Abécédaire
 Marie-Victoire Louis

Femmes

Extrait de l'Abécédaire féministe

date de rédaction : 21/08/2019
date de publication : 21 août 2019
mise en ligne : 21/08/2019
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À la recherche du patriarcat…

L’abécédaire féministe, profondément revu, comporte dorénavant 9.359 items et 23 rubriques : I. « Culture » (447) ; II. Droit (165) ; III. Êtres humains (494) ; IV. Corps (241) ; V. Enfants (121) ; VI. Femmes (1539) ; VII. Hommes (618) ; VIII. Relations entre êtres humains (371) ; IX. Famille (307) ; X. Féminisme (305) ; XI. Justice (455) ; XII. Langage (565) ; XIII. Patriarcat (360) ; XIV. Penser (744) ; XV. Politique (1149) ; XVI. Pornographie (98) ; XVII. Proxénétisme (230) ; XVIII. « Sciences » sociales (238) ; XIX. Démographie (36) ; XX. Économie (340) ; XXI. Histoire (163) ; XXII. Sexes [Sexualité, Sexisme…] (118) ; XXIII. Violences (262) … et continuera d’évoluer.

21 août 2019

VI. Femmes

En noir. Nouveaux Items (et modifiés)

I. Femme : Femme ; Femme (Qu’est-ce qu’une femme ?) ; Femme (Accouchement) ; Femme (Adultère) ; Femme (Amant) ; Femme (Apparence) ; Femme (Antisémite) ; Femme (« Attachée ») ; Femme (Avare) ; Femme (« Avoir » une) ; Femme (« Au minimum ») ; Femme (Avortement) (1, 2) ; Femme (« Bégueule ») ; Femme (« Bonne sœur») ; Femme (Bouquets) (1, 2) ; Femme (Caïn) ; Femme (« Chef d’œuvre ») ; Femme (« Cigare-tte ») ; Femme (« Cire ») ; Femme (Collin Françoise) ; Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (1, 2, 3) ; Femme (Conscience de classe. Bourgeoisie) ; Femme (Conscience de classe. Ouvrière) ; Femme (Conscience de classe. Absence de) ; Femme (« Convenances ») ; Femme (« Coût ») ; Femme (« Cul ») ; Femme (Culpabilité) ; Femme (Définition) ; Femme (« Démodée ») ; Femme (Dépendante) ; Femme (Désespérée) ; Femme (Devenir une) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13) ; Femme (Dignité) ; Femme (Distraction) ; Femme (Don) ; Femme (« Dure ») ; Femme (Égérie) ; Femme (Égoïsme) ; Femme (Elle) ; Femme (« Embonpoint ») ; Femme (« Emplette ») ; Femme (Enceinte) Par ordre chronologique (1, 2, 3) ; Femme (« Épave humaine ») ; Femme (« Esclave ») ; Femme (Espèce) ; Femme (Être) ; Femme (Être humain) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5) ; Femme (Expiation) ; Femme (« Facile ») ; Femme (« Faible ») ; Femme (Faire-Valoir) ; Femme (« Fautive ») ; Femme (« Féminin ») (1, 2, 3) Par ordre chronologique (4, 5, 6, 7, 8) ; Femme (Féminisation) ; Femme (Fierté) ; Femme (« Flèche ») ; Femme (« Fleur ») (1, 2) ; Femme (« Forte ») (1, 2) ; Femme (« Fruit vert ») ; Femme (Gentille) ; Femme (« Gagne-pain ») ; Femme (Grisette) (1, 2) ; Femme (« Garçonne ») ; Femme (« Hommasse ») (1, 2) ; Femme (Honneur) ; Femme (Humble) ; Femme (« Hystérique ») (1, 2) ; Femme (« Idéale ») ; Femme (Insatiable) ; Femme (« Infâme ») ; Femme (« Intérieur d’ ») ; Femme (« Irresponsable ») ; Femme (Jalouse) ; Femme (Jeune fille) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Femme (Khmers rouges) ; Femme (« L’Encyclopédie ») ; Femme (Libération) ; Femme (Licenciée) (1, 2) ; Femme (Lit) ; Femme (Maitresse) ; Femme (Maquillage) (1, 2, 3) ; Femme (Mannequin) ; Femme (Marchandise) ; Femme « Marche-pied ») ; Femme (« Martyre chrétienne ») ; Femme (Masochisme) (1, 2) ; Femme (Masturbation) ; Femme (Maudite) ; Femme (Modeste) (1, 2) ; Femme (Moi) ; Femme (« Moche ») ; Femme (« Morceau ») ; Femme (Mort peine de) (1, 2) ; Femme (« Négresse ») ; Femme (Orgueil) (1, 2) ; Femme (« Perdue ») (1, 2) ; Femme (Peur) (1, 2) ; Femme (Portait) ; Femme (« Présent ») ; Femme (Procréation) ; Femme (« Pygmalion ») ; Femme (Qu’une…) ; Femme (Racine) ; Femme (« Réceptacle ») : Femme (« Religion terrestre ») ; Femme (Renoncement) ; Femme (Respectée) ; Femme (Revanche) (1, 2) ; Femme (« Rien ») (1, 2) ; Femme (Rolls-Royce) ; Femme (« Salope ». Marie-Claire. 2016) ; Femme (Secret) ; Femme (Sénèque) ; Femme (Sensibilité) ; Femme (« Seule ») (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5) ; Femme (Sotte) (1, 2) ; Femme (« Soutenir ») ; Femme (Suicide) ; Femme (Symbole) (1, 2, 3) ; Femme (Tact) ; Femme (Territoire) ; Femme (« Une femme ou un noir ») ; Femme (Vénale) (1, 2) ; Femme (Vengeance) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Femme (« Vénéneuse ») ; Femme (Vie de…(1, 2) ; Femme (Vierge) ; (190)

II. Femme (Artiste) : Abba (Marta) ; Actrices ; Actrices françaises (d’antan) ; Adjani (Isabelle) ; Akerman (Chantal) ; Alain (Marie-Claire) ; Anémone ; Arletty (1, 2) ; Bacall (Lauren) ; Barbara (1, 2, 3) ; Bardot (Brigitte) (1, 2) ; Bell (Marie) ; Bellon (Yannick) ; Bernhardt (Sarah) ; Bonheur (Rosa) (1, 2) ; Boulanger (Nadia) ; Bourgeois (Louise) ; Callas (Maria) ; Capri (Agnès) ; Carol (Martine) ; Casarès (Maria) ; Célarié (Clémentine) ; Chanteuses françaises (d'antan) ; Claudel (Camille) (1, 2, 3) ; Claudel (Camille) / Rodin (Auguste) ; Damia ; Dietrich (Marlène) (1, 2, 3) ; Dorval (Marie) ; Dubost (Paulette) ; Duc (Hélène) ; Duncan (Isadora) ; Dupré (Catherine, dite Mademoiselle de Seine) ; Duse (Eleonora) ; Fernandez Esperanza ; Feuillère (Edwige) ; Fontaine (Brigitte) ; Foucher (Adèle) ; Fréhel ; Gardin (Blanche) ; Goya (Chantal) ; Grimaud (Hélène) ; Guy (Alice) ; Holliday (Billie) ; Juliette ; Kauffmann (Angelica) ; Khaltoum (Oum) ; Khalo (Frida) ; La Malibran ; Lens (Aline de) ; Lubin (Germaine) ; Mairesse (Valérie) ; Makeba (Myriam) ; Mercouri (Melina) ; Mergault (Isabelle) ; Monroe (Marilyn) ; Moreno (Marguerite) ; Morisot (Berthe) ; Neher (Carola) ; Piaf (Édith) (1, 2, 3) ; Rachel ; Rama (Carol) (1, 2) ; Reinette l’Oranaise ; Renaud (Madeleine) (1, 2) ; Saint Phalle (Niki de) (1, 2) ; Salomon (Charlotte) ; Sauvage (Catherine) ; Séraphine Louis (ou : Séraphine de Senlis) ; Seydoux (Laura) ; Seyrig (Delphine) ; Schumann (Clara) ; Solidor (Suzy) ; Sorel (Cécile) ; Sylvestre (Anne) ; Vaucaire (Cora) ; Varda (Agnès) (1, 2, 3) ; Vigée-Lebrun (Élisabeth) (1, 2, 3) ; Yamina ; (98)

III. Femme (Écrivaine) : Femme (Écrivaine) ; Femmes (Écrivaines) ; Allart de Méritens (Hortense) (1, 2) ; Aubenas (Florence) ; Audoux (Marguerite) ; Austen (Jane) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Azzedidne (Saphia) ; Barthélémy-Madaule (Madeleine) ; Beck (Béatrix) ; Belot (Octavie) (1, 2) ; Bernard (Catherine) ; Bespaloff (Rachel) ; Brontë (Charlotte) ; Cardinal (Marie) ; Charles-Roux (Edmonde) ; Chauvey (Marie) (1, 2) ; Colet (Louise) (1, 2) ; Colette ; Colette (et Willy) (1, 2, 3) ; Delay (Florence) ; Delcourt (Marie) ; Desbordes-Valmore (Marceline) ; Dickinson (Emily) (1, 2) ; Elena (Ferrante) (1, 2) ; Fitzgerald (Zelda) ; Fouillée (Augustine) ; France Culture (2015) ; Huber (Marie) ; Lagerlöf (Selma) ; Lambert (Madame de) (1, 2) ; Launoy (Marie-Catherine de) ; Mallet-Joris (Françoise) ; Malraux (Clara) ; O’Connor (Flannery) ; Pore[t]te (Marguerite) ; Rachilde ; Rochefort (Christiane) (1, 2) ; Roland (Madame) ; Sainte-Soline (Claire) ; Sapienza (Goliarda) ; Sarraute (Nathalie) ; Sévigné (Madame de) ; Shelley (Mary) ; Staël (Madame de) (1, 2, 3) ; Torres (Tereska) ; Toussaint-Samson (Adèle) ; Tsvetaieva (Marina) (1, 2, 3, 4) ; Vilmorin (Louise de) (1, 2) ; Wharton (Edith) ; Phillis Wheatley (1, 2) ; (71)

IV. Femme (Épouse (de) : Femme (Épouse) (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Par ordre alphabétique. Agacinski (Sylviane) ; Agutte (Georgette) ; Aron (Suzanne) (1, 2, 3) ; Bernanos (Jeanne) (1, 2, 3) ; Beuve-Méry (Prénom inconnu) ; Blanqui (Suzanne-Amélie) ; Bloy (Anne-Marie) ; Blum (Lise) (1, 2, 3) ; Boudet (Paulette) ; Bourbon-Siciles (Marie-Amélie) ; Bourget (Minnie) ; Brossolette (Gilberte) ; Ceausescu (Elena) ; Chirac (Bernadette) (1, 2) ; Claudel (Reine) ; Destouches (Lucette) (1, 2) ; Gaulle De (Yvonne) (1, 2) ; Dolto (Françoise) ; Dreyfus (Lucie) ; Fillon (Penelope) (1, 2, 3) ; Freud (Martha) (1, 2, 3) ; Galese (Marie de) ; Gide (Madeleine) (1, 2, 3, 4, 5) ; Gisserot (Hélène) ; Gorbatchev (Raïssa) ; Gramsci (Iulca) ; Groult (Benoîte) ; Guérin (Marie) ; Guilloux (Renée) ; Hegel (Maria) ; Hitchcock (Alma) ; Hugo (Adèle) ; Janin (Adèle) ; Juppé (Isabelle) ; Kroupskaïa (Nadejda) (1, 2) ; Laclos (Marie-Solange de) ; Lévi-Strauss (Dina) (1, 2) ; Linder (Ninette) ; Littré (Pauline) ; Maitron (Marcelle) ; Macron (Brigitte) ; Malraux (Clara) ; Mauriac (Jeanne) ; Marx (Jenny) (1, 2) ; Michelet (Athénaïs) (1, 2) ; Montaigne (Chassaigne Françoise de) ; Pasteur (Prénom inconnu) ; Péguy (Charlotte, Françoise) (1, 2) ; (Épouses de de policiers) ; Pompidou (Claude) ; Quinet (Hermione) ; Reagan (Nancy) ; Régnier de (Marie) ; Rocard (Michèle) ; Roland (Madame) ; Rolland (Maria) ; Roosevelt (Eleanor) ; Roy (Tatiana) (1, 2) ; Ruiz (Valeria) ; Soljenitsyne (Natalia) ; Tirole (Nathalie) ; Tocqueville (Marie de) (1, 2) ; Tolstoï (Sophie) ; Triolet (Elsa) ; Trotsky (Natalia) (1, 2, 3) ; Trump (Melania) ; Verlaine (Mathilde) ; Wilde (Constance) ; Woolf (Virginia) ; Zola (Alexandrine) ; (102)

V. Femme (Journaliste-s) : Femme Journaliste (1, 2) ; Adler (Laure) ; Broué (Caroline) ; Caster (Sylvie) ; Gesbert (Patricia) ; Giroud (Françoise) (1, 2, 3) ; Manceaux (Michèle) ; Ockrent (Christine) (1, 2) ; Saint-André (Alix de) ; Taro (Gerda) ; (14)

VI. Femme (Mère) : Femme (Mère) (1, 2, 3) ; Par ordre alphabétique. Abderrhaim (Souad) ; (Admirable) ; Akerman (Chantal) ; Agout (Marie d’) ; Agrippine ; Assistance publique ; Berr (Hélène) ; Blanqui (Auguste) ; Blum (Léon) ; Brigitte ; Burkhart (Christiana) ; Calamity (Jane) ; Catherine II ; Céline (Louis-Ferdinand) ; Charlotte de Prusse ; Chine (Début du XXème siècle) ; Chaperons ; Claudel (Louise-Athanaïse) ; Collin (Françoise) ; De Gaulle (Charles) ; Dhavernas (Odile) ; Darlan (Eva) ; Duc d’Enghien ; Duncan (Isadora) ; Eichmann (Adolf) ; Emmanuelle (Sœur) ; Ferrante (Elena) ; Fillon (Penelope) ; Hugo (Victor) (1, 2) ; Kazan (Elia) ; Khalo (Frida) ; Lacordaire (Jean-Baptiste Henri) ; Léautaud (Paul) ; Le Goff (Jacques) ; Le Pen (Marine) ; Le Vasseur (Thérèse) (1, 2) ; Marie-Antoinette ; « Martyre » ; Mauriac (François) (1, 2) ; Monde (Le) ; Monica. (‘Sainte’ Monique) ; Napoléon (1, 2, 3) ; Oldenbourg (Zoe) ; Péguy (Charles) ; Rilke (Rainer Maria) ; Rocancourt (Christophe) ; Roosevelt (Eleanor) ; Rougeot (André) ; Rousseau (Jean-Jacques) (1, 2) ; Roussel (Nelly) ; Sackville-West (Lady) ; Sand (George) ; Schumann (Clara) ; Sévigné (Madame de) ; Staël (Madame de) ; Simenon (Georges) ; Staline (Joseph) ; Tolstoï (Léon) ; Tristan (Flora) ; (69)

VII. Femme (Nom) : Femmes (Nom) (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5, 6, 7, 8, 9,10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30) ; Femmes (Prénom) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; (37)

VIII. Femme (« Politique ») : Femmes (Politique) ; Femmes (Politiques) ; Addams (Jane) ; Alliot-Marie (Michèle) (1, 2) ; Aubry (Martine) (1, 2, 3) ; Autain (Clémentine) ; Barèges (Brigitte) ; Batho (Delphine) (1, 2) ; Benghebrit (Nouria) ; Bouchardeau (Huguette) (1, 2) ; Colette ; Coutelle (Catherine) ; Cresson (Édith) (1, 2, 3, 4) ; Dati (Rachida) ; Duflot (Cécile) ; Garaud (Marie-France) ; Giroud (Françoise) (1, 2, 3) ; Guigou (Élisabeth) ; Joly (Eva) ; Kosciusco-Morizet (Nathalie) ; Kustener (Brigitte) ; Lagarde (Christine) (1, 2, 3, 4, 5) ; Lepage (Corinne) ; Le Pen (Marine) ; Lienemann (Marie-Noëlle) ; Macron (Brigitte) (1, 2, 3, 4) ; May (Theresa) ; Mégret (Catherine) ; Panafieu (Françoise de) ; Pécresse (Valérie) ; Pelletier (Monique) ; Piat (Yann) ; Pau-Langevin (George) ; Pompadour (Madame de) ; Roudy (Yvette) ; Royal (Ségolène) (1, 2, 3) ; Rudd Amber ; Saunié-Séité (Alice) ; Schiappa (Marlène) (par ordre chronologique) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68) ; Sid Cara (Nafissa) ; Suzman (Helen) ; Taubira (Christiane) ; Veil (Simone) (1, 2) ; Warren (Elizabeth) ; Weiss (Louise) ; Zana (Leyla) ; (133)

IX. Femme (Remarquable) : Femme « Remarquable » ; Albaret (Céleste) (1, 2, 3, 4) ; Ambapali ; Arthaud (Florence) ; Avila (Thérèse d’) (1, 2, 3) ; Ayoub (Mouna) ; Baker (Joséphine) ; Barín Kobané ; Bashkirtseff (Marie) (1, 2) ; Benziane (Sohane) ; Bidault (Suzanne) ; Bigillion (Victorine) ; Bonaparte (Marie) ; Boudicca ; Bourlier (Colette) ; Brettignies (Louise de) ; Catherine de Bourbon ; Catherine II de Russie ; Ceaușescu (Elena) ; Christine de Suède ; Clerc (Thérèse) ; Cléopâtre ; Collombel-Pagnol (Joséphine-Marie) ; Colman (Lucy) ; Cox (Joe) ; Curie (Marie) ; Craven (Elisabeth) ; Daschkoff Princesse ; Daubresse (Marie) ; David-Neel (Alexandra) ; Davis (Angela) ; Decker (Marie-Laure de) ; De Cleyre Voltairine (1, 2) ; Delange (Frédérique) ; Demuth (Hélène) ; Desroches Noblecourt (Christiane) (1, 2) ; Dooh Bunya (Lydie) ; Dourov (Nanedja) ; Drouet (Juliette) (1, 2) ; Du Deffand (Madame) ; Du Chatelet (Émilie) (1, 2, 3) ; Dulac Geneviève ; Duncan (Isadora) ; Eltahawy (Myriam) ; Eve ; Fallaci (Oriana) (1, 2) ; Faye (Safi) ; Ferrand (Élisabeth) ; Gellhorn (Martha) ; Goldman (Emma) ; Gorbanevskaïa (Natalia) ; Grouzdieva (Olga) ; Hébuterne (Jeanne) ; Hemmings (Sally) ; Hepburn (Katharine) ; Herman (Liselotte) ; Holiday (Billie) ; Humbert (Thérèse) ; Jablonowska (Maria-Anna-Louisa) ; Jacquemart (Justine) ; Jeanne d’Arc ; Jesenskà (Milena) (1, 2, 3) ; Kahina (La) ; Kautsky (Louise) ; Kerviel (Madame) ; Kiki de Montparnasse ; Klarsfeld (Beate) ; Kollontaï (Alexandra) ; Kowalewski (Sofia, Sophie, Sonia) ; Labourbe (Jeanne) ; Lacasse (Victoire) ; Lacoin (Élisabeth) (1, 2) ; Lafargue (Laura) (1, 2, 3) ; La Rochejaquelein (Madame de) ; La Vallière (Madame de) ; Lefort (Gertrud von) ; Leguay (Catherine) ; Léo (André) (1, 2) ; Lespinasse de (Julie) ; Lou Andreas-Salomé (1, 2, 3) ; Luxemburg (Rosa) (1, 2, 3) ; Luxemburg (Rosa) & Zetkin (Clara) ; Macciocchi (Maria. A) ; Mallet (Isabelle) ; Manchu (Rigoberta) ; Marie ; Mademoiselle Mars ; Mère Teresa (1, 2) ; Michel (Louise) (1, 2) ; Missy (Mathilde de Morny) ; Mladic (Anna) ; Mnouchkine (Ariane) ; Monica ; Morawiecki (Laurence) ; Morgenstern (Sophie) ; Mota (Gisela) ; Necker (Suzanne) ; Nin (Anaïs) ; Ninon de Lenclos (1, 2) ; Noailles (Madame de) (1, 2) ; Noël (Marie) (1, 2) ; Pahlavi (Farah) ; Marquise de Païva ; Parks (Rosa) ; Pascal (Jacqueline) (1, 2, 3, 4) ; Pathé (Odile) ; Paz (Magdeleine) (1, 2, 3) ; Pencalet (Joséphine) ; Perrot (Michelle) ; Pingeot (Anne) (1, 2, 3) ; Pirogova (Anna Stépanovna) ; Pizzey (Erin) ; Phoolan Devi ; Planiol (Thérèse) ; Pougy (Liane de) ; Prédine Françoise ; Princesse Mathilde Bonaparte ; Rachel ; Réal (Griselidis) ; Récamier (Madame de) ; Rendu (Sœur Rosalie) ; Riffaud (Madeleine) ; Robert (Marthe) ; Roland (Pauline) ; Romilly Jacqueline de (1, 2) ; Rondeaux (Madeleine) ; Roosevelt (Eleanor) ; Rykiel (Sonia) ; Saartjie Baartman ; Sand (George) (1, 2, 3) ; Schloss (Simone) ; Schopenhauer (Adèle) ; September (Dulcie) ; Sharawi (Huda) ; Souvestre (Marie) ; Staël (Madame de) (1, 2, 3) ; Stein (Édith) ; Sullerot (Evelyne) ; Tabouis (Geneviève) ; Taratouta (Olga) ; Tillion (Germaine) ; Traore (Assa) ; Tristan (Flora) ; Verny (Françoise) (1, 2) ; Vida Movahed, Narges Hosseini… ; Viollis Andrée (1, 2, 3, 4, 5) ; Voronianskaïa (Élisabeth) ; Walentynowicz (Anna) ; Weil (Simone) (1, 2) ; Woodhull (Victoria) ; Zassoulitch (Véra) (1, 2, 3) ; (201)

X. Femmes : Femmes (1, 2) ; Femmes (Abêtissement) (1, 2) ; Femmes (« Achat ») Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Femmes (Adultères) ; Femmes (Africaines) ; Femmes (Âge) ; Femmes (Aiguilles) ; Femmes (Allaitement) ; Femmes (Alcoolisme) ; Femmes (Algériennes) (1, 2) ; Femmes (Anarchistes individualistes) ; Femmes (Amants) ; Femmes (Amies) (1, 2) ; Femmes (Amoureuses) ; Femmes (Animalisation) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20) ; Femmes (Apparence) ; Femmes (Appel de Coluche) ; Femmes (Assassinées) ; Femmes (Assassinées. Chateaubriand) ; Femmes (Assassinées, violées, harcelées, battues) ; Femmes (Attirance pour les hommes courageux) ; Femmes (Attirance pour les hommes ‘forts’) (1, 2, 3) ; Femmes (Attirance pour les hommes incarnant des idées progressistes) ; Femmes (Attirance pour les hommes politiques) ; Femmes (Autisme) ; Femmes (Autodéfense) ; Femmes (« Au foyer ») ;Femmes (Bagnes) ; Femmes (« Bas bleus ») (1, 2) ; Femmes (« Battues ») ; Femmes (Beauté) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Femmes (Besoin d’être aimées) ; Femmes (Biens) (1, 2) ; Femmes (« Bonne-à-tout-faire », employée de maison, gouvernante, femme-de-chambre, femme de ménage, femme de peine, femme de charge, femme de journée, fille de cusine…) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6, 7, 8) ; Femmes (« Bons Pasteurs ») ; Femmes (Bouleversées) ; Femmes (Bourgeoises) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Femmes (« Bouquets ») ; Femmes (« Bouteilles ») ; Femmes (Charité) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Femmes (« Cheval ») ; Femmes (« Chiennes ») ; Femmes (« Cent millions deux fois ») ; Femmes (CICR. Comité international pour la Croix Rouge) ; Femmes (Chefs) ; Femmes (Chômage) ; Femmes (Colère) ; Femmes (Comment faire disparaître les femmes) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Femmes (Comment meurent les femmes) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Femmes (« Communes à tous ») (1, 2) ; Femmes (Communistes) (1, 2) ; Femmes (Comparaison entre femmes. David Neel-Alexandre) ; Femmes (Comparaison entre femmes. (Revue. Parents) ; Femmes (Comparaison entre femmes. Voltaire) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 4, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27) ; Femmes (« Compétences » politiques) ; Femmes (« Comptes ») ; Femmes (Confucius) ; Femmes (Concurrence entre femmes) (1, 2) ; Femmes (« Connasses ») ; Femmes (« Consentantes ») ; Femmes (« Contemplatives ») ; Femmes (Criminelles) ; Femmes (Culpabilité) ; Femmes (« De pouvoir ») ; Femmes (« Défaite Historique ») ; Femmes (Défense des) ; Femmes (« Délicates ») ; Femmes (Dénis) ; Femmes (Dénis de grossesse) (1, 2) ; Femmes (Déportées dans les camps Staliniens) ; Femmes (« D’exception ») (1, 2, 3) ; Femmes (Diderot) ; Femmes (Dignité) (1, 2) ; Femmes (« Distinguées ») ; Femmes (Échange des femmes) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) ; Femmes (Écrits de femmes lus par des hommes) ; Femmes (Église catholique.1989) ; Femmes (Embryons) (1, 2) ; Femmes (Enfant-s) ; Femmes (Esclavage) ; Femmes (Esclaves. France Culture) ; Femmes (Espérance) ; Femmes (Espionnes) ; Femmes (Estime) ; Femmes (État) ; Femmes (Excréments) ; Femmes (Et) ; Femmes (« Face cachée des hommes ») ; Femmes (« Faibles ») (1, 2) ; Femmes (Favorites des rois) ; Femmes (« Femelles ») ; Femmes (« Filles de la charité ») ; Femmes (Formation) ; Femmes (« [un] formidable moteur scénaristique et un accélérateur émotionnel ») ; Femmes (« au Foyer ») ; Femmes (« Fortes ») ; Femmes (Fouque Antoinette) ; Femmes (« Fragiles » et/ou « vulnérables ») ; Femmes (Françaises) (1, 2, 3) ; Femmes (« Frigides ») Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Fumier) ; Femmes (Fusils) (1, 2, 3) ; Femmes (Ghiliak) ; Femmes (« Gibier ») ; Femmes (Gitanes) ; Femmes (Gloire) ; Femmes (Grégoire Ménie) (1, 2) ; Femmes (« Grosses ») ; Femmes (Grossesses) ; Femmes (Héroïnes) ; Femmes (Hiérarchie. Entre elles) (1, 2) ; Femmes (Humour) ; Femmes (Identités) ; Femmes (Images d’elles-mêmes) ; Femmes (Imaginaire) ; Femmes (Impuissantes) ; Femmes (« Inactives ») ; Femmes (« Intellectuelles ») ; Femmes (« Intelligentes ») (1, 2, 3, 4, 5, 6) ; Femmes (Jouir) ; Femmes (Lâcheté) ; Femmes (Lesbiennes) (1, 2, 3, 4, 5, 6) Par ordre chronologique (7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18) ; Femmes (Lesbiennes assimilées aux ‘gays’) (1, 2) ; Femmes (de Lettres) ; Femmes (Livres de) ; Femmes (Luttes) ; Femmes (« Machines ») (1, 2) ; Femmes (« Maitresses ») ; Femmes (« Maitresses de maison ») ; Femmes (« Mal baisées ») ; Femmes (Malédiction) ; Femmes (« Manager » de femmes) ; Femmes (« Market women ») ; Femmes (Mauvaise foi) ; Femmes (« Médaille des évadés ») ; Femmes (Ménagères) ; Femmes (Menteuses) (1, 2) ; Femmes (Mineures George Sand) ; Femmes (Ministres) ; Femmes (« Misérables ») ; Femmes (Mission) ; Femmes (« Mission historique ») ; Femmes (« du Monde ») ; Femmes (« Mulets ») ; Femmes (Nationalisme) (1, 2) ; Femmes (Nazisme) ; Femmes (Nombre) ; Femmes (« Nous les femmes ») ; Femmes (« Objets ») (1, 2, 3) ; Femmes (Occultation) ; Femmes (ONU. Commission de la condition de la femme) ; Femmes (Orgasme) ; Femmes (« Ornements [décoratifs] ») Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24) ; Femmes (Paraître) ; Femmes (Parcours) ; Femmes (Paroles) (1, 2) ; Femmes (« Partie noble de l’humanité ») ; Femmes (Pas ennemies des hommes) ; Femmes (Perte de temps) ; Femmes (« Pétroleuses ») (1, 2) ; Femmes (Pieds bandés) ; Femmes (« Pisseuses ») ; Femmes (« Plafond de verre ») (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Plaisirs) (1, 2) ; Femmes (dites « à-plateaux ») ; Femmes (Pleurs) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Femmes (Plus de…) (1, 2, 3) ; Femmes (Potentiel) ; Femmes (Pour Le Monde) (1, 2) ; Femmes (Pour Libération) ; Femmes (Poussette) ; Femmes (Pouvoirs sur les hommes) ; Femmes (« Préférées ») ; Femmes (« Propriétés des hommes ») ; Femmes (« Propriété morale des femmes ») ; Femmes (Protéger) (1) Par ordre chronologique (2, 3, 4, 5) ; Femmes (Psychiatrie) ; Femmes (« Puritaines ») (1, 2) ; Femmes (Quantité) ; Femmes (Quartiers populaires aux périphéries des villes) ; Femmes (Rebelles) ; Femmes (Regards) ; Femmes (Règles) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14) ; Femmes (Religieuses) ; Femmes (Réparations dues aux…) ; Femmes (« Repos du guerrier ») ; Femmes (« Repoussoir ») ; Femmes (« Réputation ») ; Femmes (Respect) ; Femmes (Résistantes) (1, 2) ; Femmes (Retraites) (1, 2, 3, 4, 5) ; Femmes (Révolution française) ; Femmes (Rousseau Jean-Jacques) ; Femmes (Salaires) ; Femmes (Salons) ; Femmes (Saoudiennes) (1, 2) ; Femmes (Scientifiques) ; Femmes (« Séduisantes ») ; Femmes (Sentiments) ; Femmes (Sexe) ; Femmes (« Sexe faible ») ; Femmes (« Sexualité ») ; Femmes (Shakespeare) ; Femmes (Sicile. Années [19]50) ; Femmes (Sida) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5) ; Femmes (Sida. Risques) ; Femmes (Silence) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4) ; Femmes (Syphilis) ; Par ordre chronologique Femmes (Solidaires) (1, 2, 3, 4, 5) ; Femmes (Sororité) (1, 2, 3) ; Femmes (Souffrance) (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Stendhal) ; Femmes (S.T.O) ; Femmes (Syndicalistes) ; Femmes (Tabliers) ; Femmes (« Tombées ») ; Femmes (Tondues à la Libération) (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ; Femmes (Traitées de « putes ») ; Femmes (Travail) Par ordre chronologique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Femmes (Travail-dit-ménager) ; Femmes (Trotsky) ; Femmes (Valeur) ; Femmes (Validité des jugements sur…) ; Femmes (« Valises ») ; Femmes (« Vente ») ; Femmes (Vertu) (1, 2, 3, 4) ; Femmes (Veuves) (1, 2) Par ordre chronologique (3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17) ; Femmes (Vie de femmes) ; Femmes (Vie des femmes) ; Femmes (Victimes) (1, 2) ; Femmes (Vieillesse) ; Femmes (Violées. Zoo) ; Femmes (« Voilées ») (1, 2, 3, 4) Par ordre chronologique (5, 6, 7, 8, 9, 10) ; Femmes (Volcans) ; Femmes (Yeux fermés) ; (599)

XI. Femmes /Hommes (Comparaison) : Femmes / Hommes (Comparaison) (1, 2) ; Par ordre alphabétique Arletty ; Astell (Mary) ; Badinter (Élisabeth) ; Balzac (Honoré de) ; Chamfort ; Confiance ; Conte (Paulo) ; Corneille ; David-Neel (Alexandra) ; Dhavernas (Odile) ; Finkielkraut (Alain) ; Gentz (Friedrich) ; Giacometti (Alberto) ; Hugo (Victor) ; La Bruyère ; La Fontaine ; Marquez (Gabriel Gárcía) ; Novalis ; Obama (Barak) ; Pivot (Bernard) ; Prévert (Jacques) ; Robert (Paul) ; Sévigné (Madame de) ; Société des membres de la Légion d’honneur ; (26)

21 août 2019. 1539 items

I. Femme :

Femme : Il ne suffit ni de naître « femme », ni de se découvrir « femme » ; encore faut-il s’interroger, et en découvrir - progressivement - les incidences, les conséquences politiques. (Cf. Féminisme, Patriarcat)

Femme (Qu’est-ce qu’une femme ?) : 1982. Pour Anne Quéré [1936-1995], théologienne féministe protestante :
« Quand vous étudiez la représentation de la femme à travers la littérature, à travers les âges, à travers les mentalités, vous êtes épouvantés. Qu’est-ce que c’est qu’une femme ? D’abord, ce n’est jamais une femme. C’est un démon, disent les Pères de l’Église. C’est un ange, répondent les romantiques. C’est une bête, mais allez savoir laquelle. Une poule, une grue, une tigresse, une chatte si elle aime, une vache si elle enseigne, un chameau si elle administre, une lapine si elle enfante, si elle est pieuse une punaise de sacristie, et presque toujours une dinde ou une bécasse. Un véritable zoo. » 1 (Cf. Femmes. Animalisation)

Femme (Accouchement) : 1981. Une femme évoque « l’accouchement que j’ai subi », se reprend un moment et précise qu’il s’agit d’elle lorsqu’elle naquit de sa mère. Mais la même formulation aurait pu être employée la concernant, lorsqu’elle donna naissance à son enfant. 2 (Cf. Langage)

Femme (Adultère) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, auteur (concernant Madame de Renal) de :
« Aucune hypocrisie ne venait altérer la pureté de cette âme naïve, égarée par une passion qu’elle n’avait jamais éprouvée. Elle était trompée, mais à son insu, et cependant un instinct de vertu était effrayé. Tels étaient les combats qui l’agitait quand Julien parut au jardin. […]
Madame de Renal ne put fermer l’œil. Il lui semblait n’avoir pas vécu jusqu’à ce moment. Elle ne pouvait distraire sa pensée du bonheur de sentir Julien couvrir sa main de baiser enflammés. Tout à coup l’affreuse parole : adultère, lui apparut. Tout ce que la plus vile débauche peut imprimer de dégoûtant à l’idée de l’amour des sens se présenta en foule à son imagination. […]
Elle se voyait méprisable. Ce moment fut affreux. […] » 3
Pour la suite, lire le livre… (Cf. Femmes. Adultères, Hommes. Adultère, Famille. Adultère, Langage. Mot)

Femme (Amant) : Du fait des relations qu’elle voulait avoir avec son amant (certes, intermittent), la première fois qu’il évoqua son épouse, elle lui fit comprendre, sans même aborder la question en elle-même, que cela ne la concernait en rien et que cette référence serait la seule. Il se le tint pour dit. Et ce fut très bien ainsi.

Femme (Antisémitisme) : 1938. Agnès Capri [1907-1976] se remémore :
« [En 1938] J‘avais un contrat avec Pathé Marconi…un contrat à vie ; ils avaient créé une collection pour moi. Et puis, il y a eu la guerre, l’invasion, les nazis. Et on a supprimé les artistes juifs de Pathé Marconi. Et, quand je suis revenue, après Alger, en 1944, Il y avait la même secrétaire. Alors, elle a accepté de retirer mes disques, à condition que je les paie. Et puis, comme j’ai mis huit jours de plus pour aller les chercher - j’avais très peu d’argent - elle les a envoyés à la casse en disant au directeur que ça ne se vendait pas. Et on a tout cassé. » 4 (Cf. Femmes. Chanteuses françaises d’antan)

Femme (Apparence) : (décembre) 2017. Dans un article du Monde Diplomatique consacré à l’« invisible pénibilité du travail féminin », je lis :
« Mme Sylvie T., blonde pimpante, raconte son quotidien de femme de ménage dans une institution culturelle. » 5
C’est, dès lors, pour moi, tout l’article qui est, peu ou prou, décrédibilisé. (Cf. Femme. « Féminin ». Femmes. Apparence. Travail, Patriarcat)

Femme (« Attachée ») : (8 décembre) 1805. Stendhal [1783-1842] écrit dans son Journal ce qu’il a dit la veille à Mélanie Guilbert [1780-1828] dont il est amoureux… et jaloux :
« Tu es un lierre, tu es attachée à un petit arbre et tu t’en inquiètes, au lieu qu’il faudrait que tu le fusses à un gros arbre en qui tu eusses pleine confiance. » 6 (Cf. Hommes. Patriarcat)

Femme (« Au minimum ») : (5 janvier) 2018. Anastasia Collisimo, politologue, auteure de :
« Bertrand Cantat, qui a tué une femme, au minimum, fait la Une des Inrockuptibles, et… » 7 (Cf. Êtres humains, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Avare) : Années (19]50. Maurice Mességué [1921-2017] raconte :
« J’ai soigné très longtemps [Maurice] Utrillo [1883-1965]. Il était marié avec Lucie Valore [1878-1955] [qui] était extrêmement avare. À l’époque, il y a 15 ou 18 ans (milieu des années [19] 50), je prenais (pour sa consultation) 5000 anciens francs et Lucie Valore trouvait que c’était trop cher. ‘Aussi, disait-elle, allez chercher les crayons de couleur de vos enfants, Maurice va vous faire des dessins.’ Et c’est ainsi que je possède un nombre incalculable de dessins d’Utrillo, car jamais elle n’a voulu payer le prix de mes consultations. » 8 (Cf. Femme. Épouse de)

Femme (« Avoir » une) : 1978. Christiane Rochefort [1917-1989], auteure de :
« Si j’avais une femme, elle répondrait au téléphone aux lettres aux huissiers aux persécuteurs elle remplirait les formulaires règlerait les factures classerait le courrier organiserait mes rendez-vous ferait réparer la machine à laver changerait les abat-jours déferait les parquets surveillerait les plantations jouerait avec les chats balayerait sous le lit irait au marché chercherait les charters, pendant que moi j’écrirai Les Sœurs Karamazovna.
Mais je ne peux pas avoir une femme, parce que, je ne pourrais pas laisser tout le sale boulot à quelqu’un pour qui j’aurais un minimum de sympathie. Et quelqu’un pour qui je n’aurais pas le minimum, comment pourrais-je le supporter en permanence à la maison ? Je me demande comment ils font. » 9 (Cf. Hommes, Féminisme, Langage. Verbe. « Avoir »)

Femme (Avortement) (1) : Aucune femme ne veut - positivement - « avorter ». Les femmes ne veulent pas avoir un enfant qui décidera de toute leur vie alors qu’elles ne l’ont pas voulu. Cette volonté est si forte qu’elles prennent souvent cette décision, au risque de leur vie. (Cf. Hommes. Avortement)

Femme (Avortement) (2) : 2000. Maya Surduts [1937-2007], secrétaire générale de de la Cadac (Coordination nationale pour le droit à l’avortement et à la contraception), auteure de :
« Un de nos principes en matière de contraception et d’avortement est que ce sont les femmes elles-mêmes qui décident et non pas les médecins. Ce sont les rares actes où la femme demande pas un diagnostic au médecin, mais lui indique ce qu’elle veut. Ce point heurte les médecins ; ils n’aiment pas que les femmes viennent leur indiquer ce qu’elles veulent, car ils considèrent que, par leur formation, ils sont les seuls à même de dire aux patients ce dont elles sont besoin. De plus, être enceinte ou veiller au choix de sa fécondation n’est pas une maladie. » 10

Femme (« Bégueule ») : Elle riait, comme eux, de leurs ‘plaisanteries’ obscènes : qualifiée de : « pas bégueule », elle fut intégrée à leurs bordées.

Femme (« Bonne sœur ») : Un homme au fils de sa compagne :
« Ta mère, c’est pas une bonne sœur ».

Femme (Bouquets) (1) : 2012. Une femme anonyme, auteure de :
« Certains se réalisent dans le combat politique ; d’aucuns ont la fibre d’écrivain, tels aiment les enfants et se réalisent dans la famille.
Moi, finalement, ce qui m’aura le plus plu et ce que j’aurais fait le mieux, sur cette petite terre rigolote, ce sont les bouquets : bouquets de poèmes, bouquets de fleurs, peut être bouquets de visages sur certaines photos, c’est ce que j’aimerais qu’on grave sur ma tombe, si jamais on m’enterre au lieu de m’incinérer, comme c’est la mode en ce moment.
On dira : ‘Elle ne savait pas faire grand’ chose, mais Dieu ! Ce qu’elle faisait de jolis bouquets ! » 11 (Cf. Êtres humains. Soi, Femme. Artiste. Séraphine Louis)

Femme (Bouquets) (2) : Madame Constance Wilde [1859-1898], épouse d’Oscar Wilde [1854-1900], née sous le nom de Constance Llyod, auteure de :
« Je pense que joncher une nappe de fleurs coupées est une habitude peu sensée et, semble-t-il, cruelle. » 12 (Cf. Femme. Épouse)

Femme (Caïn) : Caïn était dans la tombe et regardait sa femme….13
Femme (« Chef d’œuvre ») : 2012. Lucien Michelot [1850-1929] à Marie Dormoy [1886-1974] : « J’estime que mon plus beau chef d’œuvre, c’est toi. » 14 (Cf. Hommes. Patriarcat)

Femme (« Cigare-tte ») : 1975. Entendu Guy Béart [1930-2015] chanter Havane :
« Tu brûles tout doux comme une cigarette, et moi je te fume, le souffle coupé pour respirer ta peau de Havane…»

Femme (« Cire ») : 1958. Alfred Hitchcock [1899-980] concernant Kim Novak dans Sueurs Froides, auteur de :
« Kim n’est qu’une inconsistante cire qui m’a coûté les plus grandes peines à modeler. J’ai tout fait. » 15 (Cf. Hommes. Patriarcat)

Femme (Collin Françoise) : Françoise Collin [1928-2012], auteure de :
« Je suis une femme, mais ‘je’ n’est pas une femme. »
Valable aussi pour : « féministe », pour « femme [qualifiée de, considérée comme, se définissant comme] lesbienne »… 16 La question ainsi considérablement complexifiée peut alors être prolongée : Qu’est-ce que signifie : « je » [soi], « une femme », « des femmes », « être », «lesbienne» autant de termes, autant de qualificatifs, de questions qui peuvent, qui doivent, alors se complexifier à leur tour. (Cf. Êtres humains. Soi, Femmes. Lesbiennes, Féminisme, Langage. Être)

Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (1) : 1789. Talleyrand [1754-1838], évêque d’Autun, député aux États Généraux, lors de la première insurrection de Paris, apprend que Madame de Brionne est sur le point de s’enfuir et de quitter la France. Il l’en dissuade et lui conseille « d’aller quelque temps, dans une petite ville de province où elle ne serait point connue ». La réponse de Madame de Brionne fut :
« Une petite ville de province, Fi ! Monsieur de Périgord ! Paysanne tant qu’on voudra, bourgeoise, jamais. » 17

Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (2) : (17 juillet) 1922. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944] :
« La comtesse d’Hinnisdäl [1878-1959], petite-fille de Sully [1559-1641] me disait à table [à l’occasion de ses noces d’or] qu’on ne trouvait plus de blanchisseuses à la campagne. Et elle blâme l’instruction que les gens de la campagne ont reçue et qu’il ne fallait pas leur donner, à quoi bon, disait-elle, leur apprendre l’histoire de France à laquelle ils ne comprennent rien. » 18

Femme (Conscience de classe. Aristocratie) (3) : 2001. Dans ses Mémoires, Jean-Claude Brialy raconte le tournage du film, Les malheurs de Sophie [d’après le livre de la comtesse de Ségur. 1981] qui avait eu lieu dans un château où résidait la propriétaire, «très ancien régime».
Jean-Claude Brialy présente à la propriétaire les interprètes du film suivi de la présentation du rôle qu’ils devaient interpréter : Ainsi, « Sophie Deschamps, la mère, qui joue Madame de Réan… » Et il poursuit :
« Lorsque j’arrivais devant Annie Savarin, je dis à la châtelaine : ‘Annie Savarin, qui joue la bonne‘. Et là, elle ne bougea pas, ne lui serra pas la main parce qu’elle jouait la bonne ! Sans aucune méchanceté, instinctivement, elle ne toucha pas la main d’une domestique. J’avoue que, pendant quelques minutes, Annie et moi, restâmes confondus. » 19 (Cf. Culture. Cinéma, Êtres humains, Corps, Domestiques)

Femme (Conscience de classe. Bourgeoisie) : 2008. Christine Lagarde, pour valoir argument de son absence de complaisance dans l’arbitrage de la ministre de finances qu’elle était alors concernant les 400 millions accordés à Bernard Tapie, déclara :
« Est-ce que croyez que j’ai une tête à être copine de Bernard Tapie ? » 20 (Cf. Femme. « Politique ». Femmes. Bourgeoises, Langage. Féminisation du langage)

Femme (Conscience de classe. Ouvrière) : 1976. Domitila Barrios de Chungara [1937-2012] lors de la Conférence de l’Année internationale de la Femme à Mexico en 1976, s’adressant à la présidente de la délégation du Mexique, après que celle-ci lui ait dit :
« Nous vous avons déjà suffisamment écoutée. Il faut parler de nous, de vous et de moi… c’est à dire de la femme », auteure de :
« Eh bien, parlons donc de nous deux.
Mais si vous me permettez, je vais commencer par moi. Madame, cela fait une semaine que je vous connais. Tous les matins, vous arrivez avec une robe différente ; moi pas. Tous les matins, vous arrivez coiffée et maquillée et ça montre que vous avez le temps d’aller dans un salon de beauté élégant et de l’argent à dépenser. Moi pas. Et à voir comment vous vous présentez ici, je suis sûre que vous avez une maison très élégante, dans un quartier aussi très élégant.
Nous, les femmes de mineurs, nous n’avons qu’un petit logement prêté, et si notre mari meurt ou s’il est malade ou s’il est licencié de l’entreprise, nous avons quatre-vingt-dix jours pour quitter notre logement et nous nous retrouvons à la rue.
Et maintenant, madame, qu’est-ce que votre situation a à voir avec la mienne ? Et ma situation avec la vôtre ? Alors de quelle égalité allons-nous parler ? Si vous et moi nous ne nous ressemblons pas, si nous sommes si différentes, nous ne pourrons pas pour l’instant être égales, même en tant que femmes, vous ne croyez pas ? » 21 (Cf. Culture. Ernaux Annie, Politique. Égalité, Patriarcat)

Femme (Conscience de classe. Absence de) : 2013. Élisabeth Badinter, auteure de :
« Il faut mettre en lumière ce qui nous unit, tous et toutes, plutôt que ce qui nous distingue. » (Vérifier l’exactitude la phrase.) 22
Toutes les femmes réunies autour de (derrière ?) Élisabeth Badinter ?
- Il importe ici de ne pas oublier qu’en tant que fille / héritière de Marcel Bleustein-Blanchet, elle est présidente du Conseil de surveillance de Publicis, à ce titre, était rémunérée, en 2012, pour la somme de 240.000 euros par an 23, et que, d’après Wikipédia, elle fut classée par le Magazine Forbes, même année, la 13ème personne la plus riche de France. 24 (Cf. Femmes. Bourgeoises, Féminisme. Bourgeois, Économie)

Femme (« Convenances ») : Elle avait failli aux « convenances » ; pleine d’ambitions, elle se retrouva, sans avoir bien compris comment, et encore moins pourquoi, à jouer, seule, avec un bébé, dans un triste jardin public, devant un bac à sable. (Cf. Relations entre êtres humains. Convenances, Famille)

Femme (« Coût ») : 2001. « Le coût estimé pour rapatrier (de France en Moldavie) le corps d’une femme décédée coûte entre 4 et 5.000 dollars », tandis que « les femmes (Ukrainiennes) sont ‘vendues’ 25 (en Serbie) de 400 à 15000 dollars, puis, ‘rendues’ en Serbie, elles sont à nouveau ‘vendues’ de 1.5000 à 3.000 dollars. »
Ainsi, une jeune fille - destinée à être « prostituée » - « coûte » entre deux et dix fois moins cher que, ne coûte, morte [si souvent, assassinée], le rapatriement de son cercueil. 26 (Cf. Êtres humains. Corps, Femme. Jeune fille, « Achat ». « Vente », « Valeur », Proxénétisme, Économie)

Femme (« Cul ») : 2016. Un banquier à sa femme, mariée avec lui depuis 30 ans, universitaire, laquelle invoquait ses « droits », alors qu’il voulait qu’elle « dégage » :
« Ton cul, tu crois que c’est une tirelire ? » (Cf. Droit, Homme « Grossier », Mariage, « Plan ‘Cul’ »)

Femme (Culpabilité) : (15 février) 1794. Madame de Staël [1766-1817] dans une lettre à Louis de Narbonne [1755-1813], lui écrit :
« […] Ai-je eu tort dans mes lettres ? Ah, tant mieux si j’ai eu tort ; vous ne serez pas si coupable, je pourrais vous croire encore quelque intérêt pour moi. […] » 27 (Cf. Êtres humains. Culpabilité)

Femme (Définition) : 2002. Sylviane Agacinski, auteure de :
« Je serais bien incapable de définir ce qu’est une femme et n’ai pas besoin de le faire. Mais je sais d’un savoir certain, et quelle que soit ma part de virilité, que je ne suis pas un homme. » 28
- Plus pertinent qu’il ne m’est apparu au premier abord : Femme, tentez de vous imaginer homme ; homme, tentez de vous imaginer femme…J’ai essayé : exercice impossible.

Femme (« Démodée ») : Une femme « démodée » : une femme cohérente, sinon avec elle-même, du moins avec son passé ? bien dans ses vêtements ? insouciante au regard des autres ? refusant les assignations ?
Valable aussi pour les hommes, à ceci près que jamais «la mode» n’a joué pour les hommes le rôle, la fonction, la dépendance, la contrainte qui fut la sienne pour les femmes. Jusqu’à ce qu’elles l’ignorent… (Cf. Êtres humains. Mode. Vêtements)

Femme (Dépendante) : 1976. Jean-Paul Sartre [1905-1980] (concernant sa mère), auteur de :
« Je vois le rapport à l’argent qu’a eu ma mère ; elle a d’abord reçu de l’argent de son mari, puis de son père, puis elle a été demandée en mariage par un autre homme, mon beau-père, qui l’a entretenue jusqu’à ce qu’il meure ; à la fin de sa vie, elle a vécu en partie de ce que mon beau-père lui avait laissé, et en partie de certaines sommes que je lui donnais. Elle a été, d’un bout à l’autre de sa vie, entretenue par des hommes et elle n’a eu aucun rapport direct avec le capital. » 29
- Mais, dans le même livre, je lis :
« Une fois, ma mère m’a donné douze millions pour payer mes impôts», suivi de :
« Je venais de découvrir que je n’avais plus d’argent. C’est là, je crois, que ma mère m’avait donné douze millions pour payer mes impôts. » 30
- Relativise heureusement le qualificatif de « philosophe », ainsi que celui de « femme dépendante ». (Cf. Femme. Mère, Homme. Avortement, Patriarcat, Économie, Philosophie)

Femme (Désespérée) : 1921. Milena Jesenskà [1896-1944] évoquant l’immense pauvreté, à Vienne (Autriche), écrit :
« [Mais] hier, j’ai assisté à un spectacle horrible. Mon regard a été arrêté par la silhouette d’une femme, pâle comme un fantôme, tapie derrière les piliers de l’église. Ici, point d’affiche. Seulement, une terrible douleur. Pas de suppliques, pas de larmes, juste un visage muet à force de lamentations.
Elle tenait dans ses bras un enfant qui venait de mourir. Il était tout couvert de plaques rouges.
Mais quand je me suis approchée, elle m’a soudain repoussée d’un geste où il y avait tant de mépris pour tout, tant de solitude de l’être qui mendie, que prise de terreur, je me suis enfuie, comme si c’était moi qui avait besoin de me sauver. » 31 (Cf. Êtres humains. « SDF », Enfants. Jesenskà Milena. Femme. Remarquable. Femmes. Charité, Relations entre êtres humains. Frontières)

Femme (Devenir une) (1) : Quand une petite fille devient-elle « une femme » ? Quand elle a ses règles pour la première fois ? Quand elle fait sa première communion ? Quand elle attire des regards relevant d’un désir de séduction ? Quand sa poitrine est visible ? Quand son hymen est brisé ? Quand elle a des relations sexuelles pour la première fois ? Quand elle se marie ? Quand elle est majeure ? Quand elle est mère ? Quand elle est supposée «découvrir» le «plaisir», appréhender ses « sentiments », ses « sensations» , ses « sens » ? Ne «devient»-elle «une femme» que du seul fait de ses relations à la reproduction et / ou aux hommes, et donc niée en elle-même ? (Poursuivre) (Cf. Femmes. Règles, Épouses. Mères)

Par ordre chronologique. Femme. Devenir une femme :

Femme (Devenir une) (2) : 1833. George Sand [1804-1876] écrit dans Lélia :
« Mes sens, loin d’être appauvris, étaient donc renouvelés. […]
Je ressentis tous les aiguillons de l’inquiétude, des désirs vagues et impuissants.
Il me sembla que je devenais femme, que je reprenais à la vie, que je pourrais encore aimer et désormais sentir. » 32 (Cf. Femmes. Désirs, Plaisirs)  

Femme (Devenir une femme) (3) : (22 juin) 1837. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, écrit :
« Première communion d’Adèle [sa fille. 1824-1855], la veille du départ pour la Hollande. Merveilleuse fête. Le voile : elle ressemblait à une femme. » 33 (Cf. Femmes. Voilées)

Femme (Devenir une femme) (4) : 1844. Jules Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la révolution française, auteur, dans une comparaison avec Charlotte Corday [1768-1793] de :
« Cette prolongation d’enfance fut une singularité de Jeanne d’Arc [1412-1431], qui resta une petite fille et ne fut jamais une femme. » 34

Femme (Devenir une) (5) : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables, auteur de :
« [...] Il lui parut [à Marius] que ce n’était plus la même fille [Cosette]. La personne qu’il voyait maintenant était une grande et belle créature ayant toutes les formes les plus charmantes de la femme à ce moment précis où elles se combinent avec toutes les grâces les plus naïves de l’enfant ; moment fugitif et pur que peuvent seuls traduire ces deux mots : quinze ans. […]
En six mois, la petite fille était devenue une jeune fille ; voilà tout. Rien n’est plus fréquent que ce phénomène. Il y a un instant où les filles s’épanouissent en un clin d’œil et deviennent des roses tout à coup. Hier, on les a laissées enfant, aujourd’hui, on les retrouve inquiétantes. […] » 35 (Cf. Êtres humains, Corps, Enfants. Jouets, Femme. Jeune fille, Hommes, Patriarcat)

Femme (Devenir une) (6) : (24 février) 1910. Sigmund Freud [185§-1939] dans une lettre adressée à Karl Abraham [1877-1925], suite à une analyse du « fétichisme des pieds et des bottes » :
« En outre, il faut souligner que le pied féminin remplace probablement le pénis de la femme, sont l’absence a été ressentie douloureusement et qui a été préhistoriquement [prähistorisch] postulé. La natte pourrait être le substitut de cette même chose [sic]. Couper la natte, c’est donc castrer des femmes, ‘faire’ des femmes, puisque c’est par la castration qu’on devient femme. » 36 (Cf. Corps. Pied, Femme. « Féminin », Langage, Hommes. Langage. Verbe. Faire. Sexes […], Psychanalyse. Freud Sigmund)

Femme (Devenir une) (7) : 1929. Jeannette Vermeersch [1910-2001], compagne, puis épouse de Maurice Thorez [1900-1964], secrétaire général du parti communiste français, dans ses Mémoires, La vie en rouge, raconte son premier voyage et URRS [en 1929] et sa participation à « quelques réunions de l’Internationale Communiste » :
« En arrivant en Union soviétique, je n’étais encore qu’une jeune fille timide et réservée, une petite ouvrière qui rougissait dès que l’on posait un regard sur elle, très romanesque, toute préoccupée par sa vie intérieure. Les grèves, le groupe des jeunesses communistes, m’avaient déjà un peu sortie de mon cocon, mais ce séjour en URSS me libéra vraiment.
En quelques mois, au contact de la révolution, je devins littéralement une autre personne, capable de m’extérioriser, de ‘prendre du poids’.
Et pas seulement intellectuellement, en six ou sept mois, j’ai vécu une véritable transformation physique. [...]
En fait, plus je m’épanouissais moralement, plus je m’épanouissais physiquement. Je quittais définitivement le romantisme de l’adolescence et devenais une femme. » 37

Femme (Devenir une) (8) : 1949. Lu, dans le livre autobiographique de Chow Ching Lie, Le palanquin des larmes, ce passage où, à Shanghai, alors fiancée contre sa volonté, à 13 ans, elle décrit sa nouvelle vie, dans l’attente du mariage :
« Pour moi, dans mon existence coutumière - l’école, le piano, les études - une seule nouveauté, j’étais censée faire mon apprentissage de femme. Les rudiments n’avaient pas changé : surveiller mon langage, ne pas rire à gorge déployée, ne pas parler fort, ni marcher à grands pas. Ces règles observées, on était déjà, paraît-il, une femme. » 38

Femme (Devenir une) (9) : 1976. Ménie Grégoire [1919-2014], dans son livre, Telle que je suis, écrit :
« (Vers 5-6 ans) Chaque soir, avant de m’endormir, je devenais un petit garçon extraordinaire, qui s’appelait Paul. […] Paul (c’est-à-dire moi) pouvait tout : aucune barrière, aucune enceinte, aucune porte d’aucun ordre ne l’arrêtait […] Il était toujours premier, il gagnait tout et dévorait la vie.
Aujourd’hui, je peux affirmer que je n’ambitionnais nullement de devenir un homme ; je faisais quelque chose de très sain ; je me faisais libre dans l’imaginaire, petite fille déguisée en garçon, à la barbe de toutes les femmes résignées qui m’entouraient.
Paul a vécu en moi des années. Puis un jour je n’ai pas pu me projeter en lui parce que je devenais femme et il a disparu d’un seul coup. » 39 (Cf. Patriarcat, Psychanalyse)

Femme (Devenir une) (10) : 1976. Bruno Bettelheim [1903-1990], dans son livre Psychanalyse des contes de fées, auteur de :
(Après avoir présenté son analyse de la Belle au bois dormant et de Perceforest [vers 1340] » La femme ne s’accomplit pas totalement quand elle a ses règles, ni quand elle devient amoureuse, ni quand elle a des rapports sexuels, ni quand elle met au monde un enfant : les héroïnes de Perceforest et de l’histoire de Basile font tout ça en dormant. Il reste nécessairement quelque pas de plus à faire sur le chemin de l’ultime maturité ; il faut encore nourrir l’être qu’on a mis au monde. Ces histoires énumèrent des expériences qui n’appartiennent qu’à la femme ; elle doit les vivres toutes avant d’atteindre le sommet de sa féminité. C’est l’enfant qui rend la vie à sa mère […]» 40 (Cf. Femme. Mère, Patriarcat. Féminité)

Femme (Devenir une) (11) : 1982. Lu dans le livre de Paul Thorez, Les enfants modèles, dans lequel il racontait son enfance :
« […] Anita avait 15 ans, deux de plus que moi. C’était une grande fille, brune, solide. Elle était faite. Elle était femme. » 41

Femme (Devenir une) (12) : 1995. Lu dans le Guide des films. 1895-1995.L-Z de Jean Tulard, concernant Marie Poupée [1976. Joël Seria] :
« Marie, une orpheline de 17 ans épouse Claude, le trentaine, qui tient un magasin de poupées. Mais le soir des noces, il ne la touche pas, se contentant de jouer avec elle comme une poupée. Marie, frustrée, désirerait que Claude fasse d’elle réellement sa femme. […] » 42 (Cf. Homme. Impuissant, Famille. Mariage, Langage. Verbe, Faire)

Femme (Devenir une) (13) : 2007. Michelle Martin, épouse de Marc Dutroux, assassin, violeur, tortionnaire de petites filles, condamnée, en 2004, à 30 ans de prison, et elle aussi, responsable, complice, auteure en 2007 de :
« Je voyais bien que je partais avec un homme aux antipodes de tout ce qui avait compté pour moi, des valeurs. […] Mais il me rendait femme. » 43

Femme (Dignité) : Anatole France [1844-1922], amant de Madame de Caillavet [1844-1910], informé d’anciennes relations amoureuses de sa maîtresse par l’un de ses ex-amants, lui avait écrit :
« […] Ah ! s’il ne s’agissait que d’essuyer les crachats que tu as reçus, avec quelle pitié je le ferais. Quel bonheur ce serait pour moi de les effacer sous mes baisers. Mais la souillure est en toi, comment l’effacer jamais ? Voudrais-tu encore me redonner ce que tu as donné à un autre ? Voudrais-tu encore que nous soyons tous deux ce que tu étais avec ce misérable ? »
- Madame de Caillavet lui répondit […] :
« Je ne puis supporter que tu me soupçonnes de faiblesse parce que tu mets en doute ma fierté - sans doute je suis souillée par ces horribles calomnies, mais la souillure est involontaire. Je ne suis pas flétrie, et je te défends, oui, je te défends de me le dire. Tu peux t’éloigner de moi, je ne te permets pas de me mépriser…Et puis, tu sais autre chose, je veux te gronder : il est mal à toi de me tenir pour moins précieuse parce que j’ai été insultée par un indigne. » 44
- Arguments, à moderniser, à réutiliser… (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Distraction) : 1833. Alfred de Musset [1810-1857] dans Les caprices de Marianne, met dans la bouche de Marianne cette analyse :
« Qu’est-ce après tout qu’une femme ? L’occupation d’un moment, une ombre vaine qu’on fait semblant d’aimer pour le plaisir de dire qu’on aime. Une femme ! c’est une distraction. Ne pourrait-on dire quand on en rencontre une : ‘ Voilà ma belle fantaisie qui passe ?’ […] » 45

Femme (« Don ») : 1764. Je lis dans la chronologie de la vie de Beaumarchais [1732-1799]
concernant l’année 1764, publiée dans La Pléiade :
« Séjour en Espagne brillant et agité. Vie commune avec la marquise de La Croix, qu’il donne au roi comme maîtresse. » 46 (formulation à revoir) (Femmes. Échange des femmes, Hommes, Famille, Patriarcat)

Femme (« Dure ») : 1936. Lu dans le Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos [1888-1948] :
«’Ta mère était une ‘dure’, aime à répéter mon oncle Ernest. Pour les pauvres gens, je crois que cela signifie une ménagère infatigable, jamais malade et qui coûte pas cher pour mourir. »
- Pour comparaison, neuf pages plus loin, Georges Bernanos évoquant « M. le comte », écrit : « On le dit assez dur envers ses fermiers. » 47. (Cf. Homme. « Dur », Économie. « Pauvres (Les) »)

Femme (Égérie) : Vous ne voulez pas reconnaître les qualités intellectuelles et / ou politiques d’une femme, qualifiez-la d’« égérie ». Ce qualificatif - entendu concernant Susan George, ancienne présidente d’Attac - évite de la lire, de la critiquer, de la considérer selon ses mérites. Vous pouvez alors assimiler les plus belles d’entre elles à des publicités vivantes pour Lancôme, Chanel, ou elles ne sont plus que paraître.
Terme qui a remplacé celui de « muse », trop ‘daté’ … (Cf. Femmes « Intellectuelles », Économie. Publicité )
- Analyse valable aussi pour : « icône » - entendu concernant Alice Schwarzer en février 2014, concernant Rosa Luxemburg [1871-1919], en mars 2014, Gloria Steinem en novembre 2016 (Le Monde Diplomatique), le 26 juillet 2019, concernant Virginia Woolf : « icône de la lutte pour la parité des sexes » (France Culture) .
- Analyse valable aussi pour « Femme Remarquable », que j’emploie et utilise : ?

Femme (« Égoïsme ») : (5 décembre) 1864. Caroline B. [Brame] [1847-1892], auteure, dans son Journal intime, de :
« Ah ! L’égoïsme est un affreux défaut et cependant, on est tenté de dire : Et moi ? » 48 (Cf. Êtres humains. Soi)

Femme (Elle) : 2007. Valérie Toranian, alors directrice de la rédaction de Elle, auteure de :
« Notre identité est dans ce mélange -dosage subtil entre le fond et la forme, le sujet de société et de mode, la réflexion et la beauté, un certain engagement et une vraie légèreté’ - parce que nous cherchons sans cesse à réconcilier les deux parts de la femme : la part de féminisme qui est en nous, avec nos irritations et nos révoltes, et la part de féminité, qui renvoie à nos envies d’être belles, d’êtres drôles, de séduire -. » 49
« Les deux parts de la femme » : ou comment devenir schizophrène. (Cf. Féminisme. Elle, Patriarcat. « Féminité », Psychanalyse)

Femme (« Embonpoint ») : (14 avril) 1801. Choderlos de Laclos [1741-1803] dans une lettre à son épouse, respectée et aimée (et réciproquement) :
« Je suis bien aise de ce que tu me mandes de ta santé, et même de ton embonpoint.
De toi, bonne chère amie, plus il y en a et mieux c’est. » 50 (Cf. Homme. Remarquable. Laclos Choderlos de)

Femme (« Emplette ») : (15 décembre) 1759. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à François Chennevières [1699-1779] (concernant Mademoiselle de Bazincourt qui, sortie du couvent, séjourna une année [oct. 1759-nov. 1760] chez Voltaire [1694-1778] et Madame Denis [nièce et compagne de Voltaire 1712-1790), écrit :
« Melle de Bazincourt [ ?- ?] est une bonne emplette, et de bonne emplette, je peux en parler ainsi sans conséquence, à mon âge. »
- Madame Denis avait écrit la concernant pour sa part :
« Cette fille a de l’esprit. [Elle publiera en 1768 un Abrégé historique des figures de la Bible mis en vers français.] Je voudrais pouvoir lui faire du bien. […] [et] la faire venir auprès de moi. »
- Voltaire emploiera, à nouveau, le terme d’« emplette » concernant « un petit garçon de douze ans, Bussi » qu’il recommande afin qu’il puisse entrer à l’Opéra-Comique. 51 (Cf. Êtres humains, Femme. « Achat »)

Par ordre chronologique. Femme. Enceinte :

Femme (Enceinte) (1) : 1765-1770. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], dans Les confessions, auteur de :
« Tandis que j’engraissais à Chenonceau, ma pauvre Thérèse [Levasseur. 1721-1801] engraissait à Paris d’une autre manière, et quand j’y revins je trouvai l’ouvrage que j’avais mis sur le métier plus avancé que je ne l’ai cru. » (Livre 7) 52 (Cf. Homme. Grossier, Patriarcat. Père)

Femme (Enceinte) (2) : (5 juillet) 1773. Voltaire [1694-1778] écrit à Alexandre-Marie-François de Paule de Dompierre d’Hornoy [1742-1828] :
« Mon cher Picard, ceux qui se portent bien ont pu vous faire leurs compliments sur l’embryon de l’âme immortelle logée depuis deux mois entre la vessie et le rectum de Madame d’Hornoy, mais ceux qui traînent les restes d’une vie languissante [lui, en l’occurrence] n’ont pu être si diligents. Ils n’en prennent pas moins intérêt à la petite machine à peine organisée que vos deux machines ont produite sans savoir comment. Je souhaite au fœtus toutes sortes de prospérités dans le monde ridicule qu’il habitera, et que je vais bientôt quitter. Il est fort vraisemblable que je ne verrais jamais ce monsieur. […] . »
NB. Ce « monsieur » fut une fille : Charlotte-Marie-Sophie naquit le 8 janvier 1774. 53 (Cf. Êtres humains, Corps, Relations entre êtres humains. Aimer. « Faire l’amour », Enfants, Langage. Féminisation du langage, Homme. Grossier. Voltaire)

Femme (Enceinte) (3) : 1995. Lu dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L. Z, concernant :
- Une certaines rencontre. 1964. Robert Mulligan : « Un jeune jazzman rencontre une vendeuse de Manhattan. Elle est enceinte de ses œuvres (non jazzistiques) […] » 54
- Trois masques (Les). 1929. André Hugon : « Paolo aime Viola. Elle se retrouve enceinte. […]. »

Femme (« Épave humaine » ) : 1995. Lu dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L. Z, concernant Les requins de Gibraltar [1947. Emile Edwin Reinert] :
« Stella, une épave humaine est transformée en lady pour les besoins de la cause du sinistre Gordon […]. » 55

Femme (« Esclave ») : 1944. Chanson : « Il avait le charme slave » chanté par Andrex [1907-1989]. Paroles de Françoise Giroud [1916-2003] :
Refrain: « Il avait le charme slave / Et elle est devenue l'esclave / L'esclave de ce charme slave / Sex appealof et vampovich »
- «
Mais il la battait tous les soirs / Avec une paire d'embauchoirs, / Puis rempli de désespoir / Il saisissait son rasoir / Et sautait dans la baignoire / En criant : j'veux du caviar ! / Ce tendre amour dura trois mois / Jusqu'au jour où elle le trouva / Enroulé nu comme un ver / Autour d'une femme aux yeux verts / Elle brandit un revolver / En chantant : Otchi Tchornia. »
Refrain :
- «
Il lui cria sans se retourner : / "Non mais des fois, t'es pas cinglée ? / Vas-tu t'arrêter de gueuler / Et me laisser travailler ! / Sinon je te file une grande baffe / T'es prévenue ? Alors fais gaffe / Y faudrait pas me prendre pour un cave / Parce que j'ai le charme slave. / Mon vrai nom, c'est Fleur de Nave / Mais tu peux m'appeler Gustave / Va m'attendre sur le palier / Tu viendras quand je te sonnerai /
Et elle est restée l'esclave / L'esclave de ce charme slave / L'esclave du sourire suave / Du beau Gustave dit Fleur de Nave.
» (Cf. Culture, Homme. Violent, Patriarcat. Domination masculine. Permanence)
N.B. Transcrit dans un deuxième temps sous l’item «
Esclave » après avoir classé sous l’item « Humour »: d’abord amusée de cette chanson, entrainante et drôle, puis découvrant la réalité de ses paroles.

Femme (« Espèce ») : Le terme d’« espèce » n’étant pas - en ce qu’il ne leur confère pas de spécificité - approprié pour qualifier les êtres humains, il l’est moins encore concernant les seules femmes. (Cf. Êtres Humains, Langage. Critique de « Spécisme »)

Femme (Être) : Se savoir être, c’est ne jamais être seule. (Cf. Êtres Humains. Soi, Femme. « Seule »)

Femme (Être humain) (1) : 1975. Une femme, n’est ni un sexe, ni un corps, ni un visage, ni un foyer, ni une plante, ni …
Toute définition d’un seule d’entre ces expressions nie sa qualité première : celle d’être, comme chaque homme, un être humain pensant.
[Après avoir vu : « Qu’est-ce qu’être une femme ? Réponses de femmes : Notre corps, notre sexe », dans le « Ciné tract » d’Agnès Varda. 1975] (Cf. Culture. Cinéma, Êtres humains, Femmes, Patriarcat. Paternalisme)

Par ordre chronologique. Femme. Être humain :

Femme (Être humain) (2) : (16 décembre) 1772. Voltaire [1694-1778], dans une lettre adressée à Mr Paule de Dompierre d’Hornoy écrit :
« M. de Florian nous restera : il est enchanté de sa femme et de sa maison. Mais sa maison ne vaut pas sa femme. » 56 (Cf. Êtres humains, Langage. Zeugma)

Femme (Être humain) (3) : (5 novembre) 1906. Le chroniqueur du Journal écrivit le lendemain de la première conférence inaugurale à la Sorbonne, présentée par une femme, Marie Curie [1867-1934] :
« Si la femme est admise à donner l’enseignement supérieur aux étudiants de deux sexes, où sera désormais la prétendue supériorité de l’homme mâle ? En vérité je vous le dit : le temps est proche où les femmes deviendront des êtres humains. » 57
- À lire non pas seulement comme une aberration (jugée anachronique), mais comme une vérité (au moins partielle) afin d’enrichir la réflexion du fait des questions que cette phrase pose. (Cf. Êtres humains, Femmes, Patriarcat, « Sciences » humaines, Sexes […])

Femme (Être humain) (4) : 1984. Lu dans le livre de Marie-Claire Hook-Demarle, La femme au temps de Goethe :
« Peu à peu, entre Goethe [1749-1832] et les femmes de son temps s’est créé une osmose où les femmes réelles puisent des modèles dans une œuvre qu’elles ont souvent inspirée.
Elles se retrouvent à travers des héroïnes telles qu’elles voulaient être et non telles qu’elles furent.
Elles s’intéressaient à ses personnages féminins comme s’il y allait d’êtres humains. […] » 58 (Cf. Êtres humains, Femme. « Féminin », Patriarcat. Filliation)

Femme (Être humain) (5) : 1997. Françoise Barret-Ducrocq & Évelyne Pisier, dans leur livre, Femmes en tête, concernant Nicole Le Douarin (chercheuse en biologie du développement et en embryologie), écrivent :
« Sa conviction profonde acquise dès l’enfance a toujours été qu’une femme est un être humain comme un autre, indépendant, qui ne doit jamais se trouver devant l’obligation de demander de l’argent à son mari. » 59
Un « être humain » se suffit à lui, à elle-même ; le « comme un autre » est de trop…(Cf. Êtres humains, Femmes, Patriarcat, « Sciences » humaines)

Femme (Expiation) : 1973. Madame Marthe Massenet [ ?- ?] , dans un livre intitulé Madame Veuve, rapporte la prière qu’elle fit, après la mort de son mari, à son Dieu :
« À celui qui voit les cœurs, je dis simplement : ‘Pierre croyait en Toi, Seigneur. C’était un juste, un homme de vérité et de bonté. Fais qu’il soit heureux. S’il s’est trompé, s’il a commis des fautes, qu’elles retombent sur moi, qu’elles soient expiées par ma douleur. Aie pitié, Seigneur, puisque j’accepte…’ » 60
Terrible…(Cf. Relations entre êtres humains. Compassion)

Femme (« Facile ») : 1782. Dans Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos [1741-1803], la Marquise de Merteuil juge sévèrement la jeune Sophie de Volanges :
« Je me désintéresse entièrement de son compte. J’avais eu quelque envie d’en faire au moins une intrigante subalterne, et de la prendre pour jouer les seconds sous moi : mais je vois qu’il n’y a pas d’étoffe. Elle a une sotte ingénuité […] et c’est selon moi la maladie la plus dangereuse qu’une femme puisse avoir. Elle dénote surtout une faiblesse de caractère […] de sorte que, tandis que nous [Valmont et elle-même] nous occuperions de former cette petite fille pour l’intrigue, nous n’en ferions qu’une femme facile.
Or, je ne connais rien de si plat que cette facilité de bêtise, qui se rend sans savoir ni comment ni pourquoi, uniquement parce qu’on l’attaque et qu’elle ne sait pas résister. Ces sortes de femmes ne sont absolument que des machines à plaisir. » 61

Femme (« Faible ») : (26 mai) 1849. Jules Michelet [1798-874)] dans son Journal, concernant sa jeune épouse, auteur de :
« […] J’eus l’extrême bonheur de voir une métamorphose étrange et soudaine. Son cœur a failli, sa tête a penché. Elle s’est retrouvée femme et faible : mon diamant est redevenu ce qu’il devait être : une fleur. Grâce en soit rendue à Dieu. […]
Je crois profondément, tout intérêt à part, que son harmonie est en moi. » (Cf. Relations entre êtres humains. Admiration)
- Le (22 juillet) 1856, Michelet reprend ce thème de la femme « faible », y inclue toutes les femmes et transforme en loi patriarcale ce qu’il avait vécu à son profit.
Il écrit, sous couvert de « sexe », en toute naïve, inconsciente transparence :
« Cette femme, déterminée comme telle à trois mois dans le sein de la mère, le sexe la forme, la sculpte dès lors, la fait molle autant qu’il faut pour qu’elle aime et souhaite le fort, pour qu’elle en reçoive l’empreinte. […] » 62 (Cf. Patriarcat, Sexes […])

Femme (« Faire valoir ») : 1924. Gina Lombroso [1872-1944] (fille de son père) sans doute la femme auteure la plus antiféministe de l’entre-deux guerres, dont les livres eurent un énorme succès, auteure de :
« […] Une femme élégante, une maison élégante donnent assurément au mari et aux personnes qu’il reçoit l’illusion du bonheur, de la richesse, et par conséquent lui donne du lustre, illusion et lustre auxquelles l’homme est extrêmement sensible.
Il tolère en effet parfaitement que la femme tienne plus ou moins bien la maison, qu’elle soit plus ou moins riche, plus ou moins intelligente, qu’elle soit plus ou moins bien vêtue quand il est seul avec elle, si, au moment opportun, elle sait présenter une maison qui paraisse belle, des enfants qui paraissent bien élevés, si elle sait paraître riche, bien vêtue, heureuse, si elle sait lui faire bonne figure devant les étrangers, si elle représente une valeur que les autres lui envient, si elle sait mettre au bon jour les autres biens qu’elle possède et lui en donner conscience à lui-même. » 63 (Cf. Êtres humains. Soi, Femmes. Aiguilles, Intelligentes, Langage. Verbe. Être)

Femme (« Fautive ») : (6 janvier) 1663. Samuel Pepys [1633-1703], dans son Journal :
« [Toutefois], j’étais quelque peu irrité par la négligence de ma femme, qui a laissé son écharpe, son corselet et ses vêtements de nuit dans la voiture qui nous a ramenés aujourd’hui de Westminster ; j’avoue qu’elle me les avaient confiés - mais elle est fautive de ne s’être pas assuré que je le savais effectivement sortis de la voiture. […] » 64 (Cf. Homme. Irresponsable)

Femme (« Féminin ») (1) : Le « féminin » - et le « masculin » - sont des constructions patriarcales. Un débat construit sur les fondements de ces deux termes reproduit nécessairement les mythes liant le féminin au foyer, à la fécondité, à la nature…et le masculin, à la force, le pouvoir, la virilité…
Le seul emploi de l’un d’entre ces deux adjectifs est d’emblée signifiant ; dès lors, tout débat engagé qui entérine leur emploi, entérine aussi leurs présupposés. (Cf. Langage)
* Ajout. 27 octobre 2018. 1995. Pour illustration, Cf. Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant Miss O’Gynie et les hommes fleurs [1973. Samy Pavel] :
« Elle joue tour à tour, la séduction, la détresse, la soumission ; elle incarne les éternels mythes féminins. » 65 (Cf. Penser. Mythe)
* Ajout. 31 octobre 2018. (31 octobre) 2018. Pour une position contraire, Ségolène Royal :
« La femme doit exister dans sa féminité comme l’homme existe dans sa masculinité. L’humanité est faite du masculin et du féminin et c’est cet équilibre là qu’il faut retrouver. » 66 (Cf. Femme « Politique », Patriarcat. « Féminité »)

Femme (« Féminin ») (2) : Pour disqualifier ce terme à tout jamais, Cf. :
- Sigmund Freud [1856-1939] à Lou Andreas-Salomé [1861-1937] :
« Pour la première fois, j’ai été frappé de ce qu’il y a d’exquisément féminin dans votre travail intellectuel. » 67
- René Barjavel [1911-1985] :
« La femme n’est pas un être humain, c’est un être féminin. » 68
- Michel Houellebecq :
« Je suis de plus en plus féminin. » 69
- Élisabeth Roudinesco, évoque comme relevant de l’évidence :
« la souplesse de la féminité. » 70 (Cf. Patriarcat. « Féminité », Violences. Violences à l’encontre des femmes. Roudinesco Élisabeth)
- Jean Tulard, concernant le film : Une sale histoire [1977. Jean Eustache] évoque « les toilettes féminines [d’un café parisien]. »71
(Cf. Êtres humains, Langage. Verbe. Être, Patriarcat. « Féminité », Politique. Mythe, Psychanalyse)
* Ajout. 27 octobre 2018. 1996. Un (gros) bémol ! : écouter les Rimes féminines de Juliette. (Cf. Culture, Histoire)

Femme (« Féminin ») (3) : Quelle différence y a-t-il entre « une voix féminine » et une voix de femme ? Dans le second cas, la femme évoquée est singulière.

Par ordre chronologique. Femme. « Féminin » :

Femme (« Féminin ») (4) : (25 juin) 1876. Gustave Flaubert [1821-1880], dans une lettre à Ivan Tourgueniev [1818-1883], après l’enterrement de George Sand [1804-1876], auteur de :
« Il fallait la connaître comme je l’ai connue, pour savoir tout ce qu’il y avait de féminin dans ce grand homme. […] » 72 (Cf. Patriarcat . « Féminité »)

Femme (« Féminin ») (5) : (23-24 août) 2015. Entendu, lu, deux jours de suite :
« Les menstrues, quelque chose de très féminin » ;
« La peur des souris, c’est féminin » ;
« Le tout féminin qu’on appelle la pudeur... »,
Mais aussi : « Son travail est féminin, agressif ; c’est un poison. » 73
Le « féminin », après avoir relevé, nous a-t-on assuré, de la nature, de la culture, de la norme, relève, en réalité, de l’injonction, de l’arbitraire. Comme « le masculin »… (Cf. Patriarcat. « Féminité »)

Femme (« Féminin ») (6) : 2016. À la Fête de l’Humanité, Christiane Taubira, lors d’une exposition d’une exposition des bijoux créés par Elsa Triolet [1896-1970], la qualifia comme étant l’« un des grands esprits féminins qui ont marqué nos arts […]. »
Pour ses bijoux ? Il eut été, semble-t-il, bien de défaire le lien, de lever les ambiguïtés - si tant est que l’on puisse, au vu de l’intitulé de l’article de L’HumanitéLes parures d’Elsa »…] employer ce terme - entre les « bijoux d’Elsa » et Elsa Triolet. … 74 (Cf. Culture, Relations entre êtres humains. Flagornerie, Femme. Épouse de, Patriarcat. « Féminité », Politique. Médias)

Femme (« Féminin ») (7) : (28 septembre) 2016. Lu ce matin, rue de Bièvre, apposés sur une vitrine, une affiche sur laquelle on pouvait lire : « Cherche modèles féminins ». Pour ne pas avoir à écrire : « Cherche femmes…modèles » : ? (Cf. Patriarcat. « Féminité »)

Femme (« Féminine ») (8) : (août) 2018. Ière page du magazine Marie-Claire :
« Quand se sent-on féminine ? [Ce qu’éprouvent les femmes. Pourquoi tout a changé] » : Comment prolonger la survie du qualificatif qui, sur le dos des femmes, a fait la fortune des patrons de la presse dite « féminine », souvent liés aux pires patrons, aux marchands de canons, souvent les mêmes. (Cf. Femme « Salope », Politique. Guerre)

Femme (« Féminisation ») : (septembre) 2014. Élections au Sénat : La Chaîne TV. Sénat se félicite de la « féminisation » du Sénat, qualifiée cependant par certain-es, plus scrupuleux-ses, de « légère ».
Le résultat : 25 % de femmes. (Cf. Langage. Féminisation, Politique. Parité)

Femme (Fierté) : 1855. George Sand [1804-1876]n évoquant sa rupture, alors adolescente, avec Dieu, dans son Histoire de ma vie, écrit :
« […] Je ne voulais pas descendre dans son respect en risquant de l’irriter.
Je ne sais pas si j’ai raison de regarder la fierté comme un des principaux devoirs de la femme, mais il n’est pas en mon pouvoir de ne pas mépriser la passion qui s’acharne.
Il me semble qu’il y a là un attentat contre le ciel, qui seul donne et reprend les vraies affections.
On ne doit pas plus disputer la possession d’une âme que celle d’un esclave. […] » 75
Mais tout le passage concernant sa décision est passionnant. (Cf. Êtres humains)

Femme (« Flèche ») : 1994. Hubert Juin [1926-1987], en conclusion de sa Préface à L’Art d’aimer d’Ovide, auteur de :
« […] C’est là que se mesure le génie d’Ovide, la femme est la flèche dont le poème est la cible. »
- Et ce, quelques lignes après avoir écrit :
« Son génie (celui d’Ovide), je crois, fut de mettre le monde au féminin : c’est ce qui le fait inoubliable. » 76 (Cf. Êtres humains. Aimer. L’art d’aimer d’Ovide, Femme. « Féminin »)
* Ajout. 30 juillet 2019. Wadii Mouawad, traitant de son travail de metteur en scène, auteur de : « Je suis un très mauvais archer. J’ai beaucoup de difficulté à tirer la flèche tout de suite dans la cible. » 77

Femme (Fleur) (1) : 1869. Léon Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, auteur de :
« (concernant Sonia) On lui ôtera tout, on lui a déjà tout ôté. Elle me fait affreusement pitié ; j’ai toujours voulu de tout mon cœur autrefois que Nicolas [Rostov] se mariât avec elle, et pourtant, j’ai toujours eu comme eu pressentiment que cela ne se ferait pas. Elle est la ‘fleur stérile’, tu sais, comme il y en a sur les fraisiers. […] On eut dit que Sonia [Rostova], au lieu d’en souffrir, s’était faite à sa destinée de ‘fleur stérile’. » 78

Femme (Fleur) (2) : 1877. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Anna Karénine, auteur de :
- (concernant Mademoiselle Varinka) : « Elle faisait penser à une belle fleur qui, tout en conservant ses pétales, serait déjà flétrie et sans parfum. »
- (concernant Anna Karénine) : « Elle n’était plus aux yeux de Vronski qu’une fleur fanée dans laquelle il ne retrouvait plus ces marques de beauté qui l’avaient incité à la cueillir. »
- (Concernant Kitty, dans la bouche d’Anna Karénine) : « Je ne l’ai vue qu’une seule fois, mais elle m’a laissée une impression charmante : c’est une fleur, une fleur exquise. Et j’apprends qu’elle sera bientôt mère ? » 79

Femme (Forte ) (1) : Il ne cessait de tenter de se faire reconnaître par elle - qui n’en avait cure - et avait, pour ce faire, tout essayé : l’admiration inconditionnelle, le pseudo-consensus, les tentatives d’arraisonnement, les colères, les menaces, les appels au secours. Il s’y épuisait. En vain. Elle était ailleurs.
Avec d’autres, il avait jusqu’alors obtenu que son ego-toritarisme ne soit pas contesté. Là, il perdait pied.
Pourquoi s’acharner à tenter d’imposer un rapport de forces, qui n’intéressait que lui, voué ici à une succession ininterrompue d’échecs ?
Par besoin d’attribuer à l’autre, pour tenter de s’en délester, le confus refoulé de soi ?
Parce qu’il avait été structuré par les pouvoirs dont il s’était forgé une carapace, mais qui, pour elle, dépourvus de toute légitimité, fondaient, comme neige au soleil ?
Mais, plus fondamentalement, dès lors que les rapports de pouvoir étaient, par elle, d’emblée, récusés, c’était lui-même, qui, faute de pouvoir les exprimer, faute d’alternative, s’effondrait.
Ce qui épuise, ce qui détruit les hommes de pouvoir (et au-delà tout être ‘de pouvoir’), c’est leur impuissance à être, à vivre indépendamment de ce qui les a si profondément structurés.
Et les femmes « fortes » ne sont souvent fortes que de cette conscience, et / ou de leur refus de se soumettre à eux. Ce qui n’a que peu à voir avec l’origine sociale. (Cf. Êtres humains. Conscience, Hommes, Patriarcat)

Femme (Forte) (2) : 1847. Emily Brontë [1818-1848] dans Hurlervent, raconte l’arrivée d’Isabelle Linton, nouvellement mariée à Eathcliff, à Hurlevent, découvrant le pistolet « dont le canon était pourvu d’un couteau à cran d’arrêt à double tranchant » d’Earnshaw :
« Je considérai l’engin avec curiosité. Une idée affreuse me traversa : comme je serais forte si je possédais une telle arme ! […] » 80

Femme (« Fruit Vert ») : 1995. Lu dans : Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. LZ, concernant le film Sylvia Scarlett [1935. George Cukor] :
« Pour la performance de Katharine Hepburn [1907-2003], ici, délicieux fruit vert […]. » 81 (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Remarquable)

Femme (« Gagne-pain ») : 1966. Couplet de la chanson Pigalle :
« P´tit´s femm´s qui vous sourient / En vous disant : "Tu viens chéri " / Et Prosper qui dans un coin / Discrèt´ment surveill´ son gagn´ pain », chantée par Georges Ullmer, Les Compagnons de la chanson, Dumont, Patachou…
Fin : « Mais au monde, il n’y a qu’un seul Pigalle ! » (Cf. Culture. Patriarcale. Cinéma. Tenue de soirée, Proxénétisme. Chansons)

Femme (« Garçonne ») : 2012. Monique, interviewée dans le film Les invisibles (2012] :
« Si on prend des airs de garçons, ce n’est pas parce qu’on est des ‘garçonnes’ ; c’est pour plaire aux femmes. » 82
Quel plaisir de lire de telles évidences…Même si, sans doute, les réalités sont plus complexes… (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Lesbienne)

Femme (Gentille) : 2017. Lu ou entendu (je ne me souviens plus) :
« C'est pas pour dire du mal, mais être gentille à ce point... je ne pensais pas que c'était possible. »

Femme (« Grisette ») (1) : Sade [1740-1814], auteur de :
« Les grisettes ont une réputation de mœurs légères. » 83 (Cf. Politique. Lois. Mœurs, Violences. Sade. Violences contre les femmes. )

Femme (« Grisette ») (2) : 1781-1788. Louis Sébastien Mercier [1740-1814] dans son livre : Tableau de Paris (publié entre 1781 et 1788, souvent réédité depuis), auteur de :
« On appelle grisette la jeune fille qui, n’ayant ni naissance, ni bien, est obligée de travailler pour vivre, et n’a d’autre soutien que l’ouvrage de ses mains. Ce sont les monteuses de bonnets, les couturières, les ouvrières en linge, etc., qui forment la partie la plus nombreuse de cette classe. » 84 (Cf. Femme. Jeune fille)

Femme (« Hommasse ») (1) : 2012. L’Express décrivait Marie Dormoy [1886-1974] comme : « plutôt hommasse ». 85

Femme (« Hommasse ») (2) : 2016. Dans une émission de France Culture consacrée à Rosa Bonheur [1822-1899], l’expression d’« hommasse » est employée. 86 (Cf. Femme. Remarquable. Bonheur Rosa)

Femme (Honneur) : (27 juillet) 1935. Lu, dans le Journal [particulier] de Paul Léautaud [1872-1956] un article du Quotidien, en date du 27 juillet 1935, reproduit en note :
« [Titre] Drame. Une jeune fille attache son fiancé à un arbre et le poignarde.
Vigo, 26 juillet [1935].
Une jeune fille a tué son fiancé dans des circonstances vraiment particulières où elle a mis la ruse au service de la jalousie. Elena Amos et Jésus Filloy, fiancés depuis plusieurs mois, se promenaient dans un bois de pins, près du village d’Estreda. Faisant semblant de jouer, Elena attacha Jésus à un arbre, à l’aide d’une corde. Toujours en jouant, elle lui banda les yeux. Puis sortant un couteau de son corsage, elle le planta dans la gorge du jeune homme et s’enfuit. Jésus réussi à se détacher mais mourut avant d’arriver à l’hôpital. La meurtrière, arrêtée, a déclaré qu’elle avait voulu défendre son honneur car elle savait que son fiancé avait deux maitresses. Elle employa le stratagème de la corde et du couteau afin que le jeune homme ne puisse pas lui échapper. » 87
- Renouvelle les réflexions sur l’honneur patriarcal ? A moins qu’il en s’agisse d’un réécriture patriarcale d’un toute autre réalité… (Cf. Femme. Jeune fille, Justice, Patriarcat. Honneur, Violences)

Femme (Humble) : (16 octobre) 1987. Madame Hélène Carrère d’Encausse, future Académicienne [elle sera élue en 1990] s’adressa à M. Léopold Sedar Senghor [1906-2011], ancien président de la République du Sénégal, membre de l’Académie française, en ces termes : « Ma question est la suivante, que m’inspire d’ailleurs, je dois dire tout à fait humblement, votre propre expérience, Monsieur le Président […]. » 88 (Cf. Langage. Académie française. Carrère d’Encausse Hélène)

Femme (« Hystérique ») (1) : Une femme hystérique ? Non, une femme épuisée, à bout, au bout du rouleau, qui n’en peut plus, qui explose à la moindre émotion, qui ne peut plus que hurler son angoisse, son impuissance ; une femme écrasée la vie qui n’a pas (encore) pu trouver la compréhension de la nécessité de la révolte…Et le chemin de l’apaisement.
- Employer ce terme, c’est, en sus, cautionner l’usage qu’en a fait - et à quels ‘coûts’ humains notamment pour les femmes - la psychanalyse et la psychiatrie. (Cf. Langage. Adjectif, Psychanalyse)

Femme (« Hystérique ») (2) : 1977. Débat, en 1977, avec Michel Foucault [1926-1984] :
- Question de G. Wajeman : « Pourriez-vous préciser ce que vous dites de Freud [1856-1939] et de Charcot [Jean-Martin. 1825-1893] ? »
- Réponse : « Freud arrive chez Charcot. Il y voit des internes qui font faire des inhalations de nitrate d’amyle à des femmes qu’ils conduisent ainsi imbibées devant Charcot. Les femmes prennent des postures, disent des choses. On les regarde, on les écoute, et puis, à un moment, Charcot déclare que ça devient très vilain. On a donc là un truc superbe, où la sexualité est effectivement extraite, suscités, incitée, titillées de mille manières, et Charcot, tout à coup, dit : ‘ ca suffit’. Freud, lui, va dire : ‘Et pourquoi cela suffirait-il ?’ Freud n’a pas eu besoin d’aller chercher quelque chose d’autre que ce qu’il avait vu chez Charcot. La sexualité était là, sous ses yeux, présentée, manifestée, orchestrée par Charcot et ses bonshommes… » 89
- « Un truc superbe ! » : des femmes droguées, photographiées, exhibées, manipulées dont la médecine provoque ce que l’on nomme l’hystérie et que l’on va nommer - et tant d’elles, après - : « des femmes hystériques »…
- G. Wajeman, dit par ailleurs, sans ambiguïté, après cette réponse de Foucault, que « Charcot faisait se produire des crises hystériques, par exemple la posture en arc de cercle. »
- Quant à Michel Foucault, évoquer « une sexualité extraite, suscitée, incitée, titillée de mille manières » ne lui pose lui pas de problème. Pas plus qu’une « sexualité […] présentée, manifestée, orchestrée par Charcot et ses bonshommes… » ne l’interroge, ni ne l’inquiète…
Et Michel Foucault continue à être invoqué, considéré, y compris par des féministes, comme le spécialiste de la question ( ! ) Quelles responsabilités ! (Cf. Homme. Intellectuel, Patriarcat, Sexes […], Psychanalyse […] )
* Ajout. 16 juillet 2017. 1983. Ultérieurement, Foucault évoquera « tout le tapage qui a été fait autour de l’hystérie féminine. » 90

Femme (« Idéale ») : 1995. Lu dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L.Z, concernant Signé Charlotte [1984. Caroline Huppert] :
« Mathieu […] se trouve partagé entre Charlotte, la fantasque, et Christine, la sage, qui sont peut-être deux facettes de la femme idéale. » 91

Femme (« Infâme ») : 1961. Dialogue du film : Une femme est une femme de Jean- Luc Godard : « Angela, tu es infâme ». « Non », répond-elle « Je suis une femme. » 92 (Cf. Culture. Cinéma)

Femme (Insatiable) : Son amie de cœur était revenue, il lui fit comprendre que leurs relations étaient terminées. Elle s’était habituée à lui qui n’encombrait pas sa vie. Elle en prit donc aisément acte, mais n’accepta pas que sa décision fusse à effets quasi immédiats. Elle fit en sorte qu’une petite rallonge eut lieu. Il en prit acte et s’exécuta.
Des années, après, elle apprit par une amie commune qu’il la jugeait « insatiable ».

Femme (« Intérieur » d’) : 2016. Entendu évoquer, en juillet 2016, lors de la visite (fort intéressante) de la Maison de la Beurière à Boulogne-sur-Mer, les femmes de marins comme étant : « des femmes d’intérieur au travail à l’extérieur ».
- On découvre dans ce petit musée que ces femmes travaillaient notamment comme « ramandeuses », « laceuses », « moulières », « sautrières », « verrotières ».
- Sur le site internet de cette Maison de la Beurière, est évoqué : « le travail à quai et le labeur sans cesse renouvelé de la femme, de son travail en bord de mer ou en atelier [nécessaire à] à la subsistance du ménage et l'éducation des enfants... »
- Entendu aussi que l’on ne devient « matelote » que lorsqu’on épouse un matelot.
(Cf. Femmes. Travail, Langage. Féminisation du langage)

Femme (« Irresponsable ») : 1995. Jean Tulard, dans Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant :
- Un cottage à Dartmoor [1929. Antony Asquith, d’après Herbert Price] : « [Sally] s’était laissée séduire par un riche fermier. » 93 (Cf. Homme « Irresponsable »)

Femme (« Jalouse » ) : 1877. Anna Karénine, dans le livre du même nom de Léon Tolstoï [1828-1910], auteure de :
« Je ne suis pas jalouse, je suis insatisfaite […] » 94 Que de vérité…

Par ordre chronologique. Femme. Jeune fille :

Femme (Jeune Fille) (1) : 1893. Alexis de Tocqueville [1805-1859], dans ses Souvenirs, évoque La fête de la Concorde [21 mai 1848] et écrit :
« Puis vint le char et enfin les jeunes filles vêtues de blanc. Il y en avait là au moins trois cents qui portaient leur costume virginal d’une façon si virile qu’on eût pu les prendre pour des garçons habillés en filles. […] » Puis, curieusement, il évoque, « des commères qui avaient des bras fort nerveux […] plus habituées, je pense, à pousser le battoir qu’à répandre des fleurs. » 95
Des jeunes filles ou des commères ?

Femme (Jeune Fille) (2) : 1925. André Gide [1869-1951] écrit dans son Voyage au Congo :
« [Le sultan] nous avait laissé avec un oncle (le frère du sultan défunt) et son fils, un superbe adolescent, réservé et timide comme une jeune fille. » 96

Femme (Jeune Fille) (3) : 2012. Jacqueline de Romilly [1913-2010] dans le livre Jeanne qu’elle a consacré à sa mère, évoque « les yeux souvent baissés de la jeune fille comme il faut. » 97 (Cf. Corps. Yeux, Femme. Remarquable. Romilly Jacqueline de)

Femme (Jeune Fille) (4) : 2017. Une jeune fille interrogée par Cyril Hanouna, dans l’émission Touche pas à mon Poste : « C’est quoi ton type de mec ? » répondit :
« N’importe ». 98
* Ajout. 13 juillet 2019. Penser à l’expression : « Penser aux garçons ».

Femmes (Jeune fille) (5) : (23 janvier) 2018. Entendu, le 23 janvier 2018, sur Radio Courtoisie (radio d’extrême droite) dans l’émission consacrée au respect de la langue française « manipulée pour détruire la France » [concernant la distinction à établir entre « il en va » et « il y va » ] proposer l’exemple suivant :
« Il en va des jeunes filles comme des roses, elles se fanent. » 99

Femme (Jeune Fille) (6) : 2018. Attirée par le titre : Jeune Fille, j’achète le numéro 45 [1983] la « revue de poésie », Vagabondages. 56 poèmes - dont aucun rédigé par une jeune fille - sont publiés : je cherche en vain un vers, des vers, une strophe qui me toucherait, qui m’aiderait à mieux me remémorer, mieux ressentir, mieux comprendre…

Femme (Khmers rouges) : 2011. Entendu dans le film de Rythy Pan, Duch, le maitre des forges de l’enfer, qu’au Cambodge, sous le régime des Khmers rouges au pouvoir [1975-1979], on n’employait pas le mot « femme » car il « avait une connotation sexuelle » ; on employait le mot « famille » qui, lui, « avait une connotation révolutionnaire ».
De fait, le régime Khmer tout à la fois imposait des mariages selon leur conception de «la révolution» et, en recomposant leur conception de « la famille » détruisait hommes, femmes, enfants. C’était moins « la connotation sexuelle » évoquée qui était combattue, c’était la singularité dont était aussi porteuse l’évocation de « la femme ». (Cf. Culture. Cinéma, Femmes. Famille, Penser. Concept, Sexes […])

Femme (« L’Encyclopédie ») : (28 février) 1763. Voltaire [1694-1778] dans une lettre à Adrien Blin de Sainmore [1733-1807], écrit :
« Vous m’étonnez beaucoup d’aimer l’article Femme [écrit par De Desmahis)] 100 dans l’Encyclopédie ; cet article n’est fait que pour déshonorer un ouvrage sérieux. » 101
N.B. Repris de Wikipédia : « L’Encyclopédie est un ouvrage majeur du XVIIIème siècle et la première encyclopédie française. Par la synthèse des connaissances du temps qu’elle contient, elle représente un travail rédactionnel et éditorial considérable pour cette époque et fut menée par des encyclopédistes [dont Voltaire] constitués en ‘société de gens de lettres’. Enfin, au-delà des savoirs qu’elle compile, le travail qu’elle représente et les finalités qu'elle vise, en font un symbole de l’œuvre des Lumières, une arme politique et à ce titre, l’objet de nombreux rapports de force entre les éditeurs, les rédacteurs, le pouvoir séculier et ecclésiastique. » (Cf. Histoire)
* Ajout. 29 mars 2018. (12 mai) 1766. Voltaire écrit au comte [1700-1788] et à la comtesse [1703-1774] d’Argental, concernant l’Encyclopédie :
« L’ouvrage est en général un coup de massue porté au fanatisme [en réalité la religion] ; l’ex-jésuite [lui, Voltaire] lui porte quelques fois des coups de stylet. » 102 (Cf. Penser. Critique. Voltaire)

Femme (Libération) : L’une des décisions de sa vie qu’elle pouvait qualifier de libératoire, bien que / quoique spontanée, impensée (ou presque…), fut de lui proposer un rendez-vous pour lui demander s’il voulait bien être son amant.
Il refusa intelligemment (et donc élégamment) ce qui paracheva un processus de libération dont sa requête était alors l’incarnation.

Femme (Licenciée) (1) : (mai) 1977. Cours d’assises de Paris, lors d’un procès intenté à un père violeur de sa fille, le responsable de la Coop où travaillait la jeune femme, par ailleurs battue, témoigne. Je lis :
« Pas de faute professionnelle. Ni retard, ni absence. Des marques sur le corps, là où les clients pouvaient les voir. Le chef de service avait remarqué des traces, plusieurs fois. ‘Pour les clients, ça faisait mauvais effet.’ C’est ce qu’il a dit quand il a témoigné. Il fallait la licencier. » 103 (Cf. Justice)

Femme (Licenciée) (2) : (novembre) 2017. Une femme, ancienne collaboratrice d’un député socialiste (non réélu) fait, en novembre 2017, « une offre de service » à un député En marche. Elle est embauchée, « lui ouvre toutes les portes », lui « apprend le fonctionnement et les codes » [de l’Assemblée Nationale], puis il la « vire ».
Elle réagit : « J’ai l’impression qu’il me jalouse. Il m’a dit : ‘Je te vire parce que c’est moi le député’. » 104
- La question que cet instantané me pose est la suivante : Pourquoi l’explication d’un licenciement du fait de la jalousie [de l’envie, la crainte de la comparaison, le sentiment mis à nu de ne pas être à la hauteur] - tant elle est fréquente - n’est-elle pas inscrite dans le code du travail ? Parce que la hiérarchie l’en empêche et légitime, ici conforte, les rapports d’autorité, inscrits par ailleurs dans le contrat de travail.
- Et si vous y ajoutez les causes de licenciements liées au harcèlement sexuel…

Femme (Lit) : « Il a eu un enfant d’un premier lit. » À comparer avec : « Il a eu un enfant d’un premier mariage », avec : « Il a eu un enfant de sa première femme », avec : « sa femme et lui ont eu un enfant ». Puis, comparer les trois expressions en remplaçant le : « Il » par « Elle ». Et enfin, en remplaçant « il » / « elle », par le nom des parents de l’enfant évoqué. (Cf. Famille. Mariage)

Femme (Mannequin) : 2018. Adriana Karembeu, ancienne mannequin, auteure de :
« Mannequin…on peut tout vendre. » 105

Femme (Maîtresse) : Pourquoi : « Elle était la maîtresse de Monsieur X » est-il beaucoup plus fréquent que : « Il était l’amant de Madame Y » ? Facile…

Femme (Maquillage) (1) : Tromperie sur l’identité. Antinomique avec la vérité [de l’être]. (Cf. Êtres humains. Mode, Corps)

Femme (Maquillage) (2) : 1976. Jane Fonda, interviewée dans le film de Delphine Seyrig, Sois belle et tais-toi, raconte comment elle fut, pour la première fois, coiffée, maquillée par les maquilleurs des plus grands studios d’Hollywood…et, après avoir été ainsi transformée pour les besoins d’un film, elle conclut :
« Je me suis regardée dans la glace : Je ne savais plus qui j’étais. »
- Il importe ici de rappeler que Jane Fonda, longtemps après, est devenue l’« égérie » de L’Oréal : Triste, inquiétant, signifiant... (Cf. Culture. Cinéma, Êtres humains. Soi, Corps, Femme. Égérie)

Femme (Maquillage) (3) : Sinon refuser le maquillage, du moins dénoncer la fonction de masque, de cache qu’il joue. (Cf. Corps)

Femme (« Marchandise ») : 1877. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Anna Karénine, évoque les pensées de Kitty, dans l’aristocratie russe, au bal, à 18 ans :
« Comment échapper aux abominables relations mondaines qui, lui semblait-il maintenant, font de la jeune fille une sorte de marchandise exposées aux regards des chalands. » 106

Femme (« Marchepied » ) : 1932. François Mauriac [1885-1970], dans Le nœud de vipères, auteur de :
« Si j’avais eu, à ce moment, une femme qui m’eut aimé, jusqu’où ne serais-je pas monté ? » 107 (Cf. Femme. Couple)

Femme (Martyre chrétienne) : 1969. Je lis dans un Dictionnaire des femmes célèbres, publié en 1969 :
« Blandine (Sainte), jeune esclave chrétienne martyrisée à Lyon, sous le règne de Marc-Aurèle […] survécut sans se plaindre aux fauves, au gril rouge, à un taureau furieux, et qu’il fallut l’achever. » 108
N’était-ce pas, plus ou moins, ce que l’on apprenait encore au catéchisme dans les années [19]50 [et avant]. Et, plutôt aux petites filles ?

Femme (Masochisme) (1) : 1669. Lu dans les Lettres d’une religieuse portugaise dont l’auteur serait le chevalier de Guilleragues [1628-1685] :
« […] Adieu, je n’en puis plus. Adieu, aimez-moi toujours, et faites-moi souffrir encore plus de maux. » 109

Femme (Masochisme) (2) : 1857. Dans Madame Bovary de Flaubert [1821-1880], Emma Bovary, après que Rodolphe lui eut refusé les 3000 francs qu’elle lui demandait lui dit :
« Mais, moi, je t’aurais tout donné, j’aurais tout vendu, j’aurais travaillé de mes mains, j’aurais mendié sur les routes, pour un sourire, pour un regard, pour t’entendre dire : ’‘Merci !’ […] » 110

Femme (Masturbation) : (5 juin) 1857. Jules Michelet [1798-1874], dans son Journal, écrit : « Une dame, tout à fait négligée par son mari, m’avoua que, deux fois par an, elle se soulageait dans un rêve. » 111 (Cf. Enfant. Masturbation)

Femme (Maudite) : (26 février) 1815. Benjamin Constant [1767-1830] écrit concernant Madame Récamier [1777-1849] dans son Journal intime :
« Cette maudite femme est imprenable. » 112
Elle n’est pas maudite parce que femme, elle est maudite parce qu’elle refuse de coucher avec lui. Je comprends mieux la banalité du qualificatif de « salope ».

Femme (Modeste) (1) : (5 mai) 1942. Dans son Journal, André Gide [1869-1951] fait part d’une rencontre à Marseille avec Jean-Louis Barrault [1910-1994] :
« Admirable visage, respirant l’enthousiasme, la passion, le génie. » Gide poursuit :
« Madeleine Renaud [1900-1994] s’efface avec une modestie exquise. Sa bonne grâce, son naturel, me mettent à l’aise aussitôt. » 113 (Cf. Êtres humains. Gide André, Femme. Artiste. Renaud Madeleine, Homme « Intellectuel ». Gide André, Féminisme. Renaud Madeleine, Patriarcat)

Femme (Modeste) (2) : 2019. Dominique Schnapper, « sociologue », ancien membre du Conseil constitutionnel, par ailleurs fille de Raymond Aron [1905-1983], appelée à donner son avis sur la situation en Algérie, abordant incidemment une question économique, triviale par ailleurs, déclare :
« Je n’ose pas en parler devant Daniel Cohen », lui, « économiste ». 114 (Cf. « Sciences » sociales, Économie. Cohen Daniel)

Femme (Moi) : 1774. Mademoiselle de Lespinasse [1732-1776], auteure, en 1774, de :
« Ce moi dont parle Fénelon [1651-1715] est encore une chimère : je sens positivement que je ne suis point moi.
Je suis vous ; et pour être vous, je n’ai aucun sacrifice à faire.
Votre intérêt, vos affections, votre bonheur, vos plaisirs, ce sont là, mon ami, le moi qui m’est cher et qui m’est intime.
Tout le reste m’est étranger : vous seul dans l’univers pouvez m’occuper et m’attacher.
Ma pensée, mon âme ne peuvent désormais être remplies que par vous et des regrets déchirants. […].» 115 (Cf. Êtres humains. Soi, Relations entre êtres humains. Amour, Femme. Remarquable, Lespinasse de Julie, Patriarcat)

Femme (« Moche ») : 1977. Marie Cardinal [1928-2001], auteure de :
« Tu connais une femme vraiment moche qui a réussi à faire entendre sa voix en France ? Moi, je n’en connais pas […]. » 116
Aujourd’hui, l’adjectif choque, mais la vérité du constat - les si rares exceptions confirment la règle - est toujours valide. (Cf. Femmes. Beauté, Langage. Adjectif. Adverbe)
* Ajout. 17 octobre 2018. Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle Brésilienne « s’est gaussé des femmes ‘moches’ [qui] ‘ne méritent pas d’être violées’. » 117 (Cf. Patriarcat, Politique, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

* Ajout. 13 juillet 2019. Je me souviens qu’au Cours secondaire de jeunes filles de Neuilly, il existait entre nous deux différences, les jolies et les autres, ce que j’ai pu vérifier en regardant les photos de classe. Il existait aussi une différence entre celles qui mettaient des socquettes et celles qui avaient accédé aux bas.
Cette distinction ne me semble plus exister : il n’y a plus, me semble-t-il, de jeunes filles « laides ». (Cf. Femmes. Jeunes filles, Homme. Laid)

Femme (« Morceau ») : 1995. Jean Tulard, dans son Guide des films. 1895-1995. L-Z, concernant Montagne du dieu cannibale (la) [1978. Sergio Martino], auteur de :
« Ce film d’aventures exotiques a le mérite d’être bien fait, d’offrir quelques beaux morceaux sadiques (Ursula Andress attachée nue pour être livrée aux sévices des féroces Pukas […]. » 118 (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Mort. Peine de) (1) : 1884. Véra Figner [1852-1942], révolutionnaire russe, condamnée à mort en 1884, puis sa peine ayant été commuée en travaux forcés à perpétuité, elle fut enfermée 20 ans dans les prisons du Tsar, dont elle fut libérée en 1905. Elle écrivit dans ses Mémoires :
« M’attendais-je à être exécutée ? Non. L’exécution de Sophie Pérovskaïa [en 1881], première exécution d’une femme, avait produit une déplorable impression. L’exécution des femmes n’était pas encore ‘entrée dans les mœurs’. » 119 (Cf. Justice, Mœurs)

Femme (Mort. Peine de) (2) : Au nom de l’égalité, en toute logique, que des femmes soient, comme les hommes, condamnées à mort devrait-il être considéré comme une avancée des droits des femmes ? (Cf. Justice, Politique. Égalité, Penser)

Femme (« Négresse ») : Années [19]50. Billie Holiday [1915-1959], à une personne qui lui demandait, dans les années [19]50, comment elle allait, lui répondit :
« Comme tu vois, toujours négresse ». 120 (Cf. Femme. Artiste. Holiday Billie)

Femme (Orgueil) : (26 novembre) 1834. Honoré de Balzac [1799-1850] écrit à Madame Hanska [1801-1882] :
« [D’ailleurs] vous êtes trop grande dame pour en être orgueilleuse [de ses appréciations concernant sa connai[ssance] des femmes]. » 121

Femme (Orgueil) : 1922. Marie Bashkirtseff [1858-1884] propose, à 22 ans, de son propre chef, son « amitié » à un homme. Elle en explicite les conditions et, dans la lettre qu’elle lui adresse, poursuit :
« Mais, êtes-vous digne de tout cela ? Et les choses ne tournant pas selon vos désirs, ne m’en voudrez-vous pas bêtement de m’avoir aimée ? » Suivi de :
« Je vous trouve audacieux de porter des regards à la hauteur où je me suis placée, mais le proverbe ne dit-il pas que le soldat qui aspire à devenir maréchal de France n’est qu’un mauvais soldat. Je m’aperçois, à la fin, que ce que j’exige de vous est insensé. Ce serait changer tout l’homme. » 122 (Cf. Relations entre êtres humains. Admiration)
- N.B. Le mépris n’est pas nécessaire à l’orgueil.

Femme (« Perdue ») (1) : Elle s’était ‘donnée’ à lui ; elle devient une « femme perdue ». (Cf. Langage)

Femme (« Perdue ») (2) : Une « femme perdue » ne se retrouve pas : elle est [doit être] « sauvée », « réhabilitée », « relevée »… D’un autre siècle ? (Cf. Femmes « Tombées », Langage)

Femme (Peur) (1) : Elle découvrit subitement que sa vie avait été structurée, modelée, limitée, atrophiée du fait de sa peur de déplaire à un homme pour lequel elle n’existait pas.
- Souvent vrai aussi pour les femmes qui ont été « heureuses » de plaire à un homme.

Femme (Peur) (2) : 1945. Charlotte Delbo [1913-1985], en réponse à une question sur l’homme Louis Jouvet [1887-1951], auteure de :
« […] Je suis quelqu’un d’assez brave et je n’ai jamais eu peur ni des gendarmes, ni de quoi que ce soit, mais j’ai toujours eu peur de Jouvet. Quand je suis rentrée [d’Auschwitz] je lui ai dit : ‘Eh bien savez-vous, je disais quand j’étais là-bas : ‘ si je rentre, je n’aurai plus peur de Jouvet ‘. Il en a pleuré. » 123

Femme (Portait) : On a tant assimilé, tant réduit, tant défini les femmes par leur apparence, qu’une femme qui veut simplement exister, être appréciée, être jugée par elle-même, en elle-même, doit, pour se conformer aux canons en vigueur, se défier de son image et même de toute représentation d’elle-même. (Cf. Femme. Maquillage)

Femme (« Présent ») : (5 février) 1761. Voltaire [1694-1788] écrit à la duchesse de Saxe-Gotha [1719-1772] :
« On prétend Madame que la princesse votre fille fera le bonheur d’un prince d’Angleterre, c’est assurément le plus beau présent qu’on puisse faire à cette nation. » 124 (Cf. Famille. Mariage)

Femme (Procréation) : Tant qu’une femme mettra au monde un enfant, la ‘fonction d’usage’ de toutes les femmes sera perpétuée. À moins que…? Jusqu’à ce que…? Plus utile pour la réflexion féministe que la fallacieuse pseudo égalité. (Cf. Politique. Front national. Le Pen Jean-Marie, Démographie)

Femme (« Pygmalion ») : 1909. Un exemple de femme qui aurait pu être considérée comme une femme « Pygmalion » : Ruth Morse dans Martin Eden de Jack London [1876-1916], Mabel Happelgarth dans ‘sa’ vie. A ceci près, que l’analogie renforce le stéréotype (Cf. Penser. Pensée. Méthode. Analogie)

Femme (« Qu’une »…) : 1750. Arthénice, dans La colonie de Marivaux [1688-1763], auteure de :
« […] Vous n’êtes qu’une femme, dites-vous ? Hé, que voulez-vous donc être pour être mieux ? » 125 

Femme (Racine) : 1691. Racine [1639-1699], auteur dans Athalie, de :
« […] La peur d’un vain remords trouble cette grande âme / Elle flotte, elle hésite, en un mot, elle est femme » (Acte III, Scène III).

Femme (« Réceptacle ») : 1995. Lu dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. LZ, concernant : 40 M2 [1986. Tevfik Baser] :
« […] Rien ne rapproche ici Turna de son mari, sinon d’être le réceptacle de son enfant. » 126 (Cf. Êtres humains, Corps. Vagin, Femmes, Famille)

Femme (Renoncement) : Elle crut devoir renoncer à elle pour ‘être’ à lui. Elle se fit carpette. Il s’y couchât sur ce qu’il considéra - à juste titre - comme un don, plus tard, comme un dû : après usage, il l’épousseta, la plia, la rangea, remercia et s’en alla choisir une autre…carpette.

Femme (« Religion terrestre ») : 1833. Honoré de Balzac [1799-1850] écrit fin janvier 1833 à Madame Hanska [1801-1882] :
« Renoncer à la femme, à ma seule religion terrestre ! »
Et le 29 novembre 1833, il lui écrit : « Tu es toute la ma religion […] un Dieu idolâtré. »127

Femme (Respectée) : 1997. Odile Quintin, « ancien chef de Bureau Unité égalité des chances à la Commission européenne », concernant Marcelle Devaud [1908-2008], dans les années 1980, « son mentor dans les problématiques d’égalité [des chances dans les politiques européennes », auteure, en 1997, de :
« […] Elle est très respectée des hommes, parce qu’elle ne prend pas un ton de revendication. Elle a une approche d’affirmation, de valorisation du rôle que peuvent jouer les femmes dans la vie économique et sociale. Elle ne crie pas. Elle discute et négocie. » 128 (Cf. Féminisme, Politique. Égalité des chances. Europe)

Femme (Revanche) (1) : 1960. Lu, dans Le guide des jeunes ménages, dans le chapitre intitulé : ‘Rapports sociaux. Loisirs’, à la rubrique : ‘Invitations’, dans la sous rubrique : ‘Tenue’, ceci : « Afin de permettre à la plus modeste des invitées, de faire son petit effet, il faudra avoir une tenue aussi simple que possible, sans toutefois être négligée. Vous prendrez votre revanche lorsque vous serez invitée à votre tour. » 129 (Cf. Êtres humains. Mode, Patriarcat, Sororité)

Femme (Revanche) (2) : 2017. Agnès Varda [1928-2019], évoquant l’un de ses derniers documentaires consacrés aux veuves de Noirmoutier raconte qu’elle leur avait posé la question suivante :
« Comment dormez-vous dans le lit depuis que vous êtes veuve ? » L’une d’elle lui répond :
« Comme lui [à sa place attirée] était en face d’une petite fenêtre, il voyait un arbre. Maintenant, c’est moi qui voit l’arbre. »
La (malheureuse) réaction d’Agnès Varda fut qu’« elle était un peu revancharde. » 130 (Cf. Femme. Artiste. Varda Agnès, Femmes. Veuves)

Femme (« Rien ») (1) : Lorsqu’un homme aspirant à, espérant se justifier d’avoir « trompé » sa femme, lui déclare : « Mais ce n’était rien » ou : « Mais, cela ne signifiait rien pour moi », que les femmes soient solidaires de la femme ainsi lâchement évoquée. Toutes les femmes, sont aussi, alors, ce « rien ».

Femme (« Rien ») (2) : 2014. Annie Ernaux, à qui l’on demandait pourquoi, elle qui avait écrit L’événement, n’avait pas signé le Manifeste des 343 [femmes ayant déclaré avoir avorté], répondit :
« En 1971, il était pour moi, hors de question de le faire. C’était impensable. Je n’étais rien. De plus, j’étais mariée à un cadre et déclarer publiquement avoir avorté aurait eu l’effet d’une bombe. » 131
On peut noter que les arguments ne sont pas de même nature. (Cf. Femme. Auteure. Ernaux Annie)
* Ajout. 28 février 2016. (Aux fins de comparaison). 1946. En réponse à une question concernant son silence de l’occupation française de l’Indochine, en 1946, Raymond Aron répondit :
« Ce n’était pas tellement difficile, c’était surtout tout à fait inefficace. En 1946 ou en 1947, je n’étais rien. […] » 132
- N-B Le contraire de « rien », c’est « quelque chose », et non pas quelqu’un-e.

Femme (« Rolls-Royce ») : 2016. Guillaume Galienne, au terme de l’émission écoutée le 27 août 2016 : Un peu de lecture, ça peut pas faire de mal, auteur de :
« Merci à mes Rolls-Royce de cette émission… » suivent les noms des femmes qui travaillent, avec lui, pour lui, dans ‘son’ émission. 133 (Cf. Langage. Possessif)

Femme (« Salope ») : 2016. Lu dans Marie-Claire l’interview d’une jeune actrice, en mars 2016. Voici l’une des questions à laquelle elle dut répondre :
« Vous avez l’air de quelqu’un de chouette. Vous avez dit que si l’on vous demandait de jouer la pire des salopes, il faudrait que vous trouviez un peu de cela en vous. Vous avez déjà agi comme une salope ? » 134 (Cf. Culture. Cinéma, Femme. « Féminine », Relations entre êtres humains. Injure)

Femme (Secret) : Lors d’une rencontre fortuite, qui ne devait donc pas se reproduire, elle lui confia deux de ses secrets : dans sa grande maison, elle se couchait tous les soirs à 20 heures et elle détestait sa mère.

Femme (Sénèque) : 1er siècle après J.C. Sénèque [4 avant J.C, 65 après J.C], dans ses La constance du sage, auteur de :
- « Il y a des gens assez déraisonnables pour s’imaginer qu’une femme pourrait les offenser. » Et de :
« […] La femme est toujours un être inconsidéré qui, à moins d’être devenue savante et très instruite, est rétive et ne peut résister à ses désirs. » 135

Femme (Sensibilité) : 1922. Katherine Mansfield [1888-1938], auteure, le 26 janvier 1922, de : « J’ai un esprit d’une sensibilité effroyable, qui accueille toutes les impressions ; voilà la raison pour laquelle je suis si complètement entraînée et vaincue. » 136
À méditer…

Femme (« Seule ») (1) : Une femme qui a eu deux arrière-grands-pères, deux grands-pères, un père, quantité de cousins et de neveux, des frères, un ou des maris, un ou des amants, des amis, des patrons, des collègues, des voisins, des enfants - sans même évoquer les femmes ayant partagé sa vie - peut être qualifie de femme «seule»…
- Variante : « Elle vit sans homme »….dans l’attente qu’elle « refasse sa vie ».

Femme (« Seule ») (2) : Elle disait ne pas vouloir rompre, de crainte d’être «seule» ; elle ne pouvait /voulait pas voir que rompre était justement la condition pour ne pas l’être. Ou, plus justement, que la question n’était pas celle de la solitude, mais celle de la dépendance.

Par ordre chronologique. Femme. « Seule » :

Femme (« Seule ») (3) : 1833. Lu dans Lélia de George Sand [1804-1876] :
« Cruelle Lélia ! Que vous êtes heureuse d’avoir ainsi l’âme libre et de pouvoir rêver seule, aimer seule, vivre seule ! » 137

Femme (« Seule ») (4) : 1917. Camille Claudel [1864-1943], in, Lettre de l’Asile. 25 février 1917] auteure de :
« On me reproche, (ô crime épouvantable d’avoir vécu toute seule)… » 138 (Cf. Femme. Remarquable. Claudel Camille)

Femmes (« Seules ») (5) : XXIème siècle. Au pluriel : douze participantes à la Marche - non mixte - de nuit des femmes ont entendu :
« Qu’est-ce que vous faites ici seules le soir ? » 139

Femme (Sotte) (1) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, auteur de : « Nous ne dissimulerons pas qu’elle [Mme de Rénal] passait pour sotte aux yeux de leurs dames [des notables de Verrières] parce que sans nulle politique à l’égard de son mari, elle laissait échapper les plus belles occasions de se faire acheter de beaux chapeaux de Paris ou de Besançon. […] » 140 (Cf. Politique)

Femme (Sotte) (2) : 1830. Stendhal [1783-1842], dans Le rouge et le noir, auteur de : « Vous parlez là comme une sotte que vous êtes s’écria M. de Rénal d’une voix terrible. Quel bon sens peut-on espérer d’une femme ? Jamais vous ne prêtez attention à ce qui est raisonnable ; Comment sauriez-vous quelque chose ? Votre nonchalance, votre paresse ne vous donnent d’activité que pour la chasse aux papillons, êtres faibles et que nous sommes heureux d’avoir dans nos familles !
Mme de Rénal le laissait dire, et il dit longtemps :
il passait sa colère, c’était le mot du pays. » 141 (Cf. Famille, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Soutenir) : (Début des années) 1960. Lu dans Le Guide des jeunes ménages, dans le chapitre intitulé : ‘Habillement’, à la rubrique : ‘Pour Madame’, dans la sous rubrique ‘Gaines et Soutien-gorge’ :
« Dans toutes les occasions de la vie journalière, la femme a besoin d’être soutenue. […] » 142 (Cf. Êtres humains. Mode, Patriarcat, Proxénétisme)

Femme (Suicide) : 1881. Lettre de Séverine [1855-1929], jeune, désespérée, à Jules Vallès [1832-1885], après que ses parents lui eurent refusé de le rejoindre à Londres, et écrite avant de se tirer une balle dans la poitrine :
« Je meurs de ce qui vous fait vivre. De révolte. Je meurs de n’avoir été qu’une femme alors que brûlait en moi une pensée virile et ardente. Je meurs d’avoir été une réfractaire. Aimez-moi un peu pour cela et gardez en cet esprit que j’ai si fort aimé et si profondément compris une place à votre navée petite amie. »
- Heureusement elle ne mourut pas et sa famille, résignée, la laissa désormais agir à sa guise. Et elle devint : Séverine. 143

Femme (Symbole) (1) : 1959. Voici, dans ses Mémoires de Guerre, comment Charles De Gaulle [1890-1970] présente l’Allemagne nazie comme une femme amoureuse, soumise…et vaincue :
« Cet homme [Hitler], parti de rien, s’était offert à l’Allemagne au moment où elle éprouvait le désir d’un amant nouveau. Lasse de l’empereur tombé, des généraux vaincus, des politiciens dérisoires, elle s’était donnée au passant inconnu qui représentait l’aventure, promettait la domination et dont la voix passionnée remuait ses instincts secrets. D’ailleurs, en dépit de la défaite enregistrée naguère à Versailles, la carrière s’ouvrait largement à ce couple entreprenant. […]
Hitler, s’il était fort, ne laissait pas d’être habile. Il savait leurrer et caresser. L’Allemagne, séduite au plus profond d’elle-même, suivit son Führer d’un élan. Jusqu’à la fin, elle lui fut soumise, le servant de plus d’efforts qu’aucun peuple, jamais, n’en offrit à aucun peuple. […] » &
Et j’ajoute à cette extraordinaire analyse symbolique, cette conclusion :
« L’entreprise d’Hitler fut surhumaine et inhumaine. » 144 (Cf. Langage. Symbole, Patriarcat, Histoire)

Femme (Symbole) (2) : 1941. Dans ses Mémoires, Charles De Gaulle [1890-1970], emploie à deux reprises l’expression de « notre dame la France ». 145
Un autre symbole de femme, ici teinté de religion chrétienne… (Cf. Corps. De Gaulle, Langage. Symbole, Patriarcat, Histoire)

Femme (Symbole) (3) : 2017. George Valence, biographe de Raymond Poincaré, [1860-1934], le concernant, en 2017, auteur de :
« Poincaré a aimé la France comme une femme. » 146 (Cf. Langage. Symbole, Patriarcat, Politique. Guerre)

Femme (Tact) : 1877. Léon Tolstoï [1828-1910], dans Anna Karénine, employa l’expression de « tact de femme ». 147

Femme (Territoire) : 1933. Anaïs Nin [1903-1977], auteure, en février 1933, de :
« Le territoire de la femme est ce que laisse intact le désir direct de l’homme. L’homme attaque le centre vital. La femme remplit la circonférence. » 148
Confus, mais puissant ? (Cf. Êtres Humains. Frontières, Politique. Frontières)

Femme (« Une femme et un Noir ») : 2009. Noam Chomsky (à propos de la compétition entre Barak Obama et Hillary Clinton à la présidence des États-Unis) auteur, en 2009, de :
« Je crois que ce qui a été assez marquant dans la campagne démocrate, c’est qu’il y a eu une femme et un noir. » 149 Non : il y a eu une femme qualifiée de blanche et un homme qualifié de noir, c’est à dire deux êtres humains (un homme et une femme) qualifiés l’un par la seule couleur de sa peau, l’autre par le seul fait d’être une ‘femme’. L’inanité - apolitique - d’une telle opposition mérite d’autant plus d’être notée qu’elle émane d’un penseur - politique - tant vanté… (Cf. «Oui» ou «Non»)
* Ajout. 30 novembre 2015. 2015. Du même Noam Chomsky, en 2015, auteur de :
« Si vous allez dans le hall du MIT [Massachusetts Institute of Technology, où il a enseigné] aujourd’hui, vous verrez parmi les personnes une moitié composée de femmes, peut-être un tiers de minorités. » 150 (Cf. Droit. Minorités, Homme. « Intellectuel », Patriarcat, Politique. Minorités)
* Ajout. 26 janvier 2018. Nelson Mandela [1918-2013] évoquant l’Université Sud-africaine de Johannesburg - dont il était à la faculté de droit en 1943 « le seul étudiant africain » - écrit dans son autobiographie :
« Notre professeur de droit, Mr. Hahlo, était un intellectuel strict qui ne tolérait pas beaucoup l’indépendance de ses étudiants. Il avait une curieuse conception du droit quand on en est arrivé aux femmes et aux Africains : ni les uns ni les autres, a-t-il dit ne pouvaient devenir avocats. Ils considérait que la loi était une science sociale et que les femmes et les Africains n’étaient pas suffisamment disciplinés pour en maitriser la complexité. » 151 (Cf. Droit, Justice. Avocat, Homme. « Politique », Patriarcat, « Sciences » sociales)

Femme (Vénale) (1) : (12 novembre) 1773. Voltaire [1694-1778], dans une lettre écrite à un « destinataire inconnu » évoque une jeune femme en ces termes : :
« Elle est assez jolie, elle est jeune, elle est femme, elle peut trouver des ressources. » 152
Est-ce elle qui serait vénale ou Voltaire qui la juge telle ? Mais, plus justement, le qualificatif que j’emploie est-il approprié ? Non.

Femme (Vénale) (2) : 1935. Un modèle de femme vénale dans la chanson
« Faut-il que je vous fasse un petit dessin ? » chantée par Mireille [1906-1996]. (Cf. Culture)

Par ordre chronologique. Femme. Vengeance :

Femme (Vengeance) (1) : 1829-1830. Une femme « de qualité », sans doute la comtesse de Cayla [1785-1852], raconte qu’elle reçut, un jour, nouvellement mariée par ailleurs, un paquet qui s’avéra un bel et gros enfant accompagné de la lettre suivante : « Citoyenne, Puisque vous êtes la femme d’un homme qui devait être mon époux, prenez la charge de nourrir une créature innocente qui lui doit le jour. » Signé : Rosalie.
- Sur ce, elle fit venir son mari et lui dit :
« Monsieur, quand on fait des enfants, on tâche de les placer ailleurs que chez moi ; voici un des vôtres que l’on m’adresse, vous plairait-il d’en prendre soin ? » Elle gagna (notamment) de cette répartie sa liberté à vie à son égard. 153
- Á la relecture : pas une vengeance, une saine et légitime réaction. (Cf. Culture. Cinéma. La Fiancée du pirate. La mariée était en noir, Êtres humains, Enfants, Relations entre êtres humains. Vengeance, Famille, Politique. Vengeance)

Femme (Vengeance) (2) : 1886. Louise Michel [1830-1905], auteure de :
« Quand une honnête femme, calomniée ou poursuivie tue le drôle qui la pourchasse, bravo ! Elle débarrasse les autres d’un danger, elle les venge ; il n’y en a pas assez qui prennent ce parti-là. » 154 Rarement cité… (Cf. Femmes. Assassinées, Hommes. Solidaires des femmes en lutte, Êtres humains, Relations entre êtres humains. Vengeance, Justice. Légitime défense, Violences. Violences à l’encontre les femmes)

Femme (Vengeance) (3) : 1928. La fiancée du pirate [Chanson de l’humiliation] chanson de Kurt Weill [1900-1950] et Berthold Brecht [1898-1956] :
- Premier couplet : « Oui c'est moi qui lave les verres et les plats / On m'appelle une Marie-couche-toi là / Quand on me donne un penny / Faut encore que j'dise merci / Me v'là en habits loqu'teux / Au fond d'cet hôtel miteux / Vous n'savez pas aujourd'hui qui je suis / Vous n'savez pas aujourd'hui qui je suis. »
- Fin : « Mais un soir, ce beau soir pour qui je vis / Voilà que les canons / S'éveilleront / et tonneront / Pour la première fois, j'éclaterai de rire / Quoi méchante, t'as le cœur à rire ?
Le navire du haut bord / Cent canons aux sabots / Bombardera le port !
Alors viendront à terre les matelots / Plus de cent, ils marqueront d'une croix de sang / Chaque maison, chaque porte / Et c'est devant moi qu'on apporte / Enchaînés, implorants, mutilés et saigneux / Vos pareils, tous vos pareils, beaux messieurs ! / Vos pareils, tous vos pareils, beaux messieurs !
Alors paraîtra celui que j'attends, il me dira : / Qui veux-tu de tous ces gens que je tue ? / Et moi je répondrai doucement : / Tue-les tous! Chaque tête qui tombera / Je battrai des mains, hop là ! / Et le navire du haut bord / Loin de la ville où tout sera mort / M'emportera vers la vie !
»

Femme (Vengeance) (4) : 2001. Jean-Claude Brialy [1933-2007] dans ses Mémoires raconte le tournage du Bal du Comte d’Orgel [1969] qui eut lieu dans la somptueuse propriété à Montfort-L’amaury d’un « marquis, milliardaire chilien ». Son chauffeur lui raconte la vie de « Germaine », « l’une des femmes de chambre du marquis » :
« Cela fait 45 ans qu’elle est à son service. Elle a été amoureuse de lui et lui ne l’a jamais regardée. Il l’a fait souffrir, il l’a tourmentée. Et maintenant qu’il est à moitié paralysé, elle se venge. Quand il lui demande un peu d’eau, elle lui dit : ‘On va voir’. » 155 (Cf. Relations entre êtres humains. Vengeance)

Femme (Vengeance) (5) : 2005-2007. Une vengeance de femme : Lisbeth Salander dans les trois livres de Stieg Larsson, Millenium 1, 2, 3. Un modèle ? [après Médée ?] (Cf. Relations entre êtres humains. Vengeance)

Femme (« Vénéneuse ») : 2012. Lu, à la recherche sur le net du synonyme de « sulfureux » : « Au sens figuré : Qui évoque l’enfer, l’hérésie, le démon qui sent le soufre. Se dit d’une femme ‘vénéneuse’. » 156 (Cf. Langage. Féminisation du Langage. Critique de mot : « Sulfureux »)

Femme (Vie de…) (1) : Une «vie - dite de - de femme», c’est vivre une vie-dite-de couple (ou non), une vie dite-sexuelle (ou non), une vie dite-professionnelle (ou non), une vie dite-d’épouse (ou non), une vie dite-de mère (ou non), et même une vie de femme « multi-casquettes ». (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Vie. Refaire sa vie)

Femme (Vie de…) (2) : Une femme ayant vécu «une vie - dite - de femme» peut vivre, en sus, une vie généralement considérée comme celle dévolue aux «hommes». Un homme, s’il conteste, s’il récuse, s’il veut échapper à la vie telle qu’elle lui fut imposée, telle que généralement considérée comme dévolue aux hommes, n’aura jamais vécu qu’une vie d’homme. (Cf. Hommes, Patriarcat)

Femme (Vierge) : 1862. Victor Hugo [1802-1885], dans Les misérables évoquant la « servante » de Monsieur Maboeuf, « une variété de l’innocence », écrit :
« La pauvre bonne vieille femme était vierge. » 157 (Cf. Êtres humains. Corps, Langage. Féminisation du langage. Hugo Victor)

II. Femme (Artiste) :

Femme (Artiste. Abba Marta) : Marta Abba [1900-1986], actrice et amour impossible de Luigi Piredanllo [1867-1936] fut nommée par lui : sa « divine inspiratrice ». Il lui a dédicacé son dernier texte avant de mourir, ainsi : « À Marta Abba, pour que je ne meure pas ». 158
- L'éditeur italien U. Mursia a entrepris en 1971 une réédition des pièces de Pirandello dont Marta Abba détenait le copyright et qui appartiennent aux dix dernières années (1926-1936) de l'activité théâtrale du dramaturge sicilien. « Tous les textes sont établis par Marta Abba elle-même, qui met à profit les nombreux documents inédits que lui a légués Pirandello. » 159

Femmes (Artistes. Actrices) : Combien d’actrices ont-elles été détruites à vie - elles et / ou leur carrières - du fait des rôles que des metteurs en scènes, des réalisateurs, des producteurs - qui, eux, ont souvent construit leur carrière et gagné leur argent grâce à elles et sur elles - leur ont demandé de jouer ?

Femmes (Artistes. Actrices françaises d’antan) : 1929-1944. Arletty [1898-1992], Annabella [1907-1996], Joséphine Baker [1906-1975], Mireille Balin [1909-1968], Sylvia Bataille [1908-1993], Marie Bell [1900-1985], Blanchette Brunoy [1915-2005], Marguerite Deval [1868-1955], Pauline Carton [1884-1974], Muse Dalbray [1903-1998], Danielle Darrieux, [1917-2017] Josette Day [1914-1978], Paulette Dubost [1910-2011], Edwige Feuillère [1907-1998], Simone Renant [1911-2004], Françoise Rosa [1891-1974]…160

Femme (Artiste. Adjani Isabelle) : 2018. Lu :
« L’Oréal vient de recruter comme ‘ambassadrice‘ Isabelle Adjani. Un contrat estimé, selon les pros à 400.00 euros qui a fait retrouver à l’actrice son apparence d’antan. » 161 (Cf. Êtres humaine. Corps, Économie)

Femme (Artiste. Akerman Chantal) : Écouter les nombreux documents sonores concernant Chantal Akerman [1950-2015], lors de la nuit de France Culture qui lui fut consacrée, le 10 / 11 février 2018, et notamment l’interview d’elle, le 7 novembre 2013, par le regretté [par moi…] Alain Veinstein, pour la publication de son livre, Ma mère rit. [2013] 162 (Cf. Femme. Mère)

Femme (Artiste. Alain Marie-Claire) : 2013. Marie-Claire Alain [1926-2013] organiste « avoua » à Marie-Louise Girod [1915-2014], elle-même organiste :
« Savez-vous que ce jour-là [lors d’un récital pendant la guerre], vous m’avez donné l’espoir de devenir une virtuose de l’orgue en dépit du fait que j’étais une femme ! » 163
De la vertu de l’exemple…

Femme (Artiste. Anémone) : (30 avril) 2019. Anémone [1950-2019], auteure de :
« J’aurais bien aimer coucher avec un producteur, mais ils préféraient me faire travailler. »
- Non, elle n’était ni « très folle », ni [irra] tionnelle », [Michel Blanc] ni « une fille qui s’était laissée aller » [Josiane Balasko], ni « largement fêlée » [Patrice Leconte].
Elle était une actrice qui avait démontré sa grande liberté de penser - qui en paya le prix- et qui avait le courage de dire « en public » ce que tant n’osent pas même penser « en privé ».

Femme (Artiste. Arletty) (1) : Arletty [1898-1992], après avoir, à 16 ans, perdu son premier amour, tué dans les premiers jours de la guerre de 1914-1918, auteure (sans date) de :
« Je ne serai jamais une veuve de guerre, ni une mère de soldat. » 164 (Cf. Femmes. Mères. Veuves, Politique. Guerre)

Femme (Artiste. Arletty) (2) : 1987. Arletty [1898-1992], auteure de :
« Je pouvais me balader dans dîner où il y avait beaucoup de monde, personne ne me pinçait les fesses, j’aime autant vous le dire, métier ou pas métier… » (Rires) (Cf. Comparaison Femmes / Hommes, Violences. Violences à l’encontre les femmes)
- Auteure aussi de : « L’argent, c’est fait pour les fadas… » 165 (Cf. Économie)

Femme (Artiste. Bacall Lauren) : 1979. Lauren Bacall [1924-2014], auteure de :
« […] Bon, le passé est le passé. Il m’a formée, m’a appris beaucoup de choses, mais le présent m’importe davantage. Je lutte pour acquérir le droit à mon identité propre ; je ne veux pas qu’on m’identifie pour l’éternité à un rôle joué à dix-neuf ans. Jusqu’à présent, j’ai toujours plus ou moins perdu cette bataille. Peut-être ne la gagnerai-je jamais. Mais je ne cesserai jamais le combat. » 166 (Cf. Patriarcat. Filliation)

Femme (Artiste. Barbara) (1) : Barbara [1930-1997], auteure, compositrice, interprète de chansons inoubliables, dont trois, plus particulièrement, évoquent les violences de son père à son encontre : Au cœur de la nuit, L’aigle noir, Nantes. (Cf. Violences. Violences à l’encontre des enfants)

Femme (Artiste. Barbara) (2) : Barbara [1930-1997] déclara :
« Je ne suis pas une chanteuse, je suis une femme qui chante. » 167

Femme (Artiste. Barbara) (3) : 1998. Barbara [1930-1997], dans ses Mémoires interrompus, écrit concernant son père :
« […] Je garderai longtemps le souvenir du mélange de fascination, de peur, de mépris, de haine et d’immense désespoir que je ressentirai lorsque je le retrouvais mort, à Nantes, vingt ans plus tard (sans nouvelles de lui)… » 168 (Cf. Relations entre êtres humains. Haine, Violences incestueuses)

Femme (Artiste. Bardot Brigitte) (1) : 2012. Brigitte Bardot, auteure de :
« J’ai toujours fait ce qui m’a plu […] Je sais que j’ai plus de couilles que beaucoup d’hommes. Ils pourraient prendre exemple sur moi. J’ai toujours assumé ce que j’ai fait ou ce que j’ai dit. » 169
- De la fragilité des mythes : un seul jugement pertinent les fait éclater comme une bulle de savon (Cf. Êtres humains. Corps, Penser. Mythe)
* Ajout. 20 février 2019. 2019. Brigitte Bardot soutient les « Gilets jaunes » parce qu’« ils ont des couilles. » 170

Femme (Artiste. Bardot Brigitte) (2) : 2017. Brigitte Bardot, auteure, le 10 mars 2017, de :
« J’ai été prisonnière de moi-même toute ma vie. » 171
* Ajout. 11 mars 2017. Marine Le Pen, le 4 mars 2017, aux fins de justifier son refus du « port du voile dans l’espace public » avait déclaré : « La France, c’est Brigitte Bardot. » 172
- De la fragilité des comparaisons…

Femme (Artiste. Bell Marie) : 2001. Jean-Claude Brialy [1933-2007] se souvient de Marie Bell [1900-1985] et écrit notamment :
« Elle avait été sociétaire à la Comédie française à l’époque où les femmes pouvaient y entrer grâce à un ministre ou à un ami influent […]. »
- Il rapporte aussi l’une de ses réactions adressée à Félicien Marceau [1913-2012], auteur et metteur en scène de la pièce de théâtre, Madame Princesse dans laquelle elle jouait :
« Dis donc, Félicien, Claudel et Racine ne m’ont jamais emmerdée. Ce n’est pas toi qui va commencer. » 173

Femme (Artiste. Bellon Yannick) : 1996. Yannick Bellon [1924-2019], au terme d’un interview, affirma, en 1996 :
« […] Nous (les femmes ou : les femmes cinéastes ?) n’avons plus rien à prouver. » 174 (Cf. Femmes. « Nous les femmes »)

Femme (Artiste. Bernhardt Sarah) : 1923. Sarah Bernhardt [1844-1923], après avoir, à la Comédie Française, évoqué l’« un des plus beaux triomphe de sa carrière », auteure de :
« Quelques artistes furent très contents, les femmes surtout, car il est une chose à remarquer dans notre art : les hommes jalousent les femmes beaucoup plus que les femmes ne se jalousent entre elles. J’ai rencontré beaucoup d’ennemis parmi les hommes comédiens, et très peu parmi les femmes comédiennes. […] » 175 (Cf. Êtres humains. Autocritique, Femme. Jalouse, Patriarcat, Penser. Pensée. Bernhardt Sarah)

Femme (Artiste. Bonheur Rosa) (1) : 1898. Rosa Bonheur [1822-1855], dans sa « Lettre testament » datée du 28 novembre 1898, écrit notamment :
« […] Nous avons le droit, étant libres et célibataires toutes deux (concernant Anna Klumpke [1856-1942] et elle-même), de nous donner par notre travail les jouissances du confortable avec l’argent que nous gagnons par notre travail.
Ma famille m’ayant toute ma vie assez mal jugée en mon droit de vivre librement, après avoir d’abord fait mon devoir envers elle et ayant droit après à l’indépendance de toute personne majeure gagnant elle-même sa vie…
Je suis libre de faire ce qu’il me plaît et de défendre une bonne fois pour toutes l’honneur des autres (Nathalie) et le mien.
Je n’ai donc rien à me reprocher envers ma famille, et j’ai pensé que maintenant j’avais le droit de vivre pour moi et de disposer à mon gré de mon bien personnel, n’ayant eu ni enfant, ni tendresse pour le sexe fort, si ce n’est pour une franche et bonne amitié pour ceux qui avaient tout mon estime. […]
Quant à mes deux neveux, ce sont des hommes solides et bien portants, ils n’ont qu’à faire comme moi, car les hommes ayant la force physique ne doivent pas, s’ils sont fiers et braves, compter sur l’héritage d’une femme dont le travail a souvent été interrompu par les conditions de son sexe et qui ont fait avec raison penser aux hommes justes et dignes de ce titre, que l’homme est fait pour travailler pour la femme et les enfants ; mais hélas ! les femmes ont souvent été obligées de les remplacer quand ils manquent à leur devoir.
Je termine cette longue lettre explicative de ma volonté et de ma justice de tester en faveur d’une compagne artiste comme moi, gagnant noblement sa vie comme moi, désirant ainsi que moi continuer de travailler en paix, continuer sa carrière d’artiste et m’accompagner loyalement jusqu’au dernier jour de mon voyage en ce monde. » 176 (Cf. Femme. Lesbienne, Famille, Économie)

Femme (Artiste. Bonheur Rosa) (2) : 1909. Rosa Bonheur [1822-1889] (concernant Nathalie Micas, avec laquelle elle vécut jusqu’à la mort de cette dernière, en 1889) auteure de :
« Souvent je me suis enfermée dans la chambre de Nathalie [après sa mort] pour songer aux côtés tragiques de ma vie. Quelle aurait été mon existence sans le dévouement et l’existence de mon amie ! Et pourtant on a cherché à rendre suspecte l’affection que nous éprouvions l’une pour l’autre. Il semblait extraordinaire que nous fassions bourse commune, que nous nous soyons légué réciproquement tous nos biens. Si j’avais été un homme, je l’aurais épousée et l’on n’eut pu inventer toutes ces sottes histoires. Je me serais créé une famille, j’aurais en des enfants qui auraient hérité de moi et personne n’aurait eu le droit de réclamer. » 177 (Cf. Relations entre êtres humaines. Amour, Femme. Lesbienne, Famille, « Mariage pour tous »)

Femme (Artiste. Boulanger Nadia) : 1979. Ned Rorem, l’un des élèves de Nadia Boulanger [1887-1979], compositrice, chef d’orchestre et enseignante, déclara la concernant en 1979 :
« Pour ce qui concerne la pédagogie musicale - et par extension la création musicale - elle est la personne la plus influente qui ait jamais vécu. »
Elle fut, toujours selon lui, « le plus grand maître depuis Socrate ». 178

Femme (Artiste. Bourgeois Louise) : Louise Bourgeois [1911-2010], auteure de :
« Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire. » 179
Parmi ses œuvres : La Destruction du père (1974) et Maman (2005).
* Ajout. 13 octobre 2014. Sans oublier le terrifiant Fillette [1968]. Le concernant - il s’agit de la représentation d’un monstrueux phallus transpercé par un câble - il faut lire les aberrant-es présentations, commentaires, interprétations qui en ont été faites afin d’en masquer l’évidence, à savoir qu’un phallus a terrifié une petite fille. Et que Louise Bourgeois ait peu ou prou participé à en masquer la signification, n’invalide pas le jugement. (Cf. Violences. Violences Incestueuses)

Femme (Artiste. Callas Maria) : 1959. Maria Callas [1923-1976], auteure de :
« Je suis libre parce que je ne fais pas de concession. » 180 (Cf. Penser. Liberté, Politique. Céder)

Femme (Artiste. Capri Agnès) : Agnès Capri, [1907-1976], auteure de :
« Je voulais des gens propres ». Se sont exprimé-es dans son café-théâtre : Caura Vaucaire, Germaine Montero, Serge Reggiani, Jean Sablon, Juliette Gréco, Marc Ogeret, Catherine Sauvage, Pierre Louki, Georges Moustaki, les Frères Jacques…181 Bravo, l’artiste !

Femme (Artiste. Carol Martine) : 1966. Martine Carol [1920-1967], auteure, au terme de sa vie, à 46 ans, après quatre mariages, de :
« [Enfant], j’ai toujours préféré les garçons. Quoique, maintenant, j’ai des très bonnes amies filles. Et je les préfère. Enfin, c’est moins dangereux. Maintenant je préfère être avec des femmes qu’avec des hommes. » 182

Femme (Artiste. Casarès Maria) : 1949. Maria Casarès [1922-1996], auteure de :
« Soyez donc une femme. Luttez ! » 183 (Cf. Culture. Cinéma, Politique. Lutte)

Femme (Artiste. Célarié Clémentine) : 1994. Clémentine Célarié embrasse sur la bouche, le 7 avril 1994 un homme séropositif, présent comme elle au Sidaction aux fins de démontrer les risques et les non risques non contamination. Initiative spontanée, superbe et courageuse - qu’elle qualifie de « bêtise » - mille fois plus parlante que tout discours. (Cf. Relations entre êtres humains. Exemple, Politique. Exemple)
* Ajout. 17 juillet 2019. 2015. Dans le premier tome des Éditions de La Pléiade des Œuvres de Michel Foucault [1926-1984], la chronologie présentée par Daniel Defert, « militant anti-sida, président fondateur de la première association française de lutte contre le sida Aides [1984-1991] » (Wikipédia) et par ailleurs son compagnon, ne fait aucune référence au sida concernant sa mort. 184

Femme (Artistes. Chanteuses françaises d’antan) : Yvette Guilbert [1865-1944], Anna Thibaud [1861-1948], Damia [1889-1978], Berthe Sylva [1885-1941], Fréhel [1891-1951], Colette Renard [1924-2010], Yvonne George [1896-1930], Mistinguett [1875-1956], Germaine Montero [1909-2000], Agnès Capri [1907-1976], Marie Dubas [1894-1972], Lisette Jambel [1921-1976], Lys Gauty [1900-1994], Lucienne Boyer [1901-983], Lily Pons [1898-1976], Béria [1891-1950], Marianne Oswald [1901-1985], Suzy Solidor [1900-1983], Lucienne Delyle [1913-1962], Jacqueline François [1922-2009], Jeanne Aubert [1900-1988], Lucienne Dugard [1901-1968], Arletty [1898-1992], Germaine Sablon (considérée comme la seule artiste résistante) [1899-1985], Catherine Sauvage [1929-1998], Mireille [1906-1996], Cora Vaucaire [1918-2011], Mirane Esbly [?-?], Gribouille [1941-1968], Cora Madou [1891-1971], Rina Ketty [1911-1996], Annette Lajon [1901-1984], Colette Magny [1926-1997], Édith Piaf [1915-1963], Patachou [1918-2015], Simone Bartel [1922-?], Georgette Plana [1917-2013], Claire Leclerc [1915-2009], Léo Marjane [1912-2016], Pia Colombo [1934-1986], Michèle Bernard [1947-], les sœurs (Louise et Odette) Étienne [1924-2016, 1928-2013], Elyane Célis [1914-1962] [Belge], Yvonne Printemps [1894-1977], Monique Morelli [1923-1993], Danielle Messia [1956-1985], Joséphine Baker [1906-1975], Renée Lebas [1917-2009], Nicole Louvier [1933-2003], Dalida [1933-1987], Magali Noël [1931-2015], Christine Sèvres [1931-1981], Rosalie Dubois [1932-], Colette Chevrot [?-?], Annie Fratellini [1932-1997], Odette Laure [1917-2004], Michèle Arnaud [1917-1998], Lina Margy [1909-1973], Jeanne Moreau [1928-2017], Nita-Jo / Nitta-Jô [Jeanne Daflon. [1890-?], Ginette Garcin [1928-2010], Micheline Dax [1924-2014], Rose Avril [1920-1973], Yvonne Darle [ ?- ?] Yvette Giraud [1916-2014], Lily Fayol [1914-1999], Lily Vincent [1926-2009] [Belge], [Maurane [1960-2018], Pola Negri [1897-1987] actrice, mais entendu d’elle une chanson : «Paradis»] …
Sans oublier Mado Robin [1918-1960] qui, extraordinaire cantatrice, ne méprisait pas les chansons (« Le temps des cerises ») .
- Et, parmi celles qui, bien que toujours d’antan (pour moi…), n’en sont pas moins toujours présentes : Mama Béa, Catarina Valenta, Marie Josée Neuville, Simone Réal, Mick Micheyl, Hélène Martin, Catherine Bardin, Nana Mouskouri (Grecque de nationalité), Marie Laforêt, Valérie Lagrange, Suzy Delair, Alice Dona, Georgette Lemaire, Francesca Solleville, Dominique Grange, Marie-Paule Belle, Zizi Jeanmaire, Simone Langlois, Françoise Hardy, Nicoletta, Nicole Croisille, Hélène Delavault, Véronique Pestel, Isabelle Aubret, Lily Fayol, Sabine Viret, [2018] …
- Et enfin, bien sûr, Brigitte Fontaine, Sapho, Juliette Gréco et Anne Sylvestre et ses inoubliables chansons féministes. Sans oublier la compositrice Marguerite Monnot. [10 juillet 2015]
- Que de merveilles, de destins ! Que de pertes de mémoire, que l’on peut néanmoins au moins partiellement se remémorer…lorsque des archives existent.
- Une précision : Si je ne cite pas les jeunes chanteuses, les chanteuses contemporaines, à l’exception d’Agnès Bihl, la seule explication est celle de ma méconnaissance, de mon incompétence donc.

Femme (Artiste. Claudel Camille) (1) : « (À partir de) 1913. Camille Claudel [1864-1943], internée, auteure de :
- [À sa mère. mars 1913] : « Cela va-t-il durer longtemps cette plaisanterie-là ? Y en a-t-il pour longtemps ? Je voudrais bien le savoir. Après avoir tant souffert. C’est une drôle de surprise. »
- [À M. Pinard. mars 1913] : « Je me trouve par suite de combinaisons machiavéliques enlevée et internée de force à Ville Evrard. Si vous pouviez dire un mot pour moi, je vous en serais reconnaissante. »
- [À Henriette de Vertus. automne 1913] : « J’ai été enlevée par un cyclone moi et mon atelier, mais par un singulier effet de la tornade, mes plâtras ont filé directement dans la poche de Rodin et consorts, tandis que mon infortunée personne s’est trouvée transportée délicatement dans un enclos grillagé en compagnie de plusieurs aliénés. Je fais mon possible pour figurer honorablement dans cette aimable corporation : je n’y fais pas trop mauvaise figure. »
- [À son frère, Paul Claudel. 1915] : « J’aimerais mieux une place de bonne que continuer à vivre ainsi. »
- [À son frère Paul Claudel. mars 1927] : « Ce n’est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu : après 14 ans aujourd’hui d’un vie pareille, je réclame la liberté à grands cris. »
- [À son frère, Paul Claudel. mars 1930] : « Cela fait 17 ans que Rodin et les marchands d’objets d’art m’ont envoyé faire pénitence dans un asile d’aliénés. Après s’être emparés de l’œuvre de toute ma vie en se servant de B. (Note : probablement Philippe Berthelot), pour exécuter leur sinistre projet, ils me font faire des années de prison qu’ils auraient si bien mérité eux-mêmes... Tout cela au fond sort du cerveau diabolique de Rodin. Il n’avait qu’une idée c’est que lui, étant mort, je prenne mon essor comme artiste et que je devienne plus que lui : il fallait qu’il me tienne dans ses griffes après sa mort comme pendant sa vie. »
- [À son frère, Paul Claudel. 1932/33] : « Dis-toi bien, Paul, que ta sœur est en prison. En prison et avec des folles qui hurlent toute la journée, font des grimaces et sont incapables d’articuler trois mots sensés. Voilà la traitement que, depuis près de vingt ans, on inflige à une innocente. »
- [Á son frère, Paul Claudel. Nov./déc. 1938], elle signe : « Ta sœur en exil ».
* En octobre 1943, Camille Claudel est inhumée dans le cimetière de l’asile d’aliéné-es de Monfavet, celle à qui Rodin écrivait en 1897 :
« Un génie comme vous est rare. » 185 (Cf. Femme. « Seule ». Bonne-à-tout-faire, Fitzgerald Zelda. Pelletier Madeleine. Séraphine Louis, Politique. Prison)

Femme (Artiste. Claudel Camille) (2) : 1987. Henri Guillemin [1903-1992] écrit, concernant la santé mentale de Camille Claudel [1964-1943], internée :
« Le dossier médical de Camille, qui nous a été révélé par Reine-Marie Paris (une petite-fille de Claudel [1868-1955]) parle de ‘bouffées délirantes’ dont elle était victime. Mais les quelques lettres que nous avons d’elle témoignent toutes (en italique) d’un indéniable et douloureux équilibre mental. Elle conjure, elle supplie qu’on la délivre de son ‘exil’, de son martyre. Elle dit : ‘Je n’ai pas mérité cela’. » 186
Mais la suite du texte d’Henri Guillemin, concernant la responsabilité d’Auguste Rodin jugée simplement « bien injuste » est d’évidente mauvaise foi, aisément lisible. (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Femme (Artiste. Claudel Camille) (3) : 2016. Je lis sur Wikipédia concernant Paul Claudel :
« En septembre 1913, la sculptrice Camille Claudel, sœur de Paul, est internée en asile d’aliénés à la demande de la famille et à l'instigation de son frère Paul qui décide d'agir immédiatement après la mort de leur père. En trente ans d'hospitalisation, Paul Claudel ne va voir sa sœur qu'à douze reprises. Lors de la rétrospective qui lui fut consacrée en 1934, des témoins ont rapporté que Paul Claudel s'emporte : il ne veut pas qu'on sache qu'il a une sœur folle. À la mort de celle-ci, en 1943, Paul Claudel ne se déplace pas : Camille est inhumée au cimetière de Montfavet accompagnée du seul personnel de l'hôpital ; quelques années plus tard, ses restes sont transférés dans une fosse commune, ni Paul ni les membres de la famille Claudel n'ayant proposé de sépulture. »

Femme (Artiste. Claudel Camille / Rodin Auguste) : 1894. Lu dans le Journal des Goncourt, le 10 mai 1894 :
« Marx (Roger, critique d’art) me parle ce matin, de la sculpteuse Claudel, de son collage 187 un moment avec Rodin, collage pendant lequel il les a vus travailler ensemble, amoureusement, tout comme devait travailler Prud’hon et Melle Mayer. Puis un jour, pourquoi, on ne le sait, elle a quelque temps échappé à cette relation, puis l’a reprise, puis l’a brisée complètement. Et quand c’est arrivé, Marx voyait entrer chez lui Rodin tout bouleversé, qui lui disait en pleurant qu’il n’avait plus aucune autorité sur elle. » 188 (Cf. Homme. Remarquable. Rodin Auguste, Patriarcat)

Femme (Artiste. Damia) : Damia [1889-1973], bouleversante, dénommée « la tragédienne de la chanson ».

Femme (Artiste. Dietrich Marlène) (1) : Marlène Dietrich [1901-1992], une femme généreuse, courageuse. L’entendre chanter « La vie en rose » réconcilierait avec ‘l’amour’. 189 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour)

Femme (Artiste. Dietrich Marlène) (2) : 1984. Dans les souvenirs de Marlène Dietrich [1901-1992], Marlène, on peut lire :
« […] Je n’ai jamais reproché à von Sternberg [Joseph von. 1894-1969] son ton cinglant. Il avait tous les droits. Parce qu’il était l’homme qui me protégeait. Parce qu’il était aussi mon ami. Ses paroles étaient toujours justes. Il avait toujours raison. Je ne lui rendrai jamais assez grâce. […] Un maître. » 190

Femme (Artiste. Dietrich Marlène) (3) : 1990. Marlène Dietrich [1901-1992], auteure de :
« C’est Sternbeg [Joseph von. 1894-1969] qui m’a découverte alors que je n’étais rien. Il crut en moi, m’a fait travailler, me donna tout mon savoir, son expérience, son énergie et créa ainsi mon succès. » (sans date) 191
- Je lis ensuite sur Wikipédia : « Dans ses souvenirs, Sternberg affirmera avoir créé de toutes pièces le mythe de Marlène et minimisera le rôle de son interprète, qui protestera.» (sans source, à retrouver)

Femme (Artiste. Dorval Marie) : 1848. Marie Dorval [1798-1849], comédienne, dans une lettre à George Sand [1804-1876], qualifie sa « profession » de « haïssable ». 192

Femme (Artiste. Dubost Paulette) : 1992. Écouter Paulette Dubost [1910-2011] évoquer sa vie : une bouffée de bonheur. 193

Femme (Artiste. Duc Hélène) : 2005. Hélène Duc [1917-2014], auteure de :
« Les blessures que nous font les metteurs en scène, parfois simplement en ne nous choisissant pas, ne cicatrisent jamais. Si l’on peut tout supporter quand on se sent aimé, on s’écroule quand on ne l’est pas assez. » 194 (Cf. Culture, Êtres humains. Relations entre êtres humains. Aimer)

Femme (Artiste. Duncan Isadora) : 1927. Isadora Duncan, [1877-1927] auteure de :
- « Mon art était déjà en moi quand j’étais petite fille, et c’est grâce à l’esprit héroïque et aventureux de ma mère qu’il ne fut pas étouffé. »
- « Mon idée, en fait de danse, était qu’il fallait exprimer les sentiments et les émotions de l’humanité. »
- « Je méditais sur les différences étranges qui séparent l’Art de la Vie, et je me demandais si une femme peut vraiment être une artiste, car l’Art est un maître exigeant qui réclame tout pour lui seul, et une femme qui vit donne tout à la vie. Quoi qu’il en soit, pour la seconde fois, [enceinte], j’étais immobilisée, séparée de mon art. »
- « Donnez la beauté, la liberté et la force aux enfants. Donnez l’art au peuple qui le demande. La grande musique ne doit pas être plus longtemps gardée pour la bonheur de quelques privilégiés cultivés ; elle doit être donnée gratuitement aux masses ; elle leur est aussi nécessaire que l’air et le vin, car elle est le vin spirituel de l’humanité. »
- « Dans ce théâtre, j’espérais réaliser mon rêve de ramener les arts de la musique, de la tragédie et de le danse à leurs formes les plus pures. »
- « L’Art donne unité et harmonie à ce qui, dans la vie, est chaos et discorde. »
- « L’impulsion de mon art était trop forte. Je ne pouvais l’arrêter même pour plaire à celui que j’aimais. » 195 (Cf. Culture, Femme. Remarquable)

Femme (Artiste. Dupré Catherine, dite Mademoiselle de Seine) : (18 avril) 1732. Voltaire [1694-1778] écrit, le 18 avril 1732, à M. Formont [1695-1758] :
« Vous avez que la petite Dufresne [Catherine-Marie-Jeanne Dupré, dite Mademoiselle de Seine. 1705-1767], in articulo mortis [à l’article de la mort] a signé un billet conçu en ses termes : ‘Je promets à dieu et à M. le curé de Saint-Sulpice de ne jamais remonter sur le théâtre.’» Elle ne tint pas sa promesse et remonta sur les planches en 1733. 196
- En souvenir de toutes les avanies - le terme étant trop faible - imposées par l’Église catholique aux artistes, comédiens, comédiennes…

Femme (Artiste. Duse Eleonora) : 1927. Concernant Eleonora Duse [1858-1924], Isadora Duncan [1877-1927] qui fut son amie, écrivit cet hommage :
« […] Eleonora Duse était un être exceptionnel. Son cœur était si grand qu’il pouvait contenir toute la tragédie du monde, son esprit était le plus radieux qui ait jamais lui à travers les sombres tristesses de cette terre. » Ce, après avoir écrit :
« […] La Duse n’aimait pas qu’on la dévisageât. Elle prenait les petites allées, les sentiers, pour éviter d’être vue pas la foule. Elle n’aimait pas comme moi la pauvre humanité. Elle considérait la plupart de ces gens comme de la canaille, alors qu’ils la regardaient de tous les yeux éblouis. Cela tenait à sa nature avant tout exagérément sensible. Elle s’imaginait que les gens la critiquaient. Quand elle avait personnellement affaire au peuple, personne ne montrait plus qu’elle de douceur et de bonté. »
- Et aussi : « Eleonora n’était qu’une femme, malgré tout son génie [...]. » 197

Femme (Artiste. Feuillère Edwige) : 2005. Hélène Duc [1917-2014], la présente ainsi :
« On a beaucoup écrit sur Edwige Feuillère [1907-1998], mais quelle que soit la qualité de l’analyse et de l’approche, c’est dans son livre, Les feux de la mémoire, qu’elle se découvre et qu’on la découvre le mieux. Elle ne se livre pas, mais elle donne beaucoup d’elle-même. Avec élégance et mesure, comme toujours. […]
Elle allie à sa passion intérieure une superbe intelligence et un sens critique vis à vis d’elle-même. Jamais une bavure, jamais le ‘flou’, jamais de procédé pour esquiver une difficulté de mouvement ou de texte. Elle soulève la montagne en souriant. Tous ses rôles sont des festivals de virtuose. […]
Elle est passée du cinéma au théâtre et du réalisme au lyrisme et à la pure poésie de Claudel avec simplicité et naturel, non pas sans effort sans doute, mais comme si de rien n’était, comme s’il lui était imparti de donner toutes les nuances, la force, les subtilité au texte. […]
Edwige est à mes yeux la plus symbolique, la plus variée, la plus complète des actrices de ces temps. Peut-être aussi la plus pure, car elle semble n’avoir jamais été entachée d’aucune complaisance, d’aucune intrigue, ni d’aucune mesquinerie. Mais elle était sans doute, comme tous les élus, solitaire dans son âme. » 198

Femme (Artiste. Fernandez Esperanza) : 2002. Esperanza Fernandez, en 2002, auteure de :
« […] Mon premier disque, j’ai attendu très longtemps avant de le faire, car je voulais murir comme artiste et comme femme. Je ne regrette pas de ne pas avoir enregistré ce disque plus tôt. Aujourd’hui, je suis très heureuse car j’ai fait ce que je souhaitais sans être manipulée par personne. Dans ce disque se reflète tout ce que j’ai fait durant ma carrière. Je chante déjà depuis 20 ans. […] » 199

Femme (Artiste. Fontaine (Brigitte) : Une fois encore, ‘on’ fera semblant de découvrir, après la disparition de Brigitte Fontaine, l’importance de son œuvre.

Femme (Artiste. Foucher Adèle) : 1821. Victor Hugo [1802-1885] écrit à Adèle Foucher [1803-1868] dont il est le cousin et qui deviendra son épouse :
- le 16 mars 1821 : « […] Cultive ton talent charmant [le dessin], mais que ce ne soit jamais pour toi qu’un talent charmant, jamais un moyen d’existence. Cela me regarde. Je veux que dans la vie ce soit toi qui aies tout le plaisir, toute la gloire ; moi, toute la peine. […] »
- Une note précise : « Victor Hugo était hostile aux femmes artistes et en particulier à Julie Duvidal.» [professeure de dessin d’Adèle Foucher].
- le 1er/ 2 novembre 1821 : « Tu me parles d’une artiste pour laquelle tu me demandes de l’estime. Je ne demande pas mieux. Mais pourquoi est-elle artiste ? Tu connais là-dessus mes invariables idées, plutôt du pain et de l’eau ! […] »
- le 31 octobre 1821 : « Je me demande d’où peuvent venir tes douleurs de côté. J’en connais une cause, sur laquelle, je consulterai certainement quelque médecin célèbre. La peinture te nuit, du moins j’en suis persuadé.
Les attitudes fatigantes que cet art oblige à prendre, les principes vénéneux qui s’échappent continuellement en vapeur subtile des couleurs, qui sont pour la plupart minérales, en voilà plus qu’il n’en faut pour attaquer les organes extérieurs et intérieurs du corps. La plupart des peintres ont la santé dégradée.
Ô mon Adèle, serai-je condamné à voir cette funeste expérience se renouveler sur toi, sur le seul être qui me fait chérir la vie !
Si ton mari [le mariage n’a pas eu lieu] avait l’autorité de tes parents, il se contenterait de te voir cultiver ton talent charmant pour le dessin, et ne s’exposerait pas, en te livrant au travail de la peinture, à voir tes heureuses dispositions te devenir fatales.
Je consulterai certainement quelque médecin célèbre sur les dangers de ce travail pour un être aussi frêle et aussi délicat qu’une jeune fille.
Que n’ai-je quelque pouvoir sur toi ! J’ai craint un moment autrefois que tu ne destinasses à la profession d’artiste, profession incompatible avec le rang que tu dois occuper dans la société.
Aujourd’hui que tu ne cultives la peinture que comme talent d’agrément, je tremble encore, et bien plus, car c’est pour ta santé. »
- le 12 et 13 novembre 1821 : « Va mon Adèle, aime moi comme je t’aime, et je me charge du reste. […]
Et surtout, ne me parles plus de travailler, etc., etc., Chaque fois que tu touches cette corde, tu m’affliges vivement. Aie quelque croyance en mes forces. […] »
- le 13 et 15 décembre 1821 : « Sache, chère et charmante amie, que tu as la plus belle des science, celle de toutes les vertus. A reste, les connaissances futiles et purement relatives que tu voudras posséder ne serve en rien au bonheur. Tout ce qui s’acquiert ne vaut pas la peine de s’acquérir. »
- le 3 février 1822 : « Il suffit qu’une femme appartienne au public sous un rapport pour que le public croit qu’elle lui appartient sous tous. Comment d’ailleurs supposer qu’une jeune fille conserve une imagination chaste et par conséquente des mœurs pures après les études qu’exige la peinture, étude pour lesquelles il faut d’abord abjurer la pudeur, cette première vertu de l’homme et de la femme. Ensuite, convient-il à une femme de descendre dans la classe des artistes, classe dans laquelle se rangent comme elle les actrices et les danseuses ? Je t’expose ici des idées sévères, mais qui sont justes selon le monde et selon la morale. Ces idées d’ailleurs ne sont pas nées d’hier chez moi et il y a bien longtemps que je te les ai communiquées et l’exemple que tu as sous les yeux ne les confirme que trop. C’est pour cela que j’ai toujours applaudi à ta répugnance pour la peinture, même considérée comme talent d’agrément. »
- le 8 février 1822 : « Quant aux artistes, je t’ai toujours conseillé de ne pas les voir. J’ai toujours pensé de même sur cette profession qui déconsidère, certes les femmes, puisqu’elle déconsidère les hommes. […]
Je ne doute pas que ces idées ne s’accordent avec les tiennes. Ainsi, n’en parlons plus. »
- le 5, 6, 8 et 9 février 1822 : Lettre d’Adèle Foucher à Victor Hugo : « Tu exposes des préjugés bien sévères en condamnant la peinture, même comme talent d’agrément. Mais puisque tu trouves cela nuisible, je te crois. […] » 200 (Cf. Culture. Droit. Droits / Devoirs, Homme. Remarquable, Patriarcat)
N.B. 1. Les résistances d’Adèle Foucher avant la dernière lettre citée sont nombreuses.
Il faudrait les ajouter.
N.B. 2. Je vois dorénavant d’un autre regard les (mauvais) dessins de Victor Hugo.

Femme (Artiste. Fréhel) : Fréhel [1891-1951], auteure de :
« Fermez vos gueules. J’ouvre la mienne » [au public du Bœuf sur le toit]. 201
La vie bouleversante d’une femme bouleversante…

Femme (Artiste. Gardin Blanche) : (29 mai) 2017. Blanche Gardin, lors de la 29ème cérémonie des Molière, concernant les artistes accusés de viols, d’agressions, de harcèlements, en réaction à l’injonction si souvent entendue, citée par elle : « Il faut savoir séparer l’homme de l’artiste », auteure (courageuse) de cette forte conclusion :
« D'ailleurs c'est bizarre cette indulgence qui ne s'applique qu'aux artistes. Par exemple, on ne dit pas d'un boulanger : ‘Oui, d'accord, c'est vrai, il viole un peu des gosses dans le fournil mais, bon, il fait des baguettes extraordinaires ! » 202 (Cf. Violences)

Femme (Artiste. Goya Chantal) : 1962. Chantal Goya, concernant le tournage de Masculin Féminin, se souvient :
« J’avais 18 ans. […] Godard voulait que je sois à poil dans la salle de bains et j'ai dit non. Je me suis cachée sous le lavabo. Marlène (Jobert) s'est déshabillée, m'a dit de ne pas m'en faire, qu'elle passerait à deux reprises devant la caméra de façon à faire croire qu'il s'agissait de moi une fois. Tu parles ! Godard avait bien vu. Il m'a dit : vous ne serez jamais une star. Je lui ai répondu : la seule «Vedette» [en synonyme de « star »] que j'ai, c'est ma machine à laver. » 203 (Femmes. Nudité)
Ce sont aussi par ce type de réactions, jamais, en tant que telles, politiquement analysées, que les femmes s’opposent, résistent aux hommes. Nul-le n’est besoin pour cela d’être qualifiée de féministe, encore moins d’intellectuelle. (Cf. Culture. Cinéma, Femme. « Féminin ». Violences. Violences à l’encontre des femmes. Godard Jean-Luc)

Femme (Artiste. Grimaud Hélène) : 2003. Dans un livre autobiographique, la musicienne Hélène Grimaud rapporte le message que lui avait transmis, au terme d’une master class, le pianiste et chef d’orchestre, Léon Fleischer :
« […] Restez à l’écart tant que vous n’avez pas trouvé votre propre système […] On m’a dit que vous vouliez continuer seule. C’est une entreprise tout à fait louable et vous avez tout ce qui faut pour parvenir. Allez-y. »
- Elle y évoque aussi le regard que l’on portait sur elle :
« ‘Trop belle pour être intelligente’, par exemple. Ou : ‘Ravissante comme elle l’est, elle n’a pas besoin de travailler’ Ou : ‘Combien dites-vous d’heures de travail par jour ?’ et je comprenais que mon interlocuteur convertissait ces heures en un gigantesque gâchis, du pur gaspillage eu égard à la frivolité d’une existence à laquelle mes cheveux blonds et mes yeux bleus me donnaient droit. » 204 (Cf. Femmes. Intelligentes)

Femme (Artiste. Guy Alice) : 2018. Alice Guy [1873-1968] : première femme réalisatrice [française] de cinéma [elle le fut de plus de mille films] ; certains disent, avant George Méliès, [1861-1938] sa Fée aux choux datant du début de l’année 1896. 205

Femme (Artiste. Holiday Billie) : 1939. Billie Holiday [1915-1959] chanta pour la première fois Strange fruit, l’un des premiers chants antiraciste, en 1939, 16 ans avant que Rosa Parks [1913-2005] refusa de laisser son siège dans un bus : relevé par Julie Gacon dans les émissions de France Culture qu’elle consacrées à Billie Holiday. 206 (Cf. Femme. Remarquable. Parks Rosa)

Femme (Artiste. Juliette) : 1997. Juliette, merveilleuse interprète de : Rimes féminines. Entre autres chansons… (Cf. Femme. « Féminin »)

Femme (Artiste. Kauffmann Angelica) : 1792. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842] raconte dans ses Souvenirs, sa rencontre avec Angelica Kauffmann [1741-1807], qu’elle considère comme l’« une des gloires de notre sexe » :
« J’ai été voir Angelica Kauffmann que j’avais un extrême désir de connaître. Je l’ai trouvée bien intéressante, à part son beau talent, par son esprit et ses connaissances. C’est une femme qui peut avoir cinquante ans, très délicate, sa santé s’étant altérée par suite du malheur qu’elle a eu d’épouser d’abord un aventurier qui l’avait ruinée. Elle s’est remariée depuis à un architecte qui est pour elle un homme d’affaires. Elle a causé avec moi beaucoup et très bien, pendant les deux soirées que j’ai passées chez elle. Sa conversation est douce ; elle a prodigieusement d’instruction, mais aucun enthousiasme, ce qui, vu mon peu de savoir, ne m’a point électrisée.
Angelica possède quelques tableaux des plus grands maîtres, et j’ai vu chez elle plusieurs de ses ouvrages ; ses esquisses m’ont fait plus de plaisir que ses tableaux, parce qu’elles sont d’une couleur Titianesque. […] » 207

Femme (Artiste. Khaltoum Oum) : 1985. Lu sur Wikipédia concernant l’enterrement d’Oum Khaltoum [1878-1985] :
« Des stars du cinéma, des poètes, des hommes d'affaires, des ambassadeurs, des ministres ainsi que de nombreux anonymes ont formé un cortège de plus d'1,5 km (pour environ trois millions de personnes vivant au Caire) formant le deuxième plus grand rassemblement d'Égypte, après les funérailles de Nasser. Les Cairotes se sont emparés du cercueil et l'ont promené pendant trois heures dans les rues du Caire avant de le conduire à la mosquée al-Sayyid Husayn, une des favorites d'Oum Kalthoum. » 208

Femme (Artiste. Khalo Frida) : 2017. Entendu concernant Frida Khalo [1907-1954] :
« Elle a construit sa légende [...], son personnage […], son positionnement […]. »
- Non. Elle a vécu, comme elle a pu et comme elle a voulu. 209 (Cf. Femme. Mère)

Femme (Artiste. La Malibran) : La Malibran [1808-1836] :
« Merveille des merveilles » disait d’elle Frédéric Chopin [1810-1849].
Morte, des conséquences d’une chute de cheval, à 28 ans.

Femme (Artiste. Lens Aline R. de) : Aline R. de Lens [1881-1925], auteure, dans son Journal [1902-1924], de :
« Maintenant, j'ai l'enthousiasme, l'ambition, les joies du travail. Je suis au début, j'ai le droit d'espérer, de faire des rêves.
Je me sens fière vis à vis des hommes. Pour les uns, je suis seulement une rivale, pour les autres, je suis une égale puisque je travaille comme eux pour me faire une position comme eux. Je suis entrée dans une école [Les Beaux-Arts] qui leur était primitivement destinée, en concourant avec eux…
Ils n'ont pas le droit de ne voir en moi qu'une femme comme les autres, sœurs de toutes celles qui ne vivent que pour eux, par eux, instrument d'amour…L'amour, je le supplie de m'épargner.
Je n'ai jamais aimé l'amour, jamais aimé aucun homme. Je suis calme, je suis tranquille, toute à mon travail. L'amour serait un grand malheur pour moi, il briserait tout ce qui fait ma vie, je n'y pense pas, je ne le cherche pas, je le redoute…
Ah! que l'amour m'oublie ! Je me suis garée du mariage, des toquades de jeunes filles…Mais il y a l'amour-passion, l'amour souverain, l'amour fou. […]
Il passerait sur moi comme un cyclone en ne laissant que des ruines. […]
Moins on y pense, moins on a de chances qu'il vienne. Et puis, j'ai vraiment bien autre chose à faire ! » 210 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Aimer. Amour, Famille. Mariage)

Femme (Artiste. Lubin Germaine) : 1965. Germaine Lubin [1890-1979], interrogée sur sa carrière d’artiste lyrique, débuta ainsi :
« Je ne serai pas modeste. J’ai eu du succès tout de suite. […] » 211 (Cf. Femme. Modeste)

Femme (Artiste. Mairesse Valérie) : 2016. Découvrir, ce jour, que Valérie Mairesse a été la seule actrice française ayant travaillé avec Andreï Tarkovski [1932-1986], l’avoir entendue évoquer cette expérience 212, se remémorer qu’elle avait joué dans le film d’Agnès Varda, L’une chante, l’autre pas [1977] et concomitamment se souvenir du rôle qu’elle avait dû jouer dans les émissions de télé de Laurent Ruquier (ce que Wikipédia nomme : « rejoindre la bande de Laurent Ruquier ») juge une société ; et incidemment sa conception de la « culture ». (Cf. Culture)

Femme (Artiste. Makeba Myriam) : 2010. Lu dans le livre de Ryszard Kapuscinski [1932-2007] consacré au Négus [1894-1975] que lors de la création de l’OUA (Organisation de l’unité africaine) en 1963, l’empereur d’Éthiopie « fit venir Myriam Makeba [1932-2008] de Hollywood pour un cachet de 25.000 dollars afin qu’à l’issue du banquet, elle charme les oreilles des dirigeants africaines de chants Zoulous. »
- En lisant le livre cité concernant la situation de l’Éthiopie d’alors, on comprend mieux la signification politique de cette invitation et la responsabilité politique de Myriam Makeba. 213

Femme (Artiste. Mercouri Mélina) : 1974. Mélina Mercouri [1920-1994], dans son livre : Je suis née Grecque, dans lequel elle relate le rôle (important) qu’elle a joué contre la dictature des colonels en Grèce [1967-1994], auteure de :
« […] Il faut qu’une chose reste : ma colère. Ma colère est la raison d’être de ce livre. » 214 (Cf. Femme. Colère. « Politique »)

Femme (Artiste. Mergault Isabelle) : 2017. Isabelle Mergault, en 2017, auteure de :
« Plus je suis libre, mieux je me porte. » 215 Bien vu, bien analysé…

Femme (Artiste. Moreno Marguerite) : (21 décembre) 1907. Lu dans le Journal [Littéraire] de Paul Léautaud [1872-1956] :
« Valette [Henri. 1858-1935] me racontait ce soir cet autre mot de Moreno [Marguerite. 1871-1948], à propos de son mariage avec le cabot Jean Daragon. Quelqu’un s’étonnait qu’elle épousât ce garçon qui n’a pour lui que sa carrure et son physique, alors qu’elle avait connu des hommes comme Mendès [Catulle. 1841-1909] et comme Schwob [Maurice. 1859-1928] et vécu avec eux : ‘Ah, vous savez, j’en ai assez des cerveaux’, répondit-elle. » 216
- Cette réaction me rappelle l’une de mes amies qui venait de divorcer et qui me disait : « Je cherche un plombier ». Sans mépris, m’a-t-il semblé, mais je doute qu’elle l’ait cherché. (Cf. Hommes « Intellectuels »)

Femme (Artiste. Monroe Marilyn) : Marilyn Monroe [1926-1962], auteure de :
« À Hollywood, on vous donnait 1.000 dollars pour un baiser et cinquante cents pour votre âme. » 217 Constat valant profonde analyse politique.

Femme (Artiste. Morisot Berthe) : 1895. Le certificat de décès Berthe Morisot [1841-1895] portait la mention : « sans profession ». 218

Femme (Artiste. Neher Carola) : Carola Neher [1900-1942] fut notamment l’interprète de Polly, l’épouse du bandit Mackie, dans L’Opéra de quat’ sous [1931] [G W Pabst. 1885-1967]. Elle fut, selon George Sadoul [1904-1967], « fusillée par Hitler ». 219
* Ajout. 6 octobre 2016. Je découvre par Wikipédia, qu’après avoir signé une pétition, avec d’autres artistes en 1933 contre Hitler, Carola Neher fuit l’Allemagne nazie, émigre en Russie, est arrêtée, le 25 juillet 1936, avec son mari, dénoncé comme Trotskiste, séparée de son fils, puis condamnée à dix ans de camp où elle décède du typhus. Sur les mensonges et les diverses lâchetés, notamment communistes, la concernant, lire Wikipédia (France) qui reprend Wikipédia (Allemagne).

Femme (Artiste. Piaf Edith) (1) : (10 octobre) 1963. Un souvenir personnel concernant Édith Piaf [1915-1963] : j’entre dans le prisunic du Boulevard du Roule à Neuilly : toutes les vendeuses pleuraient : elles avaient appris la mort d’Édith Piaf.

Femme (Artiste. Piaf Édith) (2) : 2001. Édith Piaf [1915-1963] à Jean-Claude Brialy [1933-2007], rapporté par lui :
« Au fond, tu vois l’idéal, pour moi, ce serait de sortir en ville avec Delon [Alain] parce qu’il est le plus beau, de rire avec toi parce que tu es le plus drôle, et de rentrer le soir avec Belmondo [Jean-Paul] parce qu’il doit être un champion au lit. » 220

Femme (Artiste. Piaf Édith) (3) : 2017. J’écoute Édith Piaf [1915-1963] chanter l’émouvante chanson de Marguerite Moreno : C’était un jour de fête [1941] et dont la chute, concernant l’amant qui l’avait abandonné est : « C’était un sale dégoûtant ». Or, je ne la retrouve dans aucune des transcriptions des paroles telles que lisibles sur internet. (Cf. Culture, Féminisme. Censure)

Femme (Artiste) Rachel : (20 février) 1841. Concernant la tragédienne Rachel [1821-1858] Jules Michelet [1798-1874] écrit dans son Journal :
« Melle Rachel, Polyeucte [Corneille]. J’ai été fort touché, non seulement de ce rôle d’une si sublime pureté et que je n’ai jamais senti avant de l’avoir entendu de la bouche d’une femme., mais touché surtout de cette personne, si noble et si peuple, dont la pâleur et l’amaigrissement sans remède disent assez ce que fut sa triste enfance. Élevée dans le ruisseau, chanteuse dans un café, envoyée à Paris par un saint-simonien, et avec tout cela si digne : au niveau, au-dessus de la haute société, des esprits les plus cultivés, au-dessus d’eux surtout par sa dignité et se conduite. […] » 221

Femme (Artiste. Rama Carol) (1) : 1996. Rama Carol [1918- ], auteure de :
« Je peins par instinct ; je peins par passion et par colère, et par violence et par tristesse et par un certain fétichisme, et par joie et par mélancolie mêlées, et surtout par rage. » 222

Femme (Artiste. Rama Carol) (2) : 2015. Dans un article du Monde la concernant, l’artiste italienne, Carol Rama, est qualifiée de : « vieille dame indigne », de « mamie indigne », […] « qui a toujours préféré l’écart » : « anomalie sauvage, excentrique, animale ».
- Concernant le fait qu’elle et ses œuvres aient été ignorées jusqu’à l’âge de 85 ans, on lit :
« Était-on vraiment passé à côté de quelque chose ? »
- On lit aussi que « son parcours n’obéit qu’à un ordre : celui, scandaleux du corps. »
- On évoque l’un de ses « amis » qui « au cœur de l’Italie fasciste des années 1930 » l’a décrite comme « maitresse, diable et putain », tandis que l’appartement de l’« inconnue des berges du Pô » […] est présenté comme « l’antre d’une sorcière, quasi : un musée hors d’âge, qui rappelle que Turin, avec Londres et San Francisco, serait l’une des pointes de la magie noire. »….
- L’encart est ainsi rédigé : « Apogée, sans doute, ses années 1960 ne sont qu’éclaboussures, goudron et menstrues, glue apocalyptique, moisissure et éclat atomique » tandis que les deux sous-titres de l’article s’intitulent : « Prothèse et démembrement » et « Magie noire ».
- On comprend mieux, à la lecture de ce texte immonde, dont l’intégralité serait à dénoncer, comment on en est venu à brûler les sorcières. 223 (Cf. Culture)

Femme (Artiste. Reinette l’Oranaise [dite]) : 1991. Sultana Daoud [1918-1998], musicienne chanteuse juive algérienne, répond à la question : « Le fait que vous en soyez pas arabe n’est pas une gêne pour cet art ? » :
« C’est ce qui a fait que je me suis appliquée le plus qu’il était possible de le faire. Étant donné que je ne suis pas musulmane, je n’ai pas voulu qu’on me trouve des fautes de prononciation. Alors j’ai tout fait, j’ai pris le chemin de manière à ce que je fasse cette musique à la perfection. Je voulais être à la hauteur de ma tâche. » 224

Femme (Artiste. Renaud Madeleine) (1) : 1966. Madeleine Renaud [1900-1994], en 1966, concernant son « premier mari, Charles Granval » [1882-1943], auteure de :
« Il était un grand homme de théâtre, Il était de l’école au fond de Jean Louis [Barrault.1910-1994], il était pour la Comédie Française de cette époque, un grand anarchiste. […] C’était absolument un homme admirable au point de vue esprit, intelligence. Et je lui dois surtout d’avoir été très sévère avec moi. Et comme [quand] il m’a épousée, j’avais à peine 20 ans, ça m’a servi d’avoir un maître sévère à côté de moi. » 225 (Cf. Famille. Mariage, Féminisme. Renaud Madeleine, Politique. Pouvoir, Patriarcat, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Artiste. Renaud Madeleine) (2) : 1980 (et après. sans date) Madeleine Renaud [1900-1994], en 1980, auteure de :
« Jean-Louis [Barrault.1910-1994] et moi, nous avons pu construire notre vie sans passer par l’épreuve des conflits. Comment est-ce possible ? Je vois pour ma part ce qui nourrit notre entente sans réserve : j’ai un telle confiance en lui, en son esprit, en son intelligence, en son instinct que, si d’aventure, je n’appréciais pas énormément l’un de ses projets, je me dirais : ‘Après tout, je ne m’y connais pas ! » 226 (Cf. Féminisme. Renaud Madeleine)

Femme (Artiste. Saint Phalle Niki de) (1) : 2010. Niki de Saint Phalle [1930-2002], auteure de : « Je veux être une première. Un défi. »
Son mari, Jean Tinguely [1925-1991] : « Tu fais du boulot de salle de bains. » 227

Femme (Artiste. Saint Phalle Niki de) (2) : 2010. Niki de Saint Phalle [1930-2002], auteure de : « J’ai écrit ce livre - Mon secret - d’abord pour moi-même, pour tenter de me délivrer enfin de ce viol qui a joué un rôle si déterminant dans ma vie. Je suis une rescapée de la mort, j’avais besoin de laisser la petite fille en moi parler enfin...
J’ai longtemps pensé que j’étais une exception, ce qui m’isolait encore plus ; aujourd’hui j’ai pu parler à d’autres victimes d’un viol : les effets calamiteux sont tous les mêmes : désespoir, honte, humiliation, angoisse, suicide, maladie, folie, etc.
Le scandale a enfin éclaté ; tous les jours des révélations jaillissent sur ce secret si jalousement gardé pendant des siècles : le viol d’une multitude d’enfants, filles ou garçons, par un père, un grand-père, un voisin, un professeur, un prêtre, etc.
Après le Secret j’ai l’intention d’écrire un autre livre adressé aux enfants, afin de leur apprendre à se protéger : parce que l’éducation qu’on leur donne les laisse sans défense contre l’adulte... » 228 (Cf. Êtres humains, Enfants, Violences. Violences Incestueuses)

Femme (Artiste. Salomon Charlotte) : 2016. Je lis ceci concernant Charlotte Salomon [1917-1943], sur France Culture :
« Lorsqu'en 1940, à 23 ans, Charlotte Salomon apprend par son grand-père un lourd secret familial - toutes les femmes de sa famille, dont sa mère, ont mis fin à leur vie -, elle décide pour conjurer cette fatalité de créer ‘quelque chose de vraiment fou et singulier’ et s'attelle à son œuvre... […]
La jeune artiste juive allemande a fui Berlin un an auparavant pour se réfugier dans le sud de la France, à Villefranche, auprès de ses grands-parents. Charlotte Salomon fait face à la fois à l'avancée inexorable de la guerre et à la terrible révélation. Elle se met fiévreusement à l'ouvrage. En moins de deux ans, elle crée une œuvre complexe mêlant peinture, écriture et musique. Un cheminement fulgurant de 1325 gouaches, depuis la première image, celle du suicide de sa tante en 1913, dont elle porte le prénom, jusqu'à celle où, en 1940, elle choisit de vivre, de devenir artiste et se représente face à la mer, portant sur son corps le titre de son œuvre : ‘Leben ? oder Theater ?’ Vie ? ou Théâtre ?. ‘C'est toute ma vie’, dit-elle au médecin de Villefranche lorsqu'elle lui confie son œuvre en 1943. Quelques mois plus tard, Charlotte Salomon est déportée à Auschwitz où elle meurt dès son arrivée. » 229
N.B. On n’« arrive » pas à Auschwitz… (Cf. Femme. Prénom, Langage)

Femme (Artiste. Sauvage Catherine) : 1985. Catherine Sauvage [1929-1998], auteure de :
« Je crois que finalement j’ai réussi ma vie. » 230 (Cf. Femmes. Chanteuses françaises d’antan)

Femme (Artiste. Séraphine Louis ou Séraphine de Senlis) : Séraphine Louis [1864-1942], auteure de :
« Ça, des fleurs et des fruits qui n’existent pas ? Des fleurs de folle, ils disent… Mais elles existent puisque je les vois. » 231
- Comme tant d’‘autres, jugée folle, meurt dans un asile psychiatrique.
* 1855. Cf. aussi : George Sand [1804-1876], dans son Histoire de ma vie, auteure de :
« Les enfants, comme les poètes sont amoureux de ce qui n’existe pas. » 232
* 1912. Cf. aussi : Alexandra David-Neel [1868-1969], dans une lettre écrite de Kalimpong, à son mari, en date du 14 avril 1912, auteure de :
« Ce sont les enfants et les êtres à la mentalité grossière qui croient que les visions et les rencontres spirituelles se voient avec les yeux et se présentent sous une forme matérielle. » 233
* 1933. Cf. aussi : Anaïs Nin [1903-1977], en mars 1933, dans son Journal :
« […] J’ai accepté un moi sans limites. Ce que j’imagine est aussi vrai que ce qui est. » 234
* 1813. Cf. aussi : Madame de Staël [1766-1817], dans De l’Allemagne, auteure de :
« L’un des premiers caractères du naïf, c’est d’exprimer ce qu’on sent ou qu’on pense, sans réfléchir à aucun résultat, ni tendre à aucun but. » 235
- De tous autres regards sur les dites ‘maladies mentales’, sur le monde, sur la « folie », l’« imaginaire », la « réalité », la « culture »… (Cf. Culture, Êtres Humains. Soi, Politique, Psychanalyse. Psychiatrie)
* Ajout. 4 mai 2019. 1980. Cf. aussi : Maurice Genevoix[1890-1980], dans Trente mille jours, auteur de :
« Cette propension au rêve, cette dangereuse aptitude à n’accepter du monde que des réalités compatibles avec mes passions, mes désirs et à refuser le reste, pour le moins à n’en pas tenir compte, m’a très tôt fait créditer d’un grain de folie. » 236

Femme (Artiste. Seydoux Laura) : (11 octobre) 2017. Laura Seydoux, actrice, dans The Guardian, auteure de :
« Je rencontre des hommes comme Harvey Weinstein, tous les jours. Le cinéma est ma vie : j’ai joué dans de nombreux films au cours des 10 dernières années. Je connais donc toutes les façons par lesquelles l’industrie du film traite les femmes avec mépris. […]
La première fois qu’un réalisateur m’a fait une remarque déplacée, j’avais environ 20 ans. Je respectais beaucoup son travail. Nous étions seuls et il m’a dit : ‘J’aimerais pouvoir faire l’amour avec toi. J’aimerais pouvoir te baiser.’
Il a dit cela d’une manière d’une manière mi- enjouée, mi- sérieuse. J’étais très en colère : j’essayais de faire mon travail et il m’a rendu très mal à l’aise.
Il avait eu des relations sexuelles avec toutes les actrices qu’il avait filmées.
Un autre réalisateur avec qui j’ai travaillé filmait de très longues scènes de sexe qui duraient des jours. Il rejouait les scènes encore et encore dans une sorte de stupeur. C’était très grossier.
Un autre réalisateur a essayé de m’embrasser. Comme Weinstein, j’ai dû le repousser physiquement. Il a agi comme un fou, hors de lui, car je ne voulais pas avoir de relations sexuelles avec lui. » 237 (Cf. Culture. Hollywood, Relations entre êtres humains. Aimer. « Faire l’amour », Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Artiste. Seyrig Delphine) : 1972. Delphine Seyrig [1932-1990], auteure, au procès dit de Bobigny, de :
- « J’ai avorté plusieurs fois, mais j’ai également accouché. J’ai un enfant qui a maintenant 16 ans, que j’ai eu à une époque où je n’avais pas vraiment les moyens d’élever un enfant. J’étais alors économiquement faible. […]
- J’ai choisi d’avorter parce que j’ai estimé que c’était mon droit de ne plus avoir d’enfant. […]
- Cela a été un choix purement personnel, je n’ai demandé l’avis de personne ni pour avoir un enfant, ni pour ne pas en avoir.
- J’estime que le choix en revient à moi-même puisque c’est moi qui le porte et qui l’élève.
- Je dois dire par ailleurs, que je suis complice d’avortements, quotidiennement, soit en donnant de l’argent, soit en donnant des adresses, soit en prêtant ma maison pour que l’on pratique des avortements, ce qui s’est produit avant-hier pour la dernière fois. »
- Réaction de Me Gisèle Halimi : ‘Monsieur le Procureur, j’aime mieux être à ma place qu’à la vôtre ! …’ » 238 (Cf. Êtres Humains, Corps, Justice. Juge)

Femme (Artiste. Schumann Clara) : Clara Schumann [1819-1896], auteure dans une lettre écrite à son futur mari de :
« Mon art, c’est toi. » (Cf. Culture, Femme. Épouse, Femme. Mère. Schumann Clara) 239

Femme (Artiste. Solidor Suzy) : 1978. 213 peintres [dont Jean Cocteau, Marie Laurencin, Raoul Dufy, Maurice de Vlaminck, Yves Brayer, Francis Picabia, Kees Van Dongen Man Ray, Francis Bacon, Tamara de Lempika…] ont peint la (grande) chanteuse Suzy Solidor [1900-1983].
Elle se remémore :
« Quand je les revois comme ça (les tableaux d’elle), c’est pas moi que je vois, c’est tous les artistes…Je revois Kissing, je revois Foujita, je revois tous les copains ; c’est ça qui m’apporte beaucoupNon, moi, ça m’intéresse pas, moi, je me connais par cœur, hélas… »
Je lis aussi la concernant :
- Elle a aidé dans son cabaret à apprendre à chanter de nombreuses jeunes personnes, dont Charles Trenet.
- Elle fut la première à chanter des chansons et à réciter, « en y mettant beaucoup de soi-même, sans grandiloquence, comme on parle », des poèmes.
- Elle rapporte (notamment) une phrase de Cocteau à Jean Marais la concernant : « Tu vois Solidor, quand elle est nue, eh bien ! c’est un gentleman !… »
- Et elle commente : « C’est merveilleux !…Il n’y a que Cocteau qui pouvait dire des choses comme cela, et que ce soit charmant, et pas gênant… » 240 (Cf. Femmes. Chanteuses françaises d’antan)

Femme (Artiste. Sorel Cécile) : Deuxième guerre mondiale. Cécile Sorel [1873-1966] accusée d’avoir ‘fréquenté’ des Allemands pendant la guerre, réagit en ces termes :
« Les allemands n’auraient jamais mis les pieds chez moi si vous ne les aviez pas laissés entrer.» 241 (Cf. Hommes, Politique. Guerre)

Femme (Artiste. Sylvestre Anne) : (26 septembre) 2017. Anne Sylvestre, auteure, de :
« Je crois que je ne me suis jamais vraiment prise au sérieux. Mais je prends au sérieux ce que je fais. Je sais ce que je fais, je sais ce que j’écris. Je sais la valeur de ce que je fais. » 242

Femme (Artiste. Varda Agnès) (1) : 1962. Agnès Varda [1928-2019], à propos de son film, Cléo de 5 à 7, auteure de :
« En ce moment, la mode consiste à dire qu’il n’y a pas de communication possible […]
C’est une notion qu’Antonioni cultive avec ferveur, Resnais aussi. […]
Moi, je ne suis pas d’accord [...]
Je crois aux ‘rencontres’. Suivant leurs possibilités, les gens se rencontrent un instant, une minute ou une vie. Ils ont une rencontre ou dix rencontres dans leur existence, ou ils n’en ont aucune. Mais tout le monde a besoin, peu ou prou, de ça. Ceux qui le savent sont déjà moins malheureux que ceux qui ne le savent pas. […]
Ce besoin est essentiel. Il faut le dire d’une façon presque primaire, parce que c’est très important. […] » 243 (Cf. Culture. Cinéma, Êtres humains, Relations entre êtres humains)

Femme (Artiste. Varda Agnès) (2) : 2017. Interviewée sur France Culture, Agnès Varda [1928-2019] se souvient, après avoir été photographe, de son premier film,:
« Je n’avais pas de modèle au cinéma. Le fait d’avoir été sans connaissances m’a donné du culot. Cette liberté que je me suis donnée, je l’ai gardée après. » 244

Femme (Artiste. Varda Agnès) (3) : 2019. Interviewée par Laure Adler, à 90 ans, Agnès Varda [1928-2019] lui dit :
« Je vis beaucoup dans le présent. J’aime beaucoup la réalité de chaque jour. » 245

Femme (Artiste. Vaucaire Cora) : 1971. Cora Vaucaire [1918-12011], après avoir constaté :
« On ne s’est pas pris beaucoup au sérieux », se souvient, en 1971, de ses débuts dans la chanson, Rive gauche (St Germain des pré) :
« J’étais la plus solitaire et je reste la plus solitaire de toutes les actrices, ou les artistes de ce métier, parce que je n’ai appartenu à aucun milieu, à aucun cercle, à aucune chapelle. À rien. Et cela me gêne beaucoup. Je le regrette. […] »
Et elle poursuit :
« On était - en évoquant aussi Mouloudji, Catherine Sauvage - plutôt des francs-tireurs. » 246 (Cf. Chanteuses françaises d’antan)

Femme (Artiste. Vigée-Lebrun Élisabeth) (1) : 1789-1792. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842], dans ses Souvenirs, auteure de :
« Mon travail ne me privait point du plaisir journalier de parcourir Rome et ses environs. J’allais toujours seule visiter les palais qui renfermaient des collections de tableaux et de statues afin de n’être point distraite de ma jouissance par des entretiens ou des questions souvent insipides. » 247 (Cf. Femmes « Seules »)

Femme (Artiste. Vigée-Lebrun Élisabeth) (2) : 1792. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842], dans ses Souvenirs, auteure de :
[Après avoir évoqué la visite à Parme de sept à huit élèves peintres], elle leur montre son tableau nommé La Sybille, elle poursuit :
« Tous témoignèrent d’abord une surprise bien plus flatteuse pour moi que n’auraient pu l’être les plus gracieuses paroles ; plusieurs s’écrièrent qu’ils avaient cru que ce tableau avait été fait par un des maitres de leur école, et l’un d’eux de jeta à mes pieds les larmes aux yeux.
Je fus d’autant plus touchée, d’autant plus ravie de cette épreuve, que ma Sybille a toujours été un de mes ouvrages de prédilection.
Si mes lecteurs, en lisant ce récit, m’accusent de vanité, je les supplie de réfléchir qu’un artiste travaille toute sa vie pour avoir deux ou trois moments pareils à celui dont je parle. »
248

Femme (Artiste. Vigée-Lebrun Élisabeth) (3) : 1795. Élisabeth Vigée-Lebrun [1755-1842], dans ses Souvenirs, écrit :
« […] Un orgueil que je ne crois pas blâmable m’a toujours fait craindre que l’on puisse attribuer à la protection les succès que je désirais obtenir ; soit à tort, soit à raison, je n’ai jamais voulu devoir qu’à ma palette ma réputation et ma fortune. » 249

Femme (Artiste. Yamina) : 1931. Colette [1873-1954], lors d’un voyage dans le sud Marocain (en 1931), auteure de :
« Notre guide et la femme indistincte échangèrent quelques répliques en arabe. […]. Je compris qu’elle protestait vivement et qu’il insistait sur un ton rude. Enfin, elle s’effaça et nous pria d’entrer. […]
- ‘Elle est Yamina’, présenta le guide arabe. […]
Pendant qu’elle préparait le thé vert, nous la suivions de notre curiosité offensante d’étrangers. […]
Elle ne parlait français, mais savait recevoir. […]
Elle nous rangea, assis, contre la muraille […] et dansa pour nous. […]
Elle dansa comme toutes les Ouleds-Naïl, avec ses bras et ses mains, les charmants pieds inquiets ne faisant que tâter le sol comme un dalle brulante. Elle dansa aussi avec ses reins, et avec les muscles de son petit ventre énergique. Puis, elle se reposa un moment […]
Le guide réclamait qu’elle dansa nue. Nue, elle revint au milieu de la chambre, entre nous et les deux musiciens qui maintenant lui tournait le dos. […]
Elle dansa, n’en sachant pas d’autres, les mêmes danses.
Mais comme elle était nue, elle cessa de rire et nous reprit son regard qui ne daigna plus, désormais, rencontrer les nôtres. Son regard s’en alla, franchissant nos têtes, chargé d’une gravité et d’un mépris souverains, rejoindre, au loin, le désert invisible. » 250 (Corps. Nudité. Femmes. Dignité, Patriarcat. Colonialisme)

III. Femme (Écrivaine) :

Femme (Écrivaine) : Toni Morrison [1931-2019] présentée comme la « première femme afro-américaine à avoir reçu le prix Nobel de littérature » au lieu et place de « Toni Morisson, l’écrivaine ».

Femmes (Écrivaines) : 2018. 39 % des femmes parmi les 381 auteur-es de la « rentrée littéraire » 2018. 251

Femme (Écrivaine. Allart de Méritens (Hortense de) (1) : Hortense Allart de Méritens [1801-1879] Rééditer ses écrits ; ou du moins, une sélection.

Femme (Écrivaine. Allart de Méritens (Hortense de) (2) : 1855. Voici le portrait d’Hortense Allart [1801-1879] par George Sand [1804-1876] :
« Madame Hortense Allart, écrivain d’un sentiment très élevé et d’une forme très poétique, femme savante toute jolie et toute rose, disait Delatouche [Henri de 1785-1851] ; esprit courageux, indépendant ; femme brillante et sérieuse, vivant à l’ombre avec autant de recueillement et de sérénité qu’elle saurait porter de grâce et d’éclat dans le monde ; mère tendre et forte, entrailles de femme, fermeté d’homme. » 252

Femme (Écrivaine. Aubenas Florence) : 2010. Florence Aubenas, auteure d’un beau, juste et noble livre : Le quai de Ouistreham 253 ; un livre qui en dévoilant les mensonges dont nous sommes quotidiennement abreuvé-es, m’a fait l’effet d’un détergent ; un livre qui prolonge les belles enquêtes de Marcelle Capy et Aline Valette (mais aussi les écrits de Marguerite Audoux et de Madeleine Riffaud) ; un livre qui conduit à s’interroger sur la finalité, la fonction, l’apport, en réalité sur l’appauvrissement de la sociologie [du travail] par rapport à [la complexité de] la réalité, telle qu’ici présentée. (Cf. Sociologie)

Femme (Écrivaine. Audoux Marguerite) : 1991. Marguerite Audoux [1863-1937], romancière, auteure notamment de Marie-Claire et de L’atelier de Marie-Claire.
- Son biographe, enfermé dans une fausse alternative et faute de vouloir / pouvoir trancher entre « la couturière » et « la femme de lettres », l’appela : « La couturière des lettres ». 254

Par ordre chronologique. Femme. Écrivaine. Austen Jane :

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (1) : 1818. Jane Austen [1775-1817], auteure, dans Persuasion (Chapitre 23), de :
« […] Les livres, tous écrits par les hommes […]
Oui, s’il vous plait, pas de références à des exemples tirés de livres. Les hommes en racontant leurs histoires ont eu sur nous tous les avantages. Ils ont eu une éducation tellement supérieure à la nôtre. Ce sont eux qui ont eu la plume à la main. Je ne reconnais pas aux livres la propriété de prouver quoi que ce soit. » 255
- Une si réelle radicalité, si mal analysée, voire si déformée par le journaliste comme par le spécialiste dans l’émission évoquée en note. (Cf. Homme. Journaliste)

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (2) : (24 janvier) 1929. Lu dans le Journal d’André Gide [1869-1951], concernant Jane Austen [1775-1817] :
« À peu près achevé Pride and Préjudice [Orgueil et préjugés. 1813] commencé à Alger, où Jane Austen atteint la perfection, mais où l’on sent assez vite (comme dans Marivaux [1688-1763]) qu’elle ne se risquera pas sur des sommets exposés à des vents trop forts. Une exquise maîtrise de ce qui peut être maitrisé. Charmante différenciation des personnages moyens (sic). Réussite parfaite et triomphe aisé de la décence. Quelle femme charmante ce dut être ! Incapable de toute ivresse, mais forçant presque de penser ( ? ) : mieux vaut ainsi. ( ? ) » 256

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (3) : 1932. Lu dans le Journal de Julien Green [1900-1998], concernant Jane Austen [1775-1817] :
« Le procédé de Jane Austen consiste à opposer entre elles les qualités morales qu’elle s’efforce de personnifier, et si je trouve ce procédé un peu mécanique, je me rends au charme d’un écrivain dont le sourire n’est jamais une grimace et à qui l’émotion n’arrache jamais un cri, car les personnes bien élevées ne crient pas.
Jane Austen reste toujours un peu en deçà de ce qu’elle veut dire, avec une réserve exquise qui n’est qu’à elle, mais son trait n’en est pas moins d’une netteté admirable. Auprès d’elle, Charlotte Brontë apparaît quelqu’un d’échevelé. » 257 (Cf. Femme. Écrivaine. Brontë Charlotte)

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (4) : (12 juin) 1944. Lu dans le Journal d’André Gide [1869-1951], concernant Jane Austen [1775-1817] :
« J’achève, à grandes lampées, Sense and sensibility [1811] ; moins captivant sans doute que Pride and Préjudice [1813] ou que Emma [1815] (pour autant qu’il m’en souvienne) mais d’une sureté de dessin admirable, et remplissant le cadre à ravir. Comparable à certains portraits d’Ingres [1780-1867], ou plutôt : de Chassériau [Théodore. 1819-1856]. Le ciel est un peu bas, un peu vide ; mais quelle délicatesse dans la peinture des sentiments ! Si nul démon majeur n’habite Jane Austen, en revanche une compréhension d’autrui jamais en défaut, jamais défaillante. La part de satire est excellente et des plus finement nuancées. Tout se joue en dialogue et ceux-ci sont aussi bons qu’il se puisse. Certains chapitres sont d’un art parfait. » 258

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (5) : (11 juin) 2016. Selon Alain Jumeau, Jane Austen [1775-1817] a inventé « le style indirect libre en tant que technique narrative » ; elle fut, toujours selon lui, à ce titre, une « pionnière » qui « ouvrit la voie au roman moderne ». 259

Femme (Écrivaine. Austen Jane) (6) : (9 février) 2019. De même Alain Jumeau, mais après une réécoute, près de trois ans après, de son analyse, auteur de :
« Je suis encore persuadé après plusieurs relectures de ses romans, que les romans de Jane Austen rendent intelligents. […]
Le personnage principal, qui est en fait une femme, chemine de l’erreur vers la lucidité, et ce cheminement vous le suivez de très, très près avec un empathie extraordinaire grâce à la technique du style indirect libre. Et si vous partagez la pensée d’un personnage, vous suivez son cheminement et vous devenez de plus en plus lucide, à la fois sur les autres et sur vous-même. » 260

Femme (Écrivaine. Azzeddine Saphia) : 2007. Saphia Azzedine, auteure de Confidences à Allah 261 : un grand (petit) livre qui explose tout sur son passage.

Femme (Écrivaine. Barthélémy-Madaule Madeleine) : 1992. Henri Guillemain [1903-1992] est interrogé par Jean Lacouture [1921-2015] sur les raisons pour lesquelles il n’a pas écrit ‘son’ livre sur Marc Sangnier [1873-1950].
Il répond : « Parce qu’il a été très bien fait par Madame Barthélémy-Madaule. [1911-2001] Je n’avais donc rien à dire. » 262

Femme (Écrivaine. Beck Béatrix) : Publier les œuvres complètes de Béatrix Beck [1914-2008] : ?

Femme (Écrivaine. Belot Octavie) (1) : 1756. Madame Octavie Belot [Octavie Durey de Meinières, « née Guichard, veuve Belot, remariée au président Durey de Meinières ». 1709-1805], auteure notamment des Réflexions d’une Provinciale sur le Discours de Monsieur Rousseau, citoyen de Genève, présente son livre comme le fruit de « l’audace d’une femme qui ose penser et même écrire. » 263 (Cf. Penser)

Femme (Écrivaine. Belot Octavie) (2) : (26 mars) 1759. Voltaire [1694-1778], dans une lettre à Madame Octavie Belot [1709-1805] qu’il ne connaissait pas, mais qui lui avait envoyé ses « ouvrages » lui écrit :
« […] Je serais enchantée de vos ouvrages si vous n’étiez qu’un homme. Jugez quels sont mes sentiments quand je sais que vous êtes de ce sexe qui a civilisé le nôtre et sans lequel nous n’aurions été que des sauvages comme Jean-Jacques [Rousseau] veut que nous soyons.
La plupart des personnes de votre espèce n’ont réussi qu’à plaire. Vous savez plaire et instruire. […] » 264 (Cf. Femme. « Espèce », Nom, Relations entre êtres humains. Injure, Sexes)

Femme (Écrivaine. Bernard Catherine) : 2017. Concernant Catherine Bernard [1663 (?) -1712], dont j’ignorais tout jusqu’à ce jour, je ne peux que renvoyer à l’émission que France Culture lui a consacrée et à la présentation qui en est faite et publiée. Pour ma part, plus sans doute que son exclusion de la sphère intellectuelle française depuis plus de trois siècles - et pourtant ! - c’est sa radicalité qui m’a frappée. Je pense notamment à la lecture qui nous y est présentée de son Riquet à la houppe. 265

Femme (Écrivaine. Bespaloff Rachel) : 2006. Pour connaître Rachel Bespaloff [1895-1949], lire les quatre pages que Maurice Nadeau [1911-2013], qui tient notamment ses sources de Jean Wahl [1888-1974], lui consacre.
« Simone Weil, Hanna Arendt, Rachel Bespaloff » évoque-t-il. 266
* Ajout. 18 octobre 2016. 2003. Lire aussi l’Introduction de Monique Jutrin des Lettres [de Rachel Bespaloff] à Jean Wahl. 1937-1947 : « Sur le fond le plus déchiqueté de l’histoire ». 267

Femme (Écrivaine. Brontë Charlotte et Emily) : 1970. Lu dans le Journal de Julien Green [1900-1989], concernant Charlotte Brontë [1816-1855] :
« Relu une partie de Jane Eyre, simplement pour ne pas oublier ce que c’est qu’un grand roman. J’aime les maladresses de ce livre, ce mélange de gaucherie et d’audace, l’intraitable sérieux de l’auteur. » Suivi de :
- « Ce que je reproche à Charlotte Brontë, c’est de ne pas avoir osé autant qu’elle l’aurait pu. Cette femme si souvent hardie avait d‘étranges timidités lorsqu’il s’agissait de transposer, alors qu‘Emily [Emily Brontë. 1818-1848] elle, se jetait dans l’imaginaire avec la fougue du génie. Pourtant, il y a de belles invraisemblances dans Jane Eyre [1847], mais dans Villette [1853], on a trop souvent l’impression que chaque personnage a son modèle et chaque situation sa contrepartie dans la vie réelle, ce qui me gêne. » 268 (Cf. Femme. Écrivaine. Austen Jane)

Femme (Écrivaine. Cardinal Marie) : 1975. Marie Cardinal [1928-2001], auteure de l’inoubliable (pour moi et tant d’autres) : Les mots pour le dire. 269 Un livre dont l’écriture a refondé sa vie ; un livre dont la lecture peut bouleverser radicalement, positivement donc, la nôtre ; un livre magistral. (Cf. Famille. Cardinal Maria, Famille. Divorce. Église catholique, Psychanalyse)

Femme (Écrivaine. Charles-Roux Edmonde) : 1971. Question de Jacques Chancel en 1971 à Edmonde Charles-Roux [1920-2016] : « Féministe »
- Réponse : « Moi ? féministe ! Ah dieu, non ! Ah, ça, vraiment pas ! Là, vous tombez mal ! Non, non, Pourquoi être féministe ? C’est tout à fait inutile. C’est dépassé. On n’est pas en Arabie Saoudite, dans des pays où les femmes sont tenues en tutelle…Il faut être des femmes d’abord. Et ça suffit largement. En tout ça, moi, ça me suffit ! » 270 (Cf. Féminisme. Antiféminisme)

Femme (Écrivaine. Chauvet Marie) (1) : 1960. 2005. Concernant Marie Chauvet [1916-1973], lu, dans Le Monde Diplomatique concernant son livre, écrit en 1960, Amour, Colère et folie ceci :
« Un roman est une histoire. Celui-ci a d’abord une histoire. Aussi tragique que ces années 1960, celles du Duvaliérisme, qui fracassent la société haïtienne. Il a donc une histoire, celle de sa livraison. Marie Vieux-Chauvet publie son livre en 1968 chez Gallimard. Une charge terrible contre les monstres, ou les monstruosités, qu’engendre un régime bestial. La famille de l’auteure, déjà inquiétée, prend peur. La police politique a eu vent du brûlot. Le mari rachète les exemplaires arrivés à Port-au-Prince et finalement, à Paris, tout le stock de Gallimard. On ne trouvera plus le livre que sous le manteau. L’auteure respectera l’omerta, mais ne pardonnera pas à sa famille et continuera aux États-Unis, quelques années durant, sa carrière de romancière. L’ouvrage est enfin publié en 2005. » (Éditions Soley) 271
- Après lecture : un grand, grand livre…

Femme (Écrivaine. Chauvet Marie) (2) : 2015. Le livre de Marie Chauvet [1916-1973] Amour, colère et folie, réédité en 2015, est alors précédé d’une préface signée de Marilyse Charlier, Régine Charlier, Pierre Chauvet, présentant une autre version de la genèse de ce livre. On lit notamment :
« […] La famille de l’auteur, déjà éprouvée par l’exécution arbitraire de trois de ses membres craint de nouvelles représailles. Lors d’un séjour en France, Pierre Chauvet, le mari de l’auteur est alerté par un diplomate haïtien de cette nouvelle menace qui pèse sur la famille. Rentrant d’urgence à Port-au Prince, il rachète les exemplaires déjà distribués sur place et les détruit. De son côté, Marie Vieux-Chauvet obtient de l’éditeur qu’il sursoie à la distribution de l’ouvrage. Quelques années plus tard, ses enfants rachètent l’intégralité du stock restant et le mettent discrètement en vente. Jusqu’à son épuisement en 2000, le livre est vendu à certains particuliers ainsi que dans deux librairies, l’une à New York, l‘autre en Haïti.
Ces précisions nous paraissent nécessaires, et viennent en réponse aux allégations de certains esprits en quête de sensationnel.
La famille de l’auteur n’a jamais eu honte de ses écrits.
Marie Vieux-Chauvet n’a pas été non plus une martyre ou une femme désabusée, elle qui se définissait simplement comme : ‘Un élément de la nature’. Les épreuves n’ont fait que renforcer sa détermination à la lutte, sa joie de vivre, se générosité, et l’optimisme qui lui a permis de surmonter l’étouffement de sa plus belle ouvre.
Marie Vieux-Chauvet peut bouleverser, choquer parfois, mais faire pitié ? Jamais ! Ni sainte, ni martyre, elle fut simplement une femme qui détestait par-dessus tout le cynisme, la veulerie et l’injustice. » 272 (Cf. Famille)

Femme (Écrivaine. Colet Louise) (1) : Pour une juste appréciation des relations de Gustave Flaubert [1821-1880] et Louise Colet [1810-1876], lire la Correspondance de Flaubert, ainsi que L’Indomptable Louise Colet [1986] qui réhabilite justement cette femme, « obstinément victime de la muflerie masculine » selon le critique Albert Thibaudet [1874-1936]. 273
- Concernant ses propres écrits [que je n’ai pas lus, à l’exception de sa correspondance], lire la présentation qui en fut faite par Thierry Poyet, Relire Louise Colet, évidemment [2015] qui en donne l’envie. 274 (Cf. Relations entre êtres humains. Amour. Flaubert Gustave, Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Femme (Écrivaine. Colet Louise) (2) : (5 janvier) 1931. Lu dans le Journal de Julien Green [1900-1998] :
« Lecture des lettres de Flaubert […] Liaison toute traversée d’orages (avec Louise Colet). Toute occasion lui semble bonne pour contredire et rabrouer cette femme qu’il devait détester autant qu’il la désirait. Quel mépris, il y a dans cette phrase : ‘Tâche un peu d’employer quelque chose de ton esprit dans les rapports que tu as avec moi.’ (I. 343). » 275

Femme (Écrivaine. Colette) : 1996. Colette [1873-1932], dans Mes vérités, auteure de :
« Ce plaisir, qu'elle [‘la femme’] réclame avec tant d'efforts, tant de violence, tant de lyrisme quelquefois, si elle ne découvre pas qu'elle pourrait s'en passer, je la plains ! » 276 (Cf. Sexes [...])

Femme (Écrivaine. Colette et Willy) (1) : Willy, [1859-1931] premier mari de Colette, retrouvant les cahiers des manuscrits des premières Claudine, abandonnés dans un tiroir, déclara :
« Nom de Dieu, je ne suis qu’un con ! » On sait en effet l’usage qu’il fit de sa découverte. Colette, se rappelant cet épisode, poursuit :
« Et c’est comme ça que je suis devenue écrivain. » Et lui aussi…
- Concernant la période où, mariée, elle a vécu avec lui, Colette la décrit ainsi :
« Ma séquestration n’avait lieu qu’à la campagne. Il fallait que je sois un peu bouclée, car le chantage était partout autour de moi. » Puis :
« J’étais un peu cloîtrée - le mot ‘séquestrée’ dépasserait ma conception et surtout ma discrétion. » Et enfin :
« Je crois que beaucoup de femmes errent d’abord, comme moi, avant de prendre leur place, qui est en de ça de l’homme. » 277
* Ajout. 16 septembre 2015. J’achète hier une édition datée de 1931 d’un livre de Colette, Claudine s’en va, signé Willy et Colette Willy. J’y lis en page de garde ceci : « La collaboration, Willy-Colette ayant pris fin, il devenait indispensable de rendre à chacun la part qui lui est due, et de remplacer la signature unique de ces volumes [par Willy donc] par celle de WILLY et COLETTE WILLY. Des motifs purement typographiques ont voulu que mon nom fût placé avant celui de Colette Willy, alors que toutes les raisons, littéraires et autres, eussent exigé que son nom fût à la première place. WILLY. » 278
- Ajout. 22 octobre 2016. J’achète aujourd’hui un livre signé Colette Willy : La Vagabonde (Paul Ollendorf. 51ème édition.1910) et un autre signé Colette (Colette Willy) : Chéri (Arthème Fayard. Copyright by Colette. 1920) Et sur la page de garde, on lit : Ouvrages du même auteur (11 titres) suivi de : En «collaboration» avec Willy : Claudine à l’école, Claudine à Paris, Claudine en ménage. Claudine s’en va. (Cf. Femmes. Noms des femmes)

Femme (Écrivaine. Colette et Willy) (2) : (26 juillet) 2016. Entendu ce jour 26, sur France Culture, présenter Willy comme :
« un homme qui lui fit découvrir l’amour et la littérature. » 279 (Cf. Culture, Patriarcat)

Femme (Écrivaine. Colette et Willy) (3) : 2019. Lu dans le livre 501 écrivains, Un tour du monde de la littérature :
« En 1906, Colette quitte ce négrier de mari. Le divorce est prononcé en 1910. » 280

Femme (Écrivaine. Delay Florence) : Florence Delay, académicienne, fille d’académicien (sans la réduire à ce statut, mais sans considérer qu’il soit secondaire), à la question :
« Est-ce qu’il y a des fois, dans votre vie ou vous vous êtes sentie féministe, où vous vous êtes dites féministe ? », elle répondit :
« Ici, je crois que le travail est fait, même s’il y a encore des inégalités. Dans d’autres pays que le mien, oui… »
Le déni et le nationalisme ne sont pas morts…281 (Cf. Culture. Nationalisme, Féminisme, Langage. Académie française)

Femme (Écrivaine. Delcourt Marie) : 1931. 1934. André Gide [1869-1951], écrit dans son Journal :
- le 2 janvier 1931 : [Lu] « Avec un intérêt très vif, la Vie d’Euripide [1930] de Marie Delcourt [1891-1979] », suivi d’une étude critique de ce livre, le 21 août 1940.
- le 20 septembre 1940 : [Lu] « L’Eschyle [1934] de Marie Delcourt avec grand intérêt et profit. » 282

Femme (Écrivaine. Desbordes-Valmore Marceline) : 1825. Marceline Desbordes-Valmore [1786-1859], auteure de :
« L’orage de tes jours a passé sur ma vie / J’ai plié sous ton sort, j’ai pleuré de tes pleurs / Ou ton âme a monté, mon âme l’a suivie / Pour aider tes chagrins, j’en ai fait mes douleurs. » Début du poème intitulé : Dors, lequel se termine par :
« Moi, je suis l’humble lampe émue à ton côté. » 283 (Cf. Femmes. Pleurs)

Femme (Écrivaine. Dickinson Emily) (1) : Emily Dickinson [1830-1886] :
« Elle n’a presque jamais quitté sa maison et elle a tout compris » a-t-on dit d’elle. 284
Ouvre de larges horizons…

Femme (Écrivaine. Dickinson Emily) (2) : Emily Dickinson [1830-1886], écrit à 15 ans :
« Le rivage est plus sûr, mais j’aime me battre avec les flots. » 285

Femme (Écrivaine. Ferrante Elena) (1) : Ses livres : une œuvre capitale.
Je savais juste en décidant de lire les livres d’Elena Ferrante qu'elle avait eu un énorme succès mondial, ce qui était plutôt pour moi dissuasif...
Ce qui m'a particulièrement frappée au-delà de l'incroyable vertige de sa construction, et de la force, la vérité, la justesse des personnages, c'est qu'elle écrit - comme relevant de l'évidence - ce que les femmes taisent depuis des siècles. En ce sens, seule une femme aurait pu écrire ce qu'elle écrit, ce qui ouvre de nouveaux horizons sur l'universalité des « chefs d'œuvres ».

La relation entre les deux amies est ce qui me paraît le plus construit, le moins crédible : les relations des femmes aux hommes - entre autres...- est, pour moi, ce qui est le plus fort, le plus original, le plus subversif. Cf. Féminisme. Ferrante Elana)

Femme (Écrivaine. Ferrante Elena) (2) : Trois grandes romancières italiennes - en réalité, celles connues de moi - l’ont précédée : Elsa Morante [1919-1985], Goliarda Sapienza [1924-1985], Oriana Fallaci [1926-2006]… Et sans doute, bien d’autres…

Femme (Écrivaine. Fitzgerald Zelda) : 1930. Zelda Fitzgerald [1900-1948], épouse de Francis Scott Fitzgerald [1896-1940], auteure, alors internée, de :
« Je suis ce petit poisson qui nage sous le requin et qui vit de ses restes. C’est ce que je suis. » 286 Vampirisée par son mari. 287 (Cf. Femme. Épouse de)

Femme (Écrivaine. Fouillée Augustine) : 1877. Augustine Fouillée [1833-1923] fut, sous le pseudonyme de G. Bruno, l’auteure du livre (publié en 1877) sans doute le plus lu en France, Le tour de la France par deux enfants : 500 éditions, environ 9 millions d’exemplaires vendus. 288 Concernant ses analyses morales et politiques, voici quelques une de ses « leçons » :
- « Le nom d’un père honoré est une fortune pour les enfants » (p.7) ;
- « O mon frère, marchons toujours la main dans la main, unis par un même amour pour nos parents, notre patrie et notre devoir » (p.9) ;
- « Les enfants d’une même patrie doivent s’aimer et se soutenir comme les enfants d’une même mère » (p.13) ;
- « Le courage ne consiste pas à ne point être ému en face d’un danger, mais à surmonter son émotion ; c’est pour cela qu’un enfant peut être aussi courageux qu’un homme » (p.20) ;
- « Le vrai bonheur est dans la maison de la famille » (p.125) ;
- « Il y a eu parmi nos pères et nos mères dans le passé des hommes et des femmes héroïques : le récit de ce qu’ils ont fait élève le cœur et excite à les imiter » (p.132) ;
- « Comme ils sont heureux ceux qui ont un père, une mère, un foyer auquel viennent s’asseoir, après la travail, tous les membres de la famille unis par la même affection ! » (p.156) ;
- « Soumettons-nous à la loi, même quand elle nous parait dure et pénible » (p.210) ;
- « Une famille unie par l’affection possède la meilleure des richesses» (p.254) ; « Le courage rend égaux les riches et les pauvres, les grands et les petits dans la défense de la patrie » (p.262) ;
- « Nous jouissons tous les jours, et souvent sans le savoir, de l’œuvre des grands hommes : c’est un bienfait perpétuel qu’ils laissent après eux » (p.266). (Cf. Culture, Enfants, Hommes. « Grands », Famille, Patriarcat, Économie. « Pauvres (Les) »)

Femme (Écrivaine. France Culture) : 2015. Entendu sur France Culture :
« Lydie Salvayre brosse sept portraits intimistes et enlevés des plus grandes figures littéraires et féminines du début du XXe siècle. Emily Brontë, Djuna Barnes, Sylvia Plath, Colette, Marina Tsvetaïeva, Virginia Woolf et Ingeborg Bachmann». Il est question de « sept folles » (deux fois), « sept allumées », « sept insensées », « sept imprudentes »…Sans oublier : « sept destins malheureux ». 289
Terrifiant… (Cf. Femme. « Féminin »)

Femme (Écrivaine. Huber Marie) : 1738. Marie Huber [1695-1753] est citée dans une note de la Correspondance de Voltaire [1694-1778], comme étant l’auteure de :
« Lettres sur la religion essentielle à l’homme distingué de ce qui n’en est que l’accessoire (Amsterdam. 1738). » 290
- Lisible sur Data. bnf.fr

Femme (Écrivaine. Lagerlöf Selma) : (mars) 1940. Lu dans le Journal de Vézelay de Romain Rolland [1866-1944] :
« Notre voyage coïncide avec les tristes jours des négociations de paix désastreuse de la Finlande, mal soutenue par l’Angleterre et la France, et trahie par ses voisines Suède et Norvège. La noble Selma Lagerlöf [1858-1940] expirera de douleur, au lendemain de la paix lamentable, qui livre au colosse Russe une partie de l’héroïque Finlande. » 291 Elle fut la première femme prix Nobel de littérature [1909].

Femme (Écrivaine. Lambert Madame de) (1) : Madame de Lambert [1647-1733] auteure, notamment, de ces Maximes :
- « Il y a des princes de naissance, il y a des princes de mérite » ;
- « Rien de plus heureux qu’un homme qui jouit d’une considération qu’il ne doit qu’à lui ; rien de plus triste qu’un grand seigneur accablé d’honneurs et de respect qu’on ne rend qu’à sa dignité » ;
- « Avec de grands emplois et des principes vulgaires, on est toujours agité parce qu’on est toujours médiocre » ;
- « C’est par les sentiments qu’il faut se distinguer du peuple ; J’appelle peuple tout ce qui pense bassement et communément : la Cour en est remplie » ;
- « Qu’est-ce que des courtisans ? des glorieux qui font des bassesses et des mercenaires qui se font payer ». Une pensée prérévolutionnaire. 292

Femme (Écrivaine. Lambert Madame de) (2) : 1886. Lu, dans le livre d’Octave Gréard, consacré à et intitulé « l’éducation des femmes par les femmes », concernant Madame de Lambert [1647-1733] :
« Il est peu de femmes qui aient pris à cœur la cause des femmes avec autant d’ardeur que la marquise de Lambert. Quand Fénelon réclame en leur faveur, au nom de la famille, de la société et de la religion, sa réclamation ne trahit que l’émotion généreuse d’un philosophe et d’un chrétien. Cette émotion, chez Madame de Lambert, s’anime de toute la vivacité du sentiment personnel froissé.
Sa dignité souffre à la pensée qu’on ne travaille que pour les hommes, comme s’ils formaient une espèce à part, tandis que les femmes sont sacrifiées, abandonnées, réduites à néant : dans leur jeunesse, on ne les occupe à rien de solide ; au cours de la vie, elles ne peuvent se charger ni du soin de leur fortune, ni de la conduite de leurs affaires ; elles sont livrées sans défense au monde, aux préjugés, à l’ignorance, au plaisir ; il suffit qu’elles soient belles, on ne leur demande rien de plus : on les tient quittes de tout le reste.’
Madame de Lambert ne se borne pas à établir une fois ses griefs : il n’est pas un écrit où elle n’y revient : elle les développe, les retourne en tous les sens, les aiguise. Elle essaye bien par moment de rendre dédain pour dédain : ‘Après tout, les hommes auront beau faire, ils n’ôteront jamais aux femmes la gloire d’avoir formé ce que les temps passé ont compté de plus honnêtes gens’ ; elle se répète ‘qu’il y a bien peu d’hommes qui soient en état de comprendre les femmes’.
Mais cette vengeance intime ne la satisfait point. Une telle inégalité de condition - que la nature n’a point créé et qui est l’œuvre de la force - l’humilie et l’irrite. Elle crie à l’usurpation, à l’injustice : ‘Quelle tyrannie que celle des hommes ! Ils prétendent que nous ne fassions aucun usage de notre intelligence ni de nos sentiments : ils veulent que la bienséance soit aussi blessée quand nous ornons notre esprit que quand nous livrons notre cœur ; en vérité c’est étendre trop loin leurs droits’. […] » 293 (Cf. Droit-s. Femme. « Espèce »)

Femme (Écrivaine. Launoy Marie-Catherine de) : (27 mars) 1752. Voltaire [1694-1778], dans une lettre, en anglais, adressée à Sir Edwards Fawkener, évoque « parmi les meilleurs livres [français] connaissant l’histoire », l’ouvrage de Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy [1650-1705], intitulé Mémoires de la cour d’Espagne, [Paris, 1690 [?] qu’il considère comme « le seul livre d’histoire où l’on trouve les coutumes espagnoles. » 294
Autre titre : Relation du voyage d’Espagne en 1691 de Madame d’Aulnoy. (Cf. Histoire)

Femme (Écrivaine. Mallet-Joris Françoise) : 1983. Françoise Mallet-Joris [1930-2016], auteure de :
« […] C’est au fond une démarche assez saine d’oublier ce qu’on a fait. Parce qu’on a une fraîcheur…pour se remettre en route. C’est terrible si on se sent propriétaire de ce qu’on a fait. Je crois qu’il faut oublier, il faut recommencer… » 295

Femme (Écrivaine. Malraux Clara) : 1966. Clara Malraux [1897-1982], après avoir rencontré André Malraux [1901-1976], auteure de :
« De retour à la maison, je dis à ma mère : ‘C’est agréable d’être intelligente, car on plait aux hommes intelligents’. Curieuse constatation qui ne trouve sa preuve qu’en soi, ma propre intelligence me portant garante de l’intelligence d’un autre. […] »
- Puis, se remémorant ces premières rencontres, elle poursuit ainsi :
« Il (André Malraux) me parla de l’éternel féminin que je croyais réservé aux poèmes de Laforgue [Jules. 1860-1887], il me révéla l’existence de la misogynie, révélation qui, je dois bien le reconnaître me porta un fier coup.
Comment ce n’était pas en moi-même que j’étais jugée ?
Je m’étais à peu près résignée à ce que ce fût, partiellement, en tant que juive, que demi-étrangère, mais quoi il me faudrait désormais tenir compte, par-dessus le marché d’une sous-estimation de principe opérée par une moitié de l’humanité et que je devrais vaincre pour parvenir à l’égalité avec ceux-là peut être qui ne me valaient pas ?
J’étais stupéfaite.
Depuis peu, je me savais plus vivante, intellectuellement, que mon frère aîné, depuis longtemps plus intelligente que mon jeune frère. Et puis, il y avait cette sorte de privilège accordé aux filles de ma famille.
Au demeurant, je n’avais qu’à regarder autour de moi pour constater que, vraiment, les femmes de mon entourage, étaient sinon plus intelligentes, du moins plus cultivées que leurs compagnons, absorbés, eux, par la nécessité de gagner de l’argent. […] » 296
Si souvent juste… (Cf. Femme. « Féminin ». Remarquable. Femmes. Intelligentes, Homme « Intellectuel ». Malraux André)

Femme (Écrivaine. O’Connor Flannery) : Flannery O’Connor [1925-1964], auteure de :
« Ma maladie s’appelle Lupus, je prends une drogue appelée ACTH, et j’essaie de vivre…
J’ai assez d’énergie pour écrire, et comme c’est là tout ce que je dois faire ici-bas, je peux me déclarer satisfaite. » 297

Femme (Écrivaine. Pore[t]te Marguerite) : XIII-XIVème siècle. Marguerite Porette [1250-1310] : Lu sur Wikipédia :
« Femme de lettre mystique et chrétienne, née vers 1250, brûlée le 1er juin 1310. […] Marguerite Porette, béguine, exprime son mysticisme dans un livre intitulé Mirouer des simples âmes anéanties. Il présente l'Amour de l'âme touchée par Dieu, et fait parler l'Amour et la Raison en des dialogues allégoriques. Rapidement ce livre et sa doctrine feront scandale. Son procès fut conduit en faisant appel à une double consultation des universitaires parisiens. Une commission de théologiens se prononça sur une liste d'une quinzaine d'extraits que leur présenta l'inquisiteur, qui demanda parallèlement à un groupe de canonistes de se prononcer sur le comportement de Marguerite, qui devait être jugée relapse, pour avoir enfreint la première condamnation. Rassemblant ces deux expertises, Guillaume de Paris prononça simultanément la condamnation du livre et de son auteur. Remise au bras séculier, elle fut brûlée le 1er Juin 1310 en place de Grève à Paris. » 298 (Cf. Justice. Procès)

Femme (Écrivaine. Rachilde) : (14 février) 1911. Lu, concernant Rachilde [1860-1953], le récit d’une rencontre au Mercure de France, avec Guillaume Apollinaire [1880-1918] retranscrit dans son Journal Intime :
« Au Mercure, il y a une dame en jupe culotte, Madame Judith Gérard [ ? ], Rachilde [dont il reprend les analyses] : ‘Ça m’a été commode d’être habillée en garçon pendant six ans. Mon directeur m’avait dit : ‘200 fr. par mois et en homme ou à la porte‘. Je n’avais pas à choisir. Et que d’économie de toilette. […]
J’allais parfois au poste pour port d’habit masculin. Au commissariat, j’exhibais l’autorisation du préfet de police [obtenue en 1885]…
La première fois que mon mari (M. Vallette, directeur du Mercure de France) m’a vue, j’étais à Bullier ayant au bras une superbe putain. Samain me présenté à Vallette qui se détourne en disant : ‘Oh non ! pas ça !’ Je le trouvais godiche. Mais le pantalon m’a fait une réputation que je ne méritais pas. Il a nui à mes livres. » 299

Femme (Écrivaine. Rochefort Christiane) (1) : 1982. Après lecture du livre de Christiane Rochefort [1917-1998], Quand tu vas chez les femmes, 300 les liens, les différences avec Histoire d’O ne peuvent qu’être effectués. (Cf. Patriarcat.. Littérature, Philosophie. Christiane Rochefort)

Femme (Écrivaine. Rochefort Christiane) (2) : 1990. Françoise Verny [1928-2004] dans son livre Le plus beau métier du monde, évoque à deux reprises Christiane Rochefort [1917-1998], qu’elle considère comme l’« une des plus grandes romancières de ce temps » :
- en 1968 : « Christiane Rochefort, en ‘gauchiste’ confirmée, entend organiser [chez Grasset] des sittings’ avec des écrivains pour débattre de l’organisation future de l’édition. Elle rêve comme Jean-Pierre Faye, d’une société où les auteurs, libérés de l’emprise capitaliste, s’éditeraient eux-mêmes. »
- en 1974, celle-ci lui propose d’adapter à l’écran, Les petits enfants du siècle [1961]. Christiane Rochefort accepte « son intervention, mais, par féminisme, refuse celle d’un homme [Michel Favart] », puis, « l’admet sans dissimuler qu’elle reste méfiante ». […] « Le film terminé, nous le montrons tremblant à Christiane. Celle-ci dont l’honnêteté n’est jamais entachée par les convictions, se déclare satisfaite ; ayant balayé les préjugés, elle étreint Michel. » 301

Femme (Écrivaine. Roland Madame) :
- 1853. Jules Michelet [1798-1874], dans son Histoire de la Révolution française, concernant Madame Roland alors qu’un décret d’arrestation avait été lancé contre son mari [1734-1793] et qu’elle avait tenté d’arracher sa liberté, avant d’être elle-même arrêtée, auteur de :
« Il faut lire toute la scène dans ses Mémoires admirables, qu’on croirait souvent moins écrites d’une plume de femme que du poignard de Caton. Mais tel mot, arraché des entrailles maternelles, telle allusion touchante à l’irréprochable amitié, font trop sentir par moments, que ce grand homme est une femme, que cette âme, pour être si forte, hélas ! n’en était pas moins tendre. » 302

- 1876. Hippolyte Taine [1828-1893], dans Les origines de la France contemporaine, écrit la concernant :
« Les Mémoires de Mme Roland sont le chef d’œuvre de l’orgueil qui croit se déguiser et ne quitte jamais ses échasses. » 303 (Cf. Histoire. Révolution française. Roland Madame)

Femme (Écrivaine. Sainte-Soline Claire) : (14 février) 1936. André Gide [1869-1951], dans son Journal, écrit :
« J’achève Journée [1934] de Claire Sainte-Soline [1891-1967] qui, dans les bonnes parties, ne le cède en rien aux meilleures de Marguerite Audoux [1863-1937]. Certains dialogues, avec la vieille tante, lorsque celle-ci cherche une raison d’être, sont excellents. Beaucoup moins réussis les dialogues imaginaires qui suivent le crime. » 304

Femme (Écrivaine. Sapienza Goliarda) : 1994. 1997. Angelo Maria Pellegrino, mari et éditeur de Goliarda Sapienza [1924-1996], en conclusion de sa Postface de L’art de la joie, écrit :
« […] Aux idées, par contre aux idées, elle était extrêmement attentive - elle se définissait en effet comme un écrivain idéologique, se calomniant elle-même à l’évidence, oui cœur et idées étaient sa seule nourriture littéraire. Pour le reste elle écrivait vraiment pour les lecteurs les plus purs et les plus lointains, les seuls qu’elle parvint à se sentit fraternellement proches. » 305

Femme (Écrivaine. Sarraute Nathalie) : Nathalie Sarraute [1900-1999] publia son dernier livre, Ouvrez, à 97 ans.

Femme (Écrivaine. Sévigné Madame de) : 1811. Concernant Madame de Sévigné [1626-1696], voici qu’en écrivait Madame de Genlis [1746-1830] :
« Il n’est dans la langue française, qu’un seul ouvrage que l’on ait jamais critiqué et qui, sans exciter l’envie, ait dans tous les temps réuni tous les ouvrages, et cet ouvrage fut écrit par une femme. Les Lettres de Madame de Sévigné offrent toujours un modèle parfait du style épistolaire, et un modèle unique, non seulement par le naturel, la grâce, l’esprit, l’imagination et la sensibilité qui les rendent si brillantes et si supérieures à tout ce que l’on connaît dans ce genre, mais encore par l’intérêt qu’inspirent et la femme estimable et charmante qui les écrivit, et les temps qu’elle retrace et les personnages dont elle parle. » 306 (Cf. Famille. Mariage. Madame de Sévigné)
* Ajout. 30 août 2017. Après relecture de certaines de ces lettres, leur valeur ne me paraît pas mériter tant d’éloges…

Femme (Écrivaine. Shelley Mary) : 1834. Mary Shelley, [1797-1851] la fille de Mary Wollstonecraft, morte à sa naissance, et de William Godwin, épouse de Percy B. Shelley ; trois de ses quatre enfants étant morts jeunes, auteure [en sus, en autres, de Frankenstein…], le 2 décembre 1834, de :
« La solitude a été la malédiction de mon existence. Qu’aurais-je fait si mon imagination n’avait pas été ma compagne ? […] Oh, mais pourtant mes rêves, mes chers rêves ensoleillés ! Ils ont peuplé le cimetière où j’ai été si jeune assignée à errer. » 307

Femme (Écrivaine. Staël Madame de) (1) : Madame de Staël [1766-1817], auteure (sans date, sans source. Retrouver) de :
« Ils (les écrivains) croient se mettre à la portée de leurs lecteurs ; mais il ne faut jamais supposer à ceux qui vous lisent des facultés inférieures aux vôtres ; il convient mieux d’exprimer ses pensées telles qu’on les a conçues. On ne doit pas se mettre au niveau du plus grand nombre, mais tendre au plus haut terme de perfection possible : le jugement du public est toujours, à la fin, celui des hommes [et des femmes] les plus distingués de la nation. » 308
- Sans la référence aux « plus distingués », fort juste analyse, mise, en outre, en œuvre par elle. (Cf. Femme. Remarquable. Staël Madame de)

Femme (Écrivaine. Staël Madame de) (2) : (3 décembre) 1943. Jean Guéhenno [1890-1978], dans son Journal, fait lire à ses élèves De l’Allemagne (1810) de Madame de Staël [lesquels « n’ont rien compris à cet éloge dithyrambique de l’Allemagne et ne concevaient pas qu’elle ait pu être si différente de ce qu’elle est aujourd’hui »]. Il écrit, la concernant :
« […] C’est notre honneur que, dans le temps même où Napoléon, trahissant et confisquant la Révolution, tentait d’asservir l’Allemagne et l’Europe, un écrivain de chez nous ait écrit cet éloge d’un peuple étranger et, au nom même de la Révolution, ait reconnu les divers peuples dans leur singularité et leur grandeur et fourni le principe d’une fédération européenne. » 309 (Cf. Femme. Remarquable Staël Madame de, Politique. Nationalisme. Peuple)

Femme (Écrivaine. Staël Madame de) (3) : 2017. Madame de Staël [1766-1817] est publiée - en 2017 ! - dans La Pléiade [Gallimard].
Sont publiés deux romans : Corinne ou l'Italie [1807], Delphine [1802] (aisément déjà disponibles) et De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales [1800], ses textes les plus connus.
- Ne sont notamment publiés ni : De l’Allemagne, ni Considérations sur la révolution française, ni Dix années d’exil, ni ses Réflexions sur le procès de la Reine [Marie-Antoinette], ni ses Réflexions sur la paix intérieure, ni De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, ni ses Réflexions sur le suicide, ni, ni ..… Sans évoquer sa remarquable et immense correspondance [publiée en 7 tomes chez Slatkine).
- Une femme qui pense, a fortiori lorsqu’elle pense le Politique, courageuse qui plus est, était alors dangereuse ; cela est toujours vrai, dans l’édition, en France, en 2017. (Cf. Culture. Patriarcat, Femme. Remarquable. Staël Madame de. D’Avila Thérèse, Patriarcat. Littérature, Politique)
* Ajout. 29 avril 2017. Pour rappel, les Mémoires de Saint Simon dans la Pléiade comportent huit tomes et la seule Correspondance de Voltaire, treize tomes.
* Ajout. 14 avril 2019. Les Œuvres complètes de Madame de Staël sont publiées - remarquablement - par les Éditions Honoré Champion : Œuvres critiques [3 tomes], Œuvres littéraires [4 tomes], Œuvres historiques [3 tomes], Correspondance générale [9 tomes].

Femme (Écrivaine. Torres Tereska) : (12 juin) 1946. Georges Bernanos [1888-1948] écrit à Madame Tereska Georges Torrès [1920-2012] :
« Madame, J’aime votre beau petit livre [Le sable et l’écume. Gallimard. 1946.197p.], tout éclatant d’honneur, de jeunesse et de grande piété. J’y aime par-dessus tout cette retenue dans la confidence, cette discrétion à la fois si modeste et si fière, ce deuil porté si noblement, et qui ne s’attendrit jamais sur lui-même, afin de n’attendrir personne. […] »310
Elle a publié 14 livres en français. (Cf. Wikipédia concernant sa vie et son œuvre)

Femme (Écrivaine. Toussaint-Samson Adèle) : 1883. Adèle Toussaint-Samson [1826-1911], concernant le Brésil où elle vécut 12 ans (elle s’y installa avec son mari en 1849), se souvient, en 1883 :
« Ce spectacle de l’esclavage fut pendant les premières années de mon séjour au Brésil un des supplices de ma vie et ne contribua pas peu à me donner la nostalgie dont je pensais mourir.
À chaque moment, mon âme se révoltait ou saignait quand je passais devant ces leilões (encans) où de pauvres nègres montés sur une table étaient mis aux enchères et examinés aux dents et aux jambes comme des chevaux ou des mules ; quand je voyais l’enchère se couvrir et qu’une jeune négresse était livrée au fazendeiro qui la réservait à son service intime, tandis que son petit nègre était quelques fois vendu à un autre maître.
Devant toutes ces scènes de barbarie, mon cœur se soulevait de généreuses colères bouillonnaient en moi, et j’étais obligée de me faire violence pour ne pas crier à tous ces hommes qui faisaient commerce de chair humaine : ‘Carascos !’ (Bourreaux) comme je l’avais crié à ma voisine espagnole.
À peine était parvenue à me calmer que je rencontrais quelques pas plus loin un pauvre Noir portant un masque de fer ; c’était encore de cette façon que l’on punissait l’ivrognerie chez l’esclave. Ceux qui buvaient étaient condamnés à porter un masque de fer qui s’attachait derrière la tête avec un cadenas et qu’on ne leur enlevait qu’à l’heure des repas. On peut imaginer l’impression que causait ces hommes à tête de fer ! C’était effrayant ! Et jugez quel supplice sous cette chaleur tropicale.
Ceux qui avaient fuis étaient attachés par une jambe à un poteau ; d’autres portaient au cou un grand carcan, espèce de joug comme celui qu’on met aux bœufs ; d’autres étaient envoyés à la correcão (prison pénitentiaire) […] quarante, cinquante, quelques fois soixante coups de fouet leur étaient administrés en plusieurs fois. Quand le sans coulait, on s’arrêtait ; leurs blessures étaient pensés avec du vinaigre et le jours suivant, on recommençait. »
Puis, malheureusement, après, elle justifie après l’esclavage pour, notamment, en dédouaner l’Empereur du Brésil. 311 (Cf. Histoire)

Femme (Écrivaine. Tsvetaieva Marina) (1) : Marina Tsvetaieva [1892-1941], auteure (sans date) de :
« Je refuse de vivre comme les loups. » 312 (Cf. Politique. Animalisation du monde)

Femme (Écrivaine. Tsvetaieva Marina) (2) : 1980. Voici l’analyse féministe de Janna Ivina concernant Marina Tsvetaieva [1892-1941] :
« Tsvetaieva a enduré jusqu’au bout ce vide immense, cette crispation immobile, celle absence de stimulation, et elle a dû boire jusqu’à la lie la coupe inépuisable du quotidien.
Elle, que l’on qualifie de ‘poète important de son époque’ a passé sa vie, comme mille autres femmes, à faire la soupe, à raccommoder des chaussettes, à élever ses enfants.
Ni le mariage, ni le ‘milieu littéraire’ n’ont pu lui épargner cette pesanteur des tâches.
La société et la famille exigeaient d’elle qu’elle s’y consacre avant tout, comme toutes les femmes.
Le poète qui était en elle a dû se frayer une voie vers la lumière comme un arbre dans le bitume.
Si je raconte cette vie de Tsvetaieva, ce n’est pas pour m’en servir de prétexte afin de faire des reproches aux femmes que des conditions de vie aussi insoutenables empêchent de réaliser leurs potentialités créatrices ; c’est bien plutôt pour que cet exemple (exemple unique ‘envers et contre tous’) attire l’attention et la sympathie des maris et de la société…
Le destin tragique de Marina Tsvetaieva n’est qu’une preuve des capacités inouïes que peut recéler une femme, et non une dénonciation des insuffisances féminines. » 313 (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Femme. « Féminin »)

Femme (Écrivaine. Tsvetaieva Marina) (3) : 2003. Voici, dans ses Portraits de femmes, l’analyse de Pietro Citati concernant le poids des contraintes de la vie quotidienne (à Paris de 1925 à 1939), celles au sein des quelles vécut Marina Tsvetaieva [1892-1941] :
« La vie quotidienne, qu’elle avait toujours farouchement détestée, la tuait. Sans cesse, il fallait balayer, aller chercher de l’eau, laver le linge, monter le charbon, allumer le poêle, faire cuir une infecte viande de cheval, laver la vaisselle, descendre les ordures. Il n’y avait jamais d’argent pour rien : la note de gaz, du charbon, de la lumière, celle du laitier, du boulanger, excédait ses maigres ressources. Elle n’avait pas de place. Pas de temps. Elle n’avait pas de chaussures pour marcher. Tout était sale.
‘Je suis éternellement au milieu de la saleté, éternellement les brosses et le balai à la main, éternellement pressée, éternellement au milieu des fagots, du charbon et des cendres : un dépotoir vivant ! À genoux, je fais la servante - dont ne sait quoi ! je suis toute tachée de cendres, j’ai des mains de charbonnier - je ne parviens pas à faire partir le noir.’ » 314 (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée)

Femme (Écrivaine. Vilmorin Louise de) (1) : 1987. Louise de Vilmorin [1902-1969] confia, au terme de sa vie, à Jean Chalon, « son mal de vivre », lequel le rapporte ainsi :
« J’ai vécu et je suis triste de vivre. On m’a souvent offensée, blessée, abattue, mais j’ai refusé de prendre le parti du mal que l’on m’a fait, et des insultes que j’ai endurées. Folie que d’oublier le meilleur pour le pire. » 315
Une face cachée de la femme uniquement présentée comme frivole, mondaine, ce quelle fut…

Femme (Écrivaine. Vilmorin Louise de) (2) : 2008. À comparer avec le titre raffiné, délicat, respectueux de L’Observateur (21 mars 2008) à sa mort fut : « Louise de Vilmorin, la machine à plaire ».
On peut y lire en sus : « L’admiration que Malraux porte à l’écrivain s’adresse aussi à la femme. » (Féminisme. Antiféminisme)

Femme (Écrivaine. Wharton Edith) : (juin) 1904. Dans l’une des lettres d’Edith Wharton [1862-1937] à William C. Brownell des Éditions Scribner, on lit :
« Je vous retourne ci-joint les comptes rendus (de The Descent of man. La descendance de l’homme) avec mes remerciements.
Je n’ai jamais été beaucoup affectée par les critiques […] mais m’entendre dire continuellement que je ne suis qu’un écho de Mr. James [Henry. 1843-1916] (si j’apprécie grandement l’homme en lui, je suis incapable de lire ce que l’écrivain a produit depuis dix ans) [...] ne manque pas de me démoraliser quelque peu. » 316 (Féminisme. Antiféminisme, Langage. Possessif, Penser. Wharton Edith)
* Ajout. 19 mai 2019. 1932. Edith Wharton, dans Les chemins parcours. Autobiographie, sans être critique à l’égard d’Henry James [1843-1916], « peut être l’ami le plus intime que j’ai jamais eu » note certaines de ses réactions - propres à décourager quiconque de continuer à écrire - à ses écrits.
Exemples : « Vous aviez sous la main un sujet magnifique, dont vous auriez dû faire votre thème principal, que vous avez utilisé comme un simple incident et n’avez fait qu’effleurer » ; « Alors, ma chère petite, vous avez choisi le mauvais type de sujet » ; « C’est un épisode très louable, à mettre au crédit de sa carrière. Mais elle ne doit jamais recommencer. » 317

Femme (Écrivaine. Wheatley Phillis) (1) : 1773. Phillis Wheatley [1753-1784], esclave, née au Sénégal, achetée à Boston [États-Unis] par John et Susannah Wheatley. Toujours esclave, elle apprit l’anglais, le latin et le grec. Elle publia notamment à Londres en 1773, ses Poems on Various Subjects, Religious and Moral. Elle est considérée comme la première poétesse noire Américaine, le premier poète noir Américain.

Femme (Écrivaine. Wheatley Phillis) (2) : (11 avril) 1774. Voltaire [1694-1778], un an après, écrit la concernant, sans la citer néanmoins :
« Fontenelle [1657-1757] avait tort de dire qu'il n'y aurait jamais de poètes chez les nègres.
Il y actuellement une négresse qui fait de très bons vers anglais. » 318

IV. Femme (Épouse - compagne - de) :

Femme (Épouse) (1) : Après plus de quarante années de mariage avec un mari odieux, après avoir abandonné toutes les tentatives, non plus même de le quitter, mais d’agir comme bon lui semblait, cinq enfants après, elle était, méconnaissable, devenue l’ombre de la femme qu’elle avait été. Confrontée à des situations qui exigeaient son autonomie de pensée, elle ne pouvait plus être que la triste caricature de son mari.

Femme (Épouse) (2) : Mariée à un homme qu’elle n’avait pas choisi, devenue sa moitié, dépossédée de sa langue et ignorant celle qui lui était dorénavant nécessaire, vivant dans un pays dont elle ignorait l’essentiel, enfermée chez elle, devenue aphasique, elle fut, de nombreux tests à l’appui, caractérisée et considérée comme « bipolaire ». Ce fut la seule fois de sa vie où elle se vit gratifiée d’un : deux : « la phase maniaque et la phase dépressive ».

Femme (Épouse) (3) : Elle avait une forte personnalité. Son mari aussi. L’une et l’autre pensaient qu’il ou elle vivrait le dernier / la dernière. Cette compétition les maintinrent en vie longtemps.

Femme (Épouse) (4) : L’épouse effectuait pour le compte et au bénéfice de son mari ce que son orgueil viril lui interdisait de faire et e qu’elle n’aurait jamais fait pour elle-même.

Femme (Épouse) (5) : 1805. Stendhal [1783-1842] écrit le 19 novembre 1805 à sa sœur Pauline [Beyle.1786-1857] :
« […] Dans ce siècle-ci, où toutes les distinctions sont tombées, l’argent fait tout. Toute femme unie à un mari qui a 15.000 francs de rentes est une femme agréable ; si le mari en a vingt, elle est charmante ; elle devient vraiment intéressante si 25.000 francs de rente lui donnent les moyens de donner des thés et des dîners fréquents. » 319

Femme (Épouse) (6) : 2018. David Alliot, après avoir présenté son livre Madame Céline - Lucette Destouches, épouse de Céline [1894-1961] - conclut sa présentation par cette phrase :
« Ce livre, c’est un peu l’envers du décor. » 320 (Cf. Femme. Épouse. Destouches Lucette)

Par ordre alphabétique. Femme. Épouse de :

Femmes (Épouse de. Agacinski Sylviane) : 1998. Épouse de Lionel Jospin, alors premier ministre, auteure de :
« Quant à profiter de l’intimité, pour faire passer mes idées, ce n’est vraiment pas mon style. Sur aucun de sujets que l’on cite généralement, je n’ai développé ma position dans l’espoir de faire changer mon mari d’avis. Je crois que les femmes ne peuvent pas jouer sur tous les tableaux : avoir une activité propre et entretenir un pouvoir occulte. La modernité, ce n’est pas d’être épouse. C’est d’être femme et citoyenne. » 321
Comment une femme, une citoyenne peuvent-elles occulter l’épouse ? (Cf. Êtres humains)

Femme (Épouse de. Agutte Georgette) : 1922. Georgette Agutte [1867-1922], peintre et sculptrice, épouse de Marcel Sembat [1862-1922]. Après sa mort brutale, elle se suicida, après avoir écrit sur un billet :
« […] Je sais que je ne peux vivre sans lui. Voilà douze heures qu’il est parti. Je suis en retard. » 322

Femme (Épouse de. Aron Suzanne) (1) : Concernant Suzanne Aron [1907-1997] (née sous le nom de Suzanne Gauchon) voici que Raymond Aron [1905-1983], interrogé sur les ambitions politiques qu’il aurait pu avoir, répondit :
« […] à un ou deux moments, j’ai eu le désir de l’action politique. Mais, fort heureusement, ma femme, ma compagne est une personne intelligente et beaucoup plus raisonnable que moi, m’a toujours dit que j’étais fait pour beaucoup de choses mais pas pour être un homme politique. » 323
- Et pourtant ce n’est pas la place qu’il lui accorde dans ses Mémoires qui révélerait ni son ‘intelligence’, ni sa ‘raison’. 324
* Ajout. 31 juillet 2016. Dans ses Mémoires, Raymond Aron donne des explications beaucoup plus crédibles de son refus de devenir un « homme politique », que celles présentées comme relevant de l’influence de son épouse, notamment, concernant son adhésion au RPF. 325 (Cf. Femmes. Intelligentes, Homme. « Intellectuel ». Aron Raymond)

Femme (Épouse de. Aron Suzanne) (2) : 1997. Je lis deux textes, dans le revue Commentaire, concernant Suzanne Aron [1907-1997], écrit après sa mort.
- Le premier d’Albert Palle, intitulé Un professeur d’énergie, dont la conclusion est :
« Suzanne Aron aurait pu, elle aussi, exercer une profession, écrire des livres, laisser une œuvre. Elle a choisi d’être la femme, la compagne, la mère. Un choix qui touche au plus profond de l’être. Il semble qu’elle ait toujours bien distingué entre le faire et l’être et refusé d’admettre qu’on n’est pas si on ne fait pas. Elle a été Suzanne Aron. » 326
- Le second, signé Nicolas Baverez, intitulé Éloge funèbre, qui se termine ainsi :
« […] Elle ne dévia jamais de la ligne de conduite qu’elle s’était tracée : soutenir, à travers l’homme qu’elle aimait, la construction d’une œuvre qui la dépassait. » 327

Femme (Épouse de. Aron Suzanne) (3) : 1957. Je lis dans les Mémoires de Pierre Vidal-Naquet [1930-2006] concernant la création et les premières actions du Comité Maurice Audin [1932-1957] :
« Qui était présent ce soir-là, en dehors de Michel Croizet et de moi, je ne saurais le dire. Je me souviens cependant qu’il fut beaucoup question d’une pétition de femmes, signée notamment par Suzanne Aron, l’épouse de Raymond, visant à éviter la guillotine à une jeune Algérienne, Djamila Bouhired. » 328

Femme (Épouse de. Bernanos Jeanne) (1) : 1986. Je relève dans le livre écrit par l’un des fils de Georges Bernanos [1888-1948], concernant son épouse, Jeanne Talbert d'Arc [1893-1960], ceci :
- « […] Puis vint le départ pour le Brésil. Le cœur gros, ma mère confia son vieux père à un ami d’alors qui promit de s’en occuper, mais à qui la mort de celui-ci le laissa enterrer dans la vie commune. » […]
- « La vie quasi primitive menée à Vassouras et à Pirapora, dans un climat qu’elle supportait mal. Une alimentation à décourager le plus coriace des tubes digestifs. Six déménagements en sept ans (une trentaine au cours de leur existence). L’éternel tailleur bleu marine à lignes blanches qu’elle mettait lors des brefs séjours à Belo-Horizonte et Rio de Janeiro où son mari l’emmenait, pour lui faire plaisir, bien sûr, mais aussi parce qu’il ne pouvait pas se passer de sa présence. » […]
- « Les blouses merveilleusement brodées, véritables œuvres d’art, destinées à être vendues pour boucler les fins de mois. Les problèmes de santé : phlébite, épuisement nerveux, opération de la vésicule, d’une hernies, infection généralisée de la mâchoire, asthme. » […]»
- « Pensez un instant à ce qu’était l’angoisse quotidienne de ma mère : d’abord son fils qui, à 16 ans et demi, s’engage dans de sanglants combats, puis manque de justesse d’être fusillé pour désertion. À cette heure, c’est son mari qu’elle guette, craint pour sa vie, et cependant, pas un instant elle ne se plaint, consciente qu’elle est du sens de l’honneur qui anime son mari et qu’elle partage avec une fidélité sans faille. Il en sera toujours ainsi. » […]
Mon père le savait bien qui disait souvent : ‘Ma femme a toujours pensé comme moi sur la question’. Peut-être même en abusa-t-il. » […]
- « De 1948 au 6 août 1960, où elle alla le rejoindre dans la ‘profonde éternité’, ma mère, au lieu de jouer les ‘glorieuses’, respectera la tradition, refusant honneurs et avantages, se tenant à l’écart de toute vie mondaine. Après avoir vécu 32 ans dans l’ombre d’un génie, elle s’abstiendra de profiter de son éclat. » 329

Femme (Épouse de. Bernanos Jeanne) (2) : (novembre) 1938. Georges Bernanos [1888-1948] écrit au père Bruckberger [1907-1998]:
« Je vous écris la joie dans mon cœur parce que je viens de refuser ma collaboration à un très puissant nouveau journal, très bien-pensant, financé par des industriels multimillionnaires. […]
Jeanne a été épatante, comme toujours dans ces cas-là. » 330

Femme (Épouse de. Bernanos Jeanne) (3) : (janvier) 1946. Georges Bernanos [1888-1948] écrit à son épouse :
« Ma bonne petite Jeannette, la maison est encore debout, et personne - à ma connaissance du moins - ne s’est encore suicidé. Tu peux donc dormir tranquille.
Depuis trois jours où cette satanée machine du tonnerre de Dieu t’a emportée, je me sens si désespérément seul. Mon cœur est parti avec le tien.
Hier soir, dans ma sacrée chambre, je me disais que tu devais être éreintée dans la tienne. Ta chère image est dans mon cœur et je respire aussi ton parfum dont notre chambre est imprégnée. Ma pensée est ton royaume. […]
Je voudrais bien que tu réussisses dans tes projets. Une bonne auto te consolerait un peu d’un mauvais mari. […]
Je t’aime, ma Jeannette, sais-tu que s’il me fallait choisir une Jeannette, c’est encore toi que je choisirais (Pauvre Jeannette !)
Que Dieu te garde.
Ton terriblement vieux mari au cœur si jeune. » 331

Femme (Épouse de. Beuve-Méry Hubert. Prénom inconnu de moi) : 1997. Je me souviens avoir lu dans sa nécrologie, (date exacte non retrouvée), dans Le Monde :
« Je n’ai pas eu de mari, mes enfants n’ont pas eu de père, mais Le Monde a eu un directeur. » 332 (Cf. Femme. Prénom)
* Ajout. 2 décembre 2016. Pour Françoise Giroud [1916-2003], « cette phrase fut probablement inventé, de toutes pièces, par l’un des journalistes de Beuve. » 333
- L’a-t-elle dite, écrite ? Leurs enfants pourraient le confirmer ou l’infirmer. Il faudrait aussi retrouver l’article du Monde annonçant son décès. Et la connaitre.
*Ajout. 3 juin 2019. Lu dans le livre d’Abel Chatelain, Le Monde est ses lecteurs la référence à un article de Françoise Giroud dans l’Express [13 avril 1956] consacré à Hubert Beuve-Méry [1902-1989], dans lequel on lit :
« Le patron n’est guère plus riche qu’eux (les rédacteurs), il fait voyager sa femme (une camarade de faculté) et ses quatre fils en troisième [classe]. » 334

Femme (Épouse de. Blanqui Suzanne-Amélie) : Suzanne-Amélie Blanqui [1814-1841] mourut à 26 ans, le 31 janvier 1841, « après une longue maladie et une agonie d’un an », alors que Blanqui [1805-1881] était enfermé au Mont Saint Michel [de 1840 à 1844].
- Dans le livre de Maurice Dommanget consacré à Auguste Blanqui, je lis :
« Quand, égrenant ses souvenirs, [en 1880] Blanqui évoque le passé, c’est de sa femme qu’il parle le plus souvent. Et alors - suave vision qui illumine sa physionomie si parlante et si active - apparaît la silhouette de celle qui porta sept ans son nom et lui avait dit un jour :’Je sais bien que tu n’aimeras jamais que moi au monde !’ Il en fut ainsi en effet et Blanqui rappelait avec attendrissement qu’il avait été pour la dernière fois au théâtre avec elle près d’un demi-siècle auparavant. […] » Il est aussi question dans ce livre d’un portait peint par elle. 335
- N.B. Une notice lui est consacrée dans Le Maitron.

Femme (Épouse de. Bloy Anne-Marie) : Anne Marie Bloy, [? -?], auteure de :
« Après Dieu, c’est à Léon Bloy [1846-1917] que je dois le bonheur inouï d’appartenir à l’Église catholique romaine. […] » 336

Femme (Épouse de. Blum Lise) (1) : 1907. Léon Blum [1872-1950] publia sur la page de garde de son livre Du mariage l’avertissement suivant :
« [Ce livre] je l’ai médité longtemps, et en le relisant achevé je me sens plus persuadé que jamais de sa vérité fondamentale. […]
Je demande la permission de rendre publique la dédicace que j’en fais à ma femme, entendant signifier par-là que dans la conception de ce livre il n’entre pas de déception ni de rancune, mais au contraire un sentiment de reconnaissance, et qu’il fut écrit par un homme heureux. » 337

Femme (Épouse de. Blum Lise) (2) : Jules Renard [1864-1910] écrit dans son Journal concernant Madame Lise Blum [?-1931] :
« Je dis à Léon Blum que sa femme est de celles qui nous font sentir notre vulgarité ordinaire. On est respectueux et dérouté. On fait une plaisanterie : elles ne répondent pas, elles sourient à peine et nous voilà honteux. » 338 (Vérifier)

Femme (Épouse de. Blum Lise) (3) : Concernant notamment l’échec du couple et du mariage - [Lise Blum, ?-1931 ; Léon Blum.1872-1950], se référer à Pierre Birnbaum, Léon Blum, Un portrait. Le Seuil. 2016.

Femme (Épouse de. Boudet Paulette) : 1988. Paulette Boudet [1922-2007], catholique, dans son livre Ce combat n’est pas le tien, « raconte sa propre histoire, celle d’une épouse qui découvre que son mari entretient une liaison et qui chemine, dans la foi, jusqu’au pardon. » 339
- Son livre lui est dédicacé en ces termes :
« À mon mari, en le remerciant pour l’aide qu’il m’a apportée et le nihil obstat 340 qu’il m’a généreusement accordé. » 341
Difficile à lire, même trente ans après…

Femme (Épouse de. Bourbon-Siciles Marie-Amélie) : 1848. Marie-Amélie de Bourbon-Siciles [1782-1866], épouse de Louis Philippe [1773-1850]. Alors que celui-ci, au troisième jour de la Révolution de 1848, le 24 février, était abandonné des derniers politiques qui l’entouraient et rédigeait son acte d’abdication, son épouse déclara :
« Vous ne connaissez pas le roi, c’est le plus honnête homme du royaume. » 342

Femme (Épouse de. Bourget Minnie) : 1932. Edith Wharton [1862-1937], dans Les chemins parcourus. Autobiographie, écrit :
« Minnie Bourget [Julia Louise Amélien, née David. 1871-1932, épouse de Paul Bourget. 1852-1935] était une créature tellement rare, tellement pleine de délicatesse et de vibrations secrètes, mais tellement convaincue qu’elle n’était venue sur terre que pour être l’ombre attentive de son mari, que je n’ai jamais compris par quel heureux hasard j’ai pu franchir ce qu’on pourrait son invisibilité volontaire, et avoir accès à se véritable personnalité. Mais il en fut ainsi ; et, de notre première rencontre, jusqu’au jour où la maladie qui devait l’emporter la contraignit finalement à cette réclusion à laquelle elle avait toujours aspiré, je n’ai jamais frappé en vain aux portes de sa confiance. Nous nous disputions sur de nombreux sujets ; et elle ne supportait aucune discussion sur un point que ses convictions rendaient sacré ; mais nous étions si profondément d’accord sur l’essentiel que les désaccords n’avaient aucune importance. Je ne sais guère ce qui nous unissait - peut-être la poésie, peut-être la peinture, ou les vieilles scènes historiées, mais aussi quelque chose de plus profond et de plus exquis, dont la beauté que nous adorions n’était qu’un indice fugitif. Mais je ne trouve aucun mot assez délicat et impondérable pour décrire les frémissements de ses ailes de Psyché, repliées mais jamais en repos ; elle est morte, maintenant, ses ailes ne frémissent plus, et une partie de moi-même est morte avec elle. » 343 (Cf. Femme. Écrivaine. Wharton Edith)

Femme (Épouse de. Brossolette Gilberte) : 1946. Gilberte Brossolette [1905-2004], résistante, députée à l’assemble Constituante, sénatrice, vice-présidente du Sénat de 1946 à 1954, épouse, puis veuve de Pierre Brossolette, résistant [1903-1944], auteure de :
- « […] J’étais très bien accueillie par les hommes. J’étais la veuve de Pierre, ils avaient tous beaucoup de respect, ils projetaient sur moi l’admiration qu’ils avaient pour Pierre. J’étais en quelque sorte l’émanation de Pierre. »
- Suivi de (concernant les femmes députées à la Libération) :
« Il y avait la veuve de Machin, la veuve de Truc, les communistes surtout ont su jouer de cette fibre-là et très peu de femmes avaient su professer leur indépendance. » 344 (Cf. Femmes . « Politiques ». Veuves)

Femme (Épouse de. Ceausescu Elena) : 1997. Lu dans les Mémoires de Gorbatchev :
« Elena Ceausescu [1916-1989] me confia un jour, et pas sur un ton de la plaisanterie, que la Roumanie était trop petite pour un dirigeant de sa stature de son mari. » 345

Femme (Épouse de. Destouches Lucette) (1) : 2018. David Alliot, l’auteur de Madame Céline [Tallandier. 429p. 2018], dans un interview à Radio Courtoisie (radio d’extrême droite), affirme :
« Elle n’a jamais eu un mot à l’encontre de son mari. »
Puis, en faisant part de sa rencontre avec elle, alors âgée de 105 ans, il rapporte ses propos :
« Vous savez, il n’était pas facile à vivre. »
Enfin, évoquant leur vie, il dit :
« Elle a tout subi, tout encaissé », évoque l’enfermement auquel elle était soumise, affirme qu’il a dû lui en faire voir « des vertes et des pas mûres » et que, du vivant de Céline [1894-1961], « elle n’avait pas voix au chapitre ». 346

Femme (Épouse de. Destouches Lucette) (2) : 2018. Lu dans Le Canard enchaîné concernant la présentation de ce même livre, Madame Céline :
« [Céline] mari tyrannique, sans aucun doute. ‘Tous les jours [Lucette] devait faire ses entrechats et ses pointes sur le petit plancher, sous la surveillance de Céline, montre en main.’ Dans leur pavillon de Meudon, dont l’ex-dandy dépenaillé ne sort jamais, Lucette donne ses cours de danse au premier étage. Quand elle s’échappe à Paris, elle doit téléphoner chez elle tous les quarts d’heure pour rassurer l’ermite. Courage, fidélité et abnégation, elle mérite bien une médaille, mais laquelle ? » 347

Femme (Épouse de. Chirac Bernadette) (1) : 2001. Bernadette Chirac, auteure de :
- « […] Si je l’avais écouté (son mari), je n’aurais jamais rien fait ! » Et de :
- « […] Je me suis constamment ajustée à ce qu’il pouvait souhaiter de la part de son épouse. » Et, aussi, de :
- « […] Chez les crocodiles, les femelles montent la garde cependant que les mâles restent disponibles pour attaquer. Et c’est tout à fait symbolique de notre vie de couple. » 348 (Femmes. « Femelles »)

Femme (Épouse de. Chirac Bernadette) (2) : 2016. Bernadette Chirac, auteure de :
« Je ne veux pas être prétentieuse… mais les gens vous disent : ‘Madame Chirac, si vous n’aviez pas été là, il (Jacques Chirac) n’aurait jamais été président de la République’. » 349

Femme (Épouse de Claudel. Reine) : 1940. Concernant Reine Sainte-Marie Perrin [1880-1973], épouse de Paul Claudel et mère de leurs cinq enfants, je lis dans le Journal de Vézelay [1866-1944] de Romain Rolland en 1940 :
« Entre sa femme légitime et lui (Paul Claudel), peu de sympathie. Il faut avouer qu’elle a bien des raisons de rancune. Il dit qu’elle ne lit pas ce qu’il écrit, qu’elle ne l’a jamais compris. Mais il rend hommage à la dignité avec laquelle elle a toujours rempli ses devoirs de mère et d’épouse, dans une pénible vie qu’elle n’aimait pas. Il ne semble pas qu’il l’ait beaucoup aidée. Avec la naïveté de son égoïsme dont il se targue quelques fois, il dit que, quand l’intérieur domestique était trop triste, et plein d’enfants malades ou d’ennuis, il préférait s’en aller de la maison, ‘parce qu’il avait le cœur trop sensible’.
À quoi sa femme répliquait que c’était par égoïsme. Il discutait encore là-dessus avec nous, avec une pointe d’humour paradoxal. […] » 350 (Cf. Femme. Artiste. Claudel Camille)

Femme (Épouse de. Gaulle De Yvonne) (1) : 1940. 1958. 1967. Charles De Gaulle [1890-1970] dans ses Mémoires, évoque son épouse Yvonne De Gaulle [1900-1979] en ces termes :
- Le 18 juin 1940, avant son départ en Angleterre, il écrit :
« Je priais monsieur de Margerie [1899-1980] d’envoyer sans délai à ma femme et à mes enfants, qui se trouvaient à Carantec, les passeports nécessaires pour gagner l’Angleterre. »
- En 1958, puis, pendant trois ans et demi, chef de l’État, De Gaulle évoque toutes ses visites en France et écrit :
« Pendant le même temps, ma femme, en toute discrétion, est allée voir quelques trois cents hôpitaux, maternités, maisons de retraite, orphelinats, centres d’enfants
malades ou handicapés.
»
- Il écrit aussi :
« La résidence du Président est naturellement le cadre de continuelles visites, invitations et cérémonies. Comme tout compte, s’il s’agit du prestige de l’État, je tiens pour important qu’à cet égard, les choses se passent avec ampleur et mesure, bonne grâce et dignité. C’est bien aussi ce que veut la maîtresse de maison, ma femme. »
- Il rapporte enfin la teneur de la réception au Vatican par Jean XXIII, qu’il termine ainsi :
« C’est à cela qu’il [le Pape] va consacrer son pontificat. Ma femme ayant été introduite, Jean XXIII nous bénit. Nous ne le reverrons plus. » 351 (Cf. Famille)
Femme (Épouse de. Gaulle De Yvonne) (2) : 2009. Danielle Mitterrand [1924-2011], après l’élection de François Mitterrand [1916-1996], en 1981, installe son secrétariat à l’Élysée et se souvient :
« Figurez-vous qu’un jour, un peu à l’étroit malgré tout, je désignai, au bout du couloir, une porte toujours fermée : ‘- Cette pièce est-elle occupée ? - C’est la chapelle de Madame De Gaulle’, me dit-on. Elle n’est donc plus utilisée depuis 13 ans ? »
Oh, la mauvaise idée que me souffle mon ‘petit malin’ : - ‘Une grande salle jouxtant mon secrétariat, quelle aubaine ! Attention ! Danielle, tu n’y penses pas ! Sacrilège, sacrilège !’
Il vaut mieux que je n’insiste pas. » (Cf. Femme. Épouse de. Mitterrand Danielle)

Femme (Épouse de. Dolto Françoise) : 1992. Dans l’Autoportrait d’une psychanalyste de Françoise Dolto [1908-1988], on lit cet échange qui a eu lieu entre elle et son mari, quinze jours avant sa mort, « un viatique d’amour » :
« Il m’a dit : ‘Alors, c’est vrai, tu ne m’as jamais trompé ?’ C’était extraordinaire ! Comment voulais-tu que je te croie ? Une femme comme toi ! Je ne t’arrivais pas à la cheville ! ». Et moi : « Mais, c’est moi qui ne t’arrivais pas à la cheville ! Tu ne te rends pas compte ! » 352

Femme (Épouse de. Dreyfus Lucie) : 1894-1897. Voici quelques éléments de lettres adressées par Lucie Dreyfus [1869-1945] à son mari, Alfred Dreyfus [1859-1935] :
- 23 décembre 1894 : « Quel malheur, quelle torture, quelle ignominie ! Nous en sommes tous terrifiés, anéantis. Je sais comme tu es courageux, je t’admire. Tu es un malheureux martyr. Je t’en supplie, supporte encore vaillamment ces nouvelles tortures. Notre vie, notre fortune à tous sera sacrifiée à la recherche des coupables. Nous les trouverons, il le faut. Tu seras réhabilité. »
- 26 décembre 1894 : « Je te demande un immense sacrifice, celui de vivre pour moi, pour nos enfants, de lutter jusqu’à la réhabilitation. »
- 31 décembre 1894 : « Supporte vaillamment cette triste cérémonie [la dégradation], relève la tête et crie ton innocence, ton martyre à la face de tes exécuteurs. »
- 13 janvier 1895 : « Je suis fière de porter ton nom. » […]
- 22 janvier 1895 : Elle évoque « les efforts surhumains que nous faisons pour trouver dans notre pauvre intelligence la clé de l’énigme. » […]
- 27 janvier 1895 : « Nous n’aurons le droit de mourir que lorsque notre tâche sera accomplie, lorsque notre nom sera lavé de cette souillure. » […]
- 16 mars 1897 : « Puisque nous sommes malheureusement appelés à remplir un devoir sacré par respect pour notre nom, pour celui que porte nos enfants, élevons-nous à la hauteur de notre mission et ne nous abaissons pas à envisager toutes ces misères. Si nous sommes anéantis par la chagrin, ayons au moins la satisfaction du devoir accompli, raidissons-nous dans la tranquillité de notre conscience, et g ardons toute notre énergie, toute notre force à mener à bien notre réhabilitation.» […]
- Dreyfus sera officiellement «réhabilité» le 22 juillet 1906. 353 (Cf. Justice. Procès)

Femme (Épouse de. Fillon Penelope) (1) : 1981. Concernant son épouse, Penelope Fillon, François Fillon, en 1981, auteur de :
« Lorsque je l’ai rencontrée, ma femme votait travailliste [en Grande-Bretagne]. J’ai dû un peu l’influencer, elle est devenue proche du nouveau parti social-démocrate. [Avant que celui-ci ne fusionne avec les Libéraux britanniques’]. » 354

Femme (Épouse de. Fillon Penelope) (2) : 2017. Ségolène Royal défend Penelope Fillon, « une femme très digne, une mère de famille très respectable », « victime d’un dispositif qu’elle ignorait ». 355
Ségolène Royal ne pouvait-elle pas dire aussi que Penelope Fillon est, plus simplement, d’abord victime de son mari ? (Cf. Droit, Femme « Politique ». Ségolène Royal. Mère, Homme « Politique » Fillon François, Famille, Patriarcat)

Femme (Épouse de. Fillon Penelope) (3) : 2017. Lu dans Le Canard Enchaîné (Journal de Penelope F. Une parodie, donc) :
« Heureusement que je peux m’exprimer dans «Le Canard» ! Car pour le moment, il n’y a que François qui cause. Je ne peux même pas présenter mes excuses, ça devient gênant. God Dam ! Ce n’est pas parce que je m’appelle Penelope que je dois faire tapisserie ! Oui j’en ai gros sur la potatoe. Quand Ségolène dit de moi : Elle était victime d’un dispositif qu’elle ignorait manifestement», je passe pour une quiche. Et si j’osais le féminisme ? » 356
- L’humour du Canard. Mais la souffrance que doit vivre cette femme me terrifie. Et j’oubliais leur dernier fils de 15 ans, à l’école, avec ses copain-es. (Cf. Femme. Mère. Fillon Penelope)

Femme (Épouse de. Freud Martha) (1) : 1985. Pour mémoire, le titre réjouissant du livre de Françoise Xenakis, Zut, on a encore oublié Madame Freud, premier (et seul ?) livre à avoir réhabilité les épouses de… (Freud, Socrate, Hugo, Marx, Mahler) 357

Femme (Épouse de. Freud Martha) (2) : 2006. Lu, dans un livre consacré à l’épouse de Freud [1856-1939] (sans source citée), Martha Freud [1861-1951] :
« Elle ressent douloureusement le fait que son mari ait laissé quatre sœurs sous la menace nazie : Dolfi, Mitzi. Paula et Rosa. Elle ignore bien sûr que toutes quatre périront en déportation; malgré les efforts de Marie Bonaparte pour les faire sortir d’Autriche. Seule l’ainée, Anna… survivra à l’holocauste. » 358
- Et lui, leur frère, qu’a-t-il « ressenti »?
* Ajout. 3 août 2018. Élisabeth Roudinesco, auteure de :
« On a reproché à Freud, de manière un peu honteuse, d’avoir abandonné ses sœurs. […] » 359 (Cf. Psychanalyse, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Roudinesco Élisabeth)

Femme (Épouse de. Freud Martha) (3) : Freud [1856-1939], délicat, écrivit :
« Le destin m’a été bon qui m’a octroyé la présence d’une telle femme. Je parle d’Anna (sa fille), bien sûr. » 360 (Cf. Homme. Grossier, Psychanalyse, Sigmund Freud)

Femme (Épouse de. Galese Marie de) : Marie de Galese [1864-1954], épouse de 1883 à 1891 de Gabriel d’Annunzio [1863-1938], au terme de sa vie, auteure de :
- « Lorsque j’ai épousé mon mari, j’ai cru épouser la poésie. J’aurais mieux fait d’acheter pour trois francs cinquante, chacun des volume de vers qu’il a publiés. »
- « Si je lui ai fait, lorsque nous nous sommes rencontrés, une grande impression, c’est qu’avant moi, il n’avait connu que des femmes à cinq francs. » 361 (Cf. Proxénétisme)

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (1) : (Avant) 1895. Madeleine Rondeaux [1869-1951], bien des années avant qu’elle ait épousé André Gide [1869-1951], lui écrit :
« À un moment, j’ai eu le sentiment très vif et très triste que nous aurions dorénavant chacun des sentiers séparés quand il s’agit du but. Dieu veuille qu’il n’en soit jamais rien… J’ai été attristée, effrayée de sentir combien - plus que jamais - tu étais à toi-même ton seul but - ton seul souci - ton seul amour - qui t’envahit. André ! » 362

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (2) : 1895. Au retour de leur voyage de noces [sans aucune relation sexuelle entre eux], dans le train, André Gide [1869-1951] caressa les bras nus de trois écoliers qui s'amusaient à les lui tendre par la fenêtre du compartiment voisin, sous le regard même de Madeleine.
En 1951, il se décrit « haletant, pantelant […] goûtant de suppliciants délices. »
Elle lui dira à l’arrivée à la gare : « Tu avais l'air ou d'un criminel ou d'un fou. » 363

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (3) : 1918. Madeleine Gide [1867-1938], informée en 1918 des amours de son mari pour Marc Allégret [1900-1973], brûle toutes les lettres qu’il lui avait adressé jusqu’alors, provoquant chez Gide [1869-1951], un réel bouleversement :
« Je souffre comme si elle avait détruit notre enfant. »
- En réponse à l’une de ses lettres, elle lui avait alors écrit (sans date) :
« André Cher, tu te méprends. Je n’ai pas de doutes sur ton affection. Et lors même que j’en aurais, je n’aurais pas à me plaindre. Ma part a été très belle. J’ai eu le meilleur de ton âme, la tendresse de ton enfance [Madeleine et André étaient cousin/cousine] et de ta jeunesse. Et je sais que, vivante ou morte, j’aurais l’âme de ta vieillesse. / J’ai toujours compris aussi tes besoins de déplacement et de liberté. Que de fois, dans tes moments de souffrances nerveuses, qui sont la rançon de ton génie, j’ai eu sur les lèvres de te dire : ‘Mais, pars, va, tu es libre, il n’y a point de porte à la cage où tu n’es pas retenu’. […]
Ce qui m’angoisse - et tu le sais sans te l’avouer - c’est la voie où tu t’es engagé, et qui te mènera à la perdition toi et les autres. Ne crois pas, là encore, que je te dise cela avec un sentiment de condamnation. Je te plains autant que je t’aime. C’est une terrible tentation qui s’est dressée devant toi et armée de toutes les séductions. Résister. / Adieu, au revoir. / Ta Madeleine » 364 (Cf. Famille)

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (4) : (septembre) 1942. 1943. André Gide [1869-1951, dans son Journal, écrit, la concernant, quatre ans après la mort de sa femme :
« Tout ce que je dois à Em. me revient au cœur, et je pense constamment à elle depuis quelques jours, avec le regret, le remords d’être demeuré si souvent et si fort en reste d’elle. Que de fois, j’ai dû lui paraître dur, insensible ! Que j’ai mal répondu à ce qu’elle était en droit d’attendre de moi !...Pour un sourire d’elle aujourd'hui, je crois que je quitterais la vie, ce monde où je ne pouvais pas la rejoindre. »
- Et, le 11 janvier 1943, il écrit :
« Tout ce qu’elle attendait de moi et que je n’ai pas su lui offrir : que dis-je, qui lui était dû.. certains jours j’y pense sans cesse. […] je songe tristement à tous les soins que j’aurais dû avoir pour elle, et je reste et resterai, dans l’attente du sourire dont elle m’aurait récompensé. Dans quel état d’aveuglement j’ai vécu ! » 365 (Cf. Famille)

Femme (Épouse de. Gide Madeleine) (5) : 1951. En 1951, André Gide [1869-1951] écrit un texte d’analyse et d’auto-critique Et nuc manet in te [Et maintenant elle survit en toi] concernant son analyse de ses relations avec son épouse, lequel est suivi des passages du Journal [1889-1939], ayant trait à Madeleine qui ne figurent pas dans le volume précédant de La Pléiade. Textes essentiels. 366

Femme (Épouse de. Gisserot Hélène) : 1986. Hélène Gisserot, concernant les conditions dans lesquelles elle a été nommée, dans le gouvernement de Jacques Chirac, « déléguée à la condition féminine » se souvient :
« […] Le décret du 4 avril 1986 indiquait que Philippe Séguin, ministre des affaires sociales et de l'emploi, recevait ‘les attributions précédemment dévolues au ministre des droits des femmes’, mais c'était tout. […]
C'est dans ce contexte qu'un mardi, fin mars ou début avril, à 13 heures, j'ai reçu un coup de téléphone de Philippe Séguin me demandant si j'acceptais de prendre la responsabilité de déléguée à la Condition féminine. J'ai eu un instant d'hésitation. J'allais demander, par prudence, quelques heures de réflexion, quand mon mari, qui était là, m'a dit : ‘Accepte’. Je n'ai même pas demandé le temps de réflexion nécessaire ! Peut-être était-ce de l'imprudence de ma part, mais aujourd'hui je me félicite de l'avoir fait. » 367 (Cf. Femme. « Féminin ». « Politique »)

Femme (Épouse de. Gorbatchev Raïssa) : 1991. Raïssa Gorbatchev [1932-1999] lors d’un séjour avec son mari Mikhaïl Gorbatchev à Latché, dans la maison de campagne de M. et Madame Mitterrand, en présence de Christine Ockrent qui rapporte ses phrases, déclara :
« Il faut le ménager, vous savez, sans lui, ce serait le chaos, personne n’y a intérêt, personne. […]
Il faut que la Perestroïka aboutisse, et après, nous pourrons, Mikhaïl et moi, peut-être dans une maison à nous, enfin vivre sans cette pression. Il faut qu’il puisse continuer son travail. La situation est terrible, chez nous. Trop de gens sont perdus et cherchent à se raccrocher à une autorité, n’importe laquelle, à un pouvoir fort. On sait bien que le fascisme naît dans ce lit-là, dans la misère, dans les promesses et dans le nationalisme. » 368 (Cf. Femme. Journaliste. Ockrent Christine)

Femme (Épouse de. Gramsci Iulca, Giulia, Julca) : 1933. Antonio Gramsci [1891-1937] écrivit, le 27 février 1933, à sa belle sœur, Tania, la sœur de son épouse, Iulca, [Giulia, Julca], ceci :
« […] Tu connais ma façon de penser : ce qui est écrit acquiert une valeur ‘morale’ et pratique, laquelle va bien au-delà du simple fait d’être écrit, qui n’est cependant qu’une chose purement matérielle….Ma conclusion, pour résumer est la suivante : j’ai été condamné le 4 juin 1928 [il fut arrêté le 8 novembre 1926] - par le Tribunal spécial, c’est à dire par un collège bien défini d’hommes que l’on pourrait indiquer par leur nom, leur adresse et leur profession dans la vie civile. Mais cela est une erreur. Ce qui m’a condamné c’est un organisme beaucoup plus vaste, dont le Tribunal spécial n’a été que la manifestation extérieure et matérielle, qui a rédigé l’acte de condamnation légal.
Je dois dire que parmi ces ‘condamnateurs’, je crois et je suis même fermement convaincu qu’il y a eu aussi Iulca, inconsciemment, et une autre série de personnes moins inconscientes.
C’est du moins ma conviction, une conviction désormais ancrée en moi parce que c’est la seule qui explique une série de faits successifs et concordants. […]
Ne vas pas croire que mon affection pour Iulca ait diminué.
D’après ce que je peux en juger moi-même, elle me paraît avoir plutôt augmenté, du moins dans un certain sens. Je connais par expérience le milieu où elle vit, sa sensibilité et la façon dont un changement a pu intervenir en elle. […]
Il m’est arrivé de penser que toute ma vie a été une grande (grande pour moi) erreur, une énorme bévue. […] » 369
- L’épouse de Gramsci résidait en Russie où il se sont connus. Elle n’est revenue en Italie qu’une seule fois avec leur premier fils en 1925, puis repartit en Russie. Depuis la condamnation de son mari, ni elle, ni ses enfants n’ont revu leur mari et père, avant sa mort, en mai 1937. Il a pour sa part maintenu le contact pendant toutes ces années avec beaucoup de recherches de vérités, et beaucoup d’élégance. Quel rôle a joué la Russie soviétique, puis stalinienne ? Essentielle sans aucun doute.
En tout état de cause, l’explication donnée par Sergi Caprioglio qui a co-traduit et présenté les Lettres de prison de Gramsci, n’est pas, en l’état, acceptable :
« Elle rentra à Moscou en 1926 (à quelle date ?) et fut atteinte d’une grave maladie nerveuse qui l’empêcha de retourner en Italie pour revoir son mari. » (p.10)
- Dans Wikipédia, elle n’est pas citée ; elle n’existe pas.

Femme (Épouse de. Groult Benoîte) : 2016. Dans les chroniques nécrologiques qui ont paru à la mort de Benoîte Groult [1920-2016], on lit dans Le Monde :
- « Paul Guimard et Benoîte Groult furent des proches de François Mitterrand. » 370
On lit, dans Libération [après avoir évoqué son mari, Paul Guimard « un écrivain à succès et proche de Mitterrand dont il fut brièvement le conseiller en 1981] » :
- « […] Mitterrand, elle le connut bien, elle aussi - entre les parties de pêche en Irlande et les grandes tablées - il fut un ami fidèle et un amant passager. » 371

Femme (Épouse de. Guérin Marie) : 2017. Daniel Guérin [1904-1988] épouse en 1934 Marie Fortwängler [?-1974], militante communiste lorsqu’il la connut.
Elle n’apprendra, longtemps après son mariage, aux alentours de 1968, qu’il était « bi-sexuel », comme il se nomme lui-même.
Leur fille, Anne, née en 1936, écrit :
« S’il ne cohabite plus depuis des lustres avec sa femme, ils restent profondément attachés l’un à l’autre, sans toujours bien s’entendre. Marie milite avec lui dans des organisations libertaires. Daniel l’entoure de ses soins. La mort de Marie en 1979 le laisse désemparé. » 372
- Wikipédia ne la nomme même pas. Daniel Guérin ne fut donc pas même, pour Wikipédia, ni mari, père…[mai 2017] (Cf. Historiographie. Patriarcale. Éditions La Découverte)

Femme (Épouse de. Guilloux Renée) : 1997. Mona Ozouf se remémore l’épouse de Louis Guilloux [1899-1980], Renée Tricoire [?- ?] « qui avait été, pour [elle] en quatrième, à Saint Brieuc, un éblouissant professeur dont les explications d’Iphigénie [lui] restent encore très présentes. » 373
- La biographie de Louis Guilloux, telle que présentée par La société des amis de Louis Guilloux, ne fait référence la concernant qu’en donnant la date de leur mariage 1924, à Toulouse.
* Ajout. 22 décembre 2017. Je lis dans la Correspondance Jean Guéhenno-Louis Guilloux à la suite d’une note évoquant l’adresse des « beaux-parents de Louis Guilloux » : « Il a épousé René Tricoire en août 1924. »
- Elle est évoquée par lui, dans une lettre (de mi-septembre 1928 ?) ainsi :
« Ma femme est nommée à Angers, où nous serons avant le premier octobre. Nous sommes ravis. Belle ville. Excellent climat pour moi, etc… Nous déménageons. Il est possible que nous ayons une maison toute de suite. Cela retarde un peu Proudhon. […] Écris […] à l’École normale de filles d’Angers à l’adresse de ma femme. » 374

Femme (Épouse de. Hegel Maria) : (13 juillet) 1811. Maria Hegel [1791-1855], nouvellement mariée, écrivait entre les lignes d’une lettre de Hegel [1770-1831] à Caroline Paulus :
« Hegel est aussi de ces gens dépourvus d’espoir qui n’attendent rien, qui ne désirent rien », puis rappelle, à six reprises, toujours écrit entre les lignes, que bien que non nommée par lui, elle existe. Enfin elle ajoute dans un post-scriptum :
« ...Aussi longuement que s’étende mon seigneur et maitre dans son épitre, et aussi humble que soit le petit coin qu’il m’assigne, je sais que la bonne Caroline Paulus ne me perd pas du regard. J’ai déjà auparavant élevé ma petite voix pendant le discours de mon maître, mais, à chaque fois, je ne me suis de nouveau respectueusement tue, quoi que j’eusse volontiers confirmé encore plus longuement bien des choses. […] » 375
- Huit ans plus tard, elle écrit, dans un post-scriptum d’une lettre de Hegel [1770-1831] à Niethammer, en date du 26 mars 1819 de :
« Je vois mon Hegel satisfait de son métier, gai avec moi et avec les enfants et apprécié à sa valeur - ce qui vaut mieux que tout pour une bonne épouse. » 376 Domestiquée ?
- On peut lire aussi, toujours dans sa Correspondance, deux poèmes d’amour qu’Hegel, fiancé, lui a adressée en 1811. 377 (Cf. Philosophie. Hegel)

Femme (Épouse de. Hitchcock Alma) : Alma Revile [1899-1989], scénariste, monteuse, assistante - elle travaillait dans le cinéma bien avant de connaître Alfred Hitchcock [1899-1980], et alors qu’il n’était qu’au début de sa carrière.
- Il déclara après leur mariage : « En bon Britannique, je ne pouvais pas supporter l'idée qu'une femme occupe des fonctions supérieures aux miennes. »
- Lorsqu’il reçut un prix pour l’ensemble de son œuvre, il a tenu à mentionner « quatre personnes » particulièrement précieuses pour lui : « La première est monteuse, la deuxième scénariste, la troisième est la mère de ma fille, Pat, et la quatrième est une merveilleuse cuisinière qui fait toujours des miracles. Elles se nomment Alma Reville. » 378
- On lit dans Wikipédia qu’elle « apparaît aux génériques des films de son mari, et à l’occasion d’autres réalisateurs », qu’elle est « la scénariste attitrée de plusieurs œuvres de son mari » mais, après Le grand alibi [1950] qu’« elle ne sera plus créditée au générique des films qu’il réalise. »
- Dans le film Truffaut-Hitchcock, on entend : « Hitchcock n’a jamais fait un film sans consulter sa femme. » 379
- Qui saura jamais ce que les films d’Hitchcock lui doivent ?

Femme (Épouse de. Hugo Adèle) : 1868. Victor Hugo [1802-1885] fit graver sur la tombe de son épouse Adèle [1803-1868] (à l’enterrement de laquelle, il ne put, exilé, assister) :
« Adèle, Femme de Victor Hugo ». 380 (Cf. Femme. Mère, Famille. Mariage)

Femme (Épouse de. Janin Adèle) : 1973. Adèle Janin [1820-1976], épouse de Jules Janin [1804-1874] reçut de son mari 735 lettres pendant leur trente-trois ans de mariage. On lit dans la présentation de la publication intégrale des lettres de Jules Janin par Monsieur et Madame Mergier-Bourdex (2500 pages, 3 tomes) ceci :
« On pourrait également regretter de n’avoir pas les réponses de Mme Janin, mais les quelques lettres d’elle que nous possédons ne présentent aucun intérêt, d’autant plus qu’elles ne sont jamais datées et qu’aucun fait saillant ne permet de le faire. »
- Adèle Janin, « légataire universelle » de son mari, dans son testament de 1874, légua « à l’Académie française tous les ouvrages composant la bibliothèque de Monsieur Jules Janin, mon bien aimé mari et comprenant ses autographes. […] » 381 (Cf. Langage. Académie française, Femmes. Comment faire disparaître les femmes)

Femme (Épouse de. Juppé Isabelle) : (1er décembre) 2010. Bruno Lemaire, dans son livre Jours de pouvoir, écrit :
« Déjeuner avec Alain Juppé à l’hôtel de Brienne. Le jugement de sa femme Isabelle le conforte dans son choix de retourner au gouvernement : ‘Isabelle trouve que je n’ai jamais été si détendu, donc, c’est que ce ça doit être bien’. » 382

Femme (Épouse de. Kroupskaïa Nadejda) (1) : 1930. 1898. Dans le livre de Nadeja Kroupskaïa [1869-1939] épouse de Lénine [1870-1924], Souvenirs sur Lénine, la nature de leurs relations est à peine évoquée. 383
- Une petite indication la concernant : Le 14 octobre 1898, dans une lettre adressée à la mère de Lénine, Maria Alexandrovna Oulianova, celle-ci écrit :
« Volodia (Lénine) se demande toujours où je trouve la matière pour d’aussi longues lettres ; mais lui, dans ses lettres, ne parle que de choses ayant un intérêt pour toute l’humanité, tandis que moi je raconte toutes choses sans importance. » 384

Femme (Épouse de. Kroupskaïa Nadejda) (2) : Concernant Nadejda Kroupskaïa [1869-1939], épouse de Lénine [1870-1924], je lis sur Wikipédia :
« Ses cendres reposent à Moscou, au pied du Kremlin, sur la place Rouge, à côté du mausolée de Lénine. » 385 Selon que vous serez mari ou femme…

Femme (Épouse de. Laclos Marie-Soulange de) : Lu, concernant Marie-Soulange Duperré [1759-1932], épouse de Pierre Choderlos de Laclos [1741-1803] :
« Laclos n’épousa ni une marquise de Merteuil, ni une Cécile de Volanges [Les liaisons dangereuses], mais Marie-Soulange Duperré, fille d’un fonctionnaire, receveur des tailles à La Rochelle. Ils vécurent fort pauvrement, eurent trois enfants et ne cessèrent jamais de s’aimer tendrement. » 386
- De nombreuses lettres sont publiées dans le livre d’Emile Dard, consacré au général Laclos. 387, ainsi que dans le volume de La Pléiade des Œuvres complètes [1979] de Choderlos de Laclos. (Cf. Homme. Féminisme. Laclos Choderlos de)

Femme (Épouse de. Lévi-Strauss Dina) (1) : 2016. Dina Lévi-Strauss [1911-1999]. Dans le documentaire d’Arte, de 2016, consacré à Claude Lévi-Strauss [1908-2009], le film de 1935-1936 réalisé dans l’État de Matogrosso (son intitulé) était présenté comme ayant comme auteur(s)e les « Professeurs Dina et Claude Lévi-Strauss ». Les photos qui en furent ultérieurement montrées n’étaient pourtant plus formellement signées - chacune pour leur part - qu’étant celles de « Claude Lévi-Strauss ». 388
- Je lis ultérieurement par ailleurs sur Wikipédia :
« En 1937, des objets collectionnés auprès des Bororo sont montrés à Paris dans une exposition dont le titre «Indiens du Mato-Grosso (Mission Claude et Dina Lévi-Strauss)» reconnaissait la contribution scientifique des époux. Pourtant, après leur séparation, Dina ne publiera plus rien en ethnologie, et sa contribution aux recherches de terrain, les seules que Claude ait jamais entreprises, sera largement oubliée. Dans Tristes Tropiques, Claude Lévi-Strauss ne mentionne son ex-compagne qu'une seule fois, pour son départ de l'expédition ; dans son album Saudades do Bresil il exclut toutes les photographies qui la représentent. Ce n'est qu'en 2001 que paraissent enfin des documents photographiques de l'expédition attestant le travail de terrain de Dina. » (Cf. Homme. « Intellectuel », Langage. Académie française, Patriarcat, Ethnologie. Anthropologie)

Femme (Épouse de. Lévi-Strauss Dina) (2) : (28 juillet) 2019. Jean Malaurie, parlant de Claude Lévi-Strauss [1908-2009], évoque « sa thèse complémentaire qui, je crois, a été en partie écrite par sa femme Dina Dreyfus, [1911-1999] une très forte personnalité ». 389

Femme (Épouse de. Linder Ninette) : Je lis sur Wikipédia concernant l’épouse de Max Linder, Ninette Linder [1883-1925] :
« […] En 1921, il rencontre une jeune fille mineure de 16 ans, Ninette Peters, dans un palace de Chamonix où il se repose. Sa mère refusant la demande en mariage, il enlève la jeune femme et l'emmène à Monte-Carlo. La mère cède à sa demande à la suite du scandale médiatique qu'il a soulevé : le 23 août 1923, il l'épouse à l’église Saint Honoré d’Eylau à Paris. Le 23 février 1924, rongé par la jalousie envers sa femme, il s'empoisonne au Gardénal mais est sauvé à temps. En juillet 1924 naît leur fille Maud, dite Josette, qui sera recueillie par ses grands-parents maternels. […] Il abandonne brusquement tous ses projets, en proie à des crises de jalousie de plus en plus fréquentes. À l'âge de 41 ans, le 31 octobre 1925, il se suicide dans sa chambre d'hôtel (le Baltimore, avenue Kléber à Paris). On le retrouve aux côtés de son épouse, âgée de 20 ans, morte elle aussi, leurs artères du poignet gauche sectionnées. Tous deux meurent plus tard dans la soirée de la suite de leurs blessures. »
On lit ensuite : « Mathilde Peters, la belle-mère de Max, par la menace d’un procès envers Maurice [frère de Max Linder] obtient la garde de Maud mais la famille Leuville [nom de famille de Max Linder] se dispute pendant des années, par procès interposé, la garde de l'orpheline légataire pour s'emparer de la fortune de son père. » 390 (Cf. Femme. Remarquable. Linder Maud, Homme Remarquable. Zweig Stefan)

Femme (Épouse de. Littré Pauline) : 1854. Sait-on que l’immense travail effectué par Émile Littré concernant son magistral Dictionnaire, le fut aussi avec l’aide de son épouse Pauline [ ?- ?] et de sa fille Sophie [ ?- ?] ? 391
On lit, signée de lui, la lettre suivante [juillet 1854] après que M. Hachette lui ai proposé d’« accepter un ou plusieurs associés qui soulagerait le poids d’une aussi lourde tâche » :
« Mon cher Hachette, J’ai, comme tu le penses bien, beaucoup réfléchi à ce dont nous avons parlé à Plessis-Piquet […] Or, le résultat de toutes mes réflexions a été que le secours que tu mets à ma disposition ne peut pas m’être fort utile tel qu’il se présente d’après notre conversation avec M. Beaujon. Il n’a peut-être pas tout le temps nécessaire à me donner ; mais surtout j’ai besoin de quelqu’un qui soit perpétuellement à ma disposition et dont je puisse user sans aucun scrupule pour toute sorte de menus détails. Or, avec la personne que j’ai vue chez toi, je n’aurais ni ces facilités, ni cette liberté. Si ce travail lui offrait de l’intérêt en quelques parties, en d’autres, ce ne serait qu’affaire de manœuvre.
Je reviens donc à la proposition dont je t’ai parlé.
Ma femme et ma fille sont disposées à m’aider dans ce travail qui ne leur déplait pas. Elles pourront me donner chacune deux heures et demi à trois heures, ce qui fera six heures par jour. Cela, je crois est suffisant.
Tu mettrais un millier de francs à ma disposition par an pour le temps que durera l’impression ; et je t’en rendrai compte. Dans tous les cas, si, après essai, la chose n’allait pas, nous serons toujours à temps de recourir à une aide extérieure. […]
Ton vieil ami. E. Littré »
- « Finalement Littré dû céder (à l’insistance de Hachette). Hachette accepta de payer 1.220 francs pour l’aide de Madame et mademoiselle Littré. Mais trois collaborateurs ; Beaujon, Jullien et Sommers furent engagés. »
- On peut noter que le dernier paragraphe dans lequel j’ai puisé ces informations s’intitule :
« La passion du travail solitaire ».

Femme (Épouse de. Macron Brigitte) : 2013. Laurence Masurel, journaliste à Paris Match, auteure d’un livre intitulé La France est ingouvernable l’adresse à Brigitte Macron qui lui réponds en ces termes :
« Je vous remercie infiniment pour votre message d’encouragement [non reproduit] et pour votre livre ‘la France est ingouvernable’ mais, vous le savez, nous sommes prêts à relever tous les défis. » 392
- Le Canard enchaîné évoque un « ‘nous’ royal qui vaut son pesant de modestie. »
Un « Nous » de couple eut été plus approprié ?
À moins d’évoquer un exécutif bicéphale ? (Cf. Culture. Macron Brigitte, Femme. « Politique ». Macron Brigitte)

Femme (Épouse de. Maitron Marcelle) : 1997. Dans une présentation de la carrière de Françoise Maitron-Davydoff, fille de Jean Maitron [1910-1987] et de Marcelle Maitron [1911-2003], je lis que Marcelle Maitron « a toujours secondé son mari dans ses travaux. ‘Ils donnaient l’image d’un couple très uni, qui partageait toutes les tâches’. » Y compris celles concernant la rédaction du Maitron ? Qu’en disent les rédacteurs du Maitron ? 393
- La réponse : Dans la présentation, rédigée par Claude Pennetier, de Jean Maitron, dans le Dictionnaire biographique Mouvement ouvrier, mouvement social, je lis :
« Son épouse, Marcelle Maitron, resta attachée à l’œuvre de Jean Maitron et en facilita les prolongements. Elle mourut le 2 décembre 2003 à Fresnes, chez sa fille Françoise. » 394
C’est tout.

Femme (Épouse de. Malraux Clara) (1) : 1996. Clara Malraux [1897-1982], se remémorant ses Vingt ans et sa vie d’alors avec André Malraux [1901-1976], auteure de :
« […] Un jour, ce sera pire, pour moi, du moins. Un jour, je ne le sais pas encore, je serais juive, un jour, je serai l’ex-épouse d’un homme puissant, et ce sera une autre façon d’être solidement embêtée. » 395

Femme (Épouse de. Malraux Clara) (2) : 2016. Dans la longue présentation faite sur Wikipédia d’André Malraux [1901-1976], aucun écrit de Clara Malraux n’est cité. La concernant, il n’est fait référence qu’à un livre de Dominique Bona intitulé : Clara Malraux. Nous avons été deux. [2010] (Cf. Culture. Patriarcale)

Femme (Épouse de. Mauriac Jeanne) : 1990. Françoise Verny [1928-2004], écrit concernant l’épouse de François Mauriac [1985-1970] :
« J’apprends à aimer Jeanne Mauriac [1894-1983] après la mort de son mari. Auparavant, elle se tenait, discrète, dans l’ombre de son époux. Et je l’admirais juste pour sa beauté. Avec l’âge, le modelé du visage, l’élégance de la silhouette ressortent encore mieux. On ne discerne la beauté dans son essence que chez les vieilles personnes, quand elles sont dépouillées des artifices et des charmes de la jeunesse.
Je suis également sensible à une éducation exquise, à une courtoisie mesurée, jamais encombrante, à une réserve qui ne ressemble pas à de l’effacement. […]
Elle vit dans le passé, pour sa famille. » 396

Femme (Épouse de. Marx Jenny) (1) : (10 août) 1841. Jenny von Westphalen [1814-1881], alors ‘fiancée’ - depuis 1836 - à Karl Marx [1818-1883] lui écrit :
« Petit sanglier, comme je me réjouis de savoir que tu es heureux, que ma lettre t’a fait plaisir, que tu te languis de moi, que tu loges dans des pièces tapissées, que tu as bu du champagne à Cologne et qu’il y a là-bas des clubs Hegel [1770-1831], que tu as rêvé, que tu…- mais malgré tout il y a une chose que me manque : tu aurais quand même pu me faire un petit compliment pour mon grec et consacrer à mon érudition un petit article élogieux : mais vous êtes ainsi faits, messieurs des hégélomanes [Hégeliens], vous n’avez de reconnaissance pour rien, quand bien même ce serait tout ce qu’il y a de plus excellent, si ce n'est exactement dans votre façon de voir, et il faut donc que je m’en contente et que je me repose sur les propres lauriers à moi. » 397 (Cf. Êtres humains. Soi, Femme. Épouse de. Hegel, Hommes. « Intellectuels », Famille. Hegel, Patriarcat)

Femme (Épouse de. Marx Jenny) (2) : (mars) 1843. Jenny von Westphalen [1814-1881] écrit à Karl Marx [1818-1883] :
« […] Que ne puis-je aplanir et égaliser tous les chemins devant toi, et en ôter tout ce qui pourrait constituer un obstacle pour toi ! Mais ce n’est pas notre lot. Nous ne devons pas intervenir de toute notre énergie quand la roue du destin tourne. À cause du péché originel, par la faute de madame Eve, nous sommes condamnées à la passivité, notre lot est d’attendre, d’espérer, de supporter, de souffrir. On nous confie tout au plus l’aiguille à tricoter, l’aiguille à coudre, la clé de la maison et ce qui va au-delà de ces attributions est le fait du mal.[…] » 398 (Cf. Féminisme)

Femme (Épouse de. Michelet Athénaïs) (1) : 1898. 1899. Athénaïs Michelet [1826-1899], concernant son grand homme de mari, auteure de :
« […] J’étais tout pour lui, et lui, tout pour moi, oh, nous nous sommes bien aimés, mais il y avait dans mon amour beaucoup de maternité. L’homme a besoin de retrouver dans l’épouse les soins de la mère qui a ouaté de tendresses douces l’enfance, endormi les douleurs sous ses baisers, séché ses pleurs sous ses caresses. Que de fois, je me suis surprise appelant Michelet : ‘mon fils, mon enfant’» et dans ces moments-là, il me semblait vraiment qu’il était l’être de ma chair, le petit sorti de mes entrailles. Les étrangers étaient étonnés, et des yeux cherchaient le fils, l’enfant à qui je m’adressais. »
*Ajout. 21 août 2019. Michelet écrit le 13 juillet 1857 dans son Journal :
« Aujourd’hui, exceptionnellement souffrante, elle m’appela d’une voix douce et basse qui m’alla au cœur : ‘Mon fils !’ »
- La même écrivait aussi : « Je ne suis que par lui, je ne vis que pour lui, rien de ce qui n’est Lui ne me touche. » 399

Femme (Épouse de. Michelet Athénaïs) (2) : 1867. Ses Mémoires d’une enfant - livre auquel Michelet n’accorde que très peu d’attention dans son Journal - expriment « l’itinéraire d’une enfant mal aimée [est] un témoignage rare [et bouleversant] - sur la solitude et les angoisses de l’enfance. » 400 (Cf. Femme. Écrivaine)

Femme (Épouse de Montaigne) : XVIème siècle. L’épouse de Montaigne [1533-1592], Françoise de la Chassaigne [1545-1602], mariée à 20 ans, donna naissance à six filles, dont cinq moururent en bas âge [à deux mois, sept semaines, trois mois, un mois, quelques jours]. Seule Lénor survécut.
- Philippe Ariès [1914-1984] pour sa part, écrit (sans source. Dans Les essais ?) que :
« Montaigne était incapable d’établir le compte exact de ses enfants et de toutes les couches de sa femme. » 401 (Cf. Patriarcat. Homme. Père)

Femme (Épouse de. Pasteur Louis (Prénom inconnu de moi) : [?- ?] Pour le biographe de Louis Pasteur, René Vallery-Radot :
« Madame Pasteur sut, dès les premiers jours, non seulement admettre, mais approuver que le laboratoire passât avant tout. » 402

Femme (Épouse de Péguy Charles) (1) : (28 octobre) 1914. Isabelle Rivière [1889-1971] écrit à Jacques Rivière [1886-1925], prisonnier en Allemagne :
« Le pauvre Péguy [1873-1914] a été tué [le 5 septembre 1014], sa femme attend un quatrième enfant, elle est dans la misère. » 403

Femme (Épouse de. Péguy Charles) (2) : (25 février) 1919. Dans le livre de textes de Charles Péguy [1873-1914] de Romain Vaissermann, intitulé L’écrivain et le politique, on lit :
« Par jugement du tribunal civil de la Seine, la Nation adopte les enfants mineurs de Charles Péguy, à savoir Germaine, Pierre et Charles-Pierre. »
Préalablement, la seule information, concernant l’épouse de Charles Péguy, à la date du 28 octobre 1897, est la suivante : « Mariage civil avec Charlotte Françoise Baudoin, âgée de 18 ans, mairie du Vème arrondissement (Témoins : Paul Collier, Georges Weulersse ; Charles Abel Baudoin, Albert Lévy). » 404 (Cf. Enfants, Famille)

Femmes (Épouses de policiers) : (20 décembre) 2018. Perrine Salé, porte-parole des Femmes des forces de l'ordre en colère (FFOC), a déclaré à l'AFP lors de la manifestation des Gyros bleus :
« On nous parle de salaires. Nous, on vous parle d'humains. Il y en a marre que nos enfants ne soient plus respectés parce qu'ils sont fils de policiers. » 405 (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes »)

Femme (Épouse de. Pompidou Claude) : 1997. Claude Pompidou [1912-2007], auteure de :
« […] Pour moi, je m’adaptais. J’ai toujours fait une confiance absolue à mon mari et je n’ai jamais discuté ses choix, ni ses décisions même si je n’étais pas toujours emballée. » Et de :
« De toutes manières, il s’agissait de son choix et il ne m’appartenait pas de m’en mêler. Je peux être aussi soumise qu’indépendante, disons… une indépendante soumise ! Et en cette circonstance [nomination de son mari à la banque Rothschild], et comme toujours, je lui fis confiance. » 406

Femme (Épouse de. Quinet Hermione) : 1869. Madame Edgard Quinet [? -?], auteure en 1869 de :
« Heureuse de me rendre utile aux travaux de mon mari, écrivant pour lui toute la journée dans une petite chambre au-dessus de la sienne, vers deux heures, j’entendais le bruit de ses pas ; c’était le signal de la réunion. Puis, après la visite des amis, la promenade, on se retrouvait seuls, au coin du feu. […]
Maint disciple fidèle enviait celle qui entendait chaque soir dans l’intimité ces paroles qui ne retentissaient plus devant l’auditoire du Collège de France, ni à la tribune. Ah ! du moins, elle les conservait religieusement. Comme l’abeille qui dépose le miel des fleurs dans l’alvéole, chaque jour, la compagne de l’exil renfermait dans une page intime les pensées recueillies dans les entretiens du maître chéri. Depuis 17 ans, j’amasse pieusement ces pensées, pour les restituer un jour aux amis lointains, surtout pour en nourrir éternellement mon âme. Si je n’ai pu conserver à ces entretiens leur forme, les mots textuels, du moins suis-je sûre d’en avoir gardé le véritable esprit, l’inspiration. […]
Renfermant mon horizon dans la pensée et les travaux de mon mari, l’exil ne me paraissait nullement comme une épreuve ; la vie n’était pas une science, mais une félicité. […]
Je n’étais nullement pressée de voir terminer une œuvre à qui nous devions tant de nobles illusions à défaut de bonheur public. Assez de luttes et d’âpres pensées venaient arracher l’auteur à cet abri de paix. Mon humble tâche consistait à mettre au net les chapitres achevés, et quand j’avais rempli chaque matin de mon écriture une vingtaine de pages, mon esprit et mon cœur étaient pleins de délices ; je me réjouissais en songeant que le lendemain serait un jour semblable. […]
Cette vie active et idéale était mon bonheur. Marchant sur les traces du guide, le disciple glanait les épis qu’on lui abandonnait. Une tâche chérie lui était réservée. Le maître lui demandait son appréciation sur chacun des livres dans des notes critiques. […]
Aux fonctions de critique et de secrétaire, se joignent celle de copiste. Vivant si loin de l’imprimerie, ne recevant qu’une seule épreuve ou deux tout au plus, l’auteur est tenu d’envoyer un manuscrit irréprochable. [...]
En prévision de la perte d’un manuscrit envoyé à Paris, il faut, le plus souvent, double copie. Si on s’amusait à additionner les milliers de pages recopiées depuis seize ans pour chacun des vingt ouvrages publiés en exil, on arriverait à consommation formidable de bouteilles d’encre et de rames de papier, ou plutôt de ballots. […]
Je reçus une lettre où l’on me demandait une biographie d’Edgar Quinet, des notes sur ses ouvrages ; on préférait s’adresser à moi, sachant qu’il éprouvait une grande répugnance à parler de lui-même. Dans la situation faite aux proscrits, j’ai cru qu’il m’était permis de résumer les livres et la vie de mon mari. Vraiment, il est trop dur de brimer toujours son cœur et sa pensée. Voilà pourquoi aujourd’hui encore j’écris ces pages, comme si elles ne paraissaient pas de mon vivant. L’exil n’est-il pas frère de la mort ? […]
Les œuvres complètes de mon mari étaient enfin réimprimées. Je les avais maintenant sous les yeux, rangés sur ma petite table ; c’était ma bibliothèque à moi, mes auteurs favoris, le trésor et l’ornement de mon sanctuaire. Aujourd’hui encore, en les regardant, une pensée m’attriste ; la dirais-je à haute voix ? (même nos bienveillants amis vont sourire) ‘O mes livres chéris ! que ne puis-je vous emporter avec moi au-delà de cette vie !’ » 407

Femme (Épouse de. Reagan Nancy) : 1990. Nancy Reagan [1921-1989], auteure de :
« Ronnie est un homme affable et sociable qui a plaisir à se trouver avec des gens mais, contrairement à la plupart d’entre nous, leur compagnie ou leur approbation ne lui sont pas indispensables. Comme il me l’a dit lui-même, il semble n’avoir besoin que d’une personne : moi. » 408

Femme (Épouse de. Régnier de Marie) : (janvier) 2003. Je lis dans le Journal en public de Maurice Nadeau concernant l’épouse de Henri de Régnier [1864-1936], que celle-ci, Marie de Régnier [1875-1963] avait, après sa mort, déposé à la Bibliothèque Nationale sept Carnets de son mari « qu’il n’avait jamais eu l’intention de publier. » La suite :
« Mais la veuve, les avait même un peu caviardés, obligée qu’elle était de céder au chantage du secrétaire de Pierre Louÿs [1870-1925], détenteur après la mort de son patron d’une correspondance […] révélée il y a quelques mois. Marie de Régnier ne tenait pas à ce qu’on sache comment à peine mariée, vendue en somme par son père, le poète et joueur malheureux José Maria de Héradia, au plus offrant, elle devint la maitresse, photos à l’appui, dudit Pierre Louÿs et comment elle s’était fait faire par lui en enfant [grossièreté respectée] dont Henri de Régnier assurait la paternité. » 409 (Cf. Femmes. Veuves)

Femme (Épouse de. Rocard Michèle) : 1987. Michèle Rocard écrit dans un livre où, à 45 ans, en 1987, elle raconte sa vie en ce qu’elle est notamment liée à celle de son mari Michel Rocard [1930-2016] et de leurs deux enfants, auteure de :
« Mes opinions politiques ne sont pas un mystère ; elles sont ce que me dicte ma totale solidarité avec Michel. »
- Elle intitule aussi l’un chapitre de son livre : « Le plus important des deux est bien celui qu’on pense ». 410 Pour justifier qui ? Pour justifier quoi ? Pour [se] protéger [de] qui ? Pour [se] protéger [de] quoi ?

Femme (Épouse de. Roland Madame) : 1793. Concernant Madame Roland [1754-1793], le Comte Beugnot écrivit, en 1793 :
« Elle me disait, en me parlant de l’union des cœurs vertueux, en vantant l’énergie qu’elle inspire : ‘La froideur des Français m’étonne. Si j’avais été libre et qu’on eût conduit mon mari au supplice, je me serais poignardée aux pieds de l’échafaud ; et je suis persuadée que, quand Roland apprendre ma mort, il se percera le cœur’. Elle ne se trompait pas. »
- Note : Madame Roland fut guillotinée le 8 novembre 1793 ; son mari, alors en liberté près de Rouen, se suicida le 10 novembre. 411 (Cf. Histoire. Révolution française. Roland Madame)

Femme (Épouse de. Rolland Maria) : Maria Koudatcheva [1895-1985], seconde épouse de Romain Rolland [1866-1944] - le mariage eut lieu en 1934 - fut, selon Victor Serge [1890-1947], une agente du Guépéou. 412
* Ajout. 1er Septembre 2016. On peut lire, la concernant, une notice biographique circonstanciée dans l’édition établie par Jean Lacoste du Journal de Vézelay.1938-1944 de Romain Rolland. 413 (Cf. Penser. Pensée. « Atténuée »)

Femme (Épouse de. Roosevelt Eleanor) : 2014. Eleanor Roosevelt [1884-1962], auteure, au terme de sa vie de :
« Tous les êtres humains ont des failles, tous les êtres humains ont des besoins, des tentations, des émotions. Les hommes et les femmes qui vivent de longues années côte à côte apprennent à connaître leurs faiblesses respectives, mais aussi ce qui les rend dignes de respect et d’admiration. […]
Il (Franklin Roosevelt) aurait pu être plus heureux avec une épouse dépourvue de sens critique. Ce que je n’ai jamais été capable d’être, il lui fallut le trouver chez d’autres… » 414 (Cf. Femme. Remarquable. Femme. Mère)

Femme (Épouse de. Roy Tatiana) (1) : 1990. Françoise Verny [1928-2004] dans son livre, Le plus beau métier du monde, concernant Tatiana Roy [?-2012], épouse de Jules Roy [1907-2000], écrit :
« Tania, d’origine russe [née en Bulgarie de parents émigrés russes] mère de deux enfants quitte son métier et sa famille pour se vouer à l’écrivain. […]
Devenue son épouse et sa collaboratrice, elle accepte de mener une vie quasi conventuelle en sa compagnie pendant les deux années, de 1966 à 1975, qu’il sacrifie à la saga algérienne, Les chevaux du soleil.
Elle lui offre sa présence, sa compétence… et son sourire… indispensable à ce mélancolique. […] »
N. B. Je découvre qu’elle-même a écrit des poèmes, un roman, un récit et traduit plusieurs romanciers et poètes russes (dont Ossip Mandestam [1891-1938]). (Cf. Femme. Écrivaine)

Femme (Épouse de. Roy Tatiana) (2) : 2000. Présentation de Tatania Roy [ ?- 2012], par « les éditeurs » de son livre Bonheurs quotidiens [2000. Éditions Tirésias] :
« Être l'épouse d'un grand écrivain est une situation à la fois terrible et merveilleuse, tel devrait être notre avis, certes sommaire, mais Tatiana Roy, toute en finesse, avec malice et un immense talent, nous livre, jour après jour, ses relations jamais atones avec Jules Roy et nous irradie cette drôle d'aventure. Elle nous narre ses émois, ses peurs à rassurer, ses allégresses à partager l'ombre et la lumière de « son » Julius; alors l'écriture devient comme une empreinte à cette vie si peu commune. Elle nous dit sans fard, avec une vraie nudité, cruelle et pourtant si belle, non exhibitionniste, ses regrets de femme de lettres, parfois son calvaire de femme sensible, sensuelle, se sentant abandonnée, mais toujours chan­tant son amour pour celui qu'elle nomme « son grand écrivain de mari ». Avec elle, nous traversons sa première rencontre, un peu rude, et avec elle, nous sommes désarçonnés de l'accueil qui lui est fait, à la limite de la maniaquerie, elle si nonchalante. De page en page, elle va nous apprendre à aimer cet homme, à prendre conscience de son œuvre, de sa sensibilité et de sa place dans l'histoire de la littérature française, de cette fin du XXe siècle. » (Cf. Femme. Écrivaine)

Femme (Épouse de. Ruiz Raoul. Valeria Samento) : Valeria Samento [1941-2011], auteure de :
« J’ai monté autour de 70 films de Raoul (sur 120), plus de la moitié. Pour Raoul, c’était beaucoup plus facile de faire le montage avec moi, parce que, le soir, dès fois, il se rappelait des choses : il me disait : ‘Fais ça, ça, ça, ça, ça…’. Je pouvais arriver tôt dans la table de montage et changer beaucoup de choses. Donc c’était très commode pour lui de m’avoir à côté (rires) pour faire le montage. Mais c’est comme ça…c’était notre échange. Il écrivait le scénario pour moi ou on écrivait ensemble le scénario et je faisais le montage de ce film.…
Je suis réalisatrice et monteuse. J’essayais toujours de faire mes films aussi à côté. Donc, c’était me laisser une espèce de parcelle de liberté. Si j’avais un tournage, je partais. S’il avait un tournage, il partait. Mais toujours, c’était des contacts par téléphone, tous, tous, tous les jours. Et on essayait toujours de se voir, même pendant un tournage, s’échapper un week-end…Nous avons passé ensemble plus de 40 années, 42… » 415
* Ajout. 4 mai 2016. (mai) 2016. Dans Le Monde Diplomatique une quasi pleine page est consacrée à Raoul Ruiz : aucune référence n’est faite à Valeria Samento. Et on l’on peut même lire :
« […] Ruiz restera celui qui s’est débrouillé, pendant toute son existence, pour parvenir à faire du cinéma tout le temps. » 416 (Cf. Culture. Cinéma)

Femme (Épouse de. Sarraute Nathalie) : 1987. Nathalie Sarraute [1900-1999], auteure de :
« Raymond [1902-1985], son mari, avocat] […] « a joué un rôle immense dans ma formation littéraire. […]
L’entente était complète dans ce domaine-là [artistique, littéraire] qui pour moi est essentiel. » 417 (Cf. Justice. Avocat)

Femme (Épouse de. Soljenitsyne Natalia) : 1940. 1956. 27 avril 1940 : mariage d’Alexandre Soljenitsyne[1918-2008] et de Natalia Alexeïevna Rechetovskaïa [1919-?] . Le 7 juillet 1945, son mari ayant été condamné à huit ans de prison pour activités ‘contre-révolutionnaires’, elle est renvoyée en 1948 de l’Université de Moscou, et doit divorcer en 1952 en tant qu’épouse d’un ‘ennemi du peuple’ afin de retrouver un emploi. Alexandre Soljenitsyne, ayant été officiellement ‘réhabilité’ en 1956, il et elle se remarieront le 2 février 1957. En 1972, ils divorceront à nouveau.
- Je lis dans le livre de Nina et Jean Kéhayan, Rue du prolétaire rouge [1978] qui vivaient à Moscou lors de la dénonciation de Soljenitsyne :
« Pendant des semaines, tout ce que l’Union soviétique comptait de journaux, de stations de radio et de télévision s’est mobilisé pour faire la preuve de la malfaisance d’un homme. […] L’agence de presse Novosti retrouva même sa première femme et lui tint la plume pour la rédaction de ses mémoires. […] La mobilisation était totale. […] » 418

Femme (Épouse de. Tirole Nathalie) : 2017. Nathalie Tirole déclara en Suède à un journaliste après l’attribution à son mari, Jean Tirole, du prix Nobel de sciences économiques :
« J’ai beaucoup investi dans mon mari. Là, c’est le retour sur investissement. »
Et Bernard Cassen du Monde Diplomatique, qui cite cette phrase, poursuit :
« On a connu des visions plus poétiques des relations de couple. Madame donnait ainsi raison à Karl Marx [1818-1883] : l’auteur, avec Friedrich Engels [1820-1895], du Manifeste Communiste [1848] disait de la bourgeoisie qu’elle avait noyé toute sentimentalité dans ‘les eaux glacés du calcul égoïste’. » 419 (Cf. Homme. Modeste, Économie)

Femme (Épouse de. Tocqueville Marie de) (1) : 1843. Alexis de Tocqueville [1805-1859] écrit à Louis de Kergolay [1804-1880], l’un de ses meilleurs amis, le 27 septembre 1843 concernant son épouse, Marie, [1799-1864] [née souus le nom de Marie Mottley]
qu’il « a trouvé dans un état d’exaspération véritablement désespérant » :
« […] Écris nous souvent à moi et à Marie à laquelle tes lettres font du bien. Tu es le seul homme qui ait quelque influence sur elle. Encore, est-ce limité. Car elle a un de ces esprits qui ne cèdent que par l’effet de leur propre volonté et qui ne puisent guère qu’en eux seuls les principes et les motifs de cette volonté. » 420
Quel hommage !

Femme (Épouse de. Tocqueville Marie de) (2) : 1843. Marie de Tocqueville [1799-1864], souvent ‘trompée’ par son mari, bouleversée de ses infidélités [« Le moindre écart de ma part lui parait le dernier et le plus affreux des malheurs »], Louis de Kergolay [1804-1880] accepta de jouer le rôle d’intermédiaire entre eux deux. Il avait tenté, le 30 août 1843, de lui prêcher l’indulgence, sur le fondement de cet argument :
« Je vous dirais sans hésitation que vous confondez toujours deux choses, l’infidélité des mauvaises habitudes et l’infidélité du cœur. Vous raisonnez sur les mœurs des hommes avec les sensations d’une femme. » 421 (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Politique. État, Loi, Morale, Patriarcat, Tocqueville Alexis de)

Femme (Épouse de. Tolstoï Sophie) : Il aura fallu, en France, attendre 1980 pour la publication du Journal intime de Sophie Tolstoï [1844-1919], pour enfin connaître cette femme exceptionnelle et détruire les mensongères accusations dont elle a été, toute sa vie et bien après sa mort, l’objet. Soit environ un siècle. Le prix à payer pour que soient connues les femmes dont la vie détruise le mythe des ‘grands hommes’ ? 422 (Cf. Hommes. « Grands », Penser. Mythe)
* Ajout. 13 juin 2017. Je lis dans Les passions d’Henri Guillemin [1903-1992] :
« Le 28 octobre 1910, Tolstoï [1828-1910] accomplit l’acte qui lui a posé problème depuis près de trente ans [quitter après 48 ans de vie conjugale, sa femme et sa résidence d’Iasnaïa Poliona, et mourir dans une petite gare de la ligne Moscou-Rostov]. Non seulement sa femme Sophie ne l’a pas suivi dans son évolution morale, mais […]…»
- Mais pourquoi eut-il fallu qu’elle le « suive », elle qu’il rejetait ? 423 (Cf. Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Femme (Épouse de. Triolet Elsa) : (autour de 1960. sans date) Elsa Triolet [1896-1970) écrit à Louis Aragon [1897-1982] :
« Il n’est pas facile de te parler. Tu sembles oublier que nous vivons l’épilogue de notre vie, qu’ensuite il n’y aura plus rien à dire et que l’index lui-même d’autres le liront - pas nous.
Je te reproche de vivre depuis trente-cinq ans comme si tu avais à courir pour éteindre un feu. Dans ta course, il ne faut surtout pas te déranger, ni te devancer, ni t’emboîter le pas, ni te suivre - quel que soit l’ouvrage - aussi bien couper des branches sèches, il ne faut surtout pas s’aviser de faire quoi que ce soit avec toi, ensemble. Cette dernière entreprise est bien ce que j’avais vécu de plus affreusement triste. Tu es là à trembler devant mes initiatives, jamais tu ne discutes, tu ne fais que crier ou tu ‘prends sur toi’. Le plaisir normal de faire quelque chose ensemble, tu ne le connais pas. Un mot anodin à ce sujet et tu te mets à m’expliquer la montagne de choses que tu as à faire. Comme au téléphone, tu racontes toutes tes activités, à n’importe qui, pour expliquer que tu ne peux pas voir ce quelqu’un justement maintenant. En somme, rien de changé depuis l’exposition anti-coloniale.
Pourtant, il serait peut-être aussi urgent de parfois nous rencontrer. Il nous reste extrêmement peu de temps, et tu le sais mieux que quiconque. Mon Dieu, ce que la sérénité me manque, toute une vie comme dans la voiture où je ne peux jamais te dire ‘regarde ! ’ puisque toujours tu lis ou tu écris, et qu’il ne faut pas te déranger.
J’étouffe de toutes les choses pas dites, sans importance, mais qui auraient rendu la vie simple, sans interdits. Avoir constamment à tourner la langue sept fois avant d’oser dire quelque chose, de peur de provoquer un cyclone - et lorsque cela m’échappe, cela ne rate jamais ! J’y ai droit.
Pourquoi je te le dis ? Pour rien. Comme on crie, bien que cela ne soulage pas. La solitude n’est pas le grand thème de mes livres, elle l’est - de ma vie. J’y suis habituée, je m’y plais après tout. À l’heure qu’il est, le contraire me dérangerait. Ce que je veux ? Rien. Le dire. Que tu t’en rendes compte. Mais j’ai déjà essayé, je sais que c’est impossible. Et si tu me dis encore une fois combien juste maintenant tu tiens tout à bout de bras - je casse tout dans la maison ! Je ne mendie pas, rien, ni ton temps, ni ton assistance, ce que je ne supporte pas c’est la manière dont tu te tiens sur la défensive, les barbelés et les fossés. Ma peine te dérange, il ne faut pas que j’aie mal, juste quand tu as tant à faire. Moi aussi je prends sur moi, et même je ne fais que cela. À en éclater, à sauter au plafond. Même ma mort, c’est à toi que cela arriverait.
Et puis - zut ! Je suppose que quand on n’a pas de larmes, il vous faut une autre soupape. Allons mettons que ce que je ressens soit pathologique, et consolons-nous avec ça. Autrement tu vas encore me sortir que ‘tu as encore commis un péché…’ Et si c’était vrai ? Un péché contre un semblant de bonheur. Je te rappelle seulement l’heure : nous en sommes à moins cinq. Ne me dis pas à moi six et demi, parce que c’est la même chose.
Donc il ne s'agit pas de faire un énième petit pas et c'est bien pour ça que je pense que nous pouvons le faire et le réussir. Il s'agit de construire une transformation en profondeur qui va nous amener les uns et les autres à changer les réflexes, les habitudes et je crois que c'est ce que vous attendez de nous et au fond de vous-mêmes. […] Ceci pour vous donner les jalons et les précisions mais au-delà de ce sujet, pour vous dire que ce défi, et je sais que vous n’êtes pas ici à convaincre, est un des défis essentiels pour notre nation. D’abord, parce que c’est ce qu’attendent nos concitoyens de nous.
» 424 (Cf. Femme. « Féminin», Homme. « Intellectuel ». Aragon Louis)

Femme (Épouse de. Trotsky. Natalia Ivanova) (1) : 1942. Deux ans après l’assassinat de Trotsky (le 21 août 1940), Victor Serge [1890-1947] rencontre, en janvier 1942, Natalia Ivanovna [1882-1962], son épouse, dorénavant veuve :
« Pauvre femme, toute menue, vêtue de laine grise dont la souffrance a ravagé le visage. Elle semble tout le temps sur le point d’éclater en sanglots, mais les sanglots même de sont éteints, elle vit ainsi – ombre. Elle a un très bon regard, on la sent très droite et très bonne. »
Puis, il évoque des désaccords politiques entre eux et écrit :
« Nous aurions trop à répondre et il est évident que, fidèle à la mémoire du Vieux (Trotsky) jusque dans l’erreur, cela ne servirait qu’à la peiner. […] » Il conclut enfin : « Nous nous quittons amicalement, sans pouvoir conclure. Nous avons passé une triste heure de crépuscule à discuter avec l’ombre inquiétante du Vieux. » 425 (Cf. Femmes. Veuves)

Femme (Épouse de. Trotsky. Natalia Ivanova) (2) : 1942. Dans les mêmes Carnets de Victor Serge, lit plus loin l’appréciation qu’Alice Rühle [1894-1943], épouse d‘Otto Rühle [1874-1943], psychanalyste adlérienne, écrivaine et militante féministe porte sur l’épouse de Trotsky : à savoir qu’elle lui « trouve meilleure mine maintenant que du vivant de Vieux» mais aussi « qu’elle était totalement inhibée par la puissante personnalité du Vieux. Silencieuse, effacée, n’intervenant jamais en rien… Elle est beaucoup plus vivante aujourd’hui. » 426 […] (Cf. Femmes. Veuves)

Femme (Épouse de Trotsky. Natalia Ivanova) (3) : 1949. Une lettre de Cornelius Castoriadis [1922-1997] du 18 mai 1949, que celui-ci adressa à Natalia Ivanovna [1882-1962] dévoile son rôle politique et / ou la déférence qui serait due à la-veuve-du-grand-homme :
« Le courage moral et la clairvoyance avec lesquels vous avez pris plusieurs fois position contre l’opportunisme et la direction actuelle de la IVème internationale (Trotskyste) nous font attribuer une importance exceptionnelle à vos appréciations et nous permettent d’espérer que nous aurons votre soutien dans notre lutte (celle de Socialisme ou Barbarie). » 427

Femme (Épouse de Trump Donald. Melania Trump) : 2018. Donald Trump , le 16 décembre 2018 à la Maison Blanche félicité Mélania « notre formidable première dame » pour avoir « travaillé si dur » à l’installation des décorations de Noël. […]. »
« Bienvenue à la Maison-Blanche, passez une bonne soirée. Joyeux Noël, bonne année et bonne santé » , a-t-elle, à sa ensuite, pour sa part, déclaré. 428 (Cf. Femmes. Silences, Homme. « Politique »)

Femme (Épouse de Verlaine. Mathilde) : 1951. Concernant Madame Mathilde Verlaine [éée sous le nom de Mathilde Meauté. 1853- ?], épouse de Paul Verlaine [1844-1896], on lit dans les Entretiens de Paul Léautaud [1872-1956] :
« C’est très joli d’être la femme d’un grand poète, mais d’être celle d’un ivrogne qui pourrait vous donner un coup de couteau, tout de même, c’est à considérer ! Il y a des gens qui sont portés à dire que, quand on est l’épouse d’un grand homme, il faut tout supporter avec lui. Ce sont ceux qui ne vivent pas avec lui ! » 429
- Les Mémoires de ma vie présentés comme signés par Ex-Madame Paul Verlaine ont été réédités en 2014. [Éditions Champ Vallon. 256p.]

Femme (Épouse de. Wilde Constance) : 1985. Lire la concernant, le livre d’Anne Clark Amor, Madame Oscar Wilde. 430
Un livre documenté, respectueux de ce que fut la vie de Constance Mary Llyod [1858-1898], épouse d’Oscar Wilde [1854-1900], mais dont malheureusement, quelques (rares) références masquent mal des partis-pris non justifiés. Trois exemples de phrases qui m’ont mises mal à l’aise :
- (Concernant la sortie de la prison d’Oscar Wilde) :
« Le jour suivant, peu après 6 heures du matin, il fut remis en liberté, tandis qu’à ce moment précis Constance commettait une erreur très grave. Ce qu’elle aurait dû faire de toute évidence, c’était d’attendre son mari à la porte de la prison pour le suivre dans son exil. […] » (p.269)
- « Vis à vis de ses deux fils, elle a joué un rôle capital. Toutefois, elle n’a jamais égalé son remarquable époux [...] » (p.293)
- (Dernière phrase du livre) : « Certes, elle aurait souhaité éviter, dans la mesure du possible, ses innombrables motifs de chagrin, mais jamais au détriment de sa vive et durable passion (comprendre : son mari) ; son rôle essentiel tout au long de l’existence, ne fut-il pas tout simplement d’être madame Oscar Wilde ? » (p.299)

Femme (Épouse de. Woolf Virginia) : (28 mars) 1941. Lettre de Virginia Woolf [1882-1941] à son mari, Leonard Woolf [1880-1969], écrite, le 28 mars 1941, avant sa décision de se suicider :
« Mon chéri, J’ai la certitude que je vais devenir folle à nouveau : je sens que nous ne pourrons pas supporter une nouvelle fois l’une de ces horribles périodes. Et je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et je ne peux pas me concentrer.
Alors, je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible. Tu as été pour moi ce que personne d’autre n’aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu être plus heureux que nous jusqu’à l’arrivée de cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter davantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et tu travailleras, je le sais.
Vois-tu, je ne peux même pas écrire cette lettre correctement. Je ne peux pas lire. Ce que je veux dire, c’est que je te dois tout le bonheur de ma vie. Tu t’es montré d’une patience absolue avec moi et d’une incroyable bonté. Je tiens à dire cela - Tout le monde le sait. Si quelqu'un avait pu me sauver, cela aurait été toi. Je ne sais plus rien si ce n'est la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer à gâcher ta vie plus longtemps. Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été.
Si quelqu’un avait pu me sauver, cela aurait été toi. Je ne sais plus rien si ce n’est la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer à gâcher ta vie plus longtemps. Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été
. » 431
* Ajout. 25 octobre 2017. (avril) 1941. Lu cette analyse d’Anaïs Nin [1903-1977], après qu’elle eut, dans son Journal, reproduit une partie de cette lettre de Virginia Woolf :
« Étonnamment direct et simple de la part d’un écrivain qui a exploré toutes les ambiguïtés de la langue anglaise, dont l’écriture était si abstraite et labyrinthique. Simple, direct, comme toute vraie souffrance. C’était la première fois qu’elle s’exprimait comme un être humain. » 432

Femme (Épouse de. Zola Alexandrine) : 1997. Je ne peux que renvoyer au livre passionnant, précis, rigoureux, juste d‘Évelyne Bloch-Dano, Madame Zola. [1839-1925]
Trois remarques critiques : l’emploi des termes d’« inquisitrice », de « victime agressive » (p.244) et de « veuve abusive » (p.302) ne sont pas, dans le contexte dans lequel ils furent employés, appropriés. 433

V. Femme (Journaliste) :

Femme (Journaliste) (1) : [Une journaliste de retour d’enquête] :
« Encore une fois, j'ai rencontré des femmes remarquables. »

Femme (Journaliste) (2) : 2018. Entendu une ex-journaliste déclarer :
« J’ai douté de l’utilité du journalisme quand j’ai découvert que l’on ne pouvait pas s’exprimer librement. »

Femme (Journaliste. Adler Laure) : (26 septembre) 2017. Laure Adler, s’adressant à Anne Sylvestre, auteure de :
« Vous savez que c'est ringard de se dire féministe ? » 434

Femme (Journaliste. Broué Caroline) : (4 août) 2019. Caroline Broué responsable d’une émission de France Culture, consacrée à - et d’un grossier parti-pris négatif à l’encontre de - Françoise Giroud [1916-2003] a été reprise par l’une de ses deux invitées, Sonia Mabrouk :
« Je n’aime pas qu’on déboulonne les statues.
» 435 (Cf. Culture. Patriarcale, Femme Journaliste. Giroud Françoise. Saint-André Alix de)

Femme (Journaliste. Caster Sylvie) : 1985. Sylvie Caster, venue de Charlie Hebdo, première femme permanente embauchée en 1985 au Canard Enchaîné (créé à la Libération) était en charge d’une rubrique intitulée : Calamity Caster (dont l’intitulé lui fut imposé). Elle témoigne : « Il y a une femme qui écrit dans le Canard, et c’est une calamité. […] C’est évidemment intéressant, parce que c’est signaler ouvertement, et s’en rendre compte, qu’on a un problème avec les femmes. » 436
Il faut savoir qu’avant elle, les articles antérieurs signés Jeanne-la-Cane et Valentine de Coincoin étaient écrits par des journalistes hommes du Canard.
- Pour une analyse critique, lire le chapitre 28 intitulé : « Une citadelle sans les femmes » du livre de Karl Laske et Laurent Valdiguié, Le vrai Canard. 437

Femme (Journaliste. Gesbert Patricia) : 2018. Sur France Culture, Patricia Gesbert concernant les conséquences de « l’affaire Weinstein », le 27 juin 2018, pose à Annie Ernaux la question suivante :
« Est-ce qu’il n’y a pas un risque d’obsolescences des hommes » ?
- Puis évoquant l’avortement vécu par Annie Ernaux, elle le qualifie d’« évènement intime ». 438 (Cf. Féminisme, Langage. Critique de mot : « Évènement », Patriarcat. Weinstein Harvey)

Femme (Journaliste. Giroud Françoise) (1) : 1980. Lu sous la plume de Michèle Manceaux [1933-2015] l’une des journalistes qui a travaillé avec Françoise Giroud [1916-2003] à L’Express [qu’elle quitte en tant que directrice de rédaction en 1974] :
« Les femmes que Françoise Giroud avaient réunies n’étaient pas des féministes militantes mais d’instinct, elles visaient à se créer, à créer. On peut se demander si elle agissait ainsi dans l’intérêt des femmes ou dans l’intérêt du journal, mais les femmes du journal y trouvaient leur compte. Elles étaient propulsées plutôt que barrées. Comme on leur faisaient confiance, elles ne se méfiaient pas les unes des autres. Elles ne se jalousaient pas. Elles se racontaient leurs aventures et leurs soucis. Pas un mois où nous n’avions à résoudre collectivement un problème posé par un avortement (la pilule n’existait pas), par un divorce, un chèque sans provision, un déménagement à la cloche de bois, un enfant malade. Nous ne comptions pas sur les hommes. » 439 (Cf. Femme. « Politique ». Giroud Françoise. Femmes. Solidarité. Sororité)

Femme (Journaliste. Giroud Françoise) (2) : 1997. Lu dans le livre de Christine Ockrent, La mémoire du cœur, elle-même journaliste :
« […] On se préoccupe toujours moins de ce que pensent les femmes. À l’exception des vraies professionnelles, de celles qui sont passées entre les mains habiles de Madame Giroud, ravissantes et malignes péronnelles lâchées dans le milieu journaliste pour y butiner à loisir. Elles y ont toutes fait carrière, continuant à briller de leurs feux et faisant des émules .» 440 (Cf. Femme. « Politique ». Giroud Françoise. Femmes. Solidarité. Sororité)

Femme (Journaliste. Giroud Françoise) (3) : 2003. Selon Françoise Giroud [1916-2003] concernant Pierre Mendès-France [1907-1982], « il n’existait pas de traces de misogynie chez cet homme. Il respectait les femmes et cela ne l’étonnait nullement de me voir m’intéresser à la politique. Le contraire lui aurait apparu anormal. » 441
- « Moi-je-en-politique » : la norme sur laquelle fonder un jugement ? (Cf. Femme. « Politique ». Giroud Françoise, Homme. « Politique ». Mendès-France Pierre)

Femme (Journaliste. Manceaux Michèle) : 1980. Michèle Manceaux [1933-2015], auteure, en 1980, concernant le traitement par les hommes des femmes journalistes en France :
« Sauf quelques cas isolés, promus au rang d’exception, c’est à dire d’alibis qui permettent d’autant mieux de refuser les autres, on se méfie des femmes. Leurs idées ne sont pas considérées comme politiques, surtout quand elles choquent, c’est à dire quand elles le sont. » 442 (Cf. Penser. Pensée. Idée, Patriarcat)

Femme (Journaliste. Ockrent Christine) (1) : 1991. En conclusion d’une présentation de Clarence Thomas [Juge à la Cour Suprême], accusé de harcèlement sexuel par Anita Hill, Christine Ockrent écrivit :
« On ne saura jamais si Anita Hill a menti, ni pourquoi Clarence Thomas a été confirmé à deux voix près. Le poids du vote noir [pour rappel : Anita Hill avait, elle aussi, la peau noire] et le calcul politique l’ont emporté. Mais l’Amérique a honte d’avoir tant appris sur elle-même (sic), et d’avoir dans la confusion des genres et des valeurs, tant fouillé sa conscience. La télévision jusqu’à la caricature a rempli sa fonction de montrer au plus grand nombre les jeux du cirque politique .
Nos chaînes ont beau jouer à l’Amérique ( ? ), nos mœurs ne sont pas encore les siennes; en matière de sexe, de politique et de mensonges, nos scénarios sont différents. Au moment où ici on s’interroge avec beaucoup de raison et un peu d’hypocrisie, sur les dérapages de l’information-spectacle, en voici un qu’il vaut mieux s’épargner, tant pis sur l’audimat. » 443 (Cf. Patriarcat. ‘Affaire’ Weinstein, Politique. Nationalisme, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Femme (Journaliste. Ockrent Christine) (2) : 2018. À l’occasion de la visite en France en avril 2018 du dirigeant d’Arabie Saoudite depuis son coup d’état réussi Mohammed ben Salmane, Christine Ockrent, auteure du Livre noir de la condition des femmes (XO Éditions. 2006] animait une rencontre au Musée des Arts et métiers, le 9 avril, avec deux « députées » de la monarchie islamique sur le thème : « L’évolution du rôle des femmes dans la société Saoudienne. » 444
Il est probable qu’elle n’y ait vu aucune contradiction. Pas même une dissonance ? (Cf. Droit. Santé)

Femme (Journaliste. Saint-André Alix de) : (4 août) 2019. Alix de Saint-André, interviewée concernant Françoise Giroud [1916-2003], parle d’Alma Malher [1879-1964], en ces termes : « une bonne femme épouvantable, une horreur », « très antipathique », « cette horreur ».
Quant à Françoise Giroud, on ne sait pourquoi, « elle jouait les idiotes dans les diners », et elle n’avait pas été choisi par Valéry Giscard d’Estaing au lieu et place de Simone Veil - pourquoi aurait-elle dû l’être ? mystère - parce qu’elle « n’était pas un parangon de vertu ». 445 (Cf. Femme. Journaliste. Broué Caroline)

Femme (Journaliste. Taro Gerda) : XXème siècle. Gerda Taro (Gerta Pohorylle) [1910-1937], première femme reporter de guerre, « tuée dans l’exercice de ses fonctions », en soutien à la République espagnole et aux brigades internationales. Elle meurt à 27 ans, dans la guerre d’Espagne, écrasée par un char dans d’« affreuses souffrances ».
«Quand je pense à tous les gens extraordinaires qui sont mort dans cette guerre, j’ai l’impression qu’il n’est pas juste que je sois encore en vie »
avait-elle écrit avant sa mort. 446
- Concernant ses relations avec l’agence de presse CAPA, je lis dans le Monde 447 la critique de la biographie allemande [2006] qui lui a été consacrée :
« […] Mais pourquoi son travail a-t-il été occulté ? C'est là que le livre d'Irme Schaber devient passionnant. Cette femme libre a d'abord été transformée, dès sa mort, en icône antifasciste par le parti communiste français. Sa disparition fait les gros titres de la presse du PCF. Pas moins de 10 000 personnes accompagnent sa dépouille au Père-Lachaise sur fond de Marche funèbre de Chopin. Paul Nizan et Louis Aragon font son éloge alors que sa tombe est sculptée par Giacometti. De plus, Capa [Robert Capa.1913-1959], écrit Schaber était ‘habitué à considérer comme siennes les images de Gerda’. Elle montre comment, en onze mois d'Espagne, les photos de Taro ont été publiées sous la signature ‘Capa’, puis ‘Capa/Taro’, et enfin ‘Taro’ seule. Mais sa disparition brutale et la notoriété du photographe hongrois ont fait que des ‘photos Taro’ sont devenues des ‘photos Capa’ et que ce dernier a ‘favorisé ces transformations’. [...]» 448 (Cf. Femmes. Nom des)

VI. Femme (Mère) :

Femme (Mère) (1) : Aux mères mortes sur l’autel de la famille, la patrie amnésique…

Mère (2) : Il y a tant de mères qui n’aiment pas leurs enfants, ou l’un-e ou l’autre plus particulièrement ; tant de mères dont les enfants ne comblement pas leur vie et/ou ont brisé leurs espoirs de vie ; tant de mères qui sont d’abord et avant tout épouses, amantes ; tant de mères qui transfèrent sur leurs enfants, l’image détestée du père ; tant de mères, qui, plus largement, ne peuvent construire la place d’un-e autre dans leur vie ; tant de mères enfin qui le sont devenues sans même comprendre ni comment, ni pourquoi, et - la norme - qui n’avaient aucune conscience des conséquences ; tant de mères qui ne peuvent l’être « n’ayant jamais été enfant » 449
Constat, dont les effets ravageurs seraient sans aucun doute moindres si l’imposition de la norme jamais définie (et pour cause) : « être une bonne mère » - qui libérerait l’inconscient, la parole, le vécu si souvent insupportables - était moins écrasante, moins étouffante, moins invivable. (Cf. Homme. Famille. Mère, Patriarcat. Père)

Mère (3) : Je m’interroge : comment une mère peut-elle croire que son fils puisse être président de la république ?

Par ordre alphabétique. Femme. Mères :

Mères (Abderrhaim Souad) : (9 novembre) 2011. Souad Abderrhaim, responsable du parti Tunisien Ennahda, alors parlementaire, avait déclaré que :
« Les mères célibataires ne devaient pas aspirer à un cadre légal qui protège leurs droits. » Et que :
« La famille ne doit pas être formée en dehors des liens du mariage. » 450 (Cf. Femme. « Politique », Famille)

Mère (Admirable) : 2018. Un femme peut, de son vivant, être qualifiée publiquement de « mère admirable ». Elle devra attendre sa mort et / ou d’être veuve, pour être qualifié - rarement - d’épouse admirable.

Mère (Akerman Chantal) : 2018. Chantal Akerman [1950-2015], après évoqué son père, gantier qui, ayant commencé à travailler à 15 ans, avait (lui aussi) des ambitions qu’il n’a pu réaliser, poursuit :
« Ma mère voulait, avec sa mère qui, elle, peignait, faire une maison de haute couture. Et puis… Rien... »
[Un jour] elle m’a dit : « Tu sais j’ai travaillé avec ton père, mais je n’en avais pas envie. Si j’ai fait ça, c’est pour aider. Mais ce n’était pas ce dont j’avais envie. » 451
- N.B. Cette citation ne révèle en rien la complexité des rapports entre Chantal Akerman et sa mère, déportée à l’âge de 15 ans et demi, abordés dans leur complexité, notamment dans l’interview sus évoqué. (Cf. Femmes. Travail, Féminisme. Mère)

Mère (Agout Marie d’) : 1806. 1833. Marie d’Agout [1805-1876], auteure dans Mes souvenirs de :
« Je ne voulais pas éloigner de moi les enfants qui m’étaient nés (hors mariage) dans des conditions où, selon la loi française, je ne pouvais rien être pour eux. Ni mon nom n’avait pu leur être donnés, ni ma fortune ne devait leur appartenir ; d’autant plus tenais-je à leur garder toute ma tendresse et à ne jamais paraître désavouer une maternité contre la quelle conjuraient ensemble toutes les sévérités de la loi et de l’opinion. »
Ses trois enfants, qui lui furent « ôtés brutalement », s’appelaient Blandine Liszt, Cosima Liszt et Daniel Liszt. Il importe aussi de noter que lorsqu’elle a quitté son mari (avec lequel elle avait eu deux enfants dont l’une été décédée) pour vivre avec Liszt, ipso facto, elle « perdait tous ses droits maternels» et donc la garde de Claire Christine d’Agoult. 452 (Cf. Enfants, Famille, Patriarcat)

Mère (Agrippine) : Agrippine [4 novembre 16-29 mars 59], auteure de :
« Qu’il [son fils, Néron] me tue, pourvu qu’il règne. » 453 Ce qu’il fit.

Mère (« Assistance publique ») : 2015. Un enfant « placé » entendit de sa mère déclarer avant sa décision (pour la justifier) :
«L’assistance publique n’est pas faite pour les chiens.
» 454 (Cf. Êtres humains, Enfants. Politique. Animalisation du monde)

Mère (Berr Hélène) : 1943. Hélène Berr [1921-1945], auteure de :
« Je comprends le tourment de maman, sa souffrance est décuplée, elle est multipliée par le nombre de vies qui dépendent d’elle. » 455

Mère (Blanqui Auguste) : 1887-1900. Lu dans Choses vues de Victor Hugo [1802-1885] concernant Auguste Blanqui [1805-1881] :
« En 1848, quand Blanqui sortit de prison - où il est enfermé depuis 1840 - (Hôpital de Tours), il vint sur le champ à Paris. Sa vieille mère qui l’adorait se mit à sa recherche, allant chez lui cinq ou six fois par jour sans le trouver. Le troisième jour de son arrivée, il alla à La Réforme et dit à Ribeyrolles ‘J’ouvre un club. Annonce-le’. - J’annonce tous les clubs, dit Ribeyrolles. J’annoncerai le tien. As-tu vu ta mère ? - Il s’agit bien de ma mère, dit Blanqui, il s’agit de mon club.» (Conté par Ribeyrolles, hier 18 mars 1857 à Guernesey). » 456 (Cf. Homme. « Politique », Famille, Langage. Possessif, Politique. Lutte de femmes. Blanqui)

Mère (Blum Léon) : 2003. Jean Lacouture [1921-2015] présente Adèle Marie Alice Picart [1841- ?] comme la « mère courageuse [de Léon Blum.1852-1950] qui coupe les pommes en tranches strictement égales pour que personne n’ait une meilleure part que l’autre […]. » 457 

Mère (Brigitte) : 2007. Brigitte [nom réel non dévoilé], auteure de :
« Je suis née près de Blois, en août 1961. Pour ma mère, ce fut bien trop tôt. Ma naissance est son drame. […] Je serai donc à vie l’enfant de trop. » 458 (Cf. Enfants)

Mère (Burkhart Christiana) : 1817. Dans l’Index des noms de personnes citées et présentées dans le Tome II de la Correspondance de Hegel [1770-1831], on lit :
« Burkhart, Christiana, Charlotte, Johanna, née Fischer (née en 1778), mère du fils naturel de Hegel, Ludwig Fischer. » 459
- La concernant, voici ce que l’on lit dans la Correspondance de Hegel, une lettre qui lui fut adressée, le 19 avril 1817 :
« Voss a depuis amené ici Ludwig [Hegel]. Je lui ai fait connaître la mort de sa mère. Elle l’a plus affecté que moi. Il y a longtemps que mon cœur en a fini avec elle ; je ne pouvais plus encore que craindre des contacts désagréables entre elle et Ludwig - et aussi indirectement avec ma femme - et, pour moi, des choses extrêmement désagréables. Ludwig est pour moi et ma femme (Marie von Trucher) un sujet de joie. » [à reprendre]
- On lit sur Wikipédia concernant Hegel :
« En 1811, il (Hegel) épouse Marie von Trucher qui appartient à une famille patricienne de la ville. Ils ont deux fils : Karl Hegel [1813-1901] qui deviendra historien, et Immanuel Hegel [1814-1891]. » (Cf. Êtres humains, Enfants, Femme. Épouse. Hegel Maria)

Mère (Calamity Jane) : 1997. Dommage que les Lettres à sa fille de Calamity Jane [1856-1803] [Martha Jane Cannary] se soit avérées un faux (elle ne savait ni lire ni écrire) : elles sont en effet crédibles et touchantes et attachantes.
La fin : « Pardonne-moi et songe que j’étais solitaire. » 460

Mère (Catherine II) : L’époux de la future Catherine II de Russie [1729-1789, née Sophie Frédérique Augusta d'Anhalt-Zerbst], le futur éphémère Pierre III, informé, en septembre 1758, qu’elle était enceinte (après 13 ans de mariage, plusieurs fausses couches et deux enfants) déclara :
« Dieu sait où ma femme prend ses grossesses ; je ne sais trop si cet enfant est à moi et s’il faut que je le prenne sur mon compte. »
- Informée par son amant, Léon Narychkine [1760-1826] auquel, avec d’autres, ce « propos tout chaud » venait d’être adressé, et, bien qu’« effrayée » elle-même, l’impératrice écrit dans ses Mémoires avoir dit :
« Vous êtes tous des étourdis ; exigez de lui un serment comme quoi il n’a pas couché avec sa femme, et dites-lui que, s’il prête ce serment, toute de suite vous irez en faire part à Alexandre Chouvalov (homme ‘fort’ du régime de l’impératrice comme au grand inquisiteur de l’empire. »
- La réaction du père putatif fut : « Allez-vous en au diable et ne me parlez plus de cela. » 461 [à reprendre] (Cf. Femme. Remarquable. Catherine II de Russie, Patriarcat. Père)

Mère (Céline Louis-Ferdinand) : 1944. Céline [1894-1961] s’enfuit, en 1944, pour l’Allemagne, puis, en 1944, part avec un visa d’Allemagne pour le Danemark : il écrit alors à Marie Canavaggio, qui avait été sa secrétaire à Paris avant pour lui demander des nouvelles de sa mère qu’il a quittée à la mi-juin 1944. Marie Canavaggio lui ayant appris que sa mère est morte, il lui répond :
« Chère amie, vous pensez si vos deux lettres, reçues ce jour, m’ont bouleversé. Ma pauvre mère. Elle me hante. Je ne pense guère à autre chose. C’était elle la plus faible, la plus innocente. Elle a payé pour tout le monde… Je me repens effroyablement de mes duretés envers elle… Je ne pense plus qu’au Père Lachaise et à me retrouver avec elle… je la vois encore, nous quittant comme un pauvre chien congédié, au coin de l’avenue Junot […]. » 462

Mères (Chaperons) : Fin XIXème siècle. Edith Wharton [1862-1937], autorisée à assister exceptionnellement à un cours d’art dramatique du « vieil acteur » Delaunay [Louis. Arsène. 1826-2013] au Conservatoire, se souvient :
« Il n’y avait personne dans la salle, que ses jeunes élèves, garçons et filles, avec les mères (apparemment authentiques) de ces dernières, car à cette époque, même les actrices en herbe ne suivaient jamais de cours sans être chaperonnées ! » 463
N.B. La référence à « l’authenticité » des mères s’explique par le fait que là, comme à l’Opéra, l’on accusait de « fausses mères » de jouer le rôle d’entremetteuses entre les jeunes filles et les vieux messieurs, présents aux répétitions, aux aguets. (Cf. Femmes. Artistes, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Mère (Charlotte de Prusse) : 1839. Concernant Charlotte de Prusse Alexandra Feodorovna, [1798-1860], épouse de Nicolas 1er, empereur de Russie [1796-1855], mère de dix enfants, Astolphe de Custine [1790-1857] écrivit en 1839 :
« Elle n’appartient plus à la terre : c’est une ombre. Elle n’a jamais pu se remettre des angoisses qu’elle a ressenties le jour de son avènement au trône [tentative de coup d’état le 14 décembre 1825 qui fut réprimée par l’armée] : le devoir conjugal a consumé le reste de sa vie. Elle a donné trop d’idoles à la Russie, trop d’enfants à l’Empereur. ‘S’épuiser en grands ducs, quelle destinée’, disait [d’elle] une grande dame polonaise... » 464
- Pour une toute autre perception de cette femme, on peut se reporter aux Mémoires de la baronne d’Oberkirch dont elle fut la grande amie. 465

Mère (Chine. Début XXème siècle) : 1985. Lu dans le livre-récit-autobiographique de Xie Bingying [1906-2002] :
- «
[...] Maman, ça fait trop mal d’avoir les pieds bandés, je ne pourrais plus marcher. Ne fais pas ça, lui dis-je en sanglotant de terreur
- Si je te bande les pieds, c’est parce que je t’aime. Si je ne le faisais pas, c’est que je te voudrais vraiment du mal. Réfléchis, comment marier une fille aux grands pieds ?
[…]
- De ce jour, je fus obligée de rester assise au coin du feu à filer ou bien à me promener tout doucement dans la maison.
[…]
- Le jour de la fête des fleurs, ma mère profita de ce que j’étais profondément endormie pour percer un trou dans chacune de mes oreilles : Je fus brutalement arrachée à mes rêves par la douleur. Déjà elle avait glissé des fils de soie rouge dans mes deux oreilles.
- Bien ! Maintenant, j’ai déjà réglé deux de tes trois grandes affaires, me dit ma mère, joyeusement. Elle pensait que les trois grandes affaires d’une jeune fille, c’était : 1. Bander les pieds. 2 / Percer les oreilles. 3. Donner en mariage.
- Oui, il ne te reste plus qu’à régler ma mort, lui répondis-je furieuse, ce qui me valut une nouvelle fois, de subir sa colère. »
466 (Cf. Êtres humains, Corps, Femmes. Pieds bandés, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Mère (Claudel Louise-Athanaïse) : 1913-1929. Lu sous la plume d’Henri Guillemin [1903-192], que la mère de Camille Claudel [1864-1943] « n’ira pas la voir une seule fois de 1913 [date de l’internement de Camille] à 1929 [date de sa mort]. » 467
- Information importante mais bien courte… (Cf. Femme. Artiste Claudel Camille)

Mères (Collin Françoise) : 1977. Françoise Collin [1928-2012], auteure, en 1977, de :
« Le dégagement [des femmes] par rapport à la maternité biologique ou même pédagogique ne nous paraît pas suffisant.
La maternité n’est pas qu’un fait pour les femmes, elle est une attitude profondément ancrée en elles par l’éducation
.
Il est temps que les femmes cessent de jouer seules les mères universelles, en particulier les mères des hommes, celles qui les alimentent physiquement et moralement toute leur vie sans que jamais soit même reconnue cette origine.
Car les femmes ne mettent pas une fois les hommes au monde, elles les y mettent et les remettent tout le temps.
C’est auprès d’elles et en elles qu’ils viennent constamment refaire leurs forces pour aller ‘construire’ leur monde et produire, chacun à ses manières, leurs œuvres.
C’est auprès d’elles et en elles qu’ils viennent s’abriter et se consoler de la violence et de l’horreur de ce monde même : ils vident les femmes de leur propre substance, de leur vie
. […] » Lire tout le texte, important. 468 (Cf. Hommes, Famille. Patriarcat)
N.B. Le Journal de Jules Michelet [1798-1874] explicite, revendique à de nombreuses reprises ce rôle joué par sa jeune épouse sur et pour lui.

Mère (Darlan Eva) : 2016. Eva Darlan concernant sa mère :
« […] Partout, j’entendais d’elle : ta mère est une sainte. Je ne comprenais pas pourquoi. Je soupçonnais qu’il était question de mon père. Comme une imbécile qui ne connaît rien à la vie, je pensais qu’elle était maso. Je l’entendais soupirer à longueur de temps et chantonner d’une drôle de façon, mezza voce, comme pour se bercer elle-même. Je sais maintenant qu’elle a vécu un enfer, chaque jour, et que ses seules consolations ont été ses enfants petits et la religion. Maigre consolation pour une vie de cauchemar. Mais peut être que d’autres n’ont pas eu ça. […] » 469

Mère (De Gaulle) : 1940. Charles De Gaulle [1890-1970] parmi les témoignages qui « afflu[ent] » à Londres de soutien à la France Libre, évoque « l’image d’une tombe, couverte des fleurs innombrables que des passants y avaient jetées ; cette tombe était celle de ma mère [Jeanne Maillot. 1860-1940], morte à Paimpont, le 16 juillet [1940], en offrant à Dieu ses souffrances pour le salut de sa patrie et la mission de son fils. » 470

Mère (Dhavernas Odile) : 1981. Odile Dhavernas, auteure, concernant sa mère, de :
« Femme merveilleuse, habitée d’une force, d’une foi intarissable. Femme pressurée, vampirisée, esclave de l’intendance jamais finie, elle prend une revanche terrible. Dans le seul domaine où elle ait un pouvoir, elle l’exerce avec tyrannie, époux et fille, époux et filles pareillement soumis à sa férule. Elle est sûre de ses privilèges, contrepartie misérable de sa réclusion et de ses travaux forcés. […] Elle pourvoit à tout, elle se répand, rayonnante, prodigieuse, excessive, imprévisible, écrasante. Son despotisme domestique est à la mesure des contraintes dans lesquelles s’inscrit sa vie. […] » 471 (Poursuivre concernant la critique du terme de «pouvoir») (Cf. Droit)

Mère (Duc d’Enghien) : 1808. Madame de Staël [1766-1817] écrit à Maurice O’Donnell [1780-1843], le 12 juillet 1808 :
« Savez-vous que la Duchesse de Bourbon [1750-1822], (exilée alors en Espagne) la mère du duc d’Enghien [1772-1804] a écrit à Napoléon pour lui demander de revenir en France : quelle bassesse ! »
- Le 8 juillet, elle avait, déjà, dans une lettre au prince de Ligne, évoqué cette lettre de la mère du duc d’Enghien « à l’Empereur pour lui dire que la providence le conduit et la lettre se finit par : ‘Votre très humble servante et sujette’ » 472
- Pour rappel, le duc d’Enghien fut enlevé, « jugé » et fusillé par [la police de] Napoléon.
- Pour précision : Les lettres de la mère du duc d’Enghien à Napoléon resteront sans réponse et elle ne pourra regagner le France qu’après sa chute.

Mères (Duncan Isadora) : 1927. Isadora Duncan [1877-1927], auteure de :
« Comme nous payons cher la gloire d’être mères ! » 473

Mère (Eichmann Adolf) : 1961. Joseph Kessel [1898-1979] invité, à son retour de Jérusalem, du procès Eichmann, en avril 1961, à qui l’on demandait ce qu’il avait pensé du « monstre », répondit :
« Je pense qu’il n’a pas été suffisamment aimé par sa mère. » 474 Le père ? Le Nazisme ? (Cf. Êtres Humains, Enfants. Miller Alice)

Mères (Emmanuelle. Sœur) : 2008. Concernant les « chiffonnières » des bidonvilles du Caire, avec lesquelles Sœur Emmanuelle [1908-2008] a vécu et pour lesquel-les elle a mis en œuvre de nombreuses actions, celle-ci écrivit :
« À mes yeux de Française, mes sœurs chiffonnières sont de misérables esclaves.
J’essaie de toutes mes forces de hâter leur libération.
Il me paraît essentiel qu’elles ne soient pas enceintes tous les dix ou douze mois.
Ces grossesses répétées les vieillissent en effet prématurément.
À quarante ans ce sont de vieilles grands-mères.
Cependant j’ai dû reconnaître au fil des jours que la plupart sont loin d’être malheureuses.
Elles rayonnent même d’une plus grande joie que leurs sœurs d’Europe ou d’Outre-Atlantique.
La maternité ininterrompue coule comme une source de nature qui les épanouit au plus secret de l’être.
Elles sont comblées par cela qui représente à leurs yeux le sens de la vie.
Heureusement qu’elles ont cela, car elles n’ont rien d’autre. […]
La racine de leur bien-être se cacherait-elle au creux de leurs entrailles ?
Chercherais-je alors à tarir leur principale cause de joie ?
Attention, il y a la mère, mais il y a l’enfant. Ils sont, eux, les victimes des familles trop nombreuses. […] » 475
Terrifiant de penser qu’elle fut encensée pendant des dizaines d’années ; et sans doute, l’est encore. (Cf. Corps, Enfants, Famille, Patriarcat)

Mères (Ferrante Elena) : 2012. Elena Ferrante, dans Le nouveau nom, évoque les femmes Napolitaines de son quartier [pauvre] dans la première moitié du XXème siècle :
« […] Ce jour-là, en revanche, je vis très clairement les mères de famille de mon quartier.
Elles étaient nerveuses et résignées. Elle se taisaient, lèvres serrées et dos courbé, ou bien hurlaient de terribles insultes à leurs enfants qui les tourmentaient. Très maigres, joues creuses et yeux cernés, ou au contraire dotées de larges fessiers, de chevilles enflées et de lourdes poitrines, elles traînaient sacs à commission et enfants en bas âge, qui s’accrochaient à leurs jupes et voulaient être portés.
Et, mon Dieu, elles avaient dix, au maximum vingt ans de plus que moi.
Toutefois, elles semblaient avoir perdu les traits féminins auxquels, nous les jeunes filles, nous tenions tant, et que nous mettions en valeur avec vêtements et maquillages.
Elles avaient été dévorées par les corps de leurs maris, de leurs pères et de leurs frères, auxquels elle finissaient toujours par ressembler – c’était l’effet de la fatigue, de l’arrivée de la vieillesse ou de la maladie. Quand cette transformation commençait-elle ? Avec les tâches domestiques ? Les grossesses ? Les coups ?
[…] » 476 (Cf. Corps. Famille, Mariage, Violence)

Mère (Fillon Penelope) : (mai) 2017. Lors de l’interview que Penelope Fillon avait accordé au Sunday Telegraph, celle-ci dit à la journaliste :
« J’ai réalisé que mes enfants ne me connaissaient que comme une mère. Je leur dis pourtant que je suis diplômée de français, que je suis juriste, que je ne suis pas stupide ! »
Quel terrible aveu - qui n’a rien à voir avec la discrétion qu’évoque Le Monde ! - quelle tristesse, et sans doute, quels regrets… 477 (Cf. Femme. Épouse de. Fillon Penelope)

Mère (Hugo Victor) (1) : (24 septembre) 1821. Victor Hugo [1802-1885], écrit à Adèle Foucher [1803-1868] qui n’est pas encore son épouse, concernant sa mère [Sophie Trébuchet. 1772-1821] décédée le 27 juin 1821 :
« Elle m’a rendu bien malheureux parce qu’elle poussait trop loin le désir de me voir heureux. »

- Il lui écrit aussi le 8 et 10 janvier 1822, concernant « le consentement de [son] père » à leur futur mariage :
« […] J’espère que mon père, après avoir fait le malheur de ma mère, ne voudra pas le mien. » 478

Mères (Hugo Victor) (2) : (18 décembre) 1850. Victor Hugo [1802-1885], dans Choses vues, auteur de :
« Je veux remédier à un ensemble de faits sociaux qui font fatalement du malheureux un misérable, et sous le poids desquels tant d’infortunées mères mettent au jour des filles pour le lupanar et des fils pour le bagne. » 479 (Cf. Famille, Politique. Prison, Proxénétisme)

Mère (Kazan Elia) : 1985. Elia Kazan [1909-2003], auteur de :
« […] Si j’ai une si grande dette à l’égard de ma mère, c’est qu’elle a tout fait pour que je sois meilleur que la société d’où j’étais issu. C’est elle aussi qui m’a donné des livres et m’a fait lire. […]
Ma mère venant d’une famille plus instruite [que celle de son mari] a tenté de faire de moi le genre de personne que n’était pas son mari. » 480 Combien… (Cf. Culture. Kazan Elia)

Mère (Khalo Frida) : Frida Khalo [1907-1957], dans une lettre à Diego Rivera [1886-1957], après un avortement :
« Diego, je n’ai pas été capable de faire un trésor de ta graine.
Cette épave de femme n’a même pas été capable de te donner un fils.
» 481 (Cf. Femme. Artiste)

Mère (Lacordaire Jean-Baptiste Henri) : Jean-Baptiste Henri Lacordaire, en religion Père Henri-Dominique Lacordaire [1802-1861], auteur, lors de ses Conférences à Notre Dame, en chaire donc, de :
« Le jeune homme, quand il regarde le monde, peut douter de la femme.
Il ne le peut plus quand il regarde sa mère.
» 482 (Cf. Famille, Patriarcat)

Mère (Léautaud Paul) : 1951. Paul Léautaud [1872-1956], concernant sa mère qui l’avait « abandonné trois jours après sa naissance » et qu’elle est venue voir « une huitaine de fois », auteur, à 78 ans, de :
« Quand elle partait, j’étais enchanté. Quand ma bonne m’annonçait : ‘Ta maman va venir...’Ah ! Non ! Ça ne me réjouissait pas ! Et quand elle était là, je lui disais : ‘oui, Madame, non, madame…’ Elle était une étrangère, pour moi, cette femme. […] » Et de : « Je n’ai souffert à aucun moment (de ce ‘manque’). » 483
- Du même (relevé par Robert Mallet) :
« Je n’ai jamais eu de chance avec les femmes. J’étais à peine né que ma mère me plantait là. » (Cf. Femmes. Bonne-à-tout-faire, Homme Remarquable. Léautaud Paul, Patriarcat. Père. Léautaud Paul)

Mère (Le Goff Jacques) : 1992. Jacques Le Goff [1924-2014], historien, auteur de :
« […] J’aimais passionnément ma mère, mais je m’aperçus plus tard que je n’avais jamais opéré de transfert affectif entre la mère du Christ et ma propre mère. » 484

Mère (Le Pen Marine) : Marine Le Pen, présidente du Front national, lors du divorce de ses parents et des échanges publics qui s’en suivirent, dit, concernant sa mère, Pierrette Lalanne :
« Une mère, ça fait partie d’un jardin secret, pas d’une décharge publique. »
485 (Cf. Famille. Divorce. Politique. Front National)
* Ajout. 26 mars 2017. Je lis, quelques jours après, des Bonnes feuilles issues du livre intitulé : Les politiques ont aussi une mère 486 présentant une analyse, resituée dans leur histoire, de leurs relations. J’en cite la réconciliation, telle que présentée - et publiée - par sa mère :
« Donc, nous n’arrivions pas à reprendre pied. Ni l’une ni l’autre. Jusqu’au jour où elle a décidé que ça avait trop duré. Au détour d’une conversation, elle s’est approchée et m’a dit, comme une chose qu’on avait oubliée et qui vient de vous revenir : ‘Écoute, mamoune, on va oublier tout ça, je t’aime comme avant‘. C’est tout. Deux secondes et c’était fini. Le malaise avait disparu pour toujours. » 487

Mère (Le Vasseur Thérèse) (1) : Thérèse Le Vasseur [1721-1801], épouse de Jean-Jacques Rousseau (mariage le 11 septembre 1768 à Bourgoin) ; ils vécurent ensemble pendant 22 ans et demi.
De tous ceux et celles qui ont débattu de l’abandon par Rousseau de ses cinq enfants aux enfants-trouvés, la seule qui n’eut jamais la parole, ou plus exactement dont l’histoire n’a pas retenu ni ses sentiments, ni ses propres dires, fut leur mère… (Cf. Enfants, Patriarcat. Père. Rousseau Jean-Jacques)

Mère (Le Vasseur Thérèse) (2) : 1814. Madame de Staël [1766-1817] écrit dans une note dans ses Lettres sur les écrits et le caractère de J.-J. Rousseau ceci :
« Un Genevois [François Coindet. 1734-1809, secrétaire de Necker, longtemps ami de Rousseau. Madame de Staël le connaissait depuis son enfance et le voyait souvent. Note de Simone Balayé] qui a vécu avec Rousseau pendant les vingt dernières années de sa vie, dans la plus grande intimité, m’a peint souvent le caractère abominable de sa femme.
Les sollicitations atroces que cette mère dénaturée lui fit pour mettre ses enfants à l’hôpital, ne cessant de lui répéter que tous ceux qu’il croyait ses amis, s’efforceraient d’inspirer à ses enfants une haine mortelle contre lui ; tâchant enfin de le remplir, par ses calomnies et ses feintes frayeurs, de douleur et de défiance. C’est une grande folie sans doute d’écouter et d’aimer une telle femme ; mais cette folie supposée, toutes les autres sont vraisemblables.
» 488

Mère (Marie-Antoinette) : 1822. Les Mémoires de Madame Campan [première femme de chambre de la reine Marie-Antoinette.1752-1822] nous transmettent les conditions dans laquelle, à la naissance de son premier enfant, une fille, Marie Antoinette [1755-1793l l’accueillit :
« On présenta la jeune princesse à la reine. Elle le pressa sur son cœur vraiment maternel : ‘Pauvre petite, lui dit-elle, vous n’étiez pas désirée mais vous ne m’en serez pas moins chère. Un fils eût plus particulièrement appartenu à l’État. Vous serez à moi ; vous aurez tous mes soins ; vous partagerez mon bonheur et vous adoucirez mes peines’. » 489

Mère (« Martyre ») : 1986. Extrait d’une Correspondance anonyme, signée Maman, publiée par Les Cahiers du Grif, en 1986 :
« L’autre visage de l’ange est celui du martyre. Et au cours de mon adolescence, j’en suis venue à voir ma mère comme le Martyre en personne, pleine de ressentiment souterrain à cause de la ‘récompense‘ qui n’est jamais venue.
Comment pourrait-il y avoir une récompense pour l’abdication infinie de soi dans l’intérêt présumé de sa famille, pour l’étranglement de ses propres émotions et désirs jusqu’à ce qu’on ne sache plus ce qu’on veut, ni ce qu’on espère, ni ce qu’on aime vraiment ?
Je ne voulais pas lui ressembler : je ne voulais pas être celle qui prend toujours la plus petite tranche de gâteau, celle qui reste seule au salon chaque matin, embrassant les autres tandis qu’ils se dépêchent pour rejoindre le monde extérieur, celle qui était coincée dans la soumission aux humeurs imprévisibles - et à la retraite léthargique de plus en plus fréquente - d’un homme profondément malheureux
. » 490

Mère (Mauriac François) (1) : 1932. François Mauriac [1885-1970], dans Le nœud de vipères, auteur de :
« […] Au fond, sans qu’elle se l’avouât, c’était la maternité, plus que le mariage, qui lui faisait envie. » 491 (Cf. Famille. Mariage)

Mère (Mauriac François) (2) : 1962. François Mauriac [1885-1970], auteur de :
« J’étais le dernier fils d’un mère devenue veuve très jeune, entrée dans le veuvage comme on entre en religion, très scrupuleuse, et qui se considérait comme chargée à la lettre de mon destin éternel.» Suivi de :
« Et si ma pieuse mère m’a marqué à jamais du signe chrétien, sa religion formaliste, vétilleuse, a très tôt alerté les refus de ma raison. »
492 (Cf. Enfants. Mauriac François, Femmes. Veuves)

Mère (Monde. Le) : 2016. Début de la présentation par Le Monde - quasi pleine page - du livre de Fawzia Zouari, Le corps de ma mère [Joëlle Losfeld. 240p. 2016], sous le chapeau suivant :
« Les mères sont des dictateurs comme les autres », phrase suivie de : « Ou presque ». L’amalgame, pas même insinué, posé, affirmé comme relevant de l’évidence, le coup contre toutes les femmes est porté.
Le billet qui l’accompagne s’intitule : « La langue française en partage ». 493 (Cf. Corps, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Mère (Monica. ‘Sainte’ Monique) : IVème siècle. Monica [331-387], mère de Saint Augustin, auteure à son fils de :
« Mon fils, pour moi, plus rien n’a de charme dans cette vie. Que pourrais-je encore faire ici-bas ? Pourquoi y suis-je encore ? Je n’ai plus rien à attendre de ce siècle. Une seule chose me fait désirer m’attarder encore dans cette vie : te voir chrétien catholique avant ma mort. Dieu me l’a accordé avec surabondance : tu es allé jusqu’à mépriser les félicités de la terre, et je te vois devenu son serviteur. Que fais-je donc ici ? » 494
Deux semaines plus tard, à 65 ans, elle mourut. (Cf. Famille. Mariage)

Mère (Napoléon) (1) : Maria Letizia Ramolino [1750-1836], épouse de Charles Bonaparte [1746-1785], fut mariée à 14 ans, (son mari avait 18 ans), veuve à 35 ans, mère de 14 enfants, dont deux moururent à la naissance et trois en bas âge. Mère de Napoléon.

Mère (Napoléon) (2) : 1869. Tolstoï [1828-1910] dans La guerre et la paix, concernant les agissements de Napoléon ayant pénétré avec son armée dans Moscou [1812] écrit :
« Napoléon faisait tout ce qui dépendant de lui pour la bienfaisance [...]. Il donna l’ordre d’inscrire au fronton des établissements hospitaliers : ‘Maison de ma mère’, afin d’unir par cet acte sa tendre piété filiale à sa magnanimité de monarque. » 495

Mère (Napoléon) (2) : 1876. Lu, concernant sa mère, cette citation de Napoléon (sans date, sans source) dans Les origines de la France contemporaine d’Hippolyte Taine [1828-1893] :
« Les pertes, les privations, les fatigues, dit Napoléon, elle supportait tout, bravait tout ; c’était une tête d’homme sur un corps de femme. » 496 (Cf. Patriarcat. Père. Napoléon)

Mère (Oldenbourg Zoe) : 1988. Zoe Oldenbourg [1916-2002], auteure de :
« Que l’on ne croit pas qu’une femme, fût-elle la meilleure des mères, peut se consoler de son échec personnel en se réjouissant des succès de ses enfants. [Mais un enfant qui réussit, c’est tout de même mieux que rien.] » 497

Mère (Péguy Charles) (1) : 1974. Je lis dans le « témoignage » de Robert Debré [1882-1978], L’honneur de vivre ce témoignage / souvenir, concernant Cécile Quéré [1846-?] la mère de Charles Péguy [1873-1914] :
« Madame Péguy était une paysanne qui était habillée avec un caraco, un petit bonnet frisé sur la tête, un tablier à carreaux noirs et blancs ; mais rien ne l’intimidait : qu’elle soit dans le grand monde ou qu’elle soit dans le petit monde, madame Péguy était à son aise partout. C’était même extraordinaire qu’une femme de cette époque-là eût un aisance aussi parfaite’. Telle était, vue par Thérèse Bonnard [cuisinière de Madame ?], la rempailleuse de chaise orléanaise qui, veuve de bonne heure, avait élevé et formé son enfant. » 498
- De Péguy lui-même : « J’ai vu toute mon enfance rempailler les chaises exactement du même esprit et du même cœur et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales. » 499

Mère (Rilke Rainer Maria) : (15 avril) 1904. Lou Andréas Salomé [1861-1937] publie dans Ma vie, un extrait d’une lettre qui lui fut adressée par Rilke [1875-1926] concernant sa propre mère :
« Ma mère est venue à Rome et est encore ici. Je ne la vois que rarement, mais - tu le sais - chaque rencontre avec elle est une sorte de rechute. Quand il me faut voir cette femme égarée, irréelle, qui n’est rattachée à rien et ne peut vieillir, je sens combien j’ai souhaité dès mon enfance m’éloigner d’elle, et je crains au fond de moi de ne pas être encore assez loin d’elle après ces années d’allées et venues, d’avoir encore quelque part en moi des mouvements qui sont l’autre moitié de ses gestes rabougris, des bribes des souvenirs brisés qu’elle promène partout avec elle ; alors sa pitié distraite me fait horreur, sa foi têtue, toutes ces caricatures et ces déformations auxquelles elles s’est accrochée, vide d’elle-même comme un vêtement, fantomatique et effrayante. Et dire que je suis son enfant ; et que dans ce mur délavé qui ne fait partie de rien, une porte dérobée, à peine visible, a permis mon entrée dans ce monde ! – (à supposer que cette entrée puisse vraiment ouvrir sur le monde…) » Et Lou Andréas Salomé poursuit :
«
[…] Après que nous nous fûmes trouvés un jour réunis tous trois à Paris, quelques années plus tard, il faut vraiment stupéfait [revérifier le texte] que sa mère ne me fasse pas horreur d’emblée et qu’elle m’ait seulement paru extrêmement sentimentale. Sa répulsion tournait au désespoir car il ne pouvait s’empêcher de voir dans sa mère un reflet ridiculement déformé de lui-même. […] » 500 (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Haine des hommes à l’encontre des femmes, Femme. Vagin)

Mère (Rocancourt Christophe) : 2003. « Quelqu’un s’est chargé de lui expliquer que sa mère se prostituait » écrit, en parlant de lui-même, Christophe Rocancourt, « orphelin, playboy, taulard » :
« Ma mère…Une prostituée…Mon cauchemar. Le jour où on me l’a révélé, on ne m’a pas seulement humilié, on m’a privé de l’indispensable naïveté de l’enfance et du droit de croire en l’honnêteté, en la pureté. […] J’ai eu la conviction qu’il ne me serait plus possible d’accorder ma confiance. Ce jour-là, on m’a violé, au sens plein du terme. »
- Il rapporte aussi les propos du directeur d’un orphelinat « qui a [selon lui] le mieux résumé la situation. Il l’a fait sans précaution de langage, mais la réalité est celle-là. Il a dit ‘Pour nos garçons, toutes les femmes sont des putes, sauf leur mère. Alors imaginez ce qu’il peut y avoir dans la tête d’un enfant dont la mère se prostitue’. […] » 501 (Cf. Proxénétisme)

Mère (Roosevelt Eleanor) : 2014. Lu dans un livre consacré à Eleanor Roosevelt [1884-1962] : « ’Mes enfants seraient plus heureux sans moi’ confia un jour Eleanor à Joseph Lash [Joseph Lash, A world of love. p.387]. Contrairement à Franklin, père complaisant et ludique, guère empressé à leur inculquer la discipline, Eleanor s’est toujours reprochée d’avoir été trop peu tendre, trop sévère avec ses enfants, élevés par des gouvernantes depuis leur plus jeune âge. Trop lointaine aussi à partir du moment où elle est entrée en politique. Avec le temps, devenue une grand-mère très attentive qui emmène ses petits enfants en Europe, elle a compris combien il avait pu être difficile pour des adolescents d’avoir des parents plus préoccupés du monde que de leur destinée. Ainsi, les divergences, les incompréhensions et même les conflits n’ont pas manqué. Eleanor s’est souvent sentie responsable des échecs de leur vie privée. » 502 (Cf. Êtres humains. Vie-dite-privée, Femme. Épouse de. Remarquable)

Mère (Rougeot André) : 2008. André Rougeot, journaliste au Canard Enchaîné raconte :
« Ma famille était communiste. Chez moi on avait fait de la Résistance dans la SNCF, et le jour de la mort de Staline, j’ai pleuré avec mon père, en lisant l’Huma.
Ma mère nous a ramené sur terre en disant : ‘Regardez-moi ces deux imbéciles’. » 503 (Cf. Femme « Politique ». Piat Yann, Famille, Politique)

Mère (Rousseau Jean-Jacques) (1) : 1765-1770. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778], auteur, dans les Ébauches des Confessions :
« Je coûtai la vie à la meilleure des mères [Bernard Suzanne.1673-1712]. Ma naissance fut ma première infortune. » Transformé dans Les confessions par :
« Je coûtais la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes malheurs. » (Livre 1) 504

Mères (Rousseau Jean-Jacques) (2) : XVIIIème siècle. Lu dans les Mémoires de Jean-François Marmontel [1723-1799] :
« Ma femme avait du faible pour Rousseau : elle lui savait un gré infini d’avoir persuadé aux femmes de nourrir leurs enfants et d’avoir pris soin de rendre heureux ce premier âge de la vie. ‘Il faut, disait-elle, pardonner quelque chose à celui qui nous a appris à être mères.’ » 505

Mère (Roussel Nelly) : 1903. 1917. Nelly Roussel [1878-1922], auteure de :
- en 1903 : « La maternité n’est noble que consciente ; elle n’est douce que désirée. Accomplie par instinct ou subie par nécessité, elle n’est qu’une fonction animale ou une épreuve douloureuse. »
- en (mars) 1917 (In : Le Néo-Mathusien] : « Il faut nous lever toutes pour le proclamer, ô mes sœurs […]
Il faut proclamer que si l’on veut des enfants, c’est à nous qu’on doit s’adresser désormais ; et que nous n’en ferons, en nombre raisonnable, bien entendu, qu’à certaines conditions. À la condition d’abord que nous ayons la certitude de ne plus travailler pour l’engraissement des champs de bataille, à la condition qu’on nous donne des garanties sérieuses de paix - ou, mieux encore qu’on nous laisse nous-mêmes assurer la paix, par une participation directe aux affaires publiques. À la condition, ensuite, que soit reconnue notre ‘droit de mères’, droit naturel basé sur nos devoirs et sur nos peines, et que trop longtemps a primé le droit artificiel et injustifiable du père. À la condition aussi que la maternité ne soit plus pour nous une cause d’esclavage, d’humiliation et de misère, mais devienne au contraire - par son assimilation à une fonction sociale, la plus honorée et la mieux rétribuée de toutes - une source de bien être, d’indépendance et de sécurité.
Oui, mesdames ! Posons nos conditions. Et si elles ne sont point acceptées, faisons ce que font tous les travailleurs conscients et dignes, lorsqu’on les exploite, les maltraite et le bafoue : faisons la grève !
» 506 (Cf. Êtres humains, Corps, Droit, Femme. « Politique», Patriarcat. Père, Politique. Guerre)

Mère (Sackville-West Lady) : Lady Sackville-West [1862-1936], mère de Victoria Sackville-West [1882-1962] inscrivit au dos d’une photo de Virginia Wolf [1882-1941] dont sa fille fut l’amante :
« Le terrible visage d’une femme dont le vœu insensé, qui malheureusement a abouti, est de séparer les gens qui s’aiment. Je hais cette femme qui a transformé ma Vita et l’a éloignée de moi. » 507

Mère (Sand George) : George Sand [1804-1876], auteure de :
« Ce qui m’a fait vouloir et accomplir cette immolation anticipée à ma vie de femme, c’est l’amour maternel. »
Pour comprendre partiellement ce qu’elle entendait par ce constat, mais aussi afin de savoir comment ne pas élever une fille, lire la longue lettre de George Sand à Emmanuel Arago le 26 juillet 1847, véritable scalpel acéré dans sa ‘vie de famille’…
- La réponse que lui a faite Arago ne manque ni de justesse, ni de courage :
« Tu manquerais à tes devoirs si tu te laissais être mère quand tu dois être juge. » 508 (Cf. Homme, Famille, Patriarcat. Père, Penser. Juger)

Mère (Sarraute Nathalie) : 1983. Dans Enfance, le livre très largement autobiographique de Nathalie Sarraute [1900-1999], on lit que « la bonne » de sa nouvelle « petite sœur », la regarde « d’un air de grande pitié » et lui dit :
« Quel malheur quand même de ne pas avoir de mère. »
- La concernant, elle écrira plus tard :
« Je n’avais sur terre qu’une seule mère, et elle n’était pas encore morte. » 509
(Cf. Êtres humains. Soi, Femme. Écrivaine. Bonne-à-tout-faire)

Mère (Schumann Clara) : Clara Schumann [1819-1896] a eu, en treize ans de mariage, huit enfants et a eu à vivre deux fausses couches.

Mère (Sévigné Madame de) : 1671. Madame de Sévigné [1626-1696], écrit à sa fille, Madame de Grignan [1646-1705], le 21 octobre 1671 :
« Mon Dieu, ma bonne, que votre ventre me pèse, et que vous n’êtes pas seule qu’il fait étouffer » 510 et, le 29 décembre 1688 :
« La bise [le mistral] de Grignan, qui vous fait avaler la poudre de tous les bâtiments de vos prélats, me fait mal à votre poitrine. » 511 (Cf. Êtres humains. Soi, Corps, Enfants. Sévigné Madame de, Famille)

Mère (Staël Madame de) : 1980. Lu, la concernant :
« Il est certain que Germaine [de Staël] [1766-1817] cherchait un gendre qui puisse à la fois faire le bonheur de sa fille, consolider sa propre situation sociale, partager ses idées et prolonger son action politique. » 512
Elle le trouva (ainsi que l’argent ‘nécessaire’ au mariage et dont il était dépourvu) en la personne de Victor de Broglie [1785-1870].
Et le futur mari convint à sa fille Albertine [1797-1838]. (Cf. Êtres humains, Enfants, Famille)

Mère (Simenon Georges) : 1974. Georges Simenon [1903-1989], dans sa Lettre à ma mère, Henriette Brüll [?-1970] (écrite trois ans après sa mort), auteur de :
« [...] Je me souviens qu’un jour tu m’as regardé longuement, avec un attention soutenue et tu as prononcé cette phrase que je n’ai pas pu oublier : ‘Comme c’est dommage, Georges, que c’est Christian (son frère cadet, mort à 41 ans) qui soit mort.’ Cela ne voulait-il pas dire que dans ton esprit, selon ton cœur, c’est moi qui aurait dû partir le premier ? Tu as d’ailleurs ajouté : ‘Il était si tendre, si affectueux’. Sans doute ne l’étais-je pas, Mère, ou évitais-je de le montrer. » 513

Mère (Staline Joseph) : 1967. Lu dans le livre de Svetlana Alliluyeva [1926-2011], la fille de Staline ’1878-1953] :
[Staline] « aimait et vénéra sa mère [Ekaterina Gueorguievna Gueladzé 1858-1937]. C’était, disait-il, une femme très intelligente. Il voulait désigner par-là ses qualités spirituelles et non sa culture, car elle savait à peine griffonner son propre nom.
Il nous racontait parfois comment elle le rossait, quand il était enfant, sans parler des corrections que lui infligeait son père qui aimait bien boire (mon grand-père paternel mourut au cours d’une rixe de soulards, frappé d’un coup de couteau).
Sa mère était d’un caractère sévère et décidé ce qui enthousiasmait mon père. Bientôt veuve, elle devint plus dure encore.
Elle avait eu beaucoup d’enfants, tous morts en bas âge ; seul mon père avait survécu.
Très croyante, elle rêvait de voir son fils devenir prêtre. Elle resta profondément religieuse jusqu’à ces derniers jours, et lorsque mon père alla lui rendre visite peu de temps avant sa mort, elle lui dit : ‘C‘est quand même dommage, que tu ne sois pas devenu prêtre !...’.
Il répétait ces paroles avec enthousiasme : le mépris de sa mère pour sa réussite immédiate, pour sa gloire sur terre, pour toutes ces vanités, le ravissait. » 514
- Staline ne se rendra pas à son enterrement. (Cf. Femmes. Intelligentes. Veuves)

Mère (Tolstoï Léon) : 1877. Léon Tolstoï [1828-1910] dans Anna Karénine, évoque le comte Vronski :
« Sans qu’il s’en rendit compte, il n’avait pour [sa mère] ni respect, ni affection véritables ; mais son éducation et son usage du monde ne lui permettait pas d’admettre qu’il pût lui témoigner d’autres sentiments que ceux d’un fils respectueux et soumis. » 515

Mère (Tristan Flora) : Flora Tristan [1803-1844], écrivit, concernant sa mère (sans source) :
« Ma mère m’obligea à épouser un homme que je ne pouvais ni aimer, ni estimer. Comme elle n’a cessé de me montrer le plus vif chagrin, je lui ai pardonné. » 516 (Cf. Famille. Mariage)

VII. Femme (Nom) :

Femme (Nom) (1) : Perdre son nom (à son mariage) - élément majeur définissant l’identité d’une personne - c’est perdre une partie de soi-même. 517 C’est aussi se recomposer une identité sur le sacrifice de la sienne.
- Pour être honnête, lorsque je me suis mariée, j’avais hâte de changer de nom. Pour changer de statut ? Pour affirmer une décision ? En tant que rite de passage ? Par conservatisme ? par aliénation ? Ou, plutôt, pour tout cela à la fois.

Femme (Nom) (2) : Il était « connu ». Il était marié. Il n’éprouva ni le besoin, ni la nécessité de divorcer. Il déclara, généreux, : « Je lui laisse (le droit de conserver) mon nom. » (Cf. Femme. Nom. Malraux Clara, Famille. Divorce)

Femme (Nom) (3) : Elle s’appelait Jeanne ; une demi-heure après, elle était « le coup du siècle ».

Femme (Nom) (4) : Les hommes [publics] ont une fâcheuse tendance à ne nommer que les femmes qu’ils peuvent citer en tant que faire valoir d’eux-mêmes.

Par ordre chronologique. Femme. Nom :

Femme (Nom) (5) : (11 janvier) 1760. Voltaire [1694-1778], dans une lettre au comte d’Argental [1700-1788], écrit :
« Je ne croyais pas qu’avec de l’argent, vous eussiez besoin d’un pouvoir. Votre nom seul est pouvoir», tandis qu’il écrit, le 29 mars 1760 à Jean Robert Tronchin [1710-1793] que « l’on s’en reportera bien à [sa] signature, car [son] nom vaut une cérémonie. » 518

Femme (Nom. Sade) (6) : 1785. On lit, dans Les 120 journées de Sodome de Sade [1740-1814], concernant une femme, nommée « La Duclos » ou « Duclos », laquelle raconte sa vie dans un bordel :
« […] Telle est l’origine, Messieurs, qui me valut le nom de Duclos : il était d’usage que chaque fille adoptait le nom du premier avec qui elle avait eu affaire, et je me soumis à leur mode. » 519 (Cf. Proxénétisme. Personne-dite-prostituées)

Femme (Nom. Girardin Delphine de) (7) : XIXème siècle. Delphine de Girardin [1804-1855] a écrit sous les pseudonymes suivants : Vicomte Charles Delaunay, Charles de Launay, Vicomte de Launay, Léo Lespès, Léa Sepsel. (Wikipédia)

Femme (Nom. Genlis Madame de) (8) : 1824-1825. On lit dans les Mémoires de Madame de Genlis [1746-1830] qu’elle « compose un petit ouvrage intitulé L’Ami des talents et des arts ». Elle poursuit :
« Le nom d’une femme n’aurait pu que diminuer le poids de mes réflexions ; je cachais mon nom. » 520 (Cf. Femme. Écrivaine)

Femme (Nom. Hugo Victor) (9) : 1862. Victor Hugo [1802-1885] dans Les misérables, évoque Cosette, le jour de son mariage avec Marius :
« Cosette se penchant tout contre Marius, lui caressa l’oreille de ce chuchotement angélique : - C’est donc vrai. Je m’appelle Marius. Je suis madame Toi. »
- Tandis que Jean Valjean, confessant son passé à Marius, expliquant pourquoi il se refusait dorénavant à se « servir » du nom de Fauchelevent :
« Il a pu me le donner, je n’ai pas pu le prendre » - lui dit :
- «Un nom, c’est un moi. » 521

Femme (Nom. Agoult Marie d’) 10) : 1880. On lit dans les Mémoires de Marie d’Agoult [1805-1876] comment celle-ci en vint à prendre le pseudonyme de Daniel Stern.
Émile de Girardin [1802-1881], directeur de La Presse, souhaitait publier ses écrits. Un jour, l’un d’entre eux lui plut, il le prend et lui dit :
« Vous n’avez pas signé me dit Monsieur de Girardin. – Mais non – Il faut signer – Je ne peux pas – Pourquoi ? – Je ne peux pas disposer d’un nom qui ne m’appartient pas à moi seule ; je ne veux pas demander d’autorisation. Si je dois être critiquée dans les journaux, je veux que personne ne soit engagé d’honneur à me défendre – C’est juste, s’écria Monsieur de Girardin. Eh bien alors prenez un pseudonyme. – Lequel ? – Essayez un nom. […] »
Et puis, elle raconte comment elle en vint à choisir celui de Daniel Stern. 522

Femme (Nom. David-Neel Alexandra) (11) : 1904. 1919. Alexandra David-Neel [1869-1969], née sous le nom de Alexandra David, écrit à son mari [le mariage ayant eu lieu le 4 août 1904] :
- le 11 novembre 1904 : « […] Je ne t’ai forcé à me donner aucun nom. Celui que je porte dans mes relations littéraires est un pseudonyme. Tu le sais aussi bien que moi. Mon cher ami, je quitterais mon pseudonyme si tu peux y trouver un grand plaisir.
Je crois seulement que cela peut m’être préjudiciable au moment où je commence à peine à être connue d’un petit noyau.
D’autre part, j’estime que, pour toi-même, ta position, tes relations, il est mieux que ton nom ne figure pas au bas des articles que je peux être amenée à écrire dans des journaux et même dans des revues. Tout le monde n’a pas les mêmes idées politiques et religieuses.
Il vaut mieux que je garde une personnalité absolument et très ouvertement distincte de la tienne. Que l’on sache que tu n’es pour rien dans ce que je dis ou écris et que, même, la grande masse de ceux qui t’entourent n’établissent aucun rapport entre Alexandra Myrdal [sous le nom duquel elle a publié ses premiers textes féministes], journaliste et femmes de lettres, et Philippe Néel, ingénieur des Chemins de Fer. »
- le 12 janvier 1919 : « À propos d’articles que je vais publier, je tiens à te demander si tu préfères que je fasse suivre mon nom du tien dans ma signature. Je dois à ton amitié dévouée le séjour en Asie qui me permet d’écrire ces articles et si tu peux y trouver l’ombre d’un plaisir quelconque, il n’est que trop juste que ton nom figure au bas de ceux-ci. » 523

Femme (Nom. Colette) (12) : (9 janvier) 1907. Paul Léautaud [1872-1956], dans son Journal [Littéraire] note que Colette [1873-1954] va publier « la dernière Claudine », « signée de son nom ». 524 Elle en avait déjà publié six.

Femme (Nom. Personnes-dénommées-prostituées) (13) : 1930. Noms affectés, imposés aux femmes dénommées prostituées dans les bordels de Fort de France (Martinique) relevés dans les années trente :
« Emilienne chic, Blanche Cupamal, Génisse Cupidon, Ginette Goingoincoin, Siara Exana Rosella, Chérubin Saint Ange, Solitude Auvat, Modestine Modeste, Laurencia Soupir, Ange Batard. »
Ces appellations ne sont, pour reprendre les termes de l’auteur du livre dans lequel je les ai relevées, ni « fantaisistes », ni « prétentieuses », ni « poétiques », ni « amères » 525 : elles sont humiliantes, dégradantes, infamantes parce qu’elles leur dénient leurs propres noms et donc les dépossèdent de toute identité singulière qui leur soit propre. (Cf. Femme. Nom. Sade. Crazy Horse, Proxénétisme. Bordels)

Femme (Nom. Orwell Georges) (14) : (date à retrouver) Georges Orwell [1903-1950] tente après la naissance de sa fille, de dissuader un ami d’« d’infliger à la pauvre petite môme un nom de type celtique que personne n’est capable d’épeler. Elle deviendra psychotique en grandissant ou quelque chose de ce genre. »
Et il poursuit : « Les gens finissent toujours par devenir leur nom en grandissant. » 526 Pas toujours….

Femme (Nom. Goebbels Maria) (15) : XXème siècle. Magda Goebbels [1901-1945] s’est successivement appelée [ou plutôt aurait pu s’appeler] Magda Behrend (nom de son grand-père paternel et donc celui de sa mère, celle-ci ayant été mère sans être mariée), puis Magda Friedländer (nom du mari de sa mère) puis Magda Ritschel (nom de son père biologique qui l’avait ultérieurement « reconnue »), puis Magda Quandt (nom de son premier mari), puis Maria Goebbels (son second mari). 527

Femme (Nom. Malher Alma) (16) : XXème siècle. Alma Malher [1879-1964] est née sous le nom d’Alma Schindler, puis épousa Malher et après sa mort, Walter Gropius et Franz Werfel. Et, pourquoi, en l’occurrence, ne pas évoquer le nom de celui de ses amants ?

Femme (Nom. Malraux Clara) (17) : XXème siècle (date à retrouver) André Malraux [1901-1976] dira de son épouse, Clara Malraux [1897-1982], dont elle a gardé le nom :
« C’est un nom qu’elle n’a pas volé. » 528 En tout généreux égocentrisme altruisme…

Femme (Nom. Stein Édith) (18) : XXème siècle. Édith Stein [1891-1942], devenue Carmélite en 1933, fut renommée du fait de son entrée en religion Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Tout en prenant en compte la diversité de ses interlocuteurs / trices (religieux, laïcs, personnels, intellectuels, familiaux, institutionnels, hommes et femmes), du fait des précautions à prendre par rapport aux persécutions antisémites nazis, j’ai ressenti un certain malaise à la lecture de sa signature depuis son entrée au Carmel. On lit : (le plus fréquent) Votre sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd (ocd signifiant : ordre des carmes déchaux)
Mais on lit aussi : Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte de la Croix ocd ; Votre Sœur Bénédicte ; Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre T[hérèse] B[énédicte de la C[roix] ; Votre très petite sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre Sœur T[hérèse] Bénédicte de la Croix ; Votre sœur Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre sœur T[hérèse] Bénédicte ; Votre très petite sœur B[énédicte] ; Votre très petite sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre très petite sœur reconnaissante T[hérèse] B[énédicte de la] C[croix] ; Votre Édith ; Votre B[énédicte] ; Votre sœur Bénédicte ; Votre cousine sœur Thérèse-Bénédicte ; Votre tante sœur T[hérèse] Bénédicte ; Ta sœur T[hérèse] ; Ta tante sœur Bénédicte ; Ta sœur T[hérèse] B[énédicte de la] C[roix] ; Ta tante Édith ; Ta sœur T[hérèse] Bénédicte de la Croix. ocd ; Votre très petite sœur B[énédicte] ; Ton Édith, alias sœur Bénédicte ; Ta B[énédicte] ; Sœur Bénédicte ; Sœur Bénédicte de la Croix. Ocd ; Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur T[hérèse] Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur T[hérèse] Bénédicte ; Sœur T[hérèse] B[énédicte] de la C[roix] ; Ind[igne] Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd ; Votre B[énédicte] reconnaissante ; B[énédicte] ; Bénédicte de la Croix. Ocd ; Thérèse-Bénédicte de la Croix ; Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix ocd ; Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix ; Ind[igne] sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ocd… 529 (Cf. Femme. Remarquable. Stein Édith)

Femme (Nom. Gide Madeleine) (19) : 1948. Dans l’édition de 1948 de La Pléiade du Journal. 1889-1939 d’André Gide [1869-1951], il n’est fait, dans l’index, aucune référence à Madeleine Gide [1867-1938]. Elle n’existe pas. (Vérifier l’évolution des publications ultérieures) (Cf. Femme. Épouse de) Les voici :
* Ajouts. juillet 2018. Je lis, à la fin de cette édition, à la date du 26 janvier 1939 :
« Avant de quitter Paris, j’ai pu achever de revoir les épreuves de mon Journal. À le relire, il me paraît que les suppressions systématiques (du moins jusqu’à mon deuil) [en d’autres termes, le décès de son épouse] de tous les passages relatifs à EM, l’ont pour ainsi dire, aveuglé. Les quelques allusions au drame secret de ma vie y deviennent incompréhensibles, par l’absence de ce qui les éclairaient ; incompréhensibles ou inadmissible, l’image de ce moi mutilé que j’y livre, qui n’offre plus, à la place ardente du cœur, qu’un trou. » 530
Le Journal, aveuglé ; lui, seul « mutilé », seul « incompris »…
Et l’édition de La Pléiade sort en l’état.
- Dans l’édition suivante de 1954 de La Pléiade du Journal. 1939-1949 [celle donc qui poursuit la précédente, mais qui ne s’y substitue pas], suivie de Souvenirs d’André Gide, Madame Gide (« née Madeleine Rondeaux, alias Emmanuelle ») a été réintégrée (p.1259), mais ces pages citées ne concernent que ces dernières années.
- Dans l’édition de 1996 de La Pléiade du Journal de Gide. 1887-1925, il n’existe pas d’index.
- Dans l’édition de 1997 de La Pléiade du Journal de Gide -1926-1950, Madame Gide (Madeleine Rondeaux, Madame André, [1867-1938] cousine et épouse de Gide) est citée dans l’index qui concerne les deux tomes réédités. (p.1568, 1569).
- Il aura fallu 49 ans pour que le nom de l’épouse d’André Gide soit, concernant son Journal, rigoureusement indexé par la Pléiade. 59 ans après sa mort.

Femme (Nom. P.U.F) (20) : 1948. Les Presses Universitaires de France publient en 1948 une série de petits livres insérés dans une « Collection du Centenaire de la révolution de 1848. »
Sur la quatrième de couverture de celui publié par Édith Thomas, Les femmes en 1948, seule femme, elle est la seule dont le nom est précédé par celui de son statut civil marital. On lit :
« Les femmes en 1848 par Melle Édith Thomas. » 531

Femme (Nom. Suza Linda de) (21) : 1984. Linda de Suza, dans son livre La valise en carton, évoquant la naissance de son fils, dont le père était en prison, écrit :
« Il fallait que nous nous mettions d’accord pour lui donner un nom. Je ne voulais pas que mon fils soit déclaré ‘de père inconnu’. Au Portugal, il n’y a que les prostituées qui ne peuvent pas donner le nom du père et je ne tenais pas à passer pour l’une d’elles. » 532 (Cf. Famille, Patriarcat. Père, Proxénétisme. Personnes-dénommées-prostituées)

Femme (Nom. Fleutiaux Pierrette) (22) : 1990. Roger Vrigny [1920-1997] dans l’émission Lettres ouvertes, le 31 octobre 1990, après la publication du troisième roman de Pierrette Fleutiaux [1941-2019], Nous sommes éternels, auteur de :
« Elle s’est faite déjà un nom. » 533
À son écoute, pourrait dévaluer toute critique, dont, ici, la dimension masculiniste, méprisante, dévalorisante, paternaliste met particulièrement en valeur la bêtise du jugement. (Cf. Culture, Patriarcat)

Femme (Nom. Mendes France Marie-Claire) (23) : 1996. Marie-Claire Mendès-France [1921-2004], dans un livre consacré à la défense et à la libération de Sarah Balabagan, écrit :
« Activiste, je le suis sans doute, non sans une bonne dose de prudence car je porte un nom qui m’empêche d’agir à légère et de m’engager pour des causes douteuses. » 534
- Du poids, pour une épouse qui a perdu son nom, de celui du mari… (Cf. Homme. « Politique ». Mendès-France Pierre)

Femme (Nom. Mitterrand Danielle) (24) : 1998. Madame Danielle Mitterrand [1924-2011] qui, du fait de son mariage, avait perdu son propre nom : Danielle Gouze, décide de créer, après que son mari ait été son élu président de la République, une fondation qu’elle veut intituler : Frances-Libertés, Fondation Danielle Mitterrand.
Raphaël Doueb, secrétaire de l’association, celui qu’elle considère comme son ‘conseiller’ lui répond :
« Encore faut-il que le président soit d’accord pour que vous utilisiez son nom. » Celui-ci, après avoir laissé planer le doute, répond :
« C’est convenu, cette fondation portera notre nom [et je contribuerait personnellement à la constitution du capital.] »
- Il importe par ailleurs de noter que c’est bien à François Mitterrand, dans une lettre qui lui fut transmise par Danielle Mitterrand, que Raphaël Doueb, après un « incident » (fin 1989) adressa sa démission [que le Président refusa]. 535
- En résumé, en se mariant, elle a perdu son nom, s’y est substitué celui de son mari, censé être le sien, mais qui ne le fut jamais en bien propre. Il est vrai aussi que cette Fondation n’eut sans doute pas existé si elle n’avait pas épousé son mari…et pris son nom… (Cf. Homme. Politique. Mitterrand François)

Femme (Nom. Girod Marie-Louise) (25) : 2003. Dans un livre consacré à Marie-Louise Girod [1915-2014], organiste, concernant son mariage en 1960, je lis :
« Les voilà mariés, mais André Parrot [1901-1981] tient à ce qu’elle garde son nom d’organiste, elle reste donc Marie-Louise Girod : ’Quand je en serai plus là, tu joindras mon nom au tien, comme ça je ne te quitterai jamais’. Ce qu’elle a fait. » 536

Femme (Nom. Crazy Horse) (26) : 2016. Crazy Horse. France. Les danseuses - dénudées - du cabaret Crazy Horse, lesquelles gagnent royalement 2000 euros par mois (mars 2016) - se voient attribuer un nom « qui leur colle à la peau » dixit la directrice générale, Andrée Dissenberg 537. Elles ont le droit d’en refuser un seul, le second leur est obligatoirement attribué. En voici un florilège, dont on notera le raffinement :
Lova Moor ; Psykko Tico ; Rosa Fumetto ; Polly Underground ; Diva Terminus ; Misse bisou ; Fifi Standby ; La magazineuse ; Loulou de Paris ; Lulla Ultimatum, Azy Nenuphar ; Loa Vahina...
Et l’on apprend sur le site du Crazy Horse que « le baptême de leur nom de scène s’effectue le soir de leur première apparition sur scène. . (Cf. Femme. Nom. Sade. Personnes-dénommées-prostituées, Proxénétisme. Personnes-dénommées-prostituées)

Femme (Nom. Le Figaro) (27) : (11 avril) 2017. Lu dans Le Figaro :
« Madame Alain Duplessis-Fourcaud, née Jeanne de Passemar de Saint André » ; « Madame Henri Potez, née Jeanine Delarue » ; « Madame Yann de Givré, née Françoise Paulange » ; « Mireille Castellani, née Coutellier » ; « Madame Bauchet, née Chantal Delalande » ; « Madame Jean Ravel, née Myriam Neyret » ; « Odile Rouyer, née Delacourt » ; « Professeur Véronique Gournay, née Toulemonde ». 538

Femme (Nom. Mères séparées du père) (28) : 2017. Dans le Carnet du Monde annonçant le 2 février 2017, la mort de l’avocat Thierry Lévy, le nom des « mères » de ses trois enfants ne sont pas cités, tandis que l’est celui de sa compagne. L’expression d’un refus ? Une marque de respect ?

Femme (Nom. Loridan-Ivens Marceline) (29) : 2018. Dans l’article du Monde consacré à la nécrologie de Marceline Loridan-Ivens [1928-2018], je lis :
« Il y a dans sa chambre, rue des Saint-Père, le portrait et le fantôme de son père, Shloïme Rozenberg, dont elle regrettait souvent d’avoir relégué le patronyme pour celui de ses maris. » 539 (Cf. Patriarcat. Père)

Femme (Noms. Sotinel Claire) : (10 août) 2019. Claire Sotinel, constate sur France Culture que :
« Dans la vie d’Augustin [Augustin d’Hippone. 354-430], on ne connait pas le nom des femmes, sauf celles qu’il élève socialement. » 540 Une riche grille d’analyse.
N.B. Jean-Noël Jeanneney, responsable de l’émission Concordance des temps s’interroge alors sur la question de savoir s’il ne s’agirait pas ici d’une « esquisse d’un début de l’ombre d’une misogynie ». (Cf. Culture. Patriarcale)

Par ordre chronologique. Femme. Prénom :

Femme. Prénoms. Femme (Prénom) (1) : 1951. Dans les ateliers du couturier Jean Dessès, en 1951, deux couturières étaient prénommées Germaine. Dès lors, pour les distinguer, l’une fut appelée Germaine « Flou » et la seconde : Germaine « Tailleur ». 541

Femme (Prénom) (2) : 1973. Raymonde Courrière, témoignant de ses premiers engagements au MLF :
« La première partie de la réunion [sur le Nomadic, bateau amarré sur la Seine en 1973 qui « fait partie des plus belles heures de ma vie »] était animé par Sylvana et Florence. Longtemps, je n’ai connu que les prénoms : il nous fallut des années pour que notre identité ne soit plus un prénom associé à une ville, Irène de Marseille, Maryse de Tarbes, Françoise de Lille…). » 542 (Cf. Femmes. Solidarité entre femmes. Féminisme)

Femmes (Prénoms) (3) : 1995. Lu dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. LZ, concernant :
- Sept amoureuses (Les). 1942. Frank Borzage : « L’humour n’est pas oublié dans la scène finale où le pasteur se met à bafouiller car les sept filles portent des prénoms masculins (les parents ayant choisi les prénoms avant les naissances et espéraient à chaque fois avoir un garçon). » 543

Femme (Prénom) (4) : 2012. Annie Stora, dans un texte intitulé : « Femmes juives d’Algérie : émancipation et transmission » évoque la question de la transmission par le prénom :
« À ma naissance, ma mère a imposé à son mari le prénom d’Annie qui lui semblait plus moderne que celui de sa belle-mère prénommée Julie. J’imagine que c’était à certains égards, une façon pour elle de prendre son autonomie en choisissant le prénom de sa fille ainée ; ce qui ouvrait une brèche de modernité en opérant une coupure dans la lignée de sa belle-mère même si ce n’était qu’une forme modeste de contestation. Julie est mon second prénom. » 544

Femme (Prénom) (5) : 2012. Elena Ferrante, dans Le nouveau nom, écrit :
« Pendant que nous travaillons, elle se mit à me parler du moment où elle avait commencé à se rendre compte qu’elle était désormais Mme Carraci [le nom de son mari]. Au début, je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’elle voulait vraiment dire, et ses observations me semblèrent banales. Nous, les filles, c’est bien connu, quand nous tombons amoureuses, la première chose que -nous faisons, c’est voir si notre prénom sonne bien associé au nom de l’être aimé […] » 545

Femme (Prénom) (6) : (2 octobre) 2016. À l’écoute ce jour d’un débat sur France Culture : Quand on nomme un homme par son nom et son prénom, il n’est pas acceptable de nommer un femme par son prénom, fut-elle sa meilleure amie (ce qui en l’occurrence n’était pas le cas).

Femme (Prénom) (7) : (décembre) 2018. À la lecture dans Le Monde Diplomatique d’une critique du livre de Chantal Mouffe Pour un populisme de gauche 546 par Serge Halimi, je découvre que l’absence de prénom peut être aisément perçue comme une marque de mépris et / ou de disqualification. Pour moi, en tout cas.
Après avoir lu une référence à « Chantal Mouffe », je lis : « Mouffe postule… », « Mouffe propose… », « Mouffe imagine… » ; « Mouffe ne rêve pas…», « Mouffe adosse sa réflexion sur…»…547
Nous avons tous et toutes droit à un nom et un prénom. (Cf. Langage. Critique de mot. « Populisme »)
* Ajout. 13 juillet 2019. Il est des familles qui décident du fait de la notoriété accordée à un ancêtre - toujours mâle ? - que leur nom de famille intégrera le nom et le prénom du dit ancêtre. Exemple : Casimir-Périer, Valéry-Radot.

VIII. Femme («Politique») :

Femme (« Politique ») : Et si les femmes dites « politiques », auxquelles on peut ajouter les femmes dites « de pouvoir », n’étaient que les villages Potemkine 548 du patriarcat ?
En tout état de cause, le fait que certaines femmes accèdent de plus en plus aux pouvoirs politiques, économiques…et sont de plus en plus utilisées comme justificatifs du patriarcat, est-il un changement de paradigme politique ?
Dans la majorité des critiques féministes de la démocratie, leur progression est peu ou prou considérée comme un progrès, une avancée… Vers ?
S’il faut reconnaître que leur nombre grandissant modifie la vision du rôle que les femmes jouent dans le monde, à s’y focaliser, le risque majeur que le féminisme soit perçu - et c’est déjà largement la situation prévalant - comme synonyme d’une caution (bourgeoise ? élitiste ? occidentale ?... ) donnée au monde actuel qui lui confère un surplus de légitimité. (Cf. Politique. Démocratie, Patriarcat)

Femmes (« Politique ») : 1878. Le cardinal de Bernis [1715-1794], auteur dans ses Mémoires de :
« Les femmes, qui ont toujours eu l’ambition de gouverner les États […]. » 549
Quelle que soit la signification qu’il en donne, je n’ai jamais lu une assertion affirmée, avec une telle évidence ; et ce, de la part d’un homme qui avait eu à connaître l’État dans toutes ses composantes et à en vivre tous ses aléas. (Cf. Politique)
- Suite : Faute de quoi, dans l’attente, des femmes se limitèrent à, se contentèrent de, s’habituèrent à tenter de gouverner les hommes qui avaient les rênes du pouvoir. Et, ce que l’on a appelé « la corruption des mœurs » fut sans doute l’un des ressorts et l’une des majeures conséquences de ce processus - interdisant toute référence toute morale - de critique de la perversion du pouvoir politique. (Cf. Politique. Mœurs)

Femme (« Politique ». États-Unis. Addams Jane : 1915. Jane Addams, [1860-1935], participa au Congrès international des femmes à La Haye dont le mot d’ordre était :
« Nous, femmes […] nous protestons contre la folie et les horreurs de la guerre qui mènent à un sacrifice inconsidéré de vies humaines. »
- La Ligue internationale pour la paix et la liberté [WILPF] naquit de ce Congrès et obtint le prix Nobel de la paix en 1931. 550

Femme (« Politique ». Alliot-Marie Michèle) (1) : 2002. De Michèle Alliot-Marie, nommée ministre de la défense, Jean Marie Le Pen a déclaré :
« J'ai toujours aimé les cantinières », 551 tandis que Jacques Chirac aurait dit à Nicolas Sarkozy :
« Le ministre de la défense, c’est moi. » 552
- Pionnières, vous avez dit : pionnières ? À quel prix ? Dans quelles conditions réelles ? Plus profondément, de quelle valeur politique sont-elles les symboles ? (Cf. Langage. Symbole)

Femme (« Politique ». Alliot-Marie Michèle) (2) : 2011. Michèle Alliot-Marie restera sans doute dans l’histoire du fait de sa proposition à l’Assemblée Nationale, le 12 janvier 2011, que « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type », afin d’éteindre la révolution tunisienne commençante, ledit «savoir-faire» s’adressant aussi à l’Algérie. 553
* Ajout. 7 mars 2015. Quatre ans après : la presse évoque la livraison d’« armes françaises pour la Tunisie ». 554

Femme (« Politique ». Aubry Martine) (1) : 2008. Martine Aubry s’est adressée à Adeline Hazan, ex-présidente du Syndicat de la magistrature, maire de Reims, ville invitante, en découvrant une araignée sur son pupitre, devant les milliers de participant-es socialistes en ces termes :
« Franchement, Adeline, le ménage aurait pu être fait depuis hier ! » 555 (Cf. Homme. « Politique ». Fabius Laurent, Féminisme. Antiféminisme. Fabius Laurent)

Femme (« Politique ». Aubry Martine) (2) : 2011. Compte tenu de la gravité des prises de position de l’ensemble des responsables socialistes lorsqu’ils/elles ont été au courant des agressions sexuelles dont Dominique Strauss-Kahn est l’auteur, Martine Aubry est responsable d’un parti [poste quitté en septembre 2012] qui doit s’interdire d’invoquer la morale à l’encontre de quiconque. Que reste-t-il alors de la politique ? L’accès au pouvoir ? … pouvoir alternatif d’autant moins crédible que Martine Aubry a, notamment, pu se prononcer le 21 mai 2011 en faveur d’une candidature de Christine Lagarde (ministre de Nicolas Sarkozy) à la direction générale du Fonds Monétaire International. 556

Femme (« Politique ». Aubry Martine) (3) : 2017. Martine Aubry, après l’échec du PS aux élections présidentielles de mai 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron, auteure de :
« J’ai 66 ans, aujourd’hui j’ai l’impression que tout ce que j’ai fait est abîmé et cassé. » 557 Courageux ? Lucide ? Mais n’est-ce pas toute une génération de politiques qui pourraient se retrouver, au moins partiellement, dans ce diagnostic, encore politiquement bien flou cependant ?

Femme (« Politique ». Autain Clémentine) : 2016. Clémentine Autin, interrogée sur la difficulté de gouverner, elle évoqua « la difficulté de la tâche ». 558
De la « tâche » ?

Femme (« Politique ». Barèges Brigitte) : (18 anvier) 2019. Brigitte Barèges, maire de Montauban, lors du débat des maires, à Souillac, avec Emmanuel Macron, entre autres analyses peu respectables - assimilant notamment terrorisme et émigration - auteure, concernant les « Gilets jaunes », ceux qu’elle avait reçus, de :
« Ce sont de pauvres gens ». (Cf. Politique. « Gilets jaunes », Économie « Gilets jaunes ») 559

Femme (« Politique ». Batho Delphine) (1) : (2 juillet) 2013. Delphine Batho, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie du gouvernement Ayrault, a été « relevée de ses fonctions » - traduction : licenciée - du gouvernement, pour avoir qualifié de « mauvais » le budget de son ministère, pour avoir déclaré qu’il y avait une « déception à l'égard du gouvernement » et avoir posé la question : l’écologie « est-elle bien une priorité ? » 560
- « Ni une erreur, ni une faute », déclara-t-elle plus tard justement ; une affirmation d’autorité, le choix d’un fusible, jugé alors nécessaire, au sein d’un gouvernement qui ne fut jamais écolo… 561 (Cf. Politique. Écologie)
* Ajout. 9 août 2017. La « démission » du chef d’état-major des armées, le général de Villiers le 21 juillet 2017 [la décision de se séparer de lui étant déjà prise par Emmanuel Macron] - s’inscrit lui aussi suite à une dénonciation de la baisse du budget des armées, lors de la Commission de la défense et des forces armées, à huis clos, au Parlement, où il avait déclaré : « Je ne me laisserai pas baiser comme cela. »

Femme (« Politique ». Batho Delphine) (2) : (15 janvier) 2018. Delphine Batho, qui souhaitait se présenter au poste de premier/ère secrétaire du parti socialiste déclara :
« Je conteste de A à Z les modalités d'organisation de ce congrès de confiscation, dans ce qui n'est plus un parti mais une petite mafia politique avec ses parrains, ses lieutenants, ses exécutants. J'ai découvert qu'il y avait eu un traficotage des statuts au dernier moment pour changer les règles du jeu, dans l'objectif de reconduire la même aristocratie politique. Je ne peux pas être complice d'un congrès illégitime. » 562 Après ce constat, quatre hommes décidèrent néanmoins de rester en lice.

Femme (« Politique ». Algérie. Benghebrit Nouria) : 2016. Nouria Benghebrit, ministre de l’éducation nationale Algérienne), si l’on en croit, faute d’autres sources, ce qu’en dit Jeune Afrique, réhabiliterait l’idée même de Politique. 563
* Ajout. 18 mai 2017. Mais peut-on réhabiliter le Politique, en cautionnant un régime militaire, dictatorial, ayant étouffé un pays, ayant justifié tous les enfermements ? Non. On ne peut que le cautionner. D’où sans doute l’article de Jeune Afrique…
* Ajout. 1er avril 2019. Lu : « Nouria Benghabrit, qui ne figure plus dans le nouveau gouvernement, remercie Bouteflika. ‘Aujourd’hui s’achève ma mission à la tête du ministère de l’Éducation nationale. Je remercie le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, pour la confiance accordée depuis le 5 mai 2014. […] L’engagement vers une école de qualité est un processus long et difficile, mais qui peut être gagné avec les efforts de tous. Je remercie l’ensemble des cadres et des enseignants du secteur. », a-t-elle écrit sur sa page Facebook. » 564

Femme (« Politique ». Bouchardeau Huguette) (1) : 1981. La découverte du livre d’Huguette Bouchardeau, Tout le possible rappelle qu’il fut un temps où la gauche pensait gouverner tout en ayant une vision politique alternative. 565

Femme (« Politique ». Bouchardeau Huguette) (2) : 1977.1984. Huguette Bouchardeau qui avait aussi notamment publié : Pas d’histoire les femmes en 1977, a créé et dirigé de 1978 à 1984 la collection Mémoires des femmes chez Syros qui [nous] a permis de connaître les textes de ces femmes formidables que furent Madeleine Pelletier, Nelly Roussel, Hélène Brion, Emma Goldmann, Aline Valette, Marcelle Capy, Paule Minck, Bettina Brentano von Arnim, Maria Deraisme….
Ces découvertes furent essentielle dans la période de renaissance du féminisme dans les années soixante-dix, quatre-vingt : Les femmes avaient des ancêtres prestigieuses, ce dont elles n’avaient auparavant pas la moindre idée.

Femmes (« Politique ». Colette) : (9 mars) 1914. Colette [1873-1954], à la Chambre des députés, auteure de :
« […] La plupart des celles (les femmes) qui sont ici (dans les tribunes) n’ont pas besoin de feindre l’intérêt pour les débats parlementaires. Même si elles ne suivent pas passionnément le mari, l’amant, l’ami ou le parent jeté sous leurs yeux dans la cuve (l’hémicycle), elles obéissent à un goût sincère et tortueux pour les choses de la politique, où on les voit si vite informées, lucides, familières, prêtes d’avance à tous les mandats, à toutes les responsabilités - et à toutes les inconséquences. » 566 (Cf. Femme. Écrivaine. Colette, Politique, Histoire)

Femme (« Politique ». Coutelle Catherine) : (12 juin) 2017. Catherine Coutelle, ex-députée socialiste, ancienne présidente de la Délégation de l'Assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances, auteure de :
« Les députées sont des femmes et des mères avant tout. » 567 (Cf. Politique. Égalité. Égalité des chances)

Femme (« Politique ». Cresson Édith) (1) : (15 mai) 1991. Le lendemain de la nomination d’Édith Cresson au poste de première ministre, le 15 mai 1991, le titre de Libération fut :
« Et dieu [surnom donné à F. Mitterrand] crée la femme ». (Cf. Politique. Médias)

Femme (« Politique ». Cresson Édith) (2) : 1993. Édith Cresson, première ministre [15 mai 1991-2 avril 1992] : une tragédie politique.
- Lire le livre d’Élisabeth Schemla, Édith Cresson. La femme piégée. 568

Femme (« Politique ». Cresson Édith) (3) : 1993. Édith Cresson, interrogée par Élisabeth Schemla, pour la rédaction de son livre : Édith Cresson, la femme piégée, après avoir évoqué « le trouble » qui l’avait saisie après l’alliance, en 1972, de François Mitterrand avec George Marchais [PCF] explique les raisons de sa « dissimulation » [de son silence] :
« Je ne pouvais pas contester un seul instant le fondement même de sa stratégie [celle de Mitterrand] sur laquelle la victoire [de la gauche] reposait. J’ai toujours été très certaine, en observant les autres qui ne lui arrivaient pas à la cheville, que lui seul sait comment agir. Pour m’en sortir, je me demandais ce que mon père, s’il était toujours vivant, en penserait. […] » 569 (Cf. Patriarcat. Père)

Femme (« Politique ». Cresson Édith) (4) : 2006. Édith Cresson, auteure de :
« Les hommes politiques français sont persuadés qu’ils ont un irrésistible pouvoir de séduction - ce qui, malheureusement pour eux - est loin d’être toujours le cas et que l’élection leur donne le droit de régner sur une sorte de troupeau dont font partie les femmes, lesquelles, comme sous un tchador virtuel, pourraient accomplir certaines tâches, subalternes, cela va de soi. […]
Être femme en politique n’est pas simple. Les obscénités sur elles ne trouvent leur place que dans un système de concurrence, en vue d’éliminer l’adversaire. […]
En France, la classe politique se demandera toujours si une femme est comme ils disent ‘compétente’. Pour un homme, jamais. » 570 (Cf. Homme. « Politique ». Mitterrand François)

Femme (« Politique » Dati Rachida) : (28 juillet) 2019. Rachida Dati, candidate aux élections municipales à Paris, s’en prend aux « barons » de la droite parisienne :
« Je me suis déclarée juste parce qu’ils sont contre moi. » 571

Femme (« Politique ». Duflot Cécile) : (5 juin) 2017. Cécile Duflot, députée Europe Écologie-Les Verts, ex-ministre du Logement de François Hollande, auteure de :
« Je porte le flambeau féministe pour les futures générations. » 572
* Ajout. 8 août 2017. (31 mars) 2014. Cécile Duflot avait déclaré en quittant le gouvernement Ayrault :
« Je me met à la disposition de la gauche, de la France », déclaration jugée, néanmoins, ultérieurement par elle, « un peu trop grandiloquente ». 573 (Cf. Féminisme, Langage. Possessif, Politique. Écologie)

Femme (« Politique ». Garaud Marie-France) : 2006. Marie-France Garaud, alors conseillère avec Pierre Juillet [1921-1999] à l’Élysée (Georges Pompidou, Président), raconte la nomination de Jacques Chirac comme ministre de l’agriculture du gouvernement Pierre Messmer [1907-2007] :
« […] Les députés venaient dans ces temps-là se plaindre à l’Élysée autant de lui que du premier ministre. Pompidou se taisait, mais n’était pas content, et, en 1972, le nom de Chirac ne figurait pas sur la liste du gouvernement Messmer tel qu’il était formé. On le vit alors rôder dans les couloirs, inquiet de ce silence. Juillet, qui avait pour lui toutes les indulgences, eut pitié. ‘Bon, si vous y tenez, trouvez-lui quelques chose’ lâcha le Président. Et c’est ainsi que Jacques Chirac, après avoir tordu le nez sur le portefeuille de l’Industrie, devint ministre de l’agriculture. […] » 574 (Cf. Homme. « Politique ». Chirac Jacques, Politique. Élites)

Femme (« Politique ». Giroud Françoise) (1) : Françoise Giroud [1916-2003], auteure de :
- « Quoi qu’on fasse, y compris la putain, il faut le faire bien. »
- Et de : « Je me suis heurtée à des salopards, j’ai travaillé avec des caractériels, j’ai supporté des imbéciles. Mais dans l’ensemble, leur présence m’a plutôt été épargnée, aucun des représentants des dites catégories ne m’a laissé plus de trace qu’une brûlure d’ortie. En revanche, par le hasard de métiers mirobolants, j’ai été fabriquée, formée, instruite, construite par des hommes qui n’étaient pas indifférents. »
- Elle évoque ensuite sa mère […] Puis, elle écrit : « Donc, j’ai été pour une large part faite par des hommes. Comme sur de la cire, ils ont laissé leur empreinte, leur trace, le plus souvent à leur insu. » 575 (Cf. Femme. « Cire ». Journaliste. Giroud Françoise, Proxénétisme. Femme-dite-prostituée)

Femme (« Politique ». Giroud Françoise) (2) : 1974. On lit dans le livre de Françoise Giroud [1916-2003], Les Françaises face au chômage [1974], ses réactions :
- Concernant la possibilité légale de se constituer parties civiles qui auraient été rendues possibles aux associations de femmes/féministes) :
« Françoise Giroud (secrétaire d’état à la condition féminine) s’est toujours opposée à formuler cette demande, me confie M. Jean-Jacques Dupeyroux, professeur de droit à Paris Assas, ces associations, disait-elle, se mettraient aussitôt à attaquer les hommes…» [Reconnu depuis : Cf. article 2,2 du Code de procédure pénale)
- Concernant le chômage :
« Que les femmes sont donc contrariantes ! Le chômage menace ? Qu’elles restent donc à la maison et en un trait de plume, le nombre des demandeurs d’emploi diminuerait de moitié. Qu’elles cèdent la place aux hommes et les offres d’emplois se multiplieraient. » (F. Giroud. L’Express. 16 décembre 1974) Considéré comme de l’humour ? 576
- Que pèse dès lors la question, en 1974, de la nomination d’une femme-de-gauche dans un gouvernement-de-droite, par rapport à l’adéquation de Françoise Giroud aux normes patriarcales dominantes ? Pas grand’ chose…577 (Cf. Femme. Journaliste. Giroud Françoise, Homme. Féminisme. Dupeyroux Jean-Jacques, Économie. Chômage)

Femme (« Politique ». Giroud Françoise) (3) : 1975. Françoise Giroud [1916-2003], alors secrétaire d’état à la condition féminine, refusa de recevoir les femmes prostituées, lors de leur révolte et de l’occupation de l’Église’ Saint Nizier, à Lyon, en juin 1975. Sa réaction :
« Je trouve que les prostituées doivent être considérées comme tout être humain et qu’il n’y a aucune raison d’exprimer à leur égard d’autre(s ?) sentiments (s ?). Cela dit, les prostituées s’insurgent contre la répression et la répression, comme je l’ai déjà dit, est du ressort du ministre de l’intérieur. »
Question : « Si les prostituées se sont adressées à vous, ce n’est pas un hasard. » Réponse : « Quand je leur ai dit que je ne pouvais rien faire pour elles, et que cela ne me concernait pas, elles se sont adressées ailleurs. » 578
N.B. L’expression de « travailleuse du sexe » employée dans cette émission est un déni de vérité : ces femmes de présentaient comme « mères » et revendiquaient d’être considérées comme des « femmes ». (Cf. Femme. « Féminin ». Journaliste. Giroud Françoise, Proxénétisme. Femmes-dite-prsstituées, Histoire)

Femme (« Politique ». Guigou Élisabeth) : 1997. Élisabeth Guigou, ancienne ministre, concernant les femmes politiques (ou : en Politique) auteure de :
« […] Leur langage, concret, vient du cœur, ce qui ne les empêche pas de théoriser, d’être capables de vues plus abstraites ou plus idéologiques. » 579
Essentialiste, maternalisme, régressif, méprisant, absurde. Sans doute, renierait-elle aujourd’hui cette ‘analyse’, mais dans l’attente, elle reste cautionnée.

Femme (« Politique ». Kosciusco-Morizet Nathalie) : (6 juin) 2017. Nathalie Kosciusco-Morizet, candidate aux élections législatives, auteure de :
« […] dans dix jours ma voix peut s'éteindre. » 580
- A-t-elle pensé à toutes les voix qui ne se sont jamais « allumées »?

Femme (« Politique ». Kustener Brigitte) : (30 novembre) 2016. Lu, dans Le Monde:
« Brigitte Kustener, ancienne collaboratrice de l’ex-députée et adjointe à la mairie de Paris Françoise de Panafieu, a dû attendre cette année pour obtenir enfin une investiture dans la capitale. En 2012, elle était partie en dissidence contre Bernard Debré. Elle voulait être candidate, le médecin lui proposait d’être sa numéro deux. ‘Est-ce que le féminin de député, c’est suppléante ?‘ avait-elle alors ironisé. Pour 2017, Bernard Debré a enfin accepté de lui laisser son siège. À 57 ans, elle s’estime heureuse : ‘J’ai sa bénédiction cette fois, c’est très élégant de sa part.’ » 581 (Cf. Femme. « Féminin ». « Politique ». De Panafieu Françoise)

Femme (« Politique ». Joly Eva) : 2012. Eva Joly, candidate écologiste à l’élection présidentielle de 2012, auteure de :
« On a le droit de m'écraser moi, de m'injurier, mais on n’a pas le droit d'injurier l'écologie. » 582
- À désespérer : Les Chiennes de garde défendaient les femmes politiques victimes d’injures, lesquelles souvent faisaient effectivement appel à elles ; aujourd’hui l’une d’entre elles en exclue même l’éventualité et confère en outre un permis d’injure. (Cf. Culture, L’ivresse du pouvoir, Êtres humains, Relations entre êtres humains. Injure, Politique. Écologie)

Femme (« Politique ». Lagarde Christine) (1) : (28 juin) 2011. Christine Lagarde [ex-ministre des finances de Nicolas Sarkozy], nouvelle présidente du Fond Monétaire international - institution garant de toutes les dominations impérialistes - a qualifié sa nomination de « victoire pour les femmes ». 583 Son salaire annuel (en 2011) : 551.700 dollars, soit environ 31.700 euros par mois, net d’impôts. 584 (Cf. Femme. Conscience de classe. Bourgeoise, Économie)

Femme (« Politique ». FMI. Lagarde Christine) (2) : (24 janvier) 2015. Concernant le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, décédé le 23 janvier 2015, Christine Lagarde, présidente du FMI, auteure de :
« De manière très discrète, il était un vrai défenseur des femmes. » 585 On lit aussi :
« C'était très progressif. Mais j'ai abordé cette question avec lui à plusieurs reprises et il y croyait fermement.» De plus, « il avait mis en place beaucoup de réformes ». 586
- Traduction : Peu importe [entre autres charmantes pratiques politiques de ce pays] la charia, Abdallah était un fidèle soutien des États-Unis et de l’Occident et cela suffit. Rarement, le mépris des femmes, le cynisme libéral n’a été si clairement affirmé. Le plus grave : que cette déclaration n’ait pas eu pour conséquence son départ du FMI. Pas même son éventualité.

Femme (« Politique ». FMI. Lagarde Christine) (3) : (2 mars) 2015. Christine Lagarde, toujours au FMI, en 2015, déclare :
« Il ne faut jamais lâcher la cause des femmes. » 587

Femme (« Politique ». FMI. Lagarde Christine) (4) : (17 avril) 2015. Christine Lagarde a refusé la demande du gouvernement Grec concernant un « report de paiement » assurant que les précédents n'avaient pas été suivis de « résultats productifs ». Elle a déclaré qu’Athènes devait donc payer un milliard d'euros à ses créanciers à partir du 6 mai et que le FMI n’accorderait aucun délai de paiement. Vue et entendue, lors de sa déclaration à la télé : terrible sentiment d’inhumanité. 588 (Cf. Économie. Grèce)

Femme (« Politique ». FMI. Lagarde Christine) (5) : (2 juillet) 2019. Christine Lagarde nommée présidente de la Banque Centrale européenne. (Cf. Relations entre êtres humains. Flagornerie)

Femme (« Politique ». Corinne Lepage) : 2017. Corinne Lepage faisant, le soir même de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, ses offres de services pour un poste de ministre : quelle tristesse de gâcher ainsi un itinéraire écologique de valeur…
- À sa décharge (?) elle n’est pas la seule « politique » à chercher à se faire valoir ainsi publiquement.

Femme (« Politique ». Le Pen Marine) : (4 avril) 2017. Marine Le Pen, quatre jours avant le second tour de l’élection présidentielle, et au lendemain du débat où elle s’était (notamment) montrée particulièrement grossière, s’affirme sans apparente gêne comme « la représentante du peuple » et explique « qu’elle fait exactement ce que le peuple attendait d’elle ». 589 Comme Jeanne d’Arc [1412-1431] ? Ses propos, à l’approche de la présidentielle, deviennent absurdes… (Cf. Politique. Front National. Peuple)
* Ajout. 8 mai 2017. Pour nuancer ma critique : Emmanuel Macron, le soir de son élection, auteur de : « La France l’a emporté »… (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Démocratie. Élections. 7 mai 2017)

Femme (« Politique ». Lienemann Marie-Noëlle) : 2002. Dans le livre de Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice, ancienne députée européenne, ministre, conseillère générale, secrétaire nationale du parti socialiste…) Ma part d’inventaire, elle qui, selon son éditeur, « n’a pas peur de regarder la réalité en face pour mieux préparer l’avenir » (quatrième de couverture) réussit l’exploit de ne pas écrire une seule fois le mot : « femme ». 590

Femme (« Politique ». Macron Brigitte) (1) : (4 octobre) 2018. Valeurs actuelles publie 591, selon une « top source qui semble crédible, la réalité d’une « véritable engueulade » de Brigitte Macron à l’Élysée, entendue par les officiers de sécurité, au cours de laquelle elle lui aurait notamment dit : « Les conneries, ça suffit maintenant ! ».
- Il est certes plus que dommage de citer sur cette seule source l’évident rôle politique joué par Brigitte Macron, évacuant ainsi l’importance de son influence sur son mari ; mais cette citation, outre qu’elle est, en soi, une analyse politique, a en sus l’avantage de relativiser, pour le moins, le qualificatif de « politique » accolé à un homme et / ou à une femme dite « politique ».
- Le 11 octobre 2018, des photos - officielles - nous montrent Brigitte et Emmanuel Macron en Arménie « très fusionnels », « plus complices que jamais », « échangeant des gestes tendres », « se tenant la main à de nombreuses reprises ».592
Dans quel royaume d’apparences, de mensonges, ces gens-là vivent-ils… (Cf. Femme. Épouse. Macron Brigitte)

Femme (« Politique ». Macron Brigitte) (2) : (22 décembre) 2018. Selon Le Monde, Brigitte Macron aurait évoqué « la violence et la vulgarité des Gilets jaunes ». 593

Femme (« Politique ». Macron Brigitte) (3) : (9 mai) 2019. Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur, évoquant certaines raisons de son départ du gouvernement et les « difficultés » actuelles d’Emmanuel Macron, déclare que Brigitte Macron soutenait régulièrement, à l’époque, ses positions parce qu’elle « sortait plus souvent et voyait plus la réalité de la France ». 594

Femme (« Politique ». Macron Brigitte) (4) : (21 août) 2019. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Parlant de l’influence de Brigitte Macron, un participant aux dîners politiques raconte (le JDD.18 août) : ‘Elle a un mot gentil pour tout le monde quand on arrive, mais ensuite plus un mot. C’est étonnant une personne aussi effacée et aussi présente politiquement…’ Au contraire cela dénote un indéniable sens politique… » 595

Femme (« Politique ». Grande-Bretagne. May Theresa) : 2017. George Osborne, ancien ministre des finances de David Cameron, actuel rédacteur en chef de l’Evening Standard, auteur, concernant Theresa May, première ministre, de :
« Je ne serai tranquille que lorsqu’elle sera dans mon congélateur, découpée en morceaux dans des sachets. »
- Et le Canard enchaîné qui reproduit cette citation, après avoir écrit qu’il « la flinguait à bout portant plusieurs fois par semaine » le juge « très cash ». 596
N.B. Définition du Larousse : Cash : Familier. Sincère. Franc. (Cf. Relations entre êtres humains. Haine, Homme. « Politique », Langage, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (« Politique ». Megret Catherine) : 1997. La première phrase de Catherine Mégret, épouse de Bruno Mégret, nouvellement élue Front National à la Mairie de Vitrolles, en 1997, fut :
« Je voudrais souligner combien notre victoire est d’abord celle de mon mari. » Ce qui en l’occurrence est vrai : Bruno Mégret frappé d’inéligibilité, a, en son lieu et place « fait élire sa femme ».
- Il n’est pas inintéressant de se remémorer que, deux ans après, en 1999, pour barrer la voie au dit Bruno Mégret, N° 2 du parti, Jean-Marie Le Pen avait déclaré, à son tour, que s’il était déclaré inéligible, il ferait conduire la liste FN aux élections européennes par sa nouvelle épouse Jany Le Pen, qui incidemment avait déclaré qu’elle était « parfaitement ignare en politique ». (Cf. Politique. Front National)

Femme (« Politique ». Panafieu Françoise de) : (juin) 2012. Françoise de Panafieu, [UMP] raconte :
« Bien des hommes m'avaient dit à voix basse qu'ils militeraient pour elle [pour Brigitte Kuster, élue, remplacée par les instances de l’UMP par Bernard Debré)]. Mais à la commission d'investiture, il n'y avait plus personne... Quand je suis sortie de là, je me suis dit : Waouh ! S'ils se planquent sous la table ici, en temps de guerre, dans la cave de qui j'irais me réfugier si j'étais poursuivie ? »
- De la même : « Nous ne respectons pas la loi que nous avons nous-mêmes élaborée et votée (concernant la « parité ») et on s'étonne que les citoyens ne nous respectent pas ! » Sur 577 candidatures présentées par l'UMP aux élections législatives de juin 2012, 72 % sont des hommes. 597
- Elle avait par ailleurs, aussi justifié, en 2002, la réouverture des bordels.
Il existe des termes, celui de « respect » par exemple, que sa première déclaration aurait légitimée mais, qui, à la lumière de cette dernière prise de position, doivent être employés avec circonspection. (Cf. Femme. «Politique». France. Kustener Brigitte)

Femme (« Politique ». Pau-Langevin George) : 1987. Madame George Pau Langevin, le 13 octobre 1987, alors avocate, présidente du MRAP (Mouvement contre la racisme et pour l’amitié entre les peuples), auteure de :
« […] Nous, hommes d’outreme r» […] » 598
Elle sera, en 2014, nommée « ministre des outremers ».
Quelle injure colonialiste, par ailleurs, dans le terme d’« outremer »…. (Cf. Justice. Avocate, Politique. Colonialisme)

Femme (« Politique ». Pécresse Valérie) : (7 juin) 2019. Valérie Pécresse, auteure de :
« Je veux sauver la droite. » 599 (Cf. Femme. Humble, Politique. État)

Femme (« Politique ». Pelletier Monique) : 1978. 2016. Monique Pelletier, alors qu’elle était, en 1978, « ministre déléguée à la condition féminine », évoquant un jeune et brillant médecin, nommé par elle - qui soignait son mari devenu hémiplégique et aphasique - écrit en 1995 :
« Je le soupçonne de faire des ravages parmi le personnel féminin du service. » 600
- Cette femme attachante n’aurait pas écrit cela si elle n’eut pas considéré que ce fut un compliment qu’elle lui adressait ; et encore moins qu’il put, comme « le personnel féminin » en prendre ombrage…
- Ce qui importe sans doute plus encore, c’est qu’en 2016, elle écrivit : « ministre des femmes en 1979, j’ai été agressée par un sénateur. Honte à moi de mon silence. » 601 (Cf. Droit, Femme. « Féminin », Violences. Violences à l’encontre des femmes. Droit de cuissage)

Femme (« Politique ». Piat Yann) : 1994. Yann Piat [1949-1994], femme « politique » française, filleule de Jean Marie le Pen, députée du Var Front National, en 1986, puis en 1988, date à laquelle elle est exclue du Front national ; elle sera alors réélue sous l’étiquette UDF, en 1993. À l’Assemblée Nationale, elle fut membre de la commission d’enquête sur les tentatives de pénétration de la mafia en France. Assassinée le 25 février 1994, en raison de ses dénonciations des liens entre les milieux maffieux et politiques. Première députée assassinée en France.

Femme (« Politique ». Pompadour Madame de) : 1765-1770. Jean-Jacques Rousseau [1712-1778] écrit dans Les confessions [Livre XI] qu’il « regardait Madame de Pompadour [1721-1764] comme une façon de premier ministre. » Plus loin, il évoque :
« l’entêtement d’une femme obstinée qui sacrifiant toujours à ses goûts ses lumières, si tant est qu’elle en eut, écartait presque toujours des emplois les plus capables pour placer ceux qui lui plaisait le plus. […] » (Livre 11) (602

Femme (« Politique ». Roudy Yvette) : 1995. Yvette Roudy, auteure, dans De quoi ont-ils peur ? de :
« […] Faut-il s’étonner que les hommes politiques français puissent si facilement se débarrasser des rares féministes françaises qui s’obstinent à rester dans les partis ? Ils préfèrent traiter, au moment des élections, avec des personnalités extérieures, plus faciles à écarter quand elles ne servent plus. Seules sont retenues les femmes qui ne dérangent ni leurs règles, ni leurs jeux, ni les mœurs. […] » 603
Oui, il faut le dire : les critères par les hommes de choix (des femmes) en politique sont encore si souvent la dépendance, la malléabilité, les faibles exigences…tempérées par l’ambition ? Certes, elles n’en ont pas le monopole. Mais taire cela est faire injure aux femmes qui décident de faire « de la politique » : elles devront, comme les hommes, avaler les couleuvres et vivre avec leur impuissance. (Cf. Politique. Parité, Sénatrice. Comment devenir sénatrice)

Femme (« Politique ». Royal Ségolène) (1) : Avoir enduré avec hauteur la somme d’injures et d’ignominies dont Ségolène Royal a été l’objet impose le respect. L’analyse politique féministe est toujours manquante. 604
- Plus récemment, ses prises de position concernant le fait qu’elle souhaite, sans autre forme de procès, « tourner la page » (le 20/5/2011), avant même toute décision judiciaire concernant Dominique Strauss-Kahn), l’a rangée de facto dans le camp des cautions d’un agresseur sexuel. De plus récentes déclarations n’effacent pas la faute.
* Deux « leçons» de son magistral échec aux élections législatives de juin 2012 : nul-le n’est au-dessus des lois (du P.S) et : la présomption est un vilain défaut.
* Ajout. 16 janvier 2013. Concernant la première assertion, une question me vient à l’esprit : pourquoi aurait-elle dû ‘endurer’ toutes ces injures ? Pourquoi n’a-t-elle pas d’emblée affirmé qu’elle ne les accepterait plus et ne s’en est-elle pas donné les moyens ? Si tel avait été sa décision, elle aurait certes dû affronter l’ensemble de la classe politique et prendre un risque politique réel (pas perdu pour autant). Mais elle aurait fait faire aux femmes et donc à la société française un immense pas en avant. Plus important que son (éventuelle) élection (Cf. Êtres humains, Relations entre êtres humains. Injure, Homme. « Politique ». Strauss-Kahn Dominique)

Femme (« Politique ». Royal Ségolène) (2) : 2018. Ségolène Royal publie un livre intitulé Ce que je peux enfin vous dire [Fayard. 2018. 289p.] dans lequel elles rapporte les « réactions sexistes » entendues, vécues par elle - certaines nominatives, d’autres non - depuis 30 ans.
Que n’eut-elle…
Elle y écrit aussi : « L’imagination a culminé en 2006 et 2007, dans une totale impunité ». « Jamais un candidat à une élection n’avait encaissé une telle avalanche de mépris sans qu’aucune réaction ne vienne l’endiguer. »
- Pas même des féministes ? (Cf. Sexes, Sexisme)

Femme (« Politique ». Royal Ségolène) (3) : 2018. Sylvie Kauffmann, journaliste, directrice éditoriale du Monde, se souvient de la candidature de Ségolène Royal en 2007 à la présidence de la République « dont on rigolait beaucoup dans les milieux politiques. » Elle incluse ? 605 (Cf. Penser. Raison)

Femme (« Politique ». Grande-Bretagne. Rudd Amber) : 2018. Amber Rudd, ministre de l’Intérieur britannique avait déclaré, concernant son collègue Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, qu’il n’était pas « le genre d’homme qu’on choisirait pour se faire raccompagner en voiture à la fin d’une soirée. » 606 (Cf. Homme. Grossier. Johnson Boris)

Femme (« Politique ». Saunié-Seité Alice) : 1974. Échange de mots en 1974, retranscrits et publiés par Françoise Giroud, entre elle et Alice Saunié-Seité qui assistait à son premier Conseil des ministres [Présidence de Giscard d’Estaing] :
« Chère Alice, vous doutiez-vous qu’un Conseil des ministres peut être aussi ennuyeux ? »
Réponse : « Chère Françoise, oui, car j’ai toujours constaté l’insondable puérilité du sexe masculin. »
- Si Alice Saunié-Seité n’avait pas été si souvent définie par son statut de [probable] ‘maîtresse de’…, aurais-je moi-même retranscrit cet échange ? 607

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (1) : 2010. Marlène Schiappa, dans son livre, Osez l’amour des rondes, écrit notamment :
- « Soyez drôles, mais pas trop. La femme grosse a l’obligation d’être marrante, mais ne doit pas oublier que sa priorité doit toujours rester sa soumission totale à l’homme. Elle préférera donc rire aux blagues pourries de son compagnon plutôt que de se lancer dans un récital de vannes. »
- « La levrette: Il s’agit ici de mettre en avant le meilleur visage de la grosse : son cul ».
- « Sodomie mensongère : il s’agit ici de faire croire à votre amant qu’il vous sodomise alors qu’il s’introduit seulement entre vos deux miches. Technique usitée par la plus vieille profession du monde depuis des siècles. Merci pour cet aimable rappel de notre condition, Marlène. » etc.,… 608

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (2) : (24 mai) 2014. Le site Atlantico publie les « dix suggestions pour vous faire prescrire un arrêt de travail pathologique » - proposées par Marlène Schiappa, avant sa nomination au gouvernement sur son blog Maman Travaille - fondées sur la simulation, le mensonge, la manipulation, la séduction, l’abêtissement, les modalités de détournement de la loi.
- Commentaire d’Atlantico : « À coup sûr, les employeurs apprécieront les prochaines sorties de la ministre sur la discrimination hommes-femmes dans les entreprises… et les prochaines sorties du Président et de son équipe sur l’exemplarité des élus. » 609

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (3) : (28 avril) 2017. Marlène Schiappa, responsable d’un réseau intitulé « Maman travaille », « référente égalité femmes-hommes d’Emmanuel Macron » présente, dans l’entre deux tours de l’élection Présidentielle de mai 2017, les projets d’Emmanuel Macron s’il est élu. J’ai relevé :
- « Son programme, qui est très caricaturé, est de libérer l’économie en ouvrant plus de droits » et :
- « Il est convaincu que l’émancipation, c’est permettre à chacune de faire les choix qu’elle veut, comme si elle était un homme, ni plus ni moins. C’est à dire pouvoir sortir dans la rue à 3h du matin, si elle en a envie, avoir accès à l’IVG ou se rendre à la fac avec son voile. » 610
- Effectivement, avec de telles ambitions, on ne peut que la croire :
« Avec Emmanuel Macron, la vie des femmes va changer. » (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Politique. Démocratie. Élections présidentielles. 7 mai 2017)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (4) : (24 mars) 2017. Lors d’un débat au cours duquel Emmanuel Macron et Marlène Schiappa s’étaient engagés publiquement à la création d’un Ministère des droits des femmes, Marlène Schiappa a déclaré : « Le féminisme est aussi un courant économiste. » 611 Cette petite phrase, ouvre un boulevard aux thèses et politiques économiques libérales, proxénètes nécessairement incluses. (Cf. Féminisme, Économie)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (5) : (18 mai) 2017. Marlène Schiappa est nommée non pas ministre, mais « secrétaire d'état en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes » du gouvernement Édouard Philippe.
- J’apprends qu’elle avait « travaillé aux côtés de Laurence Rossignol au ministère des familles, de l'enfance et des droits des femmes » et qu’elle a collaboré quelques mois aux Nouvelles News, fort peu critique, par ailleurs, la concernant…(Cf. Schiappa Marlène, « Sciences » sociales. Économie)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (6) : (22 mai) 2017. Marlène Schiappa est interrogée par les Nouvelles News :
- Question : « Un mot d’abord sur la déception qu’a pu causer la dénomination de votre rôle. Vous n’êtes pas à la tête d’un ministère, mais d’un secrétariat d’État, certes rattaché au Premier ministre. N’est-ce pas un mauvais signal ?», Marlène Schiappa
- Réponse : «Au contraire. Avoir un secrétariat d’État rattaché à Matignon, c’est le pilotage politique que j’avais proposé à Emmanuel Macron. Car lors de mes discussions durant la campagne présidentielle avec des expertes, des associations… toutes me disaient qu’elles étaient globalement satisfaites des actions menées ces dernières années par le ministère des Droits des femmes, mais s’il fallait un point d’amélioration à leurs yeux, c’était un besoin de transversalité. […] » 612

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (7) : (22 mai) 2017. Marlène Schiappa s’estime en droit de conférer des labels de véracité « féministe » à ses collègues. :
« […] Mais je peux déjà dire que dans ce gouvernement, il y a beaucoup de vraies féministes. La ministre du Travail, de la Culture, des Transports, des Sports, des Armées… sont des femmes très engagées sur ces questions. »
- Marlène Schiappa, du fait de sa fonction ministérielle, délivrant des brevets de « vraies féministes » : un bel exemple d’enfermement institutionnel. 613

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (8) : (24 mai) 2017. Marlène Schiappa, nommée par Emmanuel Macron « secrétaire d'état en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes » du gouvernement Édouard Philippe, invitée par Radio Alpa, affirme :
« Je me situe plutôt dans un mouvement féministe qu'on appelle pro sex aux États-Unis, et qui demande un statut du travailleur sexuel, que ce soit pour les animateurs de sites X, les performers érotiques, les assistants sexuels pour personnes handicapées...
Le mouvement pro sex pense qu'on ne peut pas partir du point de départ que toutes les prostituées sont contraintes. »
- Et ce, suivi de la non moins fulgurante analyse :
« Néanmoins, je ne crois pas non plus qu'on puisse partir du point de départ que toutes les personnes prostituées seraient consentantes. Il est bon parfois de s'éloigner des dogmes pour entrer dans le concret, de voir comment ça se passe pour les principales concernées. […] » 614 (Cf. Homme « Politique ». Macron Emmanuel, Penser. Pensée. Binaire, Pornographie, Proxénétisme)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (9) : (3 août) 2017. Marlène Schiappa déclare que « le corps n’est pas un bien public ». 615 Si l’on accepte la grille de lecture de la dénégation selon laquelle il s’agit du procédé par lequel, tout en formulant une pensée, un désir - ici une réalité - jusqu'ici refoulée, une personne s'en défend, en niant qu'il lui appartienne, et de fait l’exprime, alors de riches conclusions politiques doivent en être tirées.
Mais, plus précisément, à quoi donc engage - et que peut bien signifier l’emploi du terme de « bien public » - que nul-le ni juridiquement, ni politiquement - n’utilise. Qui, dans le monde, pourrait affirmer : « Le corps est un bien public » ?
- Cette assertion est indigne, car elle a pour moyen le leurre et pour finalité la tromperie. (Cf. Proxénétisme)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (10) : (3 août) 2017. Marlène Schiappa évoque, devant la Délégation aux droits des femmes du Sénat, incidemment, qu’elle est « aussi en charge » des « LGBT ». 616
Ainsi dorénavant l’égalité femmes-hommes (un concept) est comparable ? équivalente ? aux «LGBT» (des êtres humains, qualifié sans que l’on sache sur quels fondements, arbitrairement donc, comme tels) (Cf. Êtres Humains. « LGBT », Sexes. […] « LGBT »)
* Ajout. 22 novembre 2017. Cf. article 1 du décret 2017-N°1066 du 24 mai 2017 relatif à ses attributions :
« Par délégation du Premier ministre, Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, prépare, anime et coordonne le travail gouvernemental en matière de parité et d'égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu'en matière de lutte contre la haine envers les personnes lesbiennes, gays, bi et trans. » […] Lire la suite… (Cf. Relations entre êtres humains. Haine)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (11) : (12 septembre) 2017. Marlène Schiappa revendique la PMA pour toutes les femmes, afin qu’elles puissent toutes devenir mères 617, sans que les enfants n’aient de pères. Les hommes, ou plutôt, certains rares d’entre eux, réduits à leur sperme, lui-même devenu un objet du marché. Désavouée par le ministre de l’Intérieur, elle devra retirer son projet. Un temps…(Cf. Êtres humains. Corps. Sperme, Politique. Égalité)
- N.B. Ce commentaire n’est pas une position contre la PMA.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (12) : (16 octobre) 2017. Marlène Schiappa, en sus d’une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel [de rue], qu’elle annonce, c’est, selon elle, de la critique des précédentes qui ne sont pas, ou mal, ou si difficilement mises en œuvre, que les femmes ont besoin.
Et si l’on veut vraiment que les choses changent, radicalement, si l’on veut vraiment que des siècles d’injustice soient dénoncées et que ces violences cessent, ce dont les femmes - celles qui ont parlé et toutes celles les plus nombreuses qui n’ont pas parlé - ont besoin, c’est d’abord et avant tout - d’une nouvelle police, mais surtout d’une nouvelle justice.
La parole, là aussi, de toutes les injustices, de tous les scandales de la justice, de toutes les hontes commises à l’encontre des femmes par la «Justice», doit se libérer. (Cf. Droit, Justice, Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (13) : (18 octobre) 2017. Je lis dans l’organigramme de la composition du cabinet de la secrétaire d'état auprès du premier ministre, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, que celui-ci est composé de 5 personnes. L’une d’entre elles est « conseillère en charge des droits des femmes. »
- Ainsi, si l’on pense que le terme de « droits des femmes » a un sens, il faut savoir qu’une seule personne est officiellement en France, chargée de « gérer », de suivre, de critiquer, d’innover, les dits droits de 34, 5 millions femmes, en France. 618
* Ajout. 27 juin 2018. « Par arrêté du 13 juin 2018 portant cessation de fonction au cabinet de la secrétaire d’état auprès du premier ministre, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes publié au Journal Officiel du 21 juin, il est mis fin aux fonctions de Floriane Volt, conseillère en charge des droits des femmes. »
- Aussi simple que cela… : zéro serait-il moins gênant que : 1 ?
* Ajout. 8 août 2018. À titre de comparaison, je lis que 61 personnes sont en charge de « la communication de l’Élysée ». 619 (Cf. Politique. État. « Gilets jaunes »)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (14) : (22 octobre) 2017. Marlène Schiappa affirme, dans le JDD :
« Je suis très proche de Brigitte [Macron]. Elle me demande des conseils. »
- Commentaire du Canard enchaîné :
« Et le génie Schiappa consent à lui en donner ? » 620

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (15) : (22 novembre) 2017. Je lis dans Le Canard enchaîné :
« La plupart des orateurs au Congrès de Lyon [1er conseil national de La République en marche où fut adoubé Christophe Castaner, après qu’il ait été nommé par Emmanuel Macron] ont vanté les immenses efforts (sic) du président Macron et de son mouvement au service de l’égalité femmes-hommes : parité au gouvernement, 43 % des députées, etc., (sic).
Mais, à l’exception notable de Marlène Schiappa, tous les orateurs principaux étaient des hommes […]
Il y avait bien des femmes sur la tribune et au micro, mais c’était pour assurer l’ambiance. […] Dans le jargon du métier, cela s’appelle ‘faire des ménages’. Mais, là, ce n’était même pas payé. » 621 (Cf. Homme « Politique ». Castaner Christophe)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (16) : (25 novembre) 2017. Après le discours lamentable d’Emmanuel Macron du 25 novembre 2017 à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et du lancement de la grande cause du quinquennat : « words, words, words» ; « despise, despise, despise » - à quelle politique Marlène Schiappa peut-elle dès lors se référer ?… (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel, Patriarcat. Weinstein Harvey)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (17) : (27 novembre) 2017. Un document intitulé : Décryptage du budget dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles du Secrétariat d’État montre qu’« aucun budget supplémentaire » n’a été programmé pour lutter contre les violences. Le terme de mépris est insuffisant, c’est d’une attaque frontale contre les femmes de ce pays qu’il s’agit. Les femmes, je le pense, n’oublieront pas. Et Emmanuel Macron devra - et sera - personnellement jugé responsable des violences contre les femmes qui dorénavant seront perpétrés contre les femmes. Et ce sera juste. 622 (Cf. Sexes. Sexisme)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (18) : 2018. Faute de crédits, dans le cadre institutionnel, politique, économique français, Marlène Schiappa a [pris] le pouvoir que la valeur de sa parole singulière lui confère, ou non.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (19) : (7 février) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné, le jugement d’Emmanuel Macron concernant Marlène Schiappa :
« Elle a créé son fonds de commerce. Elle s’installe dans le rôle de la passionaria du combat de l’égalité entre les femmes et les hommes. Je la laisse faire parce que j’en ai fait la grande cause de mon quinquennat. Il faut bien qu’en dépit de quelques excès une figure qui l’incarne. » Et Le Canard conclue :
« Sans oublier que Schiappa est intouchable en raison de sa proximité avec Brigitte. Existe-t-il meilleur soutien en Macronie ?» 623
- Les femmes - car c’est bien d’elles, de nous qu’il s’agit - mises en position d’être qualifiés de « fonds de commerce » de Marlène Schiappa, apprécieront la valeur que leur accorde le président de la République… (Cf. Homme. « Politique ». Macron Emmanuel)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (20) : (10 février) 2018. La reprise en mains institutionnelle est dorénavant effective : après les révélations de réalités de violences commises à l’encontre des femmes par Nicolas Hulot, N° 2 du gouvernement, Marlène Schiappa écrit :
« Le Premier ministre a parlé au nom de tout le gouvernement en étant très clair : le gouvernement fait confiance à Nicolas Hulot. Qu'ajouter ? Je pourrais répéter cela. Je pourrais ajouter que c'est ‘un homme charmant’ (c'est le cas), ‘respectueux’ (c'est le cas), que je pense à son épouse et ses enfants (c'est le cas), qu'il porte un combat majeur pour l'avenir de la planète (c'est le cas) ; mais en quoi cela apporterait-il quoi que ce soit, dans un sens ou dans un autre ? » 624
La messe est dite… pour ceux et celles qui y croyaient…
Le danger était trop important, la reprise en mains peut commencer.
* Ajout. 16 février 2018. L’enquête pour viol visant le ministre Gérard Darmanin est classée sans suite par le Parquet de Paris. 625
* Ajout. 3 mars 2018. Gérard Darmanin dépose plainte pour dénonciation calomnieuse à l’encontre de la femme qui avait déposé plainte pour ‘abus de faiblesse’. 626
* Ajout. 6 mars 2018. Nicolas Hulot a, le 2 mars, déposé plainte en diffamation contre le magazine Ebdo « qui avait fait état d’une plainte pour viol et d’une rumeur de harcèlement sexuel. » 627

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (21) : (8 mars) 2018. Marlène Schiappa déclara sur TPMP (Touche pas à mon poste) :
« Il est très beau, Cyril Hanouna, on ne peut pas dire le contraire. Il est très bienveillant. Je trouve que c’est un gentleman. C’est quelqu’un qui se comporte très bien avec les femmes. » 628
Eh, oui, cela fut dit…
Mais cela ne fut pas relevé, pas cité dans la revue de presse du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Officiellement donc, Marlène Schiappa n’a pas « félicité » Cyril Hanouna, ni ne l’a complimenté pour le « respect » dont il fait - c’est évident - quotidiennement preuve auprès de près de trois millions de téléspectateur/trices…629

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (22) : (8 mai) 2018. Je découvre sur internet que Marlène Schiappa, alors déjà secrétaire d’état, a reçu le 8 décembre dernier le prix spécial laïcité du Grand Orient de France. Dans un tweet daté du 8 décembre 2017, elle s’affirme « honorée de recevoir le prix spécial Laïcité du GODF [Grand Orient de France] » qu’elle « prend pour un encouragement. »

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (23) : (9 mai) 2018. Lu sur Le Canard enchaîné :
« La secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes publie : Si souvent éloignée de vous’, ainsi présenté en quatrième de couverture : ‘Telle une Madame de Sévigné moderne, Marlène Schiappa écrit à ses filles […] Aux confins de l’intime et du politique, ce récit à la fois exceptionnel et universel nous dévoile le cœur d’une mère au service du gouvernement. »
Pour son prochain ouvrage, un autre sujet vendeur : Madame de sévigné féministe ? » 630

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (24) : (9 mai) 2018. Muriel Pénicaud, ministre du Travail et Marlène Schiappa, secrétaire d’état chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, conclurent les réunions de concertation sur l’égalité salariale au ministère du Travail, en présence de tous les syndicats. 631
Le soutien à l'AVFT, publiquement exprimé, fut porté par la CGT, mais avait fait l'objet d'un consensus trans-syndicats, CGT, la CFDT, la CGC, la CFTC, FO, la FSU, SOLIDAIRES et l'UNSA.
Marlène Schiappa, à nouveau donc interpellée, a répondu que l'AVFT avait arrêté son activité, que l'État n'avait pas à faire de mécénat avec les associations et qu'il faisait déjà preuve de mansuétude en ne supprimant pas entièrement la subvention de l'AVFT, maintenue intégralement [Pour 2018 en tout cas].
Les deux termes de mécénat et de mansuétude méritent une analyse politique.
N.B. Marlène Schiappa peut-elle expliquer pourquoi elle menace si clairement l’AVFT et affiche si clairement son soutien, y compris financier, au Collectif féministe contre le Viol ? Qu’en pense le CFCV ?
* Ajout. 31 mai 2018. 48.000 femmes victimes de violences au travail en 2016.
En février 2018, 32 % des femmes déclaraient avoir été victimes d’une forme de harcèlement sexuel au cours de leur carrière. 632

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (25) : (11 mai) 2018. Marlène Schiappa, secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a une telle confiance en la justice de la justice française qu’en matière de harcèlement sexuel au travail, qu’elle a décidé - de concert avec le président de la République, le premier ministre, sa consœur, ministre de la justice - de n’en rien changer.
Alors que le monde entier est encore si profondément bouleversé par les conséquences de « l’affaire Harvey Weinstein », l’efficacité de la justice française, pour la permanence du patriarcat et la domination masculine était-elle par trop probante ? 633
NB. Pour rappel : Non seulement les « ordonnances Macron » ont, en droit du travail, restreint les droits des femmes la matière ; non seulement, les femmes pâtiront, comme tous les justiciables, de la réforme actuelle de la justice initiée par Emmanuel Macron ; mais, en sus, la lutte contre le harcèlement sexuel ne fait pas partie des réformes présentées avec la ministre du travail, comme relevant de l’égalité professionnelle hommes-femmes. [Repris dans : Justice. Schiappa Marlène] (Cf. Justice. Macron Emmanuel, Patriarcat. Weinstein Harvey, Violences. Violences à l’encontre des femmes. Harcèlement sexuel)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (26) : (11 mai) 2018. Marlène Schiappa, secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a une telle confiance en la justice de la justice française qu’en matière de harcèlement sexuel au travail, qu’elle a décidé - de concert avec le président de la République, le premier ministre, ses consœurs, ministre de la justice et du travail - de former ceux et celles qu’elle nomme avec dignité, respect et élégance, « les personnels de standard » et ce, « en quelques semaines », qui seront chargé-es de répondre savamment aux personnes qui appelleront ledit standard. 634
- En faisant fi, elle qui ne s’affirme féministe que depuis un an, des 33 ans d’initiatives législatives, d’avancées jurisprudentielles, de compétences juridiques, d’innombrables procès préparés, défendus, plaidés par l’AVFT ?
- « L’État doit reprendre la main » ainsi, a-t-elle justifié sa décision, et ce, après un jugement politique dépourvu de toute ambiguïté. 635
- S’est-elle vraiment rendue compte de l’énormité politique, a tant de titres, d’un telle assertion ? [Repris dans Justice. Marlène Schiappa]

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (27) : (11 mai) 2018. Après que Marlène Schiappa ait donc refusé d’augmenter le financement public de l’AVFT [235.000 euros par an] et semble attendre de la reconnaissance qu’elle ne l’ait pas diminué, elle décide d’utiliser, là encore [semble-t-il seule ?], l’argent de l’État et de dépenser : « quatre millions pour un plan de communications » et « un million pour un nouveau dispositif contre les violences au travail. » 636

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (28) : (14 mai) 2018. Questionnée sur le nombre d’inspecteurs[trices] du travail - dont le nombre ne cesse de baisser - chargés de contrôler les 7000 entreprises en matière d’égalité salariale, Marlène Schiappa eut cette réponse dont la dernière phrase, hallucinante est fort inquiétante, là encore, à tant de titres, :
«’C’est tout à fait absorbable. En France, on a un nombre d’inspecteurs au-dessus des normes de l’Organisation internationale du travail. Le sujet n’est donc pas le nombre, mais la priorité fixée. » 637
- N’y a-t-il donc personne qui relise ses interviews ?
* Ajout. 20 août 2019. Réaction naïve de ma part…

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (29) : (14 mai) 2018. Interrogée sur son absence sur les marches du Festival de Cannes, le 12 mai 2018, alors que 82 femmes affirmaient au nom de « l’égalité » dédier cette manifestation « aux femmes du cinéma » Marlène Schiappa, qui a décidément réponse à tout, affirma :
qu’elle n’avait pas voulu « s’inviter », suivi de :
« Ce n’est pas ma place, je ne suis pas actrice ». 638
N.B. Dans Le Canard enchaîné, il est écrit que : « Françoise Nyssen [ministre de la Culture] était la seule ministre autorisée par le Château [l’Élysée] à monter les marches du Palais des festivals. » 639 (Cf. Culture, Politique. Égalité)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (30) : (15 mai) 2018. À l’Assemblée Nationale, le 15 mai 2018, le député LR Fabien Di Filippo avait interpellé Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes en ces termes :
« […] Ce qui est irresponsable et incompréhensible pour les Français, c’est que vous puissiez manquer à votre parole et faire passer votre conception libertaire des rapports sexuels, y compris entre mineurs et majeurs, avant la protection de nos enfants ». Marlène Schiappa a alors réagi en ces termes :
« Je demande une suspension de séance. Monsieur le député Filippo n’a pas à m’insulter de la sorte ni à faire des suppositions qui sont totalement déplacées dans le cadre d’un débat et qui démontrent encore une fois sa misogynie crasse et son ignorance profonde de ce qu’est la liberté des femmes », puis publié le tweet suivant : « Propos inqualifiables et hallucinants de M. Di Filippo à mon encontre qui fait référence à ma ‘vie sexuelle’ pour justifier son argumentaire ! »
Je ne lis pour ma part aucune « insulte » personnelle, ni aucune référence à « la vie sexuelle » de Madame Schiappa. Quant aux « femmes », le terme n’ayant pas été prononcé par M. Fillipo, les termes de « misogynie crasse » [ ! ] et de « liberté des femmes » n’avaient pas lieu d’être. 640

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (31) : (30 mai) 2018. Marlène Schiappa publie un livre, intitulé Si souvent éloignée de vous, dans lequel elle croit bon préciser qu’il n’est « ni une communication gouvernementale ni un bilan d’action politique, mais un récit purement personnel, partiel et parfois romancé. »
Il fut pourtant rendu public par un courriel émanant du Secrétariat d’État.
Le président d’Anticor ayant saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés, ainsi que le premier ministre, Marlène Schiappa a évoqué « une maladresse » qui « ne se reproduira plus ».
L’article du Monde, après avoir parlé d’un livre « parfois [d’] un registre de littérature de gare » qui évoque cet épisode en conclue :
« Ce qui pourrait passer chez Marlène Schiappa pour de la naïveté, ou une volonté puérile de se donner en exemple, pourrait bien révéler au contraire une maitrise parfaite des codes de la société du spectacle. » 641
- Certes, ce livre était un objet politique, mais Le Monde ne serait-il pas plus crédible, plus honorable, s’il avait pris au sérieux sa politique, qui, elle, ne relève pas de « la société du spectacle » ?
* Ajout. 17 juillet 2019. Lu dans Le Canard enchaîné, que François de Rugy, accusé par Médiapart mais encore ministre de l’écologie, « ulcéré » par les réactions de Benjamin Grivaux et de Marlène Schiappa a cru bon, le 14 juillet 2019, dire à un ministre, concernant cette dernière : « Elle avait mobilisé tout son ministère pour faire la promo de son bouquin, mais je ne l’ai pas critiquée. J’aurais trouvé ça nul de l’attaquer là-dessus. » 642

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (32) : (11 juin) 2018. Je reçois La Veille de l’actualité du Service du droit des femmes et de l’égalité entre les hommes et les femmes. Il n’est curieusement plus fait état d’aucune initiative de la ministre et « l‘action gouvernementale » est réduite à sa plus simple expression.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (33) : (12 juin) 2018. Lors d’un énième interview, à Terrafémina, Marlène Schiappa, tentant en vain, une énième fois, de se justifier concernant la politique du gouvernement concernant l’AVFT déclare :
« L'AVFT a décidé de fermer son standard. L'État serait en droit dans n'importe quel contrat commercial ou contrat de partenariat de dire : "OK, vous ne remplissez pas la mission pour laquelle vous touchez une subvention, on arrête la subvention". Or, nous, ce n'est pas ce que l'on a dit. »
Et ce, suivi d’un inénarrable :
« On vous demande de faire moins de choses […]. »
Ce qui mérite bien un prix de l’humour (ou de l’inconscience ?) politique ?

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (34) : (13 juin) 2018. A la suite de la honteuse déclaration d’Emmanuel Macron selon lequel « les aides sociales, coûtent un maximum de pognon », Marlène Schiappa croit bon nous expliquer ce que sans doute elle estime que nous ne pourrions comprendre sans son analyse, ou que nous comprendrions peut-être mieux avec son aide :
« Toucher 550€ de RSA/mois ne permet pas de sortir de la pauvreté s’il n’y a pas d’accompagnement efficace vers le travail. Un vrai travail, un vrai salaire: voilà le projet du gouvernement ! « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.» (K. Marx) » (Cf. Économie. Macron Emmanuel)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (35) : (15 juin) 2018. Au nom de quoi, sur quels fondements, devrais-je - devrions-nous - supporter que de telles analyses, de telles politiques, de telles incohérences, une telle suffisante liée à une telle médiocrité ? Quelle est la légitimité de Marlène Schiappa ? Jusqu’à quand ’estimera-t-elle son intelligence suffisamment éclairante pour parler au lieu et place de la moitié de la population vivant en France ? Jusqu’à quand les femmes, les féministes, les associations féministes, supporteront-elles cette situation ? Jusqu’à quand tant de médias poursuivront-ils sans honte leur complaisance ?

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (36) : (30 juin) 2018. Marlène Schiappa participe à l’émission : ‘On n’est pas couché’. Brutalement et vulgairement (après avoir été sifflée - comme un chien - ce qui n’a pas été relevé) interrompue par l’acteur Jean-Claude Vandamme, elle réagit en ces termes : « Ce que vous venez de faire c'est du mansplaining, c'est à dire qu'un homme interrompt une femme pour lui expliquer qu'il sait mieux qu'elle des choses sur son propre domaine d'expertise. »
De quel « domaine d’expertise », surtout en la matière, peut-il bien s’agir ? Si Marlène Schiappa pensait à toutes les femmes, l’expression n’est pas appropriée. Sinon, pense-t-elle qu’il existerait des « domaines d’expertise » qui - seuls ? - permettraient de s’exprimer, et qui, en l’occurrence, légitimait sa propre - et ici seule - parole ?
La domination des expert-es dont la parole, dont le rôle qui leur est accordé est partout est contestée : Marlène Schiappa l‘a brillamment réhabilitée. 643

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (37) : (4 juillet) 2018. Lu, dans Le Canard enchaîné concernant la réception du discours d’Emmanuel Macron lors de « l’entrée » (sic) de Simone Veil et de son mari au Panthéon :
« Sur France Inter (2 juillet 2018), c’est la ministre Marlène Schiappa qui s’est confite en dévotion : ‘Il y avait une foule immense tout au long du trajet […] qui applaudissait, à tout rompre, par moments, toutes les phrases du président de la République.’ » 644

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (38) : (15 juillet) 2018. Marlène Schiappa interviewe Claire Chazal [leurs deux derniers livres étant cités] pour Paris Match. Cet « entretien » étant présenté comme « sans tabous », je m’interroge : Quel-le journaliste aurait osé poser des questions… disons… aussi peu dérangeantes [concernant notamment sa vie sentimentale, sa vie amoureuse, la passion, le regard des autres, la séduction, etc.] afin d’obtenir des réponses qui ne le sont pas moins
Quand on vieillit on a besoin d’une épaule… Rien n’est plus beau que d’avoir le cœur qui bat, de vibrer, et d’être dans ce rapport exclusif, dans la recherche d’un amour absolu…J’ai conscience d’avoir plus de chances et de moyens que d’autres pour résister au temps qui passe… » etc. ]
On peut noter plus spécifiquement deux échanges :
- Question. Marlène Schiappa : « Est-ce que, dans le journalisme, les inégalités homme-femme se font sentir ? »
Réponse. Claire Chazal : « Je n’ai jamais eu le sentiment de travailler dans un secteur machiste ». Et ce suivi, sans transition, de : « Les salaires n’étaient pas tout à fait les mêmes. »
- Question. Marlène Schiappa : « Que sentez-vous de masculin en vous ? »
Réponse. Claire Chazal : « Le désir de la liberté, le désir de l’épanouissement professionnel, le désir de la prise de décision, le désir de prendre en main sa vie. Et une forme de dureté que l’on attribue, peut-être à tort, aux hommes. » 645
- Commentaire du Canard Enchaîné : « Ah, toutes ces qualités qui manquent aux femmes…» 646

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (39) : (25. 28. 30 juillet) 2018. Marlène Schiappa après avoir affirmé, suite à un séjour chez sa sœur, que « l’affaire Benalla » n’est pas un sujet qui intéresse [les gens] », annonce, le 30 Juillet que les « premières amendes » suite à la loi [pas encore votée) sur le harcèlement de rue auront lieu « à l’automne ». 647
- Un commentaire du Figaro, note qu’elle « a été bien absente, silencieuse en ce qui concerne la violence de Benalla concernant la jeune femme [rappelons-le : qu’il met à terre, à violents coups de pieds]. Il y aurait donc pour Schiappa deux types d’agressions, celles sur lesquelles elle est silencieuse et qu’elle tolère parce que commises par les affidés de son maitre, Macron, et les autres, toutes les autres, qu’elle dénonce. » 648 (Cf. Homme. « Politique». Macron Emmanuel)
* Ajout. 1er août 2018. Lu dans le Canard enchaîné :
« Déclaration de la secrétaire d’État Marlène Schiappa (LCI. 28 juillet 2018) : ‘ Ce qu’a dit hier Alexandre Benalla converge en tous points avec les déclarations de l’Élysée. On a vu qu’il n’est pas le personnage de petite frappe qu’on a voulu inventer mais quelqu’un qui a travaillé, reconnait une faute énorme et a été sanctionné.’ » 649
- Marlène Schiappa : la voix de son maître… Plus encore : elle dit ce que personne (auprès du maître) n’oserait déclarer…
Au-delà des gratifications personnelles qu’elle en reçoit, est-elle vraiment consciente du rôle politique qu’on lui fait jouer, et dont elle est l’objet ?
* Ajout. 9 février 2019. Elle le comprend sans doute lucidement, tout en jouant son propre jeu…Mais, avec quels risques…

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (40) : (29 août. 5 septembre) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné, concernant l’éventualité d’un départ de Madame Françoise Nyssen de son poste de ministre de la Culture :
« En tout cas, les appétits s’aiguisent : la députée des Yvelines Aurore Bergé et la secrétaire d’état Marlène Schiappa sont sur les rangs pour lui succéder. […] »
Rien ne nous sera épargné… 650
* Ajout. 5 septembre 2018. Le Canard enchaîné publie un carton d’invitation de Marlène Schiappa en date du 27 août 2018 à « un dîner de rentrée littéraire en l’honneur des femmes ». On y lit : « Dans le cadre de cette rencontre, nous vous invitions à apporter votre dernier ouvrage ». « Vous pouvez venir accompagnée de votre éditeur.trice ». 651

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (41) : (31 août) 2018. Je reçois la Veille de l’actualité́ [datée du 24 août 2018] du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes. J’y lis que le 11 août 2018, dans La Provence Marlène Schiappa souligna notamment que « les droits de la femme et de l'homme ont deux ennemis, en apparence antagonistes, qui sont les extrémistes nationalistes d'un côté́, et les obscurantistes de l'autre ». « En réalité́, ils s'allient et se retrouvent souvent d'accord sur certains sujets ».
Pour preuve de son analyse : « Qui me cible en ce moment sur les réseaux sociaux ? Les mêmes, pour promouvoir un idéal de société́ mortifère dans lequel les femmes n'ont plus de liberté́ ». 652
- On peut noter qu’en une seule phrase, Marlène Schiappa réussit l’exploit de nier et le patriarcat et la domination masculine.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (42) : (9 septembre) 2019. Je reçois la Veille de l’actualité́ [datée du 7 septembre 2018] du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes. J’y lis à la [seule] rubrique : « Revue de presse » :
Prostitution – Invitée de la matinale de la radio France Bleu Provence le 4 septembre, la députée Valérie Gomez-Bassac [dont il n’est pas précisé qu’elle est députée LREM, du parti de Marlène Schiappa donc] a déclaré être favorable à l'ouverture de maisons closes et dénonce « l'hypocrisie générale qui entoure la prostitution ». Signalons que « neuf associations, dont Médecins du Monde et le Syndicat du travail sexuel (Strass), et cinq travailleuses du sexe ont déposé hier au Conseil d’État une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) contre la loi prostitution d'avril 2016 qui pénalise les clients, a indiqué (le 6 septembre) leur avocat » (Agence France Presse). Enfin, Le Point publie le 7 septembre une ‘ enquête sur les nouveaux visages du proxénétisme en France. »
- Comment ne pas penser que cette information telle que présentée est, dans l’attente, une caution politique de Marlène Schiappa à la réouverture officielle des bordels ?
Un démenti ? (Cf. Proxénétisme)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (43) : (12 septembre) 2018. Je lis dans Le Canard enchaîné deux articles la concernant :
- le 1er lors de la manifestation du 8 septembre 2018 : Après avoir évoqué le porte-parole du gouvernement qui considère que le départ du gouvernement de Nicolas Hulot est « une bonne nouvelle », la suite […] :
« Tandis que Marlène Schiappa manquait de s’attacher à un arbre pour mieux récupérer le mouvement : ‘Oui, tu vois, tu n’es pas seul, Nicolas’ a-t-elle tweeté en taclant Hulot au passage ([qui s’était plaint d’être (seul’]. Nous sommes des millions (sic) chaque jour à agir pour la transition énergétique au-delà des clivages. » Et donc quasiment prêt-es à suivre la politique « écolo » d’Emmanuel Macron... 653
- le deuxième qui nous procure le chiffre officiel - 3000.000 euros - de la « première université du féminisme » organisée par elle, les 13 et 14 septembre 2013. Et Le Canard poursuit : « Ce déploiement d’argent, à n’en pas douter, tirera une larme aux associations accueillent les femmes victimes de violences, en proie aux brutalités budgétaires de l’État. » 654
Suivent trois exemples, auxquels entre autres associations sacrifiées, menacées, amputées, peut s’adjoindre l’AVFT.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (44) : (13 septembre) 2018. Marlène Schiappa affirme : « Le féminisme, ça ne doit pas être une secte. » 655
Il est des termes - ici : « secte » - qui chez certaines personnes sont d’emblée politiquement inquiétants. Car, qui va le définir : elle ?

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (45) : (13 septembre) 2018. Marlène Schiappa au cours du même interview affirme : « Je ne veux pas stigmatiser les hommes », suivi peu après - faisant de ces deux verbes sinon des synonymes, du moins des équivalents - : « Je ne veux pas dénoncer les hommes. » 656
- Par ailleurs, le rapport que la personne de Marlène Schiappa entretient avec l’état, la loi, à la justice mérite, à tout le moins, une certaine mise au point.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (46) : (21 septembre) 2018. Marlène Schiappa participe, dans le cadre d’une série d’émissions de France Culture intitulée « Sexualité et société », à l’une d’entre elles : « Sexualité, comment légiférer ? »
La secrétaire d’état en débat avec une sociologue.
- Avec l’AVFT, ayant une réelle connaissance du droit, elle, compétente ? Hypothèse exclue. On comprend mieux le choix de l’interlocutrice … (Cf. Sociologie)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (47) : (11 octobre) 2018. Dans Challenges, Marlène Schiappa, concernant Emmanuel Macron, auteure de :
« Il est christique […] Les gens le ressentent comme moi (sic), ils aiment qu’il les touche, les prennent par les épaules, les embrasse. Il faut assumer ce côté-là, et tant pis (sic) pour ceux qui ricanent. » 657

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (48) : (14 octobre) 2018. Lors de l’émission C Politique, pour tenter une fois encore de justifier sa position - toujours indéfendable - à l’encontre de l’AVFT, Marlène Schiappa a expliqué qu’elle avait augmenté le budget du Collectif féministe contre le viol ! 658

Femme (« Politique». Schiappa Marlène) (49) : (16 octobre) 2018. Marlène Schiappa s’est vue lors de la nouvelle composition du gouvernement adjoindre à son titre de « chargée de l’égalité […] », « la lutte contre les discriminations ».
Dissolvez, dissolvez… (Cf. Droit. Discriminations)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (50) : (17 octobre) 2018. Marlène Schiappa « se voit favorite » pour prendre la tête de La République en marche.
« L'entourage de cette macroniste de premier plan y va, on ne peut plus cash : ‘Marlène Schiappa est en position de gagner haut la main sans concurrent sérieux si elle y va, car elle a à la fois le fond politique, la proximité du Président, l'expérience de référente, l'ADN d'En marche et la popularité dans le mouvement et en dehors.» N'en jetez plus.
‘A ce stade, elle s'interroge car elle veut bien consulter et associer toutes les strates avant de prendre une décision’ et de candidater (ou non), temporise-t-on toutefois... avant de préciser qu'elle ‘échange tous les jours avec le Président’ et que les deux ‘se sont parlé’ de cette succession. La secrétaire d'État ‘trouve que le mouvement manque de structuration idéologique’, ajoute-t-on pour enfoncer le clou. C'est ce qu'on appelle faire campagne.
» 659
* Ajout. 21 octobre 2018. Dans le Journal du Dimanche (21 octobre) après avoir déclaré qu’elle « pense incarner l’ADN du mouvement et une forme de renouvellement », elle évoque aussi « sa capacité à prendre ‘la lumière’. »
Elle explique aussi qu’il « faut soutenir les équipes dans les territoires » et « armer intellectuellement nos militants. »
Elle « évoque aussi la possibilité ‘d’une hotline pour les territoires‘ ou ‘l’élection d’ambassadeurs régionaux’ afin d’ajouter ‘un soupçon de démocratie locale’ à un parti jugé trop vertical. ‘Le rôle du mouvement, c’est protéger le président‘ complète-t-elle enfin. » 660

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (51) : (31 octobre) 2018. Lu dans Le Canard enchaîné :
« Avant d’annoncer, le 25 octobre par tweet, qu’elle renonçait à se présenter à la présidence d’En Marche, Marlène Schiappa avait prévu un grand raout pour ‘dynamiser’ sa candidature, comme on dit chez Macron. La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes avait invité, le 20 octobre dernier à son ministère, l’ensemble des référents départementaux
[d’En marche]. Mais voilà : Schiappa a dû annuler sa fiesta après s’être fait rappeler à l’ordre par l’Élysée, au motif que les membres du gouvernement ne devaient pas utiliser au profit de leur parti les moyens de leur ministère. Qui sait, elle aurait peut-être eu droit à une perquise au petit matin ? »

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (52) : (1ernovembre) 2018. Lu le titre d’un article parus dans Match :
« Marlène Schiappa donne des mèches de ses cheveux pour les femmes atteintes d’un cancer. »
N.B. Je lis aussi que « l’entourage de Marlène Schiappa a confirmé à l’AFP l’authenticité du message » : « L’initiative est utile pour les femmes atteintes d’un cancer ‘qui n’ont pas toujours les moyens de s’acheter une perruque’. » 661

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (53) : (7 novembre) 2018. Tweet de Marlène Schiappa :
« Stop aux contresens ! (sic) Le Maréchal Pétain, traître à la patrie, a été condamné à l’indignité nationale. Le Président de la République ne va PAS le célébrer. Samedi, seuls les Maréchaux aux Invalides recevront un hommage : Foch, Lyautey, Franchet d’Esperey, Maunoury, Fayolle. » 662

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (54) : (14 novembre) 2018. Je lis dans Le canard enchaîné que Marlène Schiappa a, en un an, « obtenu 10 % de mieux [d’augmentation] pour certains membres de son cabinet », alors que l’augmentation est en moyenne de 2,6 % concernant les autres cabinets et que celui du secrétariat d’état aux armées a lui été abaissé de 19,9 %. 663
Elle a précisé dans le Journal du dimanche du 12 novembre cependant que plusieurs de ses conseillers ont été augmentés de « 10 ou 15% ». « Je ne trouve pas ça déraisonnable au bout de 18 mois à travailler sept jours sur sept d'arrache-pied », a-t-elle fait valoir.
N.B. Le montant brut du Smic mensuel 2018 (sur la base de la durée légale du travail soit 35h par semaine ou 151,67 heures par mois) est de 1 498,47 € (contre 1 480,27 euros en 2017, ce qui représente une hausse de 18 euros par mois).

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (55) : (3 décembre) 2018. Marlène Schiappa, après trois semaines de bouleversements de la France, auteure de :
« Notre cap est le bon. Quand vous voulez atteindre le sommet d’une montagne, il faut garder votre objectif. Mais si le chemin est trop difficile à grimper pour les plus fragiles, les premiers de cordées doivent ajuster le chemin pour ne laisser personne sur le bord de la route. » 664

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (56) : (16 décembre) 2018. Marlène Schiappa, concernant « les nouvelles revendications » des « Gilets jaunes » (après la suppression de la hausse de la taxe carbone et la hausse du pouvoir d'achat, annoncés par Emmanuel Macron) propose son analyse :
« Ça n’est pas sérieux. » 665

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (57) : (31 décembre) 2018. Marlène Schiappa, auteure, sur BFM.TV, « en toute finesse » commente Le Canard enchaîné, de :
« Nous avons un grand président qui fait face avec courage et lucidité à la situation. Vérité, dignité et espoir seront les maîtres mots de 2019. » 666
S’il n’en reste qu’une..
Et, effectivement, elle est souvent bien seule à le soutenir encore…
* Ajout. 22 février 2019. Emmanuel Macron, auteur de :
« Qui m’a soutenu pendant la crise des ‘Gilets jaunes’ ? Personne. » 667

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (58) : (8 janvier) 2019. Suite à l’incarcération du manifestant « Gilet jaune » - Christophe Detttinger - qui avait frappé un CRS, une cagnotte avait été ouverte pour financer sa défense. Sur BFMTV, Marlène Schiappa a jugé nécessaire de poser la question :
« Qui finance, qui soutient, qui est complice de ces violences graves ? Réussir à collecter plus de 120.000 euros en 24 à 48 heures, cela veut dire qu'il y a derrière des gens qui financent et qui sont complices de ces violences. Il ne faut rien laisser passer à ce sujet non plus. »

Marlène Schiappa demande donc l’identification des donneurs et donc la levée de l’anonymat et les rends tous « complices ». Pénalement ? 668
- Je ne peux m’empêcher en sus de la sienne de poser la responsabilité de ceux / celles qui la laissent exprimer les basses pensées de l’exécutif, et les médias de s’en gaver.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (59) : (22 janvier) 2019. La co-animation vendredi 26 janvier 2019 de l’émission Balance ton post par Cyril Hanouna et Marlène Schiappa ayant provoqué de nombreuses réactions, celle-ci la justifia, mais elle dut aussi établir un lien avec ses fonctions ministérielles. J’ai alors pu voir, la télévision, à deux reprises une grossière manipulation d’images. Alors qu’elle était interviewée seule pour défendre sa participation à cette émission, furent intercalées, à trois différentes reprises, des images antérieures d’elle-même, mais accompagnée, soutenue - comme si elle était approuvée sur ce point particulièrement litigieux - par Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, épanouie (dans un tout autre contexte, donc) à ses côtés…
J’ai pu lire furtivement que ces images provenait du ‘Tour de France de l’Égalité entre les femmes et les hommes qui s’était déroulé d’octobre 2017 à mars 2018.

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (60) : (26 janvier) 2019. Marlène Schiappa, lors de l’émission Balance ton post de Cyril Hanouna, laquelle s’inscrivait dans le cadre du « grand débat national » initié par Emmanuel Macron auteure de :
« On est dans un pays où on aime se plaindre. »
Les « Gilets jaunes » qui ont faim apprécieront la conscience politique de Marlène Schiappa et le respect qu’elle leur porte. 669 (Cf. Politique. « grand débat national »)

Femme (« Politique ». Schiappa Marlène) (61) : (21 février) 2019. Selon Marlène Schiappa, - que sa troisième directrice de cabinet quittée le 15 février 2019 670 - dans un interview à Valeurs Actuelles, il existe une « convergence idéologique » entre La manif pour tous [qui, majoritairement catholiques, était opposé au mariage homosexuel] et « les terroristes islamistes ». Et, elle peut, dans la foulée de sa pensée, lier homophobie et antisémitisme… 671
- À moins de considérer que sa parole n’a aucune valeur, ce que dit Marlène Schiappa - qui récuse, pour d’autres, le qualificatif d’« intellectuel » à un « raisonnement » - juge la pensée, la politique d’Emmanuel Macron [qui l’a choisie] et d’Édouard Philippe [dont elle est membre de son gouvernement].
Mais en deçà et au-delà, les questions que je me pose sont :
- Comment et pourquoi Marlène Schiappa a-t-elle pu prendre une telle place dans l’exécutif ?
- Comment et pourquoi outrepasse-t-elle sans cesse le périmètre de ses fonctions institutionnelles ?
- Comment et pourquoi son incompréhensible liberté d’expression politique est-elle actuellement apparemment incontrôlée ?
- NB. L’explication selon laquelle elle est/serait l’amie de Brigitte Macron n’en est pas une. Il s’agit d’un problème - politique, et qui ne se limite pas à la question de l’organisation de l’exécutif.
* Ajout. 22 février 2019. La Manif pour tous veut porter plainte pour « diffamation publique » contre Marlène Schiappa devant la Cour de Justice de la République. 672

* Ajout. 26 mars 2019. 1790. Edmund Burke [1729-1797], dans ses Réflexions sur la Révolution de France, auteur de :
« Quand vous voyez des gens renoncer à leur qualité pour assumer un rôle qui n’est pas le leur, soyez sûr que dans la plupart des cas, ils connaissent aussi mal ce qu’ils abandonnent que ce qu’ils entreprennent. » 673

Femme (« Politique » Schiappa Marlène) (62) : (10 mars) 2019. Muriel Robin, sur C’ politique, après l’assassinat de Julie Douib par son ex-compagnon, trente femmes depuis le début de l’année 2019, soit une femme assassinée par un homme tous les deux jours, auteure de :
«[…] J’ai rencontré le premier ministre avec Marlène Schiappa : on m’a fait comprendre que ce qui a été fait était mieux qu’avant. […] » 674

Femme (« Politique » Schiappa Marlène) (63) : (25 mars) 2019. Concernant les hommes qui ne paient pas ou qui paient mal la pension alimentaire le plus souvent insuffisante qu’ils doivent - selon la loi, mais sans oublier toutes les autres…- Marlène Schiappa a déclaré :
« Nous avons des femmes qui paient l’incivisme de leur ex-conjoint ». 675
Au lieu et place de : Des hommes ne font aucun cas de la vie de leurs compagnes et de leurs enfants, les contraignant souvent à la pauvreté, récusent leurs engagements et violent la loi ….censée les ‘protéger’. (Cf. Famille. Divorce. Pensions alimentaires)

Femme (« Politique » Schiappa Marlène) (64) : (28 mars) 2019. J’entends incidemment - et sans preuve - qu’il serait question qu’elle se présente à la mairie de Marseille.

Femme (« Politique » Schiappa Marlène) (65) : (25 avril) 2019. Marlène Schiappa, dans un tweet, en date du 25 avril - publiquement critiqué par le syndicat des commissaires de la police nationale - auteure de :
« On qualifie mieux les féminicides désormais. Un meurtre de femme qui avant était comptabilisé comme un accident domestique va désormais plus souvent être qualifié comme meurtre par conjoint. Les choses progressent. Mais la prise en charge doit être + rapide. » 676
Quelle incompétence.. de la part de quelqu’une qui se permettait de juger l’AVFT….

N. B. Le terme de Feminicide - qui mêle toutes les violences dont les femmes sont les victimes, émanant de l’état, des époux, des proxénète….ouvrant le voie à toutes les confusions juridiques, politiques, sémantiques est en lui-même extrêmement dangereux. (Poursuivre) (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes. « Féminicides » )

Femme (« Politique » Schiappa Marlène) (66) : (9 juin) 2019. Dans Le Journal du Dimanche, Marlène Schiappa publie une tribune dans laquelle je lis :
« […] Que vous veniez de LR, d’EELV, du PS ou du Parti animaliste, tout ce qui nous intéresse, c’est : êtes-vous prêts à faire passer votre pays avant votre parti ? Êtes-vous prêts à porter et défendre des idées, peu importe leur provenance, au service des Français ? »
J’apprends ainsi que celle-ci - qui ne se soucie pas de la « provenance » des idées - est dorénavant « responsable du débat d’idées à LREM. » 677 (Cf. Penser. Idée, Politique. Nationalisme)

Femme (« Politique » Schiappa Marlène) (67) : (12 juin) 2019. Communiqué de La marche mondiale des femmes :
« Le 7 juin [2019], le Sénat, sur proposition de Laurence Rossignol, a voté l'allongement du délai pour pouvoir avorter légalement de 12 à 14 semaines. D'autres amendements, comme la suppression de la clause de conscience ou l'avortement instrumental par les sages-femmes, ont été rejetés dans la même séance. Mais, ce mardi 11 juin, Agnès Buzin, ministre de la santé et des solidarités, a fait revoter l'amendement qui a été là rejeté. Juste après, dans un communiqué, Marlène Schiappa a fait savoir qu'elle ‘soutient la mission lancée par la Délégation aux Droits des femmes de l'Assemblée nationale... qui ... débouchera sur le dépôt d'une proposition de loi avec pour objectif d'expertiser l'accès à l'IVG en France et l'allongement du délai d'accès de 12 à 14 semaines.’ » 678

Femme (« Politique » Schiappa Marlène) (68) : (6 août) 2019. Dans le JDD, Marlène Schiappa emploie, la concernant, le qualificatif de « sapiosexuelle ».
- Elle déclare aussi qu’elle « réfléchit à présenter sa candidature » à la tête de de la République en marche. 679

Femme (« Politique ». Sid Cara Nafissa) : 1959. Nafissa Sid Cara [1910-2002] fut la seule femme ministre lors du premier gouvernement Michel Debré [1912-1996] de la Vème République [1959-1962] plus justement, elle fut secrétaire d’état « chargée des questions sociales en Algérie et de l'évolution du statut personnel de droit musulman ». 680
Réfléchir à sa signification…

Femme (« Politique ». Suzman Helen) : XXème siècle. Helen Suzman [1917-2009], femme politique progressiste Sud-Africaine, députée de 1953 à 1989, symbole de la lutte des libéraux blancs contre l’apartheid. Attaquée en tant que femme, juive, blanche, ses engagements politiques n’ont pas cessé à la fin de l’apartheid.

Femme (« Politique ». Taubira Christiane) : 2015. Christiane Taubira, en réponse, à l’Assemblée Nationale, à une critique d’un député de droite (extrême), Éric Ciotti, auteure de :
- « Monsieur le député, j'avoue que malgré toutes ces années passées, vous conservez pour moi quelque chose de mystérieux. Je me demande si lorsque vous affirmez certaines choses vous y croyez vraiment. Si c'était du temps de ma fringante jeunesse, j'aurais supposé un sentiment contrarié. Mais cet hémicycle tout entier a déjà constaté à quel point je vous obsède dans toute votre expression publique, avec une constance qui appelle quand même l'admiration. »
- Et elle poursuivit (concernant l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs) :
« Vous vous livrez à une exercice solitaire lorsque vous prétendez qu'elle était efficacesuscitant à nouveau les rires de nombreux parlementaires, y compris à droite. » 681
Une sexualisation sous le mode de l’humour, inappropriée de la politique ? (Cf. Féminisme. Humour)

Femmes (« Politique ». Veil Simone) (1) : 1974. Simone Veil [1927-2017], alors ministre de la Santé, débuta son célèbre discours sur l’interruption volontaire de grossesse, à l’Assemblée Nationale, le 26 novembre 1974 par ces phrases si souvent citées :
« Je voudrais vous faire partager une conviction de femmes. Je m’excuse de le faire devant une Assemblée constituée quasi exclusivement d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. »
Je n’ai jamais compris de quoi devait-elle « s’excuser » ? D’être « une femme » ? De partager sa « conviction » [La sienne ou celle des femmes ?] avec des hommes ? D’aborder la question de l’IVG devant des hommes ? D’avoir à réfuter - à l’avance - leurs arguments ?

Femme (« Politique ». Veil Simone) (2) : En lisant le livre d’Élisabeth Guigou, Être femme en politique (p.178), évoquant les « colères mémorables » de Simone Veil [1927-2017] je me suis souvenue de l’épisode suivant :
- Trois présidentes d’associations de lutte contre les violences faites aux femmes (Je me souviens de la présence de Simone Iff, présidente du Collectif féministe contre le viol, qui la connaissait personnellement, la troisième dont j’ai oublié le nom étant sans doute la présidente de la Fédération Solidarité femmes (Lutte contre les violences ‘conjugales’) avions demandé un RV pour contester je ne sais plus quoi concernant sa politique.
- Le RV a été très bref, à peine avions nous abordé de sujet dont nous souhaitions lui parler, la ministre s’est mise très violement en colère, nous a injuriées et mises à la porte, sans autre forme de procès. Je ne me souviens plus de la teneur exacte de ses propos, mais je me souviens très bien de ma réaction lorsque, ébahies, ahuries, sans avoir bien compris ce qui nous était arrivé, nous nous sommes retrouvées dans un taxi : « Dans un autre pays, ce soir, nous étions en prison. », ai-je alors dit [ou pensé ?]
- Et lorsque, tout de même très marquée par cet épisode scandaleux j’en ai parlé autour de moi parmi des personnes qui travaillaient dans son ministère, il m’a été répondu que ce type d’agissements de sa part était très connu. Le pire, sans doute, c’est que cela était présenté comme relevant d’une donnée, de l’« acquis ».
* Ajout. 31 juin 2018. Ce qui est évoqué ici - n’étant sûrement pas la seule à avoir vécu de telles expériences - est sans doute ce que la si révérencieuse Émilie Aubry, sur France Culture, nomme le « caractère bien trempé » de Simone Veil [1927-2017]. 682

Femme (« Politique ». États-Unis. Warren Elizabeth) : 2016. Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts, auteure de :
« Si Trump et le parti Républicain essayent de lâcher la bride des grandes banques afin qu’elles puissent une fois de plus jouer avec notre économie et tout mettre par terre, alors nous allons les combattre à chaque étape du chemin. » 683 (Cf. Économie. Banques)
*Ajout. 26 mars 2019. Lu, extrait d’un article de la revue Jacobin [USA] repris par Le Monde Diplomatique : Elizabeth Warren se dit « capitaliste jusqu’au bout des ongles. » 684

Femme (« Politique ». Weiss Louise) : La lecture de la vie de Louise Weiss [1893-1983], femme si exceptionnelle, si critiquable, et si peu sympathique devrait dissuader quiconque de toute recherche d’honneur, d’hommage et de reconnaissance officielles, qui apparaissent, la concernant, de manière si flagrante, si dommageables et si tristes. 685

Femme (« Politique ». Turquie. Zana Leyla) : Leyla Zana, députée, femme « politique » kurde, condamnée à 15 ans de prison en 1994 fut libérée le 8 juin 2004, puis condamnée à nouveau à des années de prison. Son immunité parlementaire est levée en juin 2016, comme celle des autres membres du HDP. (Parti démocratique des peuples).
Voici un passage d’un interview d’elle [qui fut mariée à 14 ans par son père à un homme de 35 ans] réalisé par Chris Kutschera, en 1994 :
« […] Dans le monde entier, la femme est maltraitée par les hommes. Mais chez les Kurdes, c’est particulier : elle n’est même pas traitée comme une domestique, la femme est un objet, un animal. Dans ma famille, par exemple, mon père, il dormait du matin au soir. Le soir, il se réveillait, et alors il voyait ses amis, il parlait avec eux. Ma mère, c’était le contraire : elle s’occupait des animaux, elle était dehors toute la journée, elle travaillait. Et malgré cela, le soir, quand elle rentrait à la maison, mon père la battait. Il fallait qu’elle fasse tout ce qu’il voulait, comme une esclave.
Ma mère était restée 12 ans après son mariage sans avoir d’enfant : après, elle a eu quatre filles, coup sur coup. Personne ne lui parlait, surtout pas la famille de mon père. Quand une de mes petites sœurs pleurait la nuit, cela dérangeait mon père : il prenait ma mère et la fillette, et il les jetait dehors, quel que soit le temps.
Une fille, ce n’est rien pour un Kurde. Il n’y a pas longtemps, j’ai eu la visite de mon père, qui m’a dit : ‘je veux marier ton frère’. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a dit : ‘Si un jour nous réussissons à faire un Kurdistan, je veux avoir un petit-fils’. Je lui ai dit : ‘Mais tu en as un, mon fils’. Mon père a répondu : ‘Non, celui-là ne m’intéresse pas, il ne porte pas mon nom’.
J’aime beaucoup mon père, mais il a une des originalités des Kurdes : quand il rentre à la maison, il imite la violence qu’il voit à l’extérieur, la violence des gendarmes, des policiers
. […] » 686 (Cf. Femmes. « Objets », Politique. Égalité. Zana Leyla)

IX. Femme (Remarquable) :

Femme (Remarquable) : Ne jamais oublier : chaque femme « remarquable » ici évoquée repose sur un océan de tombes de femmes non moins remarquables et à jamais oubliées.

Femme (Remarquable. Albaret Céleste) (1) : 1991. Je lis dans le livre de Céleste Albaret [1891-1984] interviewée par Georges Belmont [1891-1984], intitulé Monsieur Proust, ceci qui m’a particulièrement touchée :
- « Il y a maintenant soixante ans que je l’ai vu pour la première fois, et pourtant, c’était comme si c’était hier. Souvent il me disait : ‘Quand je serai mort, vous penserez toujours au petit Marcel, car vous n’en trouverez jamais d’autre comme lui.’ » […]
- « Quand la vie s’est arrêté pour lui, elle s’est aussi arrêtée pour moi. »
- « Jamais il ne m’a abandonnée. Chaque fois, dans la vie, que j’ai eu à accomplir une démarche, j’ai trouvé un admirateur de Monsieur Proust qui aplanissait pour moi les difficultés, et c’était comme si, dans la mort, il avait continué à me protéger. » 687

Femme (Remarquable. Albaret Céleste) (2) : (30 juillet) 2019. Céleste Albaret [1891-1984]

concernant ses relations avec Marcel Proust [1871-1929] :
« Il m’appelait, alors je venais » ; « Ce qu’il voulait, il fallait qu’il l’ait » ; « Il n’aimait pas qu’on fasse quelque chose qu’il n’aimait pas » Suivi de : « Je trouvais tout normal ».
- Écouter le passionnant interview de Céleste Albaret ]1891-1984] effectué par Georges Belmont [1909-2008], retransmis, via les archives, jusqu’alors enfermées et donc inédites, de la Bibliothèque Nationale, par France Culture. 688
- Cette écoute me laissera plus d’émotions, de souvenirs, de vérités (et de réflexions sur la vérité) qu’À la recherche du temps perdu (pas entièrement lu et, peut-être faute d’émotions réellement ressenties, largement oublié). (Cf. Penser. Vérité, Histoire. Archives)

Femme (Remarquable. Albaret Céleste) (3) : (2 août) 2019. Céleste Albaret [1891-1984], dans son entretien [près de 50 heures] avec Georges Belmont [1891-1984] : « Je ne peux pas être plus heureuse » disait-elle à Proust. Et aussi : « Il m’a donné une affection immense » ; « Le destin m’a donné la plus belle vie du monde » ; « Proust m’a fait connaitre ce que je n’aurais jamais soupçonné […] ce qui m’a fait trouver l’autre vie [après sa mort] tellement vulgaire. C’est devenu très dur. » 689

Femme (Remarquable. Albaret Céleste) (4) : (2 août) 2019. Nathalie Mauriac-Dyer, « spécialiste de Proust », auteure de :
« Céleste n’a pas de vie. Elle n’a que la vie de Proust. » 690
- Comment peut-on…?

Femme (Remarquable. Ambapali) : Voici la présentation de cette femme, « la belle courtisane propriétaire de ‘bois de manguiers’ » disciple du Bouddha, telle que présentée par Alexandra David-Neel [1868-1969] :
« C’est la Magdeleine de l’Évangile bouddhiste, mais une Magdeleine d’un tout autre caractère, sans passion, sans sentimentalité : Ambapali était une intellectuelle, une lettrée, une Aspasie hautement honorée, ‘la gloire de la ville de Vaiçali. Le Bouddha fut son hôte et c’est à elle qu’on a fait dire : ‘Rares sont les femmes capables de comprendre la profondeur et la subtilité de la doctrine…’ Et il la traite en auditeur valable ; c’est la seule femme avec Vissika la riche matrone qui apparaissent dans les Écritures comme ayant été appréciés par le Bouddha pour leurs capacités intellectuelles et Amballi qui savait tant de langues, tant d’arts et connaissaient les systèmes philosophiques a le pas sur Vissika. Elle devint religieuse sans fracas, sans croire qu’elle avait rien à expier, à déplorer, comme une reine qui aurait compris la vanité des choses. On lui attribue des vers délicieux. » 691

Femme (Remarquable. Arthaud Florence) : Florence Arthaud [1957-2015], interrogée concernant ses craintes à la veille d’un départ en solitaire pour la Route du Rhum, répondit :
« Plus le départ approche, moins je suis angoissée et plus j’ai le moral. »
- Contrant l’éternel stéréotype la concernant, Yann Queffelec, lui aussi marin, s’exprimait ainsi : « On disait d’elle qu’elle était ‘la petite fiancée de l’Atlantique’…à moins qu’elle n’ait été le grand amour de tous les océans […], l’épouse unique de tous ces horizons qu’elle avait à cœur de conquérir, l’un après l’autre, de charmer et de ne pas décevoir. […] » 692

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (1) : XVIème siècle. Thérèse d’Avila [1515-1582] : quelle femme ! Complexe, subtil et fascinant alliage de masochisme et d’estime de soi, de réalisme et d’extases, de valorisation de l’intelligence et de croyance au diable, de respect (exigé) de l’autorité et de rébellions, de candeur, de lucidité et de sensualité et enfin, d’une immense volonté de puissance (réalisée). Et ce, sous le règne de l’Inquisition. Fine politique ; exceptionnelle force de caractère.
- Relativisme le mysticisme en l’humanisant, mais, dès lors, le démystifie. 693 (Cf. Êtres humains. Soi. Négation de, Justice. Inquisition)

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (2) : Après lecture, dans le Livre des fondations [1573-1582] de Thérèse d’Avila [1515-1582] des règles, humainement, politiquement terrifiantes, imposées dans les monastères qu’elle créait, l’appréciation précédente est remise en cause. Une véritable pensée totalitaire de la destruction de soi (des autres serait plus juste…), laquelle, comme toute pensée, a fortiori effectivement mise en œuvre, a largement dépassé et pour longtemps les seules communautés religieuses de femmes. (Cf. Êtres humains. Soi. Négation de soi, Femmes. Religieuses)

Femme (Remarquable. Avila Thérèse d’) (3) : 2012. Pour Gallimard, dans La Pléiade, Thérèse d’Avila ne se suffisait pas à elle-même : Gallimard l’a ‘mariée’ en esprit et en intelligence avec « Saint Jean de la Croix », dont les écrits ont été conjointement avec les siens publiés en un seul volume. Dès lors « Thérèse » et « Jean » [dépossédé-es de leur nom] ayant été fusionnés, le féminin a disparu, subsumé, englobé dans le masculin. On lit :
« Ces deux maîtres spirituels, Thérèse (1515-1582) et Jean (1542-1591), sont aussi deux écrivains de premier plan. Ils furent deux individus engagés dans leur siècle, liés dans la contemplation comme dans l'action, et résolus, pour réformer le Carmel, à affronter le monde auquel ils appartenaient. »
On peut aussi noter l’inanité - ou la banalité ? - de la phrase. 694 (Cf. Culture. Patriarcat, Penser. Pensée. Synthèse)

Femme (Remarquable. Ayoub Mouna) : 2000. Mouna Ayoub, auteure de :
« Je ne suis pas une passionaria de la cause des femmes, le féminisme militant m’intéresse moins que mon féminisme quotidien. Quand je me lève le matin je me regarde, je vois une femme et je me répète : ‘Je ne serai jamais humiliée par un homme’. La plupart des problèmes de ma vie ont été causés par des hommes : mon père, les maris de mes tantes, mon mari plus tard. » […]
Les États, notamment l’Arabie Saoudite et le Liban qui les ont justifiés auraient sans doute pu être cités, en sus, par elle.
- Pour rappel : Si elle obtint beaucoup d’argent en conséquence de son divorce, elle «dut» perdre ses cinq enfants. 695 (Cf. Famille. Divorce, Féminisme)

Femme (Remarquable. Barín Kobané) : 2018. Céline Pina écrit sa page Facebook :
« Elle s’appelait Barín Kobané. Elle était Kurde. Capturée vivante par les Turcs, elle a été torturée, assassinée, ses seins ont été découpés. Et autour de son corps atrocement mutilé, les soldats hurlent de joie et crient Allah Akbar. […]
Voilà ce que font les soldats d’Erdogan et ses alliés. Voilà ce que cautionnent de fait nos dirigeants en faisant semblant d’ignorer les crimes des turcs. […]
Voilà comment on traite celles et ceux qui ont fait rempart de leur corps pour nous protéger de l’État Islamique. Voilà comment a été traité cette jolie femme qui vous regarde. » 696 (Cf. Corps. Seins, Économie. Erdogan)

Femme (Remarquable. Baker Joséphine) : 2001. Je lis dans les Mémoires de Jean Claude Brialy [1933-2007] l’échange qui eut lieu entre Joséphine Baker [1906-1975] et De Gaulle [1890-1970]. Après son expulsion en 1946 de Milandes, petit château dans lequel elle vivaient avec son mari et les douze enfants qu’elle avait adoptés, Joséphine Baker, voici ce qu’il écrit :
- « C’est à cette époque [sans date] que le Général De Gaulle l’invita à venir le voir. Il n’oubliait pas que Joséphine avait été une grande résistante dans la Deuxième DB et avait obtenu la croix de guerre et la légion d’honneur à titre militaire. » […]
- « Madame, je sais que vous avez des problèmes d’argent avec votre propriété de Milandes. La France va vous donner la main. Nous pouvons vous soutenir. »
- Mais Joséphine lui répondit d’un sourire : « Merci beaucoup, mon général, mais j’ai fait des bêtises et la France n’a pas à payer pour mes bêtises. »
- Et Jean-Claude Brialy conclut : « Je ne connais pas beaucoup de gens qui auraient réagi ainsi. Elle ne s’est d’ailleurs jamais vantée de cette attitude exemplaire, elle était trop pudique, ce n’est que bien plus tard que j’ai appris cette anecdote. » 697 (Cf. Femme. Artiste)

Femme (Remarquable. Bashkirtseff Marie) (1) : (17 juillet) 1873. Pensant qu’il soit peu probable que soit cité ce que Marie Bashkirtseff [1858-1884] écrivait des hommes dans son célèbre Journal, voici ce que l’on peut notamment lire :
« Je regarde les hommes d’une telle hauteur, je suis charmante pour eux, car il ne sied pas de mépriser ceux qui sont si bas. je les regarde comme un lièvre regarderait une souris. »
À 15 ans…698 (Cf. Femmes. Orgueil, Hommes, Relations entre êtres humains. Admiration)

Femme (Remarquable. Bashkirtseff Marie) (2) : (3 juillet) 1876. Marie Bashkirtseff [1858-1884], auteure, concernant son Journal, de :
« Ce pauvre journal qui contient toutes ces aspirations vers la lumière, tous ces élans qui seraient estimés comme des élans d’un génie emprisonné, si la fin était couronnée par le succès, et qui seront regardés comme le délire vaniteux d’une créature banale, si je moisis éternellement !
Me marier et avoir des enfants ! Mais chaque blanchisseuse peut en faire autant. À moins de trouver un homme civilisé et éclairé ou faible et amoureux.
Mais qu’est-ce que je veux ? Oh ! vous le savez bien. Je veux la gloire ! Ce n’est pas ce journal qui me la donnera. Ce journal ne sera publié qu’après ma mort, car j’y suis trop nue pour me montrer de mon vivant. D’ailleurs, il ne serait que le complément d’une vie illustre. » 699 (Cf. Femme. Orgueil, Hommes, Relations entre êtres humains. Admiration, Famille. Mariage)

Femme (Remarquable. Benziane Sohane) : (4 octobre) 2002. Sohane Benziane fut brulée vive, en France, à 17 ans, dans un local à poubelles à Vitry sur Seine par Djemal Derrar. L’analyse de Kahina, sa sœur ainée, qui la dénomma « la jeanne d’Arc de banlieue » doit être écoutée, entendue. 700

Femme (Remarquable. Bidault Suzanne) : 1972. Suzanne Bidault [1904-1955], née sous le nom de Suzanne Borel, elle fut la première femme et seule pendant l’entre-deux-guerres nommée au Quai d’Orsay (attachée d’ambassade, affectée au Service des Œuvres).
D’elle - et cité par elle - M. Fernand Pila, qui fut plus tard ambassadeur au Japon (1935-36), disait :
« Elle n’est pas très intelligente, elle n’est pas belle et elle n’a pas le sou, elle ne présente aucun intérêt. » Le commentaire de Suzanne Bidault fut :
« Je n’ai pas besoin de dire que son attitude changea du tout au tout quand je fus devenue femme de ministre ».
- Sa description de la vie au Quai d’Orsay est particulièrement précise.
Elle raconte notamment comment fut pris (en 1929) le décret qui permis à une femme, mais non pas à toutes les femmes, de se présenter au concours pour l’admission dans les carrières diplomatiques et consulaires :
« Il ne faut pas croire que ce décret fut le fait d’un ministre libéral et généreux désireux de frayer une voie nouvelle aux ambitions féminines. Non, comme il arrive souvent en France cette mesure administrative n’était qu’une manifestation de favoritisme. Monsieur Louis Marin [1871-1960] avait une pupille, Mlle Camuzet, jeune fille parfaitement honorable d’ailleurs, qui souhaitait entrer dans la diplomatie. Il demanda à Philippe Berthelot [1866-1934] de combler les vœux de cette aimable personne. Il paraît - ce qui est curieux pour quiconque a connu les deux hommes - que Philippe Berthelot ne pouvait rien refuser à Louis Marin. Mlle Camuzet eut donc son décret. » 701
Suzanne Bidault poursuit : En 1931, ce décret « était allongé d’une petite phrase bien innocente : ‘Les candidats devront avoir la plénitude des droits politiques. ‘On ne disait pas : ‘Les femmes ne sont pas admises au concours’ mais en fait elles en était écartées. »
Pour rappel : Exclues du droit de vote, les femmes n’avaient donc pas - admirable euphémisme - « la plénitude des droits politiques »…
- On apprend aussi que « les secrétaires étaient recrutées en grande partie par cooptation : c’était d’une part de veuves de consuls et des nièces d’ambassadeurs, d’autre part de sœurs d’huissiers et des filles de facteurs de la valise (diplomatique). »
- On lit enfin en quatrième de couverture de son livre Par une porte entrebâillée ou Comment les françaises entrèrent dans la carrière :
« Par son exemple de force morale et de courage, le livre de Suzanne Bidault se situe parmi les ouvrages les plus authentiques consacrés à la condition féminine contemporaine. »
Non, c’est un « authentique» ouvrage consacré à l’analyse de la vie au Quai d’Orsay avant la guerre et, notamment, à la phallocratie qui y régnait. Elle ne la dénonce pas, bien au contraire : [comment eut-elle pu le faire ?], elle affirme même haut et fort son antiféminisme, mais son témoignage est une dénonciation imparable du patriarcat. (Cf. Droit, Femme. « Féminin ». Femmes. Intelligentes, Justice. Langage. Euphémisme, Patriarcat, Politique. Parité, Histoire)

Femme (Remarquable. Bigillion Victorine) : (29 août) 1804. Stendhal [1783-1842], dans une lettre à sa sœur Pauline [Beyle. 1786-1857], aux fins de la dissuader de quitter ses parents, lui écrit :
« Mademoiselle Victorine Bigillion [ ?- ?] vient de faire exactement ce que tu voudrais. Elle a vécu solitaire à Saint-Ismier : cela a augmenté la force de ses passions et de sa tête. Elle en a une si bonne que son père l’a décidemment prise pour folle. Là-dessus on l’a renfermée presque comme une folle ; la pauvre petite a été poussée à bout ; elle s’est enfuie jusqu’à Moirans ; on l’a rattrapée, et elle actuellement je crois en prison à la grande Chartreuse où elles restera tant qu’il plaira à ses parents, gens qu’elle a offensé de toutes les manières. Elle ne pourrait s’en tirer que pour se marier, mais qui en voudrait ? » 702 (Cf. Famille. Frère et sœur)

Femme (Remarquable. Bonaparte Marie) : (janvier) 1937. Marie Bonaparte [1882-1962] auteure, dans une lettre adressée à Freud [1856-1939], de :
« Vous-même […] n’avez peut-être pas le sentiment de toute votre grandeur. […] »
- Le contexte : cette phrase fut écrite, après que celle-ci eut acheté la correspondance entre Wilhelm Fliess [1858-1928] et Freud, ce dernier étant fort inquiet de ce qu’elles pourraient publiquement révéler, à juste titre d’ailleurs. 703 (Cf. Relations entre êtres humains. Flagornerie)

Femme (Remarquable. Boudicca) : On lit, dans Tacite [58-120 après J.C], concernant Boudicca [entre 59 et 62 après J.C)] :
« Sous la conduite de Boudicca [épouse du roi des Lycéens, Prasutagus] femme de sang royal (les Bretons [de Grande Bretagne] ne font pas de différence entre les sexes dans l’exercice du commandement), ils [Les Brigantes] prirent tous les armes. Ils traquèrent les soldats [romains] disséminés dans les fortins, ils soumirent les garnisons, ils envahirent la colonie [Camulodunum (Colchester)] considérée comme le siège de la tyrannie. Dans leur colère et leurs succès, ils n’omirent aucune des cruautés propres aux natures barbares. » […]
« Si le succès ne les avait pas engourdis, ils auraient pu se débarrasser du joug romain. » 704
- On apprend aussi (dans un autre texte de Tacite) qu’elle fut « battue de verges et ses filles déshonorées. »
- Tacite nous retransmet aussi ses paroles avant le combat :
« Boudicca, montée sur un char, avait devant elle ses deux filles et parcourait le front des nations réunies, en protestant que, si les Bretons avaient l’habitude de combattre sous les ordres de femmes, elle ne venait pas, pour l’instant, en qualité de reine issue de nobles ancêtres, réclamer son royaume et ses richesses ; non, elle voulait comme une simple femme, venger sa liberté perdue, son corps déchiré de verges, l’honneur de ses filles odieusement violé. Les Romains s’étaient vus emportés par leurs passions jusqu’à ne laisser sans souillures ni les corps, ni même la vieillesse ou la virginité. Mais les dieux étaient là prêts à assurer une juste vengeance. […]
Qu’on songeait au nombre de combattants et aux causes de la guerre ; on verrait qu’il fallait vaincre sur ce champ de bataille ou y périr. ‘Femme, c’était son destin arrêté : libre aux hommes de vivre et d’être esclaves.’ »
- Qu’advint-il de cette bataille ? : 40.000 mort-es chez les Bretons, 400 chez les Romains. Quant à Boudicca, elle « finit sa vie par le poison. »
* Boudicca, ancêtre des luttes féministes contre le viol ? Mais, surtout, grâce à Tacite, la découverte de cette femme, plus de vingt siècles après sa mort, pose une question plus large : ne nous révèle-t-elle pas en sus tous les autres dénis concernant «les femmes» que «l’histoire» nous a cachés ? (Cf. Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Remarquable. Bourlier Colette) : (18 mars) 2016. Colette Bourlier, née en 1925, a soutenu une thèse de géographie sur les travailleurs immigrés à Besançon dans la seconde moitié du XXe siècle. Elle a notamment déclaré :
« J’ai mis du temps, parce que j’ai fait des pauses […]. » 705

Femme (Remarquable. Brettignies Louise de) : 2013. Lu dans la présentation d’un livre qui fut consacrée à Louise de Brettignies [1880-1918] :
« Louise de Brettignies fait partie de ces ‘inconnues célèbres’. Qui était-elle vraiment ? Pour les Allemands, dangereuse espionne au service des Anglais ; pour les Français, ardente patriote ; pour les Britanniques, femme de tête et organisatrice exceptionnelle du réseau Ramble ; pour les catholiques, mystique et martyre ; pour sa famille, fille aimante et tante adorée ; pour son entourage, femme élégante, subtile, cultivée, complexe et drôle. » Et si elle était tous ces jugements à la fois ? 706

Femme (Remarquable. Catherine de Bourbon) : XVIème siècle. Catherine de Bourbon [1559-1604], aurait répondu [je n’ai pas vérifié…] à son frère Henri IV [1553-1610] qui voulait qu’elle se convertisse pour la marier au duc de Bar, « en guise de réconciliation avec les Lorrains et d’heureux épilogue aux guerres de religion » :
« J’ai reçu de ma mère, le feue reine de Navarre [1528-1572], la foi des Huguenots et point ne m’en déferai. » 707

Femme (Remarquable. Catherine II de Russie) : XVIIIème siècle. Catherine II (de Russie) [1729-1795], avant son accession au trône, auteure de :
« J’ai mené pendant dix-huit ans une vie dont dix autres auraient pu devenir folles, et vingt autres à ma place mourir de chagrin. » 708
Plus que crédible… (Cf. Femme. Mère. Catherine II. de Russie)
* Ajout. 17 avril 2018. 1951. Dans les Notes et variantes de la publication par La Pléiade en 1951 des Misérables [1862] de Victor Hugo [1802-1885], on lit la concernant :
« Catherine II la Grande [1729-1796], femme de Pierre III, impératrice de Russie après le meurtre de son mari et femme des mœurs déréglées. » 709 (Cf. Histoire)

Femme (Remarquable. Ceausescu Elena) : 1989. Elena Ceausescu [1916-1989] auteure de : « Je vous ai éduqué comme une mère ! »
- Ce fut la phrase qu’elle adressa aux militaires du ‘tribunal’ qui venait de la condamner à mort, ainsi que son mari Nicolae [1918-1989], alors qu’elle refusait que l’on leur attache les mains pour les conduire au peloton d’exécution. 710 (Cf. Femme. Mères, Patriarcat)

Femme (Remarquable. Christine de Suède) : XVIIème siècle. Christine de Suède [1626-1689] était officiellement « Roi de Suède », mais elle fut plus connue sous la dénomination de : « Reine de Suède ».
- Auteure de : « Je suis née libre, je vis libre et je mourrai libérée. » 711

Femme (Remarquable. Clerc Thérèse) : 2007. Thérèse Clerc [1927-2006], auteure de :
« J’ai une vie merveilleuse. Je ne fais que ce que j’aime mais j’aime tout ce que je fais […]. » 712 Heureusement qu’elle nous en dévoila les complexités.… (Cf. Femme. Lesbienne, Famille. Clerc Thérèse)

Femme (Remarquable. Cléopâtre) : Un siècle avant J.C. Lire ce que Plutarque [45-120 après J.C] écrit de Cléopâtre [-69-30 avant J.C], dans le chapitre passionnant consacré à Antoine.
On découvre la femme de pouvoir, la femme « politique », par ailleurs polyglotte.
On découvre aussi, notamment, Octavie. 713

Femme (Remarquable. Collombel-Pagnol Joséphine-Marie) : 2016. Joséphine-Marie Collombel-Pagnol [1861-1943, tante paternelle de Marcel Pagnol [1855-1974], directrice de l’École supérieure de jeunes filles de Marseille [1887 à 1918] « mets en place des sections de quartier pour que ‘des ménagères et travailleuses absorbées par de multiples besognes puissent s’éclairer sur l’utilité du bulletin de vote avec le minimum de dérangement. » (sans date)
- Je poursuis la lecture : « En 1928, au premier tour des élections cantonales dans son quartier de l’Estaque, elle se présente, quoique non électrice et encore moins éligible, recueille une cinquantaine de voix, masculine bien sûr. » 714

Femme (Remarquable. Colman Lucy) : XIXème siècle. Lu :
« Lors d’une réunion du mouvement pour le droit de vote des femmes, face à une motion de Frederick Douglass [Auteur de Mémoires d’un esclave. 1817-1885], qui affirmait candidement : ‘Le sacrifice de soi est une valeur positive qui doit être enseignée à toutes les femmes’, Lucy Coleman [1817-1891, elle-même anti-esclavagiste] lui demanda :
‘Pourquoi n’avez-vous pas appliqué vous-même cette vertu quand vous étiez esclave ?’.
- Et la résolution de Lucy Coleman qui prônait le droit des femmes à ‘ne plus croire en l’autorité mais à leur seule raison’ fut adoptée. » 715

Femme (Remarquable. Cox Joe) : Joe Cox [1974-2016], députée travailliste britannique partisane du maintien du Royaume Uni dans l’Union européenne, assassinée le 16 juin 2016.
- Sa mort rappela aux Suédois l’assassinat d’Anna Lindh [1957-2003], ministre des affaires étrangères social-démocrate, qui, elle aussi, défendait une position pro-européenne assassinée le 10 septembre 2003, à quatre jours d’un référendum sur la monnaie unique dans le pays.

Femme (Remarquable. Craven Élisabeth) : 1992. Élisabeth Craven [1750-1828], auteure de : « On nous oppose des devoirs, on nous prive de l’estime publique, en exigeant de nous des vertus dont on nous impute à crime de nous en faire honneur. » 716 Puissant. Tous ses écrits seraient sans doute à traduire et à rééditer.
- Ses Mémoires - malheureusement partiellement gâchés par les partis-pris masculinistes innombrables de l’introduction de ce livre, remplis d’incompréhensions patriarcales et de dénigrements de cette femme remarquable - sont passionnantes.
L’éditeur doit la remplacer.

Femme (Remarquable. Curie Marie) : Je lis concernant Marie Curie [1867-1934] ceci :
« [Pendant la première guerre mondiale] Marie Curie crée la première École d’aides-manipulatrices en radiologie. Aucun diplôme n’est requis pour intégrer l’école : ‘Peut devenir manipulatrice toute personne réfléchie, soigneuse, adroite de ses mains et pourvue d’une culture moyenne’ écrit-elle dans son tract appelant au recrutement des femmes’ » Et l’auteure ajoute :
« Après la guerre, elle retrouvera sans doute l’emploi de ses connaissances dans les hôpitaux civils, les dispensaires, les maisons de santé, les sanatoria’. Les demandes affluent des quatre coins de la France : plus de 180 manipulatrices seront formées dans son école. L’organisation de cet enseignement est en relation étroite avec l’École des infirmières militaires ouverte à l’hôpital Édith Cavell sous la direction de Nicole Girard-Mangin [1878-1919], la première [la seule…] femme médecin au front. C’est elle qui se charge de l’enseignement de l’anatomie. » 717

Femme (Remarquable. Daschkoff Princesse) : La princesse Daschkoff [1729-1810] joua, très jeune, tel que nous le révèle ses Mémoires, passionnantes, un rôle important quant à l’organisation de la « conspiration » ayant permis l’arrivée de Catherine II au trône de Russie. Incontestable femme politique, auteure de :
« Tout ardu qu’était le dessein, je n’étais pas femme à me laisser arrêter par des considérations d’obstacles ordinaires. »
- Quant à ses arguments pour justifier la nécessité de ladite « conspiration », voici ce qu’elle répond à M. Panine (gouverneur du Grand-Duc, devenu Pierre III, celui qui devait ‘disparaître’) lequel avait des « scrupules » :
« Agissons d’abord, lui répondis-je, et pas une personne sur cent n’assignera à cet évènement d’autres causes que les abus écrasants dont le redressement n’était possible que par un changement dans le pouvoir. » 718 Puissant…

Femme (Remarquable. Daubresse Marie) : 1904. Marie Daubresse [?-?] « critique, professeur[e] de musique et sociologue fonde au mois de mars 1904 l’Union des femmes professeurs et compositeurs de musique qu’elle présidera jusqu’à sa démission pour raisons de santé au mois de janvier 1907. Son initiative ne doit rien au hasard ; le ministre de l’Instruction publique, Joseph Chaumié, venait en effet de signer un décret limitant à quatre le nombre d’élèves femmes dans les classes de violon, d’alto, de violoncelle et de contrebasse du Conservatoire de Paris. […]
- Le but de l‘U.F.P.C.M est de regrouper les femmes artistes pour mieux défendre leurs intérêts, d’établir entre elles de liens de solidarité et de mettre à leur disposition les appuis matériels et moraux nécessaires à l’exercice de leur profession. [...]
- À la fin de l’année 1911, l’association est forte de 800 adhérentes et compte suffisamment d’éléments qualifiés pour permettre la création d’un orchestre symphonique. Une cinquantaine d’instrumentistes, 52 exactement, sont choisies. […] » [lire la suite] 719
* Cf. aussi, Daubresse Michel [Melle], Comment fonder des syndicats de musiciennes [Revue musicale SIM. N° 7. 15 juillet 1911] ainsi que trois articles d’elle cités dans la bibliographie du le site : Les compositrices en France au XIXème siècle. (Cf. Culture, Homme. Féminisme. Magnard Albéric)

Femme (Remarquable. David-Neel Alexandra) : (23 mai) 1912. Alexandra David-Neel [1868-1969], écrit d’Inde à son mari :
« […] Telle qu’elle fut, avec tant d’heures pénibles, tant d’heures de luttes, je ne me plains pas de ma vie. J’aurais pu être une commerçante enrichie, une artiste célèbre. Beni soit ‘cela’ (sa conversion, sans doute, au Bouddhisme et les voyages et les recherches qui s’en sont suivies) qui m’a préservé des routes banales, qui m’a fait gravir les Himalaya et ces invisibles Himalayas de la pensée si infiniment plus élevés que les autres. » 720 (Cf. Penser)

Femme (Remarquable. Davis Angela) : (août) 1971. Jacques Prévert [1900-1977] publia un texte nommé Angela Davis - alors emprisonnée - pour réclamer sa libération. On y lit notamment :
« […] Angela Davis, c’est la générosité, la lucidité, la vie vraie. Il ne faut absolument pas qu’elle puisse être condamnée. Quand on la jugera, des témoins viendront, c’est connu d’avance, des témoins achetés, vendus ou loués comme on en loue pour les mariages à la porte des mairies, et ils jureront sur une bible de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Angela Davis, elle dira - si on la laisse parler - la liberté, toutes les libertés, pour ses frères et sœurs de couleur. […]
Il faut libérer Angela Davis - en attendant le jour où seront condamnées toutes les portes derrière lesquelles la vie noire est enfermée. » 721 (Cf. Justice)

Femme (Remarquable. Decker Marie-Laure de) : 2013. Marie-Laure de Decker, photographe. ‘grand’ reporter’, auteure de :
« Je me suis toujours dit : ‘au pire, je meurs ! ’ » 722 Libérateur…

Femme (Remarquable. De Cleyre Voltairine) (1) : 1914. Voltairine de Cleyre [1866-1912], dans son essai, Comment je devins anarchiste, auteure de :
« J’ai réussi finalement en sortir [du couvent] et j’étais une libre penseuse lorsque j’en suis partie, trois ans plus tard, même si dans ma solitude, je n’avais jamais lu un seul livre ni entendu une seule parole qui m’ait aidée. J’ai traversé la vallée de l’Ombre de la Mort, et mon âme porte encore de blanches cicatrices, là où l’Ignorance et la Superstition m’ont brûlée de leur feu infernal, durant cette sinistre période de ma vie. […]
- À côté de cette bataille de ma jeunesse, tous les autres combats que j’ai dû mener ont été faciles, car, quelles que soient les circonstances extérieures, je n’obéis désormais plus qu’à ma seule volonté intérieure.
- Je ne dois prêter allégeance à personne et ne le ferai jamais plus ; je me dirige lentement vers un seul but : la connaissance, l’affirmation de ma propre liberté, avec toutes les responsabilités qui en découlent.
- Telle est, j’en suis convaincue, la raison essentielle de mon attirance pour l’anarchisme. » 723 (Cf. Êtres humains. Enfants, Famille, Féminisme, Penser, Politique. Anarchisme)

Femme (Remarquable. De Cleyre Voltairine) (2) : 2012. Paul Avrich, biographe de Voltairine de Cleyre [1866-1912] écrit :
« Toute la vie de Voltairine de Cleyre exprime sa révolte contre le système de la domination masculine qui, comme toutes les formes de tyrannie et d’exploitation s’opposait à son esprit anarchiste. » 724 (Cf. Féminisme. Antiféminisme. Baillargeon Normand)

Femme (Remarquable. Delange Frédérique) : 1970. Frédérique Delange, étudiante, membre de la Gauche Prolétarienne, par anticapitalisme, avait participé à l’opération de « prise sur le tas », le 8 mai 1970, aux fins de redistribution dans les bidonvilles et foyers de Saint Denis, Nanterre et Ivry dans les magasins Fauchon (symbole des épiceries de luxe).
Présentée comme un « Robin des bois des pauvres », elle fut condamnée, le 19 mai 1970, pour « vol » à 13 mois de prison. 725
- Les slogans étaient : « Récupérons sur les patrons le fruit de notre travail », « On a raison de voler les voleurs ».
- Commentaire de La Cause du peuple du 23 mai 1970 : « Et depuis le procès scandaleux, l’action chez Fauchon est un exemple à un autre titre : notre camarade Frédérique a manifesté un courage très simple. Elle a donné une image claire du jeune partisan. »
- Bien que condamnée par un tribunal correctionnel, elle ‘bénéficia’ discrétionnairement du « régime spécial favorable aux prisonniers » en prison que René Pleven, ministre de la Justice, avait ‘accordé’ aux condamnées par la Cour de sureté de l’État, en réaction à la grève de la faim que, prisonnier-ères, ils et elles avaient effectuée (durée : 25 jours), reconnaissant par là même de facto la dimension politique de l’action contre Fauchon. 726 (Cf. Justice. Procès, Politique, Économie. Voleurs)

Femme (Remarquable. Demuth Hélène) : Hélène Demuth [1820-1890] était employée comme domestique chez le père de Jenny von Wesphalen.
Lorsque celle-ci épousera Karl Marx, Hélène la suit, s’installe chez le couple qu’elle ne quittera plus jusqu’à la mort de Marx.
En 1851 elle met au monde un enfant, Frederick Demuth [1851-1929], fils de Marx.
Il fut séparé de sa mère - qui jamais ne l’élèvera - et placé dans une famille Londonienne. Plus tard, Engels, décidera d’en reconnaître la paternité, mais ne le mentionna pas dans son héritage.
C’est lui qui, semble-t-il, proposa qu’elle fut enterrée dans le caveau où reposent Karl Marx et sa femme et qu’une inscription la concernant fut, avec l’accord des filles de Marx, ajoutée sur la tombe [Lettre à Laura Lafargue 5 et 10 février 1891, 12 juillet 1891].
Hélène Demuth a joué un rôle indiscutablement important, dans la vie de ‘la famille Marx’, puis, après la mort de Marx, dans celle de ‘la famille Engels’. Après son enterrement, Engels évoque « la pauvre Nimmy ». [Lettre à Laura Lafargue. 14 mars 1892] 727
* Ajout. 24 mai 2015. Sur les questions concernant la paternité de cet enfant, les conséquences de sa naissance sur les familles Marx et Engels, et concernant sa vie, un texte fait le point. 728

Femme (Remarquable. Desroches Noblecourt Christiane) (1) : 2009. Christiane Desroches Noblecourt [1913-2011], auteure de :
- « Je n’ai pas de rancune, j’ai simplement appris à me battre. On n’arrive à rien sans lutter, vous savez. Si je suis devenue une bagarreuse, c‘est par nécessité. »
- Et c’est, concernant cette femme remarquable, que son éditeur écrivit dans la préface de son livre, Sous le regard des dieux, stupidement :
« Cette grande égyptologue aura mieux servi la cause des femmes qu’une armée de suffragettes.» 729 Sans doute pensait-il l’honorer ; ce n’était qu’injures. (Cf. Féminisme. Antiféminisme)
* Ajout. 29 décembre 2017. 2011. À l’écoute des émissions À voix nue de France Culture qui lui été consacrées en 2011, j’ai été particulièrement d’être frappée par son refus non seulement de rendre quoi que ce soit des trésors Égyptiens au Louvre à l’Égypte, mais surtout de son remarquable mutisme quant aux moyens utilisés pour les y faire parvenir, cautionnant dès lors toutes les appropriations, les plus scandaleuses - les moins contestables incluses - des Occidentaux en Égypte. 730 Et, dès lors, partout ailleurs.

Femme (Remarquable. Desroches Noblecourt Christiane) (2) : 1976. Ménie Grégoire [1919-2014], dans son livre, Telle que je suis, alors étudiante à l’école des Hautes Études, auteure de : « Une femme dominait le monde de l’égyptologie. Elle avait trente ans et nous éblouissait : Françoise Desroches-Noblecourt. Une femme avait forcé les portes de l’École du Caire, une femme avait dirigé des fouilles ! J’ai commencé à rêver. » 731

Femme (Remarquable. Dooh Bunya Lydie) : [1933 - ?] Lydie Dooh Bunya, fondatrice du MODEFEM (Mouvement pour la défense des droits de la femme noire, créé en 1981). Lire des interviews d’elle dans Hommes et Migrations (Septembre-Octobre 2005) La condition des femmes noires en France, 732, dans Amina (juillet 1978), enfin une interview réalisée par Toby Susannah Watkins (juin 1995). 733

Femme (Remarquable. Dourova Nanedja) : 1869. Tolstoï [1828-1910], dans La guerre et la paix, évoque, au cours de la guerre napoléonienne contre la Russie : « la femme d’un staroste [représentant local officiel de la Russie tsariste] Vassilissa, qui tua des centaines de français. »
Une note de La Pléiade de 1945 cite A. Rambaud [Alfred Nicolas, 1845-1905] dans son Histoire de la Russie [1878] (p.586) :
« La paysanne Vassilissa, Melle Nanedja Dourova, donnait aux femmes de Russie de belliqueux exemples. » 734

Femme (Remarquable. Drouet Juliette) (1) : 1860. 1862. Voici, après le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851, ce que Victor Hugo [1802-1885] écrivit concernant le rôle joué par Juliette Drouet [1806-1883]
- Le 1er janvier 1860 : « L’ordre de me fusiller, si j’étais pris, avait été donné dans les journées de décembre 1851. […]
Si je n’ai pas été pris, par conséquence, fusillé, si je suis vivant à cette heure, je le dois à Mme Juliette Drouet qui, au péril de sa propre liberté et de sa propre vie, m’a préservé de tout piège, a veillé sur moi sans relâche, m’a trouvé des asiles sûrs et m’a sauvé, avec quelle admirable intelligence, avec quel zèle, avec quelle héroïque bravoure, Dieu le sait et l’en récompensera ! Elle était sur pied la nuit comme le jour, errait seule à travers les ténèbres dans les rues de Paris, trompait les sentinelles, dépistait les espions, passait intrépidement les boulevards au milieu de la mitraille, devinait toujours où j’étais et, quand il s’agissait de me sauver, me rejoignait toujours. Un mandat d’amener a été lancé contre elle et elle paie aujourd’hui, de l’exil, son dévouement. Elle ne veut pas que l’on parle de toutes ces choses, mais il faut pourtant que cela soit connu. Je la supplie de me permettre de lui rendre ici respectueusement témoignage, du fond de mon cœur et de mon âme et de trouver bon que je dépose ce livre à ses pieds. »
- Puis, à nouveau, en septembre 1862 : « J.J [Juliette Drouet] m’a aimé puis m’a sauvé, au 2 décembre. Elle m’a donné d’abord sa vie, puis la mienne. » 735

Femme (Remarquable. Drouet Juliette) (2) : 1851. 1878. Juliette Drouet [1806-1883] fut, on le sait, une femme sans cesse ‘trompée’, à laquelle Victor Hugo - tout en se repaissant de ses incessantes déclarations d’amour, en acceptant une véritable adoration qu’il n’a jamais remise en cause, contestée ou refusée - n’a cessé de lui mentir.
- À la lecture d’un livre publiant certaines lettres inédites (parmi les 22.000 qu’elle lui écrivit), voici trois expressions de la souffrance de la trahison :
- Le 28 juin 1851, après avoir reçu de Léonie Birard, les lettres d’amour que Hugo lui avait adressées, le 13 juillet 1851, elle écrit à Hugo :
« […] Je voudrais absorber tout mon être dans ta contemplation jusqu’à oublier cette vie pour laquelle je ne suis plus faite puisque tu as pu en aimer une autre que moi. »
- Le 12 septembre 1851, elle lui écrit à nouveau :
« J’ai passé une partie de la nuit à relire toutes tes lettres, celles de mai 1844, et j’ai versé plus de larmes sur ces tendresses profanées, sur cet amour souillé, que tu n’as donné de baisers à cette femme, et prodigué d’adorations pendant sept années de trahison que se sont écoulées. »
- Le 6 novembre 1878, alors qu’elle avait découvert en juillet dans un Carnet la liaison de V. Hugo avec une « jeune domestique, Blanche Lanvin », elle lui écrit :
« Je te remercie, mon grand bien-aimé, de m’avoir rassurée encore une fois. Tu ne sauras jamais le faire trop, tu ne sauras jamais le faire assez pour raffermir ma confiance si profondément ébranlée pour effacer tous les cruels souvenirs qui me torturent le cœur depuis quatre mois, pour cicatriser toutes les peines vives de mon âme. » 736 (Cf. Êtres humains. Relations entre êtres humains. Aimer, Homme. Remarquable. Hugo Victor, Famille. Mariage. Adultère)

Femme (Remarquable. Du Chatelet Émilie) (1) : 1749. 1752. Voltaire [1694-1778], après la mort de Madame du Chatelet [1706-1749], la présente à ses différents interlocuteurs et interlocutrices en ces termes :
- le 23 septembre 1749, au comte d’Argental [1700-1788] : il évoque
« ce grand homme et cette malheureuse femme » […]»
- le 23 septembre 1749, à Marie-Louise Denis [1712-1786] :
« Je ne regrette point une maitresse, il s’en faut beaucoup. Je regrette un ami et un grand homme. »
- le 12 octobre 1749 à Madame du Bocage [1710-1802] :
« Il est d’une âme aussi belle que la vôtre de regretter une femme telle que Madame du Châtelet. Elle faisait comme vous la gloire de son sexe et de la France. Elle était en philosophie ce que vous êtes dans les belles-lettres ; et cette même personne qui venait de traduire et d’éclaircir Neuton (Newton), c’est à dire de faire ce que trois ou quatre hommes au plus, en France, aurait pu entreprendre, cultivait sans cesse, par la lecture des ouvrages de goût, cet esprit sublime que la nature lui avait donné […]. »
- le 14 octobre 1749, à François-Thomas-Marie de Baculard d’Arnaud [1718-1805] :
« une femme qui a traduit et éclairci Neuton (Newton) et qui avait fait une traduction de Virgile, sans laisser soupçonner dans la conversation qu’elle avait fait ces prodiges, une femme qui n’a jamais dit du mal de personne et qui n’a jamais proféré un mensonge, une amie attentive et courageuse dans l’amitié, en un mot un très grand homme que les femmes ordinaires ne connaissaient que par ses diamants et la cavagnole (un jeu) […] »
- le 15 octobre 1749, à Frédéric II, roi de Prusse [1712-1786] :
« J’ai perdu un ami de vingt-cinq années qui n’avait de défaut que d’être femme. » Puis il évoque : « une femme qui a été capable de traduire Neuton (Newton) et Virgile et qui avait toutes les vertus d’un honnête homme […].»
- en février 1752, à Jean-Henri-Samuel Formey [1711-1797] :
« Voici l’éloge d’un grand homme qui portait des jupes. »
- le 21 mars 1752, à Jean-Henri-Samuel Formey [1711-1797] :
« Je vous remercie […] d’avoir donné l’éloge de Mme du Chatelet, femme digne des respects et des regrets de tous ceux qui pensent. »
- le 17 novembre 1752, à Johann Samuel König [1712-1757] :
« une dame d’un génie étonnant et digne d’être instruite par vous dans les mathématiques. » 737
* Ajout. 18 Février 2018. (5 août) 1736. Voltaire, de son vivant, avait déjà écrit dans une lettre à M. Cideville [1693-1776] ceci :
« […] Je suis entre Neuton [Newton.1643-1727] et Émilie ; ce sont deux grands hommes, mais Émilie est bien au-dessus de l’autre. Neuton ne savait pas plaire. » (Hommes. « Grands »)738
* Ajout. 20 février 2018. (2 mai) 1737. Voltaire, là encore avant son décès, écrit au prince royal de Prusse [futur Frédéric II. [1712-1786] :
« […] Madame du Chatelet, qui, je vous assure, a toutes les vertus d’un grand homme, avec les grâces de son sexe […]. » 739

Femme (Remarquable. Du Chatelet Émilie) (2) : 1736. 1739. Voici trois jugements intéressants de Voltaire [1694-1778] concernant ses relations avec Madame Émilie du Chatelet [1706-1749] :
- le (4 mars) 1736, il écrit à M. Thieriot [1696-1792] :
« […] Enfin, morbleu, Émilie ordonne, obéissons. »
- (vers le 20 août) 1739, il écrit à Madame de Chambonin [?-?] :
« Elle est plus savante que jamais, et si sa supériorité lui permet encore de baisser les yeux sur moi, ce sera une belle action à elle, car elle est bien haute. »
- le (16 décembre) 1739, il écrit à Antoine Ferriol, comte de Pont-de-Veyle [1697-1774] :
« Madame du Chatelet va vous écrire mais je l’ai devancée afin d’avoir un avantage sur elle une fois en ma vie. » 740 (Cf. Femmes. Gloire, Patriarcat. Homme / Femme)

Femme (Remarquable. Du Chatelet Émilie) (3) : 1845. Un document de 33 pages rédigé par Louise Colet [1810-1876], intitulé Madame du Chatelet [1706-1749], paru dans Le Revue des deux mondes en 1845 est un document historique de valeur.
Louise Colet écrit justement : « Nous avons voulu la faire connaître plutôt que la juger. C’est là, nous le croyons, le premier devoir du biographe. » 741 (Cf. Femme. Écrivaine. Colet Louise, Histoire. Historiographie. Patriarcale)

Femme (Remarquable. Du Deffand Madame) : (20 janvier) 1766. Voltaire [1694-1788] écrit à Madame du Deffand [1697-1780] ceci :
« […] Je crois vous entendre quand je vous lis. Jamais personne n’a eu l’esprit plus vrai que vous ; votre âme se peint toute entière dans tout ce qui vous passe par la tête ; c’est la nature elle-même avec un esprit supérieur, point d’art, point de tour, point d’envie de se faire valoir, nul artifice, nul déguisement, nulle contrainte. Tout ce qui n’est pas dans ce caractère me glace et me révolte. Je vous aime, Madame, parce que j’aime le vrai. […]. » 742 (Cf. Êtres humains. Soi. Du Deffand Madame )
N.B. Voltaire dans ce beau compliment ne décrit-il pas, la concernant, en positif ce que ses propres lettres sont si peu ?

Femme (Remarquable. Dulac Geneviève) : Concernant Geneviève Dulac [1882-1942], je lis dans Wikipédia :
« Considérée comme sensible, généreuse, indépendante, possédée par la passion de la recherche et du neuf, Germaine Dulac est parmi les premières en France à envisager le cinéma comme un grand art auquel elle va se consacrer dès 1916. »
- Geneviève Dulac - qui écrivit notamment dans La Française jusqu’en 1913 - fut la seule à être qualifiée, en 1990, par Georges Sadoul dans son Dictionnaire des cinéastes de « [d’abord] « journaliste, féministe militante ». La présentation d’elle sus-évoquée fut malheureusement précédé d’un peu rigoureux : « D’abord », qui ne permet pas de savoir dans quelle mesure son engagement féministe perdura ou non dans sa vision du cinéma, ni quelle part il en eut. 743 (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Artiste)

Femme (Remarquable. Duncan Isadora) : 1827. Isadora Duncan [1877-1927], auteure de :
« Il y a des jours où ma vie me semble une légende dorée parsemée de pierres précieuses, un champs printanier où chatoient une multitude de fleurs à peine écloses, un matin radieux dont les heures sont parsemées d’amour et de joie ; il y a des jours où je ne trouve pas de mots pour exprimer mon extase et ma joie de vivre ; des jours où mon école me semble un rayon de génie, où je crois que son succès, bien qu’impalpable, est immense, où mon art est une résurrection.
Mais il y a des jours au contraire où passant en revue mon existence, je ne suis remplie que d’un dégoût profond, d’une sensation de vide absolu. Le passé ne me semble qu’une série de catastrophes, l’avenir une calamité fatale et mon école une hallucination enfantée par un cerveau de démente.
» (Cf. Femme. Artiste)
- Lire, pour mieux comprendre ce constat lucide, la vie extraordinaire de cette femme extraordinaire. 744 .
- Et quel dommage que sa mort ne lui ait pas permis de rédiger en complément à ses Mémoires, le récit de ses «Deux années en Russie Bolchévique» [1921-1923]. (Cf. Femme. Artiste, Famille. Mariage. Russie, Féminisme)

Femme (Remarquable. Eltahawy Myriam) : 2015. Myriam Eltahawy, auteure de :
« Je suis une femme très en colère et j’en suis fière. » 745

Femme (Remarquable. Eve (oui, celle d’Adam et...) : 2015. Lu dans le Huffington Post [17 septembre 2015] dans l’article intitulé : Le Pape prend la défense d’Ève contre Adam ceci :
« ‘La femme tentatrice ? Voilà une idée blessante !’. Il suffit parfois de quelques mots, prononcés par la bonne personne, pour mettre à mal un préjugé vieux de plusieurs millénaires. C’est exactement ce qui s’est produit lors du dernier discours du pape François, consacré à Adam et Ève : ‘La femme tentatrice ? Voilà une idée blessante !’ Une petite phrase qui démolit avec une simplicité désarmante la construction culturelle selon laquelle la femme serait l’instrument du diable, un être dangereux à traiter avec méfiance, voire une franche hostilité. » 746
Mais il manque l’analyse et la dénonciation des conséquences historiques – qui perdurent - de cette image des femmes concernant laquelle l’église catholique porte une très lourde responsabilité. (Cf. Femme Remarquable. Jeanne d’Arc)

Femme (Remarquable. Fallaci Oriana) (1) : 1981. Oriana Fallaci [1929-2006], auteure de ce qui fut, pour moi, un livre inoubliable : Un homme, consacré à la vie mais surtout à la compréhension d’un homme exceptionnel, Alekos Panagoulis, par une femme qui a vécu avec lui et réfléchi avec, pour, contre, sans lui. Un grand, vrai, livre politique. 747

Femme (Remarquable. Fallaci Oriana) (2) : 1997. Concernant Oriana Fallaci, [1929-2006], lire le chapitre intitulé La Fallaci, que Christine Ockrent lui a consacré dans son livre La mémoire du cœur. 748 (Cf. Femme. Journaliste. Ockrent Christine)

Femme (Remarquable. Faye Safi) : Safi Faye, première réalisatrice sénégalaise, auteure de nombreux films, dont La Passante (1972), Revanche (1973), Kaddu Beykat (Lettre paysanne) (1975), Fad'jal (Premier arbre), Goob na nu (La Récolte est finie) (1979), Man Sa Yay (Moi, ta mère) (1980), Les Âmes au soleil (1981), Selbé (1983), 3 ans 5 mois (1983), Ambassades Nourricières (1984), Racines noires (1985), Tesito (1989), Mossane (1996), Regards de femmes (2005)…

Femme (Remarquable. Ferrand Élisabeth) : 1754. Condillac [1714-1780], dans son Traité des sensations, concernant Élisabeth Ferrand [1700-1752], écrit :
« Il y a sans doute bien des difficultés à surmonter tout ce système [développé dans son livre]. Et j’ai souvent éprouvé combien une pareille entreprise était au-dessus de mes forces. Mademoiselle Ferrand m’a éclairé sur les principes, sur le plan et sur les moindres détails, et j’en dois être d’autant plus reconnaissant que son projet n’était ni de m’instruire, ni de faire un livre. Elle ne s’apercevait pas qu’elle devenait auteur, et elle n’avait d’autre dessein que de s’entretenir avec moi des choses auxquelles je prenais quelque intérêt. »
- Cet écrit ne peut être présenté comme il l’est dans le Journal Parisien.1797-1799 de Wilhelm von Humboldt comme signifiant « les remerciements [de Condillac] pour ses conseils et ses observations. » 749
- …pas plus qu’il ne peut l’être concernant la présentation sur Wikipédia du Traité des Sensations :
« Il [Condillac] raconte comment il a été amené à revoir les postulats de Locke : c’est la critique de Mlle Ferrand qui lui fit remettre en question la doctrine du philosophe anglais, selon laquelle les sens nous donnent une connaissance intuitive des objets. »
- En revanche toujours sur Wikipédia, la présentation d’Élisabeth Ferrand concernant sa « contribution » au Traité des sensations est abordé et traité en tant que tel, citations à l’appui.

Femme (Remarquable. Gellhorn Martha) : 2015. Martha Gellhorn [1908-1998], journaliste reporter de guerre, auteure de La guerre en face et Mes saisons en enfer, Cinq Voyages cauchemardesques, publiés en France en 2015, a considéré que sa mère qu’elle était « la seule personne qui ne [l’]ait jamais possédée. »
- France Culture, pour sa part, dans la présentation-chapeau qui est faite d’elle - alors qu’elle a, affrontant tous les dangers, couvert presque toutes les guerres du XXème siècle, la présente ainsi : « Troisième épouse d’Hemingway, elle sera la seule à oser lui demander le divorce. »
- Puis, après l’avoir décrite comme « une femme forte, volontaire à qui rien ne résiste » [pas même les guerres ?] France Culture, compassionnel, s’interroge :
« Quelle fêlure cache cette quête d’intensité permanente ? » 750 (Cf. Femme. Mère, Famille. Divorce, Patriarcat, Politique. Guerre)

Femme (Remarquable. Goldman Emma) : 1931. Emma Goldman [1869-1940], dans son autobiographie, Vivre ma vie, se souvenant de ses 23 ans, écrit ceci :
« Ed et moi trouvâmes enfin un endroit à nous. […]
Ed. s’étonnait que j’insiste sur la nécessité d’une pièce à moi. Il trouvait déjà difficile que nous soyons séparés durant les heures de travail et voulait m’avoir avec lui pendant notre temps libre. Mais je tins bon pour garder mon propre espace.
L’obligation de partager ma chambre avait empoisonné mon enfance et ma jeunesse.
Depuis que j’étais devenue un être libre, j’exigeais de pouvoir m’isoler au moins pendant au moins une partie de la journée et de la nuit. » 751 (Cf. Êtres humains. Goldman Emma. Soi, Femme. Remarquable. Milena Jesenskà, Penser. Soi)

Femme (Remarquable. Gorbanevskaïa Natalia) : 1968. Natalia Gorbanevskaïa [1936-2013] fut l’une des sept personnes qui, le 25 août 1968, pénétrèrent sur la place Rouge à Moscou déroulant des banderoles telles que ‘Pour notre liberté à tous’ et ‘Honte aux occupants’ pour dénoncer l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’armée Soviétique. Arrêtée le 24 décembre 1969, elle sera internée dans un hôpital psychiatrique de 1969 à 1972. 752

Femme (Remarquable. Grouzdieva Olga) : (mars) 2002. Je lis dans Le Journal en public de Maurice Nadeau [1911-2013] :
« Les ‘héros positifs’ d’aujourd’hui, c’est par exemple Olga Grouzdieva qui, tout simplement, a demandé à ne plus être citoyenne russe, tout en gardant les droits de vivre dans son pays. Mère de cinq enfants, ‘je ne suis ni anarchiste, ni révolutionnaire’, dit-elle, mais elle ne veut pas qu’un de ses fils aille se battre en Tchétchénie, et elle en a par-dessus la tête de se heurter à la bureaucratie pour les autres gosses, allocations familiales, cantines scolaires et le reste.
Aux fonctionnaires de Vologda, elle explique : ‘Si je suis mécontente de mon mari, s’il me maltraite, je suis en droit de demander le divorce et de porter plainte. Avec l’État, c’est la même chose.’ Et elle intente un procès à l’État. Les juges sont déboussolés, Olga a toute sa tête. Déboutée, elle remet ça et cela dure des années. À la fin, ‘un oukase du président russe Eltsine autorise Olga Grouzdieva et ses enfants à sortir de la citoyenneté russe.’ » 753 (Cf. Hommes, Héros, Famille. Divorce, Justice. Politique. Bureaucratie. État. Guerre)

Femme (Remarquable. Hébuterne Jeanne) : 1898-1920. Jeanne Hébuterne compagne et modèle de Modigliani [1884-1920] le surlendemain de sa mort, enceinte de huit mois de leur deuxième enfant, décide de se tuer en se jetant par la fenêtre de l’appartement de ses parents. Le 27 janvier 1920, Modigliani est enterré, « entouré par des artistes de Montmartre et de Montparnasse ».
Elle, le 28, « au petit jour, dans l’intimité. »
En 1930, les deux tombes seront rejointes. [Wikipédia]
*Ajout. 28 octobre 2018. Je lis dans Jean Tulard, Guide des films. 1895-1995. L-Z , concernant le film Montparnasse 19 [1957. Jacques Becker] qui retrace le vie de Modigliani :
« Un court passage de sa vie Modigliani est heureux auprès de Jeanne [Hébuterne. « une jeune bourgeoise qui abandonne sa famille pour le rejoindre. »] Peu de temps après, Modigliani meurt dans un hôpital parisien, alors que Jeanne, ignorant sa fin, brade toutes les toiles du peintre à un marchand de tableau. » 754

Femme (Remarquable. Hemmings Sally) : [? - ?]. Sally Hemmings fut l’esclave noire appartenant au Président Thomas Jefferson [1743-1826] : de leurs relations, sept enfants seraient nés.
- Lu, le concernant : « Le grand homme [possesseur de 200 esclaves] en fait n'hésitait pas à faire fouetter ses esclaves, se plaignait de leur ‘puanteur’ et refusait de les émanciper, par crainte d'un ‘métissage qui ouvrirait la voie à la dégénérescence’. » 755

Femme (Remarquable. Hepburn Katharine) : 2019. Katharine Hepburn [1907-2003] n’est pas « masculine », elle n’est pas « androgyne » : elle est Katharine Hepburn. (Cf. Femme. Artiste)

Femme (Remarquable. Herman Liselotte) : 1938. Lu concernant Liselotte Herman [1906-1938] :
« Jeune étudiante communiste et jeune mère, elle proteste ouvertement contre la prise du pouvoir par Hitler, ce qui lui vaut son renvoi de l'université de Berlin. Elle s'installe alors dans le Wurtemberg et participe à différentes actions de résistance. Avec des amis, elle parvient à faire passer à l'étranger des informations sur le réarmement national-socialiste. Elle est arrêtée en décembre 1935 et condamnée à mort avec deux de ses amis en été 1937. Elle est exécutée le 20 juin 1938 à la prison de Berlin-Plötzensee, malgré des protestations du monde extérieur. Elle est la première mère exécutée. » 756 (Cf. Femmes. Mères, Patriarcat, Politique)

Femme (Remarquable. Holiday Billie) : 1915-1959. Billie Holiday : une grande dame. Qui, du FBI ou de ‘ses’ hommes (souvent liés entre eux, par ailleurs) lui ont fait le plus de mal ? Concernant son mari, proxénète, John Levy, quelques années après leur séparation, elle aurait déclaré, apprenant sa mort :
« C’est la meilleure nouvelle que j’ai entendue depuis longtemps. » 757
- Concernant ses rapports aux hommes, lire et l’entendre chanter les paroles de « Treat me well », injustement dénommé - un détournement de sens - « Fine and mellow » les révèlent, au moins partiellement. (Cf. Femme. Artiste, Proxénétisme)

Femme (Remarquable. Humbert Thérèse) : 1959. Je lis dans la préface du livre de l’avocat René Floriot [1902-1975] Au banc de la défense la présentation de Thérèse Humbert [1855-1918] dont il fut le défenseur :
« Cette étonnante Thérèse qui réussit avec un brio extraordinaire, à extorquer un peu plus d’un milliard d’anciens francs à de puissants hommes d’affaires aussi importants qu’avertis. Remarquable par son importance, cette escroquerie l’est encore par sa durée. Les victimes de Thérèse ont mis dix-sept ans à comprendre qu’on les avait dupées. Et pendant, dix-sept ans, cette femme charmante, apparemment insouciante et gaie, traitait le Tout-Paris dans son somptueux hôtel de l’avenue de la Grande-Armée, dont le Préfet de police était un familier. » 758 (Cf. Justice. Avocat)

Femme (Remarquable. Jablonowska Maria-Anna-Louisa, princesse de Talmont) : (4 juin) 1771. Maria-Anna-Louisa, Jablonowska, princesse de Talmont [1711-1773 écrit à Voltaire [1694-1778] cette lettre :
« Il a été envoyé à Monsieur de Voltaire un in-4° des malheurs de l’infortunée Pologne, dans l’espérance qui lui, qui sent ou qui devine si bien la générosité et l’humanité, serait touché de l’état où la noble et généreuse nation est réduite en défendant sa liberté et ses lois.
Et j’apprends, dans le moment, qu’il vient encore d’employer sa plume pour donner aux Polonais des torts sur le respect qu’ils doivent à celle qui les opprime, à qui ils ne doivent que leur haine et pis encore ; quel malheur pour la Pologne d’avoir à craindre et à respecter une puissance qu’elle a dédaigné et refusé de dominer autrefois ! Et ne doit-on pas pardonner ce qui peut échapper à un si juste ressentiment contre leur tyran ?
Je me plains, Monsieur, de votre rigueur et de votre dureté pour une nation où vous êtes estimé. Le feu roi de Pologne Stanislas
[1677-1766] vous a témoigné estime et amitié, aussi bien que tous les Polonais qui étaient ou passaient à sa cour. Cela devait vous prévenir un peu pour eux.
Pour moi, Monsieur, aussi fidèle et soumise sujette du Roi
[Louis XV], que fière et indomptée Polonaise, je sais combien on peut sentir et penser différemment dans deux nations différentes.
Ne jugez donc pas en Français des Polonais, et n’ajoutez pas à leur malheur l’improbation de tous les ignorants qui confondent les genres de gouvernement et l’état réel des choses, dont le nombre est déjà fort grand.
Et pourquoi en voulez-vous être, vous qui n’avez pas les mêmes raisons ?
La gloire de votre héroïne [Catherine II] a-t-elle besoin de ce laurier d’iniquité encore ? Vous me trouverez d’une témérité bien punissable, mais j’avoue que je ne peux ni penser ni parler de votre héroïne sans un frémissement. Devait-elle succéder à Henri IV et à Charles XII
([dont Voltaire avait vanté les mérites] ?».
N.B. Il importe de rappeler que le soutien sans faille de Voltaire à Catherine II, impératrice de Russie [1729-1796] faisait aisément le sacrifice de la Pologne.
- On doit noter que Madame Jablonowska fut l’une des rares personnes [avec notamment le président de Brosses] à avoir tenu tête à Voltaire, ici tant de fierté et de hauteur.
- La réponse de Voltaire en date du 15 juin 1771, fut lamentable et honteuse. Il lui présenta notamment Catherine II comme étant comme elle « une personne de [son] sexe et de [sa] naissance » qui, dès lors, devrait être digne de son estime, alors même qu’elle renforçait le joug de la Russie sur la Pologne .
- La réponse en date du 23 septembre 1771 ne le fut pas moins, cynisme et mépris des femmes en plus. Il évoque notamment « […] le chagrin de [sa] belle âme de voir les peines de vos compatriotes. » 759

Femme (Remarquable. Jacquemart Justine) : 1860. Melle Jacquemart, [ ?- ?] dite « la chanoinesse de Kopsel », après avoir été institutrice en Russie, avoir vécu « dans le monde » à Vienne (Autriche), puis en Crimée, a vécu comme une ermite, « dans l’isolement le plus absolu », pendant plus d’un dizaine d’années, dans « une modeste chaumière composée d’une seule pièce » ou elle fut soumise à de « nombreuses attaques ».
- « Elle n’admettait dans sa chaumière que ceux dont les goûts, la réputation et la vie aventureuse ont quelque analogie avec la sienne. »
- Au terme d’une rencontre, Adèle Hommaire de Helle [1819-1883] écrit la concernant :
« N’y a-t-il pas une vraie satisfaction à se garder soi-même, à se créer, au milieu des soins vulgaires de la vie, des jouissances intellectuelles que personne ne peut lui enlever ? » 760
- Elle fut ’découverte’ par Adèle Hommaire de Helle [connue aussi sous les noms Adèle Hommaire, Adèle Hériot, Louise Adèle Hériot, Jeanne Louise Adelaïde Hériot, auteure de Voyage dans les steppes de la mer Caspienne et dans la Russie Méridionale. [1860]]

Femme (Remarquable. Jeanne d’Arc) : 1920. Jeanne d’Arc [1412-1431], brulée vive en 1431, suite à un procès religieux pour « hérésie », fut canonisée en 1920.
L’église catholique prend son temps… (Cf. Femme Remarquable. Eve)

Femme (Remarquable. Jesenskà Milena) (1) : Franz Kafka [1883-1924], concernant Milena Jesenskà [1896-1944], auteur de :
« C’est un feu vivant comme je n’en ai encore jamais vu… En outre, extrêmement fine, courageuse, intelligente… » 761
- Un film de Véra Belmont [1990], intitulé Milena lui est consacré.
- De nombreuses publications la concernent, dont les Lettres à Milena de Kafka 762 dont elle fut la traductrice. (Cf. Femmes. Intelligentes)

Femme (Remarquable. Jesenskà Milena) (2) : 1985. Une quarantaine d’articles de Milena Jensenskà [1896-1944] - sur plus de 400, souvent sous pseudonymes, connus - sont publiés en français dans le livre paru sous son nom : Vivre.
- Une postface (Esquisse biographique) de 24 pages clôt le livre. 763

Femme (Remarquable. Jesenskà Milena) (3) : 1923. Je découvre, dans ce même livre, que Milena Jesenskà [1896-1944], dans le cadre d’une analyse fort juste de critique du mariage, Le diable au foyer, avait employé en 1923 l’expression de « chambre à soi » :
« Pourquoi [les personnes mariées] ne se promettent-ils pas de s’accorder l’un à l’autre la liberté du silence, la liberté de la solitude, la liberté d’avoir une chambre à soi ? » Et elle poursuit :
« Pourquoi ne se promettent-ils pas toutes ces ‘petites choses’ infiniment difficiles, réalisables et pourtant jamais réalisées, au lieu de quelque chose d’aussi subalterne que le bonheur ? » (Cf. Femme. Remarquable. Woolf Virginia, Famille. Mariage, Penser. Soi)

Femme (Remarquable. Kahina La) : 2004. Kateb Yacine [1929-1989] dans la superbe pièce écrite concernant La Kahina (reine berbère guerrière. VIIIème siècle), lui fait dire :
« […] Je suis tout simplement la voix des femmes libres / Le souffle inattendu d’un peuple qui fait appel à ses dernières ressources / Trop de nos hommes sont tombés. / Que les femmes prennent la relève ! » 764

Femme (Remarquable. Kautsky Louise) : 1864-1944. Louis Kautsky épouse divorcée de Karl Kautsky [1854-1938], penseur socialiste, devint la gouvernante-secrétaire d’Engels [1820-1895] jusqu’à sa mort. Celui-ci écrit, à l’occasion de la très profonde révision de son livre L’origine de la famille pour sa 4ème réédition :
« Mon inspiratrice a été, dans une large mesure, Louise, qui est pleine d’idées claires, limpides, originales sur le sujet. » 765
- « Inspiratrice » ? C’est trop ou trop peu ; et ce n’est pas intellectuellement honnête.

Femme (Remarquable. Madame Kerivel [?]) : 1941. Le 22 octobre 1941, à Châteaubriant (Bretagne) les Allemands, en riposte à l’assassinat du commandant allemand de Nantes par un militant communiste, fusillèrent 27 otages. Aragon [1897-1982] qui fut le dépositaire des renseignements recueillis sur place et des lettres rédigées par les « martyrs », évoque « le courage de madame Kerivel (épouse de l’un des fusillés, internée au camp de Choisel) [ ?- ?]. Cette femme admirable, quand elle est venue à la cellule des condamnés embrasser son mari, prise de pitié à la vue du jeune Guy Moquet [17 ans], a proposé aux officiers de prendre sa place. On le lui a refusé. Maintenant, son calme fait l’admiration de tous. […] » 766

Femme (Remarquable. Kiki de Montparnasse) : 2005. Kiki de Montparnasse [1901-1953], en réalité Alice Ernestine Prin, auteure, concernant un éventuel amant très riche, auteure de :
« C’était pourtant un homme charmant, et que j’aurais pu aimer peut-être, s’il n’avait eu tout ce fric ! Pouah ! Faire ça pour de l’argent ! Au milieu de toutes mes orgies, de mes nuits de folie, c’est la seule chose que je n’ai jamais salie, l’amour ! Je suis restée la fille très sentimentale et pleine d’affection que j’ai dû comprimer toute ma jeunesse. » 767
- Chaque femme qui parle d’elle et qui, dès lors, sort du discours - quel qu’il soit - tenu sur elle, des représentations faites d’elle par les hommes [et, la concernant, ils furent légion] fait avancer et sa vérité et l’analyse féministe du monde.

Femme (Remarquable. Klarsfeld Beate) : 1968. 2015. Beate Klarsfeld, après avoir, en 1968, au Bundestag, qualifié Kurt-Georg Kissinger, ministre-président de Bade-Wurtemberg qui se présentait à la Chancellerie de « nazi » et demandé sa démission, l’a giflé.
- Son mari, Serge Klarsfeld, dépolitisant son initiative, a malheureusement évoqué une « gifle de la fille à son père ». 768

Femme (Remarquable. Kollontaï Alexandra) : 1992. Il est impossible de résumer la vie d’Alexandra Kollontaï [1872-1952]. Lire, la concernant, le livre d’Arkadi Vaksberg. 769

Il faut noter que dans ce livre, le rôle plus strictement étroitement politique, à savoir les analyses, les actions d’Alexandra Kollontaï sont plus rigoureuses que celles concernant « l’amour libre», « les femmes »…et ne sont pas comparables avec celles concernant la femme dite « amoureuse ».
Il importe aussi de noter qu’Alexandra Kollontaï, après avoir été, en 1922, l’une des responsables de l’opposition de gauche, dut vivre et mourut…stalinienne. Mais n’est-il pas facile de porter a postériori, hors contexte, un jugement ? Je ne sais. En tout état de cause, elle ne saurait être simplement qualifiée comme telle. Évident ? (Cf. Femmes. Bourgeoises, Voilées, Féminisme. Antiféminisme, Histoire. Biographies)

Femme (Remarquable. Kowalewski Sofia, Sophie, Sonia) : 1890. Sofia Kowalewski [1850-1891] : mathématicienne russe, première femme d’Europe à occuper une chaire d’Université (en Suède), rédactrice et éditrice de la revue Acta Mathematica. Parmi tant d’évènements notables de sa vie (elle a notamment soigné les blessés de la Commune), elle a rédigé un roman partiellement autobiographique Nihilist Girl, en 1890. Elle fut qualifiée de « femme de génie » par F. Engels [1820-1895]. 770

Femme (Remarquable. Labourbe Jeanne) : Concernant Jeanne Labourbe [1877-1919], je lis dans trois sources, ici reproduites :
1) 1929. Vers l’autre flamme, de Panait Istrati [1884-1935] :
« Je dois à un ouvrier roumain l’horrible récit de l’assassinat par les troupes blanches de l’institutrice Jeanne Labourbe, crime entre mille autres dont le prolétariat et les instituteurs français doivent un jour demander des comptes aux impérialistes de leurs pays.» 771
2) 1920. En Communisme de Pierre Pascal [1890-1983], en date du 1er avril 1920 un article publié par lui parut dans Le Bulletin Communiste N°3 qui faisait état de Groupe Communiste français de Moscou concernant Jeanne Labourbe qu’il nommait « la fondatrice du groupe. » :
« Jeanne Labourbe était un précurseur. Dans sa jeunesse laborieuse, elle avait gardé les troupeaux dans son village de Bourgogne. [Elle est née à Lapalisse dans l’Allier]. Puis, elle entre en service à la ville, jusqu’au jour la lettre d’une compagne fut l’occasion de son départ pour la Russie. Installée dans une famille polonaise, elle dut y jouer le rôle douloureux d’institutrice et de servante. Il lui permit cependant, tout en enseignant à son élève sa langue maternelle de compléter sa propre éducation.
Lorsqu’éclata la révolution de 1905, son grand cœur, son courage viril, son dévouement absolu à toutes les causes justes la lancèrent dans le mouvement libérateur. Elle se donna à lui certainement toute entière, comme nous l’avons vu parmi nous ne vivre que pour le Groupe et pour le communisme.
On sait comment elle est morte la 2 mars 1919, lâchement assassinée dans la nuit, au fond d’un faubourg d’Odessa, par un groupe d’officiers français et russe sous la présidence d’un général Borius. Aussitôt arrivés dans la ville, les succès de sa propagande parmi les troupes d’occupation avaient effrayé le commandement. Il fallait à tout prix la faire disparaître. On n’osa pas l’exécuter. Le tout puissant général préféra la faire assassiner secrètement, avec un certain nombre d’autres communistes français d’Odessa, et le lendemain une note officielle attribuait le crime à des brigands anonyme.
À peine le Groupe communiste créé à Moscou, Jeanne Labourbe avait voulu fonder un journal. Elle rechercha les conseils de ceux qu’elle estimait le plus capable de mener l’œuvre à bien. Elle vit Lénine qui lui donna son consentement. Le commissariat des Affaires étrangères lui fournit le papier, l’imprimerie, un rédacteur politique, le camarade Niourine. Le capitaine Sadoul, qu’elle connaissait de nom pour son rôle à la fois diplomatique et révolutionnaire à la Mission Militaire, promit sa collaboration active. Elle-même avec son activité dévorante, accomplit le travail absorbant et ingrat des démarches multiples à faire à travers Moscou. Mais surtout, elle redouble ses efforts de propagande. »
Puis Pierre Pascal présente les nombreuses activités du Refuge français de Moscou. 772
3) 2016. Wikipédia :
« Elle meurt en mars 1919 à Odessa, vraisemblablement exécutée par la police locale aux ordres des Russes Blancs. »
Un timbre soviétique a commémoré le 110ème anniversaire de sa naissance, le 8 avril 1877.

Femme (Remarquable. Lacasse Victoire) : 1898. Victoire Lacasse fut la seule femme rescapée du naufrage du Bourgogne, le 2 juillet 1898 qui assurait la liaison entre Le Havre et New York : 700 personnes étaient à bord, dont 125 femmes. L’historienne Dagmar Bellmann qui rapporte ces chiffres poursuit en déclarant que les femmes « ne faisaient pas le poids face aux hommes ».
Et elle conclut que « lors des naufrages, les rescapés sont presque exclusivement des hommes. » 773
- Jean-Paul Bossugue a publié un roman intitulé 700 hommes à la mer [Éditions du Rocher. 2011] dans lequel il revient sur les réactions des hommes et des femmes lors de ce naufrage.

Femme (Remarquable. Lacoin Élisabeth) (1) : 1929. À la lecture de ses écrits, j’ai pensé qu’Élisabeth Lacoin (surnommée Zaza par son amie Simone de Beauvoir) [1907-1929] pouvait incarner le terrifiant statut imposé - contesté par certaines d’entre elles, les plus lucides - à des jeunes filles intelligentes, sensibles, catholiques, riches et bourgeoises au début du XXème siècle.
Élisabeth Lacoin en effet, notamment, écrit le 4 juillet 1929, quatre mois avant sa mort :
- « Nous avions un dîner essentiellement ‘bourgeois’ et ‘bien-pensant’. J’ai regardé à un certain moment les dames assises les unes à côté des autres, avec la même physionomie tranquille et résignée, avec cet air irrévocablement honnête et vide. Serons-nous toutes comme cela un jour ? Ne peut-on être une femme honnête et chrétienne qu’au prix d’un étouffement pareil ? Est-ce cela l’éducation, ce lent endormissement qui fait des femmes, des jeunes filles bien, des êtres inoffensifs, bons mais si décourageants. […] »
- On lit aussi d’elle dans une lettre adressée à un ami, du 25 juin 1929 :
« Je ne comprends pas la vie comme vous la comprenez. Le bonheur tel que la plupart de gens le définisse, santé, fortune, affections de famille, plaisir, cela ne me fait pas envie du tout, cela me donne même l’envie de dormir. Pour avoir ce bonheur bête, il suffit, comme vous dites, d’accepter des ‘compromis’, mais cela je ne le veux pas. J’aime bien mieux être malheureuse qu’heureuse à ce prix-là. ‘Il faut être raisonnable’, c’est la phrase du monde que je déteste le plus. En ce moment, on veut me faire épouser un garçon d’excellente famille, très intelligent, riche, qui a une très belle situation d’ingénieur. […] » 774 (Cf. Femmes. Bourgeoises. Intelligentes)

Femme (Remarquable. Lacoin Élisabeth) (2) : 1958. Le jugement de Simone de Beauvoir [1908-1986], la concernant dans les Mémoires d’une jeune fille rangée :
« J'ai pensé longtemps que j'avais payé ma liberté de sa mort. » (à 22 ans) est difficilement oubliable. 775

Femme (Remarquable. Lafargue Laura) (1) : Laura Lafargue [1845-1911] l’une des filles de Karl Marx, fut une femme politique socialiste marxiste, traductrice de nombre de textes marxistes, épouse de Paul Lafargue, socialiste marxiste et auteur du livre : Le droit à la paresse [radicalement antimarxiste par ailleurs], une femme attachante qui se suicidera avec son mari.

Femme (Remarquable. Lafargue Laura) (2) : 1890.1892. Friedrich Engels [1820-1895] lui écrivit, le 8 janvier 1890 :
« Je crois vraiment que tu es à peu près la seule personne à Paris capable de conserver la tête froide et lucide : cette ville semble rendre les gens fous.» 776
Ce jugement doit aussi être interprété comme étant une critique de la politique des socialistes français, et notamment de son mari.
* Ajout. 24 mai 2015. Engels prolongera ce jugement deux ans plus tard, le 27 mai 1892. Alors que Le Socialiste devait se transformer en quotidien, il écrira :
« Dans ce nouveau quotidien, tu es un élément absolument nécessaire. Si l’on veut faire quelque chose de supérieur à la moyenne courante des quotidiens français, il faut que quelqu’un suive attentivement au jour le jour le mouvement en Angleterre et en Allemagne, et en rende compte de temps en temps. Et tu es la seule personne dans toute la belle France qui en soit capable… Il faut que tu sois membre régulier de la rédaction et payée en conséquence. Paul [son mari] a trop du hidalgo pour penser à de telles questions ou pour exiger qu’on y pense, mais c’est indispensable. […] » Il n’en fut plus question et le quotidien ne vit pas le jour. 777

Femme (Remarquable. Lafargue Laura) (3) : 1979. Maria Antonietta Macciocchi [1922-2007] écrira la concernant :
« Laure se mariera avec Lafargue, en 1868 et se suicidera avec lui, selon les récits de la presse, en 1911, sans laisser un mot, tandis que Lafargue laissa un testament retentissant à la cause du socialisme. Lénine, qui le 3 décembre 1911, prononça le discours funèbre, le dédia entièrement à Lafargue, en ne nommant Laura, seulement, en passant, au début, comme fille de Karl Marx. » 778

Femme (Remarquable. La Rochejaquelein, Marquise de) : 1823. La marquise de La Rochejaquelein : fille, épouse, cousine de dirigeants de l’insurrection Vendéenne, ses Mémoires sont un remarquable document historique dans lequel, confrontée à d’innombrables événements, elle fait notamment part avec un naturel incroyable de son courage. La révolution, la contre-révolution présentée par une femme qui les a, à plus d’un titre, vécues.
Elle était née sous le nom de Marie Louise Victoire de Donnissan, puis, à son premier mariage, elle fut nommée Marquise de Lescure, puis, à son second mariage, Marquise de La Rochejaquelein. 779 (Cf. Femmes. Noms)
* Ajout. 21 décembre 2018. Je lis dans l’introduction de 1872 d’Hippolyte Taine [1828-1893] au livre qu’il a traduit : Une anglaise témoin de la révolution française, concernant l’apport qu’a pu avoir M. Gifford - qui a préfacé ce livre à sa parution en Angleterre - à sa rédaction :
« L’œuvre est d’elle [restée anonyme] jusque dans ces moindres détails, bien plus que les Mémoires de Madame de La Rochejacquelein ne sont de Madame de La Rochejacquelein. » 780
* Ajout.15 janvier 2019. Je lis dans une note de l’Histoire de la Révolution française [1853] de Jules Michelet [1798-1874] évoquant un souvenir, enfant, de Madame de La Rochejacquelein : « Voyez le roman, ici véridique, que M. de Barante [1782-1866] a publié sous son nom. » 781

Femme (Remarquable. La Vallière Madame de) : 1813. Madame de Staël [1766-1817] écrit dans son livre De l’Allemagne :
« Louis XIV [1638-1815], si vanté par sa galanterie chevaleresque, ne se montra-t-il pas le plus dur des hommes dans sa conduite envers la femme dont il avait été le plus aimé, Madame de La Vallière [1644-1710] ? Les détails qu’on en lit dans les Mémoires de Madame sont affreux. Il navra de douleur l’âme infortunée qui n’avait respiré que pour lui, et vingt années de larmes au pied de la croix purent à peine cicatriser les douleurs que le cruel dédain du monarque avaient faites. » 782

Femme (Remarquable. Lefort Gertrud von) : 1931. Gertrud von Lefort [1876-1971] écrivait notamment, en 1931, la nouvelle intitulée La dernière à l’échafaud (Die Letze am Schaffot). Inspirée des manuscrits de Sœur Thérèse de l’Incarnation [Françoise-Geneviève Philippe [1731-1836] seule rescapée des seize carmélites de Compiègne guillotinées sous la Terreur à Paris, le 17 juillet 1794 et auteure du Récit des martyres des seize carmélites de Compiègne.
- Après la publication du livre en français, La dernière à l’échafaud, chez Plon Georges Bernanos [1888-1948] en novembre 1947, écrivit à la marquise de Zayas [ ?- ?] :
« Le P. Brückberger en tire un film, et m’a demandé d’en écrire les dialogues. Je le fais avec beaucoup de soin et d’amour. » 783 Le film ne fut pas réalisé, mais le Dialogue des Carmélites fut publié en 1949, un an après la mort de Georges Bernanos.
- Francis Poulenc [1899-1963] s’en inspira pour écrire le livret d’opéra, Le Dialogue des carmélites en 1957.
Deux films sous le même titre suivront.
- La correspondance de Gertrud von Lefort, très proche d’Édith Stein [1891-1942], elle aussi convertie au catholicisme, a été publiée (en français) dans la correspondance de la seconde.
- Gertrud von Lefort aurait choisi son nom : Von Le Fort en identification avec celui de Blanche de la Force. 784 (Cf. Femme. Remarquable. Stein Édith)

Femme (Remarquable. Leguay Catherine) : 1977. Catherine Leguay, fut la première femme à rejoindre le Comité d’action des prisonniers (CAP) fondé en 1977 par Serge Livrozet. Dans son livre, Prisonnières, écrit en 1978, alors qu’elles avaient 27 ans, avec Catherine Ehrel, et d’autres femmes emprisonnées, auteure de :
« La justice, la prison furent une permanence de ma vie. La valeur n’attend pas le nombre des années ; ainsi du haut de mes neuf ans, je devins une délinquante juvénile, au casier judiciaire couvert d’un ‘avertissement’ pour un vol d’enfant désœuvré […]
Rebelle à tout ce qui tentait de me normaliser, la prison finit par m’accueillir pour y fêter mes dix-sept ans. […]
Les prisons d’Avignon, Versailles, Monte Carlo, la Roquette et Fleury-Mérogis m’accueillirent pour des détentions plus ou moins longues. Ces aller-retours auraient pu s’éterniser si, à vingt-trois ans, je n’avais fini par exploser, l’arbitraire et l’oppression de l’administration pénitentiaire me sortant par tous les pores de la peau. Mon impuissance à me révolter fut le déclic qui amorça ma prise de conscience, mon engagement politique. […] »
- Concernant les femmes en prison, en voici le constat :
« Écrasées, normalisées, dépersonnalisées, silencieuses, dépossédées, mutilées, asexuées, opprimées, réprimées, infantilisées, les femmes détenues continuent d’être sans exister, car il est lourd, le poids de cette oppression ; lourd, le poids de ce silence. » 785 (Cf. Femmes. Silence, Justice, Patriarcat, Politique. Prison)

Femme (Remarquable. Léo André) (1) : 1871. André Léo [1824-1900] écrivaine, romancière, journaliste, militante, Communarde, auteure, en 1871, de :
« de belles fortunes pétries de tes misères, de la souffrance de ta femme, de la mort de ton enfant…Vive la Bourse ! La France se meurt ! » 786
- Pour connaître sa pensée, son action politique, se référer au site de l’association André Léo. 787 (Cf. Féminisme, Économie. Bourse)

Femme (Remarquable. Léo André) (2) : 1871. André Léo [1824-1900], auteure, aussi, le 8 mai 1871, dans un article (non lu intégralement) intitulé La révolution sans la femme 788 :
« Une fois de plus, les femmes n’ont rien à gagner à l’avenir immédiat de cette révolution [la Commune de Paris], car le but est l’émancipation des hommes, non des femmes. […]
On pourrait d’un certain point de vue écrire depuis 89 sous ce titre une ‘Histoire des inconséquences du parti révolutionnaire’.
La question des femmes en ferait le plus gros chapitre, et l’on verrait comment ce parti trouva moyen de faire passer du côté de l’ennemi la moitié de ses troupes qui ne demandait qu’à marcher avec lui. »
- Auteure aussi, citée dans le même article (sans source spécifiée) de :
« Beaucoup de républicains - je ne parle pas des vrais - n’ont détrôné l’Empereur et le bon Dieu […] que pour se mettre à leur place. Et naturellement, dans cette intention, il faut des sujets ou au moins de sujettes. La femme ne doit plus obéir aux prêtres ; mais elle ne doit pas non plus relever d’elle-même. [Si] elle doit demeurer neutre et passive sous la direction de l’homme, elle n’aura fait que changer de confesseur. » (Cf. Droits. « Droits de l’homme », Féminisme, Patriarcat, Politique. République, Histoire. Révolution française, Historiographie. Patriarcale)

Femme (Remarquable. Lespinasse Julie de) : 1989. Lu :
« La correspondance de Melle de Lespinasse [1732-1776] (environ quatre cents lettres) permet de reconstituer la liste de familiers. Tous les noms qui comptèrent à l’époque y figurent, de Diderot à Helvétius, de Rousseau à Bernardin de Saint-Pierre, des poètes Delille à Roucher, de Marmontel à La Harpe, de l’abbé Galiani, le pétulant Napolitain à Lord Shelburne, le flegmatique collaborateur de Pitt, de la maréchale de Luxembourg à la comtesse de Bouflers, de Malesherbes à Turgot. On y vit surtout la génération des successeurs des encyclopédistes ; c’est de ces écrivains que Julie fut la ‘muse’, de Jean-Baptiste Suard à l’abbé Morellet, d’Arnaud à Condorcet. » 789

Femme (Remarquable. Linder Maud) : Maud Linder, la fille de Max Linder [1883-1925], réalisatrice « s’est [notamment] distinguée par son travail de restauration et de mise en valeur de l’œuvre de son père. » (Wikipédia) (Cf. Culture. Cinéma, Femme. Épouse de. Linder Ninette)

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (1) : Lou Andreas Salomé [1861-1937] : Une femme d’une exceptionnelle intelligence, d’une exceptionnelle sensibilité. Riche d’elle-même, riche de ses relations avec ceux [et dans une moindre mesure, avec celles] avec lesquel-les elle a partagé des moments, des expériences de vie, sans être réductible à aucun d’entre eux. Avoir découvert, à 25 ans, sa [première] biographie est l’un des cadeaux de la vie.

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (2) : 1951. Lou Andreas Salomé [1861-1937], auteure, dans Ma vie, publié après sa mort, de :
« Je ne peux conformer ma vie à des modèles, ni ne pourrait jamais constituer un modèle pour qui que ce soit ; mais il est tout à fait certain en revanche que je dirigerai ma vie selon ce que je suis, advienne que pourra. » 790

Femme (Remarquable. Lou Andreas-Salomé) (3) : 1951. Lou Andreas Salomé [1861-1937] Que penser de cette phrase :
« Je suis éternellement fidèle aux souvenirs ; je ne le serai jamais aux hommes. » ? 791
- À la relecture, plus tard, de cette même phrase, non relevée de ma première lecture de Ma Vie, et dès lors resituée dans le cadre de ses réflexions concernant Rainer Maria Rilke [1875-1926] et de leurs relations, je comprends un peu mieux la signification de cette phrase « si crûment sincère ». 792
- Jacques Nobécourt, dans sa Préface à Ma Vie de Lou Andreas Salomé présente son interprétation de cette phrase. 793

Femme (Remarquable. Luxemburg Rosa) (1) : Rosa Luxemburg [1871-1919], auteure de :
« L’épreuve de force entre l’homme et la femme [est un] problème purement académique, tiré par les cheveux qui n’existe pas dans la réalité. Car ou bien la femme est une personnalité - je ne veux pas dire une femme remarquable - mais un cœur plein de bonté et d’énergie intérieure [...] et alors elle s’impose et triomphe moralement, même si elle cède sur des détails. Ou bien, intérieurement, elle n’est rien - et alors le problème n’existe plus. » 794
- Ce déni, cet impensable même, de toute pensée politique féministe, tel qu’ici exprimée par celle qui est présentée comme l’un-e des plus brillant-es théoricien-nes marxistes, qui plus est, l’« une des plus fortes personnalités du socialisme » selon Boris Souvarine, 795 permet de mieux appréhender l’incompatibilité théorique entre marxisme et féminisme. À la relecture, c’est d’elle qu’elle parle. (Cf. Féminisme. Marxisme incompatible avec le féminisme)

Femme (Remarquable. Luxemburg Rosa) (2) : 1916-1919. Rosa Luxemburg, [1871-assassinée le 15 janvier 1919], ses Lettres de prison : un joyau de philosophie politique. Lues par Anouck Grinberg : une merveille d’humanité, de sensibilité. 796

Femme (Remarquable. Luxemburg Rosa) (3) : 1919. Lu, écrit de Berlin, à la date du 16 mars 1919, dans Les Cahiers du comte Kessler [1868-1937], en vue d’une éventuelle alliance politique pour remplacer le régime actuel «discrédité, souillé de sang»] :
« Chez les communistes, on ne trouvera personne sur qui l’on puisse compter comme homme d’État. Rosa Luxemburg aurait été la seule personnalité politique du parti capable de gouverner l’Allemagne. » 797

Femme (Remarquable. Luxembourg Rosa & Clara Zetkin) : Lors d’une réunion (retrouver la date) chez Auguste Bebel [1840-1913], avec d’autres socialistes, Rosa Luxemburg [1871-1919] et Clara Zetkin [1857-1933] se perdent en route et arrivent très en retard. Soulagés, ceux qui les attendaient s’amusent à rédiger des épitaphes en leur mémoire dont ils leur font part. Rosa Luxemburg les rejette toutes et en propose une autre de son cru :
« Ici sont enterrés les derniers hommes de la social-démocratie allemande. » 798 (Cf. Histoire. Révolution française. Roland Madame)

Femme (Remarquable. Macciocchi Maria-Antonietta) : 1971. À ma connaissance (actuelle, limitée et partielle), la [l’une des ?] critique féministe la plus pertinente du marxisme est lisible dans le petit texte de Maria-Antonietta Macchiocchi [1922-2007] : « Quelques thèmes autour du marxisme et du féminisme », en conclusion de la publication de son Séminaire de Vincennes en 1977-78. 799 (Cf. Femme. Écrivaine. Macciocchi Maria Antonietta)

Femme (Remarquable. Mallet Isabelle) : 1927. Isabelle Mallet [?-?], atteinte de poliomyélite et paralysée, a créé, en 1927, La semaine de la bonté.
Lu, la concernant, sur le site officiel de cette association :
« [Elle] surmontait sa maladie et mettait toute son énergie et une partie de sa fortune pour créer [cette] association caritative pionnière de l'aide sociale, qui servira de modèle à de nombreuses autres institutions et qui sera reconnue d'utilité publique en 1955. »
L’une des premières initiatives faisant appel publiquement à la générosité privée ? (Cf. Femmes. Charité)

Femme (Remarquable. Manchu Rigoberta) : 2007. Rigoberta Manchu, prix Nobel de la paix en 1992 et notamment membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac, aurait, selon Le livre noir de la condition des femmes, déclaré (source non citée, à vérifier) que : « le féminisme était le dernier avatar du colonialisme» . 800 (Cf. Féminisme. Antiféminisme, Politique. Colonialisme)

Femme (Remarquable. Marie) : Marie, supposée mère du fils du dieu (chrétien), lorsqu’elle fut informée - nous dit-on - qu’elle devait l’enfanter, répondit :
« Je suis la servante du Seigneur. Qui me soit fait selon ta parole [ou : selon qu’il m’advienne]. Et l’ange (Gabriel) la quitta. » (La Bible)
Ça commença mal…

Femme (Remarquable. Mademoiselle Mars) : 1849. Lu, concernant la comédienne Mademoiselle Mars [1779-1849], dans Choses Vues de Victor Hugo [1802-1885], présent à son enterrement le 26 mars 1849 :
« Elle laisse un fils…On n’a pas envoyé de billets de faire-part à cause de l’embarras de mettre : Mademoiselle Mars est morte. Son fils a l’honneur de vous en faire part. » 801
Victor Hugo note aussi que « pendant les discours, au cimetière, les prêtres sont remontés dans leur voiture pour ne point entendre l’éloge d’une comédienne. » (Cf. Femme. Artistes, Femmes. Noms, Famille. Mariage, Relations entre êtres humains. Traités de savoir-vivre)

Femme (Remarquable. Mère Teresa) (1) : 1993. Bernard Kouchner se souvient de Mère Teresa [1910-1997] :
« Au Guatemala, elle a été reçue dans un stade immense, elle est arrivée devant la foule, malade, coudée comme un vieil olivier, elle a touché les malades grabataires alignés devant elle. ‘Lève-toi et marche’. Ils ne se sont pas levés ! Enfin, passons. Elle a alors commencé à parler très bas…Personne n’entendait. On croyait qu’elle allait rendre l’âme, mais elle s’est redressée, et à la fin, d’une voix fracassante, elle s’est mise à prêcher…Il y avait bien vingt mille personnes. Et que leur annonce-t-elle ? ‘Le grand danger, au Guatemala, comme au Bengladesh, ce n’est pas la pauvreté, c’est l’avortement’. Inimaginable ! » 802
- Elle fut canonisée le 4 septembre 2016.

Femme (Remarquable. Mère Teresa) (2) : 2010. Catherine Clément, dans son autobiographie, Mémoire, écrit :
« Ils [Les communistes du West Bengale, au gouvernement] avaient eu avec Mère Teresa [1910-1997] des rapports difficiles au début, à cause du combat contre l’avortement que menait activement la sainte dans Calcutta.
Mais quand elle mourut, ces communistes bengalais organisèrent pour la Mother de l’Inde des funérailles grandioses en plaçant son cercueil sur l’affût de canon qui avait servi pour les obsèques du Mahatma Gandhi [1869-1948]. Pour la chrétienne et le hindou également non-violents, cet objet militaire était un peu bizarre, mais dans les deux cas, l’hommage national fit oublier le canon. » 803

Femme (Remarquable. Michel Louise) : 1886. Louise Michel [1830-1905] : pour connaître ses analyses féministes, on peut se reporter notamment aux pages 118 à 125 de ses Mémoires. 804

Femme (Remarquable. Michel Louise. Enterrement) : 1905. Louise Michel [1830-1905] meurt, le 9 janvier 1905, à l’hôtel L’Oasis à Marseille. Elle est enterrée le 22 janvier 1905 à Paris. On lit dans l’Humanité, le 23 janvier 1905 :
« Constatons que Monsieur Lépine (Le préfet de police) avait mis sous la protection (?) de 25 officiers de paix, 80 brigadiers, 880 sous brigadiers, 8000 sergents, sans bâton, mais avec sabre et probablement casse-tête, 400 agents de la brigade des recherches, 350 inspecteurs de la Sûreté (alias agents de la Secrète qui, notamment lorsqu’ils sont déguisés en pékins, fleurent à dix lieux leur roussin), et de 100 agents de la mobile, plus des petits soldats ; en effet, trois bataillons d’infanterie et six escadrons de cavalerie sont disposés dans les rues adjacentes et toutes les troupes consignées l’arme au pied. » […] 805
Une reconnaissance policière qui vaut reconnaissance politique. (Cf. Politique. État, Histoire)
* Ajout. 16 mai 2014. 1930. Lu ultérieurement dans le livre de Jean Grave, Souvenirs d’un révolté :
« Son corps [celui de Louise Michel] ramené à Paris, la population lui fit de magnifiques funérailles. Comme d’habitude, la police avait fait un déploiement formidable de forces le long du cortège, Lépine et ses subordonnées déployant un zèle intempestif. Un fait significatif qui prouve que lorsque la foule est bien résolue à ne pas se laisser em…bêter, elle peut avoir le libre exercice de sa volonté. […]
Lépine nous jappait aux talons. Il ordonna à un peloton de gardes municipaux qui se trouvait là de mettre baïonnette au canon. Ce qui fut fait. Mais un cri formidable de ‘À bas les baïonnettes !’ sortit des rangs de la foule. Et les baïonnettes furent remises au fourreau, sans attendre l’ordre des chefs. Lépine sut se taire cette fois. » 806 (Cf. Politique. Démocratie. Peuple, Histoire)

Femme (Remarquable. Missy / Mathilde de Morny) : Mathilde de Morny [1863-1944] dénommée Missy fut celle à qui Colette [1873-1954] écrivit :
« C’est toi ma raison de vivre » ; celle qui écrivit à Henry de Jouvenel [1876-1935], son futur mari :
« Je vous confie Colette ». 807
- Je découvre aussi qu’à la fin de sa vie Mathilde de Morny, aurait « subi » (?) « une hystérectomie (ablation de tout ou partie de l’utérus) et une ablation des seins ». Elle s’habillait avec des vêtements d’hommes et se faisait appeler Monsieur.
- Que sait-on vraiment d’elle, au-delà des stéréotypes, des platitudes concernant les femmes dites lesbiennes et / ou dites masculines, pseudo-alternative qui par ailleurs ne manque pas de sel…
N.B. Si l’habit ne fait ni l’homme, ni la femme, ne le révèle-t-il - un peu - à eux / elles-mêmes ? (Cf. Êtres humains. Vêtements)

Femme (Remarquable. Mladic Ana) : 1994. Anna Mladic, fille de Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, qualifié de « bourreau de Srebrenica », étudiante en médecine s‘est suicidée, en mars 1994, avec l’arme de service de son père.

Femme (Remarquable. Monica) : IVème siècle après J.C. Monica ou (pour les Chrétien-nes) Sainte Monique [331-387], mère de Saint Augustin. La concernant, Voici notamment ce qu’en écrit Saint Augustin dans ses Confessions :
«Formée à la modestie et à la sagesse, plutôt soumise par vous (au dieu chrétien) à ses parents que par eux à vous, à peine nubile, elle fut remise à un homme qu’elle servit comme son maître ; jalouse de l’acquérir à votre épargne, elle n’employait, pour vous prouver à lui, d’autre langage que sa vertu.
Et vous (dieu chrétien) la rendiez belle de cette beauté qui lui gagna l’admiration et le respectueux amour de son mari.
Elle souffrit ses infidélités avec tant de patience que jamais nuage ne s’éleva entre eux à ce sujet.
Elle attendait que votre miséricorde lui donnât avec la foi la chasteté.
Naturellement affectueux, elle le savait prompt et irascible, et n’opposait à ses emportements que calme et silence.
Aussitôt qu’elle le voyait remis et apaisé, il le lui rendait à propos raison de sa conduite, s’il était arrivé qu’il eût cédé trop légèrement à sa vivacité.
Quand plusieurs des femmes de la ville, mariées à des hommes plus doux, portaient sur leur visage quelque trace des sévices domestiques, accusant, dans l’intimité de l’entretien, les mœurs de leurs maris, ma mère accusait leur langue, et leur donnait avec enjouement ce sérieux avis, qu’à dater de l’heure où lecture leur avait été faite de leur contrat de noces, elles avaient dû le regarder comme l’acte authentique de leur esclavage, et ce souvenir de leur condition devait comprimer en elles toute révolte contre leurs maîtres. Et comme ces femmes, connaissant l’humeur violente de Patricius, ne pouvaient témoigner assez d’étonnement qu’on n’eût jamais ouï dire qu’il eût frappé sa femme, ou que leur bonne intelligence eût souffert un seul jour d’interruption, elles lui en demandaient l’explication secrète ; et elle leur enseignait le plan de conduite dont je viens de parler. Celles qui en faisaient l’essai, avaient lieu de s’en féliciter ; celles qui n’en tenaient compte, demeuraient dans le servage et l’oppression. » 808
- On peut noter que Patricius, son mari, est présenté par Wikipédia, comme « un homme bon, affectueux et ouvert d’esprit » [29 février 2016]. (Cf. Femmes. Silence, Famille. Mariage, Patriarcat, Domination masculine, Histoire, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Remarquable. Morawiecki Laurence) : Jean Morawiecki [ ?- 2015] est le ‘fiancé’ auquel Hélène Berr [1921-1945] dédia son Journal et pour lequel, partiellement, elle l’écrivit.
Lorsque ce journal, après sa mort, fut publié, en 2008, celui-ci rédigea un petit texte intitulé : Ma vie avec le journal d’Hélène, dans lequel il écrit que, plusieurs années après l’avoir gardé pour lui seul, il le donna à lire, à Laurence Morawiecki [? - 1992] qui était son épouse depuis 1956.
Et il rapporte sa réaction : « Elle me le rendit en disant : ‘Qu’il était beau d’avoir ainsi été aimé par une personne de cette qualité.’ » 809

Femme (Remarquable. Morgenstern Sophie) : 1940. Sophie Morgenstern [1875-1940], psychiatre et psychanalyste, fut l’une des premières à avoir initié en France la psychanalyse des enfants. Après, suite à une opération, avoir perdu sa fille unique et alors qu’elle savait que sa famille, juive, avait été massacrée à Lvov (Pologne), elle s’est suicidée, le 13 juin 1940, la veille de l’entrée des nazis à Paris. (Cf. Famille)

Femme (Remarquable. Mota Gisela) : 2016. Mota Gisela [1987-2015] : maire de Temixco, dans le sud du Mexique, assassinée chez elle, à 33 ans, le 2 janvier 2016, après tant d’autres, d’après les ‘autorités’, par le Cartel de la drogue, Los Rojos, le lendemain de la prestation de serment au cours de laquelle elle s’était engagée à lutter contre la criminalité.

Femme (Remarquable. Mnouchkine Ariane) : 2016. Ariane Mnouchkine, auteure de : « L’immédiat handicape le futur. » 810 (Cf. Penser, Histoire)

Femme (Remarquable. Necker Suzanne) : 1818. Lu, concernant Madame Suzanne Necker, née Churchot [1737-1794], dans les Considérations sur la révolution française de Germaine de Staël [1766-1817], sa fille :
« L’hôpital, qui porte encore aujourd’hui le nom de Necker, fut créé à la fin de 1778 par Madame Necker. C’était alors un petit hôpital de 128 lits où tous les malades - grande innovation - étaient couchés seuls. Les soins y étaient dispensés par un médecin, deux chirurgiens et douze sœurs de Saint-Vincent de Paul. La mortalité y était plus faible que dans les autres hôpitaux parisiens. » 811 (Cf. Femmes. « Filles de la charité »)
- Elle est aussi l’auteure d’un Mémoire sur l’établissement des Hospices (1786) et des Réflexions sur le divorce (1794) et, enfin, bien sûr, outre l’épouse de son mari, Jacques Necker [1732-1804], et la mère de Madame de Staël. (Cf. Famille. Divorce)
*Ajout. 7 mai 2019. Concernant ses Réflexions sur le divorce, lu :
« peut être inspirées par le fiasco matrimonial de sa fille ». 812 (Cf. Femme. Remarquable. Staël Madame de)

Femme (Remarquable. Nin Anaïs) : 1944. Fragment de lettre adressée à Anaïs Nin [1903-1977] par Henry Miller [1891-1980], en janvier 1944 :
« […] Tout ce que vous avez souhaité que je fasse, je l’ai fait. J’ai été mis à rude épreuve et j’en suis presque content. J’espère que vos luttes à vous se seront révélées aussi fécondes. J’aimerais bien le savoir, si cela ne vous fait rien. Toute ma force me venait de l’exemple que vous m’aviez donné. Il n’y a personne au monde que je vénère plus que vous. […] » 813

Femme (Remarquable. Ninon de Lenclos) (1) : (1er mai) 1751. Voltaire [1694-1778), dans une lettre adressée au pasteur Jean Henri Samuel Formey [1711-1797] présente une longue, précise, passionnante et louangeuse biographie de Ninon de Lenclos [1620-1705]. Il considère comme « philosophe », celle généralement qualifiée de « courtisane ».
- Voltaire cite la concernant deux livres [pour lui, récents], celui de Antoine Bret, Mémoires sur la vie de Mlle de Lenclos (Amsterdam. 1751) et celui de Douxmenil, Mémoires et lettres pour servir à l’histoire de la vie de Mlle de Lenclos (Rotterdam. 1751)
- Sources non citées et donc à ajouter sur Wikipédia.
N. B. Dans une lettre, en date du 29 mai 1751, adressée au comte d’Argental [1700-1788], Voltaire, courageux mais pas téméraire, considère - sans doute pour se protéger d’éventuelles attaques - sa lettre du 1er mai, sus-citée comme « un peu ordurière» [ce qu’elle n’est en rien] et affirme qu’elle fut écrite « pour apprivoiser les huguenots. » (!) 814

Femme (Remarquable. Ninon de Lenclos) (2) : 1755. Lu dans le Journal et mémoires de M. Charles Collé [1709-1783], en janvier-février 1755 :
« Thiriot [Nicolas. 1697-1772] avec lequel je dinais ces jours ce nous disait : ‘ Vous savez tous, Messieurs, que la célèbre Ninon [1620-1705] ne put être déterminée, par Madame de Maintenon [1635-1719], à aller demeurer à Versailles ; mais vous ignorez peut-être que dans le temps que l’on lui en fit la proposition, monsieur de Fontenelle [1657-1767] lui demanda si le fait était vrai. - Oui, répondit-elle, rien n’est plus vrai. - Eh bien poursuivit Fontenelle qui vous a empêchée d’accepter ? Comment, répartit-elle, moi qui lorsque j’étais jeune et belle n’ait jamais voulu vendre mon corps, vous croyez qu’à quatre-vingt ans, j’irai leur vendre mon âme ! » 815

Femme (Remarquable. Noailles Madame de) (1) : 1921-1923. Lu, concernant Madame de Noailles [1876-1933] sous le plume de Charles du Bos [1882-1939] :
« J’ai noté dans une de mes conférences sur Madame de Noailles cette tendance irrésistible qui la pousse à dresser sa personne et sa figure comme une sorte de Victoire de Samothrace, mais chez elle cela relève de l’expansion et de la force de la personnalité ; chez Shelley, au contraire […]. » 816
Analyse, la concernant, dont je ne peux rien dire, mais, du moins en elle-même, signifiante. De…?

Femme (Remarquable. Noailles Madame de) (2) : 1924. 1931. André Gide [1869-1951] écrit dans son Journal :
- le 15 avril 1924 [concernant l’éloge que fit Madame de Noailles [1876-1933] d’Anatole France [1844-1924] :
« On me demande, pour un numéro consacré à la gloire de France, des notes ‘que certainement je dois trouver dans mon tiroir’. Mais qu’oser écrire après l’éloge que je lis dans le Quotidien, signé de la comtesse de Noailles ? – Ce n’est plus de la critique, même louangeuse, c’est de la pamoison. Un tel excès, une telle intempérance, une telle inflation de mots, des sentiments et des pensées, dévalorise tout ce qu’on pourrait dire ensuite de raisonnable et sensé. »
- le 28 juillet 1931 : « Ces lettres de Proust [1871-1922] à Mme de Noailles discréditent le jugement (ou la sincérité) de Proust bien plus qu’elles ne servent à la gloire de la poétesse. La flagornerie ne peut être poussée plus loin. Mais Proust connaissait assez Mme de N., la savait vaine et incapable de critique assez pour espérer que la louange la plus outrée lui paraitrait la plus méritée, la plus sincère ; il jouait d’elle comme il jouait de tous. Et je vois dans ces flatteries éhontées moins d’hypocrisie qu’un besoin maniaque de servir à chacun ce qui peut lui être le plus agréable, sans plus aucun souci de véracité, mais bien seulement d’opportunisme ; et surtout un désir d’épanouir et d’amener à se livrer celui sur qui il souffle de son plus chaud. » 817 (Femmes. Attirance pour les hommes politiques, Relations entre êtres humains. Flagornerie)

Femme (Remarquable. Noël Marie) (1) : 1976. Marie Noël [1883-1967], citée par François Mauriac [1885-1970], auteure de :
« Je fais des actions bonnes, je ne suis pas bonne, je suis domptée. Je reçois doucement ce qui m’est contraire, je ne suis pas douce, je suis tuée. En moi-même, je me révolte, je reverse, je frappe, je brise de toute ma violence. Mais tous les matins, le Christ m’encourage à ma destruction. Et je suis devenue tout comme une morte à force d’avoir bu avec lui son vin de condamné à mort. » 818
Terrible… de lucidité ? (Cf. Femmes. Bonne-à-tout-faire)

Femme (Remarquable. Noël Marie) (2) : 1959. Marie Noël [1883-1967], après avoir rencontré De Gaulle, en 1959, qui appréciait son œuvre, dit, admirative :
« […] C’est rare de voir un homme, un vrai, un vrai. Et celui-là, c’est un vrai. [...]
Ça, c’est un homme, c’est vrai. » 819
- Un vrai accent de sincérité d’une femme qui avait si peu parlé et qui apparaissait, à 75 ans, savoir ce sur quoi elle se fondait pour être si affirmative…À moins que…(Cf. Hommes)

Femme (Remarquable. Pahlavi Farah) : 2004. Je lis, épars, incidemment évoqué, dans les Mémoires de Farah Pahlavi écrites par la troisième épouse du Shah d’Iran ceci :
- [Avant l’arrivée au pouvoir de son époux, dans les années 1950] :
« Le taux d’alphabétisation n’atteint pas un homme sur cent, et les femmes n’ont aucun droit, pas même celui de fréquenter l’école. » (p.42) ;
- [Évoquant les (fastueuses) cérémonies du couronnement, le 26 octobre 1967 :
« Puis, ce fut mon tour (d’être couronnée…par lui). Je vins m’agenouiller aux pieds du roi et, quand il eut déposé la couronne sur ma tête, il me sembla qu’il venait de consacrer toutes les femmes iraniennes. […]
Cette couronne effaçait des siècles d’humiliation ; plus sûrement que toutes les lois, elle affirmait solennellement, l’égalité de l’homme et de la femme. » (p.156) ;
- [Concernant l’avenir de l’Iran] :
« Je pense particulièrement aux femmes pour montrer le chemin. La monarchie leur avait pratiquement donné les mêmes droits qu’aux hommes. » (p.406). (Cf. Politique, Égalité, Histoire)
* Tout en notant l’absence de toute critique politique, y compris concernant la Savak, jamais critiquée (Cf. p.266, 338), sans omettre les dénis, les silences, les mensonges, la naïveté, au fondement de cette lecture de l’histoire Iranienne, ces Mémoires sont passionnants.
- Je découvre que deux de leurs enfants se sont suicidés. 820

Femme (Remarquable. Païva Marquise de) : Marquise de Païva [1819-1884], née sous le nom d’Esther Lachmann, auteure - du moins, cela lui fut prêté - à son mari, le marquis de Païva, - avant de le quitter, le lendemain du mariage, en 1851 :
« Vous m'avez voulue, vous m'avez eue. Je voulais un nom, je l'ai. Nous sommes quittes.» 821 (Femme. Noms)

Femme (Remarquable. Parks Rosa) : Il fut rendu hommage Rosa Parks [1913-2005] dénommée « la mère du mouvement des droits civiques » en ces termes :
« La femme qui s’est levée [ou : tenue debout] en restant assise ».
- Pour rappel historique : elle avait refusé, dans un bus ségrégationniste, de laisser son siège à un homme blanc. (Cf. Femme. Artiste. Holiday Billie, Penser. Obéir. Springsteen Bruce)

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) (1) : 1661. Jacqueline Pascal [1625-1661], en religion, Jacqueline de Sainte Euphémie, sœur de Blaise Pascal 822
Concernant l’ordre fait aux religieuses de Port-Royal de signer en 1661 le Formulaire d’Alexandre VII 823 qui s’opposait à leur foi, auteure de :
« Je sais le respect que je dois à MM les Évêques, mais ma conscience ne me permet pas de signer qu’une chose est dans un livre où je ne l’ai pas vue. […]
Je sais bien que ce n’est pas à des filles de défendre la Vérité, quoique, si l’on peut dire, par une triste rencontre, que, puisque les Évêques ont le courage des filles, les filles doivent avoir le courage des Évêques ; mais si ce n’est pas à nous de défendre à la Vérité, c’est à nous à mourir pour la Vérité. »
- La même écrivait : « Que craignons nous ? Le bannissement et la dispersion pour les Religieuses, la saisie du temporel, la prison et la mort, si vous le voulez ; mais n’est-ce pas notre gloire et ne doit-ce pas être notre joie ? Renonçons à l’Évangile ou suivons les maximes de l’Évangile, et estimons-nous heureux de souffrir quelque chose pour la justice. Mais peut-être on nous retranchera de l’Église ? Mais qui ne sait que personne ne peut en être retranché malgré soi ? […] »
Quel courage … (Cf. Femmes. Religieuses)

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) (2) : Sainte-Beuve [1804-1869] écrivit, la concernant :
« Cette sœur, comparée au frère, l’explique, le complète et peut être, à quelques égards, le surpasse…La sœur voilée de Pascal est son égal[e] pour le moins ; elle le précède presque en tout, elle le guide, même dans les âpres grandeurs de la mort. » 824
N.B. Je suis incapable de porter un quelconque jugement critique sur cette analyse.

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) (3) : 1931. François Mauriac [1885-1970] a publié un livre intitulé : Blaise Pascal et sa sœur Jacqueline [Hachette].

Femme (Remarquable. Pascal Jacqueline) (4) : 1980. Jacques Prévert [1900-1977], auteur du « dialogue » suivant :
« Sa sœur : ‘A quoi penses-tu, Blaise ?‘ / Pascal : ‘A rien’ / Sa sœur : ‘C’est bien ce que je pensais’. » 825

Femme (Remarquable. Pathé Odile) : 1946. George Orwell [1903-1950] après avoir évoqué le probable «boycott», en 1946, en Angleterre, de son livre, La ferme des animaux (une critique de la Russie Stalinienne), bien qu’il ait été «traduit en neuf langues» poursuit :
« Le plus difficile à organiser a été le français. Un éditeur a signé un contrat et a dit ensuite que c’était ‘impossible’ pour des raisons politiques ; d’autres ont fait des réponses semblables : néanmoins, j’ai arrangé ça avec une éditrice qui se trouve à Monte-Carlo et que se sent un peu plus à l’abri. C’est une femme, Odile Pathé [fille de Charles Pathé [?-?], qu’il ne faut pas oublier au cas où d’autres auraient des livres impopulaires à traduire, car elle me parait avoir du courage, ce qui n’est pas très courant en France en ce moment. (avril 1946) » 826
- Pour une analyse plus précise et donc plus rigoureuse, Cf. la présentation, par les Éditions Agone du livre George Orwell, entre littérature et politique [2011], des Éditions Odile Pathéun lieu où se retrouvait des anciens du POUM, de la Révolution Prolétarienne et de la gauche révolutionnaire »), de la revue Paru et des conditions de la publication en français de La ferme des animaux.

Femme (Remarquable. Paz Magdeleine) (1) : 2015. Après avoir évoqué «le courage d’une femme», on lit dans un livre qui est consacré à Magdeleine Paz [1889-1973] :
« Dans ses reportages et articles à son combat pour Victor Serge [1890-1947], le temps est amplement venu pour que Magdeleine Paz soit autre chose qu’un nom hâtivement cité dans les histoires des intellectuels et une inconnue sur une photo. Son parcours journalistique et militant donne à voir sans aucun doute une personnalité qui fit de la cohérence de ses écrits avec ses actes son credo, du don de soi au service de la solidarité son expression essentielles, de l’intransigeance sa ligne de conduite. […]
Retenons encore d’elle cette phrase de son ouvrage, Femmes à vendre [Reider. Paris] publié en 1936, véritable profession de foi tout en formulation pré-sartrienne : ‘Nous sommes responsables, je suis responsable : il ne m’est jamais arrivé de constater une misère ou une iniquité sans que cette pensée ne m’emplisse l’âme jusqu’au bord’. Il serait peut être bon que notre pâle époque en prenne de la pugnace graine. » (Non signé, mais sous la plume d’Anne Mathieu qui coordonne le livre passionnant qui lui est consacré). 827
- Notons qu’avant Femmes à vendre, elle avait publié en 1919 un livre (préfacé par Henri Barbusse), intitulé Femme. (Flammarion)
Plus largement, il faudrait publier ses écrits notamment féministes. (Cf. Proxénétisme. Abolitionnisme)

Femme (Remarquable. Paz Magdeleine) (2) : 1933. Magdeleine Paz [1889-1973], en rendant compte du dernier ouvrage de Panait Istrati [1884-1935] [l’un des tous premiers intellectuels ayant dénoncé l’évolution de la Russie postrévolutionnaire] La maison Thürigen, l’avait considéré, dans Le Monde, comme « un livre réactionnaire » et avait ajouté : « Ce n’est pas autre chose qu’une défense de la bourgeoisie que prononce Istrati. » 828

Femme (Remarquable. Paz Magdeleine) (3) : 2016. Christophe Patillon en présentation du livre de Magdeleine Paz [1889-1973] Je suis l’étranger :
« […] L'un de ses grands combats : arracher des griffes du Guépéou Victor Serge [1890-1947], l'ex-anarchiste converti au bolchévisme, l'ardent défenseur de la Révolution russe devenu opposant au stalinisme, exilé loin de Moscou, aux confins de l'Oural. On craignait pour sa vie, à raison. Infatigable, Magdeleine Paz s'est démenée sans compter pour obtenir l'expulsion vers la France de Victor Serge. Tâche difficile puisque pour cela il lui fallait affronter tous les appareils de propagande du parti communiste pour qui, un opposant, même de gauche, à la dictature sur le prolétariat, ne pouvait être qu'un agent du fascisme et de la bourgeoisie. ‘Il faut une certaine vaillance pour aller contre le courant’ a-t-elle écrit en 1932. De vaillance, elle n'en a jamais manquée. » 829
- À son actif, en outre, elle démissionne du Monde ou elle était responsable de la rubrique de Critique littéraire du 6 février 1932 au 15 juillet 1933, à la suite de la publication d’un article d’Henri Barbusse. Elle aurait aussi démissionné en 1938 de la Ligue des droits de l’homme qui refusait de condamner clairement l’URSS de Staline (source à retrouver).

Femme (Remarquable. Pencalet Joséphine) : 2009. Danielle Mitterrand [1924-2011], dans Le livre de ma mémoire, auteure de :
« (Concernant la grève des sardinières de Douarnenez [1924]) Qui se souvient encore de Joséphine Pencalet [1886-1972], héroïne de la grève des sardinières, qui se présenta au conseil municipal, l’année suivante, en 1925, au côté de Daniel Le Flanchec ? Une femme ! La première élue de France alors qu’aucune n’avait encore le droit de vote ! Le scrutin fut ‘évidemment‘ invalidé. Sébastien Velly et Daniel Le Flanchec ont tous deux leur rue à Douarnenez. Mais pas Joséphine Pencalet. Dommage.. …Et le féminisme l’a oubliée. » 830
N.B. Pour précisions, rectifications, Cf. à son nom : Wikipédia. (Cf. Politique. Démocratie. Luttes)

Femme (Remarquable. Perrot Michelle) : 1987. Michelle Perrot, concernant les conséquences de [19]68, qu’elle analyse justement comme « une rupture majeure dont aujourd’hui encore nous n’avons épuisé ni le sens ni les effets », et ses conséquences sur son activité intellectuelle, écrit notamment :
« […] Le souci de répondre aux ‘sollicitations du présent’ comme aussi cette nouvelle forme de culpabilisation des intellectuels qu’a été pour une large part, le maoïsme français, rendaient à la fois ouvert aux aspirations et aux idées nouvelles, et fragiles devant les modes. Je n’avais jamais eu la ‘conscience tranquille’. J’avais toujours été sensible à l’air du temps. La longue concentration de la thèse - mère protectrice ! - achevée, j’étais disponible. J’ai eu tendance à ‘éclater’ dans des directions multiples, à préférer le travail collectif à la poursuite d’une œuvre individuelle, au risque de me perdre car les ‘bonnes œuvres’ ne font pas une œuvre et ne servent parfois qu’à en masquer la carence.» 831 (Cf. Histoire)

Femme (Remarquable. Pingeot Anne) (1) : 2016. Anne Pingeot, compagne cachée de François Mitterrand [19016-1996] et mère de leur fille Mazarine, elle aussi cachée, prit la parole pour la première fois sur France Culture. Après avoir rappelé son milieu bourgeois de province, de droite, peu évolué intellectuellement, patriarcal, ainsi que leur « vision de la femme : la femme est quelqu'un qui doit être soumis, qui ne doit avoir aucune vie intellectuelle » en conclut : « ça a compté beaucoup quand même ».
Puis elle évoque « […] ce côté de soumission a fait que j’ai accepté au fond l’inacceptable… »
- Elle emploiera concernant François Mitterrand, le terme de « pygmalion », de « prédateur », puis de « chasseur séducteur »…et parlera de la naissance de Mazarine [bien qu’elle lui a ‘imposé’ sous peine de le quitter] comme son « seul acte altruiste ».
- Elle évoque aussi, bien sûr, le rôle positif qu’il a joué pour elle, avec distance. J’ai noté : « Je ne me suis jamais ennuyée, au moins… » 832 (Cf. Homme. « Politique ». Mitterrand François. Hommes. Séducteurs)

Femme (Remarquable. Pingeot Anne) (2) : 2016. Je lis dans un article de Catherine Nay, Les amours de Mitterrand, qu’il appelait Anne Pingeot : « ma fille », « ma merveilleuse fille », lui qui était l’ami de son père - lequel lui avait « demandé de veiller sur elle » - et qui aurait pu l’être. Il avait 33 ans de plus qu’elle. 833 (Cf. Homme « Politique ». Mitterrand François, Patriarcat. Père)

Femme (Remarquable. Pingeot Anne) (3) : 2016. Je lis dans un article du Figaro, Dans le secret des lettres à Anne, que, dans ses Lettres à Anne (pas lues),
« Mitterrand [lui] reprochait son caractère entier, son intransigeance » et ce, suivi, sans autres commentaires, de ce jugement : ‘émouvantes, ces missives…’ » 834 (Cf. Homme « Politique ». Mitterrand François)

Femme (Remarquable. Pirogova Anna Stépanovna) : 1872. Lu, dans le dossier de l’édition de La Pléiade, d’Anna Karénine de Léon Tolstoï [1828-1910] :
« Quant au tragique épisode du suicide, il se produisit réellement en janvier 1872 à quelques verstes d’Iasnaïa Poliana. Anne Stépanovna Pirogova, abandonnée par son amant, Bibikov, propriétaire voisin et ami des Tolstoï, se jeta sous un train de marchandise. » Puis est citée cette référence au Journal de Sophie Tolstoï [1844-1919] :
« Léon Nicolaïevitch l’a vue, le crâne à nu, toute dévêtue et déchiquetée (dans le bâtiment de la gare. L’impression a été terrible et s’est gravée profondément en lui. » 835 (Cf. Femmes. Comment meurent les femmes, Patriarcat, Violences à l’encontre des femmes

Femme (Remarquable. Pizzey Erin) : 1975. Erin Pizzey, créatrice en 1971 d’un refuge à Londres pour femmes et enfants battus (par les maris et les pères), auteure d’un livre pionner, remarquable et globalement toujours valide : Crie moins fort, les voisins vont t’entendre. 836

Femme (Remarquable. Phoolan Devi) : Phoolan Devi, [1963-2001], surnommée « la reine des bandits » auteure de :
« C’était parce que j’étais une femme que j’ai été humiliée au plus profond de mon âme. Je n’ai jamais admis cette condition. Je me suis révoltée. » […]
Elle écrit aussi, après avoir été mise à nue, violée, battue, torturée, empalée, jetée en pâture à la population masculine des castes supérieures de plusieurs villages :
« J’étais enragée contre les hommes. Il fallait que je leur fasse subir tout ce qu’ils m’avaient fait subir […]
Détruire ce qui symbolise leur pouvoir. Anéantir le serpent. Et rire de les voir sauter comme des chevreaux castrés, pleurer comme des femmes, se rouler à mes pieds, supplier, supplier comme je l’avais fait. Les gens de ma caste le savaient tous. Si une mère voulait protéger sa fille, un mari, sa sœur, sa femme, Ils n’avaient qu’à dire au violeur : ‘Phoolan Devi te punira, et je le faisais’ […]
Je ne tue pas pour rien. Je punis. […]
Les journaux n’arrêtent pas de parler de moi. Si seulement ils avaient parlé de moi avant, quand on me maltraitait. On ne parle donc que des crimes des pauvres gens et jamais de leurs malheurs… »
- Et lorsqu’elle fit, à ses conditions, sa reddition, politiquement négociée (terres, emplois…), les gens pauvres ne voulaient pas qu’elle cède, tandis gens des hautes castes disaient :
- « Ce n’est pas Phoolan Devi que se rend au gouvernement, c’est le gouvernement qui cède à Phoolan Devi. » 837 Elle disait aussi :
« Je n’ai fait que rendre aux hommes ce qu’ils m’ont fait subir » ; « Si quelqu’un porte la main sur une femme, coupez-lui la main » ; et enfin :
« Mon vœu le plus cher est que les femmes ne supportent pas ce que j’ai subi. » 838
* Que les féministes - dites radicales, moi donc, incluses - apparaissent, après cette lecture, timorées… (Cf. Patriarcat, Politique, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Remarquable. Planiol Thérèse) : 1995. Jean Bernard [1907-2006] présente ainsi, en préface de Une femme, Un destin, l’histoire de la vie de Thérèse Planiol [1914-2014] :
« Être abandonnée par sa mère à la naissance, connaître l’enfance rude, souvent cruelle, des pupilles de l’Assistance Publique, passer d’établissement scolaire en d’établissement scolaire, en affrontant tantôt l’injustice, tantôt différence, combattre longtemps sans succès pour être autorisée à commencer des études de médecine, se voir proposer, après avoir obtenu une licence es-sciences un poste d’aide laborantine, assumer tout à tout les fonctions de commis de bureau, de secrétaire adjointe, entrer enfin en médecine, trouver de nouvelles injustices, de nouvelles indifférences, en triompher, grâce à une valeur exceptionnelle, rencontrer un grand amour partagé qui éclaire enfin une vie longue et triste, sauter de succès en succès, de l’internat à l’agrégation, de l’agrégation au professorat, devenir en France et hors de France un des premiers biophysiciens de notre temps, retrouver tardivement sa généalogie en remontant jusqu’au XVème siècle, telle est, brièvement résumée, l’existence admirable et émouvant de Thérèse Planiol qu’avec une constante discrétion, elle nous conte tout au long de ce livre. »
Il poursuit : « Toute l’existence ce livre est une rébellion. » [...]
Et il termine ainsi :
« C’est à la fois le portrait d’une personnalité de premier rang et l’image de notre société que nous apporte ce remarquable ouvrage. » Plus justement, « l’image de notre société» , n’est vraiment pas brillante.
- Concernant sa jeunesse d’enfant «abandonné», elle écrit :
« Une fois de plus je rencontrais la bêtise, l’injustice ; j’ignorais encore la misogynie. Après avoir vécu la condition d’enfant assistée, j’abordais les problèmes de la condition féminine. » 839
- Toute sa vie, des mandarins de médecine qui n’ont cessé de bloquer ses recherches ne cesseront de les lui rappeler.

Femme (Remarquable. Pougy Liane de) : 1922. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944] à la date du 30 mai 1922 :
« J’ai fait la connaissance de la princesse Ghika, née Liane de Pougy [de son vrai nom Anne-Marie de Chasseigne. 1871-1950]. Elle disait avoir été en Grèce, en Égypte, à Constantinople, promenée son ‘chagrin d’aimer’. Elle racontait les coups qu’elle avait reçus de son premier mari. » 840
- Un autre regard sur la ‘célèbre courtisane’.
- Qui sait si son destin n’eut pas été autre sans ce début dans sa vie de femme mariée avec un mari violent ? (Cf. Violences. Violences à l’encontre des femmes)

Femme (Remarquable. Prédine Françoise) : 1976. Ménie Grégoire [1919-2014], dans Telle que je suis, auteure de :
« (Concernant l’occupation de la Sorbonne en mai 1968) J’y ai trouvé un très grand désordre, un immense besoin de destruction, mais pas grand-chose d’autre. La seule merveille constructive que j’aie alors découverte à la Sorbonne en folie, c’est l’effort de cette jeune femme qui a monté, seule, la crèche des ‘enfants de la révolution’, sorte de refuge pour les bébés des manifestants. Elle les a nourris, gardés, fait jouer avec des volontaires, pères et mères. Elle s’appelait Françoise Prédine. Elle a depuis lors beaucoup fait parler d’elle en matière de recherches et d’action sociale, d’une façon qui restera l’un des honneurs de cette génération. » 841

Femme (Remarquable. Princesse Mathilde Bonaparte) : 1953. Dans un livre concernant la princesse Mathilde Bonaparte [1820-1904] qui, pour partager nombre de ses valeurs, n’en est pas moins un livre de valeur, on lit ce jugement pertinent :
« […] Elle crut pouvoir servir la cause de l’Empire tout en épanouissant sa personnalité dans le culte de l’intelligence. Marquée par le destin pour être à la fois la dépositaire la plus distinguée du souvenir Napoléonien et la protectrice de la pensée contemporaine, elle peut se demander si elle a réussi dans des rôles impliquant tant de contradictions. » (Écrit au terme du chapitre concernant ses relations avec Sainte-Beuve et leur rupture) 842 (Cf. Famille. Princesse Mathilde Bonaparte)

Femme (Remarquable. Rachel) : Pour Béatrix Dussane [1888-1969], Rachel [1827-1857], fut « une petite fille de génie » […] « qui ressuscita la tragédie ».
On peut aussi écouter la présentation de Rachel faite par Pierre Janin. 843

Femme (Remarquable. Réal Grisélidis) : Grisélidis Réal [1929-2005], auteure de :
« Si au moins on [les personnes dites prostituées] était des bêtes, mais on est des humains déshumanisés qui ne sont même pas des bêtes844(Cf. Êtres humains, Politique. Animalisation du monde, Proxénétisme. Personne-dite-prostituée)

Femme (Remarquable. Récamier, Madame de) : La comtesse de Boigne [1781-1866] fit un remarquable portrait de Madame de Récamier [1777-1849], au sein du quel je relève :
« Tout le monde a fait des hymnes sur son incomparable beauté, son active bienfaisance, sa douce urbanité ; beaucoup de gens l’ont vantée comme très spirituelle. Mais peu de personnes ont su découvrir, à travers la facilité de son commerce habituel, la hauteur de son cœur, l’indépendance de son caractère, l’impartialité de son jugement, la justesse de son esprit. Quelques fois, je l’ai vue dominée, je ne l’ai jamais connue influencée. […] » 845

Femme (Remarquable. Rendu Sœur Rosalie) : Sœur Rosalie Rendu [1786-1856] : religieuse de la Congrégation des Filles de la Charité, vers 1833, participe avec Frédéric Ozanam à la création de la Société Saint Vincent de Paul.
Sur sa tombe est gravé :
« À la bonne mère Rosalie. Ses amis reconnaissants, les pauvres et les riches. » 846 (Cf. Femmes. Charité, « Filles de la charité », Économie. « Pauvres (Les) »)

Femme (Remarquable. Riffaud Madeleine) : 2004. Madeleine Riffaud, après avoir été responsable au sein du Front National des Étudiants du Quartier Latin, entre dans les FTP en mars 1944, participe à la préparation armée du soulèvement parisien d’août 1944, tue en plein jour un officier allemand [« Neuf balles dans mon chargeur / Pour venger tous mes frères / Ça fait mal de tuer / C’est la première fois / Sept balles dans mon chargeur / C’était si simple / L’homme qui tirait l’autre nuit / C’était moi. »], est capturée par un milicien, livrée à la Gestapo qui la torture rue des Saussaies, puis par des français à la Préfecture de police, ne parle pas, est condamnée à mort, mais n’est pas exécutée ; libérée mi-août, reprend immédiatement son combat dans la Résistance où elle est affectée à la Compagnie Saint-Just avec le grade d'aspirant.
Lire, d’elle, durant la guerre, On l’appelait Rainer (1939-1945). 847
- On lit sur Wikipédia :
« Son engagement s'arrête à la fin des combats pour la Libération de Paris, l'armée régulière ne l'acceptant pas en tant que femme d'une part, mineure d'autre part. »
- La poursuite de sa longue vie fut non moins exceptionnelle que ses engagements dans la Résistance. Cette femme remarquable à tant de titres (journaliste de guerre, anticolonialiste, communiste, écrivaine…) a 90 ans. [en septembre 2014].
- Son livre : Les linges de la nuit [1974] est un document / reportage - vécu par elle - de grande valeur sur la vie des travailleuses dans les hôpitaux.

Femme (Remarquable. Robert Marthe) : 2016. Avoir entendu Marthe Robert [1914-1996] analyser le Don Quichotte de Cervantès réconcilierait avec la critique littéraire l’être qui en serait son plus fervent détracteur. Et permet de mieux appréhender ce qu’est la claire l’intelligence d’une œuvre, à l’opposé du titre de l’émission. 848

Femme (Remarquable. Roland Pauline) : 1855. George Sand [1804-1876] présente Pauline Roland [1805-1852] en ces termes :
« cette tête exaltée et généreuse, cette femme qui avait les illusions d’un enfant et le caractère d’un héros, cette folle, cette martyre, cette sainte, Pauline Rolland. » 849 (Cf. Hommes. Héros)

Femme (Remarquable. Romilly Jacqueline de) (1) : 2005. Jacqueline de Romilly [1913-2010], auteure de :
« Il est vrai que Thucydide a été l’homme de ma vie. II est vrai que je pouvais choisir plus mal. » 850 (Cf. Langage. Académie française)

Femme (Remarquable. Romilly Jacqueline de) (2) : 2006. Jacqueline de Romilly [1913-2010], auteure de :
« Avoir été juive sous l'Occupation, finir seule, presque aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d'un bout à l'autre, celle que je souhaitais. » 851 (Cf. Famille)

Femme (Remarquable. Rondeaux Madeleine) : Madeleine Rondeaux [1867-1938] quatre ans avant qu’elle épouse André Gide [1869-1981], écrit dans son Journal le 5 novembre 1891 concernant les Cahiers d’André Walter [1892] qu’il lui avait lui avait fait lire :
« J’ai fait le sacrifice de ne pas emporter Les Cahiers d’A.W. Cela vaut mieux pour moi, puisque je veux, je dois tout finir [Fermer la maison de son enfance]. J’ai relu plusieurs pages, avec un charme mélancolique et profond. Je le trouve toujours mieux, mais je suis trop ‘partie’ pour être bon ‘juge’.
Est-ce moi, est-ce toi qui pense ainsi ? Je ne sais plus. Tout est nous et à nous, là-dedans. C’est pourquoi je vous laisse, chers cahiers blanc et noir [Intitulé des deux parties des Cahiers d’André Walter].
Cependant, André, tu n’avais pas le droit de les écrire… et ce premier essai, si plein de promesses au point de vue de l’Art, est une faute devant la Conscience. » 852 (Cf. Culture. Gide André : ‘C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature’. Femmes. Épouse de Gide Madeleine, Penser. Morale, Patriarcat. Père. Rondeaux Madeleine)

Femme (Remarquable. Roosevelt Eleanor) : Eleanor Roosevelt [1884-1962], auteure de :
« Great minds discuss ideas. Average minds discuss events. Small minds discuss people »Les grands esprits discutent des idées. Les esprits moyens discutent des événements. Les petits esprits discutent des gens. »]
La hiérarchie posée entre les personnes gâche une idée qui peut s’avérer intéressante par ailleurs.
- Ses écrits devaient être traduits et publiés. (Cf. Femme. Mère. Remarquable)

Femme (Remarquable. Rykiel Sonia) : 2016. Dans le carnet du Monde du 30 août 2016 annonçant le décès de Sonia Rykiel [1916-2016], on lit :
« À Sonia Rykiel, géniale créatrice, incessante révolutionnaire, depuis 1968, avec Antoinette Fouque, en mouvements. Notre infinie tendresse. Ses amies du MLF et des Éditions des Femmes. »
Pourquoi ces hyperboles ? (Cf. Femme. Fouque Antoinette)

Femme (Remarquable. Sand George) (1) : 1951. Nicolas Berdiaev [1874-1948], auteur de :
« Les romans de George Sand [1804-1876] ont joué un rôle décisif dans la formation de la vie émotionnelle russe, dans la position de la classe cultivée russe face aux problèmes sentimentaux, dans son horreur de la contrainte, de la convention et de l’insincérité. » 853 (Cf. Culture, Femme. Artiste, Écrivaine, Politique. Sand George)

Femme (Remarquable. Sand George) (2) : 1908. Lu dans le Journal de l’abbé Mugnier [1853-1944], à la date du 29 octobre 1908 :
« Été voir Pauline Viardot. [1821-1910] […] La sœur de la Malibran [1808-1836] est très âgée, 87 ans. Elle m’a dit la bonté de George Sand [1804-1876] ‘bonté bourgeoise, bonté simple’. On parle toujours de son génie. On ne saura jamais combien elle était bonne. […] » 854
- C’était aussi l’opinion de Marie Dorval [1798-1849], de Gustave Flaubert [1821-1880] et de tant d’autres, dont sa vie et ses écrits témoignent. (Cf. Femme. Artiste, Écrivaine)

Femme (Remarquable. Sand George) (3) : 1876. Début de l’éloge funèbre de George Sand [1804-1876] par Victor Hugo [1802-1885], lu par M. Paul Meurice [1818-1905], le 10 juin 1876, à Nohant, le jour de ses obsèques :
« Je pleure une morte, et je salue une immortelle. Je l’ai aimée, je l’ai admirée, je l’ai vénérée ; aujourd’hui dans l’auguste sérénité de la mort, je la contemple. Je la félicite parce que ce qu’elle a fait est grand et je la remercie parce que ce qu’elle a fait est bon.
Je me souviens d’un jour où je lui ai écrit : ‘Je vous remercie d’être une si grande âme’. Est-ce que nous l’avons perdue ? Non.
Ces hautes figures disparaissent, mais ne s’évanouissent pas. Loin de là ; on pourrait presque dire qu’elles se réalisent. En devenant invisibles sous une forme, elles deviennent visibles sous l’autre. Transfiguration sublime. La forme humaine est une occultation. Elle masque le vrai visage divin qui est l’idée.
George Sand était une idée ; elle est hors de la chair, la voilà libre ; elle est morte, la voilà vivante. Patuit dea.
George Sand a dans notre temps une place unique. D’autres sont les grands hommes ; elle est la grande femme. Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes faisant partie de l’égalité des hommes, une grande femme était nécessaire. Il fallait que la femme prouvât qu’elle peut avoir tous les dons virils sans rien perdre de ses dons angéliques ; être forte sans cesser d’être douce. George Sand est cette preuve.
Il faut bien qu’il y ait quelqu’un qui honore la France, puisque tant d’autres la déshonorent.
George Sand sera un des orgueils de notre siècle et de notre pays. Rien n’a manqué à cette femme pleine de gloire.
Elle a été un grand cœur comme Barbès, un grand esprit comme Balzac, une grande âme comme Lamartine. […] » (Cf. Femme. Artiste, Écrivaine, Hommes « Grands »)

Femme (Remarquable. Saartjie Baartman) : De son vrai nom, Swatche, Saartjie Baartman [1789-19145] fut surnommée ignominieusement par la science française « La Vénus Hottentote », après, esclave, s’être vue attribuée le nom de son propriétaire.
- Son corps nu exhibé à sa mort, elle a fait « partie des collections de l'établissement public du Muséum national d'histoire naturelle ».
Sa « dépouille mortelle » fut remise à l’Afrique du Sud en 2002. (Cf. Êtres humains. Corps, Femmes. Nom, Patriarcat. Colonialisme)
* Ajout. 5 novembre 2018. La photo du moulage de son corps tel qu’il fut présenté dans les galeries de l’anthropologie du Musée de l’homme jusqu’en 1974 est visible dans le livre : Le Musée de l’homme. Histoire d’un musée Laboratoire. 2015. 855 (Cf. Anthropologie. Ethnologie)

Femme (Remarquable. Schloss Simone) : 1942. Simone Schloss [1920-2 juillet 1942] fut l’une des premières résistantes, communiste. Arrêtée, puis jugée par un tribunal de guerre nazi, avec ses 27 compagnons, après avoir été livré-es à lui par la police de Vichy.
Eux, seront fusillés au Mont Valérien ; elle, condamnée aussi à mort, mais graciée, « en tant que femme », sera décapitée, 3 mois après, en Allemagne. Une plaque à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique (Paris VIIème) leur rend hommage.

Femme (Remarquable. Schopenhauer Adèle) : Adèle Schopenhauer [1797-1849], auteure dans un lettre à son frère Arthur Schopenhauer [1788-1860] :
- « J’ai trouvé moyen de supporter la vie sans être heureuse mais sans me plaindre […].
- Ici, nous (sa mère et elle) vivons tranquilles […].
- Nous resterons ici et cette perspective me laisse dans un calme indescriptible, ni gaie, ni triste, ni enjouée, mais tranquille […].
- Nul sentiment ne m’agite plus. Aucun espoir, aucun plan d’avenir, à peine un désir […].
- Je vis malgré moi, l’âge m’effraie. J’ai peur de la solitude qui m’attend sans doute. Je ne veux pas me marier parce que je trouverai difficilement un homme qui soit fait pour moi […].
- J’ai bien la force de supporter ma solitude, mais je serais profondément reconnaissante au choléra s’il voulait bien, sans trop de douleur, mettre fin à toute l’histoire […]. » 856
- Je lis ensuite sur Wikipédia :
« Très douée, Adèle s'occupe de (sic) littérature et de poésie. Elle n'écrit pas seulement des histoires, des poèmes et des romans, elle est aussi un maître du papier découpé : ses remarquables silhouettes ainsi que son œuvre littéraire sont honorées principalement en langue anglaise. » 857

Femme (Remarquable. September Dulcie) : 1988. Lu sur France Culture :
« Dulcie September [1935-1988] a été assassinée en plein Paris, 3 ans avant la fin de l’apartheid et la libération de Nelson Mandela. Presque 30 ans après les faits, que sait-on de ce meurtre politique sur lequel les autorités françaises de l’époque n’ont pas montré beaucoup d’empressement pour enquêter ? […]
Installée comme représentante de l’African National Congress en France en 1984, Dulcie September ne compte pas ses heures. Elle court le pays pour participer à des manifestations contre l’apartheid. Elle apporte des faits, des chiffres, la description crue du régime en place depuis 1948. Elle noue aussi des contacts plus discrets avec des personnes de l’ombre. C’est en tous cas, ce que développe le journaliste et chercheur sud-africain Hennie Van Vurren dans son livre - non traduit - «Apartheid, guns and money». Selon lui, Dulcie September s’apprêtait, au moment de sa mort, à dénoncer les relations étroites nouées par les gouvernements français successifs avec le régime sud-africain, lui permettant notamment de contourner l’embargo sur les armes. La militante de l’ANC en savait-elle trop sur des dossiers compromettants ? » 858
- La réponse est oui. Et la responsabilité du gouvernement français est évidente. (Cf. Langage. Mot. September Dulcie)

Femme (Remarquable. Sharawi Huda) : Revenant du Congrès de l’Alliance internationale des femmes, Huda Sharawi est considérée comme la première féministe Égyptienne se dévoilant publiquement en 1923 au Caire.
Pour connaitre l’histoire de sa vie, resituée dans son contexte, lire l’article de Sonia Dayan-Herzbrun, Féministe et nationaliste égyptienne : Huda Sharawi. 859

Femme (Remarquable. Souvestre Marie) : 1863. Marie Souvestre [1836-1905], avec Caroline Dussault - « avant Camille Sée, avant le collège Sévigné » - soutenue par Victor Duruy [1811-1894] créa à Fontainebleau en 1863, l’école Les Ruches.
Destinée à des jeunes filles riches et étrangères (la plus ‘célèbre’ étant la jeune Eleanor qui devait plus tard épouser Roosevelt), l’enseignement non religieux, était ouvert sur le monde de l’époque.
Après une rupture avec Caroline Dussault, l’école fut transférée à Allenswood en Angleterre.
- Un exemple de la pédagogie appliquée :
« Les élèves écrivaient des rédactions sur des sujets donnés qu’elle déchirait rageusement en deux si elles n’atteignaient pas la qualité requise. Malheur à celle qui, dans une rédaction, se contentait de régurgiter ce qui avait été expliqué en classe. Eleanor se souviens de ses propos : ‘Vous me rendez ce que je vous ai donné et cela ne m’intéresse pas’ disait-elle.’ Pourquoi vous a-t-on donné un cerveau sinon pour penser librement ?‘ » 860
- Le livre de David Steel Marie Souvestre lui est consacré.

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (1) : Madame de Staël [1766-1817], auteure de :
« […] Nous sommes assez esclaves sans river nous-mêmes nos fers. »
Pourquoi cette assertion (parmi tant et tant d’autres) si forte, si puissante, si vraie, ne nous a-t-elle jamais été transmise ? 861 (Cf. Femme. Écrivaine. Staël Madame de)

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (2) : 1796. Madame de Staël [1766-1817] : De subtiles analyses féministes à lire dans : De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (p.124 à 129). 862 (Cf. Femme. Écrivaine. Staël Madame de)

Femme (Remarquable. Staël Madame de) (3) : L’intelligence de Madame de Staël ne doit pas occulter le fait qu’elle était fille de banquier [et non pas « banquière » comme la nomme Henri Guillemin 863] et épousa un baron.
- Ayant écrit ceci, je dois ici préciser, que - comparaison de fortune et de tout lien avec l’aristocratie mises à part - je suis moi aussi, une nantie, une privilégiée…Oh ! combien !
* Ajout. 30 juillet 2017. Pour atténuer la grossièreté de ce que j’ai plus haut écrit - mais que je maintiens - se référer à ce que Madame de Staël écrivait, le 30 mai 1808, à la grande duchesse Marie Paulovna (sœur du tsar Alexandre 1er) :
« Il me semble bien naturel de faire un long voyage pour y apercevoir une femme unique, dit-on, entre les femmes, quand son rang n’y ajouterai aucun prestige. » 864 (Cf. Femme. Écrivaine. Staël Madame de. Conscience de classe)

Femme (Remarquable. Stein Édith) : 1933. Édith Stein [1891-1943], après avoir demandé « audience privée » au pape qui lui fut refusée, adressa en avril 1933, une lettre à Pie XI [1857-1939] qui lui fut remise par son « père spirituel », Dom Raphaël Walzer [1888-1966], Bénédictin, « militant anti nazi convaincu ».
- Dans cette lettre, lucidement alarmiste, « fille du peuple juif » et « fille de l’Église catholique », elle « ose exprimer devant le Père de la chrétienté ce qui accable des millions d’Allemands » :
« Depuis des semaines, nous voyons en Allemagne se produire des agissements qui témoignent d’un total mépris de toute justice et de toute humanité, sans parler de l’amour du prochain ? Des années durant, les chefs du national-socialisme ont prêché la haine des juifs. [Dans une lettre datée du 11 novembre 1919, elle avait évoqué « l’effroyable antisémitisme qui règne maintenant partout ».] 865
- Elle évoque « une opinion publique bâillonnée », « le boycottage des magasins et institutions juives qui ôtent aux personnes leurs moyens d’existence, leur honneur de citoyen et leur patrie [et] en pousse beaucoup au désespoir ».
- Et elle poursuit :
« Tout ce qui s’est produit et se déroule encore quotidiennement est le fait d’un gouvernement qui se déclare ‘chrétien’. Depuis des semaines, non seulement des juifs mais aussi des milliers de catholiques fidèles en Allemagne - et je pense dans le monde entier - attendent et espère que l’Église du Christ fasse entendre sa voix pour mettre un terme à cet abus du nom du Christ. Cette idolâtrie de la race et du pouvoir étatique - martelée chaque jour aux masses par la radio, n’est-elle pas une hérésie ouverte ? […]
Nous tous qui sommes les enfants fidèles de l’Église et qui, observons les évènements qui se déroulent en Allemagne sans fermer les yeux nous craignons le pire pour l’image de l’Église si jamais son silence durait encore.
Nous sommes aussi convaincus que ce silence ne sera pas en mesure d’acheter la paix face à l’actuel gouvernement allemand.
La lutte contre le catholicisme est provisoirement encore menée avec discrétion et sous des formes moins brutales que celle contre les juifs, mais elle n’en est pas moins systématique.
Sous peu, aucun catholique ne pourra plus exercer une charge sans avoir soustrait inconditionnellement à la nouvelle orientation. […] »
Édith Stein reçut un accusé de réception.
- Cette lettre fut mensongèrement déclarée perdue par le Vatican, puis refusée de publication et ce n’est qu’en février 2003, à la suite de l’ouverture d’archives du Vatican, qu’elle fut rendue publique.
- Rappelons aussi qu’Édith Stein avait préalablement été béatifiée par Jean Paul II en 1987.
- Rappelons enfin que devenue Carmélite, Édith Stein, déportée, mourut avec sa sœur Rosa, assassinée à Auschwitz en 1942. (Cf. Relations entre êtres humains. Haine, Femme. Nom, Femmes. Silence)

Femme (Remarquable. Sullerot Evelyne) : 2012. Evelyne Sullerot [1924-2017], concernant l’avortement et la contraception, en 2012, auteure de :
« Maintenant, vous avez une augmentation sans cesse chez les très jeunes, les 16,17, 18,19 ans de filles qui demandent, pour la deuxième, pour la troisième fois des avortements, parce qu’elles n’ont pas à se casser la tête. Alors que la pilule, il faut se prendre en main et assurer soi-même cette maitrise. Et à ce moment-là, la femme devient absolument responsable. Elle découvre une double liberté, la liberté de n’être enceinte que si elle le veut, donc de ne pas l’être si elle ne le veut pas, et la liberté de rechercher son épanouissement sexuel dans la sexualité par rapport à la procréation. […] » 866 (Cf. Féminisme, Sociologie)

Femme (Remarquable. Tabouis Geneviève) : 1949. Jean Lacouture [1921-2015], concernant Geneviève Tabouis [1892-1985] :
« [Au Quai d’Orsay, en 1949] il y avait […] et surtout Geneviève Tabouis qui représentait tout et rien ; excentrique, toujours coiffée d’un petit chapeau multicolore, elle avait vu le monde entier et les ambassadeurs accourraient à sa table. » 867 (Cf. Femme. Journaliste)

Femme (Remarquable. Taratouta Olga) : 1928. Lu dans le Journal de Russie 1928-1929, de Pierre Pascal [1890-1983], à la date du 1er février 1928 :
« Le Libertaire publie une lettre d’Olga Taratouta qui traite les dirigeants aussi librement que si elle était en sûreté ; or, elle est à Moscou, malade. On a trouvé chez elle les mêmes manifestes pour lesquels on a arrêté Varchavski (militant anarchiste) : elle dit : ‘Lâches, arrêtez-moi aussi, je n’ai pas peur, je suis vieille… Être dans une petite prison ou dans une grande prison comme sous votre joug en Russie, il n’y a pas de différence.’ »
- Et, dans une note, on lit : « Olga Taratouta, pseudonyme d’Olga Rouvinskaïa [1876-1938] : militante des groupes «anarchistes-communistes» avant la révolution, plusieurs fois emprisonnée. Malade, elle se retire de la vie politique en 1917 et s’engage à nouveau en 1920 pour protester contre les persécutions des anarchistes par la Tcheka, animant la «Croix-Rouge anarchiste». Torturée en prison, déportée en Sibérie, elle est relâchée au milieu des années 1920, puis disparaît dans les purges staliniennes. » 868

Femme (Remarquable. Tillion Germaine) : 1960. Germaine Tillion [1907-2008]. Concernant la dénonciation des tortures infligées à Djamila Boupacha par l’armée française, Gisèle Halimi fit un compte rendu d’un rendez-vous, le 25 juin 1960, chez M. Patin, président de la « Commission de sauvegarde ».
- On lit : « Germaine Tillion parla la première : elle relata notre visite au Garde des Sceaux (Edmond Michelet [1899-1970]), comme à ce dernier, elle expliqua la nécessité du dessaisissement (des tribunaux d'Algérie en France) : ‘J'ai vu beaucoup d'affaires de tortures, Monsieur le Président, dit-elle. Jamais les plaintes n'ont abouti. Elles ne sont pas instruites : les policiers et les magistrats d'Algérie étouffent les affaires.’
M. Patin semblait écouter et ponctuait de raclements de gorge discret l'exposé de Germaine Tillion. ‘Voyez-vous, Monsieur le Président, pendant six ans je n'ai rien voulu divulguer des innombrables cas de tortures que je connaissais… Aujourd'hui, en désespoir de cause, je m'associe au Comité pour Djamila Boupacha’.…
Le Président eut, à ce moment, un regard rapide sur chacun d'entre nous, pour voir de quelle manière était fait ce Comité. ‘Oui, conclut Germaine Tillion, l'ultime recours, c'est l'opinion publique.’ » 869 (Cf. Justice)

Femme (Remarquable. Traore Assa) : 2016. Assa Traore, sœur d’Adama Traore, tué le 19 juillet 2016 asphyxié sous le poids de trois gendarmes, concernant son livre Lettre à Adama (Le Seuil. 2017) :
« Ce livre, je l’ai d’abord écrit pour rétablir l’honneur de mon frère. Les autorités se sont empressées d’écrire l’histoire d’Adama : il était malade, drogué, alcoolique, délinquant… Pour moi, c’est d’abord une victime. Victime de la violence des gendarmes, victime de la violence d’un système. La seule qui mérite d’être dénoncée, celle d’une société qui discrimine, criminalise les jeunes des quartiers populaires. C’est ce système qu’il faut casser. » 870
- Sur France culture, le lendemain, concernant les classements sans suite, les non lieux décidés par la justice dès lors que les plaintes mettent en cause la police et la gendarmerie, elle déclara : « C’est comme si ils avaient un manuel », pour enfin conclure par cette si radicale critique :
« Il faut se défendre comme des coupables. » 871 (Cf. Justice)
* Ajout. 14 août 2017. Cf. le jugement M. de Lauzun [1632-1723], arrêté sur ordre du roi puis emprisonné de 1671 à 1681, tel que rapporté, le 23 décembre 1671, par Madame de Sévigné [1626-1696] : « Il dit qu’il est très innocent à l’égard du roi, mais que son crime est d’avoir des ennemis trop puissants. » 872 (Cf. Justice)
* Ajout. 21 juillet 2018. Deux ans après la mort d’Adama Traoré, les trois gendarmes qui ont, pour reprendre la formulation du Monde, procédé à son ‘interpellation’ n’ont toujours pas été entendus par les juges d’instruction. 873 (Cf. Justice)
* Ajout. 20 juillet 2019. Toujours pas de procès en vue : lu une pancarte lors du rassemblement, à Beaumont sur Oise, contre les violences policières :
« Ce ne sont pas des bavures ; c’est un système d’oppression ». (Cf. Politique. État. Répression)

Femme (Remarquable. Tristan Flora) : 1843-1844. Flora Tristan [1803-1844], auteure, notamment, de :
« Mon Dieu, dites-moi donc à quoi servent les riches sur la terre ? […]
Jamais, je n’ai regretté ce que j’ai fait depuis 13 ans que j’ai abandonné la vie calme, sûre, tranquille, pour la vie agitée, précaire - Mais aujourd’hui, moins que jamais, je regrette le parti que j’ai pris. Si j’avais voulu, aujourd’hui, je serais (?) ; j’aurais des maisons, des terres, des rentes, mais je n’aurais point le bonheur, pas de vie, mon existence serait monotone.
Dieu soit loué, je suis pauvre mais j’ai du bonheur de la vie, une existence remplie, en un mot une position que je ne changerais pas pour aucune autre. […]
Je reconnais aussi une chose, c’est que je ne suis pas faite pour les choses matérielles, je n’y apporte pas la même grandeur et la même hardiesse que dans les choses morales et intellectuelles. C’est un tort dont il faut que je me corrige. […]
C’est singulier que je sois sans force pour les petites contrariétés, quand au contraire j’ai une force invincible pour les grandes douleurs.
Quelle bizarrerie il y a dans l’organisation humaine ! Chargez-moi de remuer le monde - cela me va. - Si vous me chargez de remuer un imprimeur et marchand de papier - cela m’irrite, me désole, me rend malade. - Je suis désespérée d’être ainsi ! mais que faire ? Il faut pourtant s’accepter comme on est. - J’enrage tout en me résignant. » 874

Femme (Remarquable. Verny Françoise) (1) : 1990. Françoise Verny [1928-2004], dans son livre, Le plus beau métier, présente un tableau sinon rigoureux, du moins tel qu’elle l’a vécu, du rôle (fort politique, antiféminisme inclus) qu’elle joua longtemps dans l’édition française.
- Son livre se termine par une belle ode à sa longue relation avec Françoise Mallet-Joris [1930-2016] :
« […] En travaillant ensemble, Françoise et moi, nous avons mêlé nos vies. […]
Nous avons traversé les tourments de la passion avant de jouir d’une tendresse partagée. Notre intimité me comble et m’étonne chaque jour. Peut-on rêver deux êtres plus différents qu’elle et moi ? Elle ménage ses forces alors que je prodigue les miennes. Je dévore tandis qu’elle savoure. Elle se concentre et je me disperse. J’adore la compagnie et elle n’apprécie que le tête à tête. Je me plais à rire, elle plonge volontiers dans la tristesses. Elle souhaite un échange permanent auquel je me dérobe le plus souvent. Elle m’ouvre son cœur, je me préserve de toute intrusion. Je l‘inquiète par mes excès, la blesse par ma brutalité et plus encore par ma réserve. Elle m’irrite par sa mélancolie et ses soupirs. Je voudrais qu’elle ‘s‘éclate’, elle désire que je me discipline. Et pourtant, je ne puis me passer d’elle qui ne peut se passer de moi. […] » 875

Femme (Remarquable. Verny Françoise) (2) : 1992. Françoise Verny [1928-2004] auteure de : « Je suis grosse de tout ce que j’absorbe comme de tout ce que je mange. J’ai accepté mon poids, malgré la disgrâce qu’il implique, pour la stature qu’il me confère : Je m’impose par ma prestance autant que je séduis par mon intelligence. » 876 (Cf. Êtres humains. Corps, Femme « Moche »)

Femme (Remarquable. Vida Movahed, Narges Hosseini…) : 2017. 2018. Fin décembre 2017, Vida Movahed, s’est tenue seule sans voile en silence sur un coffre électrique dans une rue très fréquentée de Téhéran le 27 décembre 2017. Interpellée et placée en détention, la jeune femme n’avait plus donné signe de vie depuis et a finalement été libérée mardi 30 janvier 2018. Le 29 janvier 2018, Narges Hosseini, montée tête nue sur une armoire électrique, la jeune femme a posé plusieurs minutes avec son foulard pendu au bout d’une perche pour dénoncer l’obligation de port du voile. D’autres femmes auraient mené le même jour une action similaire dans d’autres villes d’Iran. Le 29 février, 29 femmes dévoilées auraient été arrêtées. Quel courage …

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (1) : 1929. Je lis dans le Journal de Russie. 1828-1929 de Pierre Pascal, à la date du 27 novembre 1929 :
« Andrée Viollis [1870-1950] : Déjà âgée (elle a 59 ans), elle est d’une énergie étonnante : elle revient d’Afghanistan, elle a failli être massacrée à Caboul (Kaboul) où fuyards et vainqueurs ont pillé à qui mieux mieux, elle a traversé l’Hindoukouch dans le dernier avion de l’armée, à 5.500 m de hauteur, avec un prince Afghan qui en a pensé mourir, elle a vu Boukhara, Samarkand, Tachkent, couché dans les gares, les hôtels étant pleins, vécu de poisson sec, le cuisinier du wagon restaurant étant tombé malade du typhus, et elle vient enquêter sur ‘la jeunesse et l’amour’ selon la nouvelle morale communiste. Elle trouve que les transports ont empiré depuis son dernier voyage, il y a trois ans : moins de trains, moins de fiacres. Mais elle a vu un journaliste anglais enchanté du Kolkhoze et M. Rothstein [qui dirige alors le secteur d’information et de presse au Commissariat des Affaires étrangères de l’URSS] lui a raconté tant de merveilles du plan de 5 ans. Elle déborde de sympathie, aveugle ou perspicace, on verra plus tard. » 877

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (2) : Andrée Viollis [1870-1950] qui avait été journaliste à La Fronde, publiera (durant les années 1930) plusieurs livres issus de ses reportages : Seule en Russie, de la Baltique à la Caspienne, Gallimard, 1927 ; L'Inde contre les anglais, Éd. des portiques, 1930 ; Tourmente sur l'Afghanistan, Librairie Valois, coll. ‘Explorations du monde nouveau’, 1930 ; Changhaï et le destin de la Chine, R.-A. Corrêa, coll. ‘Faits et gestes’, 1933 ; Le Japon et son empire, B. Grasset, coll. ‘Les Écrits’, 1933 ; Le Japon intime, F. Aubier, coll. ‘des Documents’, 1934 ; Indochine S.O.S, Gallimard, 1935 (Préface d’André Malraux) ; Le Conflit sino-japonais, M. Maupoint, 1938 (Conférence du Cercle Descartes donnée dans l'amphithéâtre Descartes à la Sorbonne, le 1er décembre 1938) ; Notre Tunisie, Gallimard, 1939. (Cf. Femme. Écrivaine, Journaliste. Histoire)
N.B. Il faut rééditer l’intégralité des écrits d’Andrée Viollis.

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (3) : 1932. Andrée Viollis [1870-1950], à un officier japonais, furieux de sa présence lors violences Japonaises à Shanghai en 1932, qui lui avait demandé :
« Que faites-vous là ? », répondit : « Mon métier ! » 878 (Cf. Femme. Journaliste)

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (4) : 2004. Au terme de son texte intitulé, Les Britanniques en Inde où le règne du ‘cyniquement correct’ [1858-1947] publié dans le Livre noir du colonialisme, Marie Fourcade publie huit pages passionnantes tirées du livre d’Andrée Viollis, L’inde contre les Anglais [1930]. 879 (Cf. Femme. Journaliste)

Femme (Remarquable. Viollis Andrée) (5) : 2004. Présentation du livre d’Anne Renoult, publié en 2004 aux Presses universitaires de Rennes, Andrée Viollis, Une femme journaliste :
« Journaliste d'investigation, envoyée spéciale, correspondante de guerre, critique et chroniqueuse littéraire, romancière, essayiste, traductrice… Andrée Viollis se sera illustrée pendant plus d'un demi-siècle dans tous les domaines et sur tous les théâtres des opérations, de la guerre civile en Irlande à celle d'Espagne, de la Russie soviétique à l’Allemagne nazie, en passant par l'Inde en révolte, l'Afghanistan dans la tourmente, l'Indochine malmenée, la Chine et le Japon aux prises… » (Cf. Femme. Journaliste)

Femme (Remarquable. Voronianskaïa, Élisabeth) : [?-1973] Élisabeth Voronianskaïa fut « au cœur du dispositif » important caché de personnes qui aidèrent (frappe, relecture, informations, corrections…) Soljenitsyne [1918-2008] pour la rédaction de L’Archipel du Goulag. 880 Retrouvée par le KGB, elle se suicidera après avoir avoué sous la torture où se cachait le tapuscrit tant recherché, qu’elle avait enterré au fond de son jardin. Soljenitsyne s’en voudra longtemps, car son amie ignorait qu’il existait d’autres copies, cachées chez d’autres complices. En 1973, en apprenant la pendaison d’Élisabeth Voronianskaïa, il se décide à divulguer la nouvelle et à faire publier l’Archipel du Goulag à Paris.

Femme (Remarquable. Walentynowicz Anna) : Anna Walentynowicz [1929-2010] Fondatrice de Solidarnosc, avec Lech Walesa.

Femme (Remarquable. Weil Simone) (1) : Qualifier Simone Weil [1909-1943] d’« être supérieur », c’est n’avoir rien compris d’elle. C’est la nier, nier sa vie, nier son œuvre, indissociables. 881

Femme (Remarquable. Weil Simone) (2) : 1971. Gustave Thibon [1903-2001], auteur de :
«
Simone Weil [1909-1943] - ses défauts, ses misères, je les ai vus des très, très près - est le seul être dans lequel je n’ai vu aucun décalage réel, sauf des broutilles, entre l’idéal qu’elle affirmait et la vie qu’elle menait et tout ce qu’elle éprouvait. » 882

Femme (Remarquable. Woodhull Victoria) : 2016. Concernant Victoria Woodhull [1838-1927] première femme américaine à la présidence des États-Unis, lu dans Libération en 2016 : « Victoria Woodhull était une formidable aventurière. Elle a fait fortune sur les routes, comme voyante et magnétiseuse ambulante, avant de fonder une société d'agents de changes à Wall Street, et pour ses activités politiques un journal, le ‘Woodhull & Claflin's Weekly’.
Passionnée, elle a pris la défense de la classe ouvrière (c'est elle qui a, la première aux États-Unis, traduit ‘Le Manifeste du parti communiste’ de Friedrich Engels et Karl Marx), de la cause des femmes et de ‘l’amour libre’. Rappelons qu’à l’époque, il était d’usage que seuls les hommes aient des maîtresses, et qu'ils pouvaient même tranquillement violer leur femme.
Annoncée en 1870, sa candidature, près de 50 ans avant le droit de vote des femmes (1920), avait fait sensation.
Elle avait choisi comme candidat à la vice-présidence un autre aventurier célèbre, un ancien esclave qui avait réussi à s’instruire et à s’évader, l’écrivain abolitionniste Frederick Douglass.
Quelques jours avant l’élection de 1872, Victoria Woodhull était arrêtée par la police de New York pour ‘obscénité’. Son crime ? Avoir publié le récit d’une affaire adultérine impliquant un pasteur important, Henry Ward Beecher, qui, l'hypocrite, fustigeait dans ses sermons l’immoralité du mouvement pour l'amour libre. Le jour de l'élection, elle était en prison, donc. On ignore combien elle a eu de voix, probablement quelques milliers.
Même si cette élection s’est mal terminée pour elle, Victoria Woodhull gardera à jamais le titre de ‘première candidate à l’élection présidentielle américaine’. Les plus pointilleux notent que sa candidature n’était pas des plus régulière : si elle l'avait emporté, elle aurait eu 34 ans le jour de son inauguration comme présidente, alors que la constitution prévoit qu’il en faut au moins 35. Mais dans la vie tumultueuse de Victoria Woodhull, ce détail juridique est insignifiant. » 883

Femme (Remarquable. Zassoulitch Véra) (1) : 1878. Concernant, Véra Zassoulitch [1849-1919], Pierre Kropotkine [1842-1921], écrit dans les Mémoires d’un révolutionnaire :
« [Le 24 janvier 1878] Une jeune fille, Véra Zassoulitch qui ne connaissait même pas personnellement Bogoloubov [un prisonnier politique, emprisonné, frappé, puis fouetté par Trépov, le chef de la police parce qu’il avait refusé de « quitter son chapeau pour saluer le satrape omnipotent »] prit un révolver, alla [chez lui] et tira sur lui. Trépov fut seulement blessé.
Alexandre II, qui vint visiter le blessé, se fit ouvrir la porte de la salle où l’on tenait Véra Zassoulitch arrêtée, et jeta un coup d’œil sur l’héroïque jeune fille. Elle dut faire impression sur lui, par l’extrême douceur de sa physionomie et la modestie de son maintien. Trépov avait tant d’ennemis à Pétersbourg qu’on réussit à porter l’affaire devant le jury de la Cour d’assises.
Là, Véra Zassoulitch déclara qu’elle n’avait recouru au révolver qu’après que tous les moyens employés pour porter l’affaire à la connaissance du public et obtenir réparation avaient été épuisés. […]
Maintenant que l’affaire était devenue publique, elle était très heureuse que Trépov n’avait été que légèrement blessé. Le jury l’acquitta et lorsque la police essaya de l’arrêter à nouveau, au moment où elle quittait le palais de justice, les jeunes gens de Pétersbourg, qui se tenaient aux alentours du palais, la sauvèrent des griffes des agents. Elle passa à l’étranger et bientôt, elle fut des nôtres. Cette affaire fit sensation dans toute l’Europe. […] » 884
* Clarification. Véra Zassoulitch prit ses distances avec l’anarchisme, puis, après notamment des échanges avec Karl Marx, rejoint progressivement le marxisme, auquel elle adhéra formellement en 1883. (Cf. Justice. Jury. Procès)

Femme (Remarquable. Zassoulitch Véra) (2) : 1931-1937. Je lis dans Ma vie [écrit entre 1931 et 1937] de Lou Andreas Salomé [1861-1937], concernant son adolescence dans la Russie pré-révolutionnaire :
« Le seul indice de mon intérêt pour la politique fut que je conservai, caché dans mon bureau un portait de Vera Zassoulitch, qui fut en quelque sorte l’instigatrice du terrorisme en Russie : elle ira sur le capitaine Trépov, et, après acquittement des conjurés [...], elle fut portée en triomphe par une foule en délire ; elle s’enfuit à Genève et est peut être en vie aujourd’hui. » 885 (Cf. Femme Remarquable. Lou Andreas Salomé. Justice)

Femme (Remarquable. Zassoulitch Véra) (3) : 1951. Albert Camus [1913-1960], dans L’homme révolté, dans le paragraphe intitulé Les meurtriers délicats (!), écrit :
« L’année 1878 est l’année de naissance du terrorisme russe. Une très jeune fille, Véra Zassoulitch, au lendemain du procès des 196 populistes, le 24 janvier, abat le général Trepov, gouverneur de Saint Pétersbourg. Acquittée par les jurés, elle échappe ensuite à la police du Tsar. Ce coup de révolver déclenche une cascade de répressions et d’attentats, qui se répondent les uns les autres, et dont on devine que déjà la lassitude seule, peut y mettre fin. » 886
Une femme - certes « terroriste »…- serait seule cause des « répressions et attentats », et pourrait dès lors en être jugée responsable ….Quels manques de rigueur ! (Cf. État. Répression)

X. Femmes :

Femmes (1) : Êtres humains politiquement en devenir, souvent situé-es entre « la famille » et « la vie privée [des hommes] ».
Nouvel avatar : elles sont - nous sommes - dorénavant aussi situées « entre sexe et genre » 887, et même, dernièrement, entre « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». 888 (Cf. Famille, Langage. Genre, Sexes […]. Sexuelle. Orientation)

Femmes (2) : 2010. Dans un livre récent consacré aux « femmes » 889, j’ai relevé au singulier et/ou au pluriel, l’existence de femmes qualifiées de : mères, épouses, filles, fiancées, maitresses, amantes, concubines, mariées, célibataires, de qualité, maitresses de maison, ménagères, sœurs, veuves, chefs de famille, nobles, aristocrates, bourgeoises, républicaines, révolutionnaires, socialistes, démocrates, citoyennes, militantes, libre penseuses, oratrices, marginales, paysannes, domestiques, journalières, cantinières, ambulancières, ouvrières, servantes, domestiques, institutrices, libres penseuses, intellectuelles, guerrières, combattantes, engagées, plébéiennes, pétroleuses, criminelles, condamnées, oratrices, électrices, etc., etc.…
- Mais où était leur équivalent masculin qui aurait permis une comparaison terme à terme ? Tant que de telles comparaisons ne seront pas systématiquement explicitées et /ou la norme, les femmes demeureront l’exception - jamais justifiée donc toujours arbitraire - des impositions masculines, patriarcales, dès lors confortées. (Cf. Histoire. Histoire des femmes)

Femmes (Abêtissement) (1) : 2017. Dans le Figaro Madame du 7 mars 2017, je suis interpellée par le titre d’un article intitulé Doria Tillier [Miss Météo de Canal plus de 2012 à 2014 « un visage marquant de la chaîne payante » (Wikipédia)], auteure notamment de : ‘Il m'arrive d'oublier le nom de François Hollande ’.
En sus de la grossière manipulation politique - poursuivre, lors d’une campagne électorale, le processus de dévaluation politique de François Hollande - voici les questions, lesquelles, elles-mêmes, renvoyaient à d’autres articles du Figaro Madame, qui furent posées à cette Doria Tillier :
- « […] Vous en avez une, d'idole professionnelle ? ; […]
- Vous avez des fans qui hurlent sous vos fenêtres, vous ? […]
- Elle est dans quel état votre mémoire ? […]
- C’est quoi votre complexe physique ?
- [Penelope Fillon est prête à parler] Et vous, êtes-vous prête à parler de votre bulletin de vote ? […]
- Que retenez-vous de toute cette Trumpisation, vous ? […]
- Vous avez cet objet (celui qui ‘procure une étincelle de joie’] vanté dans les parages ? […]
- C’est quoi le truc le plus bizarre que vous ayez avalé ? […]
- Quel truc un peu dingue avez-vous fait pour une soirée (d’anniversaire) ? »
- À la relecture, le terme d’«abêtissement» est, au plan de l’analyse, tout à fait insuffisant.
- Les organes de presse (internet inclus), ceux relevant de la presse dite féminine plus spécifiquement, institutionnellement pourrait-on dire, sont des organes de mystification massives, de véritablement foyers de détournements d’intelligences. (À prolonger) (Cf. Femmes. « Féminin »)

Femmes (Abêtissement) (2) : Je ressens le même sentiment d’abêtissement des femmes à l’écoute de ces paroles de la chanson intitulée : Le reste est sans importance de Lucienne Delyle [1913-1962] et donc voici un couplet :
« Le reste est sans importance / Puisqu'on est là tous les deux / On a toute l'existence / Pour s'aimer, c'est merveilleux / Près de moi quand tu t'avances / Le ciel gris devient tout bleu / Le reste est sans importance / Quand on s'aime on est heureux. » (Cf. Culture. Femmes. Chanteuses françaises d’antan)

Par ordre chronologique. Femmes « Achat » :

Femmes (« Achat ») (1) : 1675-1677. Lu dans les Mémoires, rédigées autour de 1662, du Cardinal de Retz [1613-1679] :
« Peu après que je fus sorti de collège (1625) [le] valet de chambre de mon gouverneur qui était mon tercero [en espagnol : intermédiaire, entremetteur] me trouva chez une misérable épinglière une nièce de 14 ans qui était d’une beauté surprenante. Il l’acheta pour moi cent cinquante pistoles, après me l’avoir fait voir ; il lui loua une petite maison à Issy, il mit sa sœur auprès d’elle ; et j’y allais le lendemain qu’elle y fut logée. Je la trouvais dans un abattement extrême, et je n’en fus point surpris, parce que je l’attribuais à la pudeur. […] »
- La suite : Ayant admiré « son esprit » et « sa vertu », il eut « honte » pour lui-même, la mena chez sa tante « qui la mit dans une religion ou elle mourut huit ou dix ans après, en odeur de sainteté. » 890 (Cf. Femme. « Vente », Proxénétisme)

Femmes (« Achat ») (2) : 1785. On lit dans Les cent Vingt Journées de Sodome de Sade [1740-1814] :
« Une de nos marcheuses (‘racoleuses’ pour les clients des bordels), aux aguets d’une jeune fille qu’une de mes pratiques me demandait dans le même goût de celle que m’avait demandée le marquis de Mesanges, c’est à dire à acheter pour n’en jamais entendre parler (c.à.d. pour la tuer, après tortures), une de nos marcheuses, dis-je, vint me rapporter, comme j’étais au lit avec Lucile, qu’elle avait trouvé une petite fille de quinze ans, très sûrement pucelle, extrêmement jolie, et ressemblant disait-elle comme deux gouttes d’eau à mademoiselle Lucile, mais qu’elle était dans un tel état de misère, qu’il faudrait la garder quelques jours pour l’empâter avant de la vendre. […] » 891 (Cf. Enfants, Femme. Jeune fille. « Vente », Proxénétisme, Violences. Violences à l’encontre des enfants)

Femmes (« Achat ») (3) : 1925. André Gide [1869-1951] écrit le 12 novembre 1925 dans son Voyage au Congo :
« Cabris et poulets sont objets d’échange. La monnaie encore aujourd’hui, c’est le fer de sagaie qu’il forge lui-même, estimé à cinq francs la pièce. La cabri vaut de quatre à huit fers de sagaie. On achète une femme indifféremment avec des sagaies ou des cabris (de dix à cinquante fers de sagaie, soit de cinquante à deux cents cinquante francs). […]
Il n’y a dans tout le pays, aucun marché, aucune offre, aucune demande.
D’un bout à l‘autre du village, il n’est pas un indigène qui possède quoi que soit d’autre que ses femmes, son troupeau, et peut être quelques bracelets ou fers de sagaies. » (Cf. Femme. « Vente ». Femmes. « Objets », Êtres humains, Famille, Langage. Possessif. Zeugma, Patriarcat. Colonialisme, Politique. Colonialisme, Économie)

Femmes (« Achat ») (4) : (Après) 1941. Un Sicilien pendant la seconde Guerre mondiale, après divers ‘méfaits’, se retrouve intégré à la Légion étrangère ; on lui demande simplement d’être ‘un bon soldat français’ à Sidi bel Abbes en Algérie.
Interviewé en 1957, il écrit notamment :
« Nous achetions les femmes au marché arabe algérien pour 47 francs, 52 francs tout au plus [leur paie, dit-il était ‘misérable’, ‘42 francs par jour’]. Les femmes étaient voilées. Il y en avait de belles et il y en avait de laides. Parfois pour savoir si elles étaient bien, nous faisions semblant de nous jeter sur elles avec nos poignards, et nous apercevions vite par leurs regards si elles avaient peur de nous autres légionnaires. Si une femme était laide, les légionnaires la frappaient car c’était de l’argent jeté. Si elles savaient qu’elles étaient laides, elles se refusaient pour ne pas être frappées après. Je m’achetai aussi quelques jeunes filles pour qu’elles lavent mon linge. […]
Nous pouvions acheter des femmes, mais la police de la légion nous empêchait d’aller au bordel.
Le prix le plus bas aux enchères était de 47 francs, mais il pouvait monter jusqu’à 100 francs. J’arrivais, je disais ‘46 francs’, un autre ‘50, 52, etc..’ Le prix montait toujours. On regardait surtout la tournure de la jeune fille. Mais cet argent n’était pas pour elle ; nous le versions aux hommes qui dénichaient les filles. La femme ne touchait rien, car elle trouvait un homme qui la nourrissait, l’habillait et lui donnait même un peu d’argent. Des enfants naissaient ; elles-mêmes en désiraient. Elles étaient âgées de 21 à 35 ans. Pas moins de 21 ans : les filles mineures vont dans les harems. La loi prescrit que celui qui prend une fille mineure doit l’épouser
.
L’un de nous achetait une femme, un autre, deux. Elles avaient des toukouls, sorte de huttes de paille et de boue. Le légionnaire devait faire savoir à son commandement où il était logé. Parfois, la nuit, la ronde de la Légion venait voir si on était bien là. À la Légion, nous avions trop de nourriture et nous l’apportions aux femmes
. Lorsqu’il fallait partir pour quelque ratissage en plein Sahara, comme on ignorait si l’on reviendrait, on renvoyait les femmes.
Nous parlions français avec elles. Elles n’étaient pas mécontentes de s’en aller parce qu’elles se faisaient acheter à nouveau par des légionnaires qui revenaient
. […]
Ceux qui coulaient une vie heureuse au Maroc et en Tunisie se naturalisaient et parfois se mariaient avec une fille qu’ils avaient achetée. » 892 (Cf. Femme. Jeune fille, Patriarcat. Colonialisme, Politique. Colonialisme. État. Guerre, Proxénétisme, Violences. Violences à l’encontre des femmes)

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