es…
Et des chômeurs et des chômeuses par millions.
- Pour rappel : 6.600.000 personnes inscrites à Pôle Emploi [6 octobre 2016]
- Sans oublier, des manifestants et des manifestantes, des blessé-es, des gardé-es à vue, des poursuivi-es, des relaxé-es, des condamné-es….(Cf. Politique. État, «Sciences» sociales. Économie)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (4) : La division sexuelle du travail était mise en œuvre même en camp de concentration. Fey Von Hassel, fille de Ulrich Von Hassel [qui avait participé, en 1944, avec Claus Von Stauffenberg au complot contre Hitler, condamné à mort et exécuté] est séparée de ses deux enfants, envoyée au camp de concentration de Stutthof avec les autres personnes, considérés comme «prisonniers par les liens du sang». Elle raconte comment ils furent reçus par le commandant SS : «[…] Vous êtes tous apparentés ou complices de la tentative d’assassinat du Führer. En attendant que votre sort se décide, ce baraquement est à votre disposition. Vous êtes autorisés à circuler à l’extérieur du bâtiment jusqu’à neuf heures du soir. Les gardiens ont l’ordre de tirer sur tous ceux qui sortiraient après l’heure limite. Vous ne devez pas leur adresser la parole, pas plus que vous ne devez prononcer vos noms à voix haute. Il y aura inspection chaque matin à huit heures. Vous devez laver votre linge et faire votre cuisine. Les femmes se chargeront de ravauder les vêtements des hommes qui doivent en échange couper le bois et entretenir les poêles.[…]» 72 (Cf. «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (5) : En Mongolie au XIXème siècle, dans les souvenirs d’un Voyage dans la Tartarie et le Tibet, le père (Régis-Évariste) Huc [1813-1860] écrit : «Parmi les Tartares, les soins de la famille et du ménage reposent entièrement sur la femme : c’est elle qui doit traire les vaches et préparer le laitage, aller puiser l’eau quelques fois à une distance éloignée, ramasser les argols (bouses d’animaux nécessaires au chauffage), les faire sécher, et puis les entasser autour de la tente. La confection des habits, le tannage des pelleteries, le foulage des laines, tout lui est abandonné ; elle est seulement aidée, dans ces travaux divers, par ses enfants, quand ils sont encore jeunes. Les occupations des hommes sont très bornées ; elles consistent uniquement à diriger les troupeaux dans les bons pâturages, et ce soin est plutôt un plaisir qu’une peine pour des hommes accoutumés dès l’enfance à monter à cheval. […] À part les courses à cheval, les Tartares mongols vivent habituellement dans une profonde oisiveté ; ils passent une grande partie de la journée accroupis dans leur tente, dormant, buvant du thé au lait ou fumant la pipe. […]» 73

Patriarcat (Division sexuelle du travail) (6) : Sur Arte, le 8 août 2016, au détour d’une présentation «d’un éventail de paysages remarquables » et aux fins de présenter les «sites historiques et traditions artisanales [qui] sont la richesse de ce pays aux mille et une facettes», on entend, comme relevant de l’évidence : «En Turquie les travaux manuels sont aux femmes ce que les palabres sont aux hommes.» 74 (Cf. Femmes. Travail)

V. Patriarcat. Filiation. Filliation :

Patriarcat (Filiation) (1) : Casanova [1725-1798], auteur de : «Je riais en moi-même de trouver de mes fils semés dans toute l’Europe75 Ce constat / jugement - littéralement inhumain - élargit considérablement l’analyse classique de la (critique de) la famille [patriarcale]. (Cf. Homme. Libertin, remarquable. Casanova, Famille)

Patriarcat (Filiation) (2) : Entendu concernant Paul Diel [1893-1972] : «Né d’une mère allemande et de père inconnu». 76(Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (3) : Lu, concernant Vittorio Gassman [1922-200] : «Fils d’un Autrichien et d’une championne de basket […]» 77
Puis, lu sur Wikipédia : «Vittorio Gassman est né à Gênes d'un père allemand, Heinrich Gassmann et d'une mère juive Luisa Ambroon, originaire de Pise.» (Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (4) : Lu, concernant Charles Granval [1882-1943] : «Marié à Madeleine Renaud, il en a eu un fils, Jean Pierre Granval, également acteur.» 78(Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (5) : Lu, concernant Christian Marquant [1927-2000] : «Fils d’un Arabe et d’une Espagnole […]» 79 ; puis, sur Wikipédia : «Né à Marseille, d'un père espagnol et d'une mère arabe […]»(Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (6) : Entendu [janvier 2015] : «Je suis issu d’une lignée de militaires.» (Cf. Famille)

Patriarcat (Filiation) (7) : Raoul Girardet [1917-2013], historien, auteur de : «[…] Je me trouve être par mon ascendance paternelle, non seulement fils, mais encore petit fils, neveu et cousins d’officiers de carrière», suivi, 14 pages plus loin, de : «Chez mes parents […] le grand homme de mon enfance se nommait Poincaré, tandis que, du côté maternel, chez mon oncle de Châteauroux, il était sans doute possible de déceler quelques nuances plutôt radicalisantes80 (Cf. Famille, «Sciences» sociales. Histoire)

Patriarcat (Filiation) (8) : Pierre Chaanu [1923-2009], historien, auteur de : «ma famille comptait plusieurs cheminots, mon grand père, mon père, mon oncle.» 81 (Cf. Homme. Intellectuels. France, Famille, «Sciences» sociales. Histoire, Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Patriarcat (Filiation) (9) : Madame de Staël [1766-1817], critiquant le projet de création de Chambre des Pairs «dans laquelle se plaçait tous les courtisans de Bonaparte», inscrite dans le projet de constitution soumis, en 1814, par Benjamin Constant [1767-1830] à Napoléon [1767-1821], écrit : «Il y en avait parmi eux de fort estimables ; mais on pouvait en citer dont les fils auraient demandé qu’on leur épargnât le nom de leur père, au lieu d’en assurer la continuité.» 82
- Le lourd poids de la reproduction du nom du père par le (ou les) fils… (Cf. Patriarcat. Père)

Patriarcat (Filliation) (1) : Un exemple : Sido, Colette, Bel-Gazou. (Cf. Femmes France. Écrivaines. Colette)

Patriarcat (Filliation) (2) : En avril 1807, une jeune fille demande, à Weimar, être reçue par Goethe [1749-1832]. Pour ce faire, elle exhibe un billet rédigé par un ami commun en ces termes : «Bettina Brentano, fille de Maxe, petite fille de Sophie la Roche, sœur de Sophie Brentano, demande à te voir.» Celle qui sera connue ultérieurement sous le nom de Bettina von Arnim [1785-1859] était à l’époque fiancée à celui qui deviendra son mari, Achim Von Arnim, et la sœur de son frère, Clemens Brentano, «auteurs tous deux d’un recueil qui vient de faire sensation et même de plaire à Goethe.» 83

Patriarcat (Filliation) (3) : Lauren Bacall [1924-2014], concernant sa mère : «Elle m’a montré l’exemple» ; concernant sa grand mère : «Elle me disait : ‘tu dois trouver un travail pour aider ta mère’84 (Cf. Femme. Artiste. Bacall Lauren)

Patriarcat (Filliation) (4) : Vu aujourd’hui [28 Avril 2017) un camion de livraison de fromages dont la publicité était : Desailly. Fromagers de père en fille depuis quatre générations.

VI. Patriarcat. France :

Patriarcat (France) (1) : Si l’on en croit les intellectuel-les les français-es (faut-il considérer, à leur décharge, qu’ils ne sont pas les seuls ?), le seul système de domination qui, en France, aurait disparu…sans avis de décès connu. Une demande de recherche de la révolution qui l’aurait abattu est lancé. Plus sérieusement, le patriarcat pourra t-il rester longtemps encore, le seul pouvoir non frontalement, non fondamentalement, non systématiquement contesté et dès lors analysé en tant que tel ?

Patriarcat (France) (2) : La France est la patrie du patriarcat, dont le chef d’œuvre le plus abouti est le code civil, qu’elle a par ailleurs exporté à travers le monde. Aussi le qualifier simplement de «chef-d’œuvre de misogynie» 85, qui évacue la responsabilité politique de la France, est donc tout à fait insuffisant. En effet, du fait de cet impérialisme patriarcal, la France plus qu’aucun autre pays, est responsable de la situation juridique imposée à des millions de femmes, dans tant et tant de pays (Amérique latine, Afrique, Europe centrale…) qui en ont subi et en subissent encore tous les jours les effets. On comprend mieux alors la pérennité de la force de l’antiféminisme en France, la gigantesque faille de sa «culture» et de ses «valeurs» affichées, ainsi que l’inanité de toute référence à une quelconque «morale» qui en faisant abstraction du patriarcat, le cautionne. (Cf. Politique. Nationalisme)

Patriarcat (France) (3) : En conséquence, avoir, depuis plus de deux siècles - philosophiquement, politiquement, juridiquement, symboliquement - réussi à faire coexister le Code civil et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, à en contourner, à en détourner, à en évacuer les contradictions - une gageure - relève de la prouesse, du fait d’armes, de l’exploit. En toute logique rationnelle, intellectuellement absurde. (Cf. Hommes intellectuels, politiques. France)

VII. Patriarcat. Justification :

Patriarcat (Bodin Jean) : Jean Bodin [1529-1596], considéré comme le «père fondateur de la théorie de la souveraineté moderne», auteur (après avoir défendu la loi Salique et critiqué la présence de femmes au pouvoir) de : «Il n’est pas jusqu’aux Anglais qui, après avoir si longtemps abhorré la gynécocratie n’aient laissé dernièrement monter sur le trône Marie (Tudor) et sa sœur. Ce fait n’en viole pas moins les lois divines qui, dans leur sage providence, ont soumis les femmes à l’autorité virile, et même les lois de la nature qui a ôté aux femmes pour le donner à l’homme le pouvoir de commander, de juger, de discourir et de faire la guerre.» 86
Jean Bodin avait préalablement posé : «Je commence donc par établir que la famille ou le collège sont la véritable image de la République ; et de même que l’homme seul ne suffit pas à constituer une famille, de même la République ne saurait consister non plus dans une seule famille ou dans un seul collège. Poussons plus loin la comparaison. Si plusieurs individus sont abrité sous le même toit, mais sans que le commandement et l’obéissance aient été définis par la subordination réciproque ou par l’autorité soit d’un chef unique à l’égard de la collectivité, soit d’un petit nombre à l’égard de chaque individu, soit même du groupe entier à l’égard de chacun, cela ne constituerait pas encore une famille ou un collège qui ne sauraient se concevoir en dehors d’un gouvernement domestique. Que si, au contraire, plusieurs personnes tels que l’homme, la femme, les enfants et les serviteurs ou si l’on veut plusieurs collèges se trouvent réunis sous l’autorité privée d’un seul homme exerçant le pouvoir domestique, elles formeront alors une famille ou un collège. Il suffit, en effet, pour former un collège de trois personnes […] et pour une famille, il n’est besoin que de trois personnes soumises en plus de la mère, à l’autorité du père de famille […]» En d’autres termes, la République ne peut exister sans reconnaissance préalable de l’autorité et de l’obéissance dû au «pouvoir domestique» dévolu au «père de famille».
- Nous n’avons toujours pas brisé ce lien, ce vice rédhibitoire inhérent à toute organisation politique étatique. (Cf. Famille, Politique. Guerre. Nationalisme)

Patriarcat (Justification. France. Éducation Nationale. 1988) : Madame Marguerite Gentzbittel, proviseure du Lycée Fénelon, l’un des plus prestigieux lycée «de filles» Parisien [ouvert aux garçons en 1979], auteure, en 1988, de : […] «Un garçon, ça attaque, si j’ose dire, par des voies simples. S’il est convoqué au bureau du proviseur, c’est, en général, parce qu’il a bu ou parce qu’il a été violent ; bref pour un motif explicite qui lui vaut d’être traduit en justice. Il raconte son affaire et vous lui infligez une bonne engueulade. D’ordinaire, il vous épargne ses larmes, ce qui est en soi une économie considérable (il est vrai que, s’il pleure, il déverse les sanglots de toute une promotion et j’avoue n’avoir pas encore pris l’habitude de cet embarras). Reste que normalement, le garçon fautif encaisse sa sanction et s’en va. Les filles, elles, fabriquent tout un roman autour de l’événement. D’abord, elles ne sont pas appelées au bureau du proviseur pour quelque indiscipline sommaire et frustre. Le réquisitoire fourmille d’attendus, de paragraphes annexes. Puis, elles consacrent le maximum de temps à vous embobiner par des tours invraisemblables. C’est très compliqué les filles. Elles détiennent une fantastique batterie de techniques pour pleurer, pour supplier, pour dénoncer, pour passer à l’accusation du prof. Le garçon résume les choses très simplement, dit que le prof est nul, il manifeste violement en balançant sa godasse sur la bureau - procédé répréhensibles, mais discours reposant.» […] Suivi de, même page : « Une population de filles génère un volume sonore très inférieur à celui des classes mixtes. C’est sage, ça a peur et c’est sournois. Donc, c’est plus soumis à l’autorité.» […] 87
Un réel plaidoyer patriarcal, justifiant la violence des garçons, une réel mépris des filles. Il faut noter que Madame Gentzbittel fut, pendant plusieurs années, présentée par les médias comme un modèle, un référent auquel s’identifier.

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) (1) : Joseph Proudhon [1809-1865] auteur de : «Cas où le mari peut tuer sa femme selon la vigueur de la justice paternelle : adultère, impudicité, trahison, ivrognerie et débauche, dilapidation et vol, insoumission obstinée, impérieuse, méprisante. »
- Que, ceci étant écrit, Proudhon puisse encore être présenté, sans autre qualificatif, sans autre ‘nuance’, sans autre exigence, comme «le père de l’anarchisme», associe indissolublement l’anarchisme à la pensée patriarcale [y compris donc, dans ses plus scandaleuses modalités d’expression : le meurtre, l’assassinat] et explique (partiellement) le soutien de tant d’anarchistes, de tant de libertaires, encore aujourd’hui, au bien fondé du proxénétisme. 88
- Que l’on puisse encore positivement se référer à Proudhon révèle soit son inculture, soit son absence de rigueur, soit son manque de scrupule, soit sa caution politique de l‘antiféminisme : au choix.
- Les anarchistes doivent condamner fermement, clairement, politiquement l’antiféminisme, la haine des femmes de Proudhon.
- Tant qu’ils / elles ne le feront pas, les féministes doivent récuser l’anarchisme.

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) (2) : Oriana Fallaci [1929-2006] concernant Aléxandros Panagoùlis [1939-1976] : «[Tu étudiais] Proudhon dont le socialisme libertaire et opposé à toute violence [convenait à ton type de recherche].» 89
- De la permanence des idées erronées…

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph) (3) : Dans le livre intitulé Les femmes de Platon à Derrida [2000], il est question du «délire misogyne» de Proudhon, de sa «misogynie déchainée», tandis que les auteures s’interrogent sur leur permanence «aujourd’hui encore». 90 Non, la haine des femmes de Proudhon ne relève pas du délire, fusse t-il qualifié de «misogyne» ; elle est réelle, elles est réfléchie, pensée…Politique. (Cf. Femmes. assassinées, Famille. Mariage, Proxénétisme, Violences contre les femmes)

Patriarcat (Proudhon. Utilitariste individualiste) : Joseph Proudhon [1809-1865], auteur de : «[…] Souvenez vous de ce que je vous ai dit : que j’ai gagné au mariage de travailler une fois de plus que je ne faisais dans le célibat.» Et ce, après : «Une femme est un ange pour un homme.» 91 (Cf. Famille. Mariage, Politique. Utilitarisme)

Patriarcat (Justification. Proudhon Joseph / Taubira Christiane) : Christiane Taubira, Ministre de la Justice, auteure de : «J’ai beaucoup aimé les théories de Joseph Proudhon, ce qui ne m’a pas empêché de le détester pour les conneries qu’il a dites sur les femmes.» 92 Tant que l’on traitera de «conneries» les justifications de la haine des femmes, du bon droit des hommes à les violenter, à les tuer, à les prostituer, aucune mesure concernant les violences à l’encontre des femmes ne peut être crédible. Que cette analyse soit effectuée par la ministre de la justice est particulièrement grave et relativise grandement son affirmation selon laquelle l’«on ne doit jamais s’accommoder des injustices».
- Christiane Taubira [bien peu modeste, et si aisément auto-justificatrice, lorsqu’elle parle d’elle-même] qui fonde ses successives légitimités sur la raison, l’amour, l’honnêteté, la conscience, l’intelligence, la liberté, la volonté, la sincérité…acceptera t-elle une critique concernant la permanence de sa pensée patriarcale ?
- Mais, pour cela, ne faudrait-il pas qu’elle remette en cause cette phrase terrible [lorsqu’elle a évoqué ses engagements indépendantistes] : «on ne chicane pas sur les non-dits du droit» ?

Patriarcat (Justification. Sade) (1) : Un (tout petit) florilège de ce que Sade [1740-1814] a écrit concernant :
- Les femmes : «Qu’importe qu’il la tue ou non ; Ce n’est jamais qu’une femme en moins» (p.875) ; «Je les méprise autant que je les hais.» (p.877) ; «Apprends putain qu’on tire ce que l’on peut d’une créature comme toi ; on ne l’aime point ; on s’en dégoûte, on la sacrifie ; femmes, voilà votre lot.» (p.984) ; «Je me sers d’une femme par nécessité, comme d’un pot de chambre.» (p.1022) ; «L’outrage que l’on fait à une femme ; ce peut être un titre pour lui en faire un second, mais jamais une raison suffisante pour lui accorder des dédommagements.» (p.1022), etc.…

Patriarcat (Justification. Sade) (2) : Ceux et celles qui défendent, qui justifient, qui ‘utilisent’ Sade doivent assumer le risque d’être considéré-es, sinon comme souhaitant - pour les autres - les violences qu’il met en œuvre et légitime, du moins, sans les prendre même en compte.

VIII. Patriarcat. Père :

Patriarcat (Père) : Concernant les femmes qui décident d’‘utiliser’ un homme sans leur avis, sans leur accord, en les piégeant, en leur mentant donc afin qu’il devienne le père de leur enfant : ne peut être accepté.

Patriarcat (Père. Althusser Louis) : Louis Althusser [1918-1990], auteur de : «Mon père qui ne m’a jamais rien dit dans ma vie, ou presque rien». 93 Une question : pourquoi, par quels mécanismes, les fils, sans réels échanges avec leurs pères, si souvent, niés, humiliés, frappés, dominés par leur père reproduisent-ils le patriarcat ? Le dénoncent ils si rarement ? Et tuent-ils les femmes ? Et pourquoi cette question est elle encore si peu traitée ? (Cf. Homme «Intellectuels». France. Althusser)

Patriarcat (Père. Aron Raymond) : À la question de savoir pourquoi, en 1955, Raymond Aron [1905-1983] avait souhaité rejoindre l’Université (Chaire de sociologie à la Sorbonne), celui-ci répondit : «D‘abord, essentiellement, je n’avais pas le sentiment de m’accomplir dans le métier de journaliste. […] Il y a une autre raison plus profonde et plus personnelle à laquelle je fais juste allusion : mon père n’avait pas réalisé sa carrière et il avait toujours, à la fin de sa vie, quand il était malheureux, rêvé que ce serait moi, son troisième fils, qui ferait ce que lui n’avait pas fait. J’avais une espèce de dette à son égard et j’avais le sentiment que je ne payais pas cette dette si j’étais seulement un journaliste ou un homme politique. je devais donc être un professeur et écrire des livres, des livres valables. Donc j’ai réellement souhaité être élu à la Sorbonne.» 94 (Cf. Êtres Humains. Soi, Homme «Intellectuel» France. XXème siècle. Aron Raymond)

Patriarcat (Père. Bloche Patrick) : Marie-Jeanne Buisson et Patrick Bloche annoncent la naissance de leur fille. Le texte se termine ainsi : «Au lendemain du 21 avril 95, l'arrivée de Joséphine a été d'un grand réconfort, tout particulièrement pour son papa». Patrick Bloche, député PS, rapporteur de la loi sur le Pacs était alors aussi membre de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre hommes et femmes. 96 (Cf. Politique. Égalité des chances)

Patriarcat (Père. Duhamel Georges) : Lu, concernant Georges Duhamel [1884-1946], dans le Journal de Romain Rolland à la date du 13 mars 1940 : «Son aversion contre l’hitlérisme est profonde et irréductible. Il est prêt à tout risquer - même la vie de ses fils qu’il adore - dans ce combat.» 97

Patriarcat (Père. Franquisme) : Afin de faire oublier aux enfants volés par l’église franquiste espagnoles leurs mères et pères anarchistes, communistes…tué-es, emprisonnées, les enfants, «ces bâtards de rouges» étaient élevés dans des couvents, éduqués par des jésuites, des curés, des religieuses et soumis à un incessant lavage de cerveau. Voici les paroles d’une chanson que les enfants devaient quotidiennement chanter : «Les enfants de l’Espagne libérée ont un père qui est dans le ciel. Et un autre sur terre qui s’appelle Franco et qui ne les oubliera jamais». Interview de Carmen Pino, (anciennement prénommée Libertad). 98 (Cf. Êtres humains. Enfants, Famille, Politique. État, Violences des lois religieuses)

Patriarcat (Père. Gide André) : La fille d’André Gide [1869-1951], Catherine Gide, et d’Elisabeth Van Rysselberghe [1923-2013] nait le 18 avril 1923. Dans la publication des lettres entre Gide et sa mère, Maria Van Rysselberghe [1866-1959], la lettre l’informant de la naissance de l’enfant est publiée. Et on lit la note suivante : «Gide est en voyage au Maroc : il quitté Paris le 24 mars avec Paul Desjardins qui l’a convaincu de l’accompagner, et sera de retour en France le 23 avril.»
- Le 9 mai 1923, elle lui écrit : «Avez-vous au moins assez envie de la voir, Catherine ?»
- C’est sans doute le 17 mai, qu’en compagnie de Marc Allégret, il rejoindra Elisabeth, Maria ; sans doute fera t-il alors la connaissance de Catherine. 99
- Pour rappel, sa fille ne fut informée - par une indiscrétion - de la réalité de la paternité de Gide qu’à l’âge de 13 ans. Alors, il la lui confirma. (Cf., Femme. Épouse. Gide André)

Patriarcat (Père. Guilbert Yvette) : Extraits de la chanson D’Elle à Lui, d’Yvette Guilbert [1903] : «Tu m’écris, Léon, qu’i faut que j’oublie / parce que dans qué’ques jours, tu vas te marier / Ce qu’tu m’demandes là, Mais c’est de la folie / Car y a des amours qu’on ne peut oublier […] Et l´jour où j´ t´ai dit / J´crois qu´ j´vais être mère / Ah! Un p´tit enfant d´toi / C´était fabuleux / Tiens / Je l´ai là encore, ta voix dans l´oreille / Pas d´petit salé / On est assez d´deux! / Ah! Tu t´ fichais bien / D´ma vie, d´ma souffrance / Ça prouve, mon pauvre vieux / Qu´si t´es mufle et lâche / C´est pas d´aujourd´hui / Qu´ j´en fais l´expérience / Mais il y a des choses / Qu´une femme n´oublie pas. […]»
- Combien de femmes enceintes, abandonnées de ce fait, par un homme ? Et combien de souffrances, jamais qualifiées de politiques. Des multitudes…
Et on ose encore parler, et même revendiquer «la protection» des hommes !

Patriarcat (Père. Inconnu) : [France. 1936] Dialogue entre Thérèse Planiol, chargée de convaincre une jeune fille de 22 ans, «d’extérieur quelconque, ni riche, ni démunie, ni résignée, ni révoltée, mais obstinément réticente à ma pression cependant mesurée» de ne pas abandonner définitivement ‘son’ enfant.
- «Mais que voulez-vous que je fasse de ce gosse ? Je m’en fous, je ne connais même pas le père !» / «Vous avez plusieurs amants ?» / «Mais non, pas du tout.» / «Mais alors comment avez vous fabriqué cet enfant ?» / «Ben c’est simple. J’ai une chambre de bonne. Une nuit, la fille d’à côté a mis le feu. Un des pompiers est entré chez moi, sans allumer. On a fait ‘ça’ très vite. Il est reparti. Je n’ai même pas vu sa figure !» / «Voulez vous que j’essaie de le retrouver ?» / «Oh, non alors ! Pourquoi faire ? De toute façon je ne veux pas d’enfant.» 100 (Cf. Femme. Remarquable. Planiol Thérèse)

Patriarcat (Père. Kafka Franz) : Lire la Lettre au père de Franz Kafka. [1883-1924] 101 L’extraordinaire lucidité d’un homme qui a, notamment, écrit Le procès

Patriarcat (Père. Léautaud Paul) : Marie Dormoy [1886-1974] concernant Paul Léautaud [1872-1956] : «Quand il s’est mis à travailler, son père ne lui donnait pas d’argent. il fallait qu’il s’habille avec les anciennes défroques de son père [qui était beaucoup plus grand et fort que lui]. Quand on pense que tout un hiver il a marché avec des souliers avec des talons rouges du répertoire (de la Comédie française ou son père état souffleur). Son père ne lui donnait rien. C’est affreux. […] Tout de même, vous voyez comme un enfant peut être traumatisé jusqu’à la fin de ses jours.» 102 (Cf. Femme. Mère. Léautaud Paul, Homme Remarquable, Léautaud Paul)

Patriarcat (Père. Marine Le Pen) : Marine Le Pen, auteure de : «[…] Je ne dois rien […] à personne, d'ailleurs.» 103 (Cf. Politique, Front National) Le meurtre du père ? Non, son déni, et donc nécessairement, celui du réel…

Patriarcat (Père. Marie-Claire) : Lu dans Marie-Claire (Mars 2016) ce passage de l’interview d’une jeune actrice qui répond ainsi une des questions du journal : «J’avais 14 ans. À cet âge là, on fait des tests. Un jour, j’allais sortir avec une jupe très courte, un haut très court et des talons très hauts. Je lui demande : «’Papa, je suis jolie ?‘ Tranquillement, très tranquillement, il a levé les yeux et a répondu : ‘Oui, tu es très jolie. Tu as un peu l’air d’une pute, mais tu peux sortir comme ça si tu veux.’ C’était très bienveillant, sublime. Je suis remontée me changer.»
- Un père qui dit à sa fille : ‘Tu as l’air d’une pute’ était donc ‘bienveillant’. 104
N.B. Cette actrice avait déjà été ‘nominée’ pour le «César ( ! ) du meilleur espoir féminin» en 2012 pour son rôle dans le film L’Appollonide : Souvenirs de la maison close. (Cf. Culture. Cinéma, Proxénétisme)

Patriarcat (Père. Mitterrand François) : Lu dans le livre Bouche cousue de Mazarine Pingeot concernant son père, François Mitterrand [1916-1996], à l’occasion d’une rencontre du président de la république avec la chanteuse Barbara [1930-1997] : «Nous (sa mère et elle) avons la place que papa veut nous donner un soir. Mais elle n’existe pas. Il faut faire avec. Nos corps maladroits qui voudraient se faire oublier, et notre curiosité malgré tout. Papa transgresse la frontière, mais s’il s’agit d’une artiste, alors c’est moins grave, c’est même jouissif pour lui. À chaque représentation théâtrale, il profite de ce moment officiel-officieux, pour jouer de ces transferts. Il me présente comme Mazarine ‘qui apprécie beaucoup ce que vous faites’. Je rougis. J’ai honte de la fierté de papa à me montrer sans me présenter complètement, de l’indifférence naturelle des artistes qui veulent lui faire plaisir en m’adressant un sourire. […]
- Pour contextualisation, Mitterrand n’a «reconnu» officiellement être le père de sa fille que 10 ans après sa naissance. 105

Patriarcat (Père. Pape. 2015) : Dans une dépêche de l’AFP intitulée : Le Pape défend la «paternité responsable», on lit notamment : 106 «‘L'ouverture à la vie est une condition du sacrement de mariage’, a rappelé le Pape lors d'une conférence de presse dans l'avion qui le ramenait à Rome après un voyage aux Philippines, où les familles sont souvent nombreuses. Mais cela ne signifie pas que les chrétiens doivent faire des enfants en série. J'ai fait des reproches à une femme, enceinte du huitième après sept césariennes’ : ‘Vous voulez laisser orphelin sept enfants !’, lui ai-je dit’. Même si ‘pour les pauvres, l'enfant est un trésor’, ‘l'exemple de cette femme, c'est de l'irresponsabilité’, a-t-il estimé.‘ Elle dit : 'J'ai confiance en Dieu'. Mais Dieu te donne les moyens pour être responsable. Certains croient, excusez-moi du terme, que, pour être bons catholiques, ils doivent être comme des lapins’, a-t-il regretté.» La paternité, pour le Pape, doit être «responsable», mais c’est la femme qui est jugés seule «irresponsable» à qui le pape fait des «reproches» : voilà où en est la pensée de l’Église catholique au XXIème siècle. Et comment doit-elle/ peut-elle être «responsable» ? : hors sujet, pour le Pape… (Cf. Femme. Remarquable. Eve, Famille)

Patriarcat (Père. Poivre d’Arvor Patrick) : Patrick Poivre d’Arvor, évoquant l’une de ses filles : «À treize ans, j’eus peur qu’on me la viole, à quatorze qu’on s’amuse avec elle, à quinze ans, qu’on me l’emprunte, à seize, qu’on ne la me la vole. À dix-sept ans bien sûr, on finit par me la prendre.» 107 (Cf. Hommes. Journalistes, Violences incestueuses)

Patriarcat (Père. Sartre Jean-Paul) : Question posée à Jean-Paul Sartre, le 7 février 1973 : «Votre père, polytechnicien était officier de marine. Il est mort en Cochinchine, vous aviez 8 mois. Ce père vous a-t-il manqué ?» Réponse : «C’est difficile à dire. C’est sans doute important de ne pas avoir de père. Je pense en particulier qu’un enfant subit toujours l’influence de son père, sur le plan de la profession, de la propriété et d’une foule de choses que ce père à hérité des autres et qui lui tracent comme un destin. Moi, je n’ai pas eu cela. Je n’ai pas été commandé, ce qui m’a sans doute donné le sentiment de la liberté. Donc, je ne peux pas dire que mon père m’ait jamais manqué. Pour moi, il a été une photo dans la chambre de ma mère et c’est tout.» 108 (Cf. Famille)

Patriarcat (Père. Soum Evelyne) : Évelyne Soum, interviewée, auteure de : «[…] Je ne vis pas sous le même toit que le père [de son enfant]. […] L’essentiel est la sécurité affective de l’enfant. Jusqu’à l’âge de trois ans, c’’est la mère qui l’apporte. Le père reste la valeur ajoutée. […]»109 (Cf. Famille)

Patriarcat (Père. Staline) : Svetlana Alliluyeva [1926-2011], la fille de Staline [1878-1953] raconte ce qui suit :
- Concernant le fils de Staline et de sa première épouse décédée, Iakov Djougachvili [1907-1943] : «Mon frère ainé, Iacha, avait sept ans de moins que maman. Elle était très tendre et très attentive à son égard, fut sa consolatrice lors de son premier mariage malheureux quand la femme de Iacha mit au monde une petite fille qui mourut peu après. Maman en fut très peinée et tenta de rendre, dans la mesure du possible, la vie plus facile à Iacha. Mais c’était là, une tâche bien ardue, car mon père était mécontent du déménagement de Iacha à Moscou.
La tentative de suicide de Iacha produisit sans doute sur maman une impression très pénible. Poussé au désespoir par l’attitude de son père qui refusait de l’aider, Iacha voulut se tuer d’une balle de révolver, chez nous, dans la cuisine de notre appartement du Kremlin. Par bonheur, il ne fit que se blesser. Mon père n’y trouva qu’un prétexte à sarcasmes : «Ah ! ah ! Il a raté son coup’ ricanait-il de temps à autre. Maman en fut bouleversée.
[…]»
- La concernant, elle devint amoureuse d’un homme Alexis Jakovlevitch Kapler, d’un amour «platonique» partagé - «quelques heures durant l’hiver 1942-43, puis, des jours comptés en 1955 [après deux fois, 5 années de déportation]. C’est tout». Lorsque Staline fut mis au courant, «il entra directement dans ma chambre où son seul regard pétrifia ma nounou qui glissa sur le sol et resta tapie dans un coin de ma chambre. Je n’avais jamais vu mon père ainsi. […] Il suffoquait de colère et put à peine articuler : ‘Ou est ta correspondance, où sont toutes les lettres de ton écrivain ?’. On ne peut rendre le mépris avec lequel il prononça ce mot d’’écrivain’. ‘Je sais tout ! toutes tes communications téléphoniques, les voici ‘ et il enfouit sa main dans sa poche : ‘Viens-là, un peu ! Ton Kapler est un espion anglais, il est arrêté !’
Je trouvais sur ma table toute ma correspondance de Lioussa et les photos qu’il m’avait rapportées de Stalingrad avec leurs légendes. Il y avait là tous ses livres annotés, ses ébauchés de récits et un nouveau scénario de film sur Chostakovitch. Il y avait aussi la longue et triste lettre d’adieu que Lioussa m’avait donnée le jour même de mon anniversaire, en souvenir de lui. ‘Mais, je l’aime !’ dis-je enfin, avec éloquence. ‘Tu l’aimes ! cria mon père et il m’envoya deux gifles pour la première fois de sa vie
. […] Et en me fixant, il prononça ces mots qui me terrassèrent : ‘Regarde-donc toi un peu dans une glace ! À qui peux-tu donc plaire ? Il est entouré de filles, espèce d’idiote !‘ Et il partit dans la salle à manger en emportant tout le ‘dossier’ pour le lire lui-même.» 110

Patriarcat (Père. Stendhal) : Stendhal [1783-1842], auteur de : «Mon père ne m’aimait pas comme individu, mais comme fils devant perpétuer sa famille.» 111

Patriarcat (Père. Tournier Michel) : Michel Tournier [1924-2016], auteur de : «Pour être père, il faut une femme.» 112 (Cf. Femmes, Famille, Langage)

Patriarcat (Père. Tristan Flora) : Flora Tristan [1803-1844], auteure de : «Ce pauvre garçon ne fait rien, il n’a pas de fortune et a une nombreuse famille. - Je ne comprends pas que dans cette position on fasse des enfants tous les ans, cela me paraît le plus épouvantable de tous les crimes.» 113 (Cf. Famille, Justice)

Patriarcat (Père. Yver Colette) : Colette Yver [1874-1953], en 1930, dans son livre Lettres à un jeune mari évoquant la naissance du premier enfant du jeune couple écrit au père déçu de n’être pas père d’un fils : «Mais c’est une fille et il vous semble que vous êtes deux fois moins père.» 114

Patriarcat (Père. Zidane) : [Mai 2002. Annonces de naissance] : «Zidane, dans l’attente d’un heureux événement... rejoindra l’équipe (de France) mardi115

Patriarcat (Père. Zola Émile) : Lorsque Jeanne Rouzerot [1867-1914] mit au monde, Le 20 septembre 1889, sans que son épouse légitime ne soit au courant des liens qu’il avait contractés avec elle -, et le premier enfant d’Émile Zola [1840-1902], celui-ci dut demander un ami, Henry Cérard d’aller signer comme second témoin l’acte de naissance à la Mairie du IXème arrondissement ; lui, le père faisant office de premier témoin. L’enfant, Denise, est déclaré de «père non nommé». La mère, elle, deux mois après, signera le document en reconnaissant officiellement sa fille. Le 27 septembre 1891, pour la naissance du second enfant, Jacques, Émile, c’est encore «le bon Cérard» à qui il est demandé de déclarer l’enfant avec le médecin qui a accouché la mère. Zola, en vacances à Lourdes, Saint-Sébastien, Biarritz avec sa femme, en fut informé par une annonce codée dans la presse. Et c’est, après la mort de Zola, son épouse qui fera reconnaître légalement les enfants comme ayant pour père légitime Zola, dont ils purent prendre le nom en 1906. Mais Jeanne, Denise et Jacques Rozerot, perdus dans la foule, avaient suivi, anonymes, les funérailles de Zola en 1902. 116

Patriarcat (Père. Wikipédia) : Lu dans Wikipédia (avril 2017), concernant Marie-Catherine Desjardins, dite de Villedieu [1640-1683] : «[…] En 1677, «Madame de Villedieu» épouse Claude-Nicolas de Chaste, chevalier, sieur de Chalon. Union éphémère, puisque l’officier mourra deux ans plus tard, non sans avoir permis à Marie-Catherine de devenir mère pour la première fois, à l’âge de trente-huit ans.» 117

IX. Patriarcat. (Permanence) : Patriarcat (Permanence) (1,2,3,4,5) ; (5)

Patriarcat (Permanence) (1) : Le seul système de domination (se manifestant dans tous les ‘champs’ : politique, économique, juridique, artistique, linguistique, symbolique..) qui ait perduré et se soit adapté à tous les autres : esclavagiste, féodal, capitaliste, communiste, socialiste, libéral... Le plus ancien, le plus durable, le moins combattu. Le plus violent : plus grave, sa violence n’est toujours pas reconnue comme telle. Toute analyse qui n’intègre pas cette antériorité dans sa permanence historique en perpétue le déni et maintient la caution d’une pseudo universalité, celle, rationnalisée par le monde (patriarcal) occidental. (Cf. Patriarcat. Concept, Violences contre les femmes, Violences de la loi)

Patriarcat (Permanence) (2) : À l’instar de tous les pouvoirs, le patriarcat profite, utilise toutes les contradictions, toutes les failles, toutes les ambiguïtés, celles de l’action comme de la pensée ; profite de chaque répit, de chaque recul, de chaque résignation, de chaque laisser-aller et les retourne à son profit. À chacun-e d’apprendre à les lire, les comprendre, les utiliser contre lui ; ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Patriarcat (Permanence) (3) : Pour ne pas s’enliser dans d’éternelles dénonciations, devenues souvent inaudibles à force d’être répétées, mais sans pour autant les passer sous silence, il importe de distinguer parmi les innombrables manifestations patriarcales celles qui relèveraient de la permanence d’un archaïsme devenu culturel et celles qui marquent et signifient de profondes et réelles ruptures marquant et signifiant de réelles et profondes régressions. Complexe.

Patriarcat (Permanence) (4) : Lu, en 2015, dans le courrier des lecteurs d’El Watan (Algérie) : «Surtout ne parlez pas aux conservateurs des femmes qui étouffent chez elles. Engoncés dans le confort de leurs certitudes, ils ne voient pas grandir les frustrations de leurs épouses et de leurs filles cloitrées derrière des murs, à l’abri de la musique du monde. 
Ces gens se nourrissent au biberon d’une morale, étriquée certes, mais efficace car fruit de l’épaisse couche d’obscurantisme accumulée au fil du temps. Ils sont effrayés par l’éthique car cette notion philosophique est un rapport avec le temps. Or le temps pour eux n’existe pas, ils lui préfèrent l’éternité.» 118

Patriarcat (Permanence) (5) : Pour mieux maintenir la permanence du patriarcat, le laver de ses responsabilité, de ses violences et, sinon en exclure la condamnation, du moins en réduire considérablement la gravité, est une, sinon la priorité. Ainsi, la présentation du fascicule publié pour la 5ème édition du Festival des écrits de femmes à Saint-Sauveur-en-Puissage (8-9 octobre 2016) organisée à la Maison de Colette, intitulé Féminismes, [au cours duquel un grand nombre d’intellectuelles, d’universitaires, de chercheuses, féministes ou non, étaient présentes], débute ainsi : «L’écriture a longtemps constitué un des principaux moyens pour les femmes de demander plus de place et plus de dignité dans un monde qui n’était pas prêt à leur accorder.»
- «Un monde pas prêt à leur accorder», comme l’étaient les mondes esclavagistes, colonialistes, capitalistes…au regard des esclaves, des colonisé-es, des prolétaires.....

Patriarcat (Permanence) (6) : Lu dans Le Parisien, ce matin [3 mai 2017] que «le bureau de l’actuel ministre des Finances qui se préparer à plier bagage»] (choisi dans les catalogues du Mobilier national) est celui où a été écrit le code civil.» 119 (Cf. Droit. Code civil)

Patriarcat (Permanence) (7) : Serge Hefez, «psychiatre, psychanalyste», le 12 mai 2017, concernant «la vie privée» de F. Hollande, auteur de : «[…] Si quelqu’un n’arrive même pas à tenir sa maison, à tenir sa femme, à tenir sa maitresse, etc., comment est-ce qu’il peut tenir un pays ? : c’est ce qu’on a quand même ce qu’on a entendu dans le monde entier dans un éclat de rire général. Je ne pense pas que ça ait beaucoup arrangé sa carrière. (rire..)» 120

Patriarcat (Permanence) (8) : Je lis dans un Que sais-je ? (PUF) intitulé : Sociologie des relations sexuelles publié en 1982 ceci : «Mais que les femmes prennent bien garde de ne pas placer ce souci bien légitime de perfectionnement et d’égalité sur le plan d’une vaine concurrence ou d’un néfaste renversement des rôles. La civilisation telle que nous l’entendons est menacée chaque fois que l’homme se féminise ou que la femme se masculinise. Seule, par conséquent, l’acceptation des caractères particuliers aux hommes et aux femmes empêche le monde de sombrer dans une différenciation affective et sexuelle qui serait le prélude à sa destruction121
Si cette analyse fonde encore chez beaucoup les normes de la pensée, l’histoire nous démontre la capacité de nombre de sociétés à se satisfaire des inévitables évolutions concernant les rôles sociaux et à faire évoluer ces injonctions au statu quo (tel que présenté…). L’analyse féministe du patriarcat devient alors beaucoup plus complexe, et beaucoup plus passionnante.

Patriarcat (Permanence) (9) : Un bel exemple : la perpétuation de la loi salique dans le titre 3, chapitre 2, article 1 de la [première] constitution française du 3 septembre 1791 : «La Royauté est indivisible, et déléguée héréditairement à la race régnante de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance. [Rien n'est préjugé sur l'effet des renonciations, dans la race actuellement régnante.]» 122

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Notes de bas de page

1 Cf. Marie-Victoire Louis, Mais il est où le patriarcat ?  http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=776&themeid=489

2 Guillaume Apollinaire, Les mamelles de Tirésias. 1903-1916. (Lisible sur le net)

3 Cécile Duflot, De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion. Fayard. 231p. 2014. p.157

4 René Crevel, Le clavecin de Diderot. J.J. Pauvert. Libertés 38. 176p. 1966. p.90,91

5 Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme. Présence africaine. 40p. 1955. p.20 (PDF)

6 Aimé Césaire, Conférence d’Aimé Césaire au Congrès international des écrivains en artistes Noirs. France Culture. 18 décembre 2016

7 Jean-Paul Sartre, Avant propos à Aden Arabie. de Paul Nizan. Maspero. 1960. Reproduit dans Situations, IV. NRF. Gallimard. 459p. 1964. p.152

8 France inter, Le téléphone sonne. Politique familiale : nécessaire universalité ou instrument de redistribution ? 14 octobre 2014. 19 h. 50

9 Le Figaro, faisant état d’une étude du Nid, La prostitution couterait 1,6 milliards d’euro à la France. 28 mai 2015

10 Cf. Pierre Drieu La Rochelle, Notes pour un roman sur la sexualité. NRF. Gallimard. 2008. 95p.

11 Françoise Giroud, Bernard-Henri Lévy, Les hommes et les femmes. Olivier Orban. 284p. 1993. p.177/178

12 France Culture, Les Pieds sur Terre. Le Père Bachet, Un curé sur les Barricades. 27 octobre 2009. (Rediffusé le 26 août 2014)

13 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.150

14 Arthur Schopenhauer, Essai sur les femmes. 1851. En RTF sur le net.

15 Zeev Sternell, Mario Sznajder, Maia Ashéri, Naissance de l’idéologie fasciste. Folio Histoire. 556 p. 1994. p. 22, 25/26

16 Jean Pierre Dickès, De Calais à Montreuil. Le patois Boulonnais. Tome Douzième des Mémoires de la Société Académique du Boulonnais. 663p. 1992 . P. 515 et 192.

17 In, Dany Cohn-Bendit, Nous l’avons tant aimée, la révolution. Points Actuel. Le Seuil. 254p. 1988. p.121,122

18 Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine. Roman. 1762. Editions Côté -femmes. 120p. 1991. p.70

19 Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale. In, Œuvres. Quarto Gallimard. 1976p. 2003. p.298

20 Jean Anouilh, Préface au livre de Françoise Rosay, La traversée d’une vie. Collection «Vécu». Robert Laffont. 317p. 1974. p.12.

21 Archives INA. Entretiens avec Georges Simenon. 11 novembre 1955. Réécoute : France Inter. Ça peut pas faire de mal. Lettre à mon juge de Georges Simenon. 18 mars 2017

22 Jean Jacques Rousseau, Du contrat Social. Livre I. Chapitres VIII et IX.

23 Philippe Artières et Dominique Kalifa, Vidal, le tueur de femmes. Une biographie sociale. Verdier poche. 366p. 2017. p.178,179

24 Victor Marguerite, Vers le bonheur. Ton corps est à toi. Roman. Flammarion (185ème mille). 294p. 1947. p.79

25 Gabrielle Rolin, Chères menteuses, Stock. 180p. 1978. p.66

26 Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, Femmes en tête. Flammarion. 534p. 1997. p.71

27 Mirabeau, Discours. Folio. Gallimard. 440p. 1973. p.60

28 France Culture, La condition féminine dans l’Islam. 25 septembre 2016

29 Le Monde, Shirin Ebadi. 24,25 juillet 2016

30 Sibilla Aleremo, Une femme. Éditions des femmes. 255p.1974. P.181

31 Benjamin Constant, De la liberté des anciens comparée à celle des modernes. 1819

32 Michel Winock, Journal politique. La république Gaullienne. 1958-1981. Éditions Thierry Marchaisse. 496p. 2015. p.219

33 Lettres de Mademoiselle de Lespinasse. Précédées d’une notice de Sainte-Beuve. Librairie Garnier Frères. 434p. s .d. p.360

34 Christiane Rochefort, Stances à Sophie. Grasset. 1963 (soit, 5 ans avant mai 1968…)

35 France Inter, L’heure bleue. Une semaine avec Robert Linhart. 26-30 décembre 2016

36 Claire Etcherelli, Élise ou la vraie vie. Denoël. 1978. 277p.

37 Chaîne Toute l’Histoire, Ngrandheta, Chronique de la mafia Calabraise. 15 avril 2016

38 Cf. la critique de Jacqueline de Groote du livre de Ida Magli et de Ginevra Conti Odorisio, Matriarcat et pouvoir des femmes, une invention masculine. Ed. Feltrinelli [Paru en français en1983 aux Éditions des femmes] In Les Cahiers du Grif, Où en sont les féministes? N° 23/24. 192p. Décembre 1978. p.173à 176. Lisible sur Persee.fr

39 Georges Sadoul, Dictionnaire des films. Microcosme, le Seuil. 383p. 1990. p.298

40 Benjamin Constant, Journal intime et Lettres à sa famille et à ses amis. Albin Michel. 520p. 1928. p.7,8, 16 et 17 (+ note)

41 Sediqa Massoud, Pour l’amour de Massoud. Document XO Éditions. 266p. 2005. p.184,185

42 Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans. Le livre de poche. 1968 241p. p.127

43 La Française. 20 janvier 1915

44 Custine, Mémoires et voyages. François Bourin. 375p. 1992. p.133

45 Phrase de Montaigne, souvent citée sans source (à retrouver. Dans Les Essais ?)

46 Montaigne, Essais III. Gallimard. Folio Classique. Livre III. Chapitre XII. 501p. 1965. p.326

47 Arte, Athos. La République monastique. 16 avril 2017

48 Je n’ai pas pu retrouver la source de cette information, ni donc lire ce Rapport.

49 Thomas More, L’Utopie. Des rapports mutuels entre citoyens. Les classiques en sciences sociales. UQAC.classiques. p.43

50 Georges Sadoul, Dictionnaire des cInéastes. Microcosme. Le Seuil. Nouvelle édition. 347p. 1990. p. 308

51 Internationale Situationniste. N°8. Janvier 1963. Réédité par Arthème Fayard. 1997. 707 p. p.299

52 David Rousset, La grande mystification. In, Le genre humain 7 / 8. La vérité. 271p. 1983. p.100

53 Simone Weil, Le Marxisme…( 1934) In, Œuvres. Quarto Gallimard. 1275p. 1999. p.357

54 Fin de l’Avant-Propos. George Valence, Poincaré. Perrin. 2017.

55 Une correspondance saint-simonienne. Angélique Arnaud et Caroline Simon (1833-1883). Textes recueillis et présentés par Bernadette Louis. Avant-propos de Monique Rouillé. Coté-femmes. 225p. 1990. p.163

56 France culture. Michel Onfray, La pensée post-nazie. 14 août 2014

57 Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde. Éditions des Équateurs. 167p. 2005. p. 93,94

58 In, Michel Foucault, Dits et écrits. 1954-1988. II. 1976-1988. Quarto Gallimard. 1735 p. 2001. p.248

59 Rivarol, Journal politique national, in. Rivarol, Chamfort, Vauvenargues, L’art de l’insolence. Bouquins. Robert Laffont. 1517p. 2016. p. 862

60 Choisir de donner la vie, Colloque international de Choisir, La cause des femmes des 5,5,7 octobre 1979 à l’Unesco. Idées. Gallimard. 566p. 1979. p.222

61 Pierre Kropotkine, Mémoires d’un révolutionnaire. Autour d’une vie. L’Aube. 506p. 2008. p. 41

62 Micheline de Sève, Pour un féminisme libertaire. Boréal express. 154 p. 1985. p.23

63 Le Journal de Maria. Une institutrice soviétique dans la guerre. 1941-1943. Autrement. L’Atelier d’histoire. 387p. 2014. p.50,51

64 In, Élisabeth Guigou, Être femme en politique. Plon. 273p. 1997. p.204

65 Papadiamantis (Alexandre), Les petites filles et la mort [Titre grec : La meurtrière. Première publication en Grèce : 1903] La Découverte, Maspero. 171 p. 1983. p.10

66 Romain Rolland, Journal de Vézelay. 1938-1944. Bartillat. 1182p. 2013. p.518

67 Sade, La nouvelle Juliette. In, Oeuvres. II. la Pléiade. Gallimard. 1425p. 1995. p. 873

68 Edmund Burke, Réflexions sur la révolution en France. Hachette. Pluriel. 816p. 1989. P.104 ? 105.

69 Arte. 16 août 2014. Arte Reportage. Lybie : La traque des migrants. 18 h 50. On peut - on doit ? - en sus noter sa présentation - scandaleuse, et bien évidemment fausse - par Arte : « La Lybie est le nouvel eldorado pour des milliers d'hommes et de femmes, essentiellement subsahariens. »

70 Eric Zemmour, Le premier sexe. Denoël, 2008. 134p.

71 France Culture, Women’s power. Les nouveaux féminismes. 22 août 2016

72 Fey Von Hassel. Récit. Les jours sombres. Le destin extraordinaire d’une Allemande antinazie. Denoël. 3658p. 1999. p.217,218

73 Cité dans Michel Jan, Le voyage en Asie centrale et au Tibet. Anthologie des voyageurs occidentaux du Moyen Age à la première moitié du XXème siècle. Bouquins. Robert Laffont. 1482p. 1992. p.1065, 1066

74 Arte, Les mille et unes Turquie. 8 août 2016

75 Casanova, Mémoires. Tome III. 1763-1774. La Pléiade. 1323 p. 1978. p.371

76 France Culture. Les racines du ciel. Paul Diel et la psychologie de la motivation avec Christian Merle et Pierre Canaoui. 29 juin 2014

77 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Bouquins. Robert Laffont. 987p. 1991. p.379

78 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Bouquins. Robert Laffont. 987p. 1991. p.405

79 Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma. Les acteurs. Bouquins. Robert Laffont. 987p. 1991. p.596

80 Essais d’ego-Histoire. Réunis et présentés par Pierre Nora. NRF. Éditions Gallimard. 375p. 1987. p.141 et 155

81 Essais d’ego-Histoire. Réunis et présentés par Pierre Nora. NRF. Éditions Gallimard. 375p. 1987. p. 66

82 Germaine de Staël, Considérations sur la révolution française. Tallandier. 693p. 1983. p.500

83 Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe. Stock. 378p. 1987. p.11 et 28 

84 TCM. 6 janvier 2015. L’interview TCM. Cinéma. Lauren Bacall. 2006.

85 Laure Adler, Les femmes politiques. Points Actuels.278p. 1994. p.17

86 Jean Bodin, La méthode de l’histoire. Œuvres philosophiques de Jean Bodin. Tome Premier. Édition Pierre Mesnard. Presses universitaires de France. 473p. 1951. p.404 et 351

87 Marguerite Gentzbittel (avec Hervé Hamon), Madame le proviseur. Le Seuil. 253p. 1988. p.87 et 88

88 Cf. La Pornocratie, ou Les femmes dans les temps modernes, Œuvres posthumes de P-J. Proudhon, 1875, A. Lacroix

89 Oriana Fallaci, Un homme. Grasset. 497p. 1981. p.270

90 Françoise Collin, Évelyne Pisier, Eleni Varikas, Les femmes de Platon à Derrida. Anthologie critique. Plon. 830p. 2000. p.520, 519, 522

91 Lettre à M. Victor Pilhes. 28 juillet 1860. In, Archives de P.-J Proudhon. Nouvelle édition. La Pornocratie ou les femmes dans les temps modernes (Posthume. 1875) Éditions Tops / H. Trinquer. 369p. 2013. p.314

92 France Culture. Christiane Taubira, l’éternelle révoltée (2/5). 23 septembre 2014

93 France Culture, Une vie, une œuvre. Althusser, un marxiste imaginaire. 5 décembre 2015

94 Raymond Aron, Le spectateur engagé. Julliard. 339 p.1981. p.186

95 Jean-Marie Le Pen arrive en seconde position aux élections à la présidence de la république. Lionel Jospin se retire de la vie politique. Jacques Chirac est réélu.

96 Le Monde. 2 mai 2002

97 Romain Rolland, Journal de Vézelay. 1938-1944. Bartillat. 1182p. 2013. p.341

98 Les enfants volés. L’Incroyable scandale. You tube. 24 avril 2013

99 André Gide, Maria Van Rysselberghe. Correspondance. 1899-1950. Les cahiers de la RNR. Gallimard. 1160p. 2016. p. 596, 597, 598

100 Thérèse Planiol, Une femme, Un destin. Éditions Rive droite. 225p. 1995. p.61

101 Frantz Kafka. Lettre au Père. 1919. (Lisible sur E.books.) 57p.

102 Archives INA (Institut National de l’Audivisuel) in, Babelio. Marie Dormoy

103 Femme Actuelle. Interview de Marine Le Pen. 10 avril 2017

104 Marie-Claire, Rencontres. Mars 206. p.103 à 106

105 Mazarine Pingeot, Bouche cousue. Julliard. Pocket. 210p. 2012. p. 89 et 170

106 AFP. Le Pape défend la «paternité responsable». 19 janvier 2015

107 Patrick poivre d’Arvor, Les femmes de ma vie. Le livre de poche. Grasset. 247p. 1988. p.63

108 Jean-Paul Sartre, In, Jacques Chancel, Radioscopie.Vol.1. J’ai lu. 215p. 1975. p.188,189

109 Caroline Brizard, Le défi féminin. Duchamp /Chevalier. 252p. 1993. p. 239

110 Svetlana Alliluyeva, Vingt lettres à un ami. Seuil. Paris Match. 252p. 1967. p.117 et 193,194

111 Cité (sans source, à retrouver) dans L’Art et l’enfant. Arte. 16 avril 2017

112 France Culture, Le temps des écrivains. Michel Tournier. 6 juin 2015

113 Flora Tristan, Le tour de France. Journal Inédit. 1843-1844. Éditions Tête de feuilles. Archives et documents. 290 p. 1973. p.122

114 Colette Yver, Lettres à un jeune mari. Calmann-Lévy. 207 p. 1930. (28ème édition) p.77

115 LCI. 17 Mai 2002. 11 heures 30

116 Évelyne Bloch-Dano, Madame Zola. Grasset. 359p. 1997. p.187 et 191

117 Wikipédia, Marie-Catherine Desjardins, dite de Villedieu

118 EL Watan (Algérie), Violences à l’égard des femmes : Que cesse l’impunité ! 4 mars 2015

119 Le Parisien, À Bercy, on se prépare à plier bagage. 3 mai 2017

120 France inter. Le téléphone sonne. Quel est le bilan du quinquennat de François Hollande ? 12 mai 2017

121 André Morali-Daninos, Sociologie des relations sexuelles. Que sais-je ? PUF. 126p. 1982. p. 63

122 Cf., le site d’Éliane Viennot, La France, les femmes et le pouvoir.


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